Tag: soldats

  • La paix, fil conducteur de la cérémonie du 8-Mai à Marseille

    La paix, fil conducteur de la cérémonie du 8-Mai à Marseille

    Représentants de l’État, des collectivités locales, des armées, des forces de police et de secours, élus, mais aussi cadets des marins-pompiers, collégiens ou jeunes de l’Epide (établissement public d’insertion) se sont retrouvés Porte d’Aix à Marseille, ce vendredi 8 mai, pour commémorer la capitulation de l’Allemagne nazie. Un moment solennel avec un maître-mot : la paix, à l’heure où la situation internationale se tend inexorablement et où les opinions se radicalisent dangereusement.

    À la tribune, Sirine, jeune élève de l’école de porte-drapeau de la Ville de Marseille, donne lecture des inquiétudes de l’Union française des associations de combattants et victimes de guerre. « Le 8 mai 1945 portait un espoir de paix. Or, nous assistons aujourd’hui à la résurgence de fléaux qui nous ont menés aux abominations de la Seconde Guerre mondiale. Au mépris des enseignements du passé, fanatisme religieux, terrorisme, réveil du nationalisme, retour des empires et retour de la guerre aux quatre coins du monde nous rappellent que la paix et la liberté ne sont jamais définitivement acquises », alerte-t-elle, avant d’appeler « à poursuivre le combat ».

    La jeunesse en relais

    Relayant le message de Catherine Vautrin, ministre des Armées, et d’Alice Rufo, secrétaire d’État auprès du ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, le préfet de région, Jacques Witkowski, ne dit pas autre chose. « N’oublions jamais : avant d’être une défaite des armes, la défaite de 1940 fut d’abord une défaite de l’esprit », pose-t-il. Et de citer Marc Bloch, « historien combattant de 14, volontaire à nouveau en 39 et fusillé en juin 1944, [qui] avait porté sur les responsables de la débâcle ce constat implacable : ils avaient estimé trop tôt naturel d’être battus ». Le préfet appelle ainsi à « résister au déni du droit et de la justice ».

    Vient ensuite, « alors que nous célébrons les 400 ans de la Marine nationale », un hommage à l’amiral Muselier, grand-père de Renaud, président (Ren.) de la Région. L’Amiral, « rallié dès 1940 à la France libre et qui lui donna son emblème : la croix de Lorraine ». Ceux qui ont débarqué sur les plages de Provence ne sont pas oubliés. Des « soldats venus d’Afrique, d’Asie et du Pacifique : tirailleurs, goumiers, spahis de la 1ère armée française menée par le général de Lattre de Tassigny, jusqu’à Berlin », rappelle le préfet de région.

    À l’issue de la cérémonie, Benoît Payan (DVG) maire de Marseille, insiste : « La paix n’est pas un acquis, c’est quelque chose qui s’entretient. » Inquiet de voir « qu’autour de nous, tout est en train de s’écrouler », il martèle : « Ce que nous pensions être des acquis étaient en réalité des conquêtes », avant de s’en prendre « aux politiques de ce pays qui ne mesurent pas leur responsabilité quand ils disent “voilà ce qu’il faudrait faire”, “voilà quel pays il faudrait attaquer”, “voilà quelle armée il faudrait arrêter” ». Comme autant de raisons de passer le flambeau à la jeunesse, car « les anciens partent ».

  • Un soldat français tué dans une embuscade au Liban

    Un soldat français tué dans une embuscade au Liban

    « La Nation s’incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah », a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.

    Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a « condamné fermement » cette embuscade, soulignant que selon les premières conclusions de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), les Casques bleus ont « essuyé des tirs d’acteurs non étatiques, présumés appartenir au Hezbollah », chiite pro-iranien.

    Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué « par un tir direct à l’arme légère », dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin.

    Âgé de 40 ans, ayant servi sur de nombreux théâtres d’opérations depuis son engagement en 2007, il était « un militaire d’exception », a dit son chef de corps, le colonel Jérémy Akil, saluant un homme « profondément généreux et courageux ». Père de deux filles, il était « au terme de son parcours militaire » et devait revenir à la vie civile « d’ici quelques mois ». C’est le deuxième militaire français tué dans l’embrasement de la région après le début fin février des attaques américaines et israéliennes contre l’Iran.

    « L’arrestation

    des coupables »

    « La France exige des autorités libanaises qu’elles arrêtent immédiatement les coupables », a ajouté M. Macron, et qu’elles « prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul ». Le président libanais Joseph Aoun a condamné l’attaque contre les Casques bleus français et a promis de poursuivre les responsables. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a dénoncé une attaque « délibérée », estimant également que les auteurs de l’embuscade étaient vraisemblablement du Hezbollah. Forte de près de 8 200 militaires de 47 nations, dont plus de 600 Français, la Finul est régulièrement attaquée. Trois Casques bleus indonésiens ont été tués fin mars.

    « Le Hezbollah nie avoir un lien avec l’incident survenu avec la Finul », a affirmé dans un communiqué le groupe islamiste chiite allié de l’Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.

    De son côté, Emmanuel Macron recevra mardi le Premier ministre libanais Nawaf Salam, a indiqué dimanche l’Élysée, alors que la situation reste très instable au Liban où un cessez-le-feu fragile est entré en vigueur. S’il sera évidemment question, lors de cette rencontre, de la récente attaque contre les forces françaises de la Finul, « cette visite sera l’occasion pour le chef de l’État de rappeler son attachement au respect plein et entier du cessez-le-feu au Liban, le soutien de la France à l’intégrité territoriale du pays et aux actions entreprises par l’État libanais pour assurer la souveraineté pleine et entière du pays et le monopole des armes », a souligné la présidence française.

  • Coup de jeune pour la Mosquée Missiri

    Coup de jeune pour la Mosquée Missiri

    Elle détonne dans une commune aux mains du RN depuis 2014. Construite par les tirailleurs sénégalais – dans le but de vaincre le mal du pays – entre 1928 et 1930 au camp militaire de Caïs, qui accueillait des troupes coloniales africaines, en périphérie de Fréjus, la Mosquée Missiri est une réplique de la Grande Mosquée de Djenné, au Mali. Elle est l’une des premières construites sur le sol français par les soldats africains venus libérer la France des nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, demeurant non seulement un témoignage de la participation décisive de ces derniers, mais aussi une preuve de fraternité entre les peuples et du respect de la pratique de la foi. « La Missiri n’était pas à proprement parler un lieu de prière, mais un lieu de vie, pensé pour accompagner ces soldats dans une période de transition. C’est un lieu singulier, à la croisée des cultures et des mémoires. Sa valeur tient autant à son architecture qu’au récit humain qu’elle porte », souligne ainsi Pierre Excoffon, directeur de l’archéologie et du patrimoine de la ville.

    Classée monument historique en 1987

    Basé sur un niveau, de plan carré, l’édifice de 22 000 m² est recouvert d’ocre rouge. Les tours d’angle sont ornées de pointes en béton armé – pour résister au climat européen –, rappels des poutres en bois renforçant la construction, en terre, du modèle africain. Le toit est garni d’une terrasse, et l’intérieur de peintures murales inachevées.

    Inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1987, elle a été cédée par le ministère de la Défense à la ville de Fréjus en 2019. Elle connaît actuellement une cure de jouvence, alors qu’elle était fermée au public depuis 2020. Une première phase de travaux a débuté en novembre. Elle porte sur la stabilisation de l’édifice : reprise des fondations, restauration des façades, traitement du plancher haut et gestion des eaux pluviales. Aux abords, les premières interventions concernent les cases, totems, termitières et le square sacré. Une seconde phase, prévue fin 2026, portera sur la restitution des décors et l’aménagement des abords en vue d’une ouverture au public en 2027. L’ensemble comprendra aussi un parcours paysager et des dispositifs didactiques. Au total, les travaux auront coûté 1,8 million d’euros, financés par la Ville, la Région et le ministère de la Culture.

  • Un service militaire mais pour quoi faire ?

    Un service militaire mais pour quoi faire ?

    « Elle aura bien de la peine pour élever les enfants. Elle aura bien de la peine car je m’en vais pour longtemps. » Ces paroles de la Blanche Hermine, un chant militaire un brin archaïque, sont chantées en chœur ce vendredi 5 décembre par les recrues militaires, hommes comme femmes, du Centre de préparation opérationnelle du combattant de l’armée de l’air sur la base aérienne 115 d’Orange, tout en marchant au pas sur la place d’armes du quartier Geille. Pendant qu’un autre groupe de soldats en formation, équipés de protections de la tête aux pieds, se tapent dessus à l’aide de matraques et de boucliers en mousse, mais aussi avec des mitraillettes factices peintes en rouge, le lieutenant Yann explique que « c’est ce que vont également faire les jeunes du service national pendant les quatre premières semaines ».

    La base aérienne du nord de Vaucluse a été choisie pour accueillir la moitié des 600 premiers volontaires du service national dans l’armée de l’air et de l’espace. Ainsi, dès septembre 2026, 100 jeunes volontaires « avec ou sans bac » seront accueillis en Cité des Princes pour une durée de 10 mois. Puis 100 en octobre et 100 en novembre. Les 300 autres iront à la base aérienne 105 d’Évreux. Avec pour objectif d’avoir 2 000 jeunes en service national en 2030 dans l’armée de l’air, à travers cinq bases aériennes du pays.

    Chacun d’entre eux aura donc une formation générale d’un mois pendant laquelle « ils vont apprendre les fondamentaux », assure le lieutenant Yann. Avec donc du « combat rapproché » pour avoir les « bons réflexes du combattant », avec les exercices présentés précédemment. Mais aussi le maniement des armes, notamment des fusils d’assaut. Et ce, en premier lieu à l’aide de simulateurs présentés quelques instants plus tard. Par groupe d’une dizaine de recrues, on enchaîne préparation de son arme, tir debout, un ou deux genoux à terre et allongé en visant un écran où apparaissent des cibles de forme humaine au milieu d’un terrain désertique. L’instructeur conseille de viser « au niveau du torse » tout en analysant les « courbes de tir » et en donnant des conseils aux apprenants. Et finalement d’apprendre à « marcher au pas et à porter l’uniforme ».

    Trois types d’emplois

    Ce vendredi se tenait donc une journée de présentation plus approfondie du dispositif. « On est prêts et on a besoin d’eux », lance micro en main la générale Valérie Godin, aussi directrice des ressources humaines de l’armée de l’air et de l’espace. La haute gradée a donné plus de détails après l’annonce de fin novembre dernier du président de la République. Elle précise que trois « types d’emplois » peuvent être exécutés par les futurs volontaires. Tout d’abord dans « l’engagement opérationnel au profit de la protection des bases », c’est-à-dire en patrouilles type Sentinelle dans les lieux publics. Ensuite des postes « en escadron », comme par exemple à la maintenance, à la logistique ou même en cuisine selon l’appétence de chacun. Et finalement des emplois « plus expertisés » destinés aux volontaires plus âgés, avec des formations « type licence ou master » dans des domaines très diversifiés tels que les ressources humaines, l’ingénierie, la cybernétique ou même l’aérospatial. Avec une rémunération située pour la plupart du temps entre 800 et 1 000 euros.

    Une flopée de possibilités que l’armée a souhaité illustrer au sein de la base aérienne en disposant dans un hangar cinq métiers différents ouverts aux volontaires à Orange. Par exemple armurier, « un boulot exigeant car on gère un gros panel d’armes », précise l’aviateur Corentin tout en maniant un fusil Famas. Ou encore assistant du moniteur de sport de la base ou assistant chenil. Mais aussi la gestion de la planification des vols de la base « afin de faciliter la vie des pilotes », assure le caporal-chef Nathan, posté devant un avion de chasse Rafale.

    Une réponse au contexte géopolitique

    Un service national qui, d’après la générale Valérie Dodin, a pour but de renforcer « la cohésion nationale » et « apporter sa pierre à quelque chose de plus grand ». Mais si le ministère des Armées évoque sur son site « un nouveau dispositif qui vise à renforcer la résilience du pays, à consolider le lien armées-nation et à adapter notre modèle de défense aux menaces de demain », ou encore le site du gouvernement qui précise que la mise en place répond à une « dégradation du contexte international » en citant la guerre en Ukraine ou encore le désengagement américain, le contexte géopolitique actuel a soigneusement été évité tout au long de la journée par le corps militaire. « Pas le sujet du jour », nous assène-t-on. Mais sans doute celui de demain.

  • Hommages aux Poilus à Marseille

    Hommages aux Poilus à Marseille

    « Garantir la sécurité, la liberté et la dignité de chacun, ce projet porte un nom : la République » a réaffirmé ce mardi 11 novembre Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants par la voix d’Isabelle Epaillard, préfète des Bouches-du-Rhône par intérim, qui a lu son message lors de la cérémonie d’hommage aux combattants de la Première guerre mondiale. Députés, sénateurs, le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), la présidente de la Métropole, Martine Vassale (DVD) et les autorités militaires se sont réunis devant la porte d’Aix en fin de matinée. Cadets de Marseille et élèves de 3e du collège Mallarmé étaient également présents, assurant la lecture des poèmes « Mon enfant »,, « 1914 », « Les tranchées » de Fabienne Berthomier ou de « La dernière lettre écrite à ses élèves par l’Adjudant Henri Boulle. »

    Dans l’après-midi, c’est au carré militaire du cimetière Saint-Pierre que se sont retrouvés des élus de la majorité départementale, sous l’égide de la présidente Martine Vassal qu’une cérémonie a eu lieu avec un hommage à Gaston Castel, architecte de la Ville de Marseille et des Bouches-du-Rhône, qui a réalisé plus de 270 bâtiments dont la crypte du cimetière, l’opéra de Marseille ou encore les Baumettes… Mais dont on sait moins qu’il fut mobilisé dès septembre 1914, combattit à quelques encablures de Verdun avant d’y laisser un oeil. Une gueule cassée qui plus tard n’hésitera pas à s’engager dans la Résistance…

    La crypte est d’ailleurs ouverte au public gratuitement tous les jours jusqu’au dimanche 16 novembre, avec une exposition, organisée par les Amis du Vieux Saint-Marcel, le comité de Marseille du Souvenir français et l’association républicaine des anciens combattants de Saint-Marcel.

  • « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    La Marseillaise : Que s’est-il passé à la Courtine en 1917 ?

    Jean-Yves Le Naour : C’est un événement un peu exceptionnel, une sorte de prolongement de la révolution russe en pleine Creuse. En 1914, la France a moins d’hommes que l’Allemagne et demande donc au tsar russe des hommes contre des fusils. La Russie envoie donc 40 000 hommes, bien que la France en ait voulu 500 000. Ces hommes se sont bien comportés mais lorsque la révolution russe survient en février 1917, ils n’ont qu’une envie, rejoindre la Russie pour participer au partage des terres. Ils n’ont plus du tout envie de faire la guerre. Ils commencent alors à s’organiser en soviet et à questionner l’autorité. On les retire donc du front et on les met dans une caserne au centre de la France, à la Courtine, en Creuse. On les oublie un peu, mais ils s’organisent et prennent le contrôle de leur caserne. Pour les soumettre, la France va les encercler et les bombarder, faisant une dizaine de morts en septembre 1917. Quand ils se sont rendus, ils ont été envoyés dans un bagne en Algérie.

    Y a-t-il eu d’autres mutineries de cette ampleur lors de la Grande Guerre ?

    J.-Y.L.N. : Il y a eu des Tunisiens qui ont refusé d’obéir en décembre 1914, parce qu’ils sont épuisés. C’est l’hiver, il fait froid, ils pataugent dans l’eau, ils ne dorment pas. Quand on leur a demandé d’attaquer, ils n’ont pas pu. Il y a donc eu plusieurs fusillés, pour l’exemple, mais peut-on parler de mutinerie ? Je ne sais pas. Il y a aussi les mutineries de 1917 des poilus qui sont très documentées.

    Quels sens ont ces mutineries ?

    J.-Y.L.N. : Il y a le désir de paix. Mais pour les Français, le désir de paix est inatteignable, en dehors d’un renversement de l’ordre politique. Ils se replient donc vers des revendications acceptables : comme davantage de permissions. Les Français ne veulent pas la défaite de la France. Lénine lui, prône le défaitisme révolutionnaire, qu’il a théorisé. Mais ce défaitisme révolutionnaire n’est pas porté par les socialistes français. Ils veulent sortir de la guerre, mais pas au prix de la défaite de leur pays. Ils sont donc coincés. Les soldats français ont fait la guerre tout en la maudissant, mais ils l’ont faite. À gauche, on a consenti à la guerre en imaginant que c’était la dernière et qu’on allait tuer la guerre en renversant les trônes, les Kaisers, les Césars, l’impérialisme. Mais on s’est aperçus, trop tard, que c’était la guerre elle-même, la barbarie. Ces mutineries elles disent une part de résistance à cela.

  • Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Comment s’est-on opposé aux conflits dans le monde depuis la Première Guerre mondiale ? C’est la question que vont se poser historiens, déserteurs et objecteurs de conscience les 4 et 5 octobre à Vitry-sur-Seine. Organisé par l’association La Courtine 1917 en partenariat avec La Marseillaise, ce colloque veut mettre en avant ces femmes et ces hommes qui ont refusé d’aller ou de continuer le combat.

    C’est un parcours chronologique que propose de suivre les organisateurs de cet événement. Le point de départ sera la mutinerie des 10 000 soldats russes en 1917, dont l’association qui organise l’événement est le porteur de mémoire. C’est donc l’historien Rémi Adam, spécialiste de l’événement qui ouvrira le colloque le samedi. Une première journée consacrée aux oppositions pendant la première guerre mondiale. Il y aura notamment « le maire de Gentioux où se trouve un monument aux morts célèbre où un enfant lève le poing face à une inscription “Maudite soit la guerre” », déroule Jean-Paul Gady, membre du conseil d’administration de l’association La Courtine 1917 et organisateur de l’événement.

    Refuser les guerres coloniales

    Le dimanche sera plutôt l’occasion d’évoquer le refus de certains de prendre part aux guerres coloniales. L’historien Victor Pereira évoquera le cas des Portugais. « Ce sont des travailleurs et jeunes Portugais qui ont refusé de partir dans l’armée coloniale dans les années 1965 jusqu’à la révolution portugaise des années 1974. Ils étaient 250 000 à avoir donc fui leur pays pour ne pas être enrôlés », précise l’organisateur de l’événement.

    Les opposants à la guerre d’Algérie seront également mis en avant. à travers le témoignage de Thomas Liechti, petit-fils du premier soldat qui refusa la guerre d’Algérie. Il évoquera la vie de son grand-père. Enfin la chercheuse et historienne Armelle Mabon évoquera le massacre par l’armée française de tirailleurs sénégalais. « Ce sont des interventions prévues extrêmement variées, insiste l’organisateur. Mais en même temps, tout ramène à une chose : comment la réaction individuelle et collective peut se faire quand on refuse la guerre. »

    Cet ensemble de conférences sera accompagné de ventes de livres et de dédicaces de tous les historiens présents. L’association La Courtine 1917 tiendra également un stand pour vendre leurs différentes revues et livres. Une soirée est également prévue le samedi soir de 20h à 23h aux 3 cinés Robespierre, à Vitry-sur-Seine.

    Echos à l’actualité

    Elle débutera avec une pièce de théâtre intitulée Vincent Moulia, évadé pour survivre. Dans un seul en scène, un acteur retracera la fuite de cet homme accusé de mutinerie. Cela sera suivi à 21h30 par la projection d’un film documentaire qui évoque la mutinerie de La Courtine.

    Un cycle de conférences qui sera ponctué de témoignages de déserteurs ukrainiens, russes ou israéliens qui refusent de participer aux guerres actuelles. « Ce colloque a un écho avec l’actualité mortifère, insiste le membre du conseil d’administration. Notamment en France où des centaines de milliards d’euros sont programmés pour la dépense militaire. Face à cette situation de tension et de guerres qui ne manquera pas d’arriver en Europe, nous souhaitons faire de l’éducation populaire pour montrer que ces déserteurs, souvent minoritaires avaient raison. Il ne sert à rien d’abonder dans une logique capitaliste. »

    Inscription nécessaire par mail : lacourtine1917@gmail.com