Tag: solidarité

  • [Quoi de neuf] Marjorie Villard et Juliette Cholvy : « On accompagne une femme, pas un cancer »

    [Quoi de neuf] Marjorie Villard et Juliette Cholvy : « On accompagne une femme, pas un cancer »

    Rémy Cougnenc : Qu’est-ce que le Montpellier institut du sein (MIS), quel est le statut de votre structure ?

    Juliette Cholvy : Le Montpellier Institut du sein (MIS) est une association reconnue d’intérêt général qui puise ses fondements dans une équipe de médecins, notamment de chirurgiens scénologues. Je ne peux que citer le docteur Cécile Zinzindohoué ainsi que son mari, le docteur Pierre Bertrand qui ont gravité autour de ce projet. À savoir qu’on accompagne une femme, pas un cancer. L’idée c’est de se dire : qu’est-ce qu’on peut faire pour l’accompagner sur son parcours et son chemin de vie ? Il y a bientôt 17 ans, ils ont écrit depuis une feuille blanche. Ils ont créé ce métier qui est le mien de coordinatrice de parcours. Très vite, les équipes en France se sont inspirées du MIS. Une fédération a été créée et nous sommes actuellement 25 instituts du sein en France jusqu’à la Réunion. On mutualise nos idées et nos projets pour accompagner des femmes et aussi des hommes (1% des cas) touchés par le cancer du sein. On collabore notamment avec nos collègues de Nîmes, le réseau Diane. La fédération représente 10% des personnes accompagnées en France.

    Rémy Cougnenc : Où êtes-vous basés à Montpellier ?

    Juliette Cholvy : Nous sommes à la clinique Clémentville. On a la chance d’avoir beaucoup de professionnels de l’association qui sont bénévoles au MIS et nous permettent d’avoir des locaux au sein de la clinique pour accompagner au plus près des patientes.

    Olivier Nottale : Il faut savoir que lorsqu’on fait un don, l’argent va aux patientes, au fonctionnement de l’association…

    Juliette Cholvy : Tout à fait, notre comptabilité est transparente grâce aux membres professionnels qui participent via des cotisations. Juliette et moi-même sommes les deux seules salariées. Ces dons nous permettent de mettre en place des projets, d’accompagner gratuitement, sans contrainte financière et sans limite dans le temps. On organisait il n’y a pas longtemps un spectacle caritatif avec Marie Salanon qui s’appelle « Les deux moches du fond ». Nous sommes une association loi 1901 mais le fait d’être reconnue d’intérêt général permet plus facilement à des donateurs publics ou privés de nous faire des dons, avec le rescrit fiscal associé. Pour faire un don, vous pouvez vous rendre sur le site du MIS.

    Rémy Cougnenc : Nous avons aussi Marjorie Villard qui était patiente devenue partenaire du MIS…

    Marjorie Villard : Je ne fais pas partie du MIS, j’étais accompagnée par lui, aujourd’hui je collabore. Il y a 3 ans, j’ai été touchée par le cancer du sein. Je n’étais pas du tout dans le milieu médical, c’était même chose qui me freinait un peu. Mais le fait d’avoir été malade, d’avoir suivi un parcours de soins assez chargé et d’être accompagnée par Juliette, très proche de moi, ça m’a beaucoup touché et donné envie d’aider à mon tour. Pour faire le trait d’union entre les malades et les patients. Du coup, je me suis formée en préparant un DU au CHU. Depuis un an, j’ai créé une auto-entreprise et je travaille à la clinique Clémentville. Jusque-là, j’étais dans l’administration à l’Éducation nationale. J’ai toujours été dans les actions pour recueillir des dons, j’ai créé des associations… Ce qu’on fait a du sens, surtout quand on a été soi-même touchée. Je ne vois que des patientes malades et le bien que je leur fais, ce serait-ce qu’en les écoutant. En tout cas ce sont les retours qu’elles me font.

    Olivier Nottale : Ce que vous apportez est différent de ce que font les médecins…

    Marjorie Villard : C’est complètement différent de ce que font les médecins. Il n’y a pas la dimension médicale. Si la patiente outrepasse son questionnement et que ça part sur du médical, je l’arrête parce que je ne suis pas médecin, même si j’ai certaines connaissances. Ce n’est pas mon rôle.

    Rémy Cougnenc : Votre apport est-il plus de l’ordre du psychologique ?

    Marjorie Villard : Un peu, oui. On est dans l’écoute, dans l’empathie, la bienveillance. On peut parfois donner des conseils sur les effets secondaires : la perte des cheveux, l’hormonothérapie… Cela dépend du profil des patientes. Avec certaines, je ne vais quasiment pas parler de la maladie parce qu’elles vont être préoccupées par d’autres choses personnelles. Je les reçois au service ambulatoire de la clinique. Dès qu’un patient entre dans un box pour descendre au bloc, je vais le voir. Il s’agit des femmes qui vont subir une intervention chirurgicale pour un cancer du sein mais aussi des patients d’autres cancers qui vont se faire poser un porte-à-cathéter, une chambre implantable pour injecter la chimiothérapie. Je peux ensuite revoir ces patientes au service chimio après l’intervention, prendre de leurs nouvelles. Mais pour le suivi c’est ensuite le MIS qui prend le relais.

    Olivier Nottale : C’est important de ne pas se sentir seul…

    Marjorie Villard : Tout à fait. Des personnes malades sont isolées, sans famille, sans amis. Elles ont besoin de nous : des médecins, du MIS et patients partenaires. On est une épaule pour écouter. Il y a aussi les personnes qui ont leur famille mais ne sont pas toujours comprises par leurs proches (…).

  • Le secteur associatif sonne l’alerte face au manque de moyens

    Le secteur associatif sonne l’alerte face au manque de moyens

    « Au niveau social, sans les associations, tout s’effondre », campe Giorgia, travailleuse sociale pour Habitat Alternatif Social, une association se battant pour l’accès au logement des plus précaires. « Nous, si on arrêtait, on enverrait des personnes avec de multiples problèmes de santé à la rue », poursuit-elle, faisant référence aux 7 femmes qu’elle accompagne au quotidien dans une pension de famille située dans la rue d’Aubagne, à Marseille.

    Ce mardi matin, dans le cadre de la mobilisation associative nationale « Et si nous arrêtions vraiment ? » pour dénoncer les baisses de financement dans le budget examiné depuis ce jour par les députés, des locataires de la pension de famille et des membres de l’association organisaient une vente de vêtements et de nourriture. Une initiative à double objectif : alerter sur la situation financière de la structure et récolter des fonds pour financer les activités des résidents.

    Sortie de parcours de prostitution, accidents de vie, troubles d’addictions, décès familiaux… Âgées de 35 à 65 ans, « les femmes qui viennent ici sont isolées socialement et dans une situation de grande précarité », précise Mathilde, seconde travailleuse sociale du lieu. Ici, chacune bénéficie d’un logement privé à des loyers très réduits, tandis que des espaces communs permettent d’accueillir des activités collectives au rez-de-chaussée. Alors qu’elle alpague des passants au stand de vente, Alexandra, locataire depuis 9 ans, se confie : « Je me sens carrément bien ici, c’est comme une grande coloc. » Elle apprécie l’approche bienveillante de l’association, notamment sur la réduction des risques : « On a le droit de consommer de l’alcool dans les espaces communs sans se faire culpabiliser, par exemple ».

    Insuffisance de personnel

    Mais la bonne humeur régnant en cette matinée ne saurait cacher les inquiétudes du personnel associatif.

    Si le manque de financement des activités pose problème, c’est surtout l’absence de soutien médical auprès de résidentes souffrant parfois de troubles psychiques qui inquiète. « Il nous faudrait a minima un infirmier. On a eu une décompensation psychique il y a pas longtemps, on a dû appeler les pompiers », déplore Mathilde.

    « On a un gros turnover et beaucoup de difficultés à pérenniser les postes à cause du manque de moyens », se désole également Joëlle Fage, la responsable financière d’Habitat Alternatif Social.

  • En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En Occitanie, plus de 230 organisations privées à but non lucratif travaillent sur le handicap, l’exclusion, le grand âge ou l’enfance. Elles s’estiment aujourd’hui à bout de souffle. Faute de moyens, ces associations, mutuelles ou fondations ont de moins en moins la capacité de répondre aux besoins croissants de leurs bénéficiaires.

    L’organisation qui les représente, l’Uniopss*, et son antenne régionale, l’Uriopss Occitanie, ont préparé une grande campagne de sensibilisation intitulée « Et si nous arrêtions vraiment ? ». L’objectif est de faire réagir l’opinion sur les conséquences qu’occasionnerait la disparition de ces structures. Du 12 au 17 octobre, elles sont appelées à ouvrir leurs portes au grand public, à s’exprimer sur les réseaux sociaux et à s’adresser aux décideurs politiques.

    L’Uriopss Occitanie compte sur cette mobilisation pour interpeller les parlementaires de la région, qui débattent actuellement du budget. L’organisation professionnelle demande une hausse des crédits publics afin d’accompagner l’évolution démographique et notamment le vieillissement de la population. « Le minimum serait que les moyens suivent le niveau de l’inflation », avance son directeur Guillaume Fritschy. Au niveau national, le président de l’Uniopss, Daniel Goldberg, espère provoquer un sursaut chez les candidats à la présidentielle. « Nous voulons poser une question très simple à toute la société : et si nous arrêtions vraiment, que deviendrait notre cohésion sociale ? Qui ferait ce que nous faisons aujourd’hui ? », questionne-t-il dans un communiqué.

    Le scénario d’une disparition relève de moins en moins de la science-fiction. Le secteur associatif est confronté à un effet de ciseau. Les crédits publics, dont il dépend largement, connaissent une érosion. En 2025, la moitié des associations ont fait état d’une perte de financements publics, selon l’Uriopss. En face, les dépenses s’accroissent. À la faveur de l’ancienneté, une partie des salaires augmentent. Les employeurs de l’économie sociale et solidaire doivent également assumer la fin de l’exonération de la taxe d’apprentissage. L’inflation aggrave le tout.

    Contre-attaque

    Les associations sont d’autant plus fragilisées qu’elles sont mises en concurrence avec des opérateurs à but lucratif, par exemple dans le cas des crèches. Leur modèle économique n’est pas adapté aux lois du marché. Car, comme le rappelle le directeur de l’Uriopss Occitanie, elles ne peuvent pas jouer sur les prix. Pire, leur vocation d’intérêt général est invisibilisée. « Les pouvoirs publics vont considérer les associations par leurs prestations et beaucoup moins pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des espaces de construction citoyenne », pointe Guillaume Fritschy.

    L’Uriopss Occitanie entend aussi riposter à la suite de la parution, le 20 septembre, de la Une du Journal du dimanche titrée « 60 milliards engloutis par les associations ». L’organisation professionnelle estime que le secteur a été injustement mis en cause par l’hebdomadaire, propriété du milliardaire Vincent Bolloré. « Les associations n’engloutissent rien », clarifie Guillaume Fritschy. « Leurs financements sont réinjectés dans le service rendu aux personnes les plus vulnérables. »

    *Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux

  • Le Département s’engage pour l’inclusion des personnes en situation de handicap

    Le Département s’engage pour l’inclusion des personnes en situation de handicap

    Ce vendredi à l’Hôtel du Département, la présidente (DVD) des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, a ouvert la toute première Journée de l’inclusion : « Il y a énormément d’organismes pour aider les personnes en situation de handicap. » L’élue a souhaité tous les réunir « pour trouver des solutions » et « recrédibiliser la parole du politique dans ce sujet ». Cette première édition a réuni 750 inscrits. L’événement doit « devenir annuel », précise Martine Vassal.

    « Nous voulons permettre à chacune et chacun d’avoir le choix de participer à la vie en société », a affirmé la présidente. Elle a d’abord entrepris de combattre les préjugés à travers des tables rondes thématiques, en matinée. Au programme des échanges figuraient l’habitat inclusif, les stéréotypes, l’accès à l’enseignement supérieur et la situation des jeunes aidants. L’élue a insisté sur le dernier sujet, que le Département entend mieux accompagner à travers des dispositifs de repérages et d’écoutes dans les établissements scolaires.

    Un Village dédié

    Dans l’atrium de l’Hôtel du Département s’est tenu un forum, regroupant stands associatifs, partenaires institutionnels et dispositifs départementaux. Le rassemblement a été apprécié par les participants. « On est venues chercher de l’information », a expliqué la maman de Jeanne, qui souhaite s’inscrire à des cours d’équitation. Elles ont trouvé leur bonheur auprès de Défi Sport, un club marseillais de sports et loisirs pour les personnes en situation de handicap mental ou psychique. « On a créé l’association pour permettre à ces publics de pratiquer une activité physique régulière adaptée, de sociabiliser, tout en offrant des temps de répit aux familles aidantes », précise Stéphane, directeur de Défi Sport.

    Le village de l’inclusion était un moyen de visibiliser les dispositifs adaptés pour les exposants, mais aussi d’établir des liens dans le réseau. « C’est agréable de se rassembler », ont fait remarquer Tom et Azzedine, du club handisport d’Aix-en-Provence, venus simplement faire un tour au milieu des autres acteurs associatifs.

  • Les retraités se dressent contre la casse des services publics

    Les retraités se dressent contre la casse des services publics

    Un rassemblement de neuf associations et syndicats de retraités différents est annoncé, mercredi, à 11h, place du Général-De-Gaulle à Marseille, devant le siège du Medef et celui de l’Agirc-Arrco, retraite complémentaire des salariés du privé. L’objectif est de contester le budget de l’État et exiger une revalorisation de toutes les pensions.

    « Avec une baisse de la retraite complémentaire en plus de celle au niveau de la Sécurité sociale, c’est la double peine », déplore Josette Biancheri, secrétaire générale adjointe de l’USR-CGT 13, avant de poursuivre : « Donc on entame un processus de lutte pour pouvoir vivre dignement. Le 14 octobre, c’est le point de départ d’un mouvement qui va s’amplifier jusqu’au 19 novembre avec une grande action nationale à Paris. Les retraités sont très en colère et personne ne nous fera taire ».

    Les syndicats de retraités dénoncent la dévalorisation des pensions par points et leur désindexation sur l’inflation, qui impliquent, pour eux, une perte importante de pouvoir d’achat. « Dans les Bouches-du-Rhône, la moyenne des retraites est en dessous de 1 000 euros, alors que l’argent, on sait où il se trouve. L’Agirc-Arrco a les moyens, mais préfère le placer en bourse plutôt que de le redistribuer. Pourquoi on est obligés de se battre pour réclamer notre dû ? Il s’agit de nos cotisations », s’indigne Josette Biancheri.

    Roselyne Garcia, porte-parole de l’Union nationale interprofessionnelle des retraités solidaires, demande « une autre répartition des richesses pour sauver les services publics, qui sont le dernier rempart face à l’extrême droite ». Elle se dit par ailleurs frustrée de devoir lutter pour préserver les principes fondamentaux du système de retraite solidaire : « La retraite est un droit et non un privilège accordé par l’État ».

    Solidarité avec

    les mouvements lycéens

    Les retraités souhaitent accompagner les mouvements lycéens dont ils soulignent la justesse et la maturité. « Ce n’est pas simplement de la solidarité, il y a une convergence d’intérêts. On ne peut pas dissocier une famille. On se retrouve tous dans la rue pour une meilleure répartition des richesses », explique Josette Biancheri. Josiane Dragoni de la section des Bouches-du-Rhône de la FSU, ajoute : « Il n’y a pas de division, malgré tous les efforts des forces dominantes pour inventer une guerre des générations. On voit bien que la réalité sociale est différente ». Elle résume : « On s’engage ensemble pour conserver un État social digne de ce nom, alors que les principes de solidarité sociale sont mis en danger au profit du chacun pour soi, de l’individualisme. On ne veut pas d’une société déshumanisée. Des tas de solutions sont possibles, à condition de changer de politique ».

  • RSA : le conseil départemental de Vaucluse retoqué sur une suspension

    RSA : le conseil départemental de Vaucluse retoqué sur une suspension

    Depuis cinq ans, le Vaucluse est le département qui accuse la plus forte baisse du nombre d’allocataires du RSA, à -32% quand la moyenne nationale tourne autour de -4% sur la même période. Si le Département vante sa politique de « remise au travail », syndicats et élus de gauche dénoncent une marche forcée avec une politique drastique de suspensions/radiations, comme l’exposait encore la CGT fin juin en amont de la séance plénière.

    Le 21 septembre dernier, une décision de justice vient de recadrer le conseil départemental : le Conseil d’État a demandé au Département de revoir sa copie sur le cas d’une allocataire, qui ne s’était pas présentée à une réunion obligatoire, et dont les droits avaient été suspendus pour 4 mois en 2024. Or, cette dernière s’était justifiée en présentant un arrêt maladie qui autorisait les sorties du domicile. Si au départ, le tribunal administratif de Nîmes avait rejeté la demande de l’allocataire, le Conseil d’État vient de la rétablir dans son bon droit. Il annule le jugement du tribunal administratif du 30 avril 2025 et condamne le Département à verser 3 000 euros aux avocats de l’allocataire. La juridiction estime que « la preuve d’un motif légitime tenant à l’état de santé de l’intéressé peut être apportée notamment par la production d’un arrêt de travail, sans que puisse être opposée à son bénéficiaire la circonstance que cet arrêt autoriserait la sortie du domicile ».

    « Le Conseil d’État rappelle que la solidarité ne peut pas se gérer à coups de soupçons », réagit, dans un communiqué, Rémy Blanc. Le conseiller départemental PCF note que « cette décision éclaire d’une lumière crue les pratiques de contrôle et de suspension du RSA en Vaucluse ». « La solidarité départementale semble avoir pour objectif, non pas d’accompagner les personnes vers l’autonomie, mais de faire sortir des personnes du RSA à tout prix. Elle accentue ainsi des situations de vulnérabilité et entraîne la bascule de la précarité vers la grande précarité », conclut Rémy Blanc. Contacté le Département, prend acte de la décision et s’y pliera, assurant désormais qu’un arrêt de travail, même autorisant les sorties, sera un motif valable pour décliner un rendez-vous.

  • Un projet inédit pour soutenir les femmes victimes de violences

    Un projet inédit pour soutenir les femmes victimes de violences

    Face aux hébergements d’urgence saturés, quelle solution durable proposer pour accueillir et accompagner les femmes victimes de violences et leurs enfants ? « Les Maisonelles », répondent collectivement la CEPAC et l’association de lutte contre les violences Solidarité Femmes 13, qui portent aujourd’hui ce projet inédit en France.

    « Ce dispositif couple la situation d’urgence et le besoin d’une solution d’hébergement pérenne », introduit Christine Fabresse, présidente du directoire de la CEPAC, en présence de divers acteurs, dont des élus et un représentant de l’état.

    Un parcours court et fluide

    Alors qu’en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon ou de son ex-compagnon, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, la présidente veut « réunir puissance publique, privée, associative et médiatique pour répondre à ce drame sociétal ».

    L’association Solidarité Femmes 13, qui fête ses 50 ans cette année, épaule le projet. L’organisme accompagne psychologiquement et administrativement les victimes de violences conjugales ou sexuelles, et propose formations et solutions d’hébergement. « Sortir des violences, c’est tout un parcours », observe sa directrice Sophie Pioro, qui déplore « l’incapacité à répondre à chaque sollicitation, malgré les dispositifs d’aides existants ».

    Sophie Pioro appelle à coordonner les réponses pour permettre un accompagnement intégral similaire à celui que l’association propose, amplifié par le soutien financier de la Cepac et sa connaissance en qualité de bailleur social. « Il faut que le parcours de ces femmes soit le plus rapide et le plus fluide possible », soutient-elle. Quatre futures Maisonelles, à mi-chemin entre logements individuels et espaces collectifs, devraient voir le jour dans la région, entre 2028 et 2030, pour accueillir 211 femmes et enfants.

    Soutien des élus

    Deux Maisonelles s’implanteront à Marseille, une à Aix-en-Provence et une dernière à Digne-les-Bains. Une variété de territoire répondant à la diversité des profils des victimes, avec l’approbation des élus des villes concernées. « Je suis très heureuse d’aider la cause », se félicite la maire (UDI) d’Aix, Sophie Joissains. L’édile marseillais (DVG) Benoît Payan, évoque « la difficulté à parler du sujet en tant qu’homme ». « Je suis très inquiet que le privé doive s’emparer de la cause, c’est que quelque part, il y a un vide » a regretté l’élu phocéen. Le maire (SE) de Digne-les-Bains, Julien Di Benedetto, a appelé à « rendre leur dignité aux victimes » avec « ce projet porteur d’espoir ».

  • Aleida Guevara est venue semer les graines de la solidarité pour Cuba

    Aleida Guevara est venue semer les graines de la solidarité pour Cuba

    Almeida Guevara est dans la région depuis quelques jours dans le cadre du projet « Semblas de solidaridad », qui signifie en français « graines de solidarité », qu’elle vient justement semer au travers de ses interventions. Venue rappeler les difficultés cubaines face au blocus impérialiste américain, elle souligne la nécessité de donner une voix à la cause cubaine.

    Les militants de l’association France-Cuba dénoncent une guerre silencieuse, alors que l’étreinte économique, qui étouffe Cuba, s’est renforcée avec la réélection de Trump en 2024. « Le blocus sert à faire comprendre qu’une sanction éternelle s’abattra sur celui qui se dresse face à l’impérialisme américain », commente Aleida Guevara, au sujet du durcissement de l’embargo, qui constitue un danger fatal pour la santé des Cubains.

    Les nouvelles lois américaines sanctionnent toute importation de médicaments vers Cuba si au moins 10% sont produits aux États-Unis, alors que près de 80% des brevets du secteur médical sont déposés par des entreprises américaines. Cuba se retrouve donc privée d’un accès vital aux innovations médicales. « On passe par des intermédiaires pour obtenir des médicaments américains afin qu’ils ne sachent pas d’où vient la demande, mais la superposition de ces intermédiaires fait augmenter le tarif de manière conséquente. C’est comme ça dans tous les domaines de la vie quotidienne », se lamente Aleida Guevara.

    Les pénuries touchent aussi le secteur de l’énergie et pèsent lourd sur la situation sanitaire de l’île. Celle qui est elle-même médecin cubaine déplore « les longues coupures d’électricité, incompatibles avec le bon fonctionnement d’un hôpital et qui forcent les médecins à opérer à la lumière de leur portable ».

    Des ponts de solidarité

    Devant de nombreuses personnes venues l’écouter à La Marseillaise, Aleida Guevara appelle à la solidarité internationale : « Elle est importante pour celui qui la reçoit, mais aussi pour celui qui la pratique. Cela permet de grandir en tant qu’humain, c’est ce que je retiens de mon expérience en tant que médecin internationaliste. » Elle porte aussi un message d’espoir pour la population cubaine : « J’essaie de rendre par tous les moyens l’amour que j’ai reçu du peuple cubain. Nous endurons ce blocus depuis 65 ans, mais nous avons toujours su aller de l’avant. Le peuple cubain est toujours décidé à poursuivre dans la voie du socialisme. »

    Léo Purguette, président de notre journal, a salué sa venue en lançant : « Vive la Résistance ! Viva la Révolution »

    Ce vendredi, jour anniversaire de la mort de son père, Ernesto « Che » Guevara, sa fille rencontrera les organisations syndicalistes des Bouches-du-Rhône avant de tenir une nouvelle conférence (complète) aux rotatives de La Marseillaise.

  • Les aidants marchent au parc Borély pour se faire aider

    Les aidants marchent au parc Borély pour se faire aider

    En ce mardi 6 octobre, Journée nationale des aidants, les plateformes de répit (PFR) du département ont organisé une marche qui leur était dédiée. Les aidants sont les personnes qui prennent soin d’un proche et l’accompagnent au quotidien du fait d’une dépendance liée à l’âge, à la maladie ou au handicap. Ils peuvent être soutenus par des structures comme les PFR, mais cela reste une situation complexe pour des personnes qui ne sont pas des professionnels de santé.

    Lutter contre l’isolement

    Au-delà de mettre en valeur le dévouement des aidants, la marche a surtout pour but de leur proposer des ressources adaptées pour les soutenir. « Ça apporte de la visibilité qui peut notamment servir à mettre en place des actions avec des professionnels à la disposition des aidants. L’objectif est de faire connaître les structures disponibles pour les accompagner et leur apporter de l’orientation et des formations », explique Quentin Cayol, le directeur adjoint de l’association A3. Différentes associations d’aide à domicile ou d’accompagnement de personne en situation de handicap étaient présentes lors de ce rendez-vous.

    L’événement, qui se veut être une respiration dans un quotidien souvent compliqué, doit permettre aux aidants d’échanger afin de lutter contre l’isolement, problème majeur pour un aidant, alors qu’on estime leur nombre à 11 millions en France. « L’aidant se met en retrait, il s’épuise dans sa tâche sans que personne ne le sache. Il est d’ailleurs statistiquement prouvé que les aidants décèdent avant les malades », se lamente Paul Durano, aidant auprès de son épouse. Il peut d’ailleurs être difficile de s’identifier comme tel et le but de la marche est aussi de faire connaître ce statut particulier. Patricia Mohamed, responsable du pôle aide aux aidants de SAJ, espère « poser des mots sur une situation qui paraît naturelle car bâtie sur un lien d’affection ».

    Sites web : association-a3.fr et asso-saj.fr

  • En tournée pour la cause cubaine, Aleida Guevara fait étape à Avignon

    En tournée pour la cause cubaine, Aleida Guevara fait étape à Avignon

    Après Béziers puis Montpellier et avant deux rendez-vous à Marseille ce jeudi 8 octobre à 18h30 aux Rotatives de La Marseillaise et vendredi 9 à 14h30 à l’Union départementale de la CGT, Aleida Guevara, fille du « Che », sera à Avignon, ce mercredi 7 octobre. Elle interviendra lors d’une conférence-débat autour de Cuba de 18h15 à 20h30 dans la salle Camille Claudel du centre hospitalier de Montfavet.

    Médecin comme son père, elle se rend en Cité des Papes dans le cadre du projet « Semillas de Solidaridad » (graines de solidarité en français) afin d’évoquer la situation sanitaire très difficile que connaît Cuba depuis plusieurs années. Une problématique qui s’est encore dégradée depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en 2025.

    « Le peuple cubain est en très grande difficulté car plus rien ne passe et ils n’ont aucun moyen de s’approvisionner. Que ce soit en pétrole ou en alimentation à cause d’une véritable barrière mise en place par les Américains. Même si on veut les aider et envoyer des produits de première nécessité, on est bloqués par tout ça », précise Nicole Rives, présidente de l’association France Cuba Vaucluse.

    Invisibilisés

    Un événement pour permettre, donc, de visibiliser la cause du peuple de la plus grande île des Caraïbes. « C’est tellement difficile d’avoir des retours sur la situation cubaine. C’est une situation quasi invisibilisée par les médias », poursuit la présidente associative. Une venue qui est aussi l’occasion d’envisager des évolutions dans les relations de chacun avec Cuba. L’association organisatrice évoque par exemple la possibilité d’ouvrir des « perspectives concrètes ». Tel que « des échanges universitaires » ou encore un « soutien institutionnel à la levée du blocus ».

    Le choix du lieu est aussi à noter. Aleida Guevara était en effet déjà venue au Centre Hospitalier de Montfavet. C’était en l’an 2000. Vingt-six ans plus tard, la situation s’est encore dégradée sous la pression des États-Unis qui ont annoncé, fin septembre, encore durcir les sanctions.

    Informations supplémentaires
    et inscription au 06.75.47.56.53 ou au 04.90.38.23.03