Tag: collecte

  • Collecte urgente pour la Banque alimentaire

    Collecte urgente pour la Banque alimentaire

    Les collectes traditionnelles de novembre ne suffisent plus à répondre aux besoins. Confrontée à une « baisse critique des stocks de denrées de première nécessité » due à « la hausse du nombre de bénéficiaires », la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône lance une opération d’urgence sociale. Pour la soutenir, du 29 mai au 5 juin, le conseil départemental mobilise ses Maisons du bel âge pour accueillir les dons des Provençaux.

    Parallèlement, les vendredi 29 et samedi 30 mai, les bénévoles de la Team 13 seront déployés dans plusieurs grandes surfaces du territoire pour prêter main-forte aux équipes de la Banque alimentaire. La collecte cible spécifiquement les produits de première nécessité manquant actuellement dans les réserves : Produits alimentaires non périssables : huile, lait, sucre, café, riz, pâtes, poudre chocolatée, conserves de légumes ou de poisson. Produits d’hygiène : dentifrice, brosses à dents, savon solide, protections hygiéniques, mouchoirs, coton, papier toilette. « Pour les bébés, la demande actuelle ne porte pas sur l’alimentaire, mais exclusivement sur les couches et les produits d’hygiène infantile », précise l’appel aux dons. Au-delà, Martine Vassal (DVD), présidente du CD 13, soumettra au vote de la commission permanente de juin, une aide au fonctionnement de 270 000 euros allouée à la Banque alimentaire.

  • Les bénévoles de la Croix-Rouge en quête de générosité

    Les bénévoles de la Croix-Rouge en quête de générosité

    À l’arrêt du tram de la Joliette, avec leur chasuble fluo et leur timbale au logo de l’association auxiliaire des pouvoirs publics, Jacob, Greg et Jean-Paul sont immédiatement identifiables. Ils accueillent avec un large sourire le flot de passagers débarqués de la rame, « en espérant que sur 50 personnes, l’une d’elles donnera quelques euros ou centimes », explique Greg, qui participe à cette quête pour les Journées nationales de la Croix-Rouge française.

    « 3 euros, c’est un paquet de lingette pour bébé, 4 c’est un panier-repas, 10 ce sont 50 couvertures de survie… », précise ce bénévole de 54 ans, engagé depuis dix ans auprès de l’association après avoir lui-même « bénéficié de colis alimentaires quand je me suis retrouvé en difficulté ». Cette semaine est « un levier indispensable pour permettre aux bénévoles de poursuivre leurs missions et de s’adapter aux réalités de leur territoire, souligne la Docteure Caroline Cross, présidente de la Croix-Rouge française. Chaque don collecté est utilisé localement ». À Marseille l’opération permettra de financer Le Carrefour des Solidarités, épicerie solidaire et boutique vestimentaire, ouvert il y a quelques mois à la rue Simone Sedan, l’achat de véhicules et l’augmentation de l’offre de formation aux gestes qui sauvent. « Nous sommes quelques équipes sur le terrain, place Sébastopol, Place Castellane, et ici à La Joliette. Il y a aussi une campagne d’appel aux dons sur les réseaux sociaux », indique Greg. A 46 ans cet aide soignant salarié depuis 20 ans de la Croix-Rouge, regrette : « Il y a de plus en plus de besoins et c’est plus difficile pour les gens de donner car de plus en plus se retrouvent face à des difficultés financières, je le constate clairement quand j’interviens à domicile ».

    « 50 personnes vues

    en une soirée de maraude »

    Dans la rue également, témoigne Jean-Paul, 58 ans, sans emploi et bénévole depuis 3 ans : « La semaine dernière on a vu 50 personnes en une soirée lors de notre maraude entre Timone et Belsunce, des étudiants, des familles… et les places d’hébergement sont saturées dès le matin ».

    Chaïla, vendeuse chez Sephora en pause méridienne, se dirige spontanément vers eux pour déposer des pièces dans la tirelire. « Quand on peut, on aide, c’est absolument nécessaire de rester solidaires quand le système s’effondre » est convaincue la jeune femme qui se dit « consciente des enjeux de société, avec les prix à la hausse des matières premières, le manque de logements et les aides sociales à la baisse ».

    Un habitant du 15e arrondissement glisse un billet de 5 euros dans chacune des boîtes. Un couple de touristes allemands envoie leurs filles, ravies, contribuer aux dons. « Donner un peu c’est se sentir utile », confie un retraité en vidant sa petite monnaie. Rayan, 14 ans, s’excuse de ne laisser « que 70 centimes. C’est tout ce que j’ai mais je les ai et il y en a qui n’ont rien ». Jean-Paul le remerciement pour son geste et lui remet l’autocollant des donateurs.

    Hakima, ex-bénévole, reconnaît son ancien coéquipier de maraude et vient le saluer. « Je suis restée un an à la Croix-Rouge, explique-t-elle, mais j’ai eu des soucis de santé et il faut aller bien pour pouvoir aider les autres ». Une femme, visiblement en détresse, vient à la rencontre des bénévoles : « Je suis à jeun depuis quatre jours. J’ai droit aux colis alimentaires je ne sais pas où sont les points de distribution ». La collecte est aussi l’occasion « de prendre contact, d’informer, de discuter, de rompre l’isolement », ajoute Jacob.

    Avant d’enchaîner avec leur maraude les trois bénévoles font le compte : « Près de cent euros récoltés seront toujours une bouffée d’oxygène pour aider les Marseillais les plus démunis ».

  • Fraude sociale : un patron ne déclarait rien ni personne

    Fraude sociale : un patron ne déclarait rien ni personne

    Un entrepreneur du bâtiment a été condamné, lundi à Marseille, pour avoir dissimulé l’emploi de trois salariés entre juillet 2020 et décembre 2022 sur ses chantiers de maçonnerie générale et de gros œuvre. « C’est un tropisme des procédures de travail dissimulé avec des prévenus absents qui continuent encore et toujours à faire pousser des sociétés ! », a déploré la procureure de la République, Anne-Sophie Larrouy.

    Gravité particulière dans un secteur accidentogène

    Erhan F., patron turc de 34 ans, qui ne s’est pas présenté à l’audience, a écopé lundi de 8 mois d’emprisonnement avec sursis et de 10 ans d’interdiction de gérer, conformément aux réquisitions du parquet. La présidente a qualifié les faits d’une « gravité particulière eu égard à l’activité accidentogène du secteur du bâtiment » et a ordonné la diffusion de la condamnation pendant un an sur le site du ministère du Travail.

    « Pas de déclaration à l’Urssaf. Aucune déclaration salariale. Aucune comptabilité déposée car il n’a aucun document comptable. Il s’est versé 21 510 euros, mais n’a déclaré que 2 000 euros de revenus par an. Convoqué, il a quand même reconnu avoir payé ses salariés en espèces. C’est tellement facile de créer des sociétés sans en avoir les compétences », a observé la présidente de la 6e chambre correctionnelle de Marseille, Stéphanie Donjon.

    « Sa fibre entrepreneuriale est dangereuse »

    La plainte de l’Urssaf déposée en novembre 2023 fait suite l’indifférence du prévenu au contrôle diligenté au vu de la distorsion entre ses revenus déclarés infiniment modestes – 2 000 euros par an – et son chiffre d’affaires que trois agents de l’Urssaf ont dû reconstituer à partir des données bancaires et des versements à des sous-traitants. Il en ressort une masse salariale de 42 000 euros sans déclaration sociale correspondante.

    Atteinte à la solidarité nationale

    « En deux ans, il n’a déclaré que 4 118 euros de salaire. Il s’en moque que tout le monde cotise pour tout le monde. Sa fibre entrepreneuriale est dangereuse », a dit la procureure. Si la société Provence Avenir Étanchéité a été radiée, le prévenu demeure gérant de Sud Sol Chape et apparaît en filigrane de la société Firtina Concept Bâtiment en redressement judiciaire. « Il continue encore et toujours et une situation d’inéquité pour les employeurs qui déclarent. »

    Partie civile, Me Luna Bayoumi rappelle que l’Urssaf défend ici « l’intérêt général en ce qu’elle collecte les ressources de la majorité des organismes de protection sociale qui financent nos prestations de santé, nos retraites ».

    Il ajoute : « Je souligne la gravité des faits qui portent atteinte à l’entièreté du système de solidarité nationale. Pour le prévenu, ce n’est pas grave, d’ailleurs, il n’est pas là aujourd’hui. Il n’a jamais retiré la mise en demeure que nous lui avons adressée, ce qui augmente l’impression qu’il n’a que faire de la Justice. Et en plus, il y a une autre procédure incidente ouverte sur une autre société contrôlée. »

  • Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Les regards convergeront lundi dans le box vers Félix Bingui, 35 ans, alias « Le chat » ou « Féfé », présenté comme « le chef incontestable » d’un important réseau de stupéfiants du clan Yoda, ce qu’il nie. Le principal point de deal de la Fontaine à La Paternelle (14e) générait autour de 100 000 euros de recettes par jour. 19 autres prévenus répondent aussi à des degrés divers de trafic de stupéfiants, d’association de malfaiteurs, de blanchiment et de non-justification de ressources.

    Le 2e arrondissement a d’abord constitué la matrice de l’équipe dite des Carmes qui s’est ensuite donnée pour nom « Yoda » en se confrontant dès février 2023 à sa puissante rivale la « DZ Mafia » qui l’a depuis supplantée au terme d’une longue série de règlements de comptes se soldant par une effroyable hécatombe.

    Longtemps au vert à l’étranger pour échapper à la guerre qui faisait rage à Marseille et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Félix Bingui a été arrêté en mars 2024 au Maroc puis extradé vers la France en janvier 2025. Estampillé dans le « haut du spectre » du narcobanditisme, il est incarcéré à la prison de haute de sécurité de Vendin-le-Vieil surnommée la « prison des narcos » et mis à l’isolement en cellule ultra-sécurisée.

    Félix Bingui est un franco-camerounais né en 1990 à Alès dans le Gard. Il a grandi à Nîmes avant de s’installer à Marseille à la fin des années 2000, de se mettre au charbon dans le quartier des Carmes puis d’être incarcéré en 2010. Le casier judiciaire de Bingui porte depuis trace de 13 mentions notamment pour vols, association de malfaiteurs, trafics de stupéfiants.

    Les investigations de l’Office antistupéfiants ont conduit au démantèlement de ce réseau d’envergure particulièrement organisé, hiérarchisé, avec des rôles répartis entre les différents acteurs pour les convois, le conditionnement de la cocaïne et du cannabis, la collecte de l’argent, le recours à des appartements « nourrices » disséminés pour le stockage des stupéfiants, de l’argent et des armes, l’utilisation de lignes téléphoniques dédiées et changeantes et de communications cryptées, le recours à des prête-noms, l’équipement en armes et munitions dans l’optique de la confrontation avec le clan adverse.

    Pour les enquêteurs, Félix Bingui se positionne en chef d’équipe, prodigue instructions et conseils. C’est celui à qui chacun rend compte, celui qui règle les conflits, celui qui bénéficie de transferts d’argent internationaux, celui qu’on sollicite parfois pour la fourniture d’armes. II possède deux villas à Dubaï où il jouit du statut de résident et circule en Ferrari. À Dubaï, le cercle des affidés vit grand train dépensant 300 000 euros en un mois en restaurants et boites de nuit, locations de voiture de sport. Aux enquêteurs, il explique son train de vie par ses économies, son activité de revente de véhicules depuis la prison, se disant aussi très doué en paris sportifs.

    Des écoutes rapportent un accident de la route survenu en 2022 à Dubaï ayant causé la mort d’un tiers. Pour protéger Mohamed H dit « Pirate » qui serait l’auteur, décrit comme son bras droit, son collecteur d’argent, son responsable pour l’approvisionnement en résine, le clan désigne un autre membre pour endosser la responsabilité, en échange de quoi « Pirate » lui verse 200 000 euros pour sa caution et ses frais d’avocat, l’entretient à hauteur de 10 000 par mois pendant un an et demi.

    « Le chat » se sait menacé. En novembre dernier, 9 membres présumés de la DZ Mafia ont été interpellés pour avoir tenté de l’assassiner en Espagne. C’était le 17 mai 2023, deux individus cagoulés ouvraient le feu sur Bingui et Zino, un comparse, attablés en terrasse d’une cafétéria près de Marbella, les blessant légèrement.

  • Une collecte de sang sur le Vieux-Port avant la saison

    Une collecte de sang sur le Vieux-Port avant la saison

    Le chapiteau de la collecte du sang vient d’ouvrir depuis une heure ce lundi ensoleillé et déjà les premiers donneurs affluent sur le Vieux-Port. Environ 900 donneurs sont attendus sur l’ensemble de la semaine. Sur place, le professeur Jacques Chiaroni, ancien directeur de l’Établissement français du sang Paca-Corse et spécialiste des groupes sanguins rares, explique les attentes spécifiques pour cette collecte : « Le secteur Paca-Corse n’est pas autosuffisant en poches de sang pour les transfusions. En période de pré-vacances d’été, le risque de pénurie est plus élevé, lié au tourisme dans la région. Grâce à cette collecte, nous allons réalimenter notre stock. » Marseille et Paris sont les seules villes-réserves de sang en France, avec respectivement environ 1 800 et 8 000 poches pour alimenter les différents secteurs.

    « La dimension quantitative est tout aussi importante que la dimension qualitative », continue le professeur Chiaroni. « En effet, il existe 400 groupes sanguins dans le monde. Cela ne se limite pas au système “ABO”, qui représente la surface des globules rouges. La médecine française manque de sangs rares, principalement de populations d’ancestralité africaine. »

    Des donneurs rares attendus

    Le spécialiste explique l’importance des donneurs d’origine africaine dans les collectes. « Des antigènes spécifiques existent en Afrique, le berceau de l’humanité. C’est là que l’on trouve le plus de groupes sanguins différents. Il existe notamment le système Duffy, qui s’est développé dans le sang des populations subsahariennes contre le paludisme. » Un système sanguin que l’on retrouve chez la quasi-totalité des personnes originaires d’Afrique, mais presque inexistant en dehors. « C’est pour cela que les événements de collecte sont importants. Ils attirent des populations moins informées sur le don du sang, mais ces dons sont nécessaires pour la médecine. » Le professeur souligne l’importance de la communication dans des médias faisant le lien avec le continent, mais aussi dans des lieux locaux comme les mosquées.

    Outre ces sangs rares, les donneurs jeunes sont aussi attendus durant la semaine. Il est possible de donner son sang dès 18 ans, jusqu’à la veille de son 71e anniversaire et si l’on pèse plus de 50 kilos. « Notre intérêt est de sensibiliser les futures générations de donneurs », explique le spécialiste. Le parcours de don au chapiteau dure une heure au total. D’abord, les donneurs remplissent un formulaire. Ils réalisent ensuite un entretien avec une infirmière pour déterminer s’ils sont aptes à donner leur sang. Dans la majorité des cas, il n’y a pas de contre-indications et, si tel est le cas, « elles peuvent être liées à des maladies récentes, à des prises d’antibiotiques et sont souvent temporaires », précise le professeur Chiaroni. Le don de sang dure une dizaine de minutes. « Le corps humain contient 5 litres de sang. Lors d’un don, on prélève entre 350 et 450 millilitres. » Le conseil du spécialiste : « Ne pas venir à jeun ! ».

    Chapiteau de l’Établissement français du sang, sur le Vieux-Port, ouvert jusqu’au vendredi 15 mai de 13h à 18h30 et le samedi 16 mai de 11h30 à 17h.

  • La Banque alimentaire tire la sonnette d’alarme

    La Banque alimentaire tire la sonnette d’alarme

    Initialement prévue en novembre, la collecte de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône fait son retour les vendredi 29 et samedi 30 mai pour une session différente, puisque le réseau lance un signal d’alerte avec un cruel besoin de ressources, afin de pouvoir remplir les stocks pour les prochains mois. « On traverse des moments très difficiles, on a un stock de sécurité de 600 tonnes qui s’effrite avec un risque de pénurie pour le mois de juillet », explique Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire 13.

    La demande s’accroît

    Le probable risque de pénurie que pourrait connaître la Banque alimentaire 13 s’explique par des demandes qui augmentent jour après jour : « En 2019, nous avons 300 étudiants dans le besoin, aujourd’hui on en a plus de 3 000. Il y a 110 000 personnes qui dépendent de la Banque alimentaire, dont 70% sur Marseille », déclare-t-il. De plus, les donateurs donnent moins et les grandes surfaces ne sont plus aussi présentes qu’auparavant, ce qui explique l’annonce d’une collecte qui arrive comme une bouée de sauvetage. Depuis plus de quarante ans, le réseau compte plus de 79 banques dans tout le pays. C’est une grande institution qui traverse une période plus que délicate. Les jours avancent et le risque de ne plus pouvoir aider les personnes dans le besoin se ressent de plus en plus. « Que tout le monde prenne conscience que la Banque alimentaire a une mission : donner des denrées à des associations qui vont les donner aux plus fragiles. Si aujourd’hui on n’a pas des denrées ou de l’argent, on ne pourra plus assumer notre mission », annonce Joseph Akarel. Face au manque de ressources, la Banque alimentaire recherche 1 000 bénévoles pour accueillir, sensibiliser et collecter le maximum de produits.

    La liste des magasins solidaires : ba.13.banquealimentaire.org

  • Les États-Unis lorgnent sur Cuba, asphyxiée

    Les États-Unis lorgnent sur Cuba, asphyxiée

    Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a dénoncé ce samedi 2 mai le « niveau dangereux » des menaces d’agression militaire de Donald Trump, se disant prêt à la riposte. Une énième escalade. Alors que l’embargo américain est en vigueur depuis 1962, qu’une crise économique profonde touche l’île et ses 9,6 millions d’habitants, que le renforcement des sanctions américaines sous le premier mandat Trump (2017-2021) a aggravé la situation, le président américain avait de nouveau serré la vis en janvier, n’autorisant depuis l’arrivée que d’un seul pétrolier russe. Et depuis l’intervention des États-Unis au Venezuela, principal allié de Cuba, l’économie de l’île a été encore plus durement touchée, privée du carburant nécessaire pour produire son électricité.

    Dans son allocution ce 1er mai depuis la Floride, le président américain menace de « prendre le contrôle » de Cuba, suggérant qu’un porte-avions américain pourrait s’y arrêter « sur le chemin du retour d’Iran ». Les nouvelles sanctions américaines, qui figurent dans un décret présidentiel, ciblent notamment les banques étrangères qui collaborent avec le gouvernement cubain, et imposent des restrictions en matière d’immigration. Dans ce décret, Trump impose des sanctions à l’encontre de personnalités et entités impliquées dans les secteurs de l’énergie, des mines et contre toute personne reconnue coupable de « violations graves des droits de l’homme ».

    « Ces actions témoignent d’une intention de réimposer, une fois de plus, une punition collective au peuple cubain » s’est insurgé le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. Miguel Diaz-Canel a appelé la communauté internationale à « en prendre note » et à décider « aux côtés du peuple des États-Unis » s’il sera permis qu’« un acte criminel aussi radical soit commis ». Selon le chef de l’État cubain, une intervention militaire américaine viserait avant tout à « satisfaire » les intérêts de la communauté d’exilés cubains installés en Floride, « un groupe restreint mais riche et influent, animé par un désir de revanche et de domination ». Ce dernier a participé au défilé dénonçant ces menaces devant l’ambassade des États-Unis à La Havane, aux côtés du dirigeant révolutionnaire Raul Castro, 94 ans.

    De terribles conséquences

    Il peut compter sur le soutien du Mexique, du Brésil et de l’Espagne qui dans une déclaration commune le 18 avril, faisaient part de leur « énorme préoccupation pour la grave crise humanitaire que traverse le peuple cubain » et demandaient « que soient adoptées les mesures nécessaires pour soulager cette situation et que soient évitées les actions qui aggraveraient les conditions de vie de la population, ou celles qui sont contraires au Droit international ». Trois jours avant, la Chine avait réaffirmé qu’elle soutiendrait « résolument » La Havane par la voix d’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun.

    En France, Emmanuel Macron brille par son silence. Alors que se montent des opérations de solidarité comme celle commune de plusieurs associations depuis Marseille (lire par ailleurs), le PCF a opté pour l’envoi de conteneurs dans le cadre d’une campagne de collecte de médicaments et matériel médical. Le pays « aux meilleurs médecins du monde » rappelle le parti, se retrouve privé de paracétamol ou de médicaments contre les cancers infantiles. Selon le PCF, en un an, « le blocus aurait causé des dommages économiques conséquents estimés par les autorités à près de 5 milliards de dollars ». Avec des impacts forts dans plusieurs secteurs d’activité, pointe le parti : « un milliard de dollars de manque à gagner dans le tourisme, 3 milliards de préjudices pour le commerce extérieur, 467 millions pour l’industrie, 273 pour l’agriculture, 75,5 pour l’Éducation, 202 pour les transports, 143 pour les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique (pourtant en pointe contre le Covid-19)… »

    Le groupe d’amitié France-Cuba à l’Assemblée nationale a aussi mis en place un pont aérien. « J’ai négocié avec la direction d’Air France pour envoyer à peu près 20 m3 de médicaments et de matériel médical » indiquait dans nos colonnes le 31 mars, André Chassaigne, son ex-président.

    À SAVOIR

    Un premier train de restrictions sous Trump I

    Après un bref espoir d’assouplissement et de normalisation des relations sous Barack Obama, Donald Trump a, dès son premier mandat, balayé ces timides avancées d’un revers de main. Plus de 240 restrictions sont imposées en 4 ans, comme sur le tourisme vers l’île et sur les transactions avec les entités liées à l’armée. Cuba est également placée sur la liste des pays soutenant le terrorisme. Le Covid-19 va accélérer la crise avec une cinquantaine d’autres mesures.

    Le Droit international bafoué

    Quelque 165 pays ont voté la levée des sanctions touchant Cuba sur les 193 que comptent les Nations unies, lors de l’Assemblée générale annuelle du 29 octobre 2025. Comme chaque année depuis 1992, date de la première résolution présentée par Cuba, les États-Unis et Israël s’y opposent. Cette fois-ci, l’Argentine, la Hongrie, le Paraguay, la Macédoine du Nord et l’Ukraine leur emboîtent le pas.

    1

    repas par jour. C’est le quotidien d’une majorité de Cubains. Une boîte d’œufs coûte l’équivalent d’un mois de salaire minimum, atteignant les 3 000 pesos. L’ONU a alerté en janvier sur le risque d’un « effondrement humanitaire » en raison des coupures d’électricité, de difficultés d’accès à l’eau, aux soins et à l’alimentation.

    60%

    de la population cubaine dépend de la diaspora. Depuis 2021, 2 millions de personnes supplémentaires se sont exilées sur 9,6 millions de Cubains, choisissant l’Amérique et, depuis le second mandat de Trump, l’Europe. Les exilés doivent ruser pour envoyer des subsides à leurs familles optant pour des colis de biens de première nécessité.

  • Les élèves du lycée Bonaparte de Toulon vont courir contre la faim

    Les élèves du lycée Bonaparte de Toulon vont courir contre la faim

    Courir pour lutter contre la faim dans le monde : tel est le sens du projet mené par une classe de terminale ST2S du lycée Bonaparte, à Toulon. Mercredi, grâce à leur engagement, quelque 150 élèves et professeurs de l’établissement enfileront leurs baskets pour participer à une course caritative en faveur de l’ONG Action contre la Faim, afin de soutenir la lutte contre la sous-nutrition en République centrafricaine.

    Chaque participant courra en échange d’une promesse de dons, selon un système de parrainage assuré par des proches, des commerçants ou des acteurs locaux. C’est le principe des « Courses contre la faim » proposées par l’ONG, auxquelles participent chaque année plus de 248 000 élèves issus de 1 200 établissements. En 2025, ces courses ont permis de collecter près de 2,642 millions d’euros.

    Un projet construit dans

    le cadre scolaire

    À l’origine de l’initiative, Chahde. À 18 ans, cette future étudiante en santé découvre Action contre la Faim lors d’un forum associatif. L’idée lui vient alors de mener une action « qui compte peu à notre échelle, mais qui a un impact sur le monde », décrit-elle. D’autant plus que celle-ci s’inscrit dans le cadre d’un projet scolaire, partie intégrante du programme. « En terminale, ils apprennent à mener un projet de A à Z : respecter les étapes, faire un diagnostic du besoin, définir des objectifs, mettre en œuvre une action, puis l’évaluer à la fin, explique Jean-Marie Lebert, professeur de sciences et techniques médico-sociales. Ce projet donne un sens à l’approche théorique ».

    Aucune obligation n’est toutefois faite aux élèves de construire un projet caritatif. « Ce sont les élèves qui ont choisi », poursuit Jean-Marie Lebert. Et cela a du sens, car « ils sont destinés à travailler dans des structures sanitaires et sociales, où leur mission essentielle sera de mener ce type de projet pour leur structure. Je suis impressionné, car ce sont en plus des jeunes de milieux populaires, qui mènent des actions à destination d’autres personnes en difficulté ».

    Dans les faits, Chahde et ses camarades ont mené un véritable travail de terrain, particulièrement formateur pour leurs futures carrières. « Nous avons réalisé des sondages pour trouver des personnes intéressées, sensibilisé les élèves, démarché les commerçants pour trouver des sponsors et contacté les médias », détaille-t-elle. « Une vraie expérience de travail en équipe », dont la jeune femme, qui a décidé de s’engager au-delà du projet en devenant bénévole au sein de la délégation varoise d’Action contre la Faim, espère mesurer les retombées le jour J, même si aucun objectif de collecte chiffré n’a été fixé.

  • L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    Quand on aime la nature, plus que quiconque, on tient à la préserver. Surfrider, association fondée en 1990 par des surfeurs amoureux de l’océan, en a fait son credo. Engagée dans la lutte contre la pollution par les déchets (particulièrement plastiques), la préservation des écosystèmes aquatiques, et la gestion des risques côtiers face au changement climatique, elle s’emploie à travers différents moyens d’action (science participative, lobbying, art, éducation, etc.), mais aussi la participation citoyenne.

    Projet Retrace ! : une collecte à but scientifique

    C’est à ce titre que Surfrider a lancé le projet « Retrace ! », qui vise à fédérer des acteurs locaux (associations, structures éducatives, citoyens, etc.) autour de campagnes de ramassage de déchets. Derrière l’objectif de dépollution d’espaces naturels, celui de retracer la provenance des déchets, analysés et catégorisés puis intégrés dans une base de données, les transformant ainsi en informations stratégiques pour comprendre les mécanismes des pollutions et les localiser. Cela, pour pouvoir « alimenter nos plaidoyers politiques et exiger des actions concrètes pour préserver nos océans », soutient l’association.

    Samedi, environ 120 personnes ont ainsi participé à deux collectes organisées au mont Faron (en partenariat avec l’association des Chercheurs en herbe) et à la plage de la Gorguette à Sanary. Des dizaines de kilos de déchets ont été ramassés. Certains (mégots, canettes, bouchons) seront par ailleurs recyclés et revalorisés par des associations partenaires. De nouvelles actions se tiendront bientôt dans le département, notamment le 2 mai à la Seyne et le 30 mai près de l’Eygoutier, dans le quartier de la Rode à Toulon.

  • Une collecte de la CGT en faveur du Secours populaire à Toulon

    Une collecte de la CGT en faveur du Secours populaire à Toulon

    Lancée en 2025, l’initiative solidaire de l’UD CGT Var en faveur du Secours populaire du Var, dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée chaque 8 mars, a été reconduite cette année. Le principe : récolter des produits d’hygiène féminine et maternels (protections menstruelles, couches-culottes, lait infantile…) à l’intention des familles monoparentales, et notamment des femmes isolées, « qui représentent un bénéficiaire sur cinq, même s’il n’y a plus de public type », précise Olivier Masini, secrétaire départemental du Secours populaire du Var.

    « La précarité touche de plus en plus de travailleurs », alerte Manon Magagnosc, déléguée syndicale du centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne (CHITS), l’une des porteuses de l’initiative. « L’an dernier, nous avions voulu organiser une collecte, et c’était sur ces produits-là que le Secours populaire avait le plus de besoins car les gens n’y pensent pas, et car c’est très cher. »

    C’est ainsi qu’au mois de mars, les militants CGT de l’ensemble du département ont mis en place une centaine de points de collectes sur leurs lieux de travail respectifs, dans le privé comme dans le public. « Ça permet de donner du sens à la solidarité, des points les plus reculés du département, jusqu’à Toulon, avec des dons n’émanant pas uniquement de personnes syndiquées. Ça montre que la solidarité n’a pas de frontières », salue Olivier Masini.

    Les dons ont été remis ce vendredi 17 avril dans les locaux du Secours populaire du Var, à Toulon. Un « volume important, équivalent à celui de l’année dernière », se réjouit le secrétaire départemental de l’association, trié et partagé dès ce lundi, avant d’être envoyé dans les dix centres de distribution que recense le département.

    Une collecte

    de fournitures scolaires

    Ce partenariat « naturel », tel que le souligne ce dernier, au vu « des valeurs de solidarité, du rôle d’éducation populaire » que partagent les deux organisations, sera renouvelé pour une troisième année consécutive. « Et il va dans les deux sens », assure-t-il, rappelant que « la proximité des valeurs date de la création du Secours populaire, à la fin de la seconde guerre mondiale. Lors des grandes grèves des mineurs de 1946, le Secours populaire était aux côtés des familles de grévistes, et pour porter la solidarité avec la CGT ».

    Et le syndicat compte poursuivre en ce sens, en organisant, en septembre, une deuxième collecte, de fournitures scolaires cette fois-ci, à destination des étudiants, en soutien à une campagne du Secours populaire. « Les mairies s’occupent généralement des fournitures pour les plus jeunes, c’est moins le cas pour les étudiants. On y pense moins, pourtant ça coûte de l’argent », lance Manon Magagnosc.