Tag: Banque alimentaire

  • [Entretien] Joseph Arakel : « Concrètement, nous pouvons tenir un mois »

    [Entretien] Joseph Arakel : « Concrètement, nous pouvons tenir un mois »

    La Marseillaise : En quoi consiste cette opération d’urgence sociale ?

    Joseph Arakel : Nous avions déjà lancé l’alerte l’an passé. Compte tenu du manque de denrées alimentaires de première nécessité (lait, farine, huile, pâtes…), nous lançons sur les deux prochains jours une collecte exceptionnelle auprès de 63 supermarchés. Cette collecte est habituellement organisée de façon annuelle, en novembre, mais nous n’avons pas reçu assez de dons. Notre appel à l’aide a eu un certain écho. Il y a eu une réponse de la préfecture qui lance une réunion des financeurs, et le département a également répondu présent.

    Pouvez-vous nous dresser un état des lieux de la situation ?

    J.A. : Concrètement, nous pouvons encore tenir un mois avec le stock de denrées dont nous disposons. Il y a le manque de denrées, mais aussi un manque de bénévoles que nous évaluons à 3 000. La plupart des bénévoles sont des personnes retraitées. Nous essayons de sensibiliser les jeunes pour qu’ils puissent se mobiliser à leur tour et prendre la relève. Cette collecte est un appel à l’aide.

    Quel impact cela a sur les associations et les bénéficiaires ?

    J.A. : Nous touchons 110 000 personnes aux profils très variés – et de plus en plus variés -, des jeunes, des étudiants, des gens qui travaillent et des retraités, via 177 associations, avec 70% de nos bénéficiaires sur Marseille. Nous avons constaté une hausse de 11% des demandes sur l’année passée. Nous réduisons les proportions des denrées distribuées aux associations, mais si nous ne leur fournissons plus rien, elles ne pourront plus venir en aide aux plus précaires. Toutes les associations traversent une période très difficile.

  • En Vaucluse, la Banque alimentaire croule sous les demandes

    En Vaucluse, la Banque alimentaire croule sous les demandes

    Face à l’épuisement des stocks, la banque alimentaire des Bouches-du-Rhône lance, ce vendredi et samedi, une collecte d’urgence (lire ci-dessous). Chez son homologue vauclusienne, la situation n’est pas aussi alarmante, du moins côté denrées. Mais elle organise aussi de son côté, une collecte ciblée de produits d’hygiène. « Ce sera uniquement dans les hypermarchés Leclerc, mais pas ceux d’Avignon et Morières », regrette Pascale Hémard, présidente de la banque alimentaire de Vaucluse (BA 84). Les bénévoles donnent rendez-vous à Carpentras, Bollène et Valréas. « Celui d’Apt était partant, mais nous n’avons pas assez de bénévoles », confie-t-elle, lançant un appel aux bonnes volontés.

    Car les coups de main, même épisodiques, ne sont jamais de trop pour faire face aux besoins criants de la population. « En 2025, nous avons distribué 1 680 tonnes de denrées, soit l’équivalent de 3 millions de repas à destination de 63 500 bénéficiaires », chiffre Pascale Hémard, alors que l’association tenait mardi son assemblée générale à Cavaillon, au sein du Village, une des 70 associations partenaires. La Banque alimentaire sert de plateforme logistique dans l’aide alimentaire, achetant ou collectant des denrées, distribuées ensuite aux épiceries sociales ou centres communaux d’action sociale. La traduction humaine de ces chiffres, c’est un doublement du nombre de bénéficiaires depuis le Covid. Plus d’un Vauclusien sur dix bénéficie de la Banque alimentaire : « On progresse de 10% chaque année, c’est énorme », s’alarme la présidente.

    Bientôt une épicerie mobile pour les étudiants

    D’autant que les écueils s’additionnent, entre coût des denrées qui grimpe et baisse des dons des grandes surfaces. « C’est en chute libre, -50% en deux ans, car elles vendent de plus en plus leurs produits en antigaspi », constate Pascale Hémard. Lors de l’AG, un fort accent a été mis sur la nécessité d’avoir un soutien fort et pérenne des collectivités. « On a calculé qu’on reçoit 4 euros par bénéficiaire quand cela va de 10 à 15 euros pour les autres départements de la région », souligne la présidente, qui attend davantage aussi des municipalités comme Avignon (8 000 euros d’aides pour 32 000 habitants aidés) et Carpentras (1 000 euros de subsides pour 6 200 habitants).

    « Les pouvoirs publics doivent comprendre que nous apportons une sorte de paix sociale, nous sommes un levier d’inclusion : comment voulez-vous retrouver un travail, réussir à l’école ou ses études, bien vieillir quand la faim vous tenaille », fait valoir la présidente pour (r)éveiller la conscience des décideurs politiques. Le Département octroie 40 000 euros par an, or « il en faudrait le double », estime-t-elle, sachant que le Vaucluse figure parmi les dix départements les plus pauvres de France. Cette année, le Grand Avignon va verser 10 000 euros (somme habituellement consacrée à la cérémonie de vœux que l’agglo n’organise plus). « On est très content mais on ne peut pas se contenter que de one shot, cela n’offre pas de visibilité », poursuit Pascale Hémard.

    Parmi les projets en cours, la mise en place d’une épicerie mobile, à la rentrée, à destination des étudiants, cinq soirs par semaine. « En complémentarité d’autres associations, on a ciblé les étudiants de BTS et de soins infirmiers », précise-t-elle. Reste toutefois encore en friche, l’impérieuse quête de nouveaux locaux. À l’étroit, et difficilement accessible pour les poids lourds, dans son hangar agricole de la ceinture verte, la Banque alimentaire espère tripler sa capacité de stockage (notre édition du 29 novembre). Le Conseil départemental a voté une subvention de 20 000 euros spécifique pour ce projet de relocalisation. Des pistes sur l’emprise du Marché d’intérêt national ou au parc des expositions avaient été mises sur la table mais n’ont pu aboutir. « Il faut tout repenser, on attend que M. Galzi [maire DVD] puisse nous recevoir », conclut Pascale Hémard.

  • Collecte urgente pour la Banque alimentaire

    Collecte urgente pour la Banque alimentaire

    Les collectes traditionnelles de novembre ne suffisent plus à répondre aux besoins. Confrontée à une « baisse critique des stocks de denrées de première nécessité » due à « la hausse du nombre de bénéficiaires », la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône lance une opération d’urgence sociale. Pour la soutenir, du 29 mai au 5 juin, le conseil départemental mobilise ses Maisons du bel âge pour accueillir les dons des Provençaux.

    Parallèlement, les vendredi 29 et samedi 30 mai, les bénévoles de la Team 13 seront déployés dans plusieurs grandes surfaces du territoire pour prêter main-forte aux équipes de la Banque alimentaire. La collecte cible spécifiquement les produits de première nécessité manquant actuellement dans les réserves : Produits alimentaires non périssables : huile, lait, sucre, café, riz, pâtes, poudre chocolatée, conserves de légumes ou de poisson. Produits d’hygiène : dentifrice, brosses à dents, savon solide, protections hygiéniques, mouchoirs, coton, papier toilette. « Pour les bébés, la demande actuelle ne porte pas sur l’alimentaire, mais exclusivement sur les couches et les produits d’hygiène infantile », précise l’appel aux dons. Au-delà, Martine Vassal (DVD), présidente du CD 13, soumettra au vote de la commission permanente de juin, une aide au fonctionnement de 270 000 euros allouée à la Banque alimentaire.

  • « Uzès Seul en Scène » mise sur l’émotion et la solidarité

    « Uzès Seul en Scène » mise sur l’émotion et la solidarité

    Quatrième édition, et déjà l’allure d’un rendez-vous bien installé. Du mercredi 6 au samedi 9 mai, le festival Uzès Seul en scène revient dans la cité ducale avec une programmation resserrée, populaire et ambitieuse, portée par son directeur artistique Patrick Timsit. Théâtre, danse, humour, stand-up, musique : l’événement veut faire dialoguer les formes et les publics, sans réserver la scène aux seuls initiés.

    Une nouvelle dimension solidaire

    Les premières têtes d’affiche annoncées sont déjà complets : Alex Lutz ouvrira le bal le 6 mai avec Sexe, grog et rocking chair, finalement présenté à l’Ombrière pour des raisons techniques. Suivront Marie-Claude Pietragalla avec Barbara, Philippe Caverivière avec Tu crois que c’est une bonne idée ?, puis Bernard Lavilliers et Le comptoir des voyageurs.

    Trois nouveautés viennent compléter la programmation. Le vendredi 8 mai à 11h, la réalisatrice et scénariste Danièle Thompson donnera une masterclass au cinéma Capitole, animée par Karim Ghiyati, directeur d’Occitanie Films. Le soir même, place au Comedy Club avec Amandine Lourdel, Yacine Belhousse, Adel Fugazi, Ethan Lallouz et Denise.

    Enfin, samedi 9 mai à 21h30, Philippe Corti clôturera le festival avec un DJ set à l’Ombrière. Cette soirée, comme la masterclass, aura aussi une dimension solidaire : les recettes seront reversées à la Banque alimentaire du Gard. « C’est vraiment local et les gens savent où ça va. C’est important de le savoir. C’est concret », insiste Patrick Timsit.

  • Marseille : la société des eaux s’engage pour la Banque alimentaire

    Marseille : la société des eaux s’engage pour la Banque alimentaire

    Pour chaque abonné au service de l’eau optant pour la e-facture, la SEM verse une participation de 1 euro. 6 641 abonnés ont accepté, ce qui a permis à Sandrine Motte, DG de la SEM, de remettre un joli chèque vendredi dernier à Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône. Par ailleurs, une vingtaine de salariés se mobilisent tout au long de l’année via la plateforme d’engagement citoyen de la SEM : participation à la préparation de commandes, à la grande collecte annuelle et à une collecte interne de lait.

  • Une collecte alimentaire devenue cruciale

    Une collecte alimentaire devenue cruciale

    Celle-ci représente 10% des approvisionnements des dépôts de la structure, « l’équivalent de 20 millions de repas ». Et la situation est critique avec une hausse de 34% des demandeurs en 3 ans. La région Paca est loin d’être épargnée, l’augmentation du nombre de bénéficiaires est largement supérieure à la moyenne nationale, plus de 8% de la population des Bouches-du-Rhône a recours aux aides. D’après les dernières estimations, un million de personnes vivent ici dans la précarité alimentaire.

  • [Témoignages] Faire face à la faim en 2025 : ils s’engagent

    [Témoignages] Faire face à la faim en 2025 : ils s’engagent

    Aziz Djezzar, bénévole

    Aziz s’est impliqué dans les actions de l’association à sa création en 2021. Retraité, il était auparavant cariste dans une société de magasinier où il faisait des remplacements. Énergique et ayant la fibre associative, selon ses collègues, Aziz était auparavant bénévole dans une association sportive de judo et musculation. Lorsque Kader lui a proposé de travailler avec lui, il n’a pas hésité longtemps, aujourd’hui : « Je suis épanoui en venant ici, pouvoir aider les gens et aller à leur rencontre… »

    Élie Bonanni, trésorier

    « J’ai eu une intolérance à la farine », explique Élie. Ancien boulanger-pâtissier qui a dû cesser son activité après 30 ans de métier. Lorsque Kader lui a proposé d’intégrer l’association en 2021, il a souhaité y participer et en est aujourd’hui le trésorier. Mandataire pour ses deux parents handicapés l’homme voulait occuper son temps libre pour que les gens vivent mieux : « Aider les personnes dans le besoin c’est une façon d’aller vers l’avenir », explique-t-il. Et « avoir à manger c’est une nécessité ».

    Yoann Faure, bénévole

    Yoann a rejoint l’association après la perte de son travail il y a deux ans. « J’ai eu un accident de travail et je ne peux plus travailler. » L’ancien conducteur d’engins a eu de multiples problèmes de dos et ne trouve plus de travail aujourd’hui. En attendant de retrouver une activité, il a souhaité mettre son temps à disposition pour aider les personnes de la cité. Habitant de Forbin depuis quarante ans il dit trouver « plaisant de pouvoir aider les gens qui n’ont pas à manger et qu’il croise tous les jours ».

  • Faire face à la faim en 2025 : à Marseille, les bénévoles tentent de subvenir aux besoins

    Faire face à la faim en 2025 : à Marseille, les bénévoles tentent de subvenir aux besoins

    « On sait ce que représente la Banque alimentaire, c’est un devoir de participer à cette collecte », appuie Abdelkader Boubeker, fondateur de l’association Forbin. À ce jour la Banque alimentaire nationale estime la portée de son aide à 2,4 millions de personnes, elle approvisionne 6 044 associations partenaires. Forbin est l’un de ces points relais. « Tous les 15 jours, nous allons à l’antenne de la Pomme pour réarmer nos stocks. On décharge trois à quatre tonnes de produits », exprime fièrement Kader, « les commandes se font en amont sur internet ». Forbin aide 200 familles, cela débloque un certain nombre de points et donc un certain nombre de produits disponibles, « par exemple j’ai le droit de commander 200 bouteilles de lait », explique-t-il.

    En arrivant dans le local ou plutôt « la maison du bonheur » comme affiché sur la porte, Fakia Bengana, résidente du Bosquet, s’approche du trésorier pour récupérer un jeton, « cela permet de réguler les flux », explique Kader, mais aussi de vérifier les inscriptions. Elle retourne sur ses pas et s’assoit sur l’un des sièges, entourée d’autres femmes pour attendre son tour. « Pour s’inscrire, il faut présenter une fiche d’imposition, prouver son identité et participer à hauteur de 10 euros symboliques par an », détaille-t-il. Lorsque leur tour arrive, les bénéficiaires peuvent rentrer dans une seconde salle et choisir leurs produits. « L’hygiène est très importante, si les bénéficiaires ne viennent pas avec leur sac surgelé, ils ne peuvent pas en prendre », montre Kader. Fakia ou les autres bénéficiaires ne peuvent pas toucher les produits. Aziz Djezzar et Gérard Data, gants en latex aux mains, déposent les articles sur un chariot à roulette et guident la petite dame à travers ses achats, « ici tout est entre cinquante centimes et deux euros maximum », détaillent les deux bénévoles retraités. Le parcours se termine aux fruits et légumes, à côté de la file d’attente, le rayon de Yoann Faure. « Ça vous fera un euro cinquante, Madame », dit-il après avoir pesé le sachet.

    Les bénéficiaires vont ensuite voir le trésorier Élie Bonnani pour payer. Posté derrière son bureau, l’homme au visage froid surprend par son enchaînement de blagues. « Parfois j’aide aussi les bénévoles. On se sent comme une famille ici, on peut discuter », explique Fakia, qui a été contrainte de venir jusqu’à Forbin après que l’association de son quartier a cessé ses activités il y a deux ans. Kader déplore la baisse des subventions aux associations alors que les besoins ont augmenté : « Depuis le Covid, la précarité s’est accrue ; on a de plus en plus de jeunes qui viennent. » Yamina Mansri, femme de ménage et mère de trois enfants, ajoute à la volée : « Nous sommes en guerre comme dit Macron. Mais la guerre c’est de finir les fins de mois. »

    En parallèle Kader constate une hausse du bénévolat spontané. Pour autant, les temps sont durs pour son association comme pour les autres, il explique que « les 3 000 euros de subventions couvrent à peine le loyer et les charges ». Yamina insiste : « L’équipe est super, ils sont sociables et gentils. J’ai trouvé un endroit où je me sens bien. » En partant, la femme de ménage s’exclame : « Merci les jeunes ! »

    Le nombre de bénéficiaires a doublé dans le Var

    Dans le Var, la collecte de la Banque alimentaire de La Garde est soutenue par 220 commerces, surtout alimentaires. 1 500 bénévoles sont mobilisés pour collecter les denrées, avec comme priorités, pour pallier les manques, les plats cuisinés (ravioli, couscous…), café, riz, compotes, desserts, biscuits et couches pour bébés. Une campagne d’importance, car en 2025, « le nombre de bénéficiaires a doublé, de 30 000 à 62 000 », déplore Martine Hergat, vice-présidente de la Banque alimentaire du Var. Et d’autant plus que le Fonds social européen a réduit ses subventions de 40%. En conséquence, une campagne de dons en ligne a été lancée sur monpaniersolidaire.org. Ad.B.

  • Faire face à la faim en 2025 : à Avignon, la quête d’un nouveau local mise à mal

    Faire face à la faim en 2025 : à Avignon, la quête d’un nouveau local mise à mal

    « On vient de connaître un grand coup de reculoir », se désole Pascale Hémard, présidente de la Banque alimentaire de Vaucluse. Le sujet en question est le projet de relocalisation de l’association. Locataire d’un hangar agricole en ceinture verte depuis 2008, la structure est à la fois à l’étroit et difficilement accessible aux gros camions sur les voies agricoles.

    Pour faire face à la demande croissante, qui a presque doublé en 3 ans (de 30 000 à 55 000 bénéficiaires, soit un Vauclusien sur dix), la Banque alimentaire aurait besoin d’un stockage de 1 500 palettes contre 500 actuellement. Elle offre un support logistique et des denrées alimentaires ou produits à quelque 70 autres associations de proximité.

    Cet été, l’ex-directeur Patrick Munsch -en poste grâce à un contrat de mécénat SNCF- confiait que le dossier de relocalisation connaissait, cette année, « un gros coup d’accélérateur ». Quatre mois plus tard, la présidente constate que « nous repartons de zéro ». Des discussions avancées avec la Ville avaient lieu pour une implantation non loin de là, sur le MIN (marché d’intérêt national) à Saint-Chamand, mais le projet a capoté dans le cadre de la nouvelle délégation de service public du MIN, qui sera votée ce samedi, en conseil municipal. « C’était parfait car il y avait des locaux prêts et équipés, c’était un gain de temps et d’argent », regrette Pascale Hémard. De locataire, la Banque alimentaire aimerait devenir propriétaire, mais n’a pas les reins financiers solides pour se lancer dans la construction ou lourde réhabilitation d’un bâtiment.

    Un appel à l’aide

    au Département

    L’association cherche à se relocaliser dans le périmètre actuel jusqu’à Agroparc, voire en Courtine désormais. « Pour le moment, la municipalité n’a rien à nous proposer qui convienne et le Département n’a pas de solution. Nous allons mettre la pression, il serait le partenaire le plus logique car nous servons tout le Vaucluse », note la présidente de la Banque alimentaire. En octobre dernier, le conseil départemental avait voté 20 000 euros de subvention pour participer à une étude fixant le cahier des charges de la relocalisation.

    De son côté, l’État -qui ne subventionne que l’activité mais pas l’investissement- « accompagne depuis le début avec des réunions pour le diagnostic des éventuels locaux », indique Sébastien Maggi, sous-préfet chargé de la politique de la ville. Un comité de pilotage est en place avec les différents acteurs publics et économiques.

  • Quand l’austérité fabrique la misère

    Quand l’austérité fabrique la misère

    Le rendez-vous symbolise l’insécurité alimentaire et la misère qui gagnent le pays. Ce week-end, la Banque alimentaire lance sa collecte nationale.

    Entre denrées alimentaires ou produits d’hygiène, les besoins sont vastes. Et le nombre de bénéficiaires ne cesse de croître, ces dernières années.

    Ce phénomène correspond à un constat insupportable : le taux
    de pauvreté, en France,
    a atteint en 2023 son niveau le plus élevé depuis que l’Insee le calcule, à savoir 9,8 millions de personnes concernées (15,4% de la population). Il ne s’agit plus de la pauvreté, mais de misère.

    Rétablir un État social fort

    Pendant ce temps, l’État se dérobe. Tout comme l’Union européenne. Les politiques d’austérité ont démantelé les filets sociaux, laissant les associations colmater les brèches, avec des moyens toujours plus réduits. Et abandonnant le peuple à la charité.

    La Banque alimentaire, confrontée aux baisses de subventions, à la hausse des coûts et du nombre de bénéficiaires, fait aussi face à une réduction du volume des dons. Encore le signe d’un contexte social difficile.

    La faim n’est pas
    une fatalité. Elle est le symptôme d’un choix politique : celui de laisser les inégalités prospérer. Ce n’est pas aux bénévoles, dont il faut saluer l’engagement, de réparer les dégâts de l’austérité mais à l’État de garantir le droit fondamental à l’alimentation.

    Augmenter les subventions aux associations ne suffira pas. Il faut rétablir un État social fort, taxer les profits indécents, investir dans les services publics et garantir à chacun l’accès à une alimentation digne.