Tag: commerçants

  • Aux halles de Nîmes, le changement se prépare avec les étaliers

    Aux halles de Nîmes, le changement se prépare avec les étaliers

    Institution nîmoise depuis 1884, les halles ont besoin d’un sérieux coup de neuf. Mais comment moderniser ce marché emblématique sans lui faire perdre son âme ni fragiliser les commerçants qui le font vivre ? C’est l’équation à laquelle s’attaque Vincent Bouget. Ainsi, le 12 octobre, le maire et son adjoint au commerce Emmanuel Bois ont rencontré les quelque 70 étaliers pour présenter leurs engagements.

    Première garantie : les halles resteront en régie publique, conservant leur vocation de marché alimentaire. La municipalité entend privilégier les travaux de sécurité, de mise aux normes et d’amélioration des conditions de travail plutôt qu’un coûteux projet d’embellissement. Le premier chantier concret sera la gestion des déchets, devenue un véritable casse-tête pour les commerçants. La Ville prévoit de rénover le local insalubre dès le début de l’année 2027 et de reprendre l’organisation de la collecte, confiée à un prestataire.

    Rénover sans fermer

    Le chantier le plus délicat reste celui de la rénovation générale du bâtiment. La municipalité promet de limiter les perturbations de l’activité commerciale, mais aucun calendrier ni scénario de travaux n’est encore arrêté. Autre inquiétude majeure : l’avenir des étaliers, dont les autorisations d’occupation arrivent à échéance fin 2029. La Ville souhaite examiner chaque situation pour favoriser leur maintien, sans pouvoir garantir un renouvellement automatique. « On a senti une réelle volonté de concertation et de dialogue, ça change », salue malgré tout V. Vergne, président des étaliers. Un prestataire doit être désigné d’ici la fin de l’année pour accompagner une concertation élargie. Reste désormais à transformer les engagements en décisions concrètes, dans un dossier qui concerne quelque 300 emplois. A.J

  • [Parole de maire] Jean-Pierre Véran, maire (SE) de Cotignac (Var) : « C’est le premier étéaussi difficileà surmonter »

    [Parole de maire] Jean-Pierre Véran, maire (SE) de Cotignac (Var) : « C’est le premier étéaussi difficileà surmonter »

    En interrogeant sans concession
    les premiers magistrats
    des communes de Provence,
    sur les chantiers, leurs décisions, leurs perspectives, La Marseillaise met en lumière la vie des
    communes, cellule de base
    de la République.

    La Marseillaise : Après cet été difficile, comment se relève le village ?

    Jean-Pierre Véran : On a eu pas mal de réunions avec le préfet, avec le contrôleur général du Sdis et les différents partenaires, la police municipale, les gendarmes… Le préfet a mis à disposition les services de l’ONF ainsi que 14 personnes de l’ACES [Association pour le développement de l’économie sociale et solidaire, Ndlr], en réinsertion professionnelle. On est passé en priorité car on a beaucoup de bois à couper. On a eu 600 hectares de forêt communale brûlés et des travaux conséquents ont été entrepris depuis à peu près un mois. Ça nous permet de commencer à dégager les zones brûlées et de reconstituer ce qui a été touché par le feu. Il faudra des années, mais il y a eu une reprise intéressante de la végétation. Pour les sinistrés, le CCAS tient des permanences. On essaie de solutionner des problèmes, pour les assurances, quand ça n’avance pas trop, on essaie d’appuyer un peu sur le bouton pour dire aux assureurs de les aider, parce que ces gens-là ont perdu beaucoup.

    Peut-on parler de l’été le plus difficile de votre carrière de maire ?

    J.-P.V. : Clairement. Avant que le feu n’arrive le 21 juillet, la température était très haute, ce qui fait que la population restait chez elle, ce qui a eu des conséquences pour les commerçants. Et le feu a couronné le tout. Nous avons fait partie des communes les plus chaudes de France. Et avec ce feu qui a duré vingt jours, ça a créé un impact supplémentaire. Cela fait 36 ans maintenant que je suis maire et c’est le premier été qui a été aussi difficile à surmonter.

    On imagine qu’il y a eu des conséquences sur la fréquentation touristique, cœur de l’activité du village…

    J.-P.V. : Ce n’est pas tant le feu que la canicule qui a impacté l’été. D’ailleurs, avec le magnifique début d’automne, une très forte population est venue, surtout des touristes retraités qui viennent volontiers au village. On a un peu rattrapé ce qu’on a perdu en été en septembre et octobre. Et là, il semblerait que la semaine prochaine aussi, le temps soit encore bon. Il y aura un manque à gagner, mais pas aussi conséquent que ce que les commerçants attendaient, plutôt entre 10% et 20%, je pense.

    Malgré tout, cet été n’a-t-il pas permis de resserrer les liens avec les villages alentour, avec qui la solidarité s’est avérée très importante ?

    J.-P.V. : Tout à fait, que ce soit avec Entrecasteaux, Salernes, Carcès, Montfort-sur-Argens, Correns, Barjols ou Pontevès, il y a eu une très forte solidarité des communes à tous égards. Et ça continue d’ailleurs parce qu’on fait des manifestations ensemble, comme une journée de sensibilisation sur le feu, le 24 octobre dernier. Le 22 novembre, on va aller sur le terrain avec un spécialiste de la pierre sèche parce qu’on a découvert une ancienne glaciaire : on va faire une journée de sensibilisation pour remettre en état ce bâtiment. Ce sont des choses positives, importantes pour notre population parce que les gens sont ensemble, discutent et parlent du feu, certes, mais aussi de l’avenir.

    Vous êtes maire de Cotignac depuis plus de 36 ans. À 83 ans, qu’est-ce qui vous donne encore l’envie ?

    J.-P.V. : J’ai la forme, donc tant que ça peut aller, je tiens. Je n’étais pas trop chaud à l’idée de me représenter, mais mes collègues m’ont dit : « Jean-Pierre, il faut que tu continues, parce que tu connais bien la commune, les différents acteurs autour, les préfets, le Département, la Région, etc. » Moi, ça me fait plaisir, parce que quand j’ai pris cette commune, rien ne s’y passait. On a revu le village de fond en comble et j’en suis très fier et heureux. L’année dernière, dans le cadre des 120 ans de la laïcité, j’ai renommé une place « place de la République » car je suis très attaché aux symboles de la République. Je vais essayer de faire, au cœur du village, une résidence intergénérationnelle d’une dizaine de logements. Je veux mélanger jeunes et moins jeunes, parce que je pense qu’aujourd’hui, il faut essayer de grossir les liens, qu’on arrive à cette société, à ce qu’on se parle les uns et les autres. Tant que je pourrai tenir le cap, je serai là pour y participer.

    Quels sont les grands défis de ce mandat pour votre commune ?

    J.-P.V. : C’est tout ce qui touche à la transition écologique. On va faire un beau jardin de 1 200 m², un espace où jeunes et anciens vont se réunir, quelque chose de fantastique. En dessous, il y a beaucoup d’eau, on va créer des systèmes de jets sur lequel on est en train de travailler. Je suis aussi en train de lancer un projet important, un parking de 2 000 m² où je vais mettre des ombrières solaires afin de produire de l’énergie pour tous les bâtiments communaux. On va même en vendre à des bâtiments et des personnes qui en ont besoin. Je pense au centre commercial, la maison de retraite, quelques équipements à qui on va vendre de l’électricité à un prix moins cher. J’ai encore pas mal d’ambitions pour 2027 !

    Les aides aux collectivités diminuent de plus en plus. Êtes-vous inquiet face à ces contraintes budgétaires ?

    J.-P.V. : Oui, parce qu’on a de plus en plus de difficultés par rapport à l’État et le projet de loi de finances va encore grignoter notre budget. La baisse du taux de remboursement de la TVA [de 16,404 à 11,404%, prévu par le projet de loi finances, Ndlr], c’est encore une ressource qu’on va perdre. J’ai une situation saine, parce que comme je suis un ancien, j’ai toujours été attaché à une gestion rigoureuse, mais je suis un peu inquiet pour les nouveaux maires. On n’a pas le droit d’avoir des budgets déficitaires comme l’État, donc il faut qu’on soit équilibrés et malheureusement, les charges deviennent de plus en plus contraignantes. Et le millefeuille administratif, avec les communautés d’agglo ou de communes, représente aussi des charges qui commencent à être lourdes. Il y a des actions positives, mais il y a une gestion importante. Et en année électorale, c’est toujours plus difficile parce qu’il y a ensuite les législatives, la mise en place du gouvernement, on ne sait pas comment ça va se passer. Personnellement, mes dossiers peuvent être réalisés parce que je les ai préparés, mais si vous n’avez rien préparé, ce sera une année plus compliquée pour les élus.

  • Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    « J’ai redémarré mais sans marchandises et ma banque a rejeté le prélèvement car il n’y a pas d’argent qui est rentré. » Venu bénéficier des services du guichet unique installé au Palais de la Bourse depuis le début de la semaine pour venir en aide aux commerçants touchés par la casse et les pillages, ce buraliste, installé à Sainte-Marthe (14e) depuis 17 ans, ne cache pas son désarroi. Face à lui, le préfet de région, Jacques Witkowski, le président de la Chambre de commerce Aix-Marseille, Jean-Luc Chauvin, et les représentants des collectivités qui ont mis au pot, François de Canson (DVD), président de la Région, Martine Vassal (DVD), présidente du Département. Rebecca Bernardi (PM), adjointe au maire de Marseille en charge du commerce est là aussi.

    « Ce guichet rassemble l’ensemble des services disponibles, ceux de l’État, des collectivités, de la solidarité entrepreneuriale. On reçoit au fur et à mesure les entreprises pour leur permettre de faire leur parcours, d’avancer » explique Jean-Luc Chauvin, ajoutant que plus de 180 d’entre elles « ont été vues, accompagnées ou reçues ». Après une prise de contact par téléphone, un « parcours de rendez-vous est pris pour ne pas attendre et voir tout le monde », poursuit le responsable de la CCI.

    Dans le cadre d’un fonds régional, 5 millions d’euros ont été débloqués, auxquels s’ajoutent 5 autres millions du Département. Un dispositif qui a fait ses preuves pour le Covid en 2020, les émeutes en 2023. « On se doit de redonner confiance à nos commerçants. On ne veut pas que le centre-ville de Marseille meure » insiste François De Canson, rappelant que Noël, « c’est quand même 35% du chiffre d’affaires ».

    Anticiper un effet

    « château de cartes »

    Martine Vassal enchaîne : « Beaucoup de commerçants aujourd’hui n’ont plus de stock, n’ont plus rien, ont des salariés sur les épaules. » Forte de cette belle solidarité, Rebecca Bernardi en appelle également à l’État. « Cela ne suffira pas pour relancer le centre-ville. On a une prise en charge des commerces pillés mais il y a aussi tous les commerçants qui sont debout, qui font zéro en chiffre d’affaires, ou à 10% de ce qu’ils font d’habitude », s’inquiète l’élue qui réclame pour ces derniers des garanties pour éviter que tout ne s’écroule comme un « château de cartes ».

    La Ville se chargera de l’animation dès la semaine prochaine, avec un « plan global » incluant la gratuité des parkings, la piétonnisation temporaire voire l’ouverture le dimanche pour rattraper l’activité perdue. Le chèque-cadeau « Treiz’local » à consommer dans le centre-ville est également de retour annonce Jean-Luc Chauvin, prêt à « faire feu de tout bois pour sauver le centre-ville ».

    En attendant, la perspective d’une nouvelle manifestation le 31 octobre ne rassure personne. « Je n’ai pas, à l’heure où on se parle, de demande de dépôt de manifestation », affirme Jacques Witkowski. Il tient à faire passer un message : « Il ne faut pas s’y tromper, nous n’avons pas affaire à des gens qui manifestent mais à des gens qui viennent casser, des délinquants. » Et d’appeler « chacun prend ses responsabilités. Nous prendrons les nôtres ».

    Pour autant, pas question d’appeler à la fermeture des commerces répond Jacques Witkowski quand on lui pose la question. « On a le droit d’ouvrir quand on est un entrepreneur, on a le droit aussi, quand on est un citoyen, un touriste, de venir, ne serait-ce que se promener ou acheter là où les commerces sont ouverts », estime-t-il. Et de rappeler le « succès populaire » de la manifestation du 24 octobre organisée par la CGT. « Les gens ont pu venir en toute sécurité exprimer leur mécontentement, leurs observations. Il faut qu’on puisse continuer comme ça, que ça se passe bien », considère le préfet.

  • [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    Si les commerçants ont pu faire part de leurs demandes après avoir vu leurs magasins pillés, voire détruits, en marge des manifestations, le président de la CCI appelle chacun à ses responsabilités au nom aussi, de la survie du centre-ville marseillais.

    La Marseillaise : Que retenez-vous de la rencontre avec le président de la République, ce lundi ? Êtes-vous satisfait ?

    Jean-Luc Chauvin : Nous sommes la ville de France la plus touchée avec 528 commerces dégradés, 331 sinistrés, 118 pillés. Cela veut dire qu’il n’y a plus de stock et que tout a été détruit dans la boutique parfois même incendiée. Une barbarie totale. Chaque samedi fermé, c’est 2% de chiffre d’affaires annuel perdu. Et le chiffre d’affaires d’un commerçant entre novembre et décembre, c’est 40% de celui de l’année. Il y a aussi eu des conséquences sur l’hôtellerie. Le fait que le président de la République lui-même soit là, c’est un signe positif, important pour les commerçants. Ils ont pu dire au président et aux ministres présents à la fois tout leur désarroi, tout leur découragement et leur inquiétude.

    Qu’avez-vous demandé ?

    J.-L.C. : On a pu faire passer un certain nombre de demandes essentielles. La première, c’est que les commerçants sont des gens qui investissent, qui prennent des crédits, qui sont en caution personnelle. C’est de l’emploi, de la richesse, des taxes, des impôts. Ils ont besoin de sécurité, d’être défendu par l’État. J’ai fortement insisté pour éviter qu’on arrive à des solutions où un certain nombre d’entre eux se sentant abandonnés, pensent à s’auto-organiser. On a bien vu ce week-end avec un parcours différent, avec un encadrement des forces de l’ordre différent aussi, qu’on a eu que sept commerces cassés. Sur les aides à redémarrer, le fonds national est sorti hier, c’est très bien. On a aussi évoqué avec le président de la République un sujet qu’il n’avait pas dans son spectre, les commerces qui n’ont pas été cassés mais qui sont dans le périmètre concerné. À Marseille, cela représente quatre rues, de la préfecture, à la Canebière, la Chambre de commerce et jusqu’au Centre-Bourse. Là, trois commerces sur cinq sont cassés et ceux qui ne le sont pas, ont eu peur. Et quand ils ouvrent, ils font zéro chiffre d’affaires. J’ai proposé des mesures de chômage partiel, à 100% dans les périmètres où il y a eu les couvre-feux, et que les commerces non pillés puissent aussi bénéficier du prêt à taux zéro de BPIFrance [Banque publique d’investissement] à 50 000 euros. D’autres comme notamment Bernard Marty, en tant que président de l’UMIH [Union des métiers et des industries de l’hôtellerie], et vice-président de la Chambre, ont demandé à ce que cela soit adapté à la capacité de remboursement de l’entreprise.

    Pour autant, comprenez-vous qu’il y ait des revendications ?

    J.-L.C. : Que les gens veuillent manifester, c’est tout à fait normal, c’est leur droit, c’est pas le sujet. Par contre, ce n’est pas admissible, comme malheureusement c’est le cas aujourd’hui, que des manifestations soient infiltrées par des casseurs, des pillards, et par, probablement, des personnes qui veulent en découdre avec les autorités, les forces de l’ordre et les services publics, au détriment même de revendications légitimes des manifestants. On ne peut plus continuer à manifester comme avant, peut-être faut-il adapter la façon de faire. Il faut que les manifestations puissent avoir lieu, mais pas au milieu des commerces, parce que ça casse tout.

    Comment voyez-vous la suite ?

    J.-L.C. : On a très, très peur pour ce samedi, c’est une fête compliquée parce que c’est une fête avec des masques, avec du sang… On a moins d’inquiétude sur le 5 novembre, parce qu’on sait que les manifestations organisées par les syndicats sont gérées, comme ils l’ont fait samedi. J’ai bien expliqué au président de la République qu’il fallait aussi de l’animation pour faire revenir les gens en ville, mais ils ne le feront que lorsqu’ils seront rassurés. Et que, pour cela, il fallait régler le problème de la grogne sociale et des lycéens. Il faut une issue politique et que chacun prenne ses responsabilités, individuellement et collectivement. Que les gens qui manifestent soient aussi coopératifs. Si on veut sauver nos commerces, il va falloir qu’on fasse un effort, peut-être consommer. Peut-être, au lieu d’aller acheter trois produits à 10 euros sur un site ou une plateforme chinoise, acheter un produit à 30 euros chez un commerçant français…

  • Opération déminage auprès de commerçants plus qu’inquiets

    Opération déminage auprès de commerçants plus qu’inquiets

    Je sais le traumatisme qu’a été le 17 octobre, vous avez vécu des scènes de pillages d’une violence folle et inacceptable et ça ne se reproduira pas », a posé Emmanuel Macron lors de sa rencontre avec les commerçants en préfecture. Quelques heures avant la venue « surprise » du président de la République dans la cité phocéenne, plusieurs associations de commerçants marseillais avaient envoyé un communiqué commun réclamant des « actes concrets » comme le renforcement des aides financières « à la hauteur des préjudices subis » quand les assurances ne paient pas tout, un « soutien adapté (…) y compris en l’absence de dégradations matérielles », l’anticipation et l’adaptation lors des manifestations à risques et enfin « l’annulation ou l’exonération des charges sociales et fiscales pour les commerces sinistrés ».

    Le bilan est lourd : « 3 commerces sur 4 sur la Canebière impactés », selon l’un des artisans concernés, 500 en tout dont 331 sinistrés et 118 totalement pillés, précise Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence.

    Il s’inquiète : « Des commerçants ont décidé de se défendre seuls, on leur dit de ne pas le faire. Il faut que la peur change de camp, que les profiteurs soient punis. »

    Un souci de TVA

    pour l’UPE 13

    Jean-Christophe Amarantinis, président de l’UPE 13 (Union pour les entreprises), a lui estimé qu’il y avait « un trou dans la raquette » sur la TVA dont les commerçants ont fait l’avance. Et de réclamer une dérogation de la part de Bercy. Un commerçant avance : « Il va falloir faire en sorte que les aides ne soient pas seulement pour ceux qui sont fermés », mais aussi pour ceux qui « vont aider à remettre de la lumière dans notre ville ». Un autre demande à ce que les prêts pour repartir prennent en compte la capacité de remboursement.

    Également présent, Rodolphe Saadé, président de la CMA CGM, joue les pères Noël. « On est là pour vous aider en matière de logistique », assure-t-il, avec une mise à disposition de ses avions et bateaux, pour permettre la reconstitution des stocks de marchandises au plus vite et « assurer au minimum les fêtes de fin d’année ». Et d’ajouter : « Ne vous inquiétez pas pour le paiement. »

    Mais il va falloir de la patience quand Serge Papin, ministre du Commerce, répond : « Les choses vont être un peu traitées au cas par cas. » Emmanuel Macron a affiché son soutien avec la mise en place d’un dispositif « très simple ». En attendant, le fonds régional « Solidarité commerces pillés » a été réactivé ce lundi, débloquant une aide financière d’urgence à hauteur de 10 000 euros pour faire face aux premières dépenses.

  • Une détermination sans faille à manifester dans tout le pays

    Une détermination sans faille à manifester dans tout le pays

    Ce n’était pas le moment de manifester selon le monarque de l’Élysée. C’était sans compter sur la détermination des Français. Samedi, la CGT a compté 800 000 manifestants dans le pays, autant qu’une semaine plus tôt, dont 250 000 à Paris, en dépit de la recommandation du « méprisant de la République » de ne pas manifester et d’un temps pluvieux sur une grande partie de l’Hexagone. De son côté, le ministère de l’Intérieur a dénombré 410 000 manifestants samedi, contre 550 000 la semaine dernière. « Cette journée de mobilisation est une grande réussite », s’est félicitée l’Union étudiante.

    « Mariane, Mariane ! »

    Dans les cortèges, les slogans contre la vie chère ou la dégradation des services publics sont désormais accompagnés de revendications sur les interdictions de manifester, les périmètres interdits et les tracés révisés sur décision des préfectures. « Marianne ! Marianne ! », a par exemple crié une partie du cortège parisien, à la vue d’une jeune femme aux atours de l’allégorie de la République française, juchée sur les épaules d’un jeune manifestant.

    « On nous prive de la liberté de pouvoir disposer de l’espace comme on le souhaite » et, « globalement, c’est un ras-le-bol général. Ça n’atteint pas que notre liberté mais aussi notre fraternité », a lancé Léa Berthelot, comédienne de 26 ans en bonnet rouge et robe blanche, drapeau tricolore à la main. À travers la France, plusieurs cortèges initialement interdits ont finalement été validés par les tribunaux administratifs. Mais des interdictions ont persisté à Nancy, Metz, Besançon, Belfort, Rouen, Le Havre ou Toulon.

    « Une nouvelle réussite »

    « Ni le président, ni le temps, ne m’empêcheront de manifester », affirme Delphine, 47 ans, en tête de cortège à Lille pour aussi « représenter » ses trois enfants étudiants, « en train de travailler pour payer leurs études ». La secrétaire nationale des écologistes, Marine Tondelier, et le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, figuraient dans le défilé parisien. « Il est temps de céder », a lancé ce dernier à l’attention du chef de l’État. De son côté le Parti communiste français a salué « une nouvelle réussite contre un pouvoir méprisant et liberticide ». Le PCF « pleinement mobilisé partout en France avec ses organisations locales, salue la réussite de cette journée ainsi que le travail des organisations syndicales et de jeunesse qui l’ont rendue possible ». Dans un communiqué, samedi, le Parti communiste rappelle que jeudi dernier, « Fabien Roussel, Stéphane Peu et Cécile Cukierman étaient venus à Matignon exiger des réponses sur les salaires et les prix de l’énergie. Le pouvoir a une nouvelle fois refusé de répondre aux immenses attentes que la mobilisation exprime ». Or si les revendications des manifestants sont diverses elles convergent toutes autour du pouvoir d’achat, de la défense des services publics et de la justice fiscale et sociale. Les organisations étudiantes et lycéennes espèrent des annonces concrètes aujourd’hui après une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, tandis que les syndicats de salariés se mobilisent en vue d’une journée nationale de grèves et de manifestations le 5 novembre. De leur côté, les gilets jaunes ont déjà annoncé une nouvelle journée d’action le 31 octobre.

    La Ligue des droits de l’homme (LDH) a, elle, réclamé l’envoi en France d’une mission d’observation sous l’égide des Nations unies, jugeant le maintien de l’ordre de ces dernières semaines « particulièrement chaotique et incohérent ».

    Enquête ouverte

    sur des nervis à Nice

    À Montpellier, Rouen et Nice des membres de l’ultradroite ont voulu affronter des manifestants. À Lyon, un petit groupe d’une douzaine de jeunes hommes encagoulés ou visage caché scandant « la rue la France nous appartient » dans la presqu’île, interdite à tout cortège ou attroupement, a pu déambuler sans entrave. Autre fait : une enquête a été ouverte après des incidents au cours desquels des manifestants ont été agressés à Nice par des individus susceptibles d’appartenir à la mouvance d’ultra-droite, a indiqué dimanche le parquet. « Une enquête en flagrance confiée au SLPJ 06 [Service local de police judiciaire] est ouverte pour identifier et interpeller les membres de cette mouvance impliqués dans les violences aggravées qui se sont déroulées dans le centre-ville », a précisé le procureur de la République de Nice Damien Martinelli dans un communiqué transmis à la presse. Le magistrat a indiqué « vouloir apporter une réponse extrêmement ferme à ces faits de violence commis par ces individus », en précisant que des enquêtes sont en cours à partir des images captées samedi. Sur certaines d’entre elles diffusées par la presse locale, on voit des hommes en noir masqués se ruer sur des manifestants visiblement non-violents.

    Le maire de Montpellier dénonce une « milice d’extrême droite »

    Outre Nice, des agressions de manifestants par des membres d’ultra-droite ont également été recensées à Montpellier. Dénonçant cette « milice d’extrême droite », le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a lui estimé qu’en « République, personne ne peut faire usage de la violence contre autrui. Je condamne ces agissements avec force et demande à ce que la justice enquête et interpelle les auteurs. Il ne peut y avoir la moindre impunité ».

  • À Marseille, un guichet pour accompagner les commerçants

    À Marseille, un guichet pour accompagner les commerçants

    De nombreux commerces du centre-ville de Marseille ont été affectés par des débordements et pillages qui ont eu lieu en marge de la manifestation du 17 octobre. « Nous avons recensé 317 commerces sinistrés au cours de la semaine. Parmi eux, 213 ont subi des dégâts, 17 ont été partiellement pillés et 115 totalement pillés », affirme Francis Coulomb, directeur de l’appui aux entreprises à la CCIAMP.

    Face à ce lourd constat, la CCI a organisé, ce vendredi, un guichet ouvert aux commerçants, où un large panel d’institutions était réuni, à la Bourse. Avec la volonté de « faire en sorte qu’en une ou deux heures, les sinistrés puissent voir l’ensemble des acteurs », ajoute Francis Coulomb. Des services de l’État comme l’Urssaf ou la direction de la finance publique, la fédération des assureurs, la Banque de France ou encore des avocats du barreau de Marseille étaient présents pour centraliser les démarches, orienter et conseiller.

    Choc et désarroi

    Du côté des commerçants, certains sont encore très marqués par ce qu’ils ont vécu il y a une semaine. Pauline est opticienne indépendante et sa boutique du centre-ville a été « totalement saccagée et dépouillée », décrit-elle avec beaucoup d’émotion. « Si on arrête, on n’a plus de revenus. C’est dur de retrouver du sens maintenant », avoue la commerçante, encore dans le flou. Le bilan est également très lourd pour Paul et sa brasserie, Le Vendôme : « On nous a brisé la vitre et tout saccagé à l’intérieur. Il nous reste encore la machine à café, donc on s’est promis de rester ouvert pour essayer de continuer à faire vivre le centre-ville, mais l’ambiance est morose dans le quartier. Notre activité a diminué de presque 70% et j’ai dix employés que je vais avoir beaucoup de mal à payer. Je viens donc me renseigner pour savoir ce qui est possible en termes de chômage technique. »

    Certains commerces moins touchés sont tout de même présents. « Je n’ai pas eu de sinistres, à part le rideau métallique, mais je suis très fortement impacté. Je travaille avec des magasins des rues de Rome et Paradis qui se sont fait piller, donc je n’ai plus de clients », explique le gérant de la boutique Josy Couture, qui propose des retouches de vêtements.

    Une cellule psychologique a également été ouverte pour accueillir les commerçants, qui ont, pour certains, été confrontés de près aux scènes de pillage.

    L’accueil se poursuit sur rendez-vous lundi, mardi et mercredi. Prise de rendez-vous : urgence-entreprise@cciamp.com

  • Martigues : au chevet des commerces et entreprises touchées par les inondations

    Martigues : au chevet des commerces et entreprises touchées par les inondations

    Placardée sur la vitrine, une affiche signale : « Fermés pour cause d’inondations ». Dans la rue Lamartine, les commerces rouvrent au compte-goutte, mais l’ambiance est morose. Des cartons posés à même les pavés témoignent des pertes dans les magasins.

    Chantal a été plutôt épargnée, bien que l’eau soit montée d’une quinzaine de centimètres dans sa boutique Génération junior, pourtant surélevée. « On habite au-dessus, donc on a pu réagir vite et aller mettre notre stock en hauteur », explique-t-elle. Sa fille, en revanche, a eu moins de chance. Ouvert il y a peu, son magasin « est foutu ».

    Désormais, les commerçants attendent le passage de l’expert en assurance. Magalie, propriétaire du magasin de prêt-à-porter La Cigale, n’a pas encore de date précise. « Ils sont sous l’eau, même s’ils donnent la priorité aux professionnels. » Si la Ville de Martigues ne peut pas encore précisément chiffrer le nombre de sinistrés, près de 800 demandes de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ont déjà été formulées. Un record. Les maires ont obtenu une procédure accélérée auprès du Préfet pour obtenir cet arrêté qui facilitera toutes les démarches. La commission interministérielle doit se tenir le 27 octobre. En rendez-vous avec Jacques Witkowski jeudi, Gaby Charroux (PCF) a également plaidé pour obtenir un bureau d’experts des assurances centralisé pour dépêcher le retour à la normale.

    En attendant, une permanence de la Chambre de commerce et d’industrie est ouverte aux commerçants et aux entrepreneurs au sein de l’hôtel de ville. L’élu de l’organisme Philippe Berutti détaille : « On va recueillir leurs doléances et faire un état des lieux pour leur apporter des solutions, soit de financement, soit aller pousser auprès des collectivités pour obtenir des aides. L’idée, c’est de leur montrer qu’ils ne sont pas seuls. »

  • Après avoir tout verrouillé la veille, le préfet lâche finalement du lest

    Après avoir tout verrouillé la veille, le préfet lâche finalement du lest

    « Lorsqu’une organisation syndicale reconnue, et je crois que la CGT en fait partie, qu’elle a une capacité de déclarer, de discuter en itinéraire, d’amener des éléments d’encadrement, d’accompagnement et de sécuriser l’événement, il n’y a aucune raison de ne pas accepter ce type de manifestation. » Après être revenu sur la suspension des transports à Marseille, ce vendredi 23 octobre, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a autorisé la manifestation organisée par l’intersyndicale CGT-FSU et Solidaires ce samedi, malgré l’interdiction de toute manifestation, déclarée ou non, la veille.

    « Nous avons trouvé en milieu de matinée un itinéraire qui satisfait à la fois la possibilité à tout un chacun de pouvoir venir manifester et nous, de pouvoir sécuriser un itinéraire qui évite le centre commercial tout en restant en ville, pour permettre à chacun de s’y déplacer », a-t-il justifié. Pour lui, « les commerçants doivent pouvoir travailler », et les gens « faire des emplettes (…) en toute quiétude ». La mobilisation « initialement autorisée » à Aix-en-Provence a, elle, été interdite à l’heure où nous écrivons ces lignes, « parce que l’organisateur refusait, conformément aux doctrines nationales, de changer son itinéraire, qui passait par l’hyper-centre-ville commerçant ».

    Les transports publics marseillais en circulation

    Un peu plus tôt dans la matinée, la préfecture avait reculé sur la suspension des transports marseillais pour la journée de samedi, « faute de consensus ». « J’avais souhaité, et non pas décidé de façon autoritaire, de pouvoir réguler les transports publics », explique le préfet, pas pour « mettre la ville sous cloche » assure-t-il, mais « parce que lorsqu’on est en gestion de mouvements importants, en cours de journée, il nous arrive de demander à l’opérateur de transport de couper les lignes ». Et les gens partis au travail le matin « ne peuvent pas rentrer », poursuit-il. L’idée était d’anticiper pour permettre « à chacun de prendre ses dispositions », assure le représentant de l’État. Dans le reste des Bouches-du-Rhône, les transports en commun sont suspendus à la demande des maires précise-t-il, comme sur l’axe Marseille-Aix-en-Provence, ou entre Aix-en-Provence et Salon-de-Provence, entre Marseille et Salon-de-Provence et entre Marseille et Miramas.

    Sur le dispositif de sécurité mis en place, le ministre de l’Intérieur ayant annoncé le déploiement du Raid, du GIGN et même de l’armée, Jacques Witkowski n’a pas souhaité s’exprimer.

  • Une appli d’alerte pour les commerces d’Avignon

    Une appli d’alerte pour les commerces d’Avignon

    Sur un grand écran, ce jeudi 22 octobre, dans le bureau du maire d’Avignon, s’affiche une carte du centre-ville : divers points bleus représentent les commerces de la ville. Une démonstration de l’application intitulée « Mon Avignon Alerte » avec laquelle, en quelques clics, les commerçants inscrits pourront, dès ce samedi, déclencher une alerte « en cas de danger imminent », explique le maire (DVD), Olivier Galzi.

    L’outil permettra ainsi aux propriétaires et gérants de magasins d’être informés en temps réel d’éventuelles dégradations. Pour rappel, le week-end dernier, six commerces ont été dégradés et pillés. « Il faut d’abord appeler le 17 évidemment. Mais cela permet d’être un complément et d’informer ses voisins. On génère un périmètre et ceux qui reçoivent une alerte seront conscients du danger imminent et pourront fermer leurs grilles », précise Olivier Galzi. Un logiciel développé par son adjoint délégué à la transformation digitale et au système d’information, Matteo Boso. « J’ai travaillé jour et nuit en urgence. On doit pouvoir être réactif », assure celui qui est programmateur de métier. Il est aussi possible de transmettre photos et vidéos dans la même interface.

    Couvre-feu ce week-end

    Durant les prochaines 48 heures, la mission des équipes municipales sera d’enregistrer les 2 000 commerçants dans le système. Il devrait être reconduit pour d’autres manifestations, mais pas à plein temps tout au long de l’année… Son fonctionnement nécessite en effet la supervision d’une personne maîtrisant parfaitement l’outil, en l’occurrence Matteo Boso.

    Dans le même temps, la municipalité indique s’être entretenue avec la préfecture pour d’autres mesures. Elle affirme que les manifestations seront interdites en centre-ville de la Cité des Papes. La Ville annonce également la mise en place d’un couvre-feu visant les mineurs non accompagnés les samedi 24 et dimanche 25 octobre, dans le centre-ville d’Avignon ainsi qu’aux niveaux des centres commerciaux. Une boutique de Mistral Sud avait notamment été pillée, le 17 octobre.