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  • À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    Aujourd’hui, à l’angle du boulevard du Capitaine-Gèze et de l’avenue des Aygalades, le site n’est encore qu’une friche. Mais d’ici au troisième trimestre 2029, un mégacampus dédié à l’intelligence artificielle (IA) doit voir le jour sur ce terrain de deux hectares.

    Tel est le projet porté par Unitel Group et son président, l’entrepreneur Kevin Polizzi. Baptisé Théodora, ce « village de l’IA appliquée », implanté au cœur des quartiers nord, accueillera plusieurs bâtiments dédiés aux entreprises et à la formation, ainsi que plus de 4 600m² d’hébergements.

    Avec plus de 110 millions d’euros d’investissements privés, dont 7% consacrés à la recherche et développement, le projet se veut davantage tourné vers l’innovation que vers l’immobilier. Unitel finalise d’ailleurs l’acquisition d’autres parcelles et prévoit de publier la méthode de construction du campus dans un livret en « open source ». « On ne fait pas de l’immobilier, l’objectif est de construire un kit pour permettre à un territoire de se transformer et rester dans la course », confie Kevin Polizzi.

    Pour justifier son ambition, le chef d’entreprise rappelle que « d’ici 2030, les projections indiquent que le marché de l’IA représentera plus de 1 800 milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’échelle mondiale ». Des travaux doivent également être réalisés afin de relier le campus aux câbles sous-marins qui arrivent à Marseille, faisant de la cité phocéenne le sixième hub numérique mondial. Une situation stratégique encore largement sous-exploitée, selon l’entrepreneur.

    « Il faut réinventer

    le lieu de travail »

    Avec ce projet, Kevin Polizzi entend également « réinventer le lieu de travail » à travers plusieurs axes. Évidemment, l’IA occupera une place centrale, autant en ce qui concerne la formation proposée sur le campus que les emplois et entreprises qui y seront implantés. « Théodora » mise aussi sur l’accessibilité sans voiture, avec la proximité du tramway, du métro et de plusieurs lignes de bus. « Les transports ne doivent pas être une contrainte, mais un accompagnement pour les étudiants », souligne Samia Ghali, présidente de la RTM, lors de son discours. La forte modularité des bâtiments doit également permettre de « faire face à n’importe quelle crise sans avoir à repartir de zéro avec un nouveau projet », complète le président d’Unitel.

    Le projet « Théodora » s’articule autour de quatre pôles : les bâtiments A, B et C, qui regrouperont près de 20 000m² de bureaux ; le bâtiment D, dédié « à l’incubation et à la formation autour de l’IA » sur 5 500m² ; la Tour Signal, qui concentrera 4 600m² de logements et différents services ; enfin, un pavillon central accueillera des espaces dédiés à la recherche, au développement et à l’événementiel, au cœur d’un parc de 6 000m². Au total, le campus représentera 35 000m² de surface de plancher.

    Un projet salué par les élus

    Pour Samia Ghali, représentante de la Métropole et présidente de la RTM, « ce projet dispose d’une situation géographique idéale dans les quartiers nord, au sein d’un pôle de transports multimodale important ». Un sentiment partagé par Julien Harounyan, adjoint au maire chargé de l’attractivité économique et du tourisme durable : « C’est un moment symbolique qui dit quelque chose de la confiance que l’on place dans ce territoire. »

    Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence, s’est quant à lui réjoui de « voir l’offre de formation s’étoffer de manière immédiate et concrète à Marseille. C’est une étape importante pour la ville et pour sa jeunesse, surtout celle des quartiers nord ». Isabelle Campagnola-Savon, présidente d’Euroméditerranée, s’est pour sa part intéressée à « ce qu’on va pouvoir construire autour de ce projet », en affirmant que « c’est à Gèze que se joue une partie de l’avenir de la ville ».

    Un projet largement salué par les élus locaux, mais qui ne fait pas pour autant disparaître les interrogations liées à l’impact environnemental de l’intelligence artificielle et des data centers nécessaires à son fonctionnement, à l’image du méga data center envisagé sur l’ancienne friche industrielle Saint-Louis Sucre, dans le 15e arrondissement.

  • Étudiants solidaires : 5 campus bloqués à Montpellier

    Étudiants solidaires : 5 campus bloqués à Montpellier

    La mobilisation s’étend du côté des étudiants en soutien à la mobilisation lycéenne », assure Théo, étudiant en licence de géographie à l’université Paul Valéry et membre du Scum (syndicat de combat universitaire de Montpellier). Outre le campus principal de la fac Paul Valéry, situé route de Mende et bloqué depuis le 1er octobre par le Scum, les blocages se sont étendus, mardi 6 octobre, à quatre autres campus montpelliérains : la faculté de droit et sciences politiques, la faculté des sciences (campus Triolet), la faculté d’éducation et le site Saint-Charles (Albert 1er) de l’université Paul Valéry. « Les revendications des lycéens sont absolument légitimes. Ils dénoncent des choses qu’on dénonçait déjà quand j’étais lycéen. Et on constate qu’après 10 ans de macronisme, la situation n’a fait que s’aggraver », déplore Théo.

    « Beaucoup d’adultes pensent que ce n’est qu’une bande de gamins qui ont envie de tout casser, mais non. Ce sont des enfants qui ne sont plus en capacité d’étudier, et ça, depuis très longtemps. Ce n’est que maintenant qu’ils ont le courage d’enfin bouger, et c’est super. C’est maintenant qu’il faut essayer de changer les choses », estime de son côté Léa, étudiante en licence d’anthropologie à Paul Valéry. « Le fait qu’on tourne en dérision leurs revendications, c’est le mépris classique qu’on a à l’encontre de la jeunesse. Qu’on soit lycéen ou étudiant, on subit une forme d’infantilisation », renchérit Théo.

    Lycéens, étudiants : même galère

    Une jeunesse, qui, « ces dernières années, a subi énormément d’attaques, que ce soit la suppression des APL pour les étudiants internationaux, l’application de frais différenciés pour ces mêmes étudiants, mais aussi une potentielle augmentation drastique des frais d’inscription pour tous prescrite par un récent rapport du Sénat ou la suppression pure et simple des APL pour plus de 200 000 jeunes dès 2027 en calculant l’aide en fonction des revenus des parents », liste l’étudiant montpelliérain.

    « Dénoncer Parcoursup et la sélection sociale et raciste dans l’enseignement supérieur, qui broie tout le monde, nous laisse sans avenir, qui conduit à une précarité à court ou long terme et nous promet des boulots pourris payés une misère est une revendication commune aux lycéens et aux étudiants. Car c’est un continuum : on a été lycéens, on est actuellement étudiants et on sera travailleurs avant d’être retraités. C’est pour ça que nos revendications dépassent le strict milieu étudiant », insiste le représentant du Scum.

    Le syndicat annonce d’ores et déjà qu’il « continuera la mobilisation dès la semaine prochaine, y compris à l’occasion du retour des Gilets Jaunes le 17 octobre ».

  • Fortes mobilisations lycéennes partout dans la Région

    Fortes mobilisations lycéennes partout dans la Région

    A Toulon

    Depuis 7h, les lycéens de Bonaparte rejoints par des camarades d’autres établissements, bloquent leur lycée, avec le soutien de syndicalistes (CGT, FSU, Solidaires, FO). Un cortège sera lancé à partir de 9h et arpentera les rues de la ville, jusqu’à la Préfecture, où un rendez-vous entre syndicats, lycéens et le préfet du Var est prévu à 12h30.

    Parmi les syndicalistes CGT, on trouve des militants venus de différents secteurs (Educ’action, Retraités, Cheminots…). «Il y a eu un appel aux militants qui a été lancé pour sécuriser le cortège et protéger les minots», explique Colette Moulun, de la CGT Finances Publiques. «Et puis leur apporter du soutien dans leur action. Si les jeunes sont dans la rue c’est qu’il y a un malaise profond. Dans la société actuelle, ils ont toutes les raisons d’être inquiets. Le traitement que le gouvernement leur réserve est dégueulasse (sic), entre manque de professeurs, parcoursup, la militarisation, le chômage, les mauvaises conditions de travail, et plus largement le climat et toutes les conséquences du capitalisme, la jeunesse a un avenir des plus sombres.»

    Comme de nombreux parents d’élèves, Marjorie est présente ce matin en compagnie de ses deux filles, Rose, élève au lycée Jean Aicard de Hyères, et Emma, étudiante en Master à Toulon. «Je suis là, déjà, par rapport aux difficultés induites par parcoursup et pour l’accès aux masters», indique-t-elle. « Le projet de loi du sénat limite la progression des enfants après le bac, c’est inadmissible.» Mais de manière générale, elle désire également soutenir un mouvement qu’elle considère comme injustement discrédité et réprimé : «Je vois les réseaux sociaux, les médias, et je suis choquée. Là, on voit que les gamins ont des pancartes, écoutent de la musique, alors que les images qui tournent ne montrent que de la violence, des enfants qui perdent leurs yeux… Ils ont le droit de manifester. Ce ne sont pas des méchants, pas des casseurs juste des élèves qui en ont marre de leur situation scolaire.»

    À Toulon, les manifestants sont arrivés devant la Préfecture du Var vers midi. Une délégation composée de représentants de plusieurs lycées du Var, de syndicalistes et d’enseignants s’apprête à être reçue par le préfet du Var d’ici quelques instants.

    Guillaume Afonso, le directeur de cabinet du préfet du Var, briefe la délégation avant que celle-ci ne soit reçue.

    Reçus par le préfet et le Directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) du Var, lycéens et étudiants Toulonnais dénoncent le dédain qui leur a été opposé. Il est 14 heures. «C’est de l’irrespect envers la jeunesse. Nous sommes légitimes de nous exprimer», s’indigne Camille, membre du conseil de vie lycéenne du lycée Bonaparte. «Leur logiciel n’a pas changé, vous oui, et le monde s’est déplacé quelques vertèbres grave à vous. Gloire à vous !» les a encouragés Richard Romeo-Giberti, secrétaire de la CGT du Var, les enjoignant à «poursuivre le mouvement».

    A Gap

    À Gap, le cortège a prévu de passer par plusieurs lycées. Quelques minutes avant le rassemblement, les syndicats (CGT, FO, Solidaires, FSU, La Conf’) s’organisent.

    A Avignon

    Devant le lycée Mistral, à Avignon, quelques centaines de jeunes se rassemblent avant de rejoindre les élèves d’autres rassemblement. Les syndicats et les parents d’élève entourent les manifestants qui chantent devant l’établissement, fermé aujourd’hui.

    14h30, c’est maintenant au tour des étudiants de manifester dans Avignon. Plus de 500 lycéens et étudiants défilent ensemble avec le soutien des syndicats et des enseignants. Le tout dans le calme.

    A Marseille

    La circulation a été fermée au niveau des Réformés à Marseille. La tête de cortège avec les lycéens encadré par les syndicats s’est mis en marche sur la Canebière.

    Après un vote à main levé les lycéens ont répondu favorablement à la proposition de rencontre avec la Direction des services de l’éducation nationale, à la condition que ses représentants sortent de leurs bureaux pour les rencontrer. Le cortège doit arriver en fin de matinée devant la DSDEN à Nédelec.

    Le cortège marseillais s’est arrêté sur le cours Belsunce. Dans foule, des lycéens, des étudiants, des enseignants, des parents. La manifestation repart en direction de la rue de Colbert en scandant « la jeunesse emmerde le Front national» balancé dans la sono du camion en tête.

    Il est midi, et l’intersyndicale annonce 30000 manifestants a Marseille. La préfecture de police en a compté 4800.

    La manifestation marseillaise prévue pour s’arrêter devant la DSDEN s’achève. A 12h30, certains jeunes décident de poursuivre la manifestation sans l’intersyndicale.

    À Martigues

    Après une marche de la place Jean-Jaurès jusqu’à l’hôtel de ville, les syndicats, les enseignants et les soutiens du mouvement lycéen ont longuement applaudi les élèves.

    Le maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF) reçoit une délégation de lycéennes et de lycéens dans la mairie pour écouter leurs doléances et les accompagner dans leurs futures actions

    À Arles

    1100 lycéens et travailleurs ont défilé de la bourse du travail jusqu’à la sous-préfecture, sous la protection du service d’ordre de la CGT.

    A Aix-en-Provence

    «Étudier est un droit, pas un privilège», scandent lycéens et étudiants qui déambulent en masse sur l’avenue des Belges.

    Les manifestants sont passés devant le campus Schuman, toujours fermé. Ils sont 1300, selon les derniers chiffres de la police, «à peu près 2000», selon les syndicats.

    Le cortège est arrêté devant le rectorat. Un «temps de discussion» y est improvisé. Une libération de l’étudiant arrêté hier, lors des mobilisations devant le lycée Célony, est de nouveau demandée.

    Appels à rejoindre les prochaines mobilisations de lycéens, à «se structurer» pour un mouvement dans la durée… les organisations syndicales étudiantes qualifient la mobilisation «d’historique depuis mai 68» , et promet une «lutte jusqu’à la victoire»!

    Les lycéens le rappellent : «nous ne sommes pas là juste parce que nous n’avons plus de téléphones en cours». Ils rappellent la source de leur colère : des classes surchargées, des conditions de travail dégradées, un manque d’enseignants…». «Ce n’est que le début de la mobilisation lycéennes» préviennent-ils.

    «Aujourd’hui on est plus réprimés que protégés même si manifester est un droit!», scandent les étudiants. Le cortège est désormais devant le tribunal d’Aix, qui a fermé ses grilles par mesure de sécurité, pour protester contre l’interpellation d’un des manifestants hier, devant le lycée Célony.

    A Manosque

    Les lycéens manifestent calmement devant trois lycées de la ville et bloquent les rues de la commune depuis ce matin, aux côtés d’enseignants, de parents d’élèves, de la FSU, la CGT ou encore du PCF.

  • Un chantier solidaire pour lancer l’année de l’école de commerce à Aix

    Un chantier solidaire pour lancer l’année de l’école de commerce à Aix

    Les premiers jours en école de commerce ne se sont pas déroulés dans les amphithéâtres, mais dans le bruit des scies. Depuis lundi, les premières années de l’ESSCA (école supérieure des sciences commerciales) se relaient sur un chantier solidaire mené sur les pelouses de l’Institut des Parons, établissement médico-social spécialisé dans l’accueil de personnes en situation de handicap.

    Dossards floqués aux couleurs de l’école sur le dos, ils sont une trentaine à manier scies et ponceuses, à s’essayer à la découpe et à l’assemblage de planches de bois. D’ici la fin de la semaine, tout un mobilier extérieur doit être installé dans l’un des espaces verts de l’institut afin de compléter le nouveau pôle autisme, qui accueille une quarantaine de personnes.

    Provoquer le « déclic »

    Sur le vaste site de l’institut, plusieurs aménagements ont déjà été construits par des étudiants. Voilà six ans que l’ESSCA fait appel à l’entreprise britannique Splash Projects pour impliquer ses premières années dans un chantier solidaire en guise de séminaire d’intégration. « Les communautés, les associations avec lesquels nous travaillons décident ce dont elles ont besoin (…). Nos designers dessinent, puis le projet est mené par nos clients, explique Meg, de Splash. On crée des passerelles ! »

    Côté direction, l’initiative permet d’implanter, dès les premiers jours de cursus, les « valeurs de l’ESSCA », juge Claire Bourgeois, directrice du campus aixois. Cette année, ils sont une centaine d’étudiants à participer au projet et à se relayer. Le chantier, débuté lundi, a été bouclé et inauguré ce vendredi 4 septembre. « Surtout, c’est une manière de se rencontrer totalement différente. D’être présents pour aider, pour construire puis de voir une inauguration ou les parents des résidents sont là. Ils ont l’occasion de voir que ce qu’ils font est utile », poursuit Claire Bourgeois.

    Emmanuelle Bodu, responsable de l’expérience étudiante, estime « que ce qu’ils font aujourd’hui, c’est découvrir ce qu’est manager en équipe, travailler en s’ouvrant aux autres ». Sur les autres sites de l’école, dont les campus de Malaga et de Budapest, des chantiers similaires se déroulent simultanément. Parmi les étudiants, l’initiative a pu être une surprise. « On ne pensait pas faire des travaux la première semaine. On se sent utiles », estime Jade, entre deux coupes de bois. À ses côtés, Lou trouve que le projet s’inscrit dans l’idée qu’elle se faisait du commerce. « J’ai aussi choisi (ce cursus) pour le côté associatif, on va se retrouver devoir évoluer avec différentes valeurs, qu’elles soient sociales, environnementales. » Pour cette avant-dernière matinée de chantier, plusieurs résidents de l’Institut, les éducateurs, se sont rendus sur le site pour constater l’évolution des travaux. « Ces jeunes sont en devenir et, demain, ce seront peut-être des managers. Cette petite journée, ça peut faire des déclics », estime Thierry Pouplier, directeur de l’Institut des Parons. Globalement, participer à l’inclusion dans le monde du travail.

  • Répondre à la précarité étudiante grandissante

    Répondre à la précarité étudiante grandissante

    « Selon une enquête d’Aix Marseille Université (AMU) sur un panel de 1 200 étudiants, 37% d’entre eux ont du mal à satisfaire leurs besoins vitaux » expose Nicolas Mascret vice président AMU. Et de poursuivre : « Il nous fallait agir, et dépasser la distribution de colis alimentaire dégradante et stigmatisante, pour un étudiant dans une file d’attente. »

    Depuis janvier 2026, la faculté Saint-Charles bénéficie d’un espace de 120 m2, composé de 5 conteneurs, offert par la Fondation CMA-CGM. Une épicerie solidaire et sociale (ESS) s’est ouverte, l’étudiant fait désormais ses courses lui-même. Il dispose d’une cagnotte définie sur critères. « Il y a une réduction de 90% pour les denrées alimentaires et de 70% pour les produits d’hygiènes. Avec 300 étudiants par mois, la demande croissante. En 6 mois, 7,3 tonnes de denrées ont été vendues » explique Nicolas Mascret.

    Étendre le dispositif

    Avec 54 sites universitaires, sur 10 villes et 4 départements, une ESS étudiante itinérante est devenue une évidence en Région sud Paca. « L’idée est de mobiliser notre réseau sur tout le territoire pour favoriser des réponses concrètes pour que la précarité ne soit plus un frein à la réussite » explique Lamri Adoui, président de France Université. Ainsi, l’université du Havre Normandie devient le prochain campus équipé de conteneurs « dont l’épicerie solidaire sera le cœur », confirme Pédro Lages Dos Santos président de cette université. Suivra l’Université de Mayotte toujours selon le même modèle partenarial. « Nous avons l’ambition de répondre à un besoin concret en apportant des solutions qui le sont tout autant » conclut Zoé Waldmann responsable communication de la Fondation.

  • L’épicerie solidaire du campus Schuman à Aix compte déjà 2300 bénéficiaires

    L’épicerie solidaire du campus Schuman à Aix compte déjà 2300 bénéficiaires

    Il y a cent jours émergeait sur le campus Schuman une épicerie solidaire. Solid’Am, l’association étudiante, permet depuis aux étudiants de faire leurs courses à prix très réduits, voire gratuitement selon les produits installés sur les rayons de cette épicerie (notre édition du 26 janvier). Ouverte deux à trois jours par semaine, « au moins quatre heures par jour », elle est l’une des plus importantes en France, puisque ce sont 130m2 de rayons et d’étalages que propose l’association. Les produits qui les occupent, proviennent notamment de la Banque alimentaire et de dons. L’objectif du lieu, installé au cœur du campus et fondu dans un lieu événementiel, est de pouvoir déstigmatiser la précarité, faire ses courses dans un lieu sans file d’attente exposée, dans l’anonymat, et dans un espace dédié uniquement aux étudiants. Ce mercredi, entre deux points d’organisation, Lyes Belhadj, président de l’association, fait le bilan qui se résume en un mot : « Pouvoir d’achat. Ce sont 150 000 euros de pouvoir d’achat qui ont été redistribués aux étudiants. Cela se calcule avec la valeur réelle des produits que l’on distribue par rapport à leur prix sur le marché », résume ce dernier.

    300 étudiants hebdomadaires

    À ce stade, l’association enregistre 23 700 articles distribués, et selon elle, ce sont plus de 2 300 bénéficiaires, qui sont inscrits à ce dispositif alimentaire. « On estime que ce sont environ 300 étudiants par semaine qui viennent faire des achats ici, soit une centaine par jour, précise Lyes Belhadj. Le dispositif rencontre un franc succès, malheureusement. Il y a 25% des étudiants qui sont dans une situation de précarité, d’après les chiffres du ministère, ce n’est pas négligeable. » Force est de constater, pour l’association, que « la guerre au Moyen-Orient a accentué des fragilités déjà existantes » et, sans entrer dans les détails, que « les moyens sont assez limités, notamment avec les retards budgétaires du côté de l’état, les subventions ont toujours pas été liquidées ». Sur ces 100 premiers jours de fonctionnement, l’association a également scellé des partenariats notamment avec la Ressourcerie du Pays d’Aix, qui « dispose d’un rayon entier », mais aussi avec l’association Petites Mains et Tricotins, qui a mis à disposition des étudiants « à titre gracieux, plusieurs produits essentiels ». Malgré le contexte, l’association compte étendre le dispositif sur le territoire académique. Et pour poursuivre son activité, est toujours à la recherche de nouveau partenaires et de soutien.

  • Vent debout contre la sélection par la nationalité à l’université

    Vent debout contre la sélection par la nationalité à l’université

    Devant les portiques du campus Saint-Charles de l’Université d’Aix-Marseille (AMU), une autre forme de tri se met en place. Près des grilles, personnels et étudiants plongent la main dans une boîte où il est inscrit : « La nationalité, une question de chance ». Une mise en scène symbolique pour dénoncer la sélection à l’entrée de l’université. Ce mardi 12 mai à midi, une mobilisation intersyndicale d’enseignants, personnels et étudiants s’est tenue sur place. Elle vise la décision du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, de mettre fin à la possibilité d’exonération des frais pour la majorité des étudiants étrangers hors Union européenne.

    Bénissia, en master gestion des ressources humaines, se sent concernée. Originaire de République centrafricaine, elle étudie aujourd’hui à Aix-Marseille. « Moi, comme j’y suis déjà, ça ne me concerne pas. Mais ma sœur, qui vit en Centrafrique, veut venir. Elle a candidaté ici, mais avec ces frais, ça devient hyper compliqué. Si j’avais été dans cette situation, je ne sais pas si j’aurais fait le choix de venir », confie-t-elle. Pour rappel, en 2019 le plan « Bienvenue en France », censé renforcer l’attractivité des universités, avait déjà entraîné une forte hausse des frais pour ces étudiants : de 170 à 2 900 euros en licence, et de 250 à 3 900 euros en master. Jusqu’ici, de nombreuses universités contournaient ces montants grâce aux exonérations prévues par le texte.

    « Un décret excluant »

    Le gouvernement souhaite désormais en limiter drastiquement l’accès. Sur les 80 000 étudiants que compte Aix-Marseille, environ 5 000 sont extra-communautaires. « Cela ne concernerait plus que 10% des étudiants extra-communautaires. Autrement dit, 90% paieraient plein tarif », explique Julien, enseignant-chercheur en informatique et membre du syndicat Sud Éducation. Selon lui, cette mesure risque d’aggraver la précarité d’étudiants déjà fragiles. « J’avais un étudiant réfugié de Guinée : on s’est cotisés pour lui payer ses frais d’inscription », raconte-t-il, avant de dénoncer « un décret excluant, discriminant et xénophobe ».

    C’est aussi le rôle des étudiants internationaux dans l’université qui est mis en avant. Eric Berton, président de l’AMU, le rappelle : « L’excellence de nos universités se construit avec les étudiants internationaux. Ce sujet ne peut pas être regardé uniquement sous l’angle budgétaire […]. Pour AMU, l’ouverture sur le monde et la Méditerranée est un pilier de notre identité », rappelle-t-il. Christophe Baticle, maître de conférences en sociologie et anthropologie, en témoigne : « J’ai étudié à Amiens avec un ami venu du Congo. Aujourd’hui, nous menons des recherches ensemble, aussi au Congo. Il ne serait jamais venu avec ces conditions », constate-t-il. À quelques pas, un collègue plonge sa main dans la boîte : « Argentine ! ». Une syndicaliste lui répond avec ironie : « Ce sera 2 900 euros. Bienvenue en France ! ».

  • Une journée de fête pour sociabiliser les étudiants à Aix-en-Provence

    Une journée de fête pour sociabiliser les étudiants à Aix-en-Provence

    En début de matinée, la fête n’a pas encore commencé. Les tables commencent juste à être installées, des dizaines de stands associatifs et d’activités commencent à être montés et à s’animer, petit à petit, sur le Campus Robert-Schuman. Ce jeudi, la seconde édition du « Campus d’Aix en Fête », lui-même intégré dans le dispositif CAP Étudiant, a été lancé. La première, s’étant tenue en octobre dernier. Deux finalités, à ce rendez-vous. « Que ce soit, d’abord, un moment festif, convivial, un moment de rencontre entre différents étudiants, via différentes animations, déroule Nicolas Mascret, vice-président d’Aix-Marseille Université (AMU), délégué à la vie étudiante. Second objectif, que les étudiants puissent prendre connaissance de tout ce qu’AMU leur propose en termes d’aide, de sport, de culture… Tout cela, via le festif. » Sur l’ensemble des sites d’Aix-Marseille Université (AMU), 162 associations existent, le campus aixois étant l’un des plus dynamiques, sur le volet. Mais « il faut faire connaître les services et ce qui existe aux étudiants, souligne Quentin Acquatella, vice-président étudiant AMU. Il y a beaucoup de choses à l’université, il faut aller plusieurs fois vers l’étudiant, ne pas attendre qu’il se mette à faire des recherches tout seul. D’ailleurs, l’événement est précédé de deux ou trois semaines de tournées des services sur le campus ». D’où ce second événement.

    Des services à connaître

    L’objectif de cet événement, selon les organisateurs, reste surtout de « rompre l’isolement social ». « Une des problématiques [chez les plus jeunes, Ndlr] est celle de la santé mentale, souvent liée à l’isolement, poursuit Nicolas Mascret. L’idée est à la fois que les étudiants puissent vivre un moment collectif, ne pas se sentir isolés, grâce aux concerts, aux animations, mais aussi se rendre compte qu’à l’université, nous avons des centres de santé universitaires, ou l’on peut consulter des médecins, des psychologues, qu’on peut faire du sport, avoir des activités culturelles. L’idée, est de se rendre compte que l’on n’est pas seul. » L’événement, qui prévoit d’accueillir des milliers d’étudiants au cours de la journée, est en partie financé par la Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC), versée chaque année par les étudiants non-boursiers, mais aussi par le programme Ideal, spécifique à AMU. « Une façon de montrer aux étudiants ce qui peut être fait avec leur contribution », précise Nicolas Mascret. Pour cet événement, « il y a 120 personnels d’Aix-Marseille Université, du sport de la culture, des services de santé… », mobilisés, rappelle Nicolas Mascret.

  • Campus Hoche : l’Université de Nîmes entre dans une nouvelle ère

    Campus Hoche : l’Université de Nîmes entre dans une nouvelle ère

    Sous la chapelle restaurée, baignée de lumière et surmontée de son dôme majestueux, l’émotion était palpable ce mardi 20 janvier. Devant élus, représentants de l’État, partenaires institutionnels, personnels et invités, Benoît Roig, président de Nîmes Université, a inauguré la seconde et dernière tranche du site Hoche. Un moment attendu de longue date, qui marque l’aboutissement d’un projet engagé au milieu des années 2000 et devenu, au fil du temps, bien plus qu’un simple chantier immobilier.

    Installé dans l’ancien hôpital Gaston-Doumergue, fermé après les inondations de 1988 et les fragilités structurelles révélées par le temps, le site Hoche raconte à lui seul une histoire nîmoise : celle d’un patrimoine transformé en lieu de savoir. Racheté par la Ville en 2003, réhabilité par étapes successives – ouverture de Hoche 1 en 2013, livraison du bâtiment de recherche en 2023, puis restauration de l’aile sud-ouest et de la chapelle en 2026 –, le campus est désormais pleinement achevé.

    La dernière tranche inaugurée représente près de
    2 400 m² supplémentaires, avec dix salles de cours et douze salles de travaux pratiques dédiées aux pôles scientifiques (physique, chimie, biologie). Dès la rentrée prochaine, les formations scientifiques quitteront le site des Carmes pour rejoindre Hoche, permettant à terme l’accueil d’environ 1 500 étudiants sur ce campus en cœur de ville. Un équipement moderne, pensé pour les usages pédagogiques actuels, avec une attention particulière portée au confort thermique, visuel et acoustique.

    Au total, le projet représente un investissement d’environ 53 à 54 millions d’euros, financé dans la durée par l’État, la Région, le Département, l’Agglomération, la Ville et l’université elle-même. Un engagement collectif salué par le président de Nîmes Université, qui voit dans cette inauguration « l’aboutissement d’un projet mené sur le long terme », rendu possible par « l’appui constant de l’État et l’engagement déterminant des collectivités ».

    « Un nouveau chapitre »

    Mais pour Benoît Roig, pas question de parler de consécration ou de point final. « Ce n’est pas une fin, c’est un nouveau chapitre », a-t-il insisté, inscrivant cette inauguration dans une trajectoire plus large : celle d’une université construite progressivement, avec parfois peu de moyens mais une volonté intacte. De simples antennes universitaires dans les années 1980 à une université forte de plus de 6 000 étudiants aujourd’hui, implantée à Nîmes, Mende, Le Vigan et demain à Alès, le chemin parcouru est considérable. Lors de ses vœux pour 2026, prononcés à l’issue de l’inauguration, le président a réaffirmé la vocation profondément territoriale de l’établissement. Plaidant pour une université « ouverte sur les bassins de vie et les réalités sociales du département », il a rappelé que près de la moitié des nouveaux étudiants sont les premiers de leur famille à accéder à l’enseignement supérieur. Une donnée qui dit beaucoup de la mission sociale de Nîmes Université et de son rôle comme levier d’émancipation.

    Le message s’est aussi adressé aux élus et acteurs économiques présents : l’université doit être pleinement considérée comme un moteur d’attractivité, de cohésion sociale et de développement. « Il n’est pas nécessaire de passer le Vidourle ou le Rhône pour trouver des talents », a lancé Benoît Roig sous la chapelle, dans une formule qui a fait mouche. Avec son dôme reconstruit par les compagnons du devoir, sa chapelle transformée en salle de prestige, ses bâtiments mêlant mémoire et modernité, le site Hoche est désormais bien plus qu’un campus. Il devient un symbole : celui d’une ambition universitaire assumée pour Nîmes et pour tout un territoire qui, longtemps, a dû se battre pour faire reconnaître sa place dans le paysage de l’enseignement supérieur.

  • Le futur campus privé ouvrira en 2026 Porte d’Aix

    Le futur campus privé ouvrira en 2026 Porte d’Aix

    « Des écoles dans le numérique, il y en a très très peu dans la région, alors, on vient combler un manque », assure François Stephan, directeur général de l’ECE (école d’ingénieurs), en présentant l’ampleur du futur campus « Omnes éducation », en construction Porte d’Aix. Le colosse universitaire, institution privée, implanté au cœur de la ZAC Saint-Charles, ouvrira ses portes aux étudiants post-bac dès la rentrée 2026. Le site accueillera en son sein trois écoles : Inseec (Institut des hautes études économiques et commerciales), ECE (école centrale d’électronique dédiée à l’ingénierie du numérique) et Sup de Pub (école de communication).

    L’école d’ingénieurs sur Parcoursup

    « Les trois écoles constituent un triptyque pédagogique. Les étudiants pourront travailler ensemble sur des projets », revendique Sylvain Coulange, directeur du campus « Omnes éducation » à Marseille. À terme, le site accueillera 2 600 étudiants sur six étages et dans une surface globale de 6 500 m2. Le directeur général de l’ECE, François Stephan, espère que « d’ici 3 ou 4 ans, 500 élèves soient inscrits à l’ECE Marseille ».

    Le bâtiment, encore en travaux, « sera prêt à accueillir les étudiants en septembre 2026 », assure le directeur du campus. Une fois achevé, le bâtiment comprendra 47 salles de cours, un amphithéâtre de 175 places, une bibliothèque universitaire, un studio photo et vidéo, un rooftop de 500 m2, une salle de sport, des salles de projet ainsi que des cafétérias.

    L’annonce de l’ouverture de ce site, dès la rentrée 2026, résonne avec l’ouverture de Parcoursup le 19 janvier pour les étudiants de terminale, ainsi qu’avec la tenue du salon de l’étudiant à Marseille, ces 16 et 17 janvier. « Le programme ingénieur de l’ECE à Marseille sera proposé sur Parcoursup pour permettre aux étudiants de s’inscrire, via concours, à notre école », précise François Stephan. Les élèves, pour entrer en première année dans cette grande école, seront sélectionnés selon leur dossier et leurs notes au concours Avenir sur Parcoursup.

    Logement « via Airbnb »

    Une promotion de 50 élèves est ouverte en 2026. Le coût annuel de « la grande école de l’ingénierie et de l’IA » est d’environ 10 000 euros. Elle accueille 25% de boursiers du Crous. Interrogés sur la question du coût de la vie étudiante et du logement, Sylvain Coulange, François Stephan et Marc-Henri Desportes, président exécutif du groupe « Omnes éducation », signalent que « 25% de nos étudiants sur Marseille se logent via Airbnb ». Une visite du directeur d’Airbnb est prévue prochainement, lors d’une masterclass, afin « d’évoquer ces questions de logements ». Par ailleurs, « deux résidences étudiantes privées sont en train de se construire à proximité », ajoutent-ils, pouvant permettre aux étudiants de se loger.