Discriminations, égalité femme-homme, droit à l’IVG…
À vous la parole ⬇️
![[Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Marie Batoux](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/10/c78369cfb5b81a4a3f98da028869e76a.jpg)
Discriminations, égalité femme-homme, droit à l’IVG…
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![[Fête de l’Humanité] Stand commun du conseil national et de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/42e6d4a11ea176883e3e3da31130c842.jpg)
Un grand espace relie le stand national des communistes et celui de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône.
Lieu de débat le jour, il devient piste de danse la nuit avec DJ Naemars aux platines qui a démarré son set dès jeudi soir sous l’égide de La Marseillaise. Ce vendredi à 18h se tiendra une soirée de solidarité internationale avec le peuple cubain. Samedi à 11h30, l’espace accueillera un débat « Santé : De la lutte contre le cancer du sein à l’accès aux soins pour toutes et tous » puis à 14h30 « Industrie : Prenons le pouvoir sur la production du pays ! » et à 16h « Égalité : Pour une loi intégrale féministe et enfantiste ». Suite du programme dans l’édition de ce week-end .

À Nîmes, la rentrée scolaire commence par un constat social. Vendredi 28 août, c’est à l’école Capouchiné, l’un des groupes scolaires les plus exposés aux fortes chaleurs, que Vincent Bouget, entouré de son adjoint à l’éducation Pierre-Édouard Détrez et de Fanny Daguenet, conseillère municipale déléguée au périscolaire et à la « Ville à hauteur d’enfant », a présenté la première rentrée de la nouvelle majorité. Un choix de décor loin d’être anodin : dans une ville où près de 42 000 habitants vivent dans la pauvreté et où un tiers des familles sont monoparentales, la municipalité veut faire de l’école publique l’un des premiers terrains de son changement de cap.
Mardi 1er septembre, 11 000 enfants ont retrouvé les 83 écoles publiques de la ville. Parmi eux, les 7 650 élèves du CP au CM2 ont découvert sur leur table un kit de fournitures : crayons, stylos, colle, règle ou ardoise. Une dizaine d’euros de matériel par enfant, complétée par une hausse de 20% de la dotation versée aux écoles. « C’est une manière très tangible d’agir en faveur du pouvoir d’achat, tout en réaffirmant un principe : l’école publique doit rester un facteur d’égalité réelle pour tous les enfants », défend le maire.
Cette logique se poursuit avec la gratuité de l’ensemble des bibliothèques municipales et la remise d’une première carte à chaque enfant entrant au CP. Après l’enveloppe exceptionnelle de 100 000 euros débloquée cet été pour permettre à plus d’un millier de jeunes Nîmois de partir en séjour ou de participer à des activités, la nouvelle équipe tente ainsi de donner corps à son projet de « ville à hauteur d’enfant ».
Mais le marqueur social le plus significatif se situe peut-être du côté de ceux qui font vivre l’école une fois la classe terminée. La municipalité annonce la titularisation de 90 agents du périscolaire, animateurs ou personnels d’Alaé (Accueil de loisirs associé à l’école). Sur les 822 agents municipaux mobilisés autour des écoles, 469 sont désormais titulaires. « Ils sont dans notre société invisibles socialement mais pourtant essentiels », insiste Vincent Bouget, citant également les Atsem, AESH ou personnels d’entretien, sans lesquels le service public d’éducation ne peut tout simplement pas fonctionner.
Fanny Daguenet défend, elle, la nécessité de s’appuyer sur des équipes durables : « La sécurité repose avant tout sur la présence d’équipes fiables, formées et reconnues. » Une manière de rappeler que la qualité du service public passe aussi par les conditions d’emploi de celles et ceux qui accompagnent quotidiennement les enfants. La Ville promet en parallèle des recrutements plus encadrés, davantage de formation et un suivi renforcé des équipes.
À la cantine, où 5 500 repas sont servis quotidiennement, les changements attendront encore quelques mois. La très critiquée plateforme de réservation doit être entièrement revue avec les parents d’élèves, tandis qu’un menu végétarien devra être proposé chaque jour à partir du premier semestre 2027 en complément des menus actuels.
Reste un chantier autrement plus lourd : celui des murs. Les épisodes de chaleur de juin ont transformé certaines salles de classe en étuves, avec près de 38 degrés relevés à Capouchiné. La mairie reconnaît elle-même le retard accumulé. « Nous ne sommes pas prêts », admet Vincent Bouget, qui promet un vaste « plan école » sur le mandat.
Pour 2026, 5,4 millions d’euros ont déjà été engagés dans les établissements, dont 1,78 million pour l’isolation et le confort thermique, 826 700 euros pour les sanitaires et 431 700 euros pour l’accessibilité. Neuf classes supplémentaires ont également été aménagées dans des écoles récemment intégrées à l’éducation prioritaire. À Capouchiné, fenêtres et façades ont déjà été reprises ; à La Placette, une toile d’ombrage de 350 m² a remplacé celle installée il y a vingt-cinq ans. Autant de premières réponses, alors que la municipalité promet d’autres interventions avant les chaleurs de juin 2027.

En 2024, la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP) lançait un appel à manifestation d’intérêt visant à renforcer la connaissance des usagers éloignés du service public, pour leur en faciliter l’accès. Deux propositions étaient retenues : celle de l’université Rennes II et celle de l’université de Nîmes, intitulée ProCD (Proximité Confiance Distance).
Cette dernière, restituée lors d’un colloque le 26 juin 2026 à Nîmes, s’est traduite sous la forme d’une enquête qualitative de 18 mois, menée sur deux territoires contrastés du Gard : le quartier Pissevin (QPV), en périphérie de Nîmes et la sous-préfecture rurale du Vigan, dans les Cévennes gardoises. Son originalité résidait notamment dans la mobilisation d’étudiants issus de Pissevin comme parties prenantes, afin d’avoir un accès privilégié au ressenti des habitants.
« Nous avons réalisé 74 entretiens qualitatifs et 50 heures d’observations ethnographiques afin de mieux comprendre la relation des usagers avec leurs services publics », explique Marc Olivaux, directeur scientifique du projet ProCD. « Cela nous a permis d’analyser de nombreux éléments, dont certains corroborent nos intuitions initiales et d’autres sont assez surprenants. » Les chercheurs ont étudié les guichets France Services, qui regroupent différents services pour aider les usagers dans leurs démarches. Pilotés par l’État, ces guichets ont pour but de rapprocher le service public des citoyens, à moins de 20 ou 30 minutes de n’importe quel usager.
« Nous avons observé que, pour être cohérent, ce maillage territorial ne peut pas se baser uniquement sur des périmètres géographiques ou administratifs, explique le chercheur. Parfois, une distance symbolique se révèle plus importante qu’une distance géographique. » L’étude démontre ainsi que pour les habitants du quartier de Pissevin, le guichet France Services le plus proche se trouve dans le quartier Valdegour. Or, ces deux quartiers sont en conflit territorial pour de nombreuses raisons, ce qui peut créer un effet repoussoir pour les usagers de Pissevin : « Ce type de distance, on ne peut pas le repérer sur une simple carte. »
Parmi les autres éléments révélés par l’analyse, on trouve également l’impact de la dématérialisation des démarches administratives, qui ne semble pas avoir eu l’effet d’autonomisation des usagers qu’elle visait initialement. « La fracture numérique a pour conséquence de rendre certains usagers encore plus dépendants des services publics », déplore Marc Olivaux. « Pour accompagner la dématérialisation, l’État a mis en place des médiateurs numériques. Seulement, ces derniers sont voués à disparaître. » Une agente d’un guichet France Services a ainsi expliqué aux chercheurs que, comme les usagers ne reçoivent plus de courriers, ils sont parfois obligés de faire appel à ces médiateurs, notamment s’ils n’ont pas d’ordinateur. « La dématérialisation produit beaucoup d’effets pervers, poursuit le chercheur. Notamment la peur de se tromper et de ne pas pouvoir revenir en arrière. En ayant peur de perdre leur accès au droit, certains usagers vont donc préférer ne pas prendre le risque de faire les démarches. Un dispositif qui est censé rendre les gens autonomes crée ainsi du non-recours. Et ça, on peut s’en rendre compte uniquement en allant sur le terrain. »
De leur analyse, les chercheurs de l’université de Nîmes tirent quatre axes d’amélioration : maintenir des alternatives humaines au tout-numérique ; adapter l’offre de proximité aux réalités territoriales ; améliorer la lisibilité du système d’accompagnement et prévenir les ruptures de parcours ; et enfin, reconnaître le travail relationnel des agents des services publics. Ces pistes de réflexion alimenteront le rapport actuellement en cours de rédaction, qui sera ensuite remis au délégué interministériel.

Pour la première fois, la police municipale a participé, samedi 20 juin, au village associatif de la Pride de Montpellier, où elle tenait un stand. L’occasion de présenter le dispositif « Déposons plainte » lancé mi juin par la Mairie dans l’objectif de faciliter l’accès au dépôt de plainte
et d’améliorer l’accueil des
victimes d’agressions LGBTQIA+phobes. L’aboutissement d’un travail partenarial inédit de deux ans entre les polices municipale et nationale d’une part et les associations de défense des droits des personnes LGBTQIA+ d’autre part.
« Le projet est né à l’été 2024, dans un contexte national de hausse des violences et discriminations subies en raison de l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Un constat encore renforcé par le dernier rapport de SOS homophobie, paru en mai », explique Sébastien Cote, premier adjoint au maire de Montpellier en charge de la prévention de la délinquance et du lien social. « Le parcours de la personne victime n’est pas toujours facile, lisible. Se pose également la question de l’accueil au moment du dépôt de plainte. Nous avons donc souhaité à la fois clarifier ce parcours à destination des victimes et travailler sur leur prise en charge par les polices municipale et nationale. Car même si on dépose à la police nationale, parfois la municipale est la première à intervenir sur des situations d’agression. L’idée étant d’améliorer les postures professionnelles, les pratiques de terrain, afin de déconstruire les préjugés entre associations et forces de l’ordre », développe l’élu.
Pour ce faire, un partenariat s’est donc noué entre 7 associations volontaires (les Alliés du barreau ; chemin des Cimes ; Enipse ; Fierté Montpellier ; Flag ! ; Le Refuge ; SOS Homophobie), les services municipaux (police municipale et mission prévention de la délinquance) et la police nationale. Des acteurs qui ont confronté leurs expériences pour mieux comprendre les réalités de chacun et construire des réponses adaptées.
Cette démarche collective a abouti à la conception d’un dispositif qui agit en deux directions : l’information des victimes potentielles via la diffusion d’une brochure et d’une affiche dans les associations et les lieux d’accueil au public de la Ville ; et la sensibilisation des agents de police (municipaux et nationaux), à travers un programme de formation qui débutera en septembre et se prolongera tout au long de l’année 2027. « Cela pourrait concerner 200 agents à la police municipale et une vingtaine à la police nationale, où on va se concentrer sur les agents qui reçoivent les plaintes. La formation sera animée par un agent référent LGBTQIA+ désigné au sein de la police municipale pour accompagner les victimes, un représentant d’une des associations partenaires et un agent de la prévention de la délinquance à la Ville de Montpellier », indique Sébastien Cote. Objectif : « Renforcer la confiance des publics LGBTQI+ envers les institutions. »

Une haine de plus en plus banalisée. C’est ce que met en lumière le rapport annuel de SOS homophobie publié en mai. Il recense 1 771 cas de LGBTphobies en 2025, marqués par une forte progression de la haine en ligne, des agressions physiques dans l’espace public – dernière en date : Noahm, 19 ans, est mort sous les coups le 2 juin à Metz, des témoignages mettant en évidence les motivations homophobes – et un harcèlement persistant en milieu scolaire. Une violence nourrie par un climat politique national jugé de plus en plus hostile. À l’international aussi, les droits des personnes LGBTQIA+ connaissent d’importants reculs, « avec les attaques de Trump ou les lois LGBTQIA+phobes en Afrique », souligne Olivier Vaillé, président de l’association Fierté Montpellier Pride, organisatrice de la marche des fiertés dans la capitale héraultaise.
Aussi, l’affiche, cette année, brandit un slogan de barrage : « Touche pas à ma pride », dans une main aux couleurs arc-en-ciel tendue comme un bouclier, inspirée de celle bien connue de SOS Racisme estampillée « Touche pas à mon pote ». « Une main pour dire attention, pour dire stop. Pour prévenir, pour se protéger, pour poser la limite », explique l’association organisatrice. « La Pride est bien plus qu’une fête. C’est une manifestation de visibilité, de résistance et de solidarité. »
Un message combatif et politique au lendemain d’élections « qui ont vu de nouvelles villes tomber dans l’escarcelle de l’extrême droite », souligne Olivier Vaillé. « Et on voit ce qu’il se passe quand ils sont au pouvoir. » « À Elne par exemple », à peine élu, le nouveau maire RN de cette commune des Pyrénées-Orientales « a fait repeindre en blanc le passage piéton aux couleurs LGBT devant la mairie et a retiré le drapeau arc-en-ciel du fronton de l’hôtel de ville ». Ailleurs, « des associations qui luttent contre les discriminations se voient retirer leurs subventions, comme ce fut le cas pour la LDH à Carcassonne », cite encore Olivier Vaillé.
Face à ces attaques et à la menace d’une accession du RN au pouvoir en 2027, « on a besoin d’une solidarité entre les différentes structures et d’une intersectionnalité des luttes pour préparer l’avenir. C’est pour ces raisons que les associations marraines de la Pride cette année sont SOS Racisme et la LDH ». Comme son homologue de SOS Racisme Dominique Soto, la présidente nationale de la LDH, Nathalie Tehio, marchera en tête de cortège à Montpellier le 20 juin. « On observe une recrudescence d’actes LGBTQIphobes graves, mais aussi d’actes rcistes et antisémites, en lien avec la montée de l’extrême droite qui est contre l’égalité de toutes et tous devant la loi. Et même si Montpellier résiste, il y a une forte poussée de l’extrême droite alentour », relève la présidente de la LDH. « Nous sommes certes en résistance, mais aussi en affirmation de la société que nous voulons, qui est une société inclusive », insiste-t-elle.
À la veille de la marche des fiertés, le 17 juin, l’association Fierté Montpellier Pride, jusque-là située boulevard Pasteur, a inauguré son nouveau local, trois fois plus grand (d’environ 60 à 180 m2) au 3 avenue Clemenceau. « Ce gain de surface permettra notamment d’accueillir des associations qui n’ont pas de local et qui pourraient en avoir besoin », souligne Olivier Vaillé. Vendredi 19 juin à 16h, Jean-Marc Berthon, ambassadeur pour les droits des personnes LGBT+, Dominique Soto, président de SOS Racisme, Nathalie Tehio, présidente de la LDH et Alice Nkom, avocate spécialisée dans la défense des droits des LGBTQIA+ au Cameroun animeront une conférence à la fac de droit. Puis de 19h à minuit, la Queer night battra son plein aux jardins du Peyrou. Enfin le samedi 20 à 16h, la marche des fiertés partira des jardins du Peyrou pour une grande boucle arc-en-ciel, festive et militante dans le cœur de ville.

L’aide à l’hébergement et au logement pour les victimes de violences « n’est pas nouveau sur le territoire » campe Anne-Sophie, de l’association Solidarité Femmes 13 (SF13). Depuis 50 ans, l’association œuvre sur l’ensemble du département, à travers trois antennes – Marseille, Aix et Istres – et 12 permanences pour être au plus près des besoins des femmes et enfants du territoire. Sans oublier les hébergements disséminés sur toutes les Bouches-du-Rhône : Marseille, Istres, Port-de-Bouc, etc.
Un accompagnement social qui n’aurait jamais pu se faire « sans l’aide des services publics », souligne la salariée de SF13. Subventions de l’État principalement, mais aussi des collectivités locales, « nous bénéficions d’engagements locaux assez puissants – Région, Département, Villes, sans lesquels nous ne pourrions aujourd’hui pas nous déployer », reconnaît-elle. Depuis 50 ans que l’association existe, la coordination entre associations et politiques publiques est « primordiale ». « Autant nous avons besoin du soutien financier et institutionnel des acteurs politiques du territoire, autant la réalité du terrain que nous recensons leur est essentielle pour développer des services publics cohérents. C’est un lien que nous devons conserver, si ce n’est renforcer », détaille Anne-Sophie.
« L’objectif est de poursuivre son développement, compléter l’offre, et la créer lorsqu’il n’y en a pas » poursuit-elle. Le nouveau projet qui sera révélé le 4 juin est un dispositif innovant et inédit, alliant les pouvoirs publics, la sphère privée et notre association : « nous n’avions jamais mis en place un projet d’une telle ampleur », confie la salariée de l’association SF13.
Un pari que Marie Batoux, déléguée à l’égalité des genres de la ville de Marseille applaudit : « Le programme est intéressant car il permettra de structurer sur le territoire, des solutions pour aider les femmes victimes de violences en précarité ou en tout cas, soumises à des conditions qui ne leur permettent pas de se protéger. »
L’aide au logement pour les victimes de violences n’est pas nouvelle sur le territoire marseillais. Marie Batoux s’en souvient bien. « Pendant la Covid-19, nous avons soutenu l’auberge marseillaise, un lieu refuge initié par neuf associations dans l’ancienne Auberge de Jeunesse Bonneveine (8e) », rappelle l’élue.
Le dispositif de la Cepac et de SF13 s’inscrit d’ailleurs dans cette « réflexion menée par de la ville », apprécie Marie Batoux. Un maillage entre les institutions politiques est associatives qu’elle juge nécessaire : « Nous sommes face à un problème de société patriarcal. Nous, élus et acteurs politiques, devons répondre à ce problème local, en proposant des ressources. Incarner ce que doit être la Ville de Marseille, une entité protectrice du public vulnérable, en travaillant avec des experts de la question comme Solidarité femmes 13 », conclut-elle.
![[Entretien] Isabelle Régner : « Les femmes sous-représentées à haut niveau »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/04/2e7ec68565397ca469863e4b9135b2d4.jpg)
L’Algérie, la Tunisie, le Liban, l’Espagne, l’Italie et la France se sont réunis pendant ces trois dernières années au service d’un même objectif : augmenter le nombre de femmes à hauts postes dans les universités. Au cours de cette conférence de clôture, Isabelle Régner a présenté le protocole ainsi que les résultats obtenus.
En quoi consiste ce projet ?
Isabelle Régner : Aujourd’hui, presque tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut former sur les biais implicites de genre. Et ensuite ? Comment faire ? Avec We4lead, nous avons étudié le problème pendant trois ans et proposé, notamment, un protocole basé sur les résultats de la recherche, pour contrer les automatismes stéréotypés dans les jurys de recrutement. La première étape permet de prendre conscience que nous sommes tous et toutes porteurs de biais stéréotypés. Ensuite, il reste à comprendre comment ces biais sont stockés en mémoire à long terme et influent nos jugements. Enfin, il est nécessaire d’apprendre à maîtriser ces idées bien souvent indépendantes de nos convictions.
Qu’est-ce qui vous a motivé à mettre en place ce projet ?
I.R. : L’université de Marseille rassemble plus de 52% de femmes. Si on s’arrête là, il n’y a pas de problème. Mais lorsque l’on se concentre sur les postes de rang A, les femmes sont sous-représentées. Dans les secteurs scientifiques, cette faible présence féminine est massive à tous les niveaux, sauf dans quelques pays du Maghreb comme la Tunisie mais qui concentre malgré tout plus d’hommes sur les plus hauts postes. Et ces inégalités, on les retrouve aussi dans les disciplines réputées féminines comme les lettres, les langues, ainsi que les sciences humaines et sociales. Dans tous les corps de métier, lorsque l’on monte en grade, vers des postes à salaires plus élevés, on perd les femmes. Pourtant, les compétences sont là. Donc le problème existe. Encore faut-il le montrer pour légitimer les actions que l’on met en place.
Quels résultats avez-vous obtenus à ce jour ?
I.R. : À Marseille, le nombre de femmes recrutées professeurs des universités au sein de la faculté des sciences a augmenté de manière significative. Nous sommes passés de 14 à 50% en cinq ans. Donc tout est possible. À condition de mettre en place des actions adaptées. Connaître les systèmes d’efficacité à travers des recherches scientifiques. Il ne suffit pas d’être militant et engagé pour mettre en place les bonnes actions. Nous avons besoin de recherches scientifiques. Se reposer sur des données factuelles, validées.

Si elle note que « beaucoup de choses ont été réalisées lors de la 1ère mandature », citant notamment la mise en place du Centre LGBTQIA+ en 2023, elle souhaite en premier lieu « établir avec les associations une feuille de route pour définir les priorités » et veut faire un « gros travail de diagnostic à faire avec les acteurs concernés ». « Il faut accompagner, renforcer l’accompagnement et écouter l’ensemble du tissu associatif, que la Ville les accompagne sur leurs propres diagnostics », développe-t-elle. Sur les guets-apens homophobes spécifiquement, elle analyse : « Ce qui est très inquiétant c’est la libération de la parole que permettent la présence et les propos d’élus du Rassemblement national. Ce côté masculiniste qu’ils enclenchent ouvre la porte à ce genre de violences, de guets-apens qu’on a connus y compris à Marseille. »
Une « libération de la parole » qui contribue à ses yeux, plus ou moins directement, à « légitimer des groupes masculinistes très actifs sur les réseaux sociaux et légitimer leurs paroles qui posent vraiment question, sur la place des femmes dans la société ou pour les minorités genrées… ». Concrètement, elle a dans le viseur deux points : « Permettre d’avoir des politiques éducatives qui travaillent sur les formes de discrimination » et « sanctuariser les lieux safe ».
Lire aussi «Condamnés pour guets-apens homophobes»

Frustrée par une campagne « de caniveau », où « le débat de fond est confisqué aux Marseillaises et aux Marseillais », la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal (DVD) a décidé de « mettre un coup d’accélérateur » avec notamment ce mercredi, à quelques jours de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, la question de l’égalité. Réunies à la Coque, place Henri-Verneuil (2e) ce soir-là, on retrouve des amies, des colistières, des cheffes d’entreprise, des ex-avocates… Bref des femmes entrepreneuses qui réussissent à conjuguer « vie quotidienne et professionnelle » et qui mettent évidemment en avant Martine Vassal, « la dame du faire » qui avant « de vouloir être un maire, est une mère ». Alors qu’elle décroche dans les sondages, créditée selon les derniers chiffres de 18% des suffrages à peine dans une ville longtemps sous la coupe de Jean-Claude Gaudin, son mentor, la candidate ne lâche rien et donne sa vision de la femme, entre tradition et réussite toute libérale.
Pour arriver « à jongler avec nos responsabilités familiales, professionnelles et personnelles » pose-t-elle, après quelques blagues sur « ces messieurs, bien curieux de savoir ce qu’on allait raconter » dans cette soirée exclusivement féminine. « Il faut être un peu plus douées que les autres, affirmer nos compétences parce qu’on ne nous pardonne rien », assène-t-elle.
Revenant sur son parcours à la tête du Département et de la Métropole, elle raconte avoir vu « des maires engagés pour leur commune », rappelle qu’elle a été choisie « car j’étais issue de la société civile et parce qu’on était des femmes. Il a fallu qu’on prouve qu’on avait des compétences ». Si le « combat municipal est un combat difficile car le maire est le dernier rempart dans la démocratie », elle assure s’être lancée dans la bataille pour lutter contre le « Marseille bashing ». « J’en avais assez de voir ces hommes, car ce sont majoritairement des hommes » appuie-t-elle, « qui faisaient des promesses », lasse « des combats de coqs ».
Persuadée que « les femmes sont les piliers silencieux de Marseille », elle leur promet de « protéger les plus vulnérables », d’accompagner « les mères isolées » de faire en sorte « que tout le monde ait les mêmes chances de réussite ». Si elle affirme ne briguer qu’un seul mandat, c’est pour « préparer l’avenir du territoire, la jeune génération ». « On ne s’invente pas président d’un exécutif » estime-t-elle, forte du soutien de cette jeunesse, « une chance » pour la candidate.
Concrètement, elle évoquera la création d’une académie de sports pour les femmes, de mettre le paquet sur l’accès au logement « pas que pour les femmes célibataires » ou de permettre aux femmes de circuler « en toute sécurité dans la ville ».