Quatre ans de prison avec sursis, l’interdiction définitive de gérer ont été requis à l’encontre de George Dahan, 81 ans, décrit par la procureure Anne-Sophie Larrouy comme « le patriarche omnipotent, le roi du Marché du Soleil qui a maintenu un écosystème de contrefaçons dans ce vrai labyrinthe où toute place est bonne à prendre ». Mais c’est sans doute la confiscation des lots et parcelles formant ce marché, « instrument des infractions », et sa fermeture judiciaire définitive requise qui pourraient sceller une page de l’histoire des élites marchandes de la cité phocéenne. « Dès 2020, Georges Dahan n’a plus rien fait pour endiguer la contrefaçon car ce système ça l’arrange », tout comme « l’opacité de gestion locative qui permet l’exécution d’un plan de fraude avec des box où l’on s’y perd. Le blanchiment aggravé habituel va de pair dans un monstre lucratif qui s’agrandit au fil des années où tout le monde à son rôle et est arrosé ».
La gestionnaire et femme de confiance, Leila Hireche, se voit réclamer une peine de trois ans avec sursis et dix ans d’interdiction de gérer. De 18 mois à 30 mois avec sursis sont requis à l’encontre de ses « bras armés », les deux gardiens du temple Abdelmalek Saddouki et Abdelhamid Djermoune. « On leur reproche d’avoir simplement fait leur travail. On a des sur interprétations des écoutes téléphoniques », estime Me Thomas Hugues qui a plaidé la relaxe.
S’agissant des trois policiers municipaux Grégory P., Yanice E. et Ali T. et la fonctionnaire de préfecture Zoubida Kerbadou, accusé de s’être vautrés dans la corruption et le trafic d’influence, l’interdiction définitive d’exercer est réclamée avec des peines de 12 à 15 mois de prison avec sursis. Les Douanes ont réclamé 84,6 millions d’euros d’amende douanière. 28 marques se sont constituées parties civiles dont 12 marques du groupe LVMH (Dior, Kenzo, Fendi, Givenchi, etc.) venues déplorer une « atteinte irrémédiable » à leur image.
Agacé par ce défilé de mastodontes du luxe dont « le groupe LVMH et ses 80,8 milliards de chiffre d’affaires en 2025 qui vient déverser des larmes de crocodile », Me Stéphane Ceccaldi, avocat de George Dahan et de sa société, a aligné les punchlines. « Au regard des tarifs qu’il pratique, le malletier Vuitton n’a manqué aucune vente au Marché du Soleil ! », lance-t-il ou de Hermès dont « la marge habituelle est de 71% sur ses produits ». « Qu’est qui porte le plus atteinte à l’image d’une marque ? Georges Dahan avec sa kippa, ses béquilles et son Marché du Soleil ou bien Bernard Arnault qui veut être résident fiscal belge et Hélène Mercier-Arnault sa femme qui pense qu’être SDF c’est un choix de vie ? Tout cela relève de la tartuferie la plus complète comme dit Georges Clémenceau ! ». D’ajouter : « Le parquet et la préfète de police ont décidé de se faire le Marché du Soleil, de le fermer et de confisquer les murs pour quoi en faire… une opération de promotion immobilière ? » Dans ce « tour de passe-passe », le parquet n’a même pas poursuivi les commerçants contrefacteurs.
Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 7 septembre.

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