À Aix, les étudiants tiennent la note

Une nouvelle assemblée générale s’est tenue, ce mardi, rassemblant jusqu’à 165 professeurs et élèves. À l’issue de celle-ci, la date du 22 Octobre à 12h30 a été désignée comme prochaine étape de mobilisation. Cette fois-ci, le rendez-vous est donné à Marseille, au siège administratif d’AMU, situé au Pharo, pour demander la non-application du décret sur les frais d’inscription différenciés au sein de la structure. Cette revendication locale rejoint celles plus nationales des « 10 mesures d’urgence » énoncées et disponibles sur le site du syndicat Union étudiante. Parmi elles, la suppression des plateformes Parcoursup et Mon Master, dont les étudiants dénoncent « la sélection algorithmique ».

Face à la situation, Younes, étudiant en faculté de Droit, évoque des élèves « excédés », qui ne « demandent pas une meilleure qualité de cours, mais seulement que les cours aient lieu ». Il fait ainsi référence au manque de personnel enseignant. Il dénonce par la même occasion « un système éducatif dont le fonctionnement valorise une approche professionnelle de l’enseignement au détriment d’une approche par les savoirs, répondant ainsi à des logiques économiques ».

Face à la persévérance des mobilisations étudiantes, la direction d’AMU, appuyée par le président Eric Berton, multiplie les mails tantôt pour signaler de nouvelles mesures, tantôt pour en expliquer les raisons. Mais pour Adam, étudiant en faculté de Lettres à Aix-en Provence, ce ne sont que des « mails bateaux qui n’apportent aucune réponse concrète aux revendications énoncées ».

Une « démarche

de dialogue » selon AMU

Par ailleurs, Adam déplore des « techniques répressives ». Il fait référence notamment à l’intervention de CRS, sollicités par AMU, lors d’une assemblée générale, le 7 octobre dernier, à la faculté d’ALLSH. La direction s’en était alors expliquée dans un mail : « Un certain nombre d’individus, extérieurs à l’Université, se sont introduits […] afin d’occuper illégalement les lieux, de bloquer le bon fonctionnement du site, ses accès et la poursuite des enseignements. Pour garantir la sécurité des biens et des personnes, l’Université, en lien avec les autorités compétentes, a été contrainte d’évacuer les lieux occupés […] ». La direction ajoute par ailleurs toujours s’inscrire « dans une démarche de dialogue avec les étudiants ».

Du côté de Sciences Po, le dialogue avec la direction semble plus apaisé. Badra, étudiante en master journalisme, qualifie en effet la directrice, Alessia Lefébure, de « meilleure interlocutrice » et « ouverte à la discussion ». Le campus de Saporta reste cependant fermé et la majorité des cours restent en distanciels.

Si les assemblées générales au sein des différents campus aixois se multiplient au fil des jours, un seul et même mantra revient à la fin de chacune d’elles : « Notre force sera notre nombre et tout le monde a sa place dans cette mobilisation ». Younes insiste sur l’évènement « historique » qui se joue actuellement et « appelle à continuer le combat ».

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