Nous commençons à sentir les effets de la guerre1 : discussions politiques sur l’invasion des nazis, batailles perdues, déplacement de population, armée française en déroute, soldats prisonniers emmenés dans des camps en Allemagne, mais aussi l’embarquement des soldats anglais pour rejoindre coûte que coûte les côtes britanniques après leur refoulement sur Dunkerque, abandonnant les Français sur les plages d’embarquement.
Nous suivons avec une certaine angoisse sur une carte où sont plantées des épingles de couleur le déploiement des forces françaises, alliées et nazies.
« Nous avons été trahis ! »
Chaque famille attend avec anxiété des nouvelles des siens ; il y a eu l’exode des habitants de la moitié nord de la France ; et l’Alsace et la Lorraine qui va repasser sous le joug allemand…
Nous voici plongés dans la période du dépôt des armes et de la reddition.
Nous avons été trahis ! Nos généraux et ministres de l’armée étaient incompétents ! La ligne Maginot2, qui devait défendre la France contre les attaques allemandes, a été contournée et prise à revers !
Les soldats cherchent leur régiment et errent sur les routes en même temps que les civils français qui, fuyant les zones de combat, traînent leurs valises, leurs enfants, leur matelas, enfin tout ce qu’ils peuvent sauver, et tous sont pourchassés par les avions allemands Messerschmitt.
Que de scènes atroces à travers une France bientôt coupée en deux3 !
Dans la zone sud, dite « zone libre », nous ne voyons pas encore l’ennemi, l’Allemand, le Boche, nous envahir, mais la majeure partie de la population rentre franchement au début dans le jeu du « maréchalisme ».
1. Après la déclaration de guerre, le 3 septembre 1939, s’ouvre une pé- riode de transition appelée la « drôle de guerre », qui s’achève le 10 mai 1940, date à laquelle s’ouvre la phase armée du conflit. Des millions de civils fuient les combats vers le sud (épisode qu’on appellera « l’Exode »).
2. Du nom de l’initiateur André Maginot (1877-1932), deux fois ministre de la Guerre, il s’agit d’un système défensif fortifié le long de la frontière du nord-est. La forêt des Ardennes étant considérée comme une zone géographique naturellement défensive, le système laisse la frontière belge pénétrable, faille que Hitler ne manquera pas d’exploiter.
3. L’armistice signé à Rethondes le 22 juin 1940 divise la France en deux zones, séparées par une « ligne de démarcation ». La zone occupée par les armées allemandes correspond à la moitié nord et à l’ouest du territoire (trois cinquièmes), et la zone dite « libre », au sud, est bientôt gouvernée depuis Vichy, siège de l’État français instauré le 10 juillet 1940 et dirigé par le maréchal Pétain.
à suivre la semaine prochaine…

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