Tag: policiers

  • Un dispositif de sécurité d’ampleur de nouveau déployé

    Un dispositif de sécurité d’ampleur de nouveau déployé

    La réponse qui sera apportée sera de la plus grande fermeté » avec « un dispositif opérationnel robuste » face à « un risque de violences urbaines très élevé », a prévenu, dès ce jeudi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Un peu plus tôt dans la journée, il avait adressé un télégramme aux préfets, les appelant à la vigilance pour le 31 octobre et leur demandant d’avoir « une attention toute particulière aux appels aux rassemblements sur toutes les places publiques à partir de 20 heures qui se multiplient, et aux risques de cortèges sauvages qui en découlent ».

    On prend donc les mêmes et on recommence… Si le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, se refuse à donner des détails sur le dispositif de sécurité prévu, les instructions de la direction générale de la police nationale (DGPN) sont claires : le taux de présence est monté à 75% pour l’acte III, contre 60% en temps normal, nous confie une source policière. Quitte à suspendre les repos et congés des policiers et gendarmes, a convenu Laurent Nuñez.

    Blindés et canons à eau

    Canons à eau, blindés « Centaure » et camions de CRS devraient de nouveau se positionner dans les rues marseillaises en nombre, ce week-end. Le Raid étant chargé de la protection des bâtiments publics. Des contrôles pourraient également avoir lieu dans les gares et sur les routes, comme préconisé par le ministre de l’Intérieur.

    Dans l’arrêté publié par le préfet des Bouches-du-Rhône, outre l’interdiction des manifestations et rassemblements non déclarés ce week-end, on retrouve l’établissement de couvre-feux chaque soir de 23h à 5h jusqu’au lundi matin, mais pour les mineurs uniquement et toujours dans des zones spécifiques dans les communes de Marseille, Aubagne, Miramas, Salon-de-Provence, Les Pennes Mirabeau et Arles. Sont particulièrement concernées les zones commerciales et le centre-ville marseillais.

    D’autres arrêtés interdisent le port d’équipement de protection individuelle de type casques, gants et lunettes, tout comme le transport de carburant, la vente, le port et le transport d’armes par destination.

  • [Maj] Marseille : un jeune homme de 21 ans abattu près d’un point de deal à Air Bel

    [Maj] Marseille : un jeune homme de 21 ans abattu près d’un point de deal à Air Bel

    Le commando qui a déboulé mardi soir vers 20h30, non loin du point de vente de stupéfiants d’Air Bel, cité du 11e arrondissement, n’a guère laissé de chance à ceux qui se trouvaient là. Touché au niveau de la cage thoracique et aux jambes par un tir d’arme de type kalachnikov, un jeune homme de 21 ans est décédé des suites de ses blessures dans le véhicule des marins-pompiers de Marseille, sur le trajet vers l’hôpital de la Timone.

    Deux personnes cagoulées étaient à la manœuvre, précise-t-on de source policière. L’une au volant de l’utilitaire, l’autre surgissant armée de la porte coulissante à l’arrière, et poursuivant ceux présents sur place. Le tireur a fait feu à plusieurs reprises sur la victime. Les agresseurs ont ensuite quitté les lieux et incendié leur véhicule quelques minutes après dans une impasse du quartier. Véhicule dont les policiers ont établi qu’il avait été volé, début octobre, dans le Var.

    Pas moins de sept douilles de calibre 7,62 mm et deux étuis ont été retrouvés par la police scientifique. Le parquet de Marseille a saisi la brigade criminelle de la DCOS (Division de la criminalité organisée et spécialisée) du SIPJ 13 pour « assassinat et tentative d’assassinat en bande organisée, association de malfaiteurs en vue de la commission d’un crime en bande organisée, acquisition transport et détention d’arme de catégorie A, destruction par moyen dangereux en bande organisée, recel de vol en bande organisée », nous indique-t-il.

    La victime était connue de la justice pour trafic de stupéfiants. Il s’agit du sixième narchomicide à Marseille depuis le début de l’année. En 2025, 16 personnes en lien avec le narcotrafic avaient trouvé la mort.

  • 1200 personnes ont manifesté à Toulon samedi en dépit de l’autorisation tardive d’un tracé

    1200 personnes ont manifesté à Toulon samedi en dépit de l’autorisation tardive d’un tracé

    Samedi matin, s’il demeurait certain qu’en dépit des nombreux arrêtés émis par le préfet du Var, de nombreux Toulonnais bâteraient une nouvelle fois le pavé dans l’après-midi, les modalités, elles, l’étaient beaucoup moins. Et elles sont restées floues jusqu’à 13h45, soit un petit quart d’heure avant l’heure de rendez-vous donnée pour le départ de la manifestation. En cause : l’attente de la décision du tribunal administratif concernant le référé liberté déposé vendredi par l’Union syndicale Solidaires du Var et l’association Résistance Handi Droits, au sujet de l’interdiction de manifester. Si celle-ci a été maintenue dans le périmètre du centre-ville, en vertu des arrêtés préfectoraux, un tracé alternatif a été autorisé, sur une distance d’à peine 1,5 km, dans le quartier du Pont-du-Las, avec un aller-retour de la place Martin Bidoure au rond-point de Bon Rencontre.

    Un parcours pourtant refusé la veille par l’Union syndicale Solidaires du Var, qui avait déposé une demande de manifestation en préfecture, au cours des négociations avec cette dernière. Mais qu’elle s’est résolue, faute de mieux, à accepter. « Ce n’est pas une vraie victoire car on voulait manifester en centre-ville », avouait Olivier Rosay, secrétaire Solidaires du Var, le verre à moitié vide avant le départ du cortège : « Il y a du monde, mais le déferlement médiatique a été dissuasif. Le gouvernement a réussi son coup en montrant en boucle des images de violence ».

    Mais c’est aussi cette organisation incertaine jusqu’à la dernière minute – bien indépendante de la volonté des organisateurs, qui avaient proposé de se retrouver à la Bourse du travail avant le départ, sans que cela ne parvienne aux oreilles de tout le monde –, et des informations contradictoires sur le lieu de rendez-vous (la gare était annoncée depuis le début de semaine), qui n’ont pas facilité l’acheminement des manifestants vers un lieu qui plus est peu identifiable. « Ça a été super compliqué de trouver le rassemblement », affirme Camille, qui s’est d’abord rendue porte d’Italie, à la gare, et place d’Armes, et avoue qu’elle et ses amies sont « tombées sur les manifestants par hasard ».

    20 gardes à vue, la police réprime des soignants

    Le cortège a donc grossi à vue d’œil au cours du kilomètre qui sépare la Bourse du travail de la place Martin Bidoure, où des manifestants sont ensuite arrivés par petits groupes, tandis que d’autres se sont joints à la foule une fois celle-ci engagée dans les rues du Pont du Las. 1 200 personnes ont alors défilé dans le calme, mais non sans revendications. Guélaud et Isabelle, qui n’avaient « même pas entendu parler des arrêtés », comptaient « être là quoi qu’il en soit ». Sur leur pancarte, on lit « Si nous ne sommes rien pour eux, soyons tout face à eux ». Une manière de dire que « nous sommes 80 millions. Qu’est-ce que vous allez faire si on se révolte vraiment ? », demandent-ils. Pour ces Varois, il est d’autant plus « important de manifester dans une région très à droite. La ville n’est pas dotée d’une grande force en termes de population comme de conviction, mais il est important que des voix s’élèvent partout, pas qu’à Paris ».

    « On continue notre mobilisation, et on appellera à l’amplifier car il y a une profonde colère sociale dans le pays », promet Olivier Rosay, qui donne déjà rendez-vous « pour la grève du 5 novembre, car ce sont les travailleurs qui font tourner l’économie. Les salariés, les couches populaires, n’arrivent pas à joindre les deux bouts ».

    Mais une fois le cortège revenu à son point de départ, l’après-midi a pris une autre tournure. Un groupe d’environ 150 personnes, pour la plupart d’un âge peu avancé, a pris la direction du centre-ville. Il a été stoppé à hauteur du lycée Bonaparte, sur le boulevard de Strasbourg, par des tirs de grenades lacrymogènes des forces de l’ordre. La tension est montée et a définitivement franchi un cap après des lancés de feux d’artifice de manifestants dans leur direction. Sous les coups des charges policières couplées à l’usage des grenades lacrymogènes et de quelques tirs de flash-ball répondant aux jets de pierre, le groupe de manifestants restant, qui s’est étiolé au fur et à mesure, au contraire du dispositif policier, a reculé jusqu’au Pont du Las, dans un tango où chaque pas en avant en précédait deux en arrière. Encerclé sur l’avenue du XVe Corps, jonchée de feux de poubelle, il a fini par se disperser aux alentours de 19h.

    Aucune casse majeure n’est à déplorer. 64 personnes ont été interpellées, dont 20 placées en garde à vue. La préfecture dénombre deux blessés parmi les manifestants, autant chez les policiers. Un bilan heureusement modéré, ces derniers ayant « enlevé le matériel médical de certains collègues », relate Jody, une soignante bénévole. Cela, avant le début de la manifestation, au prétendu motif qu’elle n’était alors pas encore autorisée. Pas de quoi freiner la motivation de la jeune aide-soignante et militante, qui s’est mobilisée, comme d’autres, après avoir vu « les images des blessés et de soignants ciblés la semaine dernière ». Mais il faut croire que les pansements et le désinfectant peuvent troubler l’ordre public.

  • La paix au cœur de la mobilisation aixoise

    La paix au cœur de la mobilisation aixoise

    Celle qu’on surnomme la « belle endormie » a été particulièrement animée ce samedi 24 octobre pour l’Acte II des mobilisations. À Aix-en-Provence, plusieurs centaines de manifestants se sont réunis pour faire entendre d’une voix commune leurs revendications plurielles. Malgré l’« interdiction temporaire des manifestations » imposée par le préfet du département deux jours plus tôt, les Aixois étaient nombreux dans les rues de la ville.

    Pour Sabine, aixoise et membre de la CGT « c’était inconcevable de laisser la jeunesse se battre seule pour des droits qui nous concernent tous ». Accompagnée de son fils Louis, élève de Seconde, elle poursuit « le gouvernement ne nous écoute pas alors pourquoi nous devrions, nous, respecter ces interdictions […] c’est donnant-donnant ». Dans le cortège, beaucoup de jeunes sont présents, parmi lesquels Achille, étudiant en master à Sciences Po Aix. Également membre du collectif Sciences Po Aix en lutte, il se dit « en colère contre l’État et sa politique de répression ». Selon lui, cette situation témoigne d’« un durcissement des moyens démocratiques […] qui nous pousse à être dans l’illégalité avec le maintien de cette manifestation ».

    En raison de son interdiction, aucun parti ou syndicat ne s’est revendiqué de l’organisation de cette journée. Comme Hakim, ils sont alors plusieurs aixois, de tout âge et tous horizons à donner de la voix pour guider, animer et sécuriser le cortège. Également présent lors de la mobilisation du 17 octobre, ce père de famille estime qu’« il en va de l’avenir de [ses] enfants ». Il dénonce « les factures qui augmentent mais un salaire qui ne bouge pas d’un centime ». Tout autour du cortège plusieurs voitures de police et de nombreuses forces de l’ordre, un dispositif qu’il juge « démesuré et honteux ». Entre deux slogans, Hakim conclut « en manifestant calmement, on va leur montrer à ces CRS qu’on peut très bien se mobiliser sans qu’ils soient obligés d’utiliser leur gaz lacrymo et leur bouclier ».

    Pour sécuriser le cortège, les « brassards blancs », couleur symbolisant la paix, guident également les manifestants. Dominique et Fred, tous deux membres de La France Insoumise (LFI), en font partie. Ancienne directrice d’école, Dominique insiste sur sa présence à titre individuel et ses motivations personnelles qui justifient sa présence dans le peloton. Elle explique se mobiliser « en soutien pour toute cette jeunesse » et notamment pour sa fille, actuellement résidente à Berlin et n’ayant pu se déplacer pour participer à la marche de ce 24 octobre.

    A51 bloquée,

    les CRS interviennent

    Toujours pacifique et rythmé par la musique, le groupe de manifestants se dirige lentement vers le Jas de Bouffan. Son but : rejoindre l’autoroute. Sur son chemin pour la rejoindre, une minute de silence est organisée devant le stade Maurice-David, en hommage à l’attentat de Trappes et La Verrière, dans le département des Yvelines. L’événement survenu la veille, a fait un mort et cinq blessés. Le groupe a ensuite repris sa marche vers la route de Galice pour tenter de bloquer l’entrée de l’autoroute A51. Alors qu’un sit-in est en train de s’organiser, les manifestants sont rapidement délogés par les forces de l’ordre. Ils décident alors de contourner les dispositifs policiers en passant par le quartier de Corsy, leur permettant ainsi d’arriver au-dessus de l’autoroute. En quelques minutes les deux voies de l’A51 sont bloquées. Face à la situation, les CRS décident d’intervenir et de repousser les manifestants vers les voies d’insertion. Malgré l’élan de panique à la vue des CRS et la crainte d’un nassage, les manifestants sont finalement remontés sans égratignures vers l’entrée de l’autoroute. Le cortège prend finalement fin là où il a commencé quatre heures plus tôt, à la Rotonde. Comme pour traduire une forme de soulagement, la fontaine est investie par les manifestants qui chantent et clament à tue-tête. L’ambiance légère et festive de cette fin de mobilisation est cependant perturbée après l’arrestation d’un jeune homme par les CRS provoquant ainsi un élan de mécontentement chez les Aixois. Tandis que la mobilisation touchait à sa fin, un groupe de manifestants décide alors de rejoindre le commissariat pour demander la libération du jeune homme. Mais les choses dégénèrent lorsqu’après une sommation, un élan de foule se crée. Un homme alors âgé d’une soixantaine d’années trébuche et finit au sol, la tête ensanglantée. Une infirmière en civil s’occupe de lui en attendant l’intervention des secours quelques minutes plus tard. Cet événement sonne alors le glas pour cette mobilisation du 24 octobre dont les manifestants se félicitent toutefois du pacifisme général.

  • Une expulsion sauvage déjouée dans un immeuble en péril à Marseille

    Une expulsion sauvage déjouée dans un immeuble en péril à Marseille

    Des propriétaires ont requis la police, jeudi, pour « récupérer leur bien » alléguant que des squatteurs s’étaient introduits au premier étage du 3, rue Moustier. Dans un premier temps, les policiers nationaux ont laissé le serrurier changer la serrure alors que l’avocate des trois locataires s’était présentée sur place avec des militants du Syndicat du logement, pour dénoncer une expulsion extrajudiciaire. « On n’expulse personne, on dialogue et on essaie de comprendre », répond à La Marseillaise le chef d’équipage, tandis que six de ses collègues ont pénétré dans l’appartement pour séparer les protagonistes.

    L’immeuble est frappé d’un arrêté de mise en sécurité depuis septembre 2023, qui interdit les caves et les commerces et qui suspend les loyers de tout l’immeuble. Un nouvel arrêté a été pris, en juillet 2026, qui constate l’insuffisance des travaux et maintient la procédure. « On est dans cette situation depuis bientôt quatre ans et les propriétaires ne font aucuns travaux », se désole un voisin. Le T4 litigieux n’est pas un squat. Il a été loué à des étudiants en médecine qui ont réussi leur internat, puis en juillet, la propriétaire l’a reloué à trois jeunes gens, Jeanne, Rosa et Pierre. « On est trois, on a un bail oral comme les anciens locataires qui sont restés un an. On loue l’appartement meublé 1 500 euros. On a un état des lieux signé et daté. On passe par la fille ou la petite-fille de la propriétaire âgée. On fait chacun un virement bancaire de 500 euros à Martine B. On a versé le loyer en juillet et août et on a arrêté en septembre, quand on a appris qu’il y avait un arrêté de péril », explique Jeanne, 26 ans, salariée.

    Vers midi, les policiers obtiennent le départ des trois proches de la propriétaire. Ils filent sans remettre les nouvelles clés à leurs locataires. Le parquet de Marseille a été informé de ce qui ressemble fort à une tentative d’expulsion sauvage doublée d’une perception illicite de loyers dans un immeuble en péril.

  • À Istres, le quartier des Heures Claires en majeure partie rouvert

    À Istres, le quartier des Heures Claires en majeure partie rouvert

    Une petite foule s’amasse sur le parking de l’école Pierre-Armanet à 10h. Agents municipaux et policiers prennent les noms des habitants, puis les font monter cinq par cinq dans des navettes pour aller récupérer des affaires de première nécessité. Une seule consigne : faire au plus vite, pour limiter le risque.

    Mardi, quelque 300 habitations des Heures Claires ont dû être évacuées suite aux pluies torrentielles qui ont fragilisé le terrain. Jeudi matin, plus d’une centaine de familles ont pu regagner leur foyer du côté du port, mais le bas des Quatre-Vents est resté fermé suite aux premières analyses menées par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), mercredi. Dans la journée de jeudi, quatre experts devaient « discriminer les parcelles dangereuses » dans le quartier encore bouclé, expliquait le maire (LR), Robin Prétot, dans la matinée. En attendant, les résidants de cette zone ont pu rentrer temporairement chez eux, encadrés par les forces de l’ordre, pour récupérer quelques biens.

    Un « mauvais rêve »

    Liliane est l’une d’entre eux. Elle attend son tour pour aller chercher ses médicaments : « C’est la priorité. » Deux jours après l’orage, elle reste encore choquée, en témoignent ses mains et sa voix qui tremblent. « Ça fait 65 ans que je vis là, je n’ai jamais vu ça », glisse-t-elle. Mardi, à 5h, un arbre s’est effondré à l’arrière de son jardin dans un vacarme assourdissant. Par chance, il n’a provoqué aucun dégât. Rien de visible, en tout cas. La retraitée comprend les mesures de précautions prises par la Ville. « C’est jamais trop. Je ne suis pas à la rue, il y a ma sœur qui m’héberge, mais c’est la cata quoi… La zone est à risque, il y a des coulées de boue, des glissements de terrain chez ma voisine. À côté de chez moi. » Depuis l’arrivée des forces de l’ordre qui lui ont demandé de quitter les lieux au plus vite, mardi, Liliane a l’impression d’être « dans un autre monde ». « Je marche comme un robot, je me dis que c’est pas possible. J’ai toute ma vie dans cette maison. »

    À côté d’elle, une riveraine n’arrive pas à retenir ses larmes. « On se dit qu’on est dans un mauvais rêve », confie-t-elle. En quittant sa maison à la hâte il y a deux jours, cette quadragénaire, qui souhaite garder l’anonymat, a pu prendre ses chiens. En revanche, son chat est toujours sur place. Autre source d’inquiétude : l’état de son toit. « Mon plafond s’est effondré, mais si je ne peux pas retourner chez moi et faire venir des ouvriers, il va rester un trou, la pluie va de nouveau s’infiltrer, et ce n’est pas sécurisé », s’alarme-t-elle. Sur le parking de l’école, au départ du barrage filtrant mis en place ce jeudi matin, les services de la Ville tentent tant bien que mal de trouver des solutions sur-mesure.

    En fin de journée, la bonne nouvelle tombe : suite à l’expertise du BRGM, le secteur est rendu aux administrés. Le seul accès reste par le chemin du Mas des 4 Vents, qui est rétabli. Les résidants des quelques parcelles restant interdites vont être informés directement par la mairie. « Si nécessaire, des solutions de relogement temporaire seront examinées », précise la Ville dans un communiqué.

    Désormais, la municipalité se concentre sur « l’après crise ». Les opérations de pompage de l’eau menées par la Base aérienne 125 ont débuté, ce jeudi matin, dans les secteurs du Capeau et de Guynemer. De son côté, le Sdis 13 a traité une quinzaine de maisons. Le Comité communal feux de forêts s’est également chargé de désengorger cinq points.

    Des équipes d’agents et d’élus sont allées constater les dégâts au niveau des équipements publics. « On va faire un audit assez détaillé de la situation », affirme Robin Prétot. Pour le moment, seules la médiathèque, récemment inaugurée, et l’école Camille-Pierron ont été identifiées. La Ville lance également l’opération « Un coup de main un coup de cœur », en partenariat avec la Croix rouge, pour « mobiliser un maximum d’effectifs, y compris des habitants bénévoles, pour gérer l’après chez les sinistrés », détaille le maire.

  • Couvre-feu pour les mineurs, interdiction de manifester, présence policière étendue… Dans le Var, un dispositif renforcé pour la manifestation de samedi

    Couvre-feu pour les mineurs, interdiction de manifester, présence policière étendue… Dans le Var, un dispositif renforcé pour la manifestation de samedi

    En prévision des mobilisations de samedi, le préfet du Var, Simon Babre, en concertation avec les représentants des pouvoirs publics locaux, a annoncé, mercredi, la mise en place d’un « dispositif pour empêcher ce qu’il s’est passé le 17 octobre de se reproduire ».

    À commencer par plusieurs arrêtés préfectoraux, actant un couvre-feu « pour les mineurs non accompagnés d’un adulte dans certains secteurs du centre-ville de Toulon et des centres commerciaux Grand Var et Avenue 83 », de samedi 18h à dimanche 6h. Ou encore l’interdiction de manifester samedi, de 11h à 23h59, que le préfet justifie par « l’absence de manifestation déclarée à trois jours de la date ». Enfin, la détention de feux d’artifice, d’objets destinés à dissimuler ou protéger le visage, ainsi que de tout objet pouvant constituer une arme, sera interdite. Dans la même optique, les conteneurs poubelle seront évacués et les terrasses du centre-ville réduites de 50% pour éviter l’usage du mobilier comme projectile.

    Bus à l’arrêt, maintien du match du RCT, commerces protégés…

    Le dispositif policier sera renforcé, notamment avec une meilleure coordination entre nationaux et municipaux, dans le but d’être « plus mobiles, car on a parfois été trop lents samedi dernier », précise Jérôme Martin, contrôleur général de la police nationale du Var, qui compte doubler les effectifs d’opérateurs de police justice, samedi, « afin de traiter davantage d’opérations ».

    Pour protéger les commerçants, que le préfet et une délégation de représentants des collectivités ont rencontrés mercredi, cinquante vigiles seront positionnés près des commerces vandalisés, qui « resteront ouverts car il ne faut pas céder et envoyer un mauvais message », appuie Basile Gertis, président de la CCI du Var. Des aides rapides telles que des prêts à taux zéro, des facilités de paiement des cotisations et impôts, ou encore la prise en charge de l’activité partielle sont prévues. La Région apportera quant à elle une aide de 5 millions d’euros et financera des dispositifs de vidéosurveillance dans le cadre du plan « Région sûre ».

    La maire de Toulon et présidente de la Métropole, Josée Massi, annonce par ailleurs qu’aucun bus du réseau Mistral ne circulera dans la Métropole, samedi. « L’intérêt public passe avant tout », insiste-t-elle. Le match du RC Toulon et le concert de Vanessa Paradis, prévus samedi soir malgré leurs incidences sur l’espace public, sont maintenus.

  • Gérald Darmanin en service après fiasco

    Gérald Darmanin en service après fiasco

    Suite à la bérézina de samedi dernier, les ministres défilent dans la cité phocéenne, dont une bonne partie du centre-ville a été mise à sac en marge de la manifestation. Après Laurent Nunez pour l’Intérieur, descendu de Paris lundi soir et bien vite reparti, c’était au tour du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, de relayer l’intransigeance gouvernementale, ce mercredi 21 octobre, devant le tribunal judiciaire de Marseille.

    Il a tenu à rendre hommage aux agents de son ministère qui, « tout ce week-end, depuis 48 heures », se sont démenés pour faire « fonctionner de façon excellente le service public de la Justice », ose-t-il, quand sous l’ère Macron 1 puis 2, les fonctionnaires n’ont eu de cesse d’être attaqués, « dégraissés » et méprisés. Avec 2 500 gardes à vue au niveau national, il a fallu « qu’on double, voire qu’on triple le nombre de comparutions immédiates », poursuit le ministre, fier d’annoncer que 917 personnes ont été « déferrées avec poursuite », au point qu’à Marseille, Lille, Bordeaux ou Toulouse, « tous les dépôts sont pleins ». Et ce sans impacter les affaires courantes, assure Gérald Darmanin.

    Sur le profil de ces personnes interpellées, elles n’ont, en majorité, « jamais connu de casier judiciaire », précise-t-il, et font l’objet de peines sévères « prononcées et suivies par les magistrats du siège ». Et de donner l’exemple de cet homme de 34 ans, inconnu des services de police ou de justice, qui a volé des chaussures dans un magasin, à Marseille, et a écopé de trois mois ferme. « Ils ne voient pas le problème. Parfois, ils ont volé en famille. Il y a des gens qui sont désocialisés, mais aussi beaucoup qui ont un travail », s’étonne-t-il.

    La faute aux autres

    Selon lui, le phénomène reste lié à « des gens de moins en moins citoyens », à une série de « dysfonctionnements » de l’immigration, de l’intégration, de l’éducation, des parents voire de l’économie, avec, en bout de chaîne, « des policiers, puis des magistrats, puis des agents pénitentiaires qui se chargent des personnes qui ont de graves difficultés ».

    Sur l’absence mortifère de dialogue social, s’il reconnaît « qu’il est important d’écouter les manifestants », ce n’est pas son « travail » de ministre de la Justice, estime-t-il. Il laisse « à d’autres le soin d’avoir un avis sur la société », renvoyant le débat à la « campagne présidentielle qui arrive », où il « espère que ce sera l’occasion d’en parler ».

    Pour les victimes des pillages, il promet « d’aider les commerçants, employeurs, entrepreneurs, employés à pouvoir survivre à ces moments extrêmement difficiles ». Avec le patronat, la Confédération des buralistes, la Fédération de commerce, il entend « ouvrir la porte des tribunaux des affaires économiques pour les accompagner » et « compléter avec ce que fait le ministère de l’Économie et des Finances ».

    En marge de cette visite, le maire, Benoît Payan (DVG), qui a fait le déplacement au tribunal et a bénéficié d’une accolade marquée de Gérald Darmanin, a lui tenté de répondre aux angoisses d’une commerçante de la rue Montgrand (6e), Marjorie, encore émue des exactions de samedi dernier. « Je suis restée surveiller et protéger ma boutique, moi-même, jusqu’à 2h du matin, parce qu’on n’avait pas le choix », témoigne-t-elle tout en affichant son soutien aux manifestants. « J’entends la colère des lycéens, des Gilets jaunes, mais que va-t-on faire ce samedi ? », demande-t-elle à l’élu.

    « Je ne veux pas que les Marseillaises et les Marseillais courent le moindre risque, répond Benoît Payan. Je ne peux pas dire aux gens : “Allez, ouvrez votre commerce, faites comme si tout allait bien, la vie continue.” Je ne sais pas ce qui va se passer. Vous vous rendez compte ? Je suis maire de Marseille, je suis à l’aveugle. »

    Dans l’attente d’une décision concertée avec le préfet, l’édile se rend à Matignon, ce jeudi, où il sera reçu aux côtés de ses homologues parisien et lyonnais. Il ne s’agira pas là de causer sécurité, mais d’obtenir des garanties fortes pour les victimes et surtout d’évoquer le fond politique. « Quand on reste sourd et aveugle à ce qui se passe dans son pays et quand on s’amuse à monter les uns contre les autres, à la fin, on en paie le prix. Il faut une sortie de crise, c’est-à-dire écouter les demandes légitimes de celles et ceux qui manifestent », assène-t-il.

  • À Avignon, des « violences policières » dénoncées

    À Avignon, des « violences policières » dénoncées

    Dans les locaux de l’association Le Hérisson à Avignon, lieu d’autodéfense juridique populaire à Avignon, une vingtaine de personnes ont évoqué des faits qu’elles qualifient de « violences policières » lors de cette rencontre organisée par la LDH.

    « Le but est de recenser les différents cas afin d’apporter une riposte juridique et de faire cesser les comportements inadaptés », explique Véronique Marcel, avocate au barreau d’Avignon. Elle confie elle-même défendre une mineure de 15 ans poursuivie pour outrage : « Elle avait une pancarte avec écrit “ACAB” pendant une manifestation et a été placée en garde à vue. Il y a des choses qui ne vont pas. »

    Enseignante matraquée

    Une dizaine de personnes ont ainsi rapporté différents faits. Sandrine, professeure des écoles, montre les photos d’un bleu longiligne sur sa jambe. « Ce samedi, j’ai vu des policiers s’acharner sur un jeune. Quand j’ai dit d’arrêter et après avoir refusé de reculer, l’un d’entre eux m’a donné des coups de matraque », affirme-t-elle. D’autres faits ont été rapportés lors des tentatives de blocus de l’Université, la semaine dernière. Marie confie avoir été « plaquée contre le mur pour un contrôle d’identité ». Christèle Lagier, enseignante-chercheuse, dénonce une « vraie volonté de couper l’herbe sous les pieds », avec un « rapport de force très net », tout en pointant des intimidations.

    Un nouveau rendez-vous est fixé ce samedi à 14h, toujours dans les locaux du Hérisson. « On prendra du temps pour chacun afin de donner des conseils juridiques plus précis », explique Me Véronique Marcel.

    Témoignages à envoyer à
    faire-collectif@herisson-asso.org

  • [Entretien] Anthony Caillé, CGT-Intérieur : « En tant que service public, nous sommes le dernier rempart »

    [Entretien] Anthony Caillé, CGT-Intérieur : « En tant que service public, nous sommes le dernier rempart »

    Policier de terrain, le syndicaliste dénonce depuis le début une doctrine répressive menée par le gouvernement à l’encontre des lycéens et étudiants, avec des effets désastreux, entre éborgnages et mains arrachées. Les événements de ce week-end confortent ses craintes.

    La Marseillaise : Comment en est-on arrivé là ? Peut-on parler d’amateurisme ?

    Anthony Caillé : Tout laisse à penser qu’il y a eu un gros souci dans la gestion de la foule. Je ne me l’explique pas. Je sais que beaucoup de policiers sont extrêmement fatigués. Ce serait intéressant d’avoir les chiffres sur le nombre de policiers en arrêt de travail, pour savoir si ça a déshabillé les compagnies de CRS ou de gendarmerie mobile. Moins on aura d’effectifs, plus on aura de LBD et on aura tendance à vouloir s’en servir pour se protéger. Et impossible de le faire quand il y a des mouvements de foule, les conditions ne sont pas bonnes, on atteint difficilement sa cible. Cela ajoute au danger. Il va y avoir un drame.

    Le ministre de l’Intérieur
    évoque une sous-estimation
    du mouvement de samedi par
    le renseignement.
    A-t-il été défaillant
     ?

    A.C. : On est censé avoir un renseignement assez opérant. La collecte de l’information reste, en règle générale, plutôt bonne. Reste que depuis la présidence de Nicolas Sarkozy, les renseignements territoriaux doivent suivre plusieurs secteurs quand ils n’en avaient qu’un auparavant. À partir du moment où on a plus de matière à travailler, on est moins performant, on connaît moins les gens. Après, il faut que l’institution policière ou gendarmesque travaille cette information, qu’elle en prenne la mesure, que le corps préfectoral y travaille aussi. Cela demande du temps et de l’expertise.

    En attendant, les manifestants témoignent de « gazage » tandis que des pilleurs s’en prenaient aux commerces, impunément…

    A.C. : C’est clairement un choix politique, celui du préfet de département. C’est lui qui décide de l’usage et de l’emploi de la force.

    Même s’il assure que la doctrine est décidée au niveau national ?

    A.C. : La doctrine actuellement, c’est nous contre les autres. C’est la posture qu’on demande à la police d’avoir. Cela ne peut pas durer. Mais tant qu’on aura un Macron qui préfère aller voir le concert de Céline Dion plutôt que d’aller en cellule de crise et de discuter avec les différents corps sociaux et les lycéens… La police ne peut pas régler le problème. Nous sommes, en tant que service public, le dernier rempart avec les pompiers. Et on est complètement désorganisés. Au moins un tiers, voire la moitié du maintien d’ordre est assuré par des policiers dont ce n’est pas le métier. Un manque de formation, mais aussi d’effectifs. Là encore, rappelons que Nicolas Sarkozy voulait supprimer les CRS et les gardes mobiles. Ils ont été dégraissés.

    D’aucuns évoquent également une mobilisation sans organisation, illisible pour les forces de l’ordre…

    A.C. : Oui, il y a 20 ans, on avait un service d’ordre dans les manifestations parce qu’il y avait des syndicats forts. Là, ils sont affaiblis, le rapport de force est moindre. Avant, les autonomes et autres « énervés » étaient en queue de cortège, aujourd’hui, ils sont devant le carré de tête.

    Quelles solutions alors ? Changer de doctrine avec la désescalade ?

    A.C. : La désescalade, c’est savoir laisser casser un abribus pour ne pas faire monter la violence d’un cran. Mais c’est l’autorité civile qui doit mesurer ça. Par exemple, j’ai vu, à Belfort, un jeune commissaire de police qui a demandé à ses effectifs d’enlever casques et boucliers. C’est courageux, surtout vis-à-vis de sa hiérarchie, cela peut être mal vu. Mais on pourrait avoir les policiers les mieux formés du monde avec le meilleur équipement du monde, et à un moment, ça ne marchera pas. Il faut une parole politique. Elle ne peut venir que du chef du gouvernement, du président de la République. Qu’ils disent « ok, on vous a entendu, on va mettre tout le monde autour de la table ». Mais pour l’instant, ce n’est que mépris. Quand on a la chefferie policière et préfectorale qui nous dit, à propos d’un corps social qui manifeste : « Qui est disponible ce week-end pour aller voir ce qui se passe dans le zoo social ? » Ces gens sont des monarques, n’ont aucun sentiment, cela va mal finir. Je sens arriver l’état d’urgence…