Tag: solidarité

  • Une soirée pour soutenir la lutte contre le racisme

    Une soirée pour soutenir la lutte contre le racisme

    Le mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) organise une soirée solidaire ce vendredi 6 novembre au théâtre des Carmes à Avignon. Dont la recette « aidera à financer nos activités, aide juridique et administrative, actions de solidarité, interventions dans les établissements scolaires », précise l’organisation.

    Car si le programme se veut convivial, avec des lectures de Paul Fructus, des contes de Jihad Darwiche et des « chansons engagées » d’Isabelle Desmero, le tout agrémenté de quelques boissons et grignotages, les finances de la structure sont en difficulté. « Le Mrap vit des aides de l’État s’il considère que la lutte contre le racisme et l’intégration de travailleurs en France est une priorité. Mais c’est de moins en moins le cas », constate Françoise Darwiche, coprésidente.

    Appel aux bénévoles

    L’occasion de mettre en avant également les activités de l’association. Une dizaine de bénévoles actifs se relaient au sein du local avignonnais pour les deux permanences hebdomadaires. « Il y a une quinzaine de personnes en moyenne chaque jour. Mais mercredi dernier, il y a eu 29 passages, ce qui est assez exceptionnel », glisse Isabelle Fructus, également coprésidente. Des victimes d’agressions racistes viennent y demander des conseils, mais aussi des personnes en voie de naturalisation. « Des personnes qui viennent avec des sacs entiers de papiers qu’il faut trier, cela prend un temps fou », poursuit la présidente qui appelle également de nouveaux bénévoles à rejoindre l’équipe.

    Un lieu que loue le Mrap depuis trois ans après avoir perdu son local prêté par la mairie. « Il faut aussi chauffer l’espace et cela coûte très cher. Il faut stocker plusieurs milliers de dossiers, ce qui prend de la place », poursuit Françoise Darwiche.

    Théâtre des Carmes à 19h.
    Prix libre.

  • [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    Sur un grand drap blanc posé à même le sol, place Jean-Jaurès, 21 peluches sont disposées sur des taies d’oreiller. Elles représentent « 21 enfants scolarisés à Montpellier, de la crèche à l’université », qui, depuis la rentrée scolaire, « n’ont dû leur mise à l’abri qu’à des citoyennes et des citoyens, et non à l’État ». 21 enfants « qui dormaient avec leurs parents dans des halls d’immeubles, dans leurs voitures, dans des tentes, à deux pas de chez nous, de chez vous », interpelle, au micro, Murielle Kosman, de l’association Une École Un Avenir.

    Lundi 2 novembre, le collectif Un Toit Un Avenir, qui réunit la FCPE, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), La Cimade, le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), Droit au logement (DAL) et l’association Une École Un Avenir, appelait, avec le soutien du Réseau Universités Sans Frontières (RUSF), à un rassemblement pour « rendre visibles » ces familles qui dorment dans la rue à l’approche de l’hiver.

    « Ces 21 enfants ne sont que la partie émergée de l’iceberg », souligne Murielle Kosman, selon laquelle une centaine d’enfants seraient aujourd’hui sans abri à Montpellier, d’après les estimations des associations. « Quand on dort dans la rue, on a moins de chances pour étudier, construire son avenir, on a une santé fragilisée. Tout est mis en péril. C’est quoi le droit à l’éducation, le droit à la santé pour les enfants qui dorment dehors ? », interroge la porte-parole.

    Depuis septembre, la mobilisation citoyenne impulsée par le collectif a permis de financer « plus de 150 nuits de mise à l’abri, dont plus de 110 chez des habitants solidaires, et de récolter plus de 11 000 euros ». Hébergement chez des particuliers, nuitées d’hôtel ou dans des locations de type Airbnb financées par des cagnottes, dons de nourriture et de vêtements : faute de solutions institutionnelles, la solidarité prend le relais.

    « La solidarité a ses limites »

    Mais « les pouvoirs publics ne sauraient se reposer plus longtemps sur la générosité des citoyens pour s’acquitter d’une obligation qui leur incombe », insiste le collectif, qui rappelle que l’article L. 345-2-2 du Code de l’action sociale et des familles « garantit un accès inconditionnel à l’hébergement d’urgence pour toute personne sans abri en situation de détresse, quel que soit son statut administratif ». Il réclame donc un plan « zéro enfant à la rue » dès cet hiver à Montpellier, porté conjointement par l’État et la Ville. « La solidarité a ses limites, il faut de la sécurité. Ces familles sont en stress permanent », alerte Murielle Kosman.

    « Malgré la trêve hivernale, il est évident qu’il va y avoir des familles à la rue cet hiver. Des familles se retrouvent dans la situation suivante : elles appellent le 115, mais il n’y a pas de solution, malgré des injonctions. Pire, l’État a décidé de réduire encore le nombre de places d’hébergement d’urgence », dénonce la représentante d’Une École Un Avenir.

    Une audience auprès de la préfète de l’Hérault a été sollicitée. La municipalité est elle aussi interpellée : « Nous pensons que Michaël Delafosse est en mesure d’aider le secteur associatif et de faire le travail de conviction nécessaire auprès de la préfecture », estime Murielle Kosman. « Des chartes sont signées, des jolis mots sont dits mais nous souhaitons des actes concrets pour que derrière les inscriptions à l’école suivent des toits, des hébergements. Quelle que soit la manière dont les pouvoirs publics s’y prendront. La réquisition, on est pour. L’habitat intercalaire, pourquoi pas. La construction de logements sociaux, évidemment », énumère la militante.

    À la nuit tombée, les participants étaient invités à allumer leurs lampes-torches pendant les prises de parole. Une façon de mettre en lumière ces familles que la précarité contraint trop souvent au silence. « Je salue le courage de ces familles. Parce que c’est très difficile pour elles d’aller demander de l’aide, d’accepter les conditions dans lesquelles elles vivent », rappelle la porte-parole du collectif, qui prévient : « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors. »

  • [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    Sur un grand drap blanc posé à même le sol, place Jean-Jaurès, 21 peluches sont disposées sur des taies d’oreiller. Elles représentent « 21 enfants scolarisés à Montpellier, de la crèche à l’université », qui, depuis la rentrée scolaire, « n’ont dû leur mise à l’abri qu’à des citoyennes et des citoyens, et non à l’État ». 21 enfants « qui dormaient avec leurs parents dans des halls d’immeubles, dans leurs voitures, dans des tentes, à deux pas de chez nous, de chez vous », interpelle, au micro, Murielle Kosman, de l’association Une École Un Avenir.

    Lundi 2 novembre, le collectif Un Toit Un Avenir, qui réunit la FCPE, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), La Cimade, le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), Droit au logement (DAL) et l’association Une École Un Avenir, appelait, avec le soutien du Réseau Universités Sans Frontières (RUSF), à un rassemblement pour « rendre visibles » ces familles qui dorment dans la rue à l’approche de l’hiver.

    « Ces 21 enfants ne sont que la partie émergée de l’iceberg », souligne Murielle Kosman, selon laquelle une centaine d’enfants seraient aujourd’hui sans abri à Montpellier, d’après les estimations des associations. « Quand on dort dans la rue, on a moins de chances pour étudier, construire son avenir, on a une santé fragilisée. Tout est mis en péril. C’est quoi le droit à l’éducation, le droit à la santé pour les enfants qui dorment dehors ? », interroge la porte-parole.

    Depuis septembre, la mobilisation citoyenne impulsée par le collectif a permis de financer « plus de 150 nuits de mise à l’abri, dont plus de 110 chez des habitants solidaires, et de récolter plus de 11 000 euros ». Hébergement chez des particuliers, nuitées d’hôtel ou dans des locations de type Airbnb financées par des cagnottes, dons de nourriture et de vêtements : faute de solutions institutionnelles, la solidarité prend le relais.

    « La solidarité a ses limites »

    Mais « les pouvoirs publics ne sauraient se reposer plus longtemps sur la générosité des citoyens pour s’acquitter d’une obligation qui leur incombe », insiste le collectif, qui rappelle que l’article L. 345-2-2 du Code de l’action sociale et des familles « garantit un accès inconditionnel à l’hébergement d’urgence pour toute personne sans abri en situation de détresse, quel que soit son statut administratif ». Il réclame donc un plan « zéro enfant à la rue » dès cet hiver à Montpellier, porté conjointement par l’État et la Ville. « La solidarité a ses limites, il faut de la sécurité. Ces familles sont en stress permanent », alerte Murielle Kosman.

    « Malgré la trêve hivernale, il est évident qu’il va y avoir des familles à la rue cet hiver. Des familles se retrouvent dans la situation suivante : elles appellent le 115, mais il n’y a pas de solution, malgré des injonctions. Pire, l’État a décidé de réduire encore le nombre de places d’hébergement d’urgence », dénonce la représentante d’Une École Un Avenir.

    Une audience auprès de la préfète de l’Hérault a été sollicitée. La municipalité est elle aussi interpellée : « Nous pensons que Michaël Delafosse est en mesure d’aider le secteur associatif et de faire le travail de conviction nécessaire auprès de la préfecture », estime Murielle Kosman. « Des chartes sont signées, des jolis mots sont dits mais nous souhaitons des actes concrets pour que derrière les inscriptions à l’école suivent des toits, des hébergements. Quelle que soit la manière dont les pouvoirs publics s’y prendront. La réquisition, on est pour. L’habitat intercalaire, pourquoi pas. La construction de logements sociaux, évidemment », énumère la militante.

    À la nuit tombée, les participants étaient invités à allumer leurs lampes-torches pendant les prises de parole. Une façon de mettre en lumière ces familles que la précarité contraint trop souvent au silence. « Je salue le courage de ces familles. Parce que c’est très difficile pour elles d’aller demander de l’aide, d’accepter les conditions dans lesquelles elles vivent », rappelle la porte-parole du collectif, qui prévient : « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors. »

  • La Grande Collecte Solidaire de Jouets pour Noël de retour dans le Var

    La Grande Collecte Solidaire de Jouets pour Noël de retour dans le Var

    En France, un jouet non utilisé reste en moyenne 5 ans au placard avant de s’en séparer. 27% d’entre eux finissent à la poubelle, par méconnaissance d’une autre solution. C’est en partant de ce constat, et pour offrir un Noël aux enfants qui n’en ont pas, qu’a lieu chaque année et partout en France la grande collecte solidaire de jouets. Dans le Var, sept collectivités (Provence Verte, Cœur du Var, Lacs et Gorges du Verdon, Pays de Fayence, Provence Verdon, Golfe de Saint-Tropez et le SMIDDEV) se joignent aux éco-organismes Ecosystem et Ecomaison, porteurs de l’initiative, pour l’organiser, et proposer plus de 80 lieux de collectes, confiés à des associations locales, du 1er au 30 novembre. 27 magasins, 28 bureaux de postes et 7 associations s’en font également les relais.

    Chacun est invité à y déposer ses jouets inutilisés, quels qu’ils soient : jouets électriques ou électroniques, d’intérieur (poupées, peluches, figurines, jeux de construction…), d’extérieur (draisiennes, jeux de plage, etc.), cadeaux issus de menus enfants ou de magazines, jeux de société et puzzles… La priorité : le réemploi, grâce aux acteurs de la filière (qui plus est souvent créateurs d’emplois en insertion), qui réalisent un travail de tri, de nettoyage, de remise en état et de complétion si besoin, et permettent de sauver près de deux jouets sur trois. Les jouets trop abîmés sont quant à eux recyclés par Ecomaison et Ecosystem.

    Une fois triés, les jouets en état d’usage seront redistribués par les associations partenaires, ou revendus à prix solidaires. Une belle occasion de faire un joli geste en cette période durant laquelle la solidarité compte encore davantage que le reste de l’année.

    Trouvez votre point de collecte sur www.jedonnemesjouets.fr

  • « Le racisme tue » : colère et appel à l’unité après l’attentat de Trappes

    « Le racisme tue » : colère et appel à l’unité après l’attentat de Trappes

    Vive émotion à Port-de-Bouc. Une semaine après l’attentat qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi et blessé cinq autres personnes, dont une fillette de 12 ans, à Trappes et à La Verrière (Yvelines), une centaine de personnes se sont rassemblées devant l’hôtel de ville pour dire leur solidarité avec les victimes et rappeler une chose simple : « Le racisme tue. »

    Alors que l’auteur des tirs, Kevin Tessier, a reconnu les faits ainsi que la préméditation, révélant avoir ciblé des personnes « musulmanes, africaines ou nord-africaines », le maire, Laurent Belsola (PCF), l’assène : « Ce crime inhumain n’est pas un fait isolé ou, comme certains tentent de nous le faire croire, l’acte d’une personne déséquilibrée. »

    Avant d’être placé en détention provisoire à l’issue de sa mise en examen par le Parquet national antiterroriste, l’assaillant avait vu sa garde à vue levée dans la nuit de samedi à dimanche, le temps d’une période d’observation psychiatrique. Pap Niang, du collectif Rebel 13, dénonce : « A-t-on déjà remis en cause l’état de santé mentale de ceux qui ont terrorisé la France dans le passé ? Non. Sûrement avaient-ils la peau trop foncée pour mériter qu’on s’attarde sur cet aspect de la personnalité. (…) La justice et la santé, comme tous les services publics, sont traversées par le racisme institutionnel. » Et de rappeler la nécessité de nommer les discriminations. « Les mots “negrophobie” et “islamophobie” ne sont pas négociables. Le supprimer, c’est invisibiliser les violences spécifiques que nous subissons, c’est refuser ce qui nous tue. »

    Pour Laurent Belsola, ce crime est « d’abord celui d’un militant d’extrême droite qui n’a pas hésité une seule seconde à mettre en pratique la théorie de son organisation politique ». Lors de la perquisition, des autocollants faisant référence au RN ont été découverts au domicile de Kévin Tessier, selon le procureur antiterroriste.

    L’édile de Port-de-Bouc est sans appel : « Les représentants politiques de l’extrême droite sont plus que jamais responsables. » Le discours de Jordan Bardella, qui désignait en 2022 Trappes comme « une République islamique en miniature » et « la capitale européenne du jihad » a d’ailleurs été repris par Kévin Tessier, qui a expliqué avoir visé un « repaire d’islamistes ».

    Le maire interroge également la responsabilité des médias, qui selon lui ont permis « la normalisation de cette parole raciste sur les chaînes d’information en continu », au premier rang desquels CNews, multi-sanctionnée par l’Arcom. Dans la foule, Yves approuve : « Ils participent à dédiaboliser ce genre de pensées, qui se transforment ensuite parfois en acte. Ça devient commun, c’est ça qui est grave. C’est comme ça qu’ont commencé les génocides. »

    Faire front commun

    Alors que la campagne présidentielle a démarré et que Marine Le Pen caracole en tête des sondages, ce retraité originaire de l’Est, qui n’est pourtant « pas un militant très actif », l’affirme : « Il faut se réveiller. » Sans être encarté, lui tracte avec la France insoumise pour tenter de faire la différence. « Je donne aussi beaucoup à des associations qui sont sur le terrain pour faire changer les choses. » La colère sociale qui s’exprime dans les rues de France, le samedi, lui donne tout de même de l’espoir.

    « Dans ce contexte, nous avons un devoir d’unité des forces politiques et syndicales pour faire front commun face au déversement de haine, mais nous avons aussi un devoir d’unité populaire, affirme Laurent Belsola : celle du monde du travail, des jeunes, des retraités, des personnes privées d’emploi, de toutes celles et tous ceux qui refusent, à la fois, les politiques ultralibérales d’Emmanuel Macron et le projet raciste du Rassemblement national. »

    Un grand rassemblement contre le racisme et l’islamophobie s’est aussi tenu sur la place des Merisiers de Trappes ce vendredi, à 18h (lire en page 18).

  • L’US Mourillon prévoit de nombreuses festivités pour célébrer son centenaire

    L’US Mourillon prévoit de nombreuses festivités pour célébrer son centenaire

    Fêter un centenaire, rare pour un être humain, pas si fréquent pour une structure associative. C’est le bel accomplissement que va célébrer, en 2027, l’Union sportive mourillonnaise, fondée en 1927 dans « un quartier populaire, profondément marqué par la mer, les marins, les ouvriers », retrace Michel Grillot. « Le rugby y trouve naturellement sa place. L’USM devient un club de quartier, de copains qui se retrouvent autour d’un ballon et de valeurs simples : l’amitié, le courage, la solidarité, le respect. » Mais cette histoire est troublée par la Seconde Guerre mondiale, d’abord, qui met le club en sommeil de 1939 à 1946. Puis, à partir des années 1960, par les difficultés à assurer la pérennité du club. Une nouvelle dynamique émerge en 1991, avec « une bande de copains avec l’envie de refaire vivre le club. Personne ne pensait que nous serions là 35 ans plus tard ».

    Des festivités « ouvertes sur la ville »

    Aujourd’hui, l’USM compte 332 licenciés, de l’école de rugby au sport adapté jusqu’à l’équipe séniors. Il a formé plusieurs joueurs professionnels passés ensuite dans les rangs du grand frère du RC Toulon. Mais au-delà de ces réussites sportives, « nous sommes fiers de tous ceux qui ne sont pas passés pros, et disent avec le sourire qu’ils ont porté ce maillot », tient à souligner Michel Grillo. Car avant tout, « les clubs amateurs sont des acteurs essentiels de la cohésion sociale et de la vie du territoire. Leur rôle dépasse largement les limites du terrain. Ils créent des liens, là où notre société a tendance à en perdre ». Cela, grâce à une équipe d’une cinquantaine de bénévoles, sans qui « le club ne tiendrait pas ». Pour les accompagner, l’embauche d’un salarié à temps plein est souhaitée, « car la pérennité d’une association ne peut reposer que sur la bonne volonté », clame le président de l’USM.

    Pour fêter ces 100 ans d’histoire, le club a prévu de nombreuses festivités pour 2027. Sur les terrains, forcément, avec un tournoi international jeunes en mars et un tournoi de rugby adapté en avril. Mais aussi avec des événements « ouverts sur la ville, pas uniquement célébrés entre ses joueurs », appuie Jean-Luc Barthélémy, responsable des projets du club. « Nous voulons que les enfants, les habitants du quartier et les partenaires puissent s’approprier cette année. » À ce titre, chacun est invité à se rapprocher du club pour partager ses souvenirs. Y figureront, d’ailleurs, en bonne place, ceux qui ont fait l’US Mourillon et qui nous ont quittés trop tôt, comme Raoul Celioli, président du club à sa refonte en 1991, Jean-Alex Fernandez, créateur de l’école de rugby, ou encore Ludovic Astier, jeune éducateur du club disparu en 1998.

  • Avignon : au-delà de l’arrêté, quelles mesures face à la grande précarité

    Avignon : au-delà de l’arrêté, quelles mesures face à la grande précarité

    Ce dimanche 1er novembre doit s’achever l’arrêté municipal « portant réglementation des activités constituant un trouble à l’ordre public ». Un document pris le 24 septembre, quelques jours seulement après que la justice a retoqué un premier arrêté similaire qualifié « d’anti-mendicité », notamment par la Ligue des droits de l’homme et la fédération des acteurs de la solidarité qui avaient déposé un recours. Si un jugement au fond est toujours attendu, ce second arrêté n’avait pas été attaqué dans l’attente – vaine – d’un retour du maire Olivier Galzi (DVD) à ces associations et de la durée plus courte du document. « On va le renouveler pour un mois avec les mêmes conditions, on constate encore des difficultés », indique, ce jeudi à La Marseillaise, la municipalité.

    « Je ne suis pas choqué par le fait qu’Olivier Galzi ait pris un arrêté qui réprime les troubles à l’ordre public », réagit le préfet, interrogé mardi par nos soins. Mais Thierry Suquet précise que sa réponse s’inscrit dans un contexte plus global où l’État et la Ville ont signé en janvier un pacte local des solidarités. « Il a pour objectif d’apporter une réponse individualisée à des gens qui sont en situation de très grande marginalité, qui sont connus des services parce qu’ils passent souvent par la case garde à vue et parce qu’on a mis ce système en place, qui fonctionne, je ne suis pas choqué », argue-t-il. Une défaillance qui avait interpellé le préfet avant l’instauration du pacte. « À l’époque, on pouvait placer un individu en garde à vue pendant 48 heures sans qu’aucuns des services sociaux ne s’en préoccupent », retrace-t-il.

    Vers un nouveau lieu pour l’accueil de nuit

    Là où le maire se borne à récuser tout amalgame entre précarité et délinquance, assurant que son arrêté ne vise pas les plus vulnérables, le préfet estime que l’arrêté est un appui du pacte car il « participe au dispositif et facilite la connaissance des gens parce qu’ils passent par les mains de la police ». Un pacte dont le public cible vise justement l’intra-muros et ne concerne que 15 à 20 personnes. Signé fin janvier par l’ex-maire Cécile Helle (PS), il est aujourd’hui mis en place par son successeur. « Beaucoup de gens intervenaient pour la maraude, de la domiciliation, de la lutte contre la toxicomanie, voire même du logement, mais on avait du mal à avoir de la continuité », rappelle Thierry Suquet. L’idée n’étant plus de fonctionner en silos mais que collectivement une solution très individualisée soit apportée.

    « C’est l’esprit du pacte local des solidarités, abonde Vincent Lelionnais, sous-préfet en charge de la politique de la Ville. On met tous ensemble des services et des acteurs qui travaillent auprès des grands précaires pour créer cette logique de parcours parce qu’on est vraiment sur des fragilités qui commandent d’aller assez loin dans l’accompagnement individualisé. » Coffre-fort numérique pour stocker les documents administratifs et favoriser l’accès aux droits, projet de café social ou « dispositif de la rue à l’emploi qui permet de remettre le pied à l’étrier avec quelques heures de travail par semaine », liste Vincent Lelionnais.

    Autre action forte, le projet à plus long terme d’un nouvel accueil de nuit à la place de l’actuel rue Mérindol, jugé trop vétuste et exigu. Sans augmenter forcément sa capacité de 15 places mais « pour y adjoindre un lieu ressources où on pourra mettre en place cette logique de parcours avec des travailleurs sociaux », détaille Vincent Lelionnais. D’une durée initiale de trois ans, le pacte réunit aussi bien la mairie avec aussi la police municipale, que le SIAO [service qui gère l’hébergement d’urgence], l’Agence régionale de santé, les médiateurs sociaux ou la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités.

  • Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    « J’ai redémarré mais sans marchandises et ma banque a rejeté le prélèvement car il n’y a pas d’argent qui est rentré. » Venu bénéficier des services du guichet unique installé au Palais de la Bourse depuis le début de la semaine pour venir en aide aux commerçants touchés par la casse et les pillages, ce buraliste, installé à Sainte-Marthe (14e) depuis 17 ans, ne cache pas son désarroi. Face à lui, le préfet de région, Jacques Witkowski, le président de la Chambre de commerce Aix-Marseille, Jean-Luc Chauvin, et les représentants des collectivités qui ont mis au pot, François de Canson (DVD), président de la Région, Martine Vassal (DVD), présidente du Département. Rebecca Bernardi (PM), adjointe au maire de Marseille en charge du commerce est là aussi.

    « Ce guichet rassemble l’ensemble des services disponibles, ceux de l’État, des collectivités, de la solidarité entrepreneuriale. On reçoit au fur et à mesure les entreprises pour leur permettre de faire leur parcours, d’avancer » explique Jean-Luc Chauvin, ajoutant que plus de 180 d’entre elles « ont été vues, accompagnées ou reçues ». Après une prise de contact par téléphone, un « parcours de rendez-vous est pris pour ne pas attendre et voir tout le monde », poursuit le responsable de la CCI.

    Dans le cadre d’un fonds régional, 5 millions d’euros ont été débloqués, auxquels s’ajoutent 5 autres millions du Département. Un dispositif qui a fait ses preuves pour le Covid en 2020, les émeutes en 2023. « On se doit de redonner confiance à nos commerçants. On ne veut pas que le centre-ville de Marseille meure » insiste François De Canson, rappelant que Noël, « c’est quand même 35% du chiffre d’affaires ».

    Anticiper un effet

    « château de cartes »

    Martine Vassal enchaîne : « Beaucoup de commerçants aujourd’hui n’ont plus de stock, n’ont plus rien, ont des salariés sur les épaules. » Forte de cette belle solidarité, Rebecca Bernardi en appelle également à l’État. « Cela ne suffira pas pour relancer le centre-ville. On a une prise en charge des commerces pillés mais il y a aussi tous les commerçants qui sont debout, qui font zéro en chiffre d’affaires, ou à 10% de ce qu’ils font d’habitude », s’inquiète l’élue qui réclame pour ces derniers des garanties pour éviter que tout ne s’écroule comme un « château de cartes ».

    La Ville se chargera de l’animation dès la semaine prochaine, avec un « plan global » incluant la gratuité des parkings, la piétonnisation temporaire voire l’ouverture le dimanche pour rattraper l’activité perdue. Le chèque-cadeau « Treiz’local » à consommer dans le centre-ville est également de retour annonce Jean-Luc Chauvin, prêt à « faire feu de tout bois pour sauver le centre-ville ».

    En attendant, la perspective d’une nouvelle manifestation le 31 octobre ne rassure personne. « Je n’ai pas, à l’heure où on se parle, de demande de dépôt de manifestation », affirme Jacques Witkowski. Il tient à faire passer un message : « Il ne faut pas s’y tromper, nous n’avons pas affaire à des gens qui manifestent mais à des gens qui viennent casser, des délinquants. » Et d’appeler « chacun prend ses responsabilités. Nous prendrons les nôtres ».

    Pour autant, pas question d’appeler à la fermeture des commerces répond Jacques Witkowski quand on lui pose la question. « On a le droit d’ouvrir quand on est un entrepreneur, on a le droit aussi, quand on est un citoyen, un touriste, de venir, ne serait-ce que se promener ou acheter là où les commerces sont ouverts », estime-t-il. Et de rappeler le « succès populaire » de la manifestation du 24 octobre organisée par la CGT. « Les gens ont pu venir en toute sécurité exprimer leur mécontentement, leurs observations. Il faut qu’on puisse continuer comme ça, que ça se passe bien », considère le préfet.

  • Message aux profiteurs de guerre

    Message aux profiteurs de guerre

    Alors que notre monde est déchiré par les guerres et que l’élévation des tensions internationales fait craindre une généralisation des conflits, l’initiative mondiale pour la paix à laquelle participent les travailleurs des Ports et docks, à l’appel de la Fédération syndicale mondiale, est particulièrement remarquable.

    Elle affirme la solidarité entre des salariés des cinq continents et le caractère de classe du combat pour la paix : les guerres bénéficient aux puissants et jettent les travailleurs les uns contre les autres.

    Dans notre région, l’engagement des portuaires et des dockers pour la paix est le fruit d’une longue tradition internationaliste. Après un engagement sans faille contre les guerres coloniales, le refus récent de charger des armes destinées à nourrir la guerre au Proche-Orient a envoyé un signal très clair à nos gouvernants.

    Un élan mondial salvateur

    Il est facile de se déchirer, de se haïr, de se regarder en chiens de faïence. Les portuaires et les dockers de 23 pays à travers le monde font un choix bien différent : celui de l’action collective, du rapport de force avec les puissants et du rejet des logiques bellicistes.

    Cet élan mondial est salvateur dans une période où le retour des impérialismes, des nationalismes et des extrémismes menace notre avenir commun.

    Il intervient en France dans un moment particulier, marqué par un puissant mouvement social, mais aussi un attentat raciste.

    Dans ce contexte, le message de la grève des ports et docks pour la paix revêt une dimension supplémentaire : l’affirmation de la force des travailleurs quand ils agissent ensemble et de la solidarité qui les unit quelle que soit leur origine, leur couleur de peau ou leur foi.

  • [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    Si les commerçants ont pu faire part de leurs demandes après avoir vu leurs magasins pillés, voire détruits, en marge des manifestations, le président de la CCI appelle chacun à ses responsabilités au nom aussi, de la survie du centre-ville marseillais.

    La Marseillaise : Que retenez-vous de la rencontre avec le président de la République, ce lundi ? Êtes-vous satisfait ?

    Jean-Luc Chauvin : Nous sommes la ville de France la plus touchée avec 528 commerces dégradés, 331 sinistrés, 118 pillés. Cela veut dire qu’il n’y a plus de stock et que tout a été détruit dans la boutique parfois même incendiée. Une barbarie totale. Chaque samedi fermé, c’est 2% de chiffre d’affaires annuel perdu. Et le chiffre d’affaires d’un commerçant entre novembre et décembre, c’est 40% de celui de l’année. Il y a aussi eu des conséquences sur l’hôtellerie. Le fait que le président de la République lui-même soit là, c’est un signe positif, important pour les commerçants. Ils ont pu dire au président et aux ministres présents à la fois tout leur désarroi, tout leur découragement et leur inquiétude.

    Qu’avez-vous demandé ?

    J.-L.C. : On a pu faire passer un certain nombre de demandes essentielles. La première, c’est que les commerçants sont des gens qui investissent, qui prennent des crédits, qui sont en caution personnelle. C’est de l’emploi, de la richesse, des taxes, des impôts. Ils ont besoin de sécurité, d’être défendu par l’État. J’ai fortement insisté pour éviter qu’on arrive à des solutions où un certain nombre d’entre eux se sentant abandonnés, pensent à s’auto-organiser. On a bien vu ce week-end avec un parcours différent, avec un encadrement des forces de l’ordre différent aussi, qu’on a eu que sept commerces cassés. Sur les aides à redémarrer, le fonds national est sorti hier, c’est très bien. On a aussi évoqué avec le président de la République un sujet qu’il n’avait pas dans son spectre, les commerces qui n’ont pas été cassés mais qui sont dans le périmètre concerné. À Marseille, cela représente quatre rues, de la préfecture, à la Canebière, la Chambre de commerce et jusqu’au Centre-Bourse. Là, trois commerces sur cinq sont cassés et ceux qui ne le sont pas, ont eu peur. Et quand ils ouvrent, ils font zéro chiffre d’affaires. J’ai proposé des mesures de chômage partiel, à 100% dans les périmètres où il y a eu les couvre-feux, et que les commerces non pillés puissent aussi bénéficier du prêt à taux zéro de BPIFrance [Banque publique d’investissement] à 50 000 euros. D’autres comme notamment Bernard Marty, en tant que président de l’UMIH [Union des métiers et des industries de l’hôtellerie], et vice-président de la Chambre, ont demandé à ce que cela soit adapté à la capacité de remboursement de l’entreprise.

    Pour autant, comprenez-vous qu’il y ait des revendications ?

    J.-L.C. : Que les gens veuillent manifester, c’est tout à fait normal, c’est leur droit, c’est pas le sujet. Par contre, ce n’est pas admissible, comme malheureusement c’est le cas aujourd’hui, que des manifestations soient infiltrées par des casseurs, des pillards, et par, probablement, des personnes qui veulent en découdre avec les autorités, les forces de l’ordre et les services publics, au détriment même de revendications légitimes des manifestants. On ne peut plus continuer à manifester comme avant, peut-être faut-il adapter la façon de faire. Il faut que les manifestations puissent avoir lieu, mais pas au milieu des commerces, parce que ça casse tout.

    Comment voyez-vous la suite ?

    J.-L.C. : On a très, très peur pour ce samedi, c’est une fête compliquée parce que c’est une fête avec des masques, avec du sang… On a moins d’inquiétude sur le 5 novembre, parce qu’on sait que les manifestations organisées par les syndicats sont gérées, comme ils l’ont fait samedi. J’ai bien expliqué au président de la République qu’il fallait aussi de l’animation pour faire revenir les gens en ville, mais ils ne le feront que lorsqu’ils seront rassurés. Et que, pour cela, il fallait régler le problème de la grogne sociale et des lycéens. Il faut une issue politique et que chacun prenne ses responsabilités, individuellement et collectivement. Que les gens qui manifestent soient aussi coopératifs. Si on veut sauver nos commerces, il va falloir qu’on fasse un effort, peut-être consommer. Peut-être, au lieu d’aller acheter trois produits à 10 euros sur un site ou une plateforme chinoise, acheter un produit à 30 euros chez un commerçant français…