La Marseillaise : De combien de bénévoles avez-vous besoin pour la collecte ?
Pierre Sube : Rien que nous, à notre petit niveau, il faut qu’on ait entre 500 et 600 bénévoles sur les deux jours pour collecter. C’est très lourd à mettre en place. Sur deux jours, on ramasse habituellement entre 42 et 45 tonnes de marchandises. C’est entre 12 et 15% de nos besoins annuels qu’on collecte sur ces deux jours. Après, il faut les ramener ici, il faut les trier. Cela demande encore une semaine de travail.
Est-il de plus en plus difficile
de trouver des bénévoles ?
P.S. : Depuis un an ou deux, ce n’est pas simple. L’an dernier, par exemple, il y a deux ou trois magasins qu’on n’a pas pu collecter parce qu’on n’avait pas assez de bénévoles. Chaque année, on se demande si on continue à faire les collectes, parce qu’il faut des bénévoles, du carburant, des véhicules… Il faut voir ce qu’on récolte et ce que ça nous coûte pour le récolter.
Recevez-vous des subventions
de l’État et de l’Europe ?
P.S. : Heureusement oui, des donations en produits ou en subventions. Par contre, depuis deux ans, les subventions européennes et nationales sont en chute libre de l’ordre de 40 à 60%. C’est énorme, donc là on fait appel le plus possible, mais ce n’est pas facile non plus, à des mécènes privés pour les produits qui nous manquent.
Savez-vous quel pourcentage
de votre budget représentent
les subventions européennes
et de l’État ?
P.S. : C’est quasiment tout notre budget. Si on n’a pas de subventions, on est morts. S’il n’y a pas d’aides du département, de l’État et de l’Europe, il n’y a aucune banque alimentaire ni aucun resto du cœur qui peut fonctionner, en France comme ailleurs. On fonctionne grâce aux subventions et à la générosité des entreprises privées ou publiques.
Y a-t-il de plus en plus
de bénéficiaires, de personnes
qui sont dans le besoin ?
P.S. : La précarité augmente depuis deux, trois ans, c’est certain. D’où l’exercice très compliqué auquel on est confronté : il faut qu’on arrive à donner plus avec moins de dons et moins de subventions. Donc ça devient très, très compliqué. D’où l’importance de la collecte annuelle qui a lieu les 6 et 7 novembre, qui est vitale pour nous chaque année, mais cette année encore plus compte tenu du contexte.

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