Tag: police municipale

  • À Aubagne, des policiers municipaux sereins

    À Aubagne, des policiers municipaux sereins

    De quoi clore les polémiques… Les conclusions de l’audit « Ressources humaines », réalisé par la Ville d’Aubagne au sein de sa police municipale, ont été rendues public, ce jeudi 29 octobre. Et elles sont positives, se félicite la Ville dans un communiqué. Cette démarche avait été entreprise par la majorité de Jean-Pierre Squillari (DVG) suite à un signalement pour harcèlement du Syndicat national de la sécurité publique (SNSP) lors de la deuxième mandature de Gérard Gazay (LR), en septembre 2025.

    Agir sur la base des faits

    « La municipalité a choisi d’écouter les agents, de regarder la réalité du service et d’agir sur la base des faits », justifie la Ville. Forte d’un taux de participation de 68 agents des pôles et unités de la direction concernée sur 98, soit 70%, elle estime que « la perception du fonctionnement de la police municipale [est] globalement positive », celle-ci étant « décrite comme structurée, organisée et cadrée ». Les agents apprécient le cycle de travail et le climat de « respect, considération et cohésion au sein des équipes ». Mieux, « aucune situation de harcèlement moral, de discrimination ou de management toxique, ni aucun comportement managérial constitutif de tels faits » n’a été « identifié ou signalé ».

    Le directeur de la police municipale, Vincent Gomez, est reconduit dans ses fonctions. Une « continuité », mais pas de « l’immobilisme », tempère la Ville, qui veut donner « une nouvelle impulsion aux actions de proximité et de prévention ». Avec six équipages de jour et deux de nuit, la police municipale assure actuellement la surveillance des écoles, la lutte contre les incivilités, le respect du stationnement, la sécurisation des commerces, la régulation de la circulation et des actions avec la police nationale et la SNCF.

  • Plus de bénéficiaires et une année de licence prise en charge : avec « Coup d’envoi », le RC Toulon va plus loin pour les jeunes des quartiers prioritaires

    Plus de bénéficiaires et une année de licence prise en charge : avec « Coup d’envoi », le RC Toulon va plus loin pour les jeunes des quartiers prioritaires

    Plus de bénéficiaires et un vrai tremplin vers le monde du rugby. Pour sa dixième année d’existence, l’initiative du fonds de dotation du RC Toulon « Rugby Cœur Toulonnais », à l’attention des jeunes des quartiers prioritaires, se réinvente. Exit « RCT au cœur des quartiers », place à « Coup d’envoi », un programme en trois dates (contre six auparavant), qui va permettre à plus de 200 enfants (72 l’an dernier) de 6 à 12 ans de découvrir le monde du rugby et de se familiariser avec ce qui est aussi leur club.

    Un an de licence

    et des équipements offerts

    Deux prochaines journées auront ainsi lieu à Fréjus, en février, et en Provence verte, en avril. « Au lieu d’avoir les mêmes enfants qui viennent mensuellement, on a choisi d’en avoir sur trois journées et différents endroits », explique Bastien Leccia, assistant RSO et fonds de dotation du RCT. Cela dans le but d’élargir au maximum l’opportunité, car « socialement ou économiquement, on n’a pas forcément l’habitude de jouer au rugby dans ces quartiers, ou de penser que c’est accessible ».

    Pour la première étape, 90 enfants étaient réunis au stade Léo-Lagrange de Toulon, mercredi. La matinée était consacrée à la découverte du rugby, en compagnie de joueurs professionnels du RCT (Gaël Dréan, Rabah Slimani, Mathieu Smaïli et Patrick Tuifua). L’après-midi, place à des ateliers liés au handicap, à la citoyenneté et à l’environnement : découverte du rugby fauteuil avec les joueurs du RFCTPM, discussions et jeux avec la police municipale et des associations de protection de la Méditerranée… « Ça fait un parallèle avec les valeurs du rugby, le respect de la règle, de l’arbitre », justifie Baptiste Leccia. « Ça leur permet de pouvoir approcher différemment ces structures-là, notamment la police, d’être dans l’échange, parce qu’ils en sortent avec une tout autre image », plussoie Besma Djeribi, directrice adjointe du centre de loisirs « Des enfants, un quartier, la vie » à Toulon, qui avait déjà participé au programme les années précédentes.

    Et si des vocations naissaient de ces journées, le RC Toulon propose de payer la première année de licence et les équipements aux jeunes piqués par l’ovalie, pour que ce projet dure dans le temps. « Deux ou trois de nos jeunes étaient intéressés, l’année dernière. Ils vont pouvoir continuer la pratique. C’est un très beau cadeau », se réjouit l’éducatrice.

  • À Avignon, l’opposition veut transformer la Maison de la tranquillité en poste de police

    À Avignon, l’opposition veut transformer la Maison de la tranquillité en poste de police

    En plein milieu de la rue de la République, les portes de la maison de la tranquillité publique n’auront pas été ouvertes longtemps. Lancée en juillet 2025 pour « lutter contre les incivilités », elle a été fermée par la nouvelle municipalité en ce début d’été 2026.

    Une fermeture que regrette l’élu municipal d’opposition Fabrice Tocabens (PS). Dans un communiqué de presse, il propose au maire « de faire le seul choix sensé en rouvrant au public cette structure et en la transformant en poste de police municipale », et ce, « pour mieux assurer la présence de nos forces de sécurité en cœur de ville ».

    Tandis que le credo du premier édile, Olivier Galzi, est plutôt de « remettre les agents de la police municipale sur le terrain ». Concernant le local de la rue de la République, fin août, il s’étranglait devant le coût de location : « Elle coûte 8 000 euros par mois de loyer alors qu’on a des locaux vacants qu’on est en train de laisser mourir. Or, on a un bail de 10 ans, soit presque un total d’un million d’euros. C’est d’un niveau de non-gestion et d’irresponsabilité totale. À quel moment, vous et moi, vous allez prendre un appartement ou un local et vous allez accepter qu’on vous dise, même si vous le quittez dans un an, pendant 10 ans, vous le paierez ? »

    Logique de proximité

    Une fermeture qui s’inscrit dans un contexte global de fermetures de points d’accueil des services publics à Avignon. Ce que dénonce également Fabrice Tocabens, qui était adjoint au maire en charge des mobilités sous Cécile Helle. « Il s’agit bien d’une volonté déterminée de M. Galzi de réduire les services publics dus aux habitants. C’est un choix catastrophique qui porte atteinte aux intérêts des habitants les plus fragiles, en particulier les personnes âgées », pointe-t-il. Avant d’estimer que cette « stratégie » doit « absolument s’interrompre », en demandant à « revenir à une logique de proximité et d’écoute ».

    Outre la maison de la tranquillité publique, il y a aussi la fermeture de l’épicerie étudiante l’Agoraé, de la mairie de quartier centre ou encore de la maison des Îles de la Barthelasse. Est aussi annoncée la fermeture de postes de police municipale. Tandis que les bibliothèques et les musées ont vu leurs horaires d’ouverture fortement se réduire, le tout sur fond d’économies.

  • Pour Benoît Payan, interdire « n’évite pas la casse »

    Pour Benoît Payan, interdire « n’évite pas la casse »

    À leur demande, les maires de Paris, Lyon et Marseille ont été reçus en fin de journée, ce jeudi, durant deux longues heures par le Premier ministre. L’édile de la cité phocéenne, venu réclamer des garanties de l’État pour encadrer une nouvelle manifestation, ce 24 octobre, n’est pas ressorti franchement serein. Même s’il a assuré que le Premier ministre était « conscient » de la situation, devant la caméra de BFMTV en milieu de soirée.

    Sur la décision du préfet des Bouches-du-Rhône d’interdire toute manifestation dans le département, de suspendre les transports et d’étendre le couvre-feu aux majeurs samedi soir, après la mise à sac du centre-ville, il n’est « pas sûr que ça serve à grand-chose ». Benoît Payan réclamait des comptes, dénonçant un dispositif dépassé par les événements au point qu’il envisage de mobiliser toute sa police municipale le 24, bien que cela ne soit pas son rôle. « Le risque zéro n’existe pas. Pour moi, l’attention est maximale. L’attention avec deux orthographes, vous comprenez » ; a-t-il déclaré, estimant qu’« on doit être focus sur la journée de l’acte II. Mais comme on peut être aussi focus sur la journée du 31, sur la journée du 5…
    En attendant, il faut aussi des réponses politiques
    . »

    Au sujet des conditions de sécurité, « il y a évidemment besoin d’éviter les casses, les pillages », estime-t-il, avant de s’indigner : « Je ne veux plus vivre en tant que maire ce que j’ai vécu, ce que nous avons vécu, la semaine dernière. » Il a assuré avoir eu néanmoins « des garanties sur des nombres conséquents de policiers en plus par rapport à la semaine dernière ».

    Pour autant, Benoît Payan souhaite également « qu’on puisse manifester en sécurité dans ce pays », estimant que « l’État de droit », « fondement du pacte républicain », devait être « préservé à tout prix ». « J’ai entendu parler de “quoi qu’il en coûte” dans ma vie. Je crois que ce qui est le plus important et que le “quoi qu’il en coûte” le plus important, c’est la République », assène l’élu. Il insiste : « Ce n’est pas parce qu’on interdit une manifestation que l’on évite la casse. »

    Pour des indemnisations « à la hauteur »

    Sur les dégâts du 17 octobre, dans une lettre envoyée à Sébastien Lecornu la veille, l’élu avait également réclamé des indemnisations « à la hauteur » pour les commerçants touchés, 500 commerces en tout, dont au moins 317 saccagés ou pillés. Un bilan « plus lourd encore que celui de l’été 2023 », a-t-il affirmé. Au-delà des premières mesures d’urgence, l’élu a demandé la mise en place d’un dispositif exceptionnel d’indemnisation, « garantissant la prise en charge intégrale des dommages matériels directement liés à ces violences, notamment les destructions, les dégradations, les vols de stocks, de mobilier et d’équipements, ainsi que les dépenses supplémentaires engagées pour sécuriser les commerces et permettre leur réouverture ».

    Un dispositif qui doit « s’accompagner d’un mécanisme spécifique de compensation des pertes d’exploitation, y compris pour les commerces qui, sans avoir été directement pillés ou dégradés, ont dû fermer ou subir une baisse importante de leur activité en raison des violences et de leurs conséquences sur la fréquentation du centre-ville ».

    Pour Benoît Payan, « les commerçants marseillais n’ont pas à supporter le coût d’une défaillance de l’État dans l’exercice de l’une de ses missions les plus fondamentales : garantir l’ordre public et la sécurité de nos concitoyens ». Sans donner de détails sur la réponse apportée, il a réaffirmé, jeudi soir, sa volonté de voir indemnisés « celles et ceux qui, aujourd’hui, n’ont plus de travail, celles et ceux qui ont tout perdu ».

  • La Ligue des droits de l’Homme sur tous les fronts

    La Ligue des droits de l’Homme sur tous les fronts

    À en croire le dernier communiqué de la préfecture de l’Hérault du 9 octobre, le maintien de l’ordre à Montpellier est exemplaire. La préfète a en effet tenu « à saluer le professionnalisme des forces de sécurité intérieure » qui « ont procédé à un usage proportionné de la force » et qui n’ont « pour seule boussole que la protection des lycéens manifestants ». Elle s’est également félicitée des 130 interpellations, sans préciser que la plupart sont des mineurs. Pas un mot non plus pour la jeune fille souffrant d’une double fracture au visage suite à une charge policière. Un discours bien loin des témoignages et des slogans affichés sur les pancartes des lycéens et bien loin de l’analyse effectuée par la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

    En effet, après avoir dénoncé de nombreuses situations problématiques depuis le début du mouvement lycéen (charge sans sommation, journaliste percuté par un policier à moto, absence de RIO [numéro d’identification individuel] visible, usage de gaz lacrymogène abusif etc.), l’Observatoire des
    libertés publiques (OLP) de Montpellier, créé par la LDH s’est intéressé au rôle de la police municipale. Dans un document de 28 pages, l’OLP montre, photos à l’appui, que la police municipale participe à des opérations de maintien de l’ordre, ce qui lui est interdit. L’OLP dit avoir observé des policiers municipaux « équipés de casques, de boucliers anti-émeutes, de protège-tibias et de genouillères » agir aux côtés et parfois « sous les ordres » de la Brigade anticriminalité. « Nos observateurs ont constaté que la BAC dirigeait, à plusieurs reprises, la police municipale, leur indiquant les positionnements, les lieux sur lesquels se déplacer », ajoute-t-il. Une charge de cette unité de la police municipale, « se déplaçant en formation militaire de défense », a également été observée sur l’avenue Jean-Mermoz. Et l’OLP de conclure : « Ces deux unités de police municipale sont présentes lors des manifestations, non pas dans le cadre de fonctions de police administrative, de circulation notamment, mais dans le cadre de fonctions de maintien de l’ordre. Les membres de ces deux unités sont dépourvus de RIO, permettant l’identification des forces de l’ordre. Qui plus est, certains membres de la police municipale ont pris l’habitude de se couvrir le visage, rendant les identifications impossibles. »

    L’observatoire s’est également ému de la présence de policiers nationaux lourdement armés aux abords des lycées mardi 13 octobre avant le début de la manifestation. « C’est de l’intimidation et ça génère l’intimidation de toute la population. Je pense que les jeunes se disent qu’ils ne vont jamais tirer, mais ça intimide beaucoup plus les parents et les adultes », s’inquiète Sophie Mazas, la présidente de la LDH 34.

    Éducation civique

    À chaque manifestation, la LDH pratique aussi la pédagogie pour alerter sur les règles à respecter et sur les droits des participants. Un travail qu’il a fallu décupler avec les lycéens. Pour cela, la LDH a créé une petite fiche récapitulative avec un QR code permettant aux mineurs d’être informés sur leurs droits en manifestation, en cas d’interpellation et sur la manière d’agir s’ils sont témoins de violences policières. « On leur rappelle qu’il faut qu’ils connaissent le numéro de téléphone d’un proche car bien souvent cette génération n’apprend plus les numéros. On explique comment on peut demander un avocat en garde à vue, qui est plus courte pour des mineurs de moins de 16 ans. On voit des gamins tétanisés lorsqu’ils sont embarqués donc on leur explique comment ça peut se passer. On explique aussi les périmètres de manifestation », détaille Sophie Mazas qui conclut avec humour : « C’est un cours d’éducation civique avec application directe, une sorte de travaux dirigés pour les préparer à la fac. »

  • À Avignon, les policiers municipaux bientôt équipés de tasers et de caméras

    À Avignon, les policiers municipaux bientôt équipés de tasers et de caméras

    Depuis plus de trois mois, Olivier Galzi (DVD) serine que les caisses de la Ville sont vides, accusant l’ancienne majorité de gauche d’avoir laissé un « champ de ruines ». Encore actuellement, des moyens humains sont insuffisants pour ouvrir convenablement les bibliothèques ou les piscines. Mais évidemment, il reste quelques euros à investir, répondant à des choix politiques. « On n’a pas d’argent, mais on peut quand même faire avancer les dossiers sur les trois promesses phares de notre programme », assurait le maire fin août. Notamment sur le volet sécurité, où trois renforts de policiers municipaux en brigade de nuit sont arrivés.

    Mais ce n’est pas tout. À la mi-janvier, la police municipale devrait voir arriver un imposant renfort de matériel : des Taser et des caméras piétons. La Ville vient en effet de lancer un marché, qui court jusqu’au 12 novembre, pour faire l’acquisition, dans un premier temps de 30 pistolets à impulsion électrique (PIE) et 90 caméras piétons. Pas vraiment une surprise, la mesure étant dans le programme du candidat Galzi. « Les policiers gardent leurs armes actuelles, mais le taser sera un complément pour pouvoir avoir une riposte graduée dans les situations sensibles », proposait-il fin janvier. « C’est la suite logique des promesses faites par le candidat », nous répond la Ville, pour qui cet investissement répond à un besoin de « protéger nos agents et réduire leurs risques de blessures graves d’autant qu’il y a la volonté qu’ils soient désormais sur le terrain et non plus dans des bureaux », poursuit la municipalité.

    Batteries, cartouches…

    la facture grimpe

    Le marché, consulté par La Marseillaise, table sur une durée de 4 ans. La municipalité souhaite se doter de tasers 10, soit ce qu’il se fait de mieux actuellement sur le marché. Ils sont d’ailleurs directement reliés à la caméra piéton qui se déclenche lors de son usage et ne doivent servir qu’en cas de légitime défense… « Ces PIE doivent être équipés de systèmes de contrôle permettant d’assurer la traçabilité et la vérification de leur utilisation, et chaque usage donne lieu à un enregistrement visuel et sonore », lit-on dans le marché. « L’utilisation de l’arme est soumise à une mise en garde orale préalable, suivie d’un pointage au faisceau laser vert », précise aussi la commande municipale. Une arme qui ne doit viser ni la tête ni le cou et qui est « interdite à l’encontre des enfants et des femmes enceintes ainsi qu’à l’encontre du conducteur de tout véhicule terrestre en mouvement ».

    L’onde électrique de 50 000 volts est d’une durée maximale de 5 secondes et peut être coupée avant. « Tu vois ce qui se passe, tu es conscient, mais tu es déconnecté, tu ne ressens plus rien, comme une micro-anesthésie », nous glisse un policier municipal, pas en fonction à Avignon, et qui a servi de cobaye lors de sa formation au taser. Une mise en situation qui n’est plus obligatoire lors des formations d’usages. L’autre partie du marché concerne les caméras piétons. La Ville avait fait l’acquisition de quelques unes il y a près de 10 ans mais désormais obsolètes. « Seules quelques caméras sont encore opérationnelles. L’autonomie insuffisante des batteries ainsi que l’impossibilité d’exploiter les vidéos depuis plusieurs sites sont deux points faibles du parc actuel », est-il indiqué dans le marché.

    Si, ni le marché, ni la Ville, n’évoquent la question financière, il s’agit d’un lourd investissement qui avoisinerait les 200 000 euros selon nos estimations. Car au prix d’un taser, autour de 3 000 euros, et de 1 000 euros la caméra, tout un tas d’équipements supplémentaires et obligatoires font grimper la facture : batteries, socles de recharge, étuis, combinaisons d’entraînement, cartouches, licence d’utilisation. Chaque agent formé doit aussi annuellement tirer une cartouche réelle (d’un coût d’environ 220 euros) et deux d’entraînements (35 euros la cartouche). À ce prix-là, pas sûr que la centaine de policiers municipaux soient tous habilités à se servir d’un taser.

  • À Marseille, des commerçants sonnés par les dégâts

    À Marseille, des commerçants sonnés par les dégâts

    Rues Paradis, Grignan et Saint-Ferréol, des débris, des cintres et des emballages ouverts à la va-vite jonchent le sol ce dimanche matin. Les véhicules se frayent un passage entre les éclats de verre, principalement arrachés aux vitrines des boutiques de luxe et des bijouteries. Le centre Bourse a été touché et une odeur de brûlé plane encore sur le cours Belsunce. Des magasins de téléphonie mobile, de grande distribution, des banques et le commissariat de Police nationale ainsi que le poste de Police municipale ont été dégradés sur la Canebière. Les centres commerciaux de Grand Littoral et de la Valentine, et le Carrefour de Bonneveine présentent aussi des dégâts.

    En nettoyant sa boutique, une vendeuse de lunettes s’effondre, en pleurs : « Je n’ai plus rien ». Un peu plus loin, des agents de sécurité postés devant les panneaux de contreplaqués qui remplacent les vitrines brisées confirment aux passants « la boutique est complètement vide ». Sur la devanture d’un magasin d’accessoires, on peut lire « on a tout vendu ». Mais l’inscription « vendu » est barrée, remplacée par « volé ». Les agents du point d’information mis en place par la Ville à destination des commerçants sinistrés disent observer « un état de sidération chez les commerçants encore choqués ».

    Les élus réagissent

    La Ville a mis en place un numéro vert pour recenser les commerçants victimes et apporter de l’aide pour la sécurisation des boutiques. « Je demande à l’État de déclencher sans délai un plan d’urgence, et de nous réunir avec la Région, le Département et la Métropole pour créer un dispositif exceptionnel d’indemnisation des commerçants et des habitants sinistrés », a appelé le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, ce dimanche. Pas encore dressé, le bilan pourrait s’élever à une centaine de sinistres. Le président (DVD) de Région, François de Canson, a constaté les dégâts à Marseille dimanche matin, aux côtés du préfet de région et des représentants du monde économique. « On a vécu ça en 2023, on le revit en 2026 : ce n’est pas tolérable », a-t-il affirmé. Dans la foulée, il a pris la décision de réactiver le fonds régional « solidarité commerces pillés », ouvert aux professionnels sinistrés des six départements, et appelle tous les acteurs publics à participer à son financement. « Il faut trouver des solutions et rassurer la population, le centre-ville ne doit pas mourir », a-t-il défendu, devant la CCI à Marseille. Une idée que partage la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal : « Après l’urgence sécuritaire, nous devons empêcher une crise économique et sociale durable. » L’élue demande « la création immédiate d’un fonds exceptionnel de soutien aux commerçants », et assure que « le Département sera pleinement mobilisé pour accompagner les dispositifs d’urgence et les abonder financièrement ».

    EN BREF

    Soutien des maires de la Métropole à Benoît Payan

    Les maires de la métropole Aix-Marseille-Provence vont se réunir ce lundi autour du maire de Marseille Benoît Payan pour lui remettre une Marianne symbolique, en signe d’attachement et de soutien aux valeurs républicaines. À partir de 17h à l’Hôtel de ville.

    Rassemblement devant les mairies

    L’Association des maires de France a appelé dimanche à des rassemblements lundi « à partir de midi » devant les mairies après les violences, pillages et incendies de bâtiments publics constatés en marge de la mobilisation.

    Le PCF 13 tourné vers le 5 novembre

    Dans un communiqué le PCF 13 « salue la réussite de la journée nationale de mobilisation » mais « regrette que les conditions n’aient pas été réunies pour permettre aux organisations syndicales et aux partis politiques de se joindre pleinement aux cortèges ».

    Désormais tourné vers le 5 novembre, il appelle « à la responsabilité de toutes et tous pour que les mobilisations puissent se dérouler dans les meilleures conditions » après avoir qualifié les dégradations « d’inacceptables ».

  • Face aux pilleurs, la gestion de l’état critiquée

    Face aux pilleurs, la gestion de l’état critiquée

    Marseille a la gueule de bois en ce dimanche 18 octobre, au petit matin. Si la veille, autour de 100 000 manifestants ont témoigné leur exaspération sociale provoquée par le gouvernement (voir page 4), « environ 30 000 pilleurs, dont 8 000 émeutiers parmi lesquels beaucoup de jeunes majeurs » selon les estimations de la Préfecture, ont mis la ville à sac en marge des rassemblements. Alors que des agents de la propreté et des équipes de police s’affairent au milieu des débris de verre, du mobilier urbain carbonisé, des commerces éventrés et des emballages de produits dérobés, Benoît Payan arrive le regard meurtri à l’angle Canebière-rue Saint-Ferréol. L’épicentre d’émeutes et vols ayant aussi touché d’autres quartiers de la ville.

    « Ce matin, j’ai mal au cœur et n’ai pas les mots pour décrire ce que jamais je n’aurais imaginé vivre dans cette ville. Des hordes de casseurs et pilleurs s’en sont pris à nos bien communs, à la mairie, à un commissariat, aux forces de l’ordre, à des pompiers, à des lycéens dans le but de casser les revendications légitimes de ceux qui manifestaient pacifiquement », rappelle le maire de Marseille. « J’ai alerté dès vendredi sur cette situation qui pouvait potentiellement dégénérer. J’espère que dans la sixième puissance du monde, certains ont bien compris qu’on ne jouait pas avec le feu. Je n’ai jamais vu une telle manière de maintenir l’ordre samedi. Je veux savoir s’il a été demandé aux forces de l’ordre de s’occuper uniquement des manifestants et de leur lancer des lacrymos sans s’occuper des pillages dans la ville », tonne l’édile qui entend demander des comptes au ministre de l’Intérieur, en visite ce lundi à Marseille. Le premier magistrat de la ville souligne d’ailleurs avoir décidé samedi de « faire sortir dehors toute la police municipale pour atténuer le drame alors que ce n’est pas son métier ».

    Des dégâts et un déni

    « 434 policiers et 240 CRS ont été engagés entre 7h et 1h du matin », situe la Préfecture, avant d’être rejoints par une centaine de renforts. « 4 000 grenades lacrymogènes ont été lancées, avec 99 gardes à vue, directement liées aux émeutes. 118 effectifs ont été blessés, dont trois hospitalisés. » Quant aux interrogations autour des consignes données pour la gestion du maintien de l’ordre et d’un dispositif jugé insuffisant, Benoît Payan lâche : « Je pense que la situation de la ville et les images permettent de répondre à cette question. » Une chose est sûre, les violences de samedi ont été du pain béni pour le gouvernement dans le but de décrédibiliser le mouvement social. Pire encore, au niveau du Préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, qui a déclaré samedi vers 17h à l’Évêché : « Depuis 11h30, on n’est pas face à des manifestations mais du pillage. Ils n’ont aucune revendication. Si vous avez vu des pancartes, montrez-les moi. » Un déni de réalité.

    Le chaos provoqué par les émeutiers s’est poursuivi très tard dans la nuit de samedi. Au final, des centaines d’enseignes ont été dévalisées et l’Hôtel de Ville envahi et dégradé. Le commissariat de la police municipale, au 42 La Canebière, a aussi été attaqué comme en atteste encore dimanche matin son hall du rez-de-chaussée, totalement défiguré, où le seul mobilier qui tienne encore debout est une affiche indiquant : « Pour votre sécurité, la ville de Marseille renforce ses effectifs de police municipale. »

  • À Marseille, Benoît Payan annonce la venue de Laurent Nuñez lundi

    À Marseille, Benoît Payan annonce la venue de Laurent Nuñez lundi

    Le maire de Marseille a annoncé la venue de Laurent Nuñez ce lundi 19 octobre. « Je veux savoir ce qu’il s est passé dans ma ville et je vais demander à ce que la lumière soit faite totalement » lance-t’il lors d’une rencontre en centre ville avec la presse.

    L’édile est venu ce dimanche matin au chevet des agents de la ville, de la police municipale et du bataillon des Marins Pompiers. Questionné sur l’impréparation des forces de l’ordre et un dispositif insuffisant, il répond: « Je pense que la situation de la ville et les images me permettent de ne pas répondre à cette question».

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu recevra les maires de Paris, Lyon et Marseille conformément à leurs demandes a également annoncé dimanche Matignon, sans préciser toutefois quand ces rencontres auront lieu.

  • L’usage légal de la force en manifestation

    L’usage légal de la force en manifestation

    Par Swane Mas, du SAF Marseille

    Après qu’une grenade a arraché la main d’un lycéen à Lens, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé « suspendre provisoirement l’usage des grenades assourdissantes » pour la mobilisation lycéenne. Effet d’annonce : seul le modèle Ef-son est visé, quatre autres modèles de grenade restent dans l’arsenal policier. Face à une répression d’une rare intensité et à des violences inédites sur mineurs, se pose la question des limites que le droit fixe à l’usage de la force. La doctrine du maintien de l’ordre prévoit une riposte graduée. Après des sommations vaines, les forces de l’ordre peuvent recourir aux grenades lacrymogènes, aux charges et aux lanceurs d’eau. Si cela ne suffit pas, les grenades assourdissantes, les GM2L et les lacrymogènes tirées au lanceur deviennent possibles. La grenade de désencerclement doit être roulée au sol, jamais lancée en cloche. Le LBD, classé matériel de guerre et potentiellement létal à moins de dix mètres, n’est autorisé qu’en cas d’agression contre les forces de l’ordre. Face à des jets de pierres ou de canettes, la cour d’appel de Paris a déjà jugé le tir de LBD ni nécessaire ni proportionné. De nombreuses pratiques illégales ont été observées pendant les mobilisations. Le tir tendu de grenades lacrymogènes est prohibé, sauf légitime défense. Le 28 septembre, il a pourtant grièvement blessé à la mâchoire un lycéen de 14 ans à Saint-Ouen-l’Aumône. La clé d’étranglement, proscrite depuis 2021 en raison du risque d’asphyxie, reste couramment pratiquée. Enfin, des policiers municipaux ont été vus en renfort des unités de maintien de l’ordre lors des manifestations lycéennes, alors que cela est interdit.

    Un choix politique

    Depuis 2017, Amnesty International réclame la suspension des LBD et l’interdiction des grenades GLI-F4 et de désencerclement. En novembre 2024, le Comité des droits de l’Homme de l’ONU a invité la France à « réexaminer l’opportunité » d’autoriser grenades explosives et LBD en manifestation, au vu du « nombre de blessés graves ». Le 9 octobre, Shabia Mantoo, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme, a appelé à éviter tout recours disproportionné à la force et à respecter le droit de réunion pacifique. L’emploi de ces armes relève d’un choix politique : l’Irlande, l’Allemagne ou le Royaume-Uni maintiennent l’ordre sans LBD ni grenades explosives. Une proposition de loi a été déposée le 5 octobre, visant à interdire les armes mutilantes, comme le LBD, les grenades assourdissantes et de désencerclement, ainsi que le plaquage ventral et les clés d’étranglement.

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