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  • Du Grau-du-Roi à Kherson, des filets pour sauver des vies

    Du Grau-du-Roi à Kherson, des filets pour sauver des vies

    Sur les quais du Grau-du-Roi, les vieux filets de pêche ne finiront pas tous à la benne. Débarrassés de leurs câbles, chaînes, flotteurs et cordages, ils vont prendre la route de l’Ukraine. Destination : Kherson, ville du sud régulièrement frappée par les drones russes. Là-bas, ces mailles usées par la Méditerranée doivent être tendues au-dessus de routes et de passages afin d’accrocher certains drones volant à basse altitude.

    À l’origine de l’opération, Solidarité Ukraine 34, association basée à Lunel et habituée à acheminer tous les deux mois du matériel humanitaire et médical. « On était sensibles à la protection des civils, en plus de l’aide humanitaire habituelle », explique son coprésident Philippe Milon. Inspirée par une initiative menée par des pêcheurs bretons, l’association s’est alors tournée vers les ports méditerranéens.

    Au Grau-du-Roi, le projet a rapidement trouvé un écho. Mairie, responsables du port, pêcheurs, bénévoles et association d’insertion ont travaillé de concert pour récupérer ces filets devenus encombrants et difficiles à recycler. « Il y a eu vraiment une très bonne harmonie entre toutes les autorités pour trouver les solutions. Le port était encombré, il y avait des problèmes de sécurité, et on leur a apporté cette solution », raconte Philippe Milon.

    S’adapter

    aux besoins de la guerre

    Pendant quatre matinées, bénévoles et réfugiés ukrainiens ont ainsi « désarmé » les filets : les étendre, couper les attaches et ne conserver que la maille. Une trentaine de pièces étaient prévues, avant que le bouche-à-oreille ne fasse grossir la collecte. « On doit avoir 35-36 filets, de toutes les tailles possibles », se réjouit le coprésident.

    Certains filets atteignent jusqu’à 150 mètres. Une fois en Ukraine, ils seront tendus en hauteur au-dessus de rues et de points de passage. « Les drones, en tombant, s’accrochent dans les filets, donc ça bloque les hélices et surtout ça retient le drone avant qu’il n’éclate au sol », détaille Philippe Milon. Pour lui, cette protection rudimentaire reste « le système le plus économique, faute de mieux ».

    La cargaison doit être acheminée par un camion ukrainien. Coût annoncé : autour de 5 000 euros. Une cagnotte a donc été ouverte pour financer le convoi, qui emportera aussi du matériel médical, des fauteuils roulants et des consommables. Depuis plus de quatre ans, l’association multiplie les voyages et ajuste ses envois aux besoins du terrain. « On essaie au fur et à mesure de s’adapter », résume Philippe Milon.

    Sur le quai, cette solidarité prend aussi le visage des Ukrainiens réfugiés dans l’Hérault, venus travailler sur les filets destinés à leur pays. « Ils se disent : on ne peut pas rester indifférents », raconte le coprésident. Du pêcheur graulen au bénévole ukrainien, chacun tient ainsi un morceau de la chaîne. Avec, au bout, le même objectif : « On sauve des vies. »

  • [C’est l’été] La « Dictée pour tous » vise un record mondial à Marseille

    [C’est l’été] La « Dictée pour tous » vise un record mondial à Marseille

    La place Villeneuve-Bargemon (2e) va se transformer en salle de classe à ciel ouvert. Dimanche 30 août, de 10h à 12h, la « Dictée pour tous » réunira à Marseille les amateurs d’orthographe pour un événement gratuit et ouvert à tous.

    Portée par l’association Action Bomaye, qui organise des dictées géantes depuis 2018, cette édition se fait en partenariat avec la Ville de Marseille et Abdellah Boudour, fondateur de « La Dictée pour tous ». « C’est important pour nous car c’est un moyen de redonner un peu goût à l’écriture et de célébrer la culture française », explique Cézila Ibrahim, coordinatrice de projets de l’association.

    Quelque 2 000 participants sont attendus, avec l’objectif de battre le record mondial actuel, établi à 1 300 participants. Plusieurs personnalités marseillaises liront le texte, dont Dimitri Payet, ancien joueur et capitaine de l’Olympique de Marseille. De nombreux lots seront aussi à gagner, par catégories : primaire, collège, lycée et adulte.

    Distribution gratuite

    de fournitures scolaires

    À la veille de la rentrée scolaire, l’événement entend également accompagner les familles. Entre 1 000 et 1 500 lots de fournitures scolaires seront distribués gratuitement. « On voulait faire profiter au maximum les familles marseillaises qui ont des revenus modestes », précise Cézila Ibrahim.

    La journée se veut aussi intergénérationnelle. « On a la chance d’être sur la très belle place Villeneuve-Bargemon donc ce sera aussi l’occasion de passer un moment convivial tous ensemble, petits et grands, sans limite d’âge », souligne la coordinatrice. Et de poursuivre : « C’est un événement créé pour réunir tout le monde pour une seule et unique cause : la culture accessible à tous, pour tous. »

    Pour encadrer les 2 000 participants espérés, entre 150 et 200 bénévoles seront mobilisés. Les portes ouvriront à 9h30, avant le début de la dictée à 10h. L’entrée est libre, dans la limite des places disponibles, et les réservations sont toujours possibles via le lien disponible sur le compte Instagram de l’association Action Bomaye.

  • Le Secours populaire fait briller les yeux des enfants

    Le Secours populaire fait briller les yeux des enfants

    Il est à peine huit heures sur la place d’Espagne dans le quartier populaire du Pont du Las mais beaucoup de minots sont déjà là, attendant, impatients, avec leurs parents, les deux cars affrétés par le Secours populaire, dont le départ n’est prévu qu’à 9h. La Journée des oubliés des vacances les amène cette année au parc d’attractions Acqualand Fréjus.

    Un petit peu intimidée au départ, Aminata confie que c’est pour elle « l’événement de l’année », qui permet aussi de se rencontrer et d’échanger entre parents. « On part ensemble. C’est pour nous une vraie journée de vacances ! Et ça fait plaisir de voir nos enfants en profiter. Vraiment ! », confie-t-elle.

    Mohamed, 11 ans, qui l’écoute bouche bée, acquiesce avec un grand sourire et confirme : « Moi, je suis trop content ! »

    Un sentiment partagé par Fall, une grande sœur de 20 ans qui participe également à l’initiative tout en donnant un coup de main. « Partir un peu, ça fait du bien », lâche-t-elle.

    « Ça les change un peu d’ambiance », reconnaît avec pudeur ce papa ravi lui aussi de pouvoir offrir à ses petits une parenthèse dans leur quotidien dans le quartier.

    « Moi, je suis couturière et bénévole au Secours populaire depuis 10 ans », déclare avec fierté Afaf qui a elle-même été accompagnée. « J’aime bien aider les autres », ajoute-t-elle, bien en phase avec le principe du Secours qui veut que tout le monde devienne acteur de la solidarité. Et c’est ce qu’elle fait 3 jours, ou 4 jours par semaine. Aujourd’hui, elle accompagne deux de ses enfants à la sortie.

    Les vacances sont un droit

    « Cette journée, pour moi, ça représente plutôt une aventure. Et je me sens bien. Oui, je rencontre des gens sympas, c’est chaleureux, c’est même extraordinaire. C’est une chose qu’on ne peut pas manquer dans une vie », déclare avec enthousiasme Arthur, 13 ans.

    Au niveau du département, c’est une grosse Journée des oubliés des vacances (JOV) , avec quelque 380 inscrits, contre en moyenne 250 il y a encore quelques années, précise Olivier Masini. « Ça en dit long sur les attentes et la situation socio-économique », analyse le secrétaire départemental de la fédération varoise de l’association humanitaire.

    En tout, plus de 7 bus, venus de tout le département vont converger vers le parc aquatique.

    « Après le 15 août, un gamin qui n’est pas parti en vacances, ne partira plus avant la rentrée, et donc cette journée, elle est véritablement pour eux », rappelle le responsable du SPF en expliquant pourquoi l’initiative est programmée chaque année à la même période.

    Et de poursuivre : « On voit bien aujourd’hui, c’est ce que montrait le sondage Ipsos- Secours populaire du mois de mai réalisé dans le cadre des 90 ans des congés payés, qu’un quart des Français prévoyait de ne pas partir en vacances. Un pourcentage au final que l’on va malheureusement constater à la hausse à cause notamment de l’augmentation des prix des carburants ».

    Et encore c’est sans commune mesure avec la réalité des publics accueillis par le Secours populaire qui considèrent les vacances comme un luxe. Comme 39% des personnes interrogées dans l’enquête, s’alarme Olivier Masini. D’autant qu’ils sont 67% à dire que c’est une chance et non un droit.

    « Ça montre qu’on est en train de perdre du terrain là-dessus. Parce qu’on se bat depuis toujours pour dire que les vacances sont un droit », déplore-t-il, en rappelant qu’à la sortie de la guerre, la première action du Secours populaire a été d’amener les enfants de victimes du nazisme en vacances.

    Après la photo de groupe, les minots sont maintenant prêts à embarquer.

    « C’est important pour eux de pouvoir sortir des tracasseries du quotidien, de leurs problèmes », conclut le secrétaire départemental en les voyant grimper avec le sourire.

  • Un atelier partagé pour apprendre à bricoler à Forcalquier

    Un atelier partagé pour apprendre à bricoler à Forcalquier

    Apprendre à construire un four solaire, à utiliser une imprimante 3D ou encore à faire de la soudure : l’atelier partagé la Fabrique & Co donne accès aux habitants de Forcalquier et de ses alentours à des outils, des machines, des stages et des formations de bricolage en tout genre. L’atelier est né avec l’idée de « rendre le bricolage moins genré » et que « même des gens qui n’ont jamais fait de bricolage, qui ne sont pas à l’aise avec les outils, puissent ici trouver l’accompagnement qu’il faut », explique Frédéric Hafner, l’un de ses fondateurs. Les cinq thèmes développés par l’association sont le bois, le métal, le numérique, la mécanique et le vélo.

    Aménager

    son camping-car

    Cinq bénévoles tiennent l’association : Aurélie pour la menuiserie, Jean-Michel Grès – qui était candidat DVG aux municipales – pour le métal, Philippe pour le numérique, Sylvain pour le bois et le 3D, et Frédéric Hafner pour le vélo.

    La Fabrique & Co organise également des journées thématiques, comme par exemple pour apprendre à aménager son camping-car avec un lit et des meubles.

    L’adhésion annuelle coûte 50 euros, et la mensuelle 20 euros. Pour louer l’atelier pendant cinq heures, il faut compter 15 euros ; et pour une demi-journée de stage, 20 euros.

    En tant que tiers lieu, l’atelier a été subventionné par l’Europe au travers du programme LEADER. Un chantier participatif a été mis en place pour aménager le local vide, situé dans la zone d’activité de Forcalquier, en 2024.

    L’association compte déjà 80 adhérents. Elle fera une journée portes ouvertes le 5 septembre, pendant la fête des associations de Forcalquier.

    51 rue des Ateliers, Forcalquier.

  • Au centre d’hébergement de Lorgues, la solidarité pour réchauffer le cœur des évacués de l’incendie du Gros Bessillon

    Au centre d’hébergement de Lorgues, la solidarité pour réchauffer le cœur des évacués de l’incendie du Gros Bessillon

    Samedi, midi et demi. L’heure du repas au centre d’hébergement de la salle François Mitterrand de Lorgues, où étaient accueillies jusqu’à 90 personnes évacuées en provenance du Val, de Montfort-sur-Argens et de Carcès, entre vendredi et dimanche. Dans les assiettes, taboulé fait maison, gigot d’agneau et boulettes de bœuf. Et surtout, une bonne dose de réconfort pour celles et ceux dont le quotidien a à nouveau été bouleversé par la reprise de l’incendie du Gros Bessillon vendredi. « À Carcès, on avait été très bien accueillis mais on n’avait eu que des sandwichs, là c’est un vrai bon repas » saluent Jacqueline et Frédéric, couple de retraités vivant à Montfort, dont c’est la deuxième évacuation. Ils passent la journée au centre, mais dorment dans un studio généreusement mis à disposition par une habitante de Lorgues, au vu de leur santé fragile.

    Un élan de solidarité dont ils n’ont pas été les seuls à profiter. À leur table, Alexis, lui aussi résident de Montfort, a été contraint d’évacuer dans la précipitation, hâté par les cris des gendarmes venus sommer la population de plier bagage vendredi après-midi. « Je ne voulais pas partir, je suis resté dans le secteur, mais j’ai fini par ne pas avoir le choix », avoue-t-il, encore marqué par la vision « de la colline de Montfort dévorée par les flammes ». Toutefois, s’il n’a pas dormi de la nuit, c’est moins par inquiétude que pour l’avoir passée à discuter avec un élu lorguais, venu tenir compagnie aux évacués. « Je retiens davantage le merveilleux accueil qu’on a reçu que la peur du feu », s’émeut-il. À ses côtés, Maryline, sa voisine, qu’il a embarqué avec lui au moment de fuir. Tous deux ont tout juste eu le temps de préparer quelques bricoles et de prendre leurs animaux de compagnie sous le bras. « Ce matin, un bénévole m’a amené des affaires de rechange et d’hygiène », explique-t-elle. « J’avais oublié ma brosse à dents, et sans rien demander, on m’en a ramené une avec du dentifrice dans l’heure », ajoute Alexis, reconnaissant au point de vouloir emménager dans la commune dans les prochains mois.

    « C’est la Provence noire, plus la Provence verte »

    Rien de plus naturel pour celles et ceux qui donnent de leur temps. C’est déjà la deuxième fois en l’espace de quelques jours, « et jamais deux sans trois », plaisante Jean-Louis, l’un d’entre eux, sous les protestations des autres, qui aimeraient voir la situation se calmer. Parmi eux, Pouranne Weise, conseillère municipale. Arrivée à Lorgues il y a quelques années, elle a décidé de s’y engager pour « l’esprit des habitants. Les gens sont très accueillants, à l’écoute des autres. » Illustration : au-delà des vivres et des vêtements, fruits de dons de particuliers, et de dotations du Secours Populaire, de la préfecture et de la mairie, une habitante, psychologue à la retraite, est venue écouter ceux qui en avaient besoin samedi matin.

    Malgré tout, l’inquiétude reste dans un coin des têtes. « On va peut-être revenir dans une commune qu’on ne connaît pas », se prépare déjà Alexis. Verdict le soir-même, puisque les habitants de Montfort ont pu regagner leurs habitations au vue de l’évolution positive de la situation, le cœur du village ayant été épargné. La question de l’origine du feu revient aussi, forcément. « J’en suis persuadée, c’est prémédité », n’en démord pas Jacqueline, contrariée par « un sentiment d’impuissance » et qui imagine même « un complot d’État » comme explication à ces incendies intempestifs. Maryline, elle, redoute « des actes terroristes avec tous ces départs de feu simultanés. Quand on a annoncé l’incendie fixé, je pensais que c’était fini. J’ai l’impression d’être dans un film d’horreur ». Quoi qu’il en soit, elle sera désormais intransigeante : « Si je vois quelqu’un jeter son mégot, je n’hésiterai plus à appeler la police », assure-t-elle, dépitée par le coût de l’irresponsabilité, qui change « la Provence verte en Provence noire ».

  • À Orange, le concert hommage à Queen aura finalement bien lieu

    À Orange, le concert hommage à Queen aura finalement bien lieu

    Le concert hommage au groupe Queen, prévu le vendredi 4 septembre, au théâtre antique d’Orange, est finalement maintenu. Le tribunal administratif de Nîmes devait examiner jeudi le recours déposé par le producteur contre l’annulation du concert. Il n’a finalement pas eu à se prononcer. David Hardit et le maire (RN) Jean-Dominique Artaud ont trouvé un compromis. Le spectacle avait été annulé par l’élu d’extrême droite, qui invoquait des raisons budgétaires après un éboulement ayant entraîné 300 000 euros de dépenses pour la commune.

    Un protocole doit être signé avant d’être validé, lundi en conseil municipal, puis homologué par le tribunal. Contre l’abandon de son recours, David Hardit consent à un important effort financier. « Je paye la technique, le repas de tout le monde et la Sacem, détaille-t-il. Lui ne paye que 20 000 euros contre les 41 000 prévus dans le contrat que j’avais signé avec le maire précédent. »

    Au total, le producteur devra débourser 40 000 euros pour maintenir ce concert. « Ça a fini par se régler parce que je veux absolument que les choristes jouent », précise-t-il. Tous sont bénévoles et avaient déjà réservé leur transport ou leur hébergement. « Ma victoire, c’est d’être allé jusqu’au bout, même au tribunal, pour que mes choristes puissent jouer. »

    Une « jurisprudence »

    Malgré cette issue, David Hardit estime que « la méthode du maire est indécente » et regrette qu’« il ait voulu priver » le public d’un concert gratuit. Il voit toutefois dans cette victoire un précédent : « Le fait que le concert ait lieu fait jurisprudence. Maintenant, je dirai à mes collègues producteurs : “Battez-vous, on peut les faire plier” ». Une satisfaction qui n’efface pas son amertume : « Je ne remettrai plus un pied à Orange ».

  • À Forcalquier, pour voir le film, il faut d’abord pédaler

    À Forcalquier, pour voir le film, il faut d’abord pédaler

    Sensibiliser à l’utilisation du vélo et donner accès à la culture en zone rurale : tels étaient les objectifs de la projection organisée mercredi soir en centre-ville de Forcalquier par les associations Cinécyclo et Mobiclou.

    Les spectateurs y sont invités à pédaler pour produire l’énergie nécessaire à la projection, ce qui permet d’ouvrir une réflexion sur la mobilité en zone rurale. L’idée est de promouvoir « le vélo comme moyen de locomotion au quotidien » malgré les difficultés intrinsèques au territoire et le manque d’aménagements sur les routes, explique Frédéric Hafner, bénévole chez Mobiclou. « Le vélo électrique a changé la donne » et a rendu la pratique du vélo plus accessible et réaliste dans les Alpes-de-Haute-Provence, où le terrain est souvent très pentu, explique le bénévole. « On peut par exemple faire la moitié du trajet pour aller au travail en voiture ou en train, et l’autre à vélo », avance Pierre Adnot, membre de la collégiale de Mobiclou.

    Le film projeté mercredi raconte « la transition de la voiture au vélo », explique Tom Morel, le responsable de l’antenne marseillaise de Cynécyclo. Il est en tournée et sera en projection ce soir à Revest-des-Brousses. Son association est la seule à organiser des projections à l’aide de l’énergie du pédalage, selon lui. Il espère organiser bientôt « une tournée sur la montagne de Lure ».

    L’association forcalquiérenne Mobiclou fournit également des vélos adaptés aux différents handicaps, et initie à l’auto-réparation. Elle s’adresse aussi aux personnes qui n’ont pas les moyens d’avoir une voiture.

  • À Barjols, le soutien déterminant des agriculteurs dans la lutte contre l’incendie

    À Barjols, le soutien déterminant des agriculteurs dans la lutte contre l’incendie

    Assis à l’ombre des oliviers, près d’une parcelle agricole située sur les hauteurs de Barjols, qui sert de point de ravitaillement en eau pour les sapeurs-pompiers engagés dans la lutte contre l’incendie qui a ravagé 4 500 hectares dans le massif du Gros-Bessillon, Lionel, Sylvain, Tom et une poignée d’autres agriculteurs de Barjols et ses environs prennent cinq minutes de repos. Depuis neuf jours, ce n’est pas le travail aux champs qui les fait transpirer, mais celui d’appui aux 870 sapeurs-pompiers encore présents sur le terrain, mercredi. Si le feu est fixé depuis mardi soir, le combat est encore loin d’être gagné face à des réactivations possibles sur certains secteurs, comme ce fut le cas ce jour.

    « Heureusement qu’ils sont là », reconnaît l’adjudant-chef Gilles du Sdis 83. Lionel, trufficulteur à la retraite, et sa gouaille provençale ne le contrediront pas : « S’il n’y a pas les agriculteurs, tout brûle. » Ces derniers ne ménagent pas leurs efforts. Chaque jour, de 7h à minuit, ils vont, au moyen de leurs engins agricoles et de leurs citernes, puiser des milliers de litres d’eau où ils le peuvent (bornes incendies, canal de Provence, rivières de l’Eau Salée, du Fauvery, de l’Argens…) afin d’alimenter les véhicules de lutte anti-incendie. « C’est inquantifiable, mais sur les jours les plus forts, on a constitué des réserves de 60 000 à 70 000 litres », estime Sylvain, viticulteur dans les environs. Et personne ne compte ses heures, à tel point qu’Hugo, qui dirige les opérations, n’a pas le temps de couper pour répondre à nos questions. « On est une cinquantaine chaque jour, dimanche on était entre 100 et 150 », affirme Sylvain.

    « On sauve nos terres pour continuer à travailler »

    Les camions des sapeurs-pompiers se branchent directement sur les citernes, soit pour s’alimenter avant de se rendre sur le terrain, soit pour remplir des piscines qui servent de réservoir pour les hélicoptères bombardiers d’eau. Deux sont disposées dans le secteur, en plus des piscines des particuliers réquisitionnées, et de réservoirs de fortune réalisés avec des bennes agricoles. « On a aussi tout labouré en lisière pour éviter que le feu ne s’étende », ajoute Lionel.

    « On sauve nos terres pour pouvoir continuer à travailler, au détriment de nos exploitations », résume Sylvain, dont les vignes ont été épargnées par le feu, mais risquent de subir les conséquences des fumées avec des fruits au goût altéré. Ses confrères et lui n’ont pas le choix et pointent amèrement le manque de moyens dont disposent les sapeurs-pompiers : « C’est une honte que le feu soit arrivé jusqu’ici, qu’il ait fait le tour du massif », dénonce Tom. « Ils font ce qu’ils peuvent, mais ça reflète ce qu’il se passe en France. On a 12 canadairs, mais que 5 opérationnels », abonde Lionel.

    Autour d’eux, la solidarité s’organise, avec des villageois qui viennent, eux aussi, donner un coup de main, en préparant des repas, par exemple. L’élan dépasse les frontières du village, à l’image de Julien, dirigeant de trois entreprises à Rians, qui a répondu à un appel aux bénévoles lancé sur les réseaux sociaux. « J’ai mis mon activité en sommeil pour venir en aide aux pompiers », explique-t-il. Doté de cuves d’une capacité totale de 9 000 litres, il effectue jusqu’à trois rotations par jour pour participer au ravitaillement en eau. « J’ai une maison dans les bois, si demain ça m’arrivait, ça me ferait plaisir d’avoir autant de monde pour aider à stopper l’incendie. Les pompiers manquent de moyens. On fait comme on peut à notre échelle. » Derrière les héros aux camions rouges, il y a ceux aux tracteurs et aux citernes.

    Nouvel incendie à Brignoles

    Un incendie s’est déclaré mercredi, vers 17h, à Brignoles, près de la RD12. La préfecture du Var indiquait, à 20h, que 250 pompiers, 85 engins, 3 Canadair, 7 hélicoptères bombardiers d’eau, ainsi que 2 avions Dash étaient mobilisés. Le stade du Vabre accueille un poste de commandement. Des messages ont été envoyés pour évacuer les quartiers de Pélicon, Tombarel, Les Jaussérannes, Sainte-Barbe, Les Agasses et Les Petits Ubacs. La commune a mis en place un point de regroupement au Hall des expositions. La RN7 et la RD12 ont été fermées.

  • L’été des Petits Frères des Pauvres contre l’isolement des aînés à Marseille

    L’été des Petits Frères des Pauvres contre l’isolement des aînés à Marseille

    Pour que les personnes âgées ne soient pas seules pendant les vacances, qu’elles aient encore des projets », s’enthousiasme Anne Salvador, bénévole depuis 20 ans au sein de l’association les Petits frères des pauvres et responsable de la campagne Le Marnier. Bastide avec un grand jardin, la maison d’accueil à la journée et siège de la branche marseillaise de la structure, se remplit de bénévoles et de personnes âgées pour les journées estivales. « Toute l’année on accompagne des personnes de plus de 50 ans souffrant de solitude, qu’elles habitent à domicile, en maison de retraite ou à la rue. L’été, on organise 20 journées estivales de rencontre et d’activité », explique Anne Salvador.

    Les journées se partagent entre petit-déjeuner, apéritif, déjeuner et activité du jour. Ce mardi 21 juillet, c’est chanson et coiffure. « C’est un moment de bonheur, très festif et c’est très bien cuisiné », applaudit Claudine, accompagnée par les Petits Frères des Pauvres depuis 2 ans. Dans le jardin, sous la tonnelle, tous partagent un moment de convivialité autour du déjeuner. Ils profitent de la fraîcheur des arbres, de la brise et du chant des cigales, particulièrement bruyant en ce milieu de journée. « Qui veut un autre yaourt glacé ? », « Qui veut des pêches ? ». Autour des grandes tables, les bénévoles servent dans la bonne humeur les personnes âgées autour de la table. Aujourd’hui, le plus jeune des convives a 65 ans, le plus vieux 95 ans.

    « Je viens pour me changer les idées »

    Les conversations fusent, Jean-Marc évoque sa jeunesse aux South-Winners, les ultras du virage sud du Vélodrome, Frederic raconte les années qu’il a passées au Brésil et Robert raconte son passé de syndicaliste à la CGT. Si l’activité du jour tourne autour de la chanson et de la coiffure, certains ne sont intéressés ni par l’une, ni par l’autre, mais viennent quand même pour vivre ce moment privilégié. « Je viens pour profiter de l’après-midi et pour me changer les idées », témoigne Jean-Marc. C’est son premier été avec l’association et il vient souvent aux journées estivales : « Il y a une bonne ambiance ! » félicite-t-il. Bébert est bénévole ici depuis 52 ans, « ce qui me plait, c’est la fraternité », déclare-t-il.

    « Il n’y a que les Petits frères des pauvres qui m’ont tendu la main, vous savez, la rue c’est dur. » Pascal, sans domicile fixe accompagné depuis un an, exprime sa gratitude.

    L’atelier chanson débute et un artiste, engagé par l’association, entame les plus grands titres « de votre jeunesse au siècle dernier » lance-t-il gentiment aux spectateurs. Tous reprennent en chœur Charles Aznavour, Jean Ferrat ou encore Luis Mariano.

    « T’es super Dominique ! Ça te va bien ! » , complimente André, responsable des bénévoles. Dominique vient de se faire couper les cheveux par la coiffeuse présente pour l’après-midi. « Prendre soin de soi ça reste important. Les personnes ici ne le font plus, surtout pour des raisons financières, alors on leur amène gratuitement un coiffeur », commente André.

    Des activités tout l’été

    « Aujourd’hui c’est un chanteur, demain ça sera peut-être un magicien, on essaie de varier les propositions, on se doit de les faire profiter au maximum », ajoute André.

    Tout l’été, les Petits frères des pauvres organisent des journées comme celle-ci, musique brésilienne, loto, accordéon, il y en a pour tous les goûts. Sophie, bénévole depuis 2 mois, a rejoint l’association pour s’occuper des aînés isolés : « C’est super important, ils ne voient personne d’autre de la journée. Ça permet de les sortir et de créer du lien social. »

    Les bénévoles aussi s’enrichissent de ces journées de partage. « C’est mon petit bonheur de venir ici, et eux ils sont trop contents », termine-t-elle.

  • Marseille, avec les Terre-neuve sauveteurs aquatiques

    Marseille, avec les Terre-neuve sauveteurs aquatiques

    Comme chaque dimanche matin, dix chiens sauveteurs aquatiques de l’association Terre-neuve 13 s’entraînent avec leur maître dans la base nautique de Corbières. « Ils nagent la brasse avec leurs quatre pattes palmées comme des canards. Leur musculature est puissante, leur poil est huilé de sebum, c’est leur combinaison. »

    Etrangement, ce chien qui a un instinct de sauvetage très développé n’est intégré à aucune équipe de secours en France, alors que les noyades explosent. On est à l’opposé du Saint-Bernard en montagne. « On aimerait aider les maîtres-nageurs à surveiller les plages. En Italie, ils le font depuis 40 ans, c’est très efficace et en plus on est des bénévoles, mais en France, ça ne semble pas intéresser. On fait des démonstrations, de la surveillance de course de natation à l’occasion de la fête de la mer. Tout le monde nous félicite, dit que ce sont des chiens extraordinaires, mais ça s’arrête là », s’étonne avec regret Michelle Salel, la présidente de cette association qui forme au secourisme canin.

    Un nageur déjà palmé

    Équipés d’un harnais de sauvetage, Cara, Enjoy, Mikki, Ronan, Alba, Vick, Agathe et les autres aboient gaiement, impatients de bondir dans l’eau. Mais avant, Patrick, éducateur canin, les sociabilise, les fait s’exercer avec leur maître pour reproduire dans l’eau les ordres appris à terre. « Assis, pas bouger, suite au pied. »

    « Le Terre-neuve est un chien très têtu qu’il faut canaliser, lui apprendre des codes de sauvetage. C’est une éducation ferme mais douce qui commence à partir de trois mois », explique-t-il en tenant Ronan, un mâle de 6 ans qui pèse déjà 70 kilos. Dans le groupe, une chienne semble jouir d’un statut particulier. « C’est Cara la mamie, elle a 9 ans, elle est à la retraite. »

    En mer, le chien apprend à saisir un manchon, tirer une bouée. Il paraît lourd mais flotte sur l’eau. Sa nage ne consiste pas à battre frénétiquement des pattes avant mais à équilibrer sa brasse. « On fait toujours attention qu’avec ses griffes, il ne blesse pas la victime en s’approchant. » Avec une forte capacité pulmonaire, il peut tenir deux heures dans l’eau sans se fatiguer. Leurs pattes ont des membranes très développées qui relient les doigts jusqu’à la base des griffes. Le Terre-neuve est comme un nageur déjà palmé.

    La récompense pour un exercice réussi, ce sont toujours des félicitations du maître, beaucoup de câlins et parfois des friandises pour ces ours de mer totalement affectueux. « Ce sont des chiens puissants qui fonctionnent toujours en binôme de soutien avec leur maître. Le sauveteur va sécuriser la personne en détresse qui peut avoir des gestes de panique. Le chien lui s’occupe du paddle puis quand la victime est sécurisée, qu’elle tient bien le “rescue tube” ou les sangles de prise du harnais, le chien remorque tout le monde jusqu’au bord. Ils peuvent tracter une tonne en mer. » En plus du harnais de sauvetage, certains chiens sont équipés autour du cou d’un airbag. « C’est une sécurité ultime pour nos chiens qu’on déclencherait en cas d’urgence. C’est arrivé une fois pour un chien qui comme un humain a fait un malaise. Il a eu une hydrocution. L’airbag gonfle une bouée qui tient émerger la tête du chien hors de l’eau », explique Martine, la coordinatrice.