Nîmes veut rendre une nouvelle copie pour l’école publique

À Nîmes, la rentrée scolaire commence par un constat social. Vendredi 28 août, c’est à l’école Capouchiné, l’un des groupes scolaires les plus exposés aux fortes chaleurs, que Vincent Bouget, entouré de son adjoint à l’éducation Pierre-Édouard Détrez et de Fanny Daguenet, conseillère municipale déléguée au périscolaire et à la « Ville à hauteur d’enfant », a présenté la première rentrée de la nouvelle majorité. Un choix de décor loin d’être anodin : dans une ville où près de 42 000 habitants vivent dans la pauvreté et où un tiers des familles sont monoparentales, la municipalité veut faire de l’école publique l’un des premiers terrains de son changement de cap.

Mardi 1 septembre, 11 000 enfants retrouveront les 83 écoles publiques de la ville. Parmi eux, les 7 650 élèves du CP au CM2 découvriront sur leur table un kit de fournitures : crayons, stylos, colle, règle ou ardoise. Une dizaine d’euros de matériel par enfant, complétée par une hausse de 20% de la dotation versée aux écoles. « En augmentant la dotation pour les fournitures scolaires, nous ne faisons pas un choix symbolique. Nous nous engageons aux côtés des familles pour mieux les accompagner dans cette période de l’année, faite de charges et de doutes parfois. C’est une manière très tangible d’agir en faveur de leur pouvoir d’achat, tout en réaffirmant un principe : l’école publique doit rester un facteur d’égalité réelle pour tous les enfants », défend Vincent Bouget.

Cette logique se poursuit avec la gratuité de l’ensemble des bibliothèques municipales et la remise d’une première carte à chaque enfant entrant au CP. Après l’enveloppe exceptionnelle de 100 000 euros débloquée cet été pour permettre à plus d’un millier de jeunes Nîmois de partir en séjour ou de participer à des activités, la nouvelle équipe tente ainsi de donner corps à son projet de « ville à hauteur d’enfant ».

Des agents enfin sortis de la précarité

Mais le marqueur social le plus significatif se situe peut-être du côté de ceux qui font vivre l’école une fois la classe terminée. La municipalité annonce la titularisation de 90 agents du périscolaire, animateurs ou personnels d’Alaé (Accueil de loisirs associé à l’école). Sur les 822 agents municipaux mobilisés autour des écoles, 469 sont désormais titulaires. « Ils sont dans notre société invisibles socialement mais pourtant essentiels », insiste Vincent Bouget, citant également les Atsem, AESH ou personnels d’entretien, sans lesquels le service public d’éducation ne peut tout simplement pas fonctionner.

Fanny Daguenet défend, elle, la nécessité de s’appuyer sur des équipes durables : « La sécurité repose avant tout sur la présence d’équipes fiables, formées et reconnues. » Une manière de rappeler que la qualité du service public passe aussi par les conditions d’emploi de celles et ceux qui accompagnent quotidiennement les enfants. La Ville promet en parallèle des recrutements plus encadrés, davantage de formation et un suivi renforcé des équipes.

À la cantine, où 5 500 repas sont servis quotidiennement, les changements attendront encore quelques mois. La très critiquée plateforme de réservation doit être entièrement revue avec les parents d’élèves, tandis qu’un menu végétarien devra être proposé chaque jour à partir du premier semestre 2027 en complément des menus actuels. Là encore, la Ville avance un objectif d’accessibilité : lever certains freins qui conduisent aujourd’hui des familles à ne pas inscrire leur enfant.

Faire face à l’urgence climatique

Reste un chantier autrement plus lourd : celui des murs. Les épisodes de chaleur de juin ont transformé certaines salles de classe en étuves, avec près de 38 degrés relevés à Capouchiné. La mairie reconnaît elle-même le retard accumulé. « Nous ne sommes pas prêts », admet Vincent Bouget, qui promet un vaste « plan école » sur le mandat.

Pour 2026, 5,4 millions d’euros ont déjà été engagés dans les établissements, dont 1,78 million pour l’isolation et le confort thermique, 826 700 euros pour les sanitaires et 431 700 euros pour l’accessibilité. Neuf classes supplémentaires ont également été aménagées dans des écoles récemment intégrées à l’éducation prioritaire. À Capouchiné, fenêtres et façades ont déjà été reprises ; à La Placette, une toile d’ombrage de 350 m² a remplacé celle installée il y a vingt-cinq ans. Autant de premières réponses, alors que la municipalité promet d’autres interventions avant les chaleurs de juin 2027. L’ampleur du patrimoine scolaire et les contraintes budgétaires laissent cependant entrevoir un chantier de plusieurs années.

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