Seuls 3% des travailleurs du département utilisent les transports en commun pour se rendre au travail, et le déplacement moyen pour aller sur son lieu de travail est de 36 km : le constat est édifiant pour la CGT, qui exige un accord avec le patronat pour prendre en charge les frais de transport de tous les salariés.
« On est dans un département rural où la question du transport est majeure pour l’ensemble des salariés. Et malheureusement, quand on fait l’état des lieux de ce qui se passe sur le département, mis à part dans quelques très grosses entreprises où on a des indemnités de transport, pour la plupart des salariés, il n’y a rien qui existe », déplore Sylvain Moretti, secrétaire général de l’union départementale CGT. Une problématique accentuée par l’augmentation des prix des carburants. Le syndicat a engagé des discussions avec le patronat local à ce sujet. « Ce qu’on souhaite, à partir de ces discussions, c’est de couvrir, par un accord interprofessionnel, les frais de transport de tous les salariés du département, pour sortir de la situation où, aujourd’hui, il faut payer très cher pour aller travailler », a martelé Sylvain Moretti.
Les organisations représentatives employeurs UDE (Medef, CPME), U2P et les organisations syndicales représentatives CFDT, CFE CGC, CGT, FO et Solidaire ont abordé ensemble cette question des transports pour les salariés, et en sont arrivées à un même constat : « on ne peut pas commencer sa journée en payant pour aller travailler », déplorent-elles dans un communiqué commun. « On insiste sur le fait que ce soit un accord qui a conduit à ce qu’il y ait une signature de tous. C’est intéressant en soi. Cela montre qu’il y a bien un problème perçu par tout le monde », a souligné Philippe Antoine, responsable TPE et membre de la direction de l’union départementale de la CGT. « Il y a un consensus très large sur la nécessité de trouver des solutions », a abondé Sylvain Moretti.
« Les transports collectifs sont prévus pour le tourisme et le scolaire, pas pour les salariés », a expliqué Stéphane Sansano, qui siège au bureau de l’union départementale de la CGT. « 36 kilomètres, ça fait 18 euros par jour. Sur 20 jours de travail, ça fait 360 euros. Quand on voit aujourd’hui le niveau auquel est le Smic, une fois que le salarié a payé son carburant et son loyer, il lui reste pas grand-chose, ou il lui reste rien », a regretté Sylvain Moretti.
Pour la CGT, le télétravail n’est « pas une solution pérenne » pour réduire les coûts de transport. « Le télétravail génère aussi des frais. Quand on télétravaille à la maison, le prix de l’énergie a fortement augmenté, il faut chauffer soi-même son domicile. Ce que pourrait faire gagner le télétravail d’un côté, ça le fait perdre de l’autre dans le portefeuille des salariés. L’idée, c’est vraiment d’arriver à une solution où il y a une indemnisation qui permet de se rendre sur le lieu de travail », a détaillé Sylvain Moretti.
L’indemnisation des frais de transport est « la première revendication des salariés des TPE », selon la CGT. Les frais de transport peuvent souvent dissuader un salarié d’accepter un emploi ; ou un employeur de recruter un salarié qui habiterait trop loin du lieu de travail. La CGT compte aussi interpeller les communautés de communes et la Région à ce sujet.

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