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  • [Entretien] Claude Rémy : « Au Bois Noir, il ne faut pas replanter n’importe quoi »

    [Entretien] Claude Rémy : « Au Bois Noir, il ne faut pas replanter n’importe quoi »

    La Marseillaise : En quoi l’incendie du Bois de France de 2003 et l’incendie du Bois Noir de cet été sont comparables ?

    Claude Rémy : Dans les deux cas, il s’agit bien sûr d’incendies de montagne. Avec une végétation globale au niveau de la forêt : on a dans les deux cas beaucoup de résineux avec du pin sylvestre. Les altitudes sont semblables, mais l’orientation est un peu différente. Au niveau du Bois Noir, on a des terrains plus escarpés, donc avec plus de risques de chute de blocs et d’érosion. C’est peut-être ce qui peut limiter un peu la régénération, si on a des très fortes pluies qui peuvent raviner le sol.

    Quelques semaines après l’incendie, la végétation a-t-elle déjà commencé à revenir au Bois Noir ?

    C.R. : Pas énormément, mais il y a quelques plantes qui commencent à repousser. Et ça correspond à ce qu’on avait vu au Bois de France : des plantes bisannuelles, c’est-à-dire qui mettent deux ans pour fleurir ont démarré à pousser à l’automne. Il y a quelques lézards qui reviennent également… Mais tout va dépendre de l’impact de l’incendie au sol. Vous avez des zones qui sont où le sol est davantage brûlé. Là, ça aura plus de mal à partir.

    Combien de temps cela va-t-il prendre ?

    C.R. : Longtemps ! Au Bois de France, la biodiversité est revenue progressivement, très lentement, avec d’abord les plantes, qui ont attiré les insectes, qui à leur tour ont favorisé la pollinisation.

    Faut-il laisser la forêt se régénérer naturellement ou faut-il replanter ?

    C.R. : Certains îlots n’ont pas brûlé, et ils vont jouer un rôle important dans la régénération de la forêt. Il faut les préserver. De même pour les arbres complètement calcinés : ils peuvent servir de perchoir pour des oiseaux, qui eux transportent les graines. Mais la question fait débat. Le mieux serait une régénération naturelle, car on a déjà les espèces adaptées au climat et au sol, ce qui permet d’avoir des arbres plus résistants et ensuite un retour d’une forêt en bon équilibre avec le milieu. Mais l’inconvénient, c’est que cela prend beaucoup de temps, des dizaines d’années. Et dans le cas du Bois Noir, où il y a des risques naturels importants de chutes de blocs et glissements de terrain, il vaut peut-être mieux replanter pour aller plus vite. Mais il ne faut pas faire n’importe quoi. Il faut des essences adaptées au sol et au climat, et ne pas faire des reboisements monospécifiques. Car dans la forêt, on parle souvent de l’arbre, mais c’est en réalité un espace complexe où les êtres vivants dépendent les uns des autres. L’idéal, ce serait que différentes instances aux spécialités diverses discutent ensemble pour établir la meilleure stratégie.

    Entretien réalisé par Agathe Di Lenardo

  • À Aubagne, la détention provisoire requise contre le collégien

    À Aubagne, la détention provisoire requise contre le collégien

    La garde à vue du mineur a pris fin mercredi, en milieu de matinée. Ce dossier est supervisé par le Parquet national antiterroriste (Pnat). Celui-ci a ouvert, mercredi, une information judiciaire pour les chefs suivants : tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, en l’espèce ayant visé des enseignants ou des membres des personnels de collège ; association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes contre les personnes ; port et transport sans motif légitime d’armes, munitions ou de leurs éléments de catégorie C et D.

    Le placement en détention provisoire du mineur a été requis. Les investigations vont se poursuivre « sous la direction de trois juges d’instruction antiterroristes du tribunal judiciaire de Paris co-saisis ».

    Préméditation

    Dans un communiqué, le Pnat éclaire le parcours du collégien au sein de l’établissement, ainsi que l’arme qu’il a utilisée, « un fusil de chasse à canons superposés de marque Integra, modèle Slug, calibre 12 » avec « 14 munitions dont quatre percutées et un couteau pliable ».

    D’après le parquet, le jeune a pénétré lundi dans son collège, vers 9h20, « intégralement vêtu de noir et ganté ». Il a blessé par balles le proviseur et une enseignante. Puis, à l’étage, il a tiré au sol « devant une enseignante ». Dans une autre classe, il tirait « au-dessus » d’une professeure, « sans la blesser ». L’attaque a pris fin grâce à l’intervention du conseiller principal d’éducation.

    L’adolescent « reconnaît la matérialité des faits » et admet « avoir mûri son projet depuis plusieurs mois ». Il conteste « avoir voulu tuer des personnes ciblées ». Il explique que son acte aurait été motivé par « une volonté de vengeance en raison d’un harcèlement par ses professeurs et ses camarades », version qui « n’apparaît pas corroborée » à ce stade de l’enquête, selon le Pnat.

    Sur le profil, le jeune n’avait aucun antécédent judiciaire. L’examen psychologique réalisé « ne concluait pas à l’existence d’une pathologie psychique ». Il reconnaît avoir été « influencé » par la mouvance numérique True Crime Community, réseau virtuel dont les membres sont fascinés par les tueries de masse et leurs auteurs. Mais il conteste « avoir inscrit son action au nom de la True Crime Community ».

    Le parquet a donné des nouvelles des blessés. Le proviseur, lourdement touché, est toujours hospitalisé. Son ITT est fixée à 45 jours. La professeure est sortie de l’hôpital avec un ITT de 10 jours. L’établissement n’a toujours pas rouvert pour les élèves. Leur retour se fera progressivement à partir de jeudi, pour des temps d’échanges et d’écoute. Les cours reprendront après les vacances de la Toussaint.

    Le CPE distingué ?

    Alors que l’assaillant poursuivait son périple après avoir tiré plusieurs balles dans l’enceinte de l’établissement, c’est le CPE qui a réussi à désarmer et immobiliser l’élève de 14 ans, pendant qu’il descendait les escaliers. « Un acte héroïque », sans lequel « il aurait pu avoir beaucoup plus de victimes », d’après des élèves du collège. « Il y a une médaille de la ville qui est décernée, à qui le mérite. Je pense qu’il a de bonnes chances de l’avoir », confiait mardi le maire. Jean-Pierre Squillari (DVG), qui précise malgré tout que le CPE « n’aimerait pas qu’on le considère comme un héros ». S.V.

  • Des kilos de plastique aux abords du lac de Serre-Ponçon

    Des kilos de plastique aux abords du lac de Serre-Ponçon

    « Avant, je ne me préoccupais pas du plastique que je voyais en me baladant », se souvient Jean-Paul Coulomb, bénévole à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Écrins-Embrunais. Mais il y a dix ans, alors qu’il venait observer les oiseaux dans la zone humide du Liou, lieu riche en biodiversité le long du lac de Serre-Ponçon, il trouve « un champ de déchets » et décide de les enlever. Depuis, le retraité organise régulièrement des ramassages, mobilisant parfois des dizaines de personnes. Avec à leur actif plus de 110 000 litres de déchets plastiques extraits du lac, depuis janvier 2017 : « De quoi ériger une colonne de 1 mètre carré de base et 110 mètres de haut, soit deux fois la hauteur de la cathédrale de Notre Dame de la Garde à Marseille, statue de la Bonne Mère comprise ! ».

    Depuis la zone du Liou, lieu de passage pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, « on se prend le vent plein pot », explique le retraité. Le lac ramène donc régulièrement des déchets plastiques, accrochés sur les centaines de bouts de bois portés par le courant. « Les vents et les courants les concentrent pour l’essentiel en amont du pont de Savines-le-Lac mais aussi, plus loin en aval en rive droite, jusqu’à l’anse du Riou Bourdou, sans oublier l’arrivée de l’Ubaye », explique la LPO. Il suffit de marcher quelques mètres à peine sur la berge et de fouiller le sol du bout de la chaussure pour observer des dizaines de morceaux de plastique en tout genre. « La plupart ne proviennent pas d’incivilités », note le bénévole. Pour comprendre la provenance de ces déchets, il faut plutôt se tourner vers d’anciennes décharges communales, implantées à proximité immédiate des cours d’eau dans les vallées. Quand des orages violents éclatent, les torrents emportent ces déchets, dont certains ont plusieurs décennies. « Une fois, j’ai trouvé une bouteille de lait dont l’année de péremption était 1978 », lance Jean-Paul Coulomb. Avec les années, il a l’œil : un instant lui suffit pour reconnaître l’origine d’un bout de plastique. Ici, un briquet, là une capsule de bouteille de gaz. Plus curieux, des dizaines de petits cylindres transparents sont visibles. « Il s’agit de biomédias, utilisés pour ceux-là par la station d’épuration d’Abriès, à plusieurs kilomètres d’ici, qui a fuité en avril 2025 ».

    Macro et microplastiques

    Au-delà de la pollution visuelle, c’est surtout les risques pour la santé humaine qui inquiètent les bénévoles de la LPO. « Les impacts sur le paysage et le tourisme, on s’en fiche presque. Ces macroplastiques se dégradent en microplastiques, explique Jean-Paul Coulomb. On en retrouve partout dans l’organisme humain. » Face à cette « bombe à retardement », les bénévoles regrettent que la puissance publique ne s’implique pas d’avantage.

    Agathe Di Lenardo

  • En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En Occitanie, plus de 230 organisations privées à but non lucratif travaillent sur le handicap, l’exclusion, le grand âge ou l’enfance. Elles s’estiment aujourd’hui à bout de souffle. Faute de moyens, ces associations, mutuelles ou fondations ont de moins en moins la capacité de répondre aux besoins croissants de leurs bénéficiaires.

    L’organisation qui les représente, l’Uniopss*, et son antenne régionale, l’Uriopss Occitanie, ont préparé une grande campagne de sensibilisation intitulée « Et si nous arrêtions vraiment ? ». L’objectif est de faire réagir l’opinion sur les conséquences qu’occasionnerait la disparition de ces structures. Du 12 au 17 octobre, elles sont appelées à ouvrir leurs portes au grand public, à s’exprimer sur les réseaux sociaux et à s’adresser aux décideurs politiques.

    L’Uriopss Occitanie compte sur cette mobilisation pour interpeller les parlementaires de la région, qui débattent actuellement du budget. L’organisation professionnelle demande une hausse des crédits publics afin d’accompagner l’évolution démographique et notamment le vieillissement de la population. « Le minimum serait que les moyens suivent le niveau de l’inflation », avance son directeur Guillaume Fritschy. Au niveau national, le président de l’Uniopss, Daniel Goldberg, espère provoquer un sursaut chez les candidats à la présidentielle. « Nous voulons poser une question très simple à toute la société : et si nous arrêtions vraiment, que deviendrait notre cohésion sociale ? Qui ferait ce que nous faisons aujourd’hui ? », questionne-t-il dans un communiqué.

    Le scénario d’une disparition relève de moins en moins de la science-fiction. Le secteur associatif est confronté à un effet de ciseau. Les crédits publics, dont il dépend largement, connaissent une érosion. En 2025, la moitié des associations ont fait état d’une perte de financements publics, selon l’Uriopss. En face, les dépenses s’accroissent. À la faveur de l’ancienneté, une partie des salaires augmentent. Les employeurs de l’économie sociale et solidaire doivent également assumer la fin de l’exonération de la taxe d’apprentissage. L’inflation aggrave le tout.

    Contre-attaque

    Les associations sont d’autant plus fragilisées qu’elles sont mises en concurrence avec des opérateurs à but lucratif, par exemple dans le cas des crèches. Leur modèle économique n’est pas adapté aux lois du marché. Car, comme le rappelle le directeur de l’Uriopss Occitanie, elles ne peuvent pas jouer sur les prix. Pire, leur vocation d’intérêt général est invisibilisée. « Les pouvoirs publics vont considérer les associations par leurs prestations et beaucoup moins pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des espaces de construction citoyenne », pointe Guillaume Fritschy.

    L’Uriopss Occitanie entend aussi riposter à la suite de la parution, le 20 septembre, de la Une du Journal du dimanche titrée « 60 milliards engloutis par les associations ». L’organisation professionnelle estime que le secteur a été injustement mis en cause par l’hebdomadaire, propriété du milliardaire Vincent Bolloré. « Les associations n’engloutissent rien », clarifie Guillaume Fritschy. « Leurs financements sont réinjectés dans le service rendu aux personnes les plus vulnérables. »

    *Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux

  • À La Seyne, les Amis du Laborieux sont prêts à reprendre les rênes

    À La Seyne, les Amis du Laborieux sont prêts à reprendre les rênes

    C’est un article paru récemment chez notre confrère Var Matin qui a mis le feu aux poudres. Le président de l’association Les Amis du Laborieux laissant entendre une probable dissolution de la structure. Remontés, les adhérents ont donc à leur tour pris la plume pour affirmer leur volonté à poursuivre l’activité de sauvegarde d’un des vestiges qui témoigne de la grandeur industrielle passée de l’ex-Cité des Chantiers : la restauration de ce remorqueur labellisé « Bateau d’intérêt patrimonial » (BIP).

    Construit entre 1946 et 1947 par les apprentis des Forges et Chantiers de la Méditerranée, ce « pousseur » a acheminé des tonnes de pièces et transporté les ouvriers dans la rade jusqu’à la fermeture des chantiers navals, en 1989.

    Laissé à l’abandon pendant 32 ans près du fort Balaguier, le bateau avait déjà subi les ravages de la rouille avant la création des Amis du Laborieux, en 2021. Depuis, des milliers d’heures de travail ont été consacrées à sa réhabilitation par les bénévoles, parmi lesquels d’anciens salariés des Chantiers, avec l’aide d’élèves du lycée Langevin (classe de ferronnerie et de menuiserie) et du CFA.

    C’est pourquoi les propos de Marc Lefèbvre, président-fondateur de l’association, créent tant de remous.

    En s’adressant directement à lui, les adhérents lui renouvellent leur estime et lui reconnaissent le droit de vouloir s’arrêter. Mais tiennent aussitôt à préciser : « Nous sommes nombreux à vouloir continuer et sommes prêts à assumer les responsabilités qui en découlent. »

    Ils lui demandent donc de convoquer le plus rapidement possible une assemblée générale, pour accepter officiellement sa démission et élire un nouveau conseil d’administration. Sans quoi, préviennent-ils, ils prendront eux-mêmes l’initiative.

  • Le village des sciences attend le public durant tout le week-end

    Le village des sciences attend le public durant tout le week-end

    On a tous le même squelette que l’on soit noir ou blanc, homme ou femme » explique une animatrice de l’Unité mixte de recherche (UMR) anthropologie bioculturelle, droit, éthique et santé devant des enfants du CE2 de l’école Louis-Botinelly (4e) massés en cercle autour du dessin d’un squelette grandeur nature. Questions et réponses fusent dans une joyeuse ambiance vendredi, jour dédié aux scolaires dans le village de la science installé sur l’esplanade Bargemon.

    Vient le discours d’ouverture du directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation Jean-Luc Parrain. Il souligne « les valeurs de partage, de savoir et d’ouverture qui caractérise cette grande fête. On doit toujours lutter contre les stéréotypes. L’égalité est fondamentale au cœur de la famille mais ensuite à l’école. » Samedi et dimanche, 8 000 personnes sont attendues sur le village ouvert à tous gratuitement, avec un nombre toujours croissant d’interactivité. « Cette 35e édition propose 55 stands et 65 structures participantes », rappelle Solène Merer directrice en région des Petits débrouillards, association organisatrice du village à Marseille.

    à l’extérieur, des tentes blanches sont disposées les unes à côté des autres. Les enfants s’engouffrent très curieux de savoir ce qu’ils vont y découvrir. à l’intérieur, planètes et système solaire attendent leur public, et les expériences de physique ravissent les scolaires qui découvrent que la magie a parfois une explication rationnelle. Sur le stand de l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO), Guillaume Marchessaux, chercheur et spécialiste des espèces invasives sensibilise au crabe bleu. Ambassadeur pour la région Paca, il animera deux conférences intitulées : « Et si on mangeait du crabe bleu pour le réguler ? » ce week-end.

    Samedi et dimanche. 10h-18h.

  • David Gehant élu président de l’association des maires

    David Gehant élu président de l’association des maires

    David Gehant a pris jeudi la suite de Daniel Spagnou, maire de Sisteron pendant 43 ans décédé le 31 août, à la tête de l’association des maires des Alpes-de-Haute-Provence. Aucun candidat ne s’était présenté face à lui.

    Avec ce nouveau mandat, le maire de Forcalquier espère faire peser le département rural. « La ruralité n’est pas une variable d’ajustement. Nos communes ne peuvent pas être sollicitées pour tout, puis oubliées lorsqu’il faut décider ou financer. Nous voulons une association qui pèse, qui porte nos exigences et qui obtient des réponses », a-t-il lancé au moment de son élection.

    « Peser davantage »

    Également vice-président de la Région, il veut « unir les élus pour peser davantage, défendre la liberté d’action des maires et faire entendre les Alpes-de-Haute-Provence dans les décisions qui concernent leur avenir ».

    Le nouveau président de l’association des maires a choisi comme premier vice-président Camille Galtier, maire DVD de Manosque. Le maire de Digne, Julien Di Benedetto, qui se revendique sans étiquette, sera lui quatrième vice-président. Jean-Pierre Templier, maire (DVD) de Sisteron depuis le départ de Daniel Spagnou, a été choisi comme sixième vice-président.

    « Ce ne sera pas une présidence de salon. Ce sera une présidence de terrain, qui agit, qui dérange s’il le faut et qui défend chaque commune sans baisser la voix », a promis David Gehant.

    Des rencontres thématiques seront organisées dans les territoires pour « définir les priorités, partager les solutions et accompagner les élus ».

  • Un projet inédit pour soutenir les femmes victimes de violences

    Un projet inédit pour soutenir les femmes victimes de violences

    Face aux hébergements d’urgence saturés, quelle solution durable proposer pour accueillir et accompagner les femmes victimes de violences et leurs enfants ? « Les Maisonelles », répondent collectivement la CEPAC et l’association de lutte contre les violences Solidarité Femmes 13, qui portent aujourd’hui ce projet inédit en France.

    « Ce dispositif couple la situation d’urgence et le besoin d’une solution d’hébergement pérenne », introduit Christine Fabresse, présidente du directoire de la CEPAC, en présence de divers acteurs, dont des élus et un représentant de l’état.

    Un parcours court et fluide

    Alors qu’en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon ou de son ex-compagnon, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, la présidente veut « réunir puissance publique, privée, associative et médiatique pour répondre à ce drame sociétal ».

    L’association Solidarité Femmes 13, qui fête ses 50 ans cette année, épaule le projet. L’organisme accompagne psychologiquement et administrativement les victimes de violences conjugales ou sexuelles, et propose formations et solutions d’hébergement. « Sortir des violences, c’est tout un parcours », observe sa directrice Sophie Pioro, qui déplore « l’incapacité à répondre à chaque sollicitation, malgré les dispositifs d’aides existants ».

    Sophie Pioro appelle à coordonner les réponses pour permettre un accompagnement intégral similaire à celui que l’association propose, amplifié par le soutien financier de la Cepac et sa connaissance en qualité de bailleur social. « Il faut que le parcours de ces femmes soit le plus rapide et le plus fluide possible », soutient-elle. Quatre futures Maisonelles, à mi-chemin entre logements individuels et espaces collectifs, devraient voir le jour dans la région, entre 2028 et 2030, pour accueillir 211 femmes et enfants.

    Soutien des élus

    Deux Maisonelles s’implanteront à Marseille, une à Aix-en-Provence et une dernière à Digne-les-Bains. Une variété de territoire répondant à la diversité des profils des victimes, avec l’approbation des élus des villes concernées. « Je suis très heureuse d’aider la cause », se félicite la maire (UDI) d’Aix, Sophie Joissains. L’édile marseillais (DVG) Benoît Payan, évoque « la difficulté à parler du sujet en tant qu’homme ». « Je suis très inquiet que le privé doive s’emparer de la cause, c’est que quelque part, il y a un vide » a regretté l’élu phocéen. Le maire (SE) de Digne-les-Bains, Julien Di Benedetto, a appelé à « rendre leur dignité aux victimes » avec « ce projet porteur d’espoir ».

  • Le conseil municipal d’Oraison interrompu par des militants écologistes

    Le conseil municipal d’Oraison interrompu par des militants écologistes

    Les chants revendicatifs, casseroles et slogans des militants contre les centrales photovoltaïques se sont à nouveau fait entendre depuis le conseil municipal d’Oraison, jeudi. Mais cette fois-ci, le maire, Benoît Gauvan (Ren.), avait prévu le coup en appelant trois policiers municipaux, qui ont expulsé manu militari plusieurs militants assis dans le public qui avaient interrompu le conseil en prenant la parole pendant la délibération permettant une modification du PLU pour installer une centrale solaire sur la commune, adoptée pour la deuxième fois après que le maire ait oublié de faire voter le huis clos.

    « C’est surtout de ma faute », a-t-il à nouveau reconnu jeudi. L’édile a donc « préféré présenter de nouveau toutes les délibérations » au vu du « vice de procédure ».

    « Vous n’avez pas parlé du CO2, ni de l’extractivisme qui est requis ! », ont notamment invectivé les militants pendant le conseil. Après avoir été sortis, ils ont continué à perturber la séance en faisant entendre leurs hurlements, leurs chants et en tapant aux fenêtres de la salle. « Nous reviendrons », criaient-ils notamment. « La démocratie a bon dos quand on ne la respecte pas », a réagi l’édile.

    Le conseil a été suspendu pendant plusieurs minutes « le temps que cela se calme ». « C’est le premier acte d’une lutte », a promis Marie Veroda, coprésidente du groupe national de surveillance des arbres. « La biodiversité n’est pas à vendre. »

    Un nouvel amendement

    La conseillère d’opposition Isabel Gamba (DVC), opposée au projet, a présenté jeudi un nouvel amendement proposant de « reporter l’examen de la délibération afin que le conseil puisse disposer d’éléments complémentaires avant de se prononcer sur l’intérêt général du projet », absent lors du premier conseil municipal irrégulier, ce que lui a reproché le maire. « Je vous fais part de ma surprise au moment de l’arrivée de cet amendement alors qu’aucun document » n’avait été présenté au précédent conseil. « Vous m’aviez avoué ne pas avoir eu le courage de vous plonger dans l’étude des documents », a-t-il accusé.

    « Nous reconnaissons les avantages avancés et les retombées économiques, mais ces avantages doivent être mis en balance avec l’ensemble des conséquences du projet », a avancé Isabel Gamba. « Les éléments ne permettent pas au conseil municipal d’apprécier de manière suffisamment claire l’intérêt général » de ce projet, a-t-elle défendu.

    Le maire a longuement défendu le projet et présenté ses arguments avec de nombreuses diapositives. Les incidents sur la faune sont « modérés à faibles », selon lui.

  • Aleida Guevara est venue semer les graines de la solidarité pour Cuba

    Aleida Guevara est venue semer les graines de la solidarité pour Cuba

    Almeida Guevara est dans la région depuis quelques jours dans le cadre du projet « Semblas de solidaridad », qui signifie en français « graines de solidarité », qu’elle vient justement semer au travers de ses interventions. Venue rappeler les difficultés cubaines face au blocus impérialiste américain, elle souligne la nécessité de donner une voix à la cause cubaine.

    Les militants de l’association France-Cuba dénoncent une guerre silencieuse, alors que l’étreinte économique, qui étouffe Cuba, s’est renforcée avec la réélection de Trump en 2024. « Le blocus sert à faire comprendre qu’une sanction éternelle s’abattra sur celui qui se dresse face à l’impérialisme américain », commente Aleida Guevara, au sujet du durcissement de l’embargo, qui constitue un danger fatal pour la santé des Cubains.

    Les nouvelles lois américaines sanctionnent toute importation de médicaments vers Cuba si au moins 10% sont produits aux États-Unis, alors que près de 80% des brevets du secteur médical sont déposés par des entreprises américaines. Cuba se retrouve donc privée d’un accès vital aux innovations médicales. « On passe par des intermédiaires pour obtenir des médicaments américains afin qu’ils ne sachent pas d’où vient la demande, mais la superposition de ces intermédiaires fait augmenter le tarif de manière conséquente. C’est comme ça dans tous les domaines de la vie quotidienne », se lamente Aleida Guevara.

    Les pénuries touchent aussi le secteur de l’énergie et pèsent lourd sur la situation sanitaire de l’île. Celle qui est elle-même médecin cubaine déplore « les longues coupures d’électricité, incompatibles avec le bon fonctionnement d’un hôpital et qui forcent les médecins à opérer à la lumière de leur portable ».

    Des ponts de solidarité

    Devant de nombreuses personnes venues l’écouter à La Marseillaise, Aleida Guevara appelle à la solidarité internationale : « Elle est importante pour celui qui la reçoit, mais aussi pour celui qui la pratique. Cela permet de grandir en tant qu’humain, c’est ce que je retiens de mon expérience en tant que médecin internationaliste. » Elle porte aussi un message d’espoir pour la population cubaine : « J’essaie de rendre par tous les moyens l’amour que j’ai reçu du peuple cubain. Nous endurons ce blocus depuis 65 ans, mais nous avons toujours su aller de l’avant. Le peuple cubain est toujours décidé à poursuivre dans la voie du socialisme. »

    Léo Purguette, président de notre journal, a salué sa venue en lançant : « Vive la Résistance ! Viva la Révolution »

    Ce vendredi, jour anniversaire de la mort de son père, Ernesto « Che » Guevara, sa fille rencontrera les organisations syndicalistes des Bouches-du-Rhône avant de tenir une nouvelle conférence (complète) aux rotatives de La Marseillaise.