À Marseille, le data center de Saint-Louis s’ouvre au débat

Les premières contributions sont déjà publiées sur le registre mis en ligne, toutes négatives pour l’instant. Depuis le 24 août est ouverte l’enquête publique pour l’installation, d’ici à la fin de l’année 2028 d’un nouveau centre de données à Marseille, sur les emprises de la friche de Saint-Louis Sucre (15e arr.). Un projet de taille : avec 300 millions d’euros d’investis pour une puissance de 20 mégawatts sur 21 900 m² de surface de plancher, il n’est dépassé à Marseille que par le MRS6 de Digital Realty en voie d’achèvement le long de l’A55. De quoi animer le débat, alors que se tient une première réunion publique ce jeudi, à 18h, en mairie de secteur.

Un temps prévu pour accueillir une zone logistique, le site industriel historique dont il ne reste que l’activité de sucre liquide a finalement été destiné à accueillir les installations du martégal Provence Studio. « Ils n’avaient pas les reins assez solides pour pouvoir rénover la totalité du site et en faire quelque chose de viable, alors on nous a proposé de “backupper” ça par une activité qui pourrait aider à supporter le modèle économique, et donc un data center », retrace Guillaume Zaimeche, le directeur de projets d’Edged Enery, qui a remporté l’appel d’offres des studios au mois de mars 2025. En échange, la société devra payer un loyer sur cinquante ans à la Foncière Saint-Louis, la société montée par Provence Studios pour racheter le site, pour un montant inférieur aux 53 millions d’euros évoqués par nos confrères de Marsactu selon le directeur de projets, qui vante les synergies des deux projets : « Ils ont besoin de stocker, de traiter les rushs, de potentiellement faire de la création assistée par ordinateur ».

Avis défavorables

Face aux levées de boucliers des opposants, il présente un système de refroidissement « extrêmement efficient comparé aux autres », sans autre consommation d’eau que pour le nettoyage et les sanitaires, et sans nuisance sonore supplémentaire ni îlot de chaleur promet-il. Avec quarante emplois directs, le double en sous-traitance. Reste qu’avec une puissance projetée de 20 mégawatts, en plein quartier d’habitation, le centre de donnée dépasse allègrement le plafond de 12 mégawatts en « tissu urbain dense » inscrit dans les orientations d’aménagement de la Métropole (notre édition du 8 août). Des orientations qui restent un tigre de papier, faute de transcription dans les documents d’urbanisme. « Cela n’a pas attiré de problématique particulière puisque nous nous inscrivons dans l’orientation d’une revalorisation de friche industrielle », explique Guillaume Zaimeche.

Un autre point a fait tiquer l’intercommunalité : la direction de l’aménagement des espaces publics a rendu un avis défavorable face à « l’impact significatif » sur l’extension du tramway, d’autant plus que les deux chantiers sont concomitants. « Les accès et l’implantation du projet sont incompatibles avec la refonte du plan de circulation », alertent les services face à la suppression de l’axe routier prévu entre la rue de Lyon et l’avenue Ibrahim-Ali. « Ils ont revu leur position », assure le directeur de projet. La direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) pointe de son côté l’impact paysager d’un bâtiment haut de 33 mètres. « Le site existant est plus haut que la façade », objecte Guillaume Zaimeche. Qui écarte de même les objections sur la compatibilité avec un réseau de chaleur, avec seulement 30°C manquants, où celles de l’Agence régionale de santé face à l’absence de mesures « afin d’éviter ou de réduire ses rejets atmosphériques ». « On installe un dispositif qui permet d’éliminer 80% des émissions d’oxydes d’azote », répond-il.

L’enquête publique doit s’achever le 24 novembre.

« On nous
a proposé
de backupper
le projet
de Provence Studios »

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