Tag: carburant

  • Face à la hausse à la pompe, le PCF avance ses solutions

    Face à la hausse à la pompe, le PCF avance ses solutions

    Plusieurs militants de la fédération PCF 04 se sont mobilisés dans diverses stations Total, samedi, avec un mot d’ordre : « Carburant, stop au racket !» « Une dizaine de stations ont été occupées à cette occasion pour aller à la rencontre des clients, avec un accueil très favorable de leur part », explique Bertrand Perrin, secrétaire départemental du parti.

    Cette opération de tractage dans Alpes-de-Haute-Provence s’inscrit dans une campagne nationale du PCF menée du 5 au 11 octobre pour défendre ses propositions visant à faire baisser le prix des carburants et à reprendre le contrôle public du secteur de l’énergie. D’autant plus que la majorité des personnes reste encore très dépendante de la voiture et donc du carburant, particulièrement dans ce département.

    Blocage du prix

    des carburants

    « Le prix des carburants explose. Le pouvoir d’achat de millions de familles est impacté. Cette situation est d’autant plus insupportable que les entreprises pétrolières se gavent sur le dos des consommateurs. TotalEnergies a annoncé un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars pour le deuxième trimestre 2026. C’est deux fois plus qu’il y a un an. À lui seul, le patron de Total touche un salaire annuel de plus de 10 millions d’euros ! Que fait le gouvernement ? Rien. Ça ne peut pas continuer comme ça », s’insurge le Parti communiste français.

    Parmi les propositions mises sur la table et évoquées auprès des automobilistes rencontrés : le blocage du prix des carburants à 1,60 euro le litre, la baisse des taxes prélevées par l’état sur les carburants et la nationalisation de Total « pour faire primer l’intérêt général sur la rapacité d’actionnaires ». Cette dernière proposition est notamment mise en avant par Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et candidat à l’élection présidentielle.

  • Bonne nuit les petits

    Bonne nuit les petits

    Au bout de bientôt 10 ans d’exercice du pouvoir, Emmanuel Macron ne s’amende pas. Hier soir, il a pris la parole en s’adressant aux Français avec la condescendance qui a caractérisé ses deux quinquennats. D’abord pour les faire frissonner sur le contexte international comme s’ils ne vivaient pas déjà dans leur chair les conséquences de la multiplication des conflits dans le monde. Ensuite, pour leur expliquer qu’une baisse des taxes sur les carburants comme elle pratiquée ailleurs en Europe n’était pas une bonne idée.

    Le chef de l’État a même incité les Français à se réjouir de l’attitude de Total qui « plafonne les prix » tout en réalisant… 11 milliards de bénéfices en six mois ! Bonne nuit les petits. Demain ça ira mieux.

    Provocation

    Ultime provocation : le président de la République a regretté de n’avoir pas su imposer sa réforme des retraites et mis en garde contre un possible « mouvement social ». Il ne faudrait pas trop remuer quand on se fait tondre.

    Les Français ont besoin d’un président de la République qui défende leurs intérêts, pas d’un marchand de sable.

  • Emmanuel Macron droit dans ses bottes

    Emmanuel Macron droit dans ses bottes

    Hors de question de faire un quelconque mea-culpa. Emmanuel Macron a affirmé jeudi qu’il ne regrettait « pas du tout le “quoi qu’il en coûte” », c’est-à-dire les aides publiques mises en place lors de la pandémie de Covid qui ont alourdi la dette de la France, réduisant aujourd’hui ses marges de manœuvre budgétaires.

    Et de détailler : les dépenses des « dix dernières années » se décomposaient en « un tiers pour protéger les Français des crises », « un tiers pour préparer la France à l’avenir », et « un tiers parce qu’on n’a pas assez réformé le modèle social ». « Je ne regrette rien des deux premiers tiers. Je regrette de ne pas avoir été assez efficace et rapide sur le dernier », ajuste-t-il. Comme si la « réforme » des retraites n’avait pas suffi…

    En temps de crise

    Quant à la crise actuelle, le président de la République n’exclut pas de baisser les taxes sur les carburants si l’envolée des tarifs se poursuivait, tout en affirmant qu’il serait préférable de faire baisser les prix en utilisant des moyens diplomatiques. « Je pense qu’en fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure », même si une baisse des taxes – réclamée par la gauche pour amoindrir l’impact auprès de la population – n’est « pas la décision la plus vertueuse » car celles-ci « servent à financer les dépenses de l’État ».

    « Notre intérêt, c’est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes », a-t-il ajouté, estimant par ailleurs que l’interdiction des exportations de gazole américain, comme s’y est dit favorable Donald Trump, serait une « mauvaise » décision, « pas simplement pour le reste du monde, pour l’économie américaine aussi ». Si la France « fait tout » pour se prémunir d’une pénurie d’essence, le président a annoncé l’envoi de « moyens militaires » pour « protéger » le site de Yanbu, un maillon stratégique du réseau d’installations énergétiques de l’Arabie saoudite. Arabie saoudite prise en tenaille entre d’un côté le blocus sur le détroit d’Ormuz effectué par l’Iran depuis le début de la guerre initiée par les États-Unis et Israël et de l’autre par les Houthis qui contrôle désormais – et peuvent à tout moment bloquer – le passage en le golfe d’Aden, la mer rouge et le canal de Suez, lieu de passage hautement stratégique vers la Méditerranée.

    Menace extérieure

    Le président a également abordé, lors de cet entretien, l’autre conflit qui préoccupe l’Europe, celui en Ukraine. Le chef de l’État considère qu’une « nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes » par la Russie « est un scénario qui nous paraît crédible », afin notamment de mener une nouvelle offensive sur le Donbass.

    Autre menace, plus directe, celle-ci : La France pourrait être visée par une tentative d’attaque à l’aide d’un drone chargé d’explosifs comme à l’aéroport de Leipzig début août, que l’Allemagne avait attribuée à la Russie. La France n’a pas encore connu d’attaques de ce type « mais quand vous me posez la question « est ce que ça peut arriver ? » ma réponse est oui », a dit le président français. Emmanuel Macron a par ailleurs affirmé que la CIA « n’a pas informé les services français » d’une possible attaque de drones russes visant le sud de la France, contrairement à des allégations publiées dans des médias étrangers.

    Enfin, Emmanuel Macron a écarté l’idée d’une toute prochaine dissolution de l’Assemblée nationale. « Cela ne serait pas bon pour le pays ». « Si on faisait une dissolution aujourd’hui, on ajouterait à la guerre, aux problèmes de pouvoir d’achat et à un budget à passer, l’instabilité politique. On bloquerait le prochain président, la prochaine présidente, de la possibilité de faire cette dissolution et de se reconstruire une majorité. Donc ce n’est pas souhaitable », a répondu le chef de l’État.

  • La douloureuse facture des carburants pour la RTM

    La douloureuse facture des carburants pour la RTM

    La RTM elle aussi doit grimacer en arrivant à la pompe à essence. La régie des transports métropolitains a publié ce mercredi l’avis d’attribution du marché de fourniture de carburant pour son parc de véhicules, avec un volume maximum de 300 000 m3 sur 4 ans. Trois contrats ont en effet été signés le 20 juillet dernier, auprès des groupes Total, Eni et F3C, afin de permettre à la régie et ses différentes filiales de faire le plein. Résultat : l’offre retenue pour le groupe Total est estimée à 105 millions d’euros sur la totalité du périmètre métropolitain pour quatre ans, celle de son concurrent italien, à 104 millions, quand celle du troisième groupe se chiffre à 107 millions.

    « Le prix des carburants dépend de multiples facteurs de marché et est susceptible d’évoluer quotidiennement, à la hausse comme à la baisse, pendant toute la durée d’exécution du marché et dans les conditions définies au marché », précise cependant la RTM auprès de La Marseillaise. Mais les estimations sont déjà en hausse : les précédents contrats en 2022 étaient chiffrés à 103 millions d’euros pour la société F3C, 101 millions pour la société Worex. L’addition est d’autant plus lourde que si la RTM vise à électrifier son parc d’ici 2030, 85% de ses véhicules avaient encore un moteur thermique au 31 décembre 2025. Et émettaient plus de 40 000 tonnes de CO2 selon le dernier rapport d’activité.

  • [Prix des carburants] Face à la crise, le service minimum

    [Prix des carburants] Face à la crise, le service minimum

    Face à la presse ce mardi après-midi, le ministre de l’Économie Roland Lescure s’en prend à ceux qui « soufflent sur les braises ». Et promet : « Nous entendons les inquiétudes des Français, qui parfois s’expriment sous la forme d’une colère. Nous devons y répondre, et c’est ce que nous faisons aujourd’hui. » Après une double réunion lundi, le gouvernement a finalement dévoilé ses mesures pour faire face à la flambée des carburants. Sans changer nullement de cap. « Dès le début de la crise, l’État a apporté une réponse immédiate avec des mesures ciblées, adaptées et temporaires, résumait le résident de Bercy. Cette stratégie est inchangée, nous allons l’amplifier et l’élargir. »

    Ne pas taxer Total

    Le dispositif « Grands rouleurs » est ainsi renouvelé et doublé, avec un chèque de 100 euros pour les trois derniers mois de l’année. Surtout, il est étendu à 2,5 millions de personnes supplémentaires, pour viser 5,5 millions des 40% de Français les plus pauvres roulant au moins 15 kilomètres pour aller au travail, avec un versement automatique pour ceux qui en bénéficient déjà. Le plafond de défiscalisation de la prime carburant payé par les employeurs est aussi relevé à 1 000 euros, et le gouvernement promet de maintenir les chèques énergie pour 2027 en les versant au mois de janvier. Quant aux secteurs les plus exposés, les aides sont renouvelées pour les secteurs du BTP, de l’agriculture, des soignants à domicile et surtout de la pêche, pour laquelle elles atteignent le maximum de la réglementation européenne.

    Montant total de l’enveloppe consentie : 450 millions d’euros. Mais malgré l’ampleur de la crise, le gouvernement n’a même pas à revoir ses maquettes budgétaires pour débloquer ces aides. Moins de la moitié des ménages qui pouvaient en bénéficier jusqu’à présent ne les ont pas réclamées. L’effort sur l’année reste fixé à 1,4 milliard d’euros, quand l’Espagne avait annoncé 5 milliards au mois d’avril.

    Malgré les demandes des oppositions, pas question de baisser les taxes sur les carburants. « Ceux qui annonceraient des baisses d’impôts généralisées aujourd’hui seraient ceux qui annonceraient demain des hausses des taxes généralisées », pointe le ministre des Comptes publics David Amiel. Lui refuse de faire jouer la solidarité nationale : toutes les aides sont adossées à des coupes budgétaires. Pas question non plus de souscrire à la taxation des superprofits des groupes pétroliers, réclamée fin août à la Commission européenne par six pays. « Nous ne sommes pas tout à fait égaux par rapport à cette situation, défend Roland Lescure. Nous avons une grande major intégrée, qui participe au fait que nous n’avons pas de problèmes d’approvisionnement et qui plafonne les prix de l’essence dans un certain nombre de stations. » De quoi venir à la rescousse de Total qui annonçait 10 milliards de bénéfices nets au premier semestre. Le ministre préfère une enquête européenne sur les marges des raffineurs, demande déjà refusée par la Commission européenne.

    Yves Souben

    CE QU’ILS PENSENT

    Marc Pietrosino, Secrétaire général UD CGT 13, Marseille

    « Il n’y a pas eu d’annonces sur les salaires. Quand on paie pour aller travailler, la meilleure façon de contrer cela, c’est d’augmenter les salaires. La politique des chèques ne suffit pas. Le gouvernement a aussi beaucoup parlé d’électrification… Heureusement qu’on a mené le combat pour que la centrale de Gardanne tourne ! »

    A.B.

    Hervé Gout-Vernier, Marin-pêcheur, Martigues

    « Le prêt à taux zéro est une connerie : ça ne fait que reculer l’échéance du coup de grâce si la situation ne s’arrange pas. On nous prête de l’argent pour faire tampon avec les aides promises, qui tardent à arriver et pour un gasoil qui continue à monter. Qu’on fixe les prix du gasoil pour tout le monde et ce sera plus simple. »

    An.M.

    Gaëlle Cannat, Infirmière, Éguilles

    « On est partagés. La dernière fois rien ne nous concernait. Il y a eu un élargissement, avec un bonus pour les territoires ruraux, qui concerne visiblement 25 000 infirmières. C’est toujours bien si ça aide des collègues. Mais cela reste des mesures limitées dans le temps, ça ne sécurise pas notre exercice sur le long terme. Je dirai : bien mais peut mieux faire. »

    M.M.

    Jean Pugens, CGT retraité Bouches-du-Rhône, Roquevaire

    « Les mesures concernent les actifs, mais l’aide est loin de répondre à l’ensemble des travailleurs. Par ailleurs, les retraités aussi sont concernés par la flambée des prix : certains réduisent leur déplacement. Pour répondre au problème, nous revendiquons surtout le maintien de la gratuité des transports sur la Métropole. »

    M.M. et A.B.

    Philippe Antoine, Syndiqué CGT 04, Sisteron

    « On est loin du compte. Ça ne répond pas à ce que nous, en tant que syndicalistes, nous posons comme problème. Il faut repenser les choses, que l’ensemble des entreprises payent, qu’elles prennent désormais en compte le lieu de vie de leurs salariés. Les déplacements domicile-travail doivent être couverts par les employeurs. »

    M.M.

    Thierry Gozzerino, Agriculteur membre d’un réseau Amap, Salon-de-Provence

    « Ma comptable m’a déjà dit que j’avais dépassé mon barème en euros de gazole de l’an passé. Cette année entre camions et tracteurs, je vais faire pas loin de 10 000 euros. C’est monstrueux. 15 cts d’euros par litre ? C’est vraiment pas grand-chose. Je m’interroge sur mon orientation. »

    M.-L.T.

    RÉACTIONS

    Fabien Roussel, candidat à la présidentielle et secrétaire national du PCF

    « Le gouvernement n’entend pas la colère qui monte face à la hausse des prix du carburant. Il choisit les petits chèques très ciblés. Alors que les gros profits de Total vont eux exploser. Nous continuerons de nous battre pour la baisse des taxes et la nationalisation de Total. (…) C’est une trahison que d’avoir de telles marges et de faire de l’argent sur le dos de nos compatriotes. »

    Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique et candidat à la primaire sociale-démocrate

    « Si on n’a pas une réaction à la hauteur de l’État, on aura une implosion sociale. À chaque fois qu’il y a une guerre qui déclenche une hausse des prix, les multinationales du pétrole et du gaz font des bénéfices records. »

    Ian Brossat, sénateur et porte-parole du PCF

    « Depuis 10 ans, Macron a condamné les travailleurs à devenir mendiants, à quémander chèques énergie, chèques carburants, prime d’activité. Stop ! La solution : baisse des taxes injustes sur les carburants, augmentation des salaires. »

    Jérôme Guedj, député PS et candidat à la primaire sociale-démocrate

    « La crise des carburants n’est peut-être pas la faute directe de notre gouvernement, l’endiguer, si. Quand la guerre du Golfe éclatait, les socialistes protégeaient les Français en fixant les marges. Aujourd’hui, on surtaxe ceux qui sont les plus vulnérables sans faire contribuer les plus aisés. »

    Mathilde Panot, députée et présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale

    « Il est urgent de décréter l’état d’urgence sociale. Les marges des raffineurs ont été multipliées par 7,5. Total se gave : 11,2 milliards de bénéfices en six mois sur le dos du peuple de France. Il faut bloquer les prix et les marges. »

    David Amiel, ministre des Comptes publics

    « Il n’y a pas eu, il n’y a pas et il n’y aura pas de cagnotte. Ceux qui aujourd’hui viennent annoncer des baisses d’impôt générales annonceront demain des hausses de taxes générales pour pouvoir les compenser. »

    Roland Lescure, ministre de l’Économie et des finances

    « C’est une situation qu’on n’a pas choisie. Il y aura très vraisemblablement des aides supplémentaires à partir du 1er octobre, mais ce qu’il n’y aura pas, c’est une baisse de taxe généralisée. »

    Éric Ciotti, maire (UDR) de Nice

    « Face à l’explosion du prix des carburants, le gouvernement fait le choix de l’usine à gaz et des chèques bureaucratiques au lieu d’avoir le courage de la clarté en baissant la TVA ! Bureaucratie et suradministration ne régleront rien pour le pouvoir d’achat, mais augmenteront la dépense publique ! »

    David Lisnard, maire (NE) de Cannes et président de l’Association des maires de France

    « Multiplier des chèques ciblés à 450 millions d’euros finance la dette par la dette. La seule mesure de bon sens immédiate est la suppression pure et simple des verrous réglementaires comme les certificats d’économie d’énergie. »

  • [Prix des carburants] « Se déplacer est un droit essentiel », selon les syndicats

    [Prix des carburants] « Se déplacer est un droit essentiel », selon les syndicats

    « Il faut bloquer les prix des carburants tout de suite, mais aussi créer les conditions pour que ces guerres s’arrêtent, sans quoi ce sera sans fin », prévient Richard Roméo-Giberti, le secrétaire général de l’Union départementale CGT. « Augmenter les salaires n’est plus non plus une option », insiste-t-il. Et de poursuivre : « On ne peut pas continuer. Les gens n’arrivent plus à se loger, à se nourrir, à se vêtir. Et maintenant, avec le prix de l’essence, ils doivent payer pour aller travailler. »

    Même son de cloche pour Alain Tournay (FSU) qui souligne que la hausse du prix des carburants vient se lier au gel du point d’indice. « Pendant que les agents des services publics s’appauvrissent, les prix continuent de monter », dénonce-t-il, en constatant que « tout augmente, sauf nos salaires ». Et de préciser : « Nous sommes bien évidemment pour le blocage des prix des carburants, et taxer les super profits, pour pouvoir récupérer l’argent là où il est. » Mais aussi, tout aussi clairement, pour l’augmentation des salaires.

    Le responsable syndical rappelant que 860 000 agents de la fonction publique aujourd’hui sont sous le seuil de pauvreté. La communauté éducative n’étant pas épargnée par l’hécatombe, en particulier, insiste-t-il, « les AESH qui démarre à 900 euros et qui terminent, au bout de 30 ans de carrière, à 1 100 euros ». Des personnels amenés à accompagner des élèves dans plusieurs établissements étant plus que concernées par l’explosion des prix. « Se déplacer est un besoin essentiel, comme se nourrir et se loger », conclut-il.

    Blocage des prix

    « Ce que l’on demande, renchérit Zoé Desmoulins (Solidaires), c’est une augmentation des salaires avec une indexation de ces salaires sur l’inflation, et un blocage des prix du carburant. » La militante insistant sur l’urgence qu’il y a à sortir les prix de l’énergie du marché spéculatif.

    Sur les moyens dont dispose le gouvernement, la syndicaliste rappelle entre autres que Total, sur le premier trimestre 2026 a réalisé 5 milliards de bénéfices. Pas question donc de laisser les actionnaires s’enrichir sur le dos de la population.

    « Depuis 25 ans, les fonctionnaires ont perdu 30% de pouvoir d’achat », insiste Marc Dalmasso, le secrétaire départemental de la CFDT. « Donc, au-delà des conditions de travail, du sous-effectif chronique, et des politiques publiques hostiles aux fonctions publiques qui les stigmatisent, on a un véritable problème de pouvoir d’achat », tempête-t-il.

    Pas question pour autant de nier les contraintes budgétaires, assure le syndicaliste. Et d’ajouter : « On ne peut pas se satisfaire d’une dette publique à 120% du PIB, qui va monter à 122% en 2027. Par contre, de l’argent, il y en a, alors il faut arrêter de taper toujours sur les mêmes. »

    L’occasion aussi de mettre en avant l’obligation parfois pour se loger décemment, pénurie oblige, de s’éloigner de 20, 30, voire 50 km de son lieu de travail. Une double peine depuis l’explosion des prix à la pompe.

    « Les fonctionnaires ne doivent pas travailler pour survivre. Ils doivent travailler pour vivre », dénonce Sophie Dégeilh, secrétaire générale adjointe de l’UD FO du Var. « À présent ça suffit de taper toujours sur les fonctionnaires, sur les salariés, les retraités, les jeunes et les chômeurs », conclut-elle en appelant à une mobilisation massive le 29 septembre.

    Un refus qui va s’exprimer mardi prochain dans l’unité.

  • Promesses au rabais face aux prix records des carburants

    Promesses au rabais face aux prix records des carburants

    De nouveau, les prix des carburants battent des records en France. Moins d’une semaine après l’essence, c’est le gazole qui a atteint un niveau historique ce dimanche, avec 2,41 euros par litre à la pompe. De quoi battre le pic atteint au mois d’avril, deux mois après le déclenchement de la guerre par Israël et les États-Unis contre l’Iran.

    Face à cette situation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué deux réunions ce lundi à Matignon, avec les directions des administrations centrales en matinée, puis dans l’après-midi avec le gouvernement, pour se pencher sur « l’accompagnement à court et moyen termes » des Français. Mais à l’issue des échanges, les annonces ont été encore repoussées, avec un rendez-vous donné ce mardi à 17h pour présenter de « nouveaux dispositifs d’aide et de soutien ». Emmanuel Macron de son côté s’exprimera à son tour jeudi à 20h, sur TF1 et France 2.

    Des tentatives de reprendre politiquement la main, au moment où la crise géopolitique percute de plein fouet la crise sociale. Face aux spéculations boursières qui nourrissent la flambée, les pénuries se sont en effet répandues dans les stations-service, principalement celles du groupe Total. Ce lundi matin, plus d’une station sur sept était en pénurie en France hexagonale selon les données de Bercy, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur faisant à peine mieux que la moyenne. « Pour les deux mois qui viennent, on n’a pas d’inquiétude », rassurait cependant le ministre de l’Économie Roland Lescure ce lundi matin, indiquant que les stocks stratégiques étaient pleins.

    « Cadre budgétaire »

    Comme lui, les membres du gouvernement se sont multipliés en matinée sur les chaînes de radio et télévision pour jouer les pompiers. « On voit bien qu’il faut réfléchir à une aide supplémentaire pour accompagner les gros rouleurs et les salariés modestes », assurait le ministre du Travail. Qui faute de mieux pour l’instant « encourage l’usage du télétravail » pour faire des économies. « Toutes les pistes sont sur la table, à condition que ça reste des aides ciblées et que ce soit respectueux du cadre budgétaire », indiquait de son côté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Car quoi qu’il en soit, Bercy avait déjà indiqué refuser toute mesure structurelle, qu’il s’agisse d’une baisse des taxes ou un plafonnement des prix. « Ça coûte énormément d’argent », justifiait la porte-parole du gouvernement. Et d’assurer, très sérieusement, qu’elle préfère « viser les plus précaires ». Reste à savoir si les annonces de ce mardi sauront davantage viser la colère sociale, au moment où les mouvements, sans être pour l’instant massifs, commencent à se multiplier.

  • Petits chèques et gros profits

    Petits chèques et gros profits

    Les prix du carburant montent, la colère aussi dans le monde du travail.

    Le gouvernement qui a longtemps fait la sourde oreille ne peut plus l’ignorer tant le problème a pris des proportions intolérables pour les Français qui ne demandent qu’à vivre de leur travail.

    La ministre de la Mer a été dépêchée à Sète et au Grau-du-Roi pour tenter de calmer la révolte des pêcheurs quand le ministre du Travail a proposé de… recourir au télétravail.

    Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, promet quant à lui des annonces pour aujourd’hui. Empêtré dans le casse-tête du projet de budget et prisonnier des dogmes libéraux, il s’apprête à relancer la politique des petits chèques.

    Une approche à la fois inefficace et injuste parce qu’elle ne suffit pas à redonner significativement du pouvoir d’achat aux Français et qu’elle consiste à verser de l’argent public directement dans les caisses des compagnies pétrolières dont les profits explosent.

    30 à 45 centimes de moins par litre en Espagne

    Pourtant, il est possible de mener une autre politique. Le gouvernement de gauche en Espagne montre la voie en agissant sur le levier des taxes. Résultat : de l’autre côté des Pyrénées, le sans-plomb est à 30 centimes de moins par litre et le gazole à 45 centimes par litre en dessous des prix pratiqués en France.

    Face à l’importance stratégique du prix des carburants pour le fonctionnement de notre économie et le niveau de vie de nos concitoyens, des propositions supplémentaires sont sur la table : blocage des prix, taxe sur les superprofiteurs de crise, nationalisation…

    Le Premier ministre ne pourra pas rester longtemps sur la réserve.

  • Une dizaine de gilets jaunes rassemblés à l’Estaque

    Une dizaine de gilets jaunes rassemblés à l’Estaque

    Doit-on s’attendre à un retour des gilets jaunes ? Les journalistes étaient nombreux, mercredi matin, à s’être déplacés sur le rond-point de l’Estaque (16e) pour tenter de répondre à la question. La Marseillaise, La Provence, M6, TF1, BFM Marseille, Ici Provence, France 3… Les rédactions étaient presque plus nombreuses que les manifestants réunis, à peine une dizaine pour dénoncer la baisse du pouvoir d’achat.

    Franck, déjà engagé en 2018 lors de la naissance du mouvement et à l’initiative du rassemblement, explique poursuivre plusieurs objectifs : raviver « les souvenirs de 2018 », proposer un « avant-goût de ce qu’il va se passer par la suite », mais aussi « mettre en avant les commerçants, faire en sorte qu’ils puissent se faire entendre par la presse à l’aide de quelques gilets jaunes ». Mais ce mercredi, seuls quelques-uns avaient fait le déplacement. Parmi eux : Frédéric, qui tient une boutique de minéraux sur l’Estaque Plage. « C’est bien beau de râler, mais si personne ne bouge, il ne se passera rien. (…) Depuis quelques années, on a tout perdu, s’alarme-t-il. Le prix de l’essence nous impacte beaucoup, les gens n’ont plus de pouvoir d’achat. (…) Je suis déçu qu’il n’y ait pas plus de monde aujourd’hui… »

    « C’est pire qu’avant »

    Si le rassemblement était censé mettre en lumière la situation des commerçants, les gilets jaunes ont également porté un message plus général. « Plus rien à foutre », lisait-on sur certains gilets. « C’est pire qu’avant, le peuple tombe en lambeaux, personne n’arrive à la fin du mois, liste l’un d’entre eux. Il faut que le peuple se réveille. Nous sommes les braises, il nous faut des bûches ». La prochaine manifestation est prévue ce samedi à Marseille au départ du Vieux-Port (2e), avant la mobilisation nationale attendue le 17 octobre.

  • Le prix à la pompe carburant du débat public

    Le prix à la pompe carburant du débat public

    Loin de la « totale mobilisation » promise par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, ce mercredi, face à la flambée du prix des carburants, le ministère de l’économie annonçait aux distributeurs, vendredi dernier, son opposition à toute mesure générale, du plafonnement des prix à la baisse des taxes en passant par un élargissement des aides. « La situation des finances publiques ne nous semble pas permettre ce type de mesures », justifiait Bercy, se limitant à son enveloppe de 1,4 milliard d’euros.

    Ces mesures ont pourtant été prises dans d’autres pays européens. Ainsi, au mois de mars dernier, la Croatie et la Hongrie avaient mis en place un plafonnement des prix, à 1,50 euro le litre d’essence, avec un ajustement tous les sept jours pour la première, tandis que la seconde a levé la mesure au mois de juin. L’Espagne, de son côté, avait activé au même moment un plan d’aide de 5 milliards d’euros, avec une baisse de 30 centimes des taxes sur les carburants, remplacé depuis le mois de juillet par un dispositif d’aides. La Grèce, quant à elle, avait mis en place un plafond sur les marges bénéficiaires et des aides pour 3 millions de ménages.

    « État d’urgence »

    « J’appelle à l’état d’urgence énergétique », lançait le candidat du PCF, Fabien Roussel, ce mercredi matin sur les ondes de BFM. Il propose ainsi une baisse immédiate de plus de 40 centimes du prix à la pompe, en supprimant les certificats d’économie d’énergie et en abaissant la TVA. Surtout, à l’occasion de la Fête de l’Humanité, Fabien Roussel a mis sur la table une « nationalisation-sanction » de Total, qui « font leurs profits sur la guerre » et appelait à la mobilisation, à l’occupation des ronds-points. Rappelant que dans les Outremers, c’est l’état qui fixe les prix. À gauche, les insoumis défendent un blocage immédiat des prix et des marges des raffineurs, avec une durée de trois mois proposée à travers une proposition de loi au mois de mars. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, se tournait quant à lui vers des aides ciblées élargies et l’utilisation des réserves stratégiques. À droite, Gabriel Attal (Renaissance) en reste aux dispositifs ciblés, refusant toute baisse des taxes. Bruno Retailleau (LR) se limite à la suppression des certificats d’énergie pour diminuer le prix au litre « de 15 à 17 centimes ».