Tag: commerçants

  • À Toulon, une nouvelle organisation pour les conseils de secteur

    À Toulon, une nouvelle organisation pour les conseils de secteur

    C’est un élément peu connu des habitants, et pourtant obligatoire dans toutes les communes de plus de 80 000 habitants depuis 2002. Instance consultatives et participatives, ni organes exécutifs, ni réunions d’information, les conseils de secteur ont été conçus à Porto Alegre, au Brésil, dès 1989, pour favoriser la justice sociale. Exportés au début des années 2000 en Europe et en France, ils ont vocation à créer du dialogue entre élus et citoyens. Ils offrent à ces derniers la possibilité de s’impliquer dans leur vie de quartier, en proposant et débattant des projets. « De la même façon que nous demandons aux enfants de rêver leur cour de récréation, nous invitons les Toulonnais à imaginer leur quartier », illustre la maire de Toulon Josée Massi.

    Cette dernière a désiré repenser intégralement la constitution de cet outil. Dès avril, elle a chargé son adjointe à la démocratie de proximité, Corinne Jouve, de tabler là-dessus. Premier changement : un redécoupage des secteurs, passés de dix à cinq (nord-ouest, nord-est, ouest, centre et sud), avec des quartiers « regroupés par cohérence de projets mais aussi par rapport aux besoins spécifiques des habitants », détaille la maire de Toulon.

    Un budget de « plusieurs millions d’euros »

    Un appel citoyen a ensuite été lancé. 807 habitants, associations et commerçants y ont répondu. Les conseils ont ensuite été déterminés par tirage au sort, chacun d’eux étant dirigé par un adjoint de secteur, avec, en leur sein, un élu (y compris d’opposition), un habitant, un membre d’un comité d’intérêt local (CIL) et un représentant associatif ou commerçant.

    Ils démarreront leur mission dès janvier, et ce jusqu’à la fin du mandat municipal en cours, et se réuniront a minima deux fois par an, en janvier et en juin. Leur fonctionnement sera régi par une charte. « Chaque membre s’engage à œuvrer pour et dans l’intérêt général de la ville, du quartier et de ses habitants. Il doit faire preuve de civisme, d’exemplarité et d’assiduité », explique Corinne Jouve. Les conseils de secteur disposeront d’un budget global de « plusieurs millions d’euros » sur la durée du mandat, afin « de réaliser des projets proposés et débattus au cours des séances de travail annuelles après études de faisabilité technique, juridique et financière », ajoute l’adjointe à la démocratie de proximité.

  • Une Foire contrastée pour les inventeurs et démonstrateurs

    Une Foire contrastée pour les inventeurs et démonstrateurs

    Les emblématiques emplacements réservés au « Club des inventeurs » et aux démonstrateurs sont de nouveaux présents cette année sur la Foire, au parc Chanot. Un regroupement qui « évoque les marchés d’autrefois et rappelle la créativité légendaire des forains », selon les organisateurs.

    Parmi les commerçants venus mettre en avant leurs produits, de nombreux médaillés du Concours Lépine. L’occasion de découvrir le Tirflem, ramasse-boule de pétanque magnétique, ou encore l’enfile-couette Hopoli. Que ce soit pour trouver les futurs cadeaux de Noël, faire du shopping, ou se laisser séduire par les vendeurs, l’espace attire chaque année son lot de visiteurs.

    Hausse du coût de la vie

    Cependant, l’augmentation générale du coût de la vie semble freiner une partie des visiteurs. « Forcément, tout coûte plus cher, donc on achète moins, on se fait moins plaisir », expriment Béatrice et Sandrine, deux habituées de la Foire. Ce changement d’habitudes chez les clients se fait également ressentir auprès des commerçants. « On le voit, les gens n’ont plus une thune, ils dépensent moins », lance Guilhem, inventeur d’une raclette en silicone avec réservoir. « J’essaye de me mettre aux réseaux, mais c’est pas mon truc. Aujourd’hui, c’est de plus en plus dur de surprendre le public », poursuit-il, en évoquant l’impact des réseaux sociaux et de l’e-commerce sur son activité. Sentiment partagé par Anthony, un autre vendeur présent sur cet espace : « Le prix du stand a augmenté par rapport à l’an dernier, et il y a moins de visiteurs, donc forcément, c’est compliqué, y’a un souci ».

    Malgré tout, certaines grandes enseignes bénéficient de leur notoriété et ne pâtissent pas de la situation. « On n’a pas eu de baisse des ventes par rapport à l’an dernier, on est même en positif », confie Emilie Delphon, responsable du stand Tupperware.

    AU PROGRAMME CE JEUDI

    Journée senior

    Une deuxième journée senior est prévue ce jeudi à la Foire. L’accès est de nouveau gratuit pour les personnes de plus de 60 ans.

    Animations par l’ES

    Tout au long de la journée, l’association et club de loisir pour seniors ES 13, proposeront des animations sur la grande scène. Différentes activités, shows et une tombola auront lieu sur la scène centrale.

    Soirée gourmande et dansante

    Dès 19h, sur la grande scène, le groupe Gipsy by Paco Baliardo reprendra les classiques des Gipsy King.

  • Le message des Gilets jaunes marseillais au gouvernement

    Le message des Gilets jaunes marseillais au gouvernement

    Une cinquantaine de Gilets jaunes se sont retrouvés samedi matin sur le Vieux-Port pour une marche vers la Préfecture. Ils ont lancé un appel à la justice sociale et à l’unité citoyenne pour défendre le pouvoir d‘achat, la jeunesse, les services publics. « Depuis Marseille nous adressons un message au gouvernement. Ecoutez ceux qui travaillent et qui cherchent un emploi, écoutez les jeunes, les familles, tous ceux qui chaque mois doivent calculer pour réussir à vivre ! Nous demandons simplement que le peuple soit écouté ! », a lancé Emma, intérimaire, mère de deux enfants. « Les commerçants, les personnels soignants, les policiers, tous les citoyens en ont ras-le-bol », explique son compagnon, Damien, 24 ans, qui distribue des tracs, et rappelle qu’il a été « à 16 ans en 2018 le plus jeune Gilet jaune de Marseille ».

    « J’ai une colère en moi, je suis capable de tout casser », lance Jamila, ancienne aide soignante à la retraite. « Y a rien qui va, la vie chère, les médicaments qui sont mal remboursés, la guerre à Gaza et en Ukraine. Réveillez-vous les gens ! » « Le peuple souffre » résume Rosie, 74 ans, qui a ressorti ses belles pancartes bariolées de 2018.

    « On se doit d’être de toutes les mobilisations sociales à côté des Gilets jaunes comme l’a dit Fabien Roussel lors de la Fête de l’Humanité » dit Ariane Lombardi, membre de la Fédération du PCF. « C’est un mouvement citoyen porté par des valeursà positives et qui répond à de réels problèmes de Français, c’est-à-dire pouvoir vivre dignement, se loger, se nourrir, se cultiver, envisager un avenir meilleur. »

  • La Grande braderie d’Avignon revient après un été compliqué pour les commerçants

    La Grande braderie d’Avignon revient après un été compliqué pour les commerçants

    La Grande braderie, « l’un des temps forts de la rentrée commerciale avignonnaise », reprend ses droits en Cité des Papes de ce jeudi 17 au dimanche 20 septembre. Quatre journées pendant lesquelles les 1 800 commerçants du centre-ville sont invités à disposer leurs marchandises, à prix réduits pour l’occasion, sur la voie piétonne.

    Un événement organisé, comme chaque année, pendant les Journées du patrimoine, où une cinquantaine d’animations sont proposées, « car cela attire du monde et on profite de ces dates importantes », assure Corinne Chatriot, première adjointe au maire d’Avignon, chargée de la dynamique commerciale. Avec également « une ambition collective qui est de faire du plateau piéton un véritable moteur de fréquentation et de vitalité commerciale ».

    Vacance commerciale

    Une importance d’autant plus forte que la Ville lutte contre la vacance des locaux commerciaux. « On est en train de faire un état des lieux », assure l’élue. Dernièrement, c’est l’enseigne Foot Locker qui a annoncé se séparer de ses locaux en intra-muros. Tandis qu’avec les canicules successives, « la fréquentation a été compliquée », concède Corinne Chatriot, elle-même à la tête d’une boutique de vêtements entre les remparts. « Donc c’est effectivement attendu car c’est souvent un succès, d’autant qu’il devrait faire beau. Il y a plein de choses à améliorer et un travail va être effectué à ce propos », poursuit la première adjointe.

  • « 2 euros la salade, ça commence à faire beaucoup »

    « 2 euros la salade, ça commence à faire beaucoup »

    Ce vendredi matin, au marché, tout le monde constate une hausse du prix des fruits et légumes sur les étals.

    « C’est surtout le prix des tomates qui a augmenté », observe une habituée âgée d’une soixantaine d’années. Cette Marseillaise poursuit en affirmant, selon elle, que « cette année, tout est plus cher et de moins bonne qualité, les fruits sont plus petits ». Une situation qui a modifié les habitudes de cette cliente, qui se tourne désormais en partie vers des grandes surfaces.

    Un primeur confie avoir « honte »

    Un autre client, d’une trentaine d’années, pointe quant à lui le prix des salades : « 2 euros la salade, ça commence à faire beaucoup ». Malgré cela, il continue d’acheter ses fruits et légumes sur le marché : « Je viens ici parce que je veux soutenir les producteurs locaux qui sont aussi impactés par l’augmentation des prix. Ça ne me dérange pas de mettre la main à la poche. De toute manière, on n’a pas le choix que d’acheter des légumes ».

    Un vendeur présent sur le marché du Prado, à Marseille, confirme que les clients ont constaté une hausse des prix : « Au départ, les gens ne comprenaient pas, mais en leur expliquant les raisons, ils s’y sont faits. » Le marchand confie avoir « honte de vendre des légumes à ces prix ». Jamais ce vendeur du marché du Prado n’avait affiché des tarifs aussi élevés au kilo, selon lui : « 10 euros les brocolis, 6,90 euros les pêches, j’ai jamais vendu aussi cher ».

    Malgré tout, la fréquentation du marché ne semble pas avoir diminué, la solidarité des clients ayant sans doute pris le dessus face à la hausse prix.

  • Échanges tendus entre maire et opposition en conseil municipal de Manosque

    Échanges tendus entre maire et opposition en conseil municipal de Manosque

    Les échanges ont à nouveau été virulents entre le maire de Manosque Camille Galtier (DVD) et son opposition en conseil municipal, jeudi soir. Alors que les élus d’opposition Claire Henriroux (écologiste) et Sébastien Aubert (DVG) étaient prévus et affichés à l’écran du conseil municipal comme représentants à la commission locale du secteur patrimonial remarquable, ce sont les noms de Fabrice Durnerin (RN-UDR) et Patrick Rousset (Regain Manosquin) qui ont été mis au vote. « C’était acté de longue date, depuis juin. J’ai encore les mails de la mairie qui me disent que j’y suis. Comme je suis un peu plus piquante que M. Rousset, ils l’ont mis à ma place », a regretté l’élue écologiste. « M. Galtier s’empresse de satisfaire le RN », a-t-elle accusé à l’issue du conseil municipal.

    « Sur table, on change les noms. Cela s’appelle la démocratie. On va pas refaire le débat à chaque fois. Si vous êtes pas d’accord avec ça, vous allez au tribunal administratif », a répondu le maire à l’élue d’opposition pendant le conseil municipal.

    Une dotation de l’État

    en baisse

    Claire Henriroux a également questionné le conseiller municipal délégué aux commerces, Pierre Bianco, concernant les critères d’indemnisation des commerçants suite aux travaux de renouvellement urbain du centre ancien, affirmant avoir été contactée par plusieurs commerçants « incrédules » concernant ces critères d’indemnisation. Le conseiller municipal délégué aux commerces et le maire lui ont répondu que le seul critère était la perte de 25% de chiffre d’affaires. « Pas une seule ville en France a mis 80% de compensation sur les travaux, il y a plein de villes en France qui ne font pas d’indemnisation. On est le plus arrangeants possible. Si les commerçants ne déclarent pas tout le chiffre d’affaires qu’ils font, c’est compliqué d’aller compenser », a affirmé Camille Galtier. S’en est suivi un échange tendu entre le conseiller d’opposition DVG Sébastien Aubert et le maire concernant l’existence ou non de commerçants ayant « des chiffres d’affaires parallèles », non déclarés. « Vous déformez mes propos, ce n’est pas la première fois », a lancé Camille Galtier au conseiller d’opposition. « La période estivale ne nous aura pas servi à faire baisser le curseur au niveau des attaques personnelles », lui a répondu Sébastien Aubert.

    Les conseillers municipaux ont par ailleurs voté une modification du budget, adopté en février, en raison notamment d’une « dotation forfaitaire de l’État en baisse significative et forte de 265 617 euros » et de l’augmentation du prix des carburants, a expliqué le conseiller municipal délégué aux finances Pascal Antiq.

  • Le Marché du Soleil est parti en fumée

    Le Marché du Soleil est parti en fumée

    « Ça fait mal au cœur, ce n’est pas possible… ». Le poing serré, Djil Benz, président de l’association des commerçants du Marché du Soleil, contemple le va-et-vient des marins pompiers de Marseille devant ce qu’il reste du bazar emblématique de la cité phocéenne, ce jeudi matin.

    Car 2 300 m2 du Marché du Soleil ont été ravagés par un incendie qui s’est déclaré dans la nuit, aux alentours de 2h20 du matin. « C’est quasiment l’entièreté du marché qui a été détruite », commente Sylvie Odier, procureure adjointe du parquet de Marseille, sur place plus tard dans la matinée. Heureusement, on ne décompte « pas de blessé » ni d’hospitalisation pour les 71 personnes évacuées. L’intervention « rapide » et massive du Bataillon des marins-pompiers de Marseille, avec plus de 30 engins et de 100 militaires présents, a permis d’éviter que le feu ne se propage aux bâtiments adjacents et immeubles d’habitations environnants. Une grande partie des toits du Marché du Soleil s’est d’ailleurs effondrée.

    « Vers 2h20, un homme vêtu de blanc a été aperçu en train d’escalader le Marché. Quelques minutes après, l’incendie s’est déclaré. Attisé par le vent, le feu s’est rapidement propagé mais grâce au travail des marins-pompiers, il a pu être maîtrisé tôt ce matin », explique la procureure adjointe. L’homme en question a été aperçu « par un témoin » et n’a pas été interpellé à l’heure où nous écrivons ces lignes. Reste qu’aux alentours des 10h30, « les opérations de mises en sécurité sont encore en cours » mais le feu est fixé et maîtrisé. « La division de la criminalité territoriale est chargée de l’enquête ouverte en flagrant délit des chefs de destruction par moyen dangereux ». De quoi laisser supposer que c’est bien la piste criminelle pour un « incendie volontaire » qui s’impose du côté des enquêteurs à ce stade.

    Trois jours après la décision de fermeture

    D’autant que le timing interroge puisque la fermeture définitive, de même que la condamnation du gérant, Georges Dahan, et d’une douzaine de personnes ont été prononcées par le tribunal correctionnel de Marseille, seulement 3 jours plus tôt. Le gérant était visé notamment pour des faits de « détention, production, vente de marchandise contrefaisante » et « blanchiment ». Un jugement que les protagonistes de l’affaire contestent, plusieurs appels à l’encontre de cette décision ont été lancés.

    Quoi qu’il en soit, cet incendie laisse tout un quartier en émoi. « Depuis plusieurs mois, nous demandions au gérant de sécuriser réellement le site. Des voyous étaient déjà rentrés par un autre côté pour prendre de la marchandise. Mais personne n’a rien fait. Les magasins étaient encore pleins de marchandises, on n’avait pas eu le temps de tout vider ! », déplore Djil Benz. Aux alentours des 17h, les évacués n’avaient pas pu réintégrer leurs logements et les marins-pompiers étaient encore sur les lieux pour une opération de noyage.

  • Pour faire vivre la démocratie participative à Toulon

    Pour faire vivre la démocratie participative à Toulon

    Pour ne pas résumer la démocratie municipale aux seules échéances électorales et aux débats en séance du conseil municipal avec l’opposition, réduite ici maintenant à l’extrême droite, la Ville prend le parti de réactiver ses conseils de secteur et de les doter d’un budget participatif. À charge aux habitants, associations et commerçants qui siégeront dans ses instances avec les élus de se faire force de proposition.

    « Je veux impliquer très concrètement les Toulonnais dans la vie de la cité », explique Josée Massi.

    En tout cinq conseils de secteur de 4 collèges de 5 membres chacun avec outre les élus, des représentants des habitants, des associations et des commerçants qui vont être désignés par tirage au sort le 28 septembre. L’appel à candidature est lancé depuis lundi (jusqu’au 22 septembre) et des urnes disposées dans les mairies annexes recueillent les formulaires d’inscription. La démarche est également sur le site internet de la Ville.

    « Le message que l’on adresse aujourd’hui aux habitants est très simple. Votre quartier compte, votre parole compte, et nous allons vous le démontrer par des actes », ajoute la première magistrate. Et de poursuivre : « Vous connaissez par cœur, ma méthode : écouter, concerter, décider. Donc, j’ai envie de dire aux habitants, engagez-vous ! »

    « L’objectif, c’est de faire monter les idées et les propositions de celles et ceux qui connaissent leur quartier au quotidien », confirme l’adjointe au maire à la Démocratie de proximité, Corinne Jouve.

    Les Toulonnais invités

    à s’engager

    Et d’insister sur « le budget participatif [qui] est une première à Toulon ». Et qui change tout puisque contrairement aux Comités d’intérêts locaux (CIL) qui recueillent essentiellement les doléances des habitants pour les transmettre à la ville, il s’agit ici de construire collectivement des projets. Même si la Ville garde la main décisionnelle, elle s’engage à motiver le cas échéant ses refus.

    Aux représentants de laisser s’exprimer leur imagination et leur créativité pour l’intérêt général. Que ce soit pour installer, une table de jeu d’échecs dans un parc, la création d’un jardin partagé, d’une fresque pour les plus classiques voire des projets beaucoup plus ambitieux.

    Les élus qui vont présider ces conseils de secteurs sont Brigitte Genetelli pour le Nord-ouest, Jean-Charles Brochot pour le Nord-est, Hélène Audibert pour le centre-ville et Saint-Jean du Var, Ali Khalfaoui pour les quartiers Ouest et Albert Tanguy pour ceux du Sud.

    Voilà, reste plus qu’à oser et rêver sa ville et son quartier comme les minots le font pour leurs écoles lorsqu’ils y sont invités.

    Une nouvelle respiration démocratique permettant de confronter les points de vue et de chercher ensemble des solutions. De faire de la politique en somme.

  • Fermeture définitive pour le Marché du Soleil

    Fermeture définitive pour le Marché du Soleil

    Le tribunal correctionnel de Marseille a peut-être mis fin à un monument du commerce de la cité phocéenne. La juridiction a rendu sa décision, ce lundi, concernant l’avenir du fameux Marché du Soleil, situé rue Fauchier, dans le 2e arrondissement de la ville. Et autant dire qu’il n’est pas radieux : sa fermeture ainsi qu’une lourde condamnation à l’égard de son propriétaire, George Dahan, ont été prononcées. Ce dernier écope de quatre ans de prison avec sursis, la confiscation des murs et une cascade de sanctions pécuniaires notamment pour des faits de « détention, production, vente de marchandise contrefaisante » et « blanchiment ». Il n’était pas présent lors du rendu de la décision. Trois de ses frères ont également été condamnés à de la prison avec sursis. De même que Leïla Hireche, considérée comme son bras droit, a écopé de trois ans avec sursis.

    Un jugement « particulièrement sévère »

    De quoi sonner le glas de ce grand bazar de 3 600 m2 créé il y a quarante ans et qui s’est progressivement mué en référence de la vente de copies de produits de marque ? Si le Marché du Soleil avait été fermé en février dernier suite à un arrêté préfectoral, reste que l’avocat de George Dahan, Me Stéphane Ceccaldi, entend faire appel. Le jugement du tribunal, « particulièrement sévère », sonne comme « une exécution sommaire » du lieu, a dénoncé l’homme de loi. « C’est l’État qui devient propriétaire », a-t-il ajouté, s’interrogeant sur une éventuelle « opération immobilière » en projet après cette décision. En effet, si la fermeture est confirmée en appel, la question se posera du devenir d’un site central et historique de la ville.

    D’autant que depuis que ses portes sont closes, l’activité est au ralenti dans tout le quartier longtemps fréquenté par les clients en quête de bonnes affaires, se plaignent les commerçants. Rappelons qu’après le Covid, le Marché du Soleil avait connu un essor considérable des copies de marques jusqu’à représenter 70% des ventes, devenant « un monstre nourricier et lucratif », avait estimé la procureure. Parfums, baskets, sacs, vêtements venant de Chine ou de Turquie parfois floqués dans des ateliers sur place avec de fausses marques se monnayaient pour quelques dizaines d’euros au vu et au su du plus grand nombre.

    Le développement massif de la contrefaçon s’est traduit par l’envolée du chiffre d’affaires d’AMG Promotion, la société familiale présidée par George Dahan. De 700 000 euros en 2020, il avait bondi à 1,7 million en 2023, selon la justice. En novembre 2025, le montant des encaissements en espèces avait atteint 216 000 euros, un record mensuel dont se vantait un gardien collecteur des loyers. Durant le procès, le patriarche Georges Dahan, se déplaçant avec difficulté, a tenté de se présenter en commerçant dépassé par le développement de la contrefaçon dans l’entreprise familiale fondée avec son père en 1987.

    Des ripoux dans le lot

    Parmi la douzaine de prévenus condamnés lundi figurent également trois policiers municipaux « ripoux » qui écopent de peines de prison de 18 à 24 mois avec sursis et une interdiction d’exercer. Ils s’étaient mis au service de la gérante du marché, lui transmettant notamment des informations sur des contrôles des autorités en échange de paires de baskets. Une employée préfectorale qui avait reçu de l’argent pour tenter d’empêcher une fermeture préfectorale du lieu a été condamnée à 18 mois de prison avec sursis. Reste à connaître la décision en appel.