Tag: fermeture

  • Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Mouvement lycéen, avenir de Fibre Excellence à Tarascon, ligne THT… Le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a fait le point, ce mercredi 14 octobre, sur les grands sujets en cours et à venir sur le territoire.

    La doctrine inchangée sur le mouvement lycéen

    Fixée au niveau national, rappelle le préfet, la doctrine reste inchangée sur le déploiement des forces de police pour « accompagner le mouvement ». Et de s’adresser plus officiellement aux lycéens qui manifestent : « Faites attention, une manifestation peut susciter des tensions, de l’enthousiasme et des effets de foule, cela peut entraîner parfois des gens à faire des choses qu’ils n’auraient pas eu l’idée de faire. Ce qui met en danger beaucoup de monde. » Revenant sur la manifestation de la veille, mardi, qui s’est « bien passée », Jacques Witkowski alerte sur un contexte qui peut dégénérer : « Tout le monde arrive à un point de fatigue, on est sur le fil du rasoir des deux côtés. » Il se félicite également que des mobilisations aient été encadrées par des syndicats, « ce qui facilite » les choses avec « un parcours notamment ».

    Le préfet revient sur les derniers faits de violence, comme ce policier à Saint-Charles, mardi, qui s’est pris un coup de marteau sur la tête. Soit « 58 policiers ayant été blessés depuis le début du mouvement ». On compte aussi 900 interpellations sur la zone Sud, 336 dans le département « essentiellement des mineurs ». « Un jeune a été arrêté cette nuit à Martigues en possession de quatre bouteilles incendiaires », annonce-t-il. Quant à la journée du 17 octobre, « nous n’avons aucun renseignement et aucune déclaration de manifestation déposée », assure-t-il.

    Bientôt du neuf

    sur la ligne THT ?

    Le projet de ligne à très haute tension, 65 km à 400 000 volts, porté par RTE (Réseau de transport d’électricité) pour alimenter les bassins Ouest du Grand port maritime et qui suscite de nombreuses contestations sur son trajet, suit son cours. La logique voudrait qu’une enquête publique ne tarde pas à être déclarée pour que chacun donne son avis et que la question soit tranchée avec la présidentielle en 2027.

    Le risque « géré » à Fibre excellence Tarascon

    Sur la situation du site de Fibre excellence à Tarascon, la liquidation « se poursuit avec hélas un comportement incompréhensible du liquidateur », déplore Jacques Witkowski, « ce qui nous a amenés à faire des choses inédites ». Pour mémoire, le syndicat CGT a dénoncé la contamination des eaux du Rhône après l’arrêt de l’usine de pâte à papier et de sa station d’épuration. Faute d’avoir « réussi à convaincre », les services de l’État ont dû contraindre puis faire deux articles 40 avant de se substituer, rappelle le préfet. L’Ademe a pris la main pour piloter les opérations de sécurisation, et après un appel d’offres d’urgent, elles ont été sous-traitées à Suez. Le tout à la charge du liquidateur. « Le risque, on le gère, mais je n’en resterai pas là », prévient le préfet.

    Quant à la vente puis à la reprise du site, elles ne seront possibles que lorsque la pollution aura été clairement évaluée et validée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). « On a des repreneurs avec des candidatures sérieuses », révèle-t-il en partie pour « des activités industrielles », mais visiblement pas de papetier.

    Un centre d’accueil

    pour les consommateurs de crack

    Sur la consommation de crack exponentielle dans certains quartiers, « un véritable problème sanitaire et social, on n’a pas mal progressé », estime le préfet. Un troisième Caarud (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) temporaire de 17 places va ouvrir ses portes, la semaine prochaine et jusqu’en janvier, sur un terrain de la SNCF, aux alentours de la gare Saint-Charles. De quoi compenser aussi la fermeture de l’autre Caruud, le Sleep In, le 26 mai, pour insalubrité, et dont les « travaux sont en bonne voie », en attendant de « trouver une solution plus pérenne ».

    Le procureur de la République a aussi mis en place un Groupe local de traitement de la délinquance, précise le préfet. Une première opération, le 29 septembre, a permis de mettre de jeunes femmes à l’abri avec injonctions thérapeutiques, « elles restent dans les structures qu’on a et s’engagent dans un accompagnement ». Tous les hommes étant eux repartis. « Je souhaiterais agrandir le périmètre de l’hébergement temporaire pour les plus fragiles, destiné aux consommateurs de stup’, sans impacter financièrement la mise à l’abri classique », ajoute Jacques Witkowski, espérant obtenir gain de cause auprès du gouvernement. Quant à la halte soins addiction pour laquelle plaident la Ville de Marseille et des associations, le préfet se met à disposition de qui lui trouvera un local, « et on essaiera de faire quelque chose ». Une position invariée depuis dix mois, assène-t-il.

    Un budget métropolitain compliqué

    Alors que la décision modificative du budget de la Métropole va être soumise au vote ce jeudi 15 octobre, le préfet ayant dû saisir la Chambre régionale des comptes en avril dernier, les élus de la collectivité refusant d’entériner la baisse des dotations de l’État, Jacques Witkowski se félicite qu’elle ait repris « sa ligne budgétaire ». Pour faire face à un « déséquilibre » de 144 millions d’euros, ce dernier avait proposé de tailler 53 millions dans les attributions de compensation faites aux communes, au grand dam des maires. La Métropole a depuis trouvé une « solution comptable » avec cette décision modificative, assure-t-elle dans un communiqué mardi. « J’espère que le budget 2026 trouvera un point final d’exécution, il est temps », souhaite-t-il, augurant d’un budget 2027 tout aussi compliqué, sur fond d’austérité.

  • À Marseille, le foyer pour ados Calendal doit fermer ses portes

    À Marseille, le foyer pour ados Calendal doit fermer ses portes

    Par arrêté préfectoral du 4 septembre 2026, la Mecs (Maison d’enfants à caractère spécialisé) de l’association JB Fouque, dans le 5e arrondissement, doit cesser son activité et fermer ses portes, le 7 janvier prochain. Elle dispose de 52 places d’hébergement pour des jeunes de 13 à 21 ans, avec la particularité d’accueillir dix mineurs suivis par la protection judiciaire de la jeunesse.

    à la veille des Assises de la protection de l’enfance, de nouvelles places destinées aux jeunes confiés par l’Aide sociale à l’enfance disparaissent encore, en raison de dysfonctionnements. Soit 25 places en internat pour les garçons, confiés par l’Aide sociale à l’enfance et par la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse). « Les 27 autres en appartements dans le diffus pour garçons, et pour filles depuis 2021, devraient être conservées », espère encore Malik, représentant syndical Sud Solidaires, très inquiet de n’avoir « aucune précision de la direction de JB Fouque sur le suivi des jeunes, ni de proposition pour les personnels ».

    Une gouvernance instable

    Ils ne sont plus que 28 salariés sur une quarantaine, après « des démissions, des départs chez les cadres en rupture conventionnelle, des arrêts de CDD et plus aucun recours à l’intérim », décrit l’éducateur. Depuis 2021, ce ne sont pas moins de « quatre directions différentes qui se sont succédé » à la tête de l’établissement. De quoi sentir le mauvais vent venir. « Une enquête du Département, à l’été 2026, a permis d’écarter toute suspicion de maltraitance », précise Malik. L’Arrêté mentionne en effet « une instabilité importante de la gouvernance ». Ce n’est que le 7 septembre dernier, avec l’arrivée de l’administrateur judiciaire, que les personnels ont été informés « de la cessation définitive d’activité et de la vente de la bâtisse ».

    Du côté des jeunes confiés, « 19 sont encore en appartement et 8 en internat, les autres ont été replacés dans d’autres Mecs ». Sur les neuf établissements que possède l’association JB Fouque qui, contactée, n’a pas donné suite, deux ont déjà fermé, le Service éducatif d’adaptation progressive (SEAP) des Caillols dans le 12e et l’Institut médico-éducatif (IME) Les deux platanes dans le 5e.

  • Les Lanceurs d’Arlettes plantent leurs chapiteaux à Odysseum

    Les Lanceurs d’Arlettes plantent leurs chapiteaux à Odysseum

    Après trois années passées au parc Sophie-Desmarets, dans le quartier de La Mosson, avec le festival « Arlette ton cirque », les Lanceurs d’Arlettes étrennent un nouveau projet. Du 3 octobre au 21 novembre, le collectif investit un terrain situé boulevard Télémaque, à Odysseum, pour y installer « Arlette ton Chap’ », un lieu culturel éphémère à la fois scène, espace de création et lieu de convivialité. Deux chapiteaux rouges et jaunes accueilleront, pendant sept semaines, spectacles, concerts, ateliers, artistes en résidence et rendez-vous festifs.

    « On reprend notre itinérance, grâce notamment à l’acquisition d’un chapiteau », explique Léalou Brau, co-coordinatrice de la manifestation. Achetée en 2025 grâce au budget participatif de la Ville de Montpellier, cette structure permet au collectif d’imaginer de nouvelles implantations.

    Sept semaines
    sous les chapiteaux

    Pour cette expérience à Odysseum, un deuxième chapiteau a été prêté par une association amie. Le premier sera transformé en ring du 15 octobre au 1er novembre pour accueillir « Arlette ton Catch », une création des Lanceurs d’Arlettes réunissant huit artistes autour d’un mélange de cirque, théâtre, catch spectacle et humour absurde. Douze représentations sont prévues, du jeudi au dimanche. Un spectacle créé par le collectif, « qui a ensuite pour ambition d’être joué sous chapiteau en itinérance », précise Léalou Brau.

    L’autre chapiteau cultivera l’esprit guinguette. On pourra y manger, boire un verre au Bar’Arlette, écouter de la musique ou découvrir un spectacle. Les mercredis seront tournés vers les familles, avec ateliers de clown et d’initiation aux arts du cirque, spectacles jeune public et café des parents. En octobre, les jeudis proposeront des jams musicales, avec des instruments à disposition. Les vendredis et samedis soirs, concerts et spectacles prolongeront les soirées jusqu’à 0h30.

    La programmation, « à l’image d’Arlette : populaire, curieuse, festive et un peu imprévisible » entend également faire circuler les artistes. Des compagnies locales seront invitées à se produire. Et lorsque le spectacle maison « Arlette ton Catch » aura quitté le chapiteau, en novembre, celui-ci accueillera des compagnies en résidence. « On a à cœur de faire de cette manifestation une plateforme d’échanges, de rencontres, de partage avec les publics, mais aussi entre artistes », souligne Léalou Brau.

    Parmi les temps forts annoncés, le festival Cosmos investira les lieux du 13 au 15 novembre, pour « trois jours de propositions artistiques, entre spectacles, cabaret et univers cosmique » et le 21 novembre, le duo de musique électronique il:lo clôturera cette première édition. Deux vide-greniers sont également prévus, les 18 octobre et 1er novembre.

    Contrairement au festival Arlette ton Cirque, cette nouvelle aventure est entièrement autoproduite. « On va donc devoir mettre en place une billetterie », indique la coordinatrice, mais les tarifs resteront accessibles (entre 8 et 12 euros, gratuit pour les enfants).

    * Toute la programmation sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram) des Lanceurs d’Arlettes.

  • Le bureau de poste de Vauvenargues menacé de fermeture

    Le bureau de poste de Vauvenargues menacé de fermeture

    Initialement ouvert de 8h30 à 11h tous les jours de la semaine et un samedi sur deux, le comptoir de La Poste de Vauvenargues devrait n’ouvrir dorénavant qu’à 9h15 et fermer à 12h, les samedis étant totalement supprimés. Cette plage horaire, en apparence plus large que la précédente, fait toutefois craindre une baisse de l’affluence, notamment des jeunes actifs dont les horaires de travail commencent généralement plus tôt.

    Face à la nouvelle, officieuse pour le moment, le président de l’association de défense du Bureau de Poste de notre vallée, Thierry Dumas, dénonce un « déni de service » et craint, à terme, une fermeture du seul comptoir postal de Vauvenargues, auquel est aussi rattaché Saint-Marc-Jaumegarde. Une inquiétude légitime au regard du plan « d’actualisation » de son réseau présenté par La Poste la semaine dernière et laissant augurer de plusieurs fermetures dans la région.

    Le collectif organise traditionnellement un apéro de rentrée pour annoncer les éventuelles modifications liées au service chaque premier samedi d’octobre. Ces nouveaux horaires seront donc au menu du rendez-vous de ce samedi 3 octobre.

    En cas de fermeture de ce bureau, les habitants devront se rendre à la poste centrale d’Aix-en-Provence pour y déposer ou récupérer leur colis. Une situation de repli située à plus 20 km et réputée pour sa difficulté de stationnement. À l’occasion de cet apéro, le collectif espère la présence du maire de Vauvenargues ainsi que la révision de cette mesure. Auquel cas, Thierry Dumas affirme qu’ils sont prêts à manifester pour faire entendre leur revendication.

  • La gauche reste mobilisée pour la Poste à la Rouvière

    La gauche reste mobilisée pour la Poste à la Rouvière

    Deux jours après la forte mobilisation des usagers du bureau de la Rouvière (notre édition du 28/09), les responsables de la Poste ont été reçus, ce lundi, en maire de secteur. De quoi permettre à la maire RN des 9-10, Éléonore Bez, de crier victoire à travers un communiqué : « La Poste m’assure vouloir garder une présence à la Rouvière. » Mais elle confirme qu’il y a bien un projet de « transformation » et indique qu’elle organisera une réunion de concertation avec « l’ensemble des acteurs concernés », « afin de trouver une solution satisfaisante pour les habitants », avec des modalités discutées avec le syndic.

    Si le conseiller départemental (DVD) Sylvain di Giovanni crie lui aussi victoire, le syndicat Sud PTT alerte sur un « double discours inquiétant » et une transformation en point relais de ce bureau, avec la disparition des activités bancaires, de conseil et de certaines opérations postales : « La mairie connaissait pertinemment le projet funeste de la Poste et au terme d’une parfaite inertie, prise dans ses contradictions, voilà qu’elle tente de redorer son blason. »

    « La réponse ne peut pas être de remplacer progressivement un service complet par une offre minimale », dénonce la conseillère municipale (DVG) déléguée à l’accès aux services publics, Katia Yakoubi, qui cible un « communiqué de presse mensonger » d’Eléonore Bez. En demandant qu’habitants, représentants syndicaux, associations soient pleinement associés aux discussions.

    La section PCF du 9e pointe de son côté une « trahison » de la maire RN de secteur, qui « ne nous surprend pas », et promet de rester mobilisée pour que le bureau ne se transforme pas en simple point relais. « Ce n’est que pure spéculation », se contente de répondre l’intéressée. La Poste, sollicitée, n’a pas donné suite.

  • Pas de repreneur pour les chaînes locales de BFM

    Pas de repreneur pour les chaînes locales de BFM

    Les chaînes locales de BFMTV ne changent pas de pavillon, mais accusent le coup. Après que CMA Media, branche dédiée aux médias de l’armateur marseillais CMA-CGM, avait annoncé fin juin sa volonté de vendre les BFM locales pour des raisons économiques, sa directrice générale annonce finalement qu’aucun repreneur assez solide n’a été retenu. « Aucune condition de reprise offrant des perspectives suffisamment solides et sécurisées pour l’activité et les équipes n’a été réunie », explique, ce mercredi, Claire Léost, directrice générale de CMA Media, dans un communiqué interne repris par nos confrères de l’AFP. Une nouvelle qui évite une reprise potentiellement sanglante pour l’emploi, mais qui n’évite pas une réorganisation qui s’annonce douloureuse.

    Onde de choc

    pour les salariés

    En effet, Claire Léost évoque une « transformation » desdites chaînes vers « une offre davantage consacrée à l’économie, aux entreprises et aux transformations des territoires » en lien avec La Tribune et BFM Business, également propriétés de la CMA-CGM. Surtout, la fermeture de deux chaînes est tout de même prévue : « L’activité de BFM Normandie et de BFM Dici ne serait pas maintenue. Le projet et ses conséquences sociales feront l’objet d’une procédure d’information-consultation. »

    De quoi faire réagir les salariés, qui ont rédigé une lettre ouverte et signée par 99,2% de 122 travailleurs des chaînes. « Nous refusons de subir encore davantage l’amateurisme qui semble guider les choix de notre direction depuis plus d’un an. C’est notre avenir à nous, salariés, qui est en jeu, même si elle, ne s’en est jamais souciée », écrivent les salariés. Ils font part de leur « souffrance et d’une profonde colère ». Et demandent à leur direction qu’elle tienne « ses engagements » notamment pour un plan de départ volontaire « afin de permettre aux salariés qui voudraient partir d’avoir une porte de sortie digne ».

  • À la Rouvière, les habitants rassemblés pour leur Poste

    À la Rouvière, les habitants rassemblés pour leur Poste

    Le parvis du bureau de Poste de la Rouvière, dans le 9e arrondissement de Marseille, est noir de monde ce samedi matin. Plus de 200 personnes se sont rassemblées pour protester contre la menace de fermeture qui pèse sur ce bureau, la plus imminente, selon les représentants des salariés, parmi les huit listés à Marseille lors du dernier comité social et économique (notre édition du 26/09).

    « Aujourd’hui, la fermeture a été entérinée en CSE sans qu’aucun document économique ne prouve la non-rentabilité de ce bureau, reproche le délégué syndical de SUD PTT, Paul-Maurice Aldebert. Nous sommes dans un environnement commercial, cette décision de fermeture est tout bonnement incompréhensible. » Le CSE justement avait réclamé jeudi « une évaluation étayée du risque de perte de clientèle » et souligné « le caractère fortement patrimonial de ce bureau ». « Cette mobilisation aujourd’hui avec des citoyens et l’ensemble des élus de la République est un signal fort contre cette fermeture », salue le syndicaliste. La Poste, de son côté, indiquait qu’« aucune décision définitive n’a été arrêtée à ce stade ».

    « C’est une aberration en termes de disparition d’un service public pour 20 000 habitants, mais c’est aussi la disparition d’un lieu de lien social », n’en déplore pas moins la présidente des CIQ du 9e arrondissement, Geneviève Canicave.

    « Comment peut-on

    fermer un service utile ? »

    Elle a demandé à rencontrer le délégué territorial de la Poste pour soumettre ses propositions, au côté du conseil syndical. « Notre priorité est de conserver ce bureau de poste ouvert, il est inconcevable qu’un tel service ferme », défend sa présidente.

    Présent ce samedi après avoir interpellé la direction de la Poste, le conseiller départemental (DVD) Sylvain Di Giovanni salue la mobilisation. « On ne remplace pas l’humain par des relais pick-up », soupire-t-il. « Comment peut-on fermer un service utile à des milliers d’habitants ? » s’interroge de son côté l’élue d’arrondissements Caroline Di Sarno (PCF) en dénonçant « une privatisation rampante d’une entreprise qui ne joue plus son rôle historique de service public ». Elle a, elle aussi, interpellé la direction de la Poste, et annonce que le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi interviendra auprès du ministère de l’Économie. « Mais nous ne pouvons oublier que certaines et certains qui, aujourd’hui, pleurent sur les fermetures à répétition des bureaux, sont les mêmes, hier, qui ont cassé le service public », pointe l’élue communiste, face à la maire (RN) des 9-10, Éléonore Bez qui explique qu’elle recevra le délégué territorial de la Poste ce lundi. « J’ai réuni les centres sociaux et les bailleurs pour réfléchir sur comment demain on fait revenir du service public de proximité dans ce secteur », annonce de son côté la conseillère municipale (DVG) déléguée à l’accès aux services publics, Katia Yakoubi. En rappelant qu’au-delà du secteur, c’est toute la ville qui est concernée.

  • À La Poste, la menace de fermetures en série

    À La Poste, la menace de fermetures en série

    « On n’a jamais vu ça », souffle-t-on auprès des différents représentants des salariés. Ces mercredi et jeudi, en comité social et économique (CSE), le groupe La Poste a présenté aux organisations syndicales un « projet d’actualisation de l’évolution du réseau 2026 » qui cible une liste de 40 bureaux dans la région susceptibles de « perspectives de transformations », à court terme. Un doux euphémisme pour parler de projets de fermeture ou de réduction de l’activité, dénoncent les organisations syndicales, alors même que 471 bureaux sont concernés à l’échelle nationale. Face à cette menace, le CSE a donc donné un avis défavorable au projet.

    En Provence Alpes-Côte d’Azur, ce sont les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse qui sont les plus touchés. Dans le premier département, ce sont 19 bureaux qui sont concernés sur les 91 actuellement ouverts selon les données du groupe, dont cinq pour la seule ville de Marseille. En Vaucluse, huit bureaux (sur 69 dans le département) sont visés, dont deux à Avignon. Il faut encore en ajouter deux pour les Alpes-de-Haute-Provence, trois dans les Hautes-Alpes, quatre dans les Alpes-Maritimes et autant dans le Var. Surtout, ce sont des quartiers populaires qui sont visés aussi bien à Aix-en-Provence (Encagnane), Avignon (Saint-Jean), Arles (Barriol) ou Marseille (Saint-Mauron, Saint-André, Frais-Vallon, la Capelette…). Les territoires ruraux ne sont pas épargnés, avec six communes de moins de 1 000 habitants touchées, de Fontaine-de-Vaucluse (585 habitants) à La Javie (376).

    Manque d’information

    « Les listes de bureaux de poste partagées aux CSE ne préjugent en rien de l’avenir de la présence de La Poste dans les territoires, tempère le groupe dans une réponse écrite à La Marseillaise. Elles recensent des sites sur lesquels La Poste pourrait engager une réflexion et concertation dans le cadre de sa convention tripartite avec l’État et les Maires de France, afin d’identifier les solutions de présence postale les mieux adaptées. » Pour le groupe qui affiche un bénéfice de 1,2 milliard d’euros en 2025, il s’agit de faire face à la numérisation du secteur, qui entraîne « une baisse continue de la fréquentation des points de contact postaux », avec un trafic quotidien divisé par près de trois entre 2008 et 2024 à l’échelle nationale. Mais quoi qu’il en soit, la société entièrement publique promet « le strict respect » de son contrat de présence postale territoriale signé avec l’État et l’association des maires de France, et de privilégier si besoin « la mutualisation avec les collectivités et relais commerçants ». Dans la région, un quart des points de contact sont portés par les collectivités (la moitié dans les départements alpins), un tiers par des commerces.

    Mais les explications du groupe ne convainquent pas les organisations syndicales. « Cette présentation laisse subsister une incertitude importante sur le devenir réel des établissements concernés », dénonce la délibération adoptée par le CSE ce jeudi. Cela d’autant plus que « ni aucune donnée économique ou sociale, ni aucun critère, permettant cette sélection n’a été portée à la connaissance des représentants du personnel ». Si le groupe se défend de mener tout plan de licenciements, les représentants des salariés alertent sur la diminution programmée des effectifs, et les conséquences des réorganisations et reclassements. De quoi motiver leur avis défavorable.

    Leur position est partagée par les usagers. Le collectif Vivent les services publics a interpellé dans un courrier le président de l’association des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani (SE), pour lui demander de poser la question sur la table lors du salon des maires ce vendredi. « La Poste, au-delà des opérations de courriers, représente le seul accueil de service public encore existant, (…) le seul organisme bancaire de proximité, accessible par tous dans les villages », écrit le collectif. Tandis que les mobilisations prennent déjà corps, à Marseille comme dans le Vaucluse.

  • Une bataille de longue haleine à Martigues

    Une bataille de longue haleine à Martigues

    Deux ans de mobilisation coordonnée entre le Comité de vigilance postale, le maire (PCF) et ses élus ont eu raison du projet de la direction de La Poste de fermer le bureau de Ferrières, au centre-ville de Martigues.

    C’est par une lettre adressée au maire que La Poste annonçait « adapter ses modalités de présence » en raison d’une baisse de fréquentation nationale et locale . Pour le comité de vigilance, cette baisse de fréquentation était à la fois la conséquence du non-remplacement d’agents en cas de maladie, donc de fermetures intempestives, dans un cercle vicieux. Mais aussi, en filigrane, se posait la question d’une éventuelle opération immobilière que La Poste a toujours démentie.

    Rassemblement à Istres samedi

    Le comité créé en 2017 après la mobilisation contre la fermeture du bureau de poste de Lavéra, qui a été fermé, a depuis fait tache d’huile avec l’extension de son périmètre de vigilance à Port-de-Bouc et à la Côte Bleue où d’autres perspectives de fermetures totales ou partielles s’envisagent. Particulièrement à Istres où le PCF local appelle à la mobilisation contre la fermeture les après-midi du bureau de l’avenue Aristide Briand, samedi à 11h devant le bâtiment.

  • CGT et SUD font front pour un meilleur service public postal

    CGT et SUD font front pour un meilleur service public postal

    L’attaque contre les bureaux de poste ne passe pas chez les syndicats de postiers. « La vague et son ampleur sont inédites. Autant de bureaux concernés par des menaces de fermeture, ça ne s’est jamais vu ! », tempête Yann Quay-Bizet, facteur marseillais également bien connu pour son rôle de secrétaire général de SUD PTT Provence-Alpes. L’inquiétude et la colère sont aussi partagées par Stella Estaque, secrétaire générale de la CGT Activités Postales des Bouches-du-Rhône : « Ces bureaux sont amenés à une fermeture sèche pour certains, et pour d’autres à des réductions d’horaires ou d’effectifs importantes. Dans tous les cas, il va y avoir une baisse d’activité et ils ne seront plus ouverts normalement. »

    Les deux syndicalistes n’y vont pas de main morte et y voient là « la fin de la mission de service public de présence postale ». « Ces bureaux ne seront plus un service public de plein exercice où l’on peut être servi, près de chez soi, dans les meilleures conditions. La population n’aura plus accès aux bureaux à des horaires en dehors des heures de travail par exemple », développe Stella Estaque. Yann Quay-Bizet alerte aussi sur les inégalités à venir : « On a un problème de maillage territorial, certains vont devoir faire 5, 10, 20 kilomètres ! Certains bureaux sont dans des villages qui sont espacés les uns des autres. » Cette question de présence territoriale de La Poste n’est pas un détail pour les postiers : « Souvent, dans des petits villages, le bureau de poste est le dernier endroit où l’on peut retirer de l’argent, au-delà d’être à la Banque postale », pointe Stella Estaque. Quand Yann Quay-Bizet prévient : « Dans beaucoup d’endroits, la disparition du bureau de poste va tuer les commerces locaux. C’est un préjudice pour toute la population ! »

    Un plan mortifère

    pour 2031

    Surtout, les organisations syndicales insistent sur un processus qui s’inscrit dans une politique de libéralisation du service public postal qui s’accélère. « C’est une politique qui dure depuis un certain temps. Cet été, il y a eu des réductions d’horaires sur certains bureaux et ensuite la direction explique qu’il y a une réduction de fréquentation. Forcément, quand on ne prévient pas les usagers et qu’on réduit le temps l’ouverture de moitié, les gens vont dans d’autres bureaux ! », analyse Stella Estaque. Une politique qui en lien avec le plan « Ambition 2031 » de la nouvelle direction de La Poste, nommée l’année dernière. « Ce plan privilégie la banque-assurance, pas les activités non rentables comme la présence postale. Cela se traduit concrètement par un recul des bureaux de poste de plein exercice », conclut Yann Quay-Bizet.