Tag: habitants

  • François de Canson pour succéder à Renaud Muselier

    François de Canson pour succéder à Renaud Muselier

    Avant même que ne soit lancée pleinement la bataille des sénatoriales, Renaud Muselier (Ren.) avait clairement annoncé son soutien à François de Canson, « le meilleur de très loin », lançait-il, en juin, à la veille de sa dernière séance. Devant la presse, après avoir démissionné officiellement de son poste car élu sénateur, Renaud Muselier mettait logiquement en avant « un maire réputé, un élu local reconnu qui sera un président compétent ».

    Maire (DVD) de La Londe-les-Maures (Var), président de la Communauté de communes Méditerranée Porte des Maures, troisième vice-président de la Région Sud et président du comité régional du tourisme, François de Canson s’est dit prêt à prendre la suite et sera donc candidat, ce lundi 12 octobre. Il fait indéniablement partie des fidèles de l’ex-président de la Région, qui n’entend pas s’éloigner totalement des affaires régionales. Depuis le Palais du Luxembourg, Renaud Muselier restera ainsi « conseiller régional spécial » sur les fonds européens, les Jeux olympiques d’hiver 2030 et le département des Bouches-du-Rhône.

    Son poulain compte néanmoins mettre sa patte. Il assurait, dès avril sur l’antenne d’Ici Provence, qu’il serait « un président de terrain, au contact des habitants et du territoire, quelqu’un qui connaît les bassins de vie ». Il indiquait également se « préparer » sur le tourisme, l’économie et mettait en avant sa connaissance des « grands dossiers », entendre « les équilibres budgétaires, les contraintes de l’action publique, les attentes des habitants ». Et d’enfoncer le clou : « Continuité ne veut pas dire immobilisme. Je ne serai pas un clone, il y aura un style François de Canson. »

    Un candidat unique ?

    Reste à savoir s’il sera le seul candidat. Premier vice-président de la Région, Christian Estrosi (Horizons) assure actuellement l’intérim. En 2019, il avait laissé la présidence à Renaud Muselier afin de se consacrer à son mandat de maire de Nice. Battu et « trahi » par son ex-bras droit, Éric Ciotti (UDR), qui lui a ravi la place et basculé à l’extrême droite, il pourrait vouloir reprendre son fauteuil à la Région, même s’il n’a rien déclaré officiellement. En mai dernier, trois de ses proches, conseillers régionaux et élus dans les Alpes-Maritimes, Roger Roux, Bruno Bettati et Colette Fabron, ont aussi quitté la majorité de Renaud Muselier, lui imputant « l’échec des JO », laissant entrevoir des dissensions au sein du groupe. De son côté, l’opposition RN n’a rien laissé filtrer sur une éventuelle candidature.

    Pour être élu au premier ou au deuxième tour, le candidat devra obtenir la majorité absolue des 123 membres du conseil régional. Si aucun ne l’obtient, un troisième tour est organisé, à la majorité relative. La majorité de Renaud Muselier compte 80 sièges et le groupe RN-UDR-Indépendants 39.

  • À Istres, Robin Prétot face aux tracas du quotidien dans les quartiers

    À Istres, Robin Prétot face aux tracas du quotidien dans les quartiers

    Un petit rassemblement se forme sous les pins du Ranquet. Les habitants s’agglutinent autour de Robin Prétot et des services municipaux et métropolitains. C’est dans ce quartier du sud de la ville, situé entre la D5 et l’étang de Berre, que le maire a choisi de débuter sa tournée de proximité.

    Chacun y va de sa revendication. Une riveraine s’inquiète du débroussaillement, qu’elle estime insuffisant au regard des incendies qu’a connu la France cet été. « On intervient chaque année pour 40 000 euros », répond un technicien de la Métropole, qui se dit à l’écoute de toute sollicitation, mais rappelle la complexité de la tâche due à la juxtaposition de domaines privés et publics. Un autre réclame des ralentisseurs. Une troisième une remise à niveau de la voirie. « À l’origine, le Ranquet était habité par des gens à la saison. Aujourd’hui, on vit tous ici à l’année, mais les routes n’ont pas suivi », fait-elle remarquer. Robin Prétot promet de « voir avec la Métropole pour les nids-de-poule ».

    « Ça nous permet de reconnecter avec la population. Il faut faire le tri des demandes, chacun a son intérêt particulier à défendre, il faut qu’on garde en vue l’intérêt général », glisse le maire, qui veut avoir un discours de vérité auprès de ses administrés sur les finances de la Ville. « J’ai des demandes qui relèvent de la propreté et des espaces verts. La commune est étendue, les moyens se réduisent et il y a eu le transfert vers la Métropole. Nous, on a quatre agents. Il faut dire aux gens pourquoi c’est aussi long et compliqué. » L’écoute a déjà fait ses preuves au Ranquet : cet été, la majorité a demandé à la police municipale de sécuriser la descente en période estivale. « Ça a fait toute la différence », félicite une riveraine.

  • Ces locataires qui dénoncent l’impasse du logement social

    Ces locataires qui dénoncent l’impasse du logement social

    « Je mange et je ne paie pas le loyer ou je paie le loyer et je ne mange pas ? » C’est le terrible dilemme auquel sont confrontés bon nombre de locataires de logements sociaux, ont déploré, ce samedi 10 octobre, les représentants varois, bucco-rhodaniens, vauclusiens et haut-alpins de la CNL (Confédération nationale du logement), réunis à Marseille. L’occasion de faire un point avant les élections dans les conseils d’administration des bailleurs, qui se tiendront du 15 novembre au 15 décembre.

    Augmentation des prix de l’énergie, de l’eau et donc explosion des charges, résidences délabrées avec un parc immobilier qui date d’il y a 50 ans, absence de volets pour se protéger de chaleurs devenues étouffantes ou logements mal isolés contre le froid… La situation des locataires HLM se complique dramatiquement, témoignent-ils, particulièrement bien placés pour en parler puisqu’ils en font partie. « Le droit à un logement stable, de qualité et à un prix abordable pour tous est aujourd’hui piétiné », s’indigne Michel Mus, président de la CNL Paca. Le résultat d’une « politique consciente et assumée de désengagement de l’État dans l’aide à la pierre, de l’organisation méthodique de la dérégularisation et de la marchandisation du secteur HLM ». Et de balancer les chiffres : 241 735 demandes en attente en Paca.

    Bailleurs privés de moyens

    Parmi ces demandes, plus de 20 000 concernent le Vaucluse, poursuit Michel Mus, également président de la CNL 84. On en compte près de 80 000 dans les Bouches-du-Rhône, ajoute Jean-Paul Guilbert, président de la CNL 13, et plus de 36 000 dans le Var. Dans les Hautes-Alpes, département « très pauvre », indique Yann Mathieu, président de la CNL 05, « 80% des habitants sont éligibles au logement social ». Les retraités avec une petite pension étalent les paiements « jusqu’en douze fois, les jeunes saisonniers ne peuvent pas se loger », raconte-t-il.

    Concrètement, à ce rythme, un foyer devra attendre 11 ans pour emménager, a calculé Michel Mus. Et il ne pourra pas compter sur les constructions, réduites à peau de chagrin : 80 000 en France alors qu’il en faudrait 250 000, estime Jean-Pierre Babilot, secrétaire régional de la CNL. Par exemple, « 13 Habitat prévoit 300 logements de plus d’ici 2028, on a le temps d’acheter des caravanes… », ironise Jean-Paul Guilbert.

    Faute de logements de volumes variés, difficile aussi de faciliter la prise en compte de l’évolution des foyers. « Quand les enfants sont partis, on peut occuper moins d’espace, mais il n’y a que des T4 ou T5 », constate Jean-Pierre Babilot. Il pointe aussi la mise à mal de la loi SRU, qui oblige les communes de plus de 3 500 habitants à compter 25% de logements sociaux : « Ce quota prend en compte le logement locatif intermédiaire, c’est trop facile et des maires préfèrent payer l’amende. » Sans compter les ressources restreintes des bailleurs. La Réduction de loyer de solidarité (RLS), prélèvement imposé aux sociétés HLM mise en place en 2018, est venue compenser les dépenses de l’État liées aux APL (Aide pour le logement). « Cela permet de renflouer les comptes au détriment des bailleurs et des locataires », analyse Jean-Pierre Babilot.

    Autant de raisons pour lesquelles « nous voterons contre toute augmentation des loyers et demandons leur gel », explique Liliane Roberto, présidente de la CNL 83. Elle dénonce également le phénomène de fusion des bailleurs, qui porte atteinte à la représentativité des associations de défense des locataires au détriment des habitants. « Dans le département, nous étions 15, nous nous retrouvons à 3, c’est grave », détaille-t-elle.

    Les élections s’avèrent donc cruciales pour faire entendre la voix de locataires qui ne se sentent déjà pas entendus, martèle la CNL. Ils pourront exprimer leur choix sur internet ou par courrier, précise Michel Mus.

  • Les fêtes de quartier en suspens pour « évolution »

    Les fêtes de quartier en suspens pour « évolution »

    À Avignon, même les fêtes de quartier passent à la trappe » lâche la section Avignon-Morières-Le Pontet du PCF, dans un communiqué de presse. Le rendez-vous, qui se tient habituellement autour du mois d’octobre, ne figure en effet pas dans les programmes d’animation de la Ville.

    Contactée, la municipalité d’Avignon assure qu’« il n’a jamais été question de supprimer les fêtes de quartier, mais bien de les améliorer ». Elle ajoute que ces rendez-vous « doivent pouvoir évoluer pour continuer à répondre aux attentes des habitants et s’adapter aux réalités d’aujourd’hui ».

    Des rendez-vous

    qui comptent

    Une éventuelle disparition qui ne plaît donc pas au PCF. « Les fêtes de quartier, c’étaient pourtant des moments qui comptaient : des habitants qui se retrouvaient, des associations qui se mobilisaient, des familles, des jeunes, de la musique, de l’histoire et surtout du lien social », poursuit le parti politique. Qui dénonce aussi un « vivre-ensemble qui passe à la moulinette des économies budgétaires » et regrette : « C’est encore du côté de la vie des quartiers que l’on regarde ».

    « On découvre donc une politique qui sait très bien faire des choix : moins de proximité, moins de culture populaire, moins de vie associative… Mais toujours davantage de communication », concluent les militants.

    Aucune échéance n’a été donnée par la municipalité concernant une reprise éventuelle des fêtes de quartier, souhaitant d’abord évaluer le nombre de personnes qui assistaient à ces célébrations ou encore « avec quels résultats ». A posteriori donc. Et d’assurer que les suivantes seront organisées avec habitants et associations.

  • Le crédit municipal de Marseille accélère face à la précarité

    Le crédit municipal de Marseille accélère face à la précarité

    Remplir sa cuve à fioul, réparer sa voiture, entretenir sa chaudière, remplacer un tableau électrique… Autant de frais du quotidien qui peuvent devenir asphyxiants dans le contexte actuel de crise du pouvoir d’achat. Dans ces situations, le recours au Crédit municipal de Marseille peut souvent faire office de bouffée d’oxygène. Pour faciliter l’accès au crédit aux personnes qui en sont exclues, l’institution se modernise.

    Jeudi 1er octobre, un nouveau système informatique a été mis en place afin de sensiblement réduire les temps d’attente des clients. Mais la stratégie de développement passe surtout par la création de ponts avec d’autres organismes sociaux et associatifs de la ville, dont les publics peuvent avoir besoin pour recourir à des crédits sociaux.

    Le Crédit municipal est une institution qui avance à rebours des banques traditionnelles en substituant l’objectif de rentabilité par celui de l’utilité sociale. Il permet à des personnes exclues du système bancaire traditionnel de contracter des prêts à taux très réduits, environ deux fois inférieurs à celui des banques commerciales, contre le dépôt d’un objet de valeur (bijou, mobilier, instrument de musique…). « Mais il n’y a aucune condition de revenus pour accéder à nos services, tous les habitants du département peuvent en profiter gratuitement », précise Benoît de Rosamel, directeur général de l’établissement.

    Depuis le début de l’année, le nombre de clients a augmenté de 1 500 pour atteindre 16 000, tandis que le montant total des encours a augmenté de 2,2 millions d’euros. « On voit apparaître de nouveaux types de publics qu’on ne voyait pas avant. Des gens salariés et très bien insérés dans la société », déplore le directeur général.

    De nouveaux partenariats

    Pour s’ouvrir à de nouveaux publics vulnérables, le Crédit municipal de Marseille noue des partenariats avec plusieurs acteurs. En février dernier, l’institution avait rassemblé 35 associations de femmes victimes de violences autour d’un petit-déjeuner, afin de développer un dispositif plus adapté à leurs situations. L’institution souhaite désormais s’ouvrir aux personnes éloignées de l’emploi. Une convention a été signée avec France Travail et un petit-déjeuner rassemblant de nombreux acteurs de la réinsertion professionnelle sera organisé le 10 novembre.

    Dernière nouveauté en date : l’institution propose désormais un service gratuit de gestion patrimoniale des objets. Vous souhaitez estimer un objet, le vendre, le stocker pour le léguer à vos enfants, ou en obtenir un prêt à court terme ? Des conseillers du Crédit municipal peuvent vous accompagner pour comprendre les différentes possibilités qui s’offrent à vous.

  • Marseille : à la Capelette, des familles en squat exaspèrent les riverains

    Marseille : à la Capelette, des familles en squat exaspèrent les riverains

    Devant la grille ouverte de la friche industrielle de l’avenue des Platanes, une dizaine de riverains laissent éclater leur colère. « Ils sont entrés par effraction le 24 août. On a alerté la police, la Métropole, la mairie de secteur, on a tout fait dans les 24h… Il n’y a eu aucune intervention des pouvoirs publics », déplorent Annie Thomas et Evelyne Beylot, respectivement présidente et secrétaire du CIQ (Comité d’intérêt de quartier) Capelette.

    Extrêmement remontés, ces habitants décrivent « vivre un enfer au quotidien » depuis un peu plus d’un mois. « On ne dort plus ! Entre les bruits d’activité de ferraille, les hurlements des bagarres nocturnes, les dégradations, les branchements électriques, les tentatives d’intrusion, les vols », listent-ils, en assurant « multiplier les plaintes ». « Ils fouillent dans nos poubelles », s’exclame une autre retraitée. Le 23 septembre, un incendie a attisé « la peur de voir nos maisons brûler ».

    Intriguées par l’agitation, six femmes, avec des enfants, arrivent à l’entrée du site. « C’est de ça qu’on vit, ferraille et poubelles », plaide une des trois femmes enceintes. Mère de trois enfants, Argentina promet « un effort ». à la caserne de la Belle de Mai, où elles vivaient depuis deux ans, les efforts n’ont pas tenu et l’expulsion a eu lieu, le 24 août. « Les enfants ne vont plus à l’école », regrette Argentina. « Il faut évidemment une solution plus stable », convient Gilles Prou-Gaillard, président du CIQ de Pont-de-Vivaux. Propriétaire du site, la Métropole confirme avoir « déposé une plainte avec un constat d’huissier le 25 août ». Elle ajoute : « La situation est dans les mains de la justice. C’est à l’état de trouver une solution. » Mais les nuits d’hôtel proposées aux plus vulnérables ne peuvent constituer une réponse.

    Une politique de l’échec

    Les habitants attendent « une réponse immédiate ». La situation réveille le souvenir du bidonville des Aciéries, à quelques encablures. Une soixantaine de personnes s’étaient installées, en 2016, sur le site de l’armée. En 2018, des associations y ont porté un projet expérimental : plutôt que d’expulser, la préfecture leur laissait le temps de travailler à l’insertion des familles. Le site occupé par 150 personnes a été évacué le 28 août 2025, avec 27 000m3 de déchets. Jean Régis Rooijackers, régisseur social de Just, explique : « On n’a jamais réussi à obtenir de bail d’occupation pour travailler sérieusement. Un “chef” a profité de la situation et a transformé l’expérience en produit financier. La police ne s’était pas saisie du dossier. »

    Le projet de village d’insertion initié par le préfet à l’Égalité des chances, Laurent Carrié, et l’adjointe (PCF) au maire, Audrey Garino, n’a pas non plus abouti. Le régiseur social est amer : « Aujourd’hui on n’a plus d’interlocuteur à l’état. » à l’échec des politiques d’expulsions, il faut ajouter la valse des préfets.

  • Martigues : la gestion des déchets est toujours un sujet à Croix-Sainte

    Martigues : la gestion des déchets est toujours un sujet à Croix-Sainte

    Les déchets, le tri sélectif et leur gestion par la Métropole sont devenus des sujets incontournables des assemblées citoyennes. Le conseil de quartier de Croix-Sainte, mercredi soir, en a une nouvelle fois apporté la preuve lorsque plusieurs riverains ont signalé différentes difficultés.

    Cet habitant du quartier fidèle au tri sélectif se demande s’il « ne serait pas possible d’inverser les passages pour en avoir deux de tri sélectif et un d’ordures ménagères », contrairement à ce qui se fait actuellement. Le chef du service déchets de la Métropole à Martigues, Thomas Fian, rapporte qu’« on a encore des quantités d’ordures ménagères » justifiant cette organisation. Il rappelle que les fréquences ne sont pas sectorisées et sont « une décision d’envergure métropolitaine votée par les conseillers ». « Si vous avez de trop grosses quantités, demandez des bacs plus grands, 140 litres, c’est suffisant pour une fois par semaine », estime l’agent.

    L’adjointe (PCF) et conseillère métropolitaine, Valérie Baqué, n’est pas convaincue : « Quand on fait le tri sélectif, on est censé n’avoir que l’emballage en définitif. Là où j’habite, les bacs ne sont pas assez grands et, du coup, le tri sélectif n’est pas fait. » Thomas Fian objecte à l’idée d’un grand bac collectif que « les bacs de tri sélectif sont pollués à 50 voire 70% » quand ils sont collectifs. Selon lui, « le refus de tri est plus bas quand les résidents ont des bacs individuels ».

    Transfert de compétence ?

    Le sujet soulève une question plus politique chez un habitant. « Il était question de rétrocession des compétences métropolitaines durant la campagne », se souvient-il. L’adjoint et élu métropolitain, Pierre Dharréville, explique que « le débat n’a pas été engagé au regard du budget qui occupe la totalité des séances du conseil depuis notre élection ». « Nous devons gérer un budget en partie consommé, espérons que cela pousse l’institution à la réorganisation. Les rétrocessions font partie des sujets qui préoccupent les élus, mais certaines demandent une intervention législative. »

    Le même habitant demande si la gestion des ordures ménagères fait partie des compétences susceptibles d’être rétrocédées. Pierre Dharéville estime qu’« il y a peut-être un cadre, au moins pour la gestion opérationnelle que nous avons demandé à récupérer sans avoir eu de réponses, alors qu’on paye le service deux à trois fois tout en étant moins bien rendu que lorsqu’on le gérait nous-mêmes », avant d’éloigner le centre de décision.

    En attendant, des moyens de signaler les désagréments existent. Pour la majorité des cas, l’application « Adoptez le réflexe » de la Métropole permet de saisir les services compétents. D’autre part, l’application « Allô Martigues » donne lieu à un ticket consulté par les services de la Ville. « On est aussi là pour vous aider à la mise en relation avec la Métropole », insiste l’agent du service Développement des quartiers dédié à Croix-Sainte.

  • À Aubagne, on ne lâche rien pour défendre la gratuité

    À Aubagne, on ne lâche rien pour défendre la gratuité

    « Une première victoire, la suite au prochain numéro… » C’est devant une salle tout acquise à la défense de la gratuité des transports que le maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari (DVG), a fait un point de situation après l’annonce, le 24 septembre, de la suppression de cette dernière par le président de la Métropole Aix-Marseille Provence, Nicolas Isnard (LR). Avant de suspendre sa décision, ce lundi, avec un moratoire .

    Pas question de revenir sur un acquis vieux de dix-sept ans. « Il m’a parlé d’un moratoire “indéterminé”, qu’il dure encore en 2027, 2028 et au-delà ! » s’enflamme l’élu. Il prévient, fort « de la déferlante populaire » matérialisée par les 14 000 signatures recueillies sur une pétition : « On n’a pas gagné la bataille, il faut rester mobilisés, ne pas baisser la garde. » Et de craindre le « piège tactique ». Le maire d’Aubagne espère aussi que le « front républicain va tenir », affichant le soutien de ses homologues de La Penne-sur-Huveaune, La Destrousse, Belcodène, Saint-Zacharie et Peypin. Une représentante de la France insoumise apporte aussi son soutien. Dans la salle, Jadran Svrdlin au nom de l’Union locale CGT, rappelle que la gratuité n’est pas un coût, mais un choix politique, celui de « financer collectivement » les modes de déplacement.

    « Comme des bêtes »

    Les témoignages affluent. « Ma mère a 73 ans. Elle était en dépression, mais depuis qu’on habite Aubagne, elle reprend du poids, elle sort », raconte un jeune homme. Sans ça, « on ne mange plus, comme des bêtes », s’emballe une retraitée. Le syndicat lycéen, de retour de manifestation, en rajoute une couche.

    Pour Maurice Marsiglia, président de l’association Se déplacer en liberté (Asdel), c’est « la mobilisation qui a fait que M. Isnard a reculé ». Il annonce que l’Asdel prépare un argumentaire à destination des associations et des élus, propose de regrouper les associations en collectif et s’indigne de la mise en place de la tarification sociale. Une manière de « montrer du doigt les pauvres », estime-t-il, quand « 30 à 40% des ayants droit n’y ont pas recours ». Il explique que dans la Métropole, le versement mobilité, source de financement des transports, s’élève à « 2% de la masse salariale des entreprises de plus de onze salariés ». L’Asdel réclame « depuis très longtemps un alignement sur celui de la région parisienne à 3,2%, soit 220 millions d’euros ». De quoi renflouer les caisses. Revenir sur la gratuité, c’est « aller contre le sens de l’histoire », estime Roland Bourglan, qui a rejoint l’Asdel, précisant que « 47 réseaux sont dans la gratuité en France, soit un tiers des réseaux urbains de taille comparable ».

    Le maire d’Aubagne appellera au final à un pacte territorial pour la défense de la gratuité, comme bouclier non négociable, proposant aux habitants de s’en faire les ambassadeurs.

  • Un village mobilisé face à la destruction de sa forêt

    Un village mobilisé face à la destruction de sa forêt

    « Notre bois s’est transformé en cimetière, en clairière, toute la forêt a disparu » : les habitants de Revest-Saint-Martin, petit village de 88 habitants situé au nord de Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence, essayent de se mobiliser face aux coupes illégales de centaines d’arbres qui détruisent leur forêt.

    Des coupes qui ont eu lieu sans le consentement des propriétaires des parcelles en question. « Il est en train de créer une catastrophe écologique monstrueuse. C’est du vol manifeste, il se sert chez nous », regrette l’une des propriétaires concernées, qui n’a jamais porté plainte de peur que l’homme coupant illégalement ses arbres s’en prenne à sa mère, selon elle. « Il a tout coupé chez lui, il n’a plus rien à couper chez lui, maintenant, il se sert chez les autres », avance-t-elle, dénonçant « un saccage » avec des « dégâts irréversibles ».

    Du bois de chauffage

    Les habitants du village parlent sous couvert d’anonymat et craignent de confronter l’homme, qu’ils décrivent comme « dangereux » et « menaçant ». « Tout le monde a toujours reculé devant lui et devant ses menaces », explique l’une des propriétaires. Ils essayent tout de même de se mobiliser et de lutter. Ils ont créé un groupe Whatsapp « pour se sentir plus fort » et réfléchir à de potentielles actions. Quatre habitantes se sont rendues en mairie, la semaine dernière, pour protester et signaler la découverte de nombreuses nouvelles coupes.

    Une enquête avait été ouverte suite à une plainte déposée par la maire pour des coupes illégales de 64 arbres sur une parcelle communale, mais elle a été classée sans suite, les habitants n’ayant pas encore réussi à prendre en photo l’homme en flagrant délit.

    Une réunion avait également été organisée en sous-préfecture à ce sujet, avec des membres de l’OFB (Office français de la biodiversité) et de l’ONF (Office national des forêts), à la demande de la sous-préfète. « Cela n’a rien donné, et les coupes d’arbres ont toujours continué », regrette la maire du village, Nadine Curnier.

    Des forêts « décimées »

    L’homme, déjà vu en train de couper des arbres sur une parcelle qui ne lui appartient pas par une habitante du village, revend le bois pour en faire du bois de chauffage. Il embaucherait plusieurs hommes pour l’aider à couper les arbres, selon les habitants, les propriétaires de parcelles et la maire du village.

    De nombreux propriétaires des parcelles où l’homme a coupé des centaines d’arbres n’ont pas porté plainte par peur des représailles, ce que déplore la maire. « C’est aux propriétaires privés de porter plainte, je ne peux pas me substituer à eux », avance-t-elle, regrettant de voir les forêts de son village « décimées ». L’une des propriétaires d’une parcelle, où l’homme a coupé de nombreux arbres, a fait faire un constat d’huissier.

    La coupe d’arbres dans une forêt appartenant à autrui constitue un délit. Le Code forestier vise notamment les arbres présentant au moins 20 centimètres de circonférence et prévoit des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amende.

  • Dans les Hautes-Alpes, le combat d’un maire et de ses habitants pour une déviation

    Dans les Hautes-Alpes, le combat d’un maire et de ses habitants pour une déviation

    « Remollon est un village-rue », déplore Bertrand Baulet, le maire la commune. Difficile de lui donner tort en parcourant l’axe principal du village, le cinquième plus petit des Hautes-Alpes. Les trottoirs y sont minuscules, voire inexistants sur certaines portions : les poussettes ou fauteuils roulants ne peuvent pas envisager d’y circuler. La porte de certaines maisons se trouve à quelques centimètres de la voie, tandis que des impacts de camions sont visibles dans un bloc de béton et sur un balcon.

    En moyenne, 330 poids lourds traversent chaque jour le village via la RD900B, sans compter les centaines de voitures. « Ce n’est pas une simple départementale : c’est l’unique voie qui désenclave la vallée de l’Ubaye, l’axe emprunté quotidiennement par les poids lourds italiens transitant par le col de Larche et par les flux touristiques estivaux et hivernaux vers Barcelonnette », indique le maire. Depuis des décennies, les habitants et les élus successifs attendent une déviation.

    Bertrand Baulet ne compte pas lâcher l’affaire. « La déviation permettrait d’améliorer la santé et la sécurité des habitants, qui sont quotidiennement confrontés au bruit, à la pollution, aux vibrations… Il faut rendre le village aux habitants ! » Cet été, un accident a eu lieu : un poids lourd a percuté une camionnette dans la portion la plus étroite du village. « Cela permettrait aussi de valoriser l’immobilier au bord de l’actuelle voie, assure le maire. Plusieurs bâtiments ne sont pas utilisés, mais pas vendus car avec cette route ils ne valent rien ! » Selon le maire, environ 80% des habitants sont très favorables à la déviation. Parmi les quelques personnes qui s’y opposent, il y a « les 5-6 familles » dont la résidence se trouve aux abords de la future déviation, et quelques commerçants du village, notamment du restaurant, qui craignent de perdre des clients.

    Dès 1998, un financement de 6 millions d’euros avait été validé, « puis tout a été mis en pause ». En 2000, les habitants avaient bloqué la départementale pour se faire entendre. Aujourd’hui, le projet est estimé à 26 millions d’euros. « Le problème, c’est que ce n’est pas une priorité pour le Département, qui est en charge de la déviation. Son attitude, c’est l’esquive ». Le président du Département, Jean-Marie Bernard (LR), assure son soutien au projet : « Le Département est à l’origine du projet de déviation, dont on parle depuis longtemps et dont j’estime qu’il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire. En février dernier, l’Assemblée départementale a validé l’avant-projet et m’a autorisé à solliciter le préfet pour l’ouverture d’une enquête conjointe publique et parcellaire afin de procéder aux acquisitions foncières ». Jean-Marie Bernard rencontrera le maire mi-octobre pour « évoquer les prochaines étapes ». « Il y a de grandes chances que ce soit une bonne nouvelle », se réjouit Bertrand Baulet.

    Agathe Di Lenardo