Tag: policiers

  • Jérémy Bacchi portera la voix des lycéens de Martigues

    Jérémy Bacchi portera la voix des lycéens de Martigues

    « Je vais remettre votre lettre au ministre de l’Éducation nationale », promet le sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, à la vingtaine de lycéens conviés à l’hôtel de ville, jeudi après-midi. Le maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF), a renouvelé la rencontre avec les lycéens de la ville, comme il l’avait fait mardi, afin de transmettre directement leurs doléances et revendications au niveau parlementaire.

    Mévann, élève de terminale au lycée Langevin, est l’un des auteurs d’une lettre de lycéens mobilisés à destination du préfet et des responsables de l’Éducation nationale. « Nous demandons des emplois du temps plus rationnels, car nous sommes présents au lycée de 8h à 18h chaque jour, soit 45 heures, mais pour 28h de cours en moyenne par semaine », détaille l’élève. En outre, les lycéens demandent des effectifs limités à 30 par classe au lieu de 36 parfois, le retour des spécialités et options supprimées, le remplacement systématique des professeurs absents, des ordinateurs qui fonctionnent et des locaux « adaptés au changement climatique », liste Mévann. Avec une anecdote : « Quand on mesure la température des classes, on est parfois à 38 voire 39 degrés à 13h ».

    Alors que le débat budgétaire a débuté au Parlement, Jérémy Bacchi insiste sur « le besoin de traduire ces revendications dans le budget adopté, car sinon, on pourra vous faire toutes les promesses qu’on veut, il n’y aura rien ».

    « Desserrer l’étau »

    Au sujet des amplitudes horaires, le sénateur remarque que « le ministre de l’Éducation nationale a demandé aux académies de faire le travail. Soit ça veut dire qu’ils pouvaient agir avant, soit qu’on leur demande de régler un problème qui est le même depuis des années ».

    Mais le sujet au cœur des échanges est celui des violences policières unanimement pointées par les jeunes présents. « Un lycéen a été plaqué au sol et violenté par trois personnes de la BAC pendant le blocus. Il est ressorti traumatisé de ses 24 heures de garde à vue, qui n’avaient pas lieu d’être puisqu’il n’y participait pas », expose ce lycéen de Lurçat. « Une copine s’est pris un flashball dans la tête alors qu’elle était sur le côté. Elle a perdu la vue et on ne sait pas si elle va la récupérer », affirme une autre élève. « Je suis pas contre les policiers, mais y’a des limites. »

    Le sénateur affirme qu’« il faut desserrer l’étau sur les lycéens (…). Nous allons demander une commission d’enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre ». Il propose en attendant d’écrire un courrier à la préfecture de police à ce sujet.

    Quant aux exclusions prononcées à l’encontre de certains élèves en raison de leur participation au blocus, Jérémy Bacchi juge qu’« on ne doit pas amputer la vie d’un jeune qui a voulu défendre son avenir. Nous avons proposé une loi d’amnistie pour les syndicalistes, on peut faire la même chose pour les lycéens ». Une manière, aussi, de faire converger les intérêts et les luttes.

  • À Toulon, une mobilisation itinérante devant les établissements

    À Toulon, une mobilisation itinérante devant les établissements

    Dès 7h jeudi à Toulon, plusieurs centaines de lycéens se sont mobilisés devant leurs établissements. Les lycées du Parc Saint-Jean, Bonaparte, Dumont-Durville et de la Rouvière ont été bloqués pendant environ une heure, mais l’intervention des forces de l’ordre a rapidement dispersé les manifestants, après l’allumage de feux de poubelles. Ces derniers se sont rejoints, bloquant divers axes de circulation, tout en se rendant devant plusieurs lycées de la ville, dont les directions ont confiné leurs élèves dans l’enceinte des bâtiments.

    « On veut une vie normale, pas faire du 8h-18h, métro-boulot-dodo », revendique Enzo, élève de première à Bonaparte. Alexis (nom d’emprunt), parle de « ras-le-bol général de la jeunesse. Ça faisait longtemps qu’elle ne s’était pas mobilisée de la sorte à Toulon, ça peut créer un renouveau. Mais il faut que ça continue ». S’il considère « qu’il n’y a pas de revendication politique extrêmement forte », il parle de « prise de conscience générale » et d’une « violence légitime, qui vient d’en bas. Ce n’est pas un mouvement bourgeois ».

    Lycées ouverts vendredi

    D’autres mobilisations ont eu lieu dans plusieurs communes varoises (Fréjus, La Seyne, Brignoles, Hyères…). On recensait 2 250 manifestants dans l’ensemble du département. 45 d’entre eux (68 depuis mardi) ont été interpellés, tandis que 10 blessés (6 policiers, 3 lycéens et une personne âgée) ont été signalés. Les lycées varois resteront ouverts ce vendredi. Le préfet a toutefois décidé d’interdire toute manifestation non déclarée, ainsi que le transport de carburant, d’engins pyrotechniques et de produits corrosifs aux abords des établissements scolaires, où le dispositif policier sera renforcé.

  • À Avignon, la colère face au mutisme

    À Avignon, la colère face au mutisme

    C’est en fin de journée que le préfet du Vaucluse a pris plusieurs arrêtés dont un interdisant les rassemblements aux abords du lycée Philippe de Girard à Avignon où des affrontements ont eu lieu entre jeunes et forces de l’ordre. Dans une vidéo, largement partagée, du vidéaste indépendant Adrien Arbl, on aperçoit des policiers charger violemment un jeune et lui asséner un coup de pied au visage alors qu’il est au sol avant de le laisser repartir.

    Un collectif de personnels de l’établissement a tenu à s’exprimer après les événements matinaux. Ils regrettent des « messages et actes de violences » qui « nuisent profondément à la cause du mouvement, que nous soutenons ». En dénonçant également « tout débordement et violence à l’encontre des lycéens ». Ils rappellent qu’eux aussi ont alerté sur « les conditions délétères dans lesquelles nous devons faire travailler et progresser les élèves ».

    La mobilisation avait démarré devant lycée Théodore-Aubanel où les choses ont commencé à dégénérer après un feu et une explosion à quelques mètres du portail. Des face-à-face qui ont continué dans les rues adjacentes, où insultes et tirs de mortiers ont fusé en direction des forces de l’ordre, qui ont chargé les jeunes à diverses reprises. « Ils devraient nous protéger et nous laisser nous exprimer car c’est vraiment de mauvaises conditions pour travailler », regrette Clélia*, élève de première. Dans la journée, les rues situées autour de l’établissement, dans le centre-ville d’Avignon, étaient plongées dans un nuage de fumée. Face à quelques dizaines de jeunes, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et procédé à plusieurs charges. 49 personnes ont été interpellées en Vaucluse, selon la préfecture. Qui ajoute que trois policiers et un gendarme ont été blessés et annonce 2 160 manifestants en Vaucluse.

    Ce mouvement lycéen est également soutenu par les syndicats FO et CGT. En Vaucluse, des lycées à Orange, Carpentras, L’Isle-sur-la-Sorgue ou Bollène ont aussi été bloqués.

    RÉACTIONS

    Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon

    « Manifester est un droit. Casser n’en est pas un. Car ces dégradations ont un coût pour la collectivité : plus de 9 000 euros à l’heure actuelle et dans l’attente du bilan définitif… Nous ne laisserons rien passer et nous avons déposé plainte. »

    Raphaël Arnault, député (LFI) du Vaucluse

    « Et dans le même temps [le Premier ministre] annonce qu’ils vont faire payer aux étudiants leur inscription en BTS et en classe prépa, geler les APL, geler la prime d’activité… La crise c’est eux ! ».

  • La préfète de police s’empare de la loi Ripost contre le stup’ et la délinquance

    La préfète de police s’empare de la loi Ripost contre le stup’ et la délinquance

    Pas moins de 300 gendarmes et policiers dans les quartiers, sur les routes et dans les transports en commun, dans les commerces, ont été mobilisés ce mercredi 30 septembre pour « lutter contre la délinquance en règle générale, et contre le trafic de stupéfiants », explique la préfète de police déléguée Corinne Simon, qui compte bien utiliser tous les leviers légaux mis à sa disposition. Dont la toute nouvelle loi Ripost promulguée en août.

    Le texte sanctionne notamment les rodéos urbains, la consommation de protoxyde d’azote, jusqu’à un an de prison, et rehausse le tarif de l’amende forfaitaire spécifique (AFD) de 200 à 500 euros, cette dernière figurant au casier judiciaire en cas de consommation de stupéfiant. Car c’est le consommateur qui est aussi visé, « le premier maillon de la chaîne », insiste Corinne Simon. Ripost permettant de suspendre le permis de ce dernier, même s’il est à pied, pour six mois en cas de « réitération », soit après deux contrôles, précise-t-elle. Des outils efficients et complémentaires à ceux existant considère la préfète.

    Une belle prise

    Une loi « fourre-tout » et qui porte atteinte aux libertés publiques dénonçait la CGT Intérieur. Quant aux AFD, le montant de leur règlement peine à être connu et leur taux de classement sans suite par les parquets locaux atteint 79% pointait la Cour des comptes dans un rapport publié en avril dernier.

    Mais ce jour-là, l’opération a néanmoins permis de mettre au jour un des maillons de la chaîne du trafic. Un commerce d’emballages du 15e arrondissement qui fournit au réseau voisin les sachets pour conditionner la drogue. « C’est ce que l’on retrouve sur nos points de deal », commente la commandante Laure Gambini de la division Nord, ravie de cette prise. À raison de 10 euros le sachet, chaque paquet en contenant 100, « cela représente des milliers d’euros » ajoute-t-elle, avant de lancer une vaste perquisition. Elle soupçonne également du travail dissimulé. L’employé se présentant comme le gérant ne l’étant pas franchement, il est embarqué en garde à vue. Un premier commerce du genre dans le 14e a été condamné en mars. « Ils se sentent un petit peu au-dessus des lois, disant qu’ils ne font que du packaging », constate Sébastien Lautard, directeur adjoint de la police des Bouches-du-Rhône, « mais ils sont dans le collimateur ».

  • À Gardanne, une journée pour dépasser les préjugés sur les métiers de la sécurité

    À Gardanne, une journée pour dépasser les préjugés sur les métiers de la sécurité

    Le temps de quelques heures, sapeurs-pompiers, gendarmes, policiers, surveillants pénitentiaires, mais aussi plusieurs acteurs de la prévention, comme l’Addap 13, le Foyer Acte 13 ou encore le pôle jeunesse de la Mission locale, seront réunis à l’occasion de la troisième édition de la Journée de rapprochement entre les jeunes et les forces de l’ordre et de secours, ce mercredi, au stade Victor-Savine, également baptisée « Challenge citoyen ». Corinne Simon, préfète de police, devrait elle aussi se rendre sur place.

    À travers cet événement, la Ville affiche l’objectif de « déconstruire les préjugés, favoriser la connaissance mutuelle et restaurer une relation de confiance entre les jeunes et celles et ceux qui sont chargés de leur sécurité et de leur prévention ». En toile de fond, une volonté de « dialogue » et un volet politique récurrent. « Depuis 2020, la sécurité et la tranquillité publique constituent une priorité », précise la municipalité.

    La journée, ouverte à tous, est découpée en plusieurs temps. À commencer par une découverte, de 10h à 12h, d’ateliers, doublés de démonstrations de véhicules et d’équipements. Ces deux heures seront suivies d’un déjeuner qui permettra « de poursuivre les échanges ». C’est au cours de l’après-midi que se déroulera le Challenge Citoyen, « sportif et préventif ». Jeunes participants, encadrants, membres des forces de sécurité et acteurs du secteur social se retrouveront autour de plusieurs animations portant notamment sur la sécurité routière, la scène de crime ou encore un parcours d’obstacles. Une cérémonie de remise des récompenses clôturera la journée.

  • Un policier accusé d’aviser un rooftop d’une descente

    Un policier accusé d’aviser un rooftop d’une descente

    Un policier de la BAC Sud de Marseille comparaissait mardi pour violation du secret professionnel, détournement de fichier à des fins privées et une poursuite rarement utilisée de prise de mesure suivie d’effet pour faire échec à la loi. Le parquet a requis 15 mois de prison avec sursis, 5 ans d’interdiction d’exercer toute fonction dans la police.

    Alexis C., 47 ans, brigadier-chef à la BAC Sud de Marseille, nie avoir informé son ami Loïc D., 45 ans, responsable de la sécurité du rooftop le Limone à La Ciotat, de l’arrivée le 26 juillet 2025 d’inspecteurs de l’Urssaf et de policiers pour contrôler les contrats de travail des employés de l’établissement de nuit ouvert sur le toit terrasse du cinéma CGR.

    Ce n’était pas le premier contrôle de l’Urssaf ainsi planté. En juin, des opérations avaient été mises en échec à Marseille par des fuites. Le Pop Club à Vaufrèges où travaille aussi Loïc D. avait fermé 30 minutes avant l’arrivée de la patrouille. L’enquête de l’IGPN a révélé des échanges nourris entre les deux prévenus, très amis. Tatoués sur les doigts et jusque sur le crâne, ils fréquentent le même club de motards.

    Sur les téléphones saisis, les messages s’enchaînent : 22h23, le policier qui est en repos envoie un texto « répond urgent » car Loïc n’a pas décroché à l’appel WhatsApp. 22h24, les deux amis se parlent 20 secondes. 22h25, le chef de la sécurité envoie deux textos à ses patrons : « Urssaf part de Marseille pour contrôle Limone » – « Tu es sûr ? » – « Mon pote m’a appelé pour m’avertir » – « Il faut mettre les agents de sécu à l’abri. Que ceux qui n’ont pas de contrats se mettent à couvert » ordonne le patron. Loïc contacte aussi des potes militaires « ils vous ont pas grillé en videurs ? »

    « Je ne suis pas avisé de ce contrôle et je ne vois pas par quel moyen je peux l’être. Je suis ciblé particulièrement car je suis l’ami de Loïc, mais cette année, plusieurs policiers ont été contrôlés travaillant dans des établissements de nuit », réfute le policier muté en police secours. Pour lui, la concomitance du contrôle et des SMS, « c’est un concours de malchance ».

    « C’est une fille sur le parking qui m’a prévenu » assure Loïc D., très défavorablement connu avec 7 mentions au casier et contre lequel 9 mois ferme sous bracelet sont requis. L’ambulancier ultra-tatoué était sorti d’un an de prison en août 2024 pour des violences conjugales en récidive. Il admet avoir « beaucoup de contacts policiers dans [s]on téléphone ». Pour l’ambiance, c’est l’ex-leader de Blood and Honour Hexagone (BHH), un groupuscule néonazi dissout par Emmanuel Macron en juillet 2019.

    « Tous les deux, vous échangez régulièrement sur un contrôle de police pouvant avoir lieu. Le 14 février 2025, il y a ce SMS d’Alexis qui vous écrit “fais gaffe ce week-end je ne bosse pas” » note la juge. Le policier avance une autre explication, protectrice : « Avec les règlements de compte au Miami [4 morts en mai et août 2023, à la Valentine], j’ai des raisons de l’avertir. J’assure la sécurité de tout le monde, des boîtes, des commerces de nuit, des prostituées aussi. Je sais, ça peut faire un peu Batman d’avertir un ami que je ne travaille pas ».

    Pour le procureur Mathieu Vernaudon, « la chronologie est imparable sur l’origine de la fuite même si on n’a pas identifié d’où le policier tenait l’info. Cette téléphonie indiscutable est corroborée par une source anonyme du commissaire divisionnaire de La Ciotat ».

    « C’est un bon policier qui a toujours été exemplaire. Il a quelques fois fait passer son amitié en premier. Les fuites pourraient venir d’autres policiers pouvant faire des gâches dans ce genre d’établissement » a plaidé Me Pierre Gassend. Sur le fouinage dans un fichier d’État, « il y a pléthore de policiers qui abusent. Ne soyons pas hypocrites c’est une pratique courante ». Délibéré le 16 octobre.

  • Le message des Gilets jaunes marseillais au gouvernement

    Le message des Gilets jaunes marseillais au gouvernement

    Une cinquantaine de Gilets jaunes se sont retrouvés samedi matin sur le Vieux-Port pour une marche vers la Préfecture. Ils ont lancé un appel à la justice sociale et à l’unité citoyenne pour défendre le pouvoir d‘achat, la jeunesse, les services publics. « Depuis Marseille nous adressons un message au gouvernement. Ecoutez ceux qui travaillent et qui cherchent un emploi, écoutez les jeunes, les familles, tous ceux qui chaque mois doivent calculer pour réussir à vivre ! Nous demandons simplement que le peuple soit écouté ! », a lancé Emma, intérimaire, mère de deux enfants. « Les commerçants, les personnels soignants, les policiers, tous les citoyens en ont ras-le-bol », explique son compagnon, Damien, 24 ans, qui distribue des tracs, et rappelle qu’il a été « à 16 ans en 2018 le plus jeune Gilet jaune de Marseille ».

    « J’ai une colère en moi, je suis capable de tout casser », lance Jamila, ancienne aide soignante à la retraite. « Y a rien qui va, la vie chère, les médicaments qui sont mal remboursés, la guerre à Gaza et en Ukraine. Réveillez-vous les gens ! » « Le peuple souffre » résume Rosie, 74 ans, qui a ressorti ses belles pancartes bariolées de 2018.

    « On se doit d’être de toutes les mobilisations sociales à côté des Gilets jaunes comme l’a dit Fabien Roussel lors de la Fête de l’Humanité » dit Ariane Lombardi, membre de la Fédération du PCF. « C’est un mouvement citoyen porté par des valeursà positives et qui répond à de réels problèmes de Français, c’est-à-dire pouvoir vivre dignement, se loger, se nourrir, se cultiver, envisager un avenir meilleur. »

  • [Occitanie ] Une loi « permis de tuer » selon la gauche

    [Occitanie ] Une loi « permis de tuer » selon la gauche

    Des partis politiques de gauche (du NPA au PS) et assos (LDH, Libre Pensée, Mrap…) qui appellent à manifester, dimanche 20 septembre (14h au Peyrou à Montpellier) contre la loi sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, tous ne placent pas le curseur au même niveau.

    Au PCF, Clara Gimenez rappelle le désengagement de l’État qui « n’investit plus dans les services publics, ni la police ni la Justice ». La secrétaire du PCF héraultais estime qu’il faudrait un « renforcement des moyens de la police nationale en l’encadrant et la contrôlant » et ceux de la Justice pour avoir des « moyens d’enquête » garantissant in fine des « procès équitables ». Du côté du NPA, le jeune anticapitaliste surnommé « Kiks », appelle à « la fin des LBD et grenades de désencerclement », au « désarmement de la police municipale » et même à la « dissolution de corps spéciaux » tels que la BAC.

    Quoi qu’il en soit, tous s’accordent à rejeter en bloc les prétextes de cette loi adoptée (par la droite et le RN avec le soutien du gouvernement) à l’Assemblée nationale dans l’attente de son examen au Sénat. À savoir que le texte controversé serait un « bouclier juridique » nécessaire pour protéger les policiers dont la vie peut être mise en danger ou qu’il s’agirait d’une simple « protection fonctionnelle renforcée ».

    Un « pas vers le fascisme »

    Christine Maillard (Amnesty International), y voit une « remise en cause de l’État de droit ». « Qu’auraient donné les cas de Nahel, assassiné à Nanterre en 2023 ou d’Olivier Gomes abattu en 2020 par un policier condamné à 10 ans de prison, s’il n’y avait pas eu d’enquête ? »

    Le fait qu’un policier ou un gendarme qui use de son arme soit présumé avoir agi de manière légitime jusqu’à preuve du contraire, ce qui « n’existe nulle part en Europe », constitue une « inversion de la charge de la preuve », alerte Alban Desoutter (Libre Pensée 34). Un basculement au vu de la loi actuelle (l’agent doit prouver que son tir était absolument nécessaire et proportionné) qui choque Coralie Mantion. « Ce n’est pas aux familles en deuil d’enquêter et de prouver que le tir était disproportionné », recadre l’écologiste pour qui « la police est là pour protéger la population et la Justice pour contrôler la police ». Elle pense notamment aux dérapages verbaux d’un policier violent à Carcassonne. « Toute la police n’est pas raciste mais on voit le besoin de plus de contrôles. »

    Gilet jaune historique du rond-point des Prés d’arènes, Gilbert Rigal se souvient que trop de ses collègues de lutte ont été éborgnés. « C’est une incitation à plus de violence contre les gilets jaunes de demain. La répression devient la seule réponse aux mouvements sociaux », s’insurge celui qui évoque une sorte de « permis de tuer ».

    À l’instar des contrôles au faciès qui les ciblent déjà, les populations racisées des quartiers populaires semblent elles aussi fragilisées. « Des jeunes, notamment des musulmans, risquent d’être tués. Cette loi va aggraver la situation, c’est un pas de plus vers le fascisme », alerte Stéphan Steiner (LP 34). Christine Maillard n’en pense pas moins. « Cette loi a une origine fasciste, cette proposition figurait dans le programme de Jean-Marie Le Pen dans les années 2000. » Dans l’histoire, ce n’est pas un détail.

    « Il s’agit d’une inversion de
    la charge
    de la preuve »

  • Police municipale : des propos racistes révélateurs du RN

    Police municipale : des propos racistes révélateurs du RN

    Ils roulent vite ces bougnoules (…) J’en peux plus, en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l’Afghan… ». Les propos racistes mais aussi misogynes, transphobes et complotistes de policiers municipaux de Carcassonne filmés à leur insu et dévoilés mardi 8 septembre par Midi Libre sont si abjects que le RN – dont est proche l’un des agents incriminés – s’est lui-même vu obligé de réagir.

    Christophe Barthès, le nouvel édile RN de Carcassonne, a qualifié les propos « d’inacceptables » et promis d’engager « des procédures et des sanctions (…) à la hauteur de la gravité des faits ». Lesquels remontent à novembre 2025, mais semblent, depuis son arrivée fin mars, avoir été portés à sa connaissance sans provoquer de réaction.

    Du côté du RN, pour lequel le principal auteur visé, un ex-militaire de 50 ans, était bénévole (notamment auprès de Jordan Bardella), il a été « immédiatement suspendu de ses fonctions de bénévoles auprès du service d’ordre du parti ». Une « procédure d’exclusion » a été engagée par le RN. « Ces gens-là sont des irresponsables dangereux. Ils jettent la suspicion sur l’ensemble du corps de la police municipale. C’est évidemment un cas isolé », tempère le maire RN de Perpignan, Louis Aliot.

    Pour beaucoup d’autres au contraire, ce scandale est révélateur. À la fois des maux dont souffre la police et du vrai visage du parti d’extrême droite. « Que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le RN ouvrent les yeux : rien n’a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme », a lancé sur X Manuel Bompard (LFI). La présidente PS de la Région Occitanie, Carole Delga, s’est dite sur X « écœurée par ces propos racistes, misogynes et ces appels à la violence de policiers municipaux de Carcassonne ». Elle a appelé à des sanctions.

    Du côté de SOS Racisme, qui a porté plainte et se constituera partie civile en cas de procès, « cette affaire grave montre une fois de plus la réalité crasse du racisme des individus qui gravitent autour du RN. Et l’absence de fermeté des élus face au racisme dans la police ». Le parquet de Carcassonne qui a fait suspendre les policiers, a fait savoir qu’une enquête est en cours depuis plusieurs mois. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé un contrôle de la police municipale de Carcassonne par l’Inspection générale de l’administration (IGA). En 2023, le même prétendait qu’« il n’y a pas de racisme dans la police »…

    En novembre 2025, une patrouille de 4 policiers municipaux avait filmé à son insu 6h de ses interventions. Sur la vidéo, s’enchaînent les tirades tantôt misogynes : « Le patriarche, c’est celui qui commande à la maison, celui qui bande et qui a les muscles (…). les connasses à l’époque dans les grottes, si elles n’étaient pas avec leur mec, elles se faisaient buter à l’extérieur ». Tantôt complotistes transphobes visant Brigitte Macron. Et systématiquement xénophobes, comme sur la guerre d’Algérie. « Et alors ? On a niqué des bougnoules, on a niqué des bougnoules ! Et eux, combien de soldats ils ont niqué ? (…) Après, où commence la torture ? ». Enfin des relents colonialistes sur les peuples africains. « Entre tribus, ils se vendaient, ces singes (…) Je crois que je commence à devenir raciste ». Un éclair de lucidité dans un océan de vomi.

  • Fermeture définitive pour le Marché du Soleil

    Fermeture définitive pour le Marché du Soleil

    Le tribunal correctionnel de Marseille a peut-être mis fin à un monument du commerce de la cité phocéenne. La juridiction a rendu sa décision, ce lundi, concernant l’avenir du fameux Marché du Soleil, situé rue Fauchier, dans le 2e arrondissement de la ville. Et autant dire qu’il n’est pas radieux : sa fermeture ainsi qu’une lourde condamnation à l’égard de son propriétaire, George Dahan, ont été prononcées. Ce dernier écope de quatre ans de prison avec sursis, la confiscation des murs et une cascade de sanctions pécuniaires notamment pour des faits de « détention, production, vente de marchandise contrefaisante » et « blanchiment ». Il n’était pas présent lors du rendu de la décision. Trois de ses frères ont également été condamnés à de la prison avec sursis. De même que Leïla Hireche, considérée comme son bras droit, a écopé de trois ans avec sursis.

    Un jugement « particulièrement sévère »

    De quoi sonner le glas de ce grand bazar de 3 600 m2 créé il y a quarante ans et qui s’est progressivement mué en référence de la vente de copies de produits de marque ? Si le Marché du Soleil avait été fermé en février dernier suite à un arrêté préfectoral, reste que l’avocat de George Dahan, Me Stéphane Ceccaldi, entend faire appel. Le jugement du tribunal, « particulièrement sévère », sonne comme « une exécution sommaire » du lieu, a dénoncé l’homme de loi. « C’est l’État qui devient propriétaire », a-t-il ajouté, s’interrogeant sur une éventuelle « opération immobilière » en projet après cette décision. En effet, si la fermeture est confirmée en appel, la question se posera du devenir d’un site central et historique de la ville.

    D’autant que depuis que ses portes sont closes, l’activité est au ralenti dans tout le quartier longtemps fréquenté par les clients en quête de bonnes affaires, se plaignent les commerçants. Rappelons qu’après le Covid, le Marché du Soleil avait connu un essor considérable des copies de marques jusqu’à représenter 70% des ventes, devenant « un monstre nourricier et lucratif », avait estimé la procureure. Parfums, baskets, sacs, vêtements venant de Chine ou de Turquie parfois floqués dans des ateliers sur place avec de fausses marques se monnayaient pour quelques dizaines d’euros au vu et au su du plus grand nombre.

    Le développement massif de la contrefaçon s’est traduit par l’envolée du chiffre d’affaires d’AMG Promotion, la société familiale présidée par George Dahan. De 700 000 euros en 2020, il avait bondi à 1,7 million en 2023, selon la justice. En novembre 2025, le montant des encaissements en espèces avait atteint 216 000 euros, un record mensuel dont se vantait un gardien collecteur des loyers. Durant le procès, le patriarche Georges Dahan, se déplaçant avec difficulté, a tenté de se présenter en commerçant dépassé par le développement de la contrefaçon dans l’entreprise familiale fondée avec son père en 1987.

    Des ripoux dans le lot

    Parmi la douzaine de prévenus condamnés lundi figurent également trois policiers municipaux « ripoux » qui écopent de peines de prison de 18 à 24 mois avec sursis et une interdiction d’exercer. Ils s’étaient mis au service de la gérante du marché, lui transmettant notamment des informations sur des contrôles des autorités en échange de paires de baskets. Une employée préfectorale qui avait reçu de l’argent pour tenter d’empêcher une fermeture préfectorale du lieu a été condamnée à 18 mois de prison avec sursis. Reste à connaître la décision en appel.