Tag: rentrée scolaire

  • Dans le Gard, l’École fait sa rentrée à moyens comptés

    Dans le Gard, l’École fait sa rentrée à moyens comptés

    La rentrée est passée, mais les difficultés, elles, restent bien installées. Classes fermées, postes vacants, AESH en nombre insuffisant, bâtiments surchauffés : dans le Gard, la FSU décrit une école publique sommée de faire toujours plus avec des moyens qui, eux, ne suivent pas.

    « Du point de vue de l’administration, la rentrée peut sembler réussie. Sur le terrain, le constat est beaucoup plus inquiétant », résume Pascale Thoirey, secrétaire de la FSU 30. Dans le premier degré, le syndicat dénonce notamment les fermetures de classes décidées à la rentrée, une fois les équipes et les familles déjà organisées. Enseignants déplacés après avoir préparé leur année, matériel commandé, élèves redistribués : « Derrière une ligne supprimée sur la carte scolaire, c’est toute la vie d’une école qui doit être réorganisée en urgence. »

    Pour la FSU, la baisse démographique devrait pourtant être l’occasion de faire respirer les classes. Moins d’élèves pourraient permettre de réduire les effectifs, de mieux accompagner. « Cette baisse du nombre d’élèves devrait être une opportunité pédagogique, pas un prétexte à de nouvelles suppressions de postes », insiste Pascale Thoirey. Le syndicat redoute au contraire de voir s’imposer une nouvelle fois la logique comptable.

    Dans le secondaire, les manques sont déjà visibles. Dans le Gard, 16 postes d’enseignants d’EPS sont vacants et 225 heures de cours restent non attribuées, soit l’équivalent de 13 temps pleins. Dix postes d’assistants d’éducation ont également été supprimés. Quant aux moyens de remplacement, ils servent déjà en partie à combler les postes laissés vacants, réduisant la capacité à répondre aux arrêts maladie ou aux congés maternité.

    Une école inclusive… sans les moyens

    « On demande aux équipes de rendre l’école inclusive sans leur donner les moyens de l’être réellement », résume Pascale Thoirey. Les AESH en sont l’un des exemples les plus criants : souvent recrutées sur des temps partiels imposés autour de 62%, certaines débutent avec seulement 800 à 900 euros par mois. De plus, des élèves censés être accompagnés toute la semaine ne le sont parfois qu’à temps partiel, les heures étant réparties entre plusieurs enfants. Et le manque de moyens ne s’arrête pas aux effectifs. La syndicaliste raconte le cas d’une collègue AESH qui a dû financer elle-même une formation en langue des signes pour accompagner une élève sourde, l’Éducation nationale ayant refusé de la prendre en charge.

    Comme si les tensions n’étaient pas suffisantes, la chaleur s’est aussi invitée dans les classes dès les premiers jours de septembre. Jusqu’à 38°C ont été relevés dans un atelier du lycée Hemingway à Nîmes. Plusieurs établissements nîmois ont même dû suspendre des cours. « Ma propre classe est à 30°C quand j’arrive le matin, à 7h », témoigne Pascale Thoirey. Ventilateurs, volets fermés, changement de salle : dans bien des établissements, l’adaptation repose encore sur le système D. « On ne peut plus considérer ces épisodes comme exceptionnels. Le bâti scolaire n’est pas adapté aux chaleurs que nous connaissons désormais, surtout dans certains quartiers », alerte-t-elle.

    À l’usure matérielle s’ajoute celle des personnels. Injonctions administratives, manque de médecins du travail, difficultés à accompagner les élèves, sentiment de ne plus pouvoir exercer correctement son métier : la secrétaire de la FSU décrit une fatigue qui dépasse largement le coup de mou de rentrée. « Des collègues très investis finissent par douter de leur utilité et de leur capacité à faire correctement leur travail. »

    La FSU entend porter ces revendications lors de la mobilisation interprofessionnelle du 29 septembre. Mais pour Pascale Thoirey, la question dépasse la seule journée de grève : c’est celle d’un service public d’éducation qui continue d’afficher de grandes ambitions tout en rognant, année après année, sur les moyens nécessaires pour les tenir.

  • Le Scum poursuit son combat contre la précarité

    Le Scum poursuit son combat contre la précarité

    Deux mille six cents cinquante euros. C’est en 10 ans la perte de pouvoir d’achat annuelle d’un étudiant, alerte le Scum. Vendredi 28 août, devant le parvis de la faculté de médecine, le Syndicat de combat universitaire a dressé, étude de l’Union étudiante à l’appui, un constat alarmant sur la détérioration des conditions de vie des étudiants.

    En l’espace d’une décennie, le coût de la vie a bondi de 16,5 à 24,3% en fonction des villes pendant que les bourses n’étaient revalorisées que de 1% en 2021 puis 4% en 2022. Au mieux, elles s’élèvent à 633,5 euros plus 233 euros d’aide au logement tandis que le coût de la vie étudiante* à Montpellier était estimé à 1 165 euros mensuels en 2023. La hausse des loyers (+19,2% en 7 ans) impose aux étudiants un surcoût de 102 euros annuel. Et bien que les boursiers en sont exonérés, le montant élevé (105 euros soit +25 euros depuis 2018) de la taxe CVEC n’arrange rien.

    Le Crous n’étant en capacité de loger que 10% des jeunes et le parc privé étant trop onéreux, le Scum réclame « la construction massive de logements étudiants à des prix abordables ». Le porte-parole Vincent Pagano interpelle aussi le maire Michaël Delafosse (PS), « qui ne semble pas particulièrement préoccupé par la situation » sur la nécessité de « mettre en place des logements d’urgence ». L’an passé, au moins 150 étudiants s’étaient retrouvés sans toit. L’étudiant en 5e année de médecine déplore aussi la monétisation des parkings autour des facultés (150 euros l’abonnement annuel).

    La généralisation des repas à 1 euro effective à cette rentrée devrait apporter un peu d’air aux 80 000 étudiants montpelliérains, 15 000 Nîmois, 2 500 Biterrois et 2 200 Alésiens. Mais la mesure est insuffisante pour Théo Haffner-Martin. « On craint une saturation des structures du Crous qui se réserve le droit de diminuer le nombre de repas à 1 euro servis », tempère le porte-parole du Scum.

    La raison pour laquelle le syndicat s’apprête à reprendre ses distributions régulières de colis alimentaires. Elles auront lieu un vendredi sur deux à la cité U la Colombière ou au restaurant universitaire Triolet pour les distributions de pain. Côté Paul Valéry, les distributions se tiendront tous les mercredis de 13h30 à 14h30 dans l’espace La Ruche. L’an passé, 15 000 colis ont été distribués. « 41% des étudiants sautent des repas faute de moyens », rappelle Vincent Pagano.

    Des repas à 1 euro insuffisants

    Dès la rentrée, le Scum entend aussi poursuivre son soutien** aux « sans fac », victimes d’une sélection jugée « sociale et raciste ». Sans parler des frais d’inscription exponentiels pour les étudiants étrangers. « On compte 207 400 candidats pour 151 887 places sur MonMaster soit 23 615 places de moins qu’en 2025 ! », alerte Lison Galzin. « Les universités doivent s’adapter pour accueillir plus d’étudiants. La sélection doit être supprimée. Stop au tri social ! », harangue l’étudiante en 5e année de médecine.

    * Manif contre la suppression des APL mardi 15 (18h) devant la préfecture à Montpellier. **Réunions d’info : jeudi 10 (18h) salle J. Moulin (Paul-Valéry), vendredi 11 (18h) bâtiment 2 fac de droit.

  • Gaby Charroux : « On a besoin de regarder un autre chemin pour la Métropole »

    Gaby Charroux : « On a besoin de regarder un autre chemin pour la Métropole »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque samedi à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La Métropole

    Didier Gesualdi : La Métropole rediscute de son budget ce jeudi. En aura-t-elle un avant la fin de l’année ?

    Je serai évidemment là le 10 septembre pour ces votes, quels qu’ils soient. On va voir, ça peut encore évoluer, mais l’ordre du jour est fixé. On a eu une évolution : « la Métropole des maires » je ne sais pas très bien ce que ça veut dire. Pour le moment, un peu comme l’avait proposé Éric Woerth dans son rapport, ça s’est matérialisé par la désignation d’un représentant du maire de Marseille à la première vice-présidence, que la maire d’Aix soit deuxième vice-présidente et que le maire de Martigues soit le troisième. C’est une façon de montrer que les maires sont impliqués. Maintenant se pose la question du budget. La compensation de la taxe professionnelle est versée à la Métropole qui nous la reverse. Si on venait à y toucher, que ce soit une volonté de la Métropole, une injonction de la préfecture, ce serait catastrophique pour la ville de Martigues et toutes celles qui ont accueilli les industries dans le passé. Accueillir l’industrie, cela voulait dire accueillir les travailleurs en créant des écoles, des logements, des gymnases, des équipements culturels, sociaux et sportifs. Il faut les faire fonctionner.

    Didier Gesualdi : Vous allez vous laisser faire ?

    Non, pas plus que depuis le premier jour, chacun connaît ma position concernant la Métropole. Mais j’ai fait des propositions. Il est de notoriété publique que je ne trouvais pas très responsable de ne pas présenter de budget, mais une majorité s’est dessinée pour aller dans ce sens. Moi, j’ai proposé de toucher à la fiscalité. Il ne doit pas y avoir de dogme en la matière. J’ai proposé de maintenir tout ce qui concernait les associations qui font vivre le lien social.

    Léo Purguette : « La Marseillaise » a révélé que la Métropole s’apprêtait à réévaluer des taxes prélevées sur les entreprises. C’est une bonne nouvelle ?

    Oui, bien sûr que oui. Cela peut faire évoluer un peu ce dogmatisme. Mais, à vrai dire, ce sont des exonérations qu’on va annuler. Ça fait 26 millions d’euros de recettes fiscales en plus. En réalité, on ne parlait pas vraiment de ça. On parlait du versement mobilité des entreprises et de la taxe foncière. Le versement mobilité dépend directement de la loi, donc on ne l’aura pas avant la présidentielle, ni les législatives. La taxe foncière dépend de la Métropole, on n’a pas choisi ce chemin-là, je le regrette. On pouvait le faire modérément et on réglait les problèmes.

    L’avenir de l’institution

    Léo Purguette : La Métropole peut-elle fonctionner dans ces conditions ?

    Il faut donner une chance à cette Métropole. J’entends dire « il faut faire péter, il y en a marre ». J’étais de ceux-là, mais depuis, la loi a été votée. Elle existe. Il manquait 75 millions d’euros pour le budget 2026. On est à trois mois de la fin de l’année. Le lendemain matin du 10 septembre, il faudra commencer à travailler le budget 2027 qui ne va pas être facile non plus. Au-delà de cette année, j’ai des propositions qui, je l’espère, seront entendues. Je pense qu’il faut regarder le périmètre géographique, le périmètre des compétences aussi. Les grandes compétences stratégiques peuvent être à la Métropole, ok. Aménagement du territoire, développement économique, industrie… D’accord pour tout ça. Les compétences opérationnelles en revanche, franchement quand ça tournait bien, il faut les rendre à la proximité.

    Léo Purguette : Avez-vous senti un changement de fonctionnement au quotidien de l’institution depuis que son président l’a décrétée « Métropole des maires » ?

    J’ai une expérience qui date de quelques jours. Il y a l’éternel problème de la collecte des ordures ménagères. J’ai rencontré le vice-président Perottino et le directeur. Ils ont marqué la volonté d’apporter des solutions adaptées ici ou là, en fonction des possibilités. Ça m’intéresse cette façon de faire. Le sujet du traitement des déchets demeure. L’État n’est plus favorable à ce qu’on appelait des « décharges ». Ça veut dire qu’il ne restera que l’incinération et qu’il faudra développer ça.

    Nicolas Isnard et Benoît Payan

    Didier Gesualdi : Qu’auriez-vous à dire au président de la Métropole et au maire de Marseille ?

    Je les ai souvent au téléphone… Je crois qu’on a besoin de regarder un autre chemin pour la Métropole. J’avais proposé, en son temps, dans un ouvrage, d’emprunter d’autres voies. Il faut se mettre ensemble pour voir ce qui peut aller et ce qui franchement ne va pas. La question des ressources, en particulier, celles qui viennent de l’État à travers la fiscalité, doit être débloquée. Je ne suis pas très optimiste. J’ai entendu M. le Premier ministre sur le budget 2027. Il ne va pas durer longtemps dans ses fonctions, son budget non plus. Mais en disant « on ne touche pas à la fiscalité », je crois qu’on fait fausse-route.

    Didier Gesualdi : Est-ce que c’est bloquant pour l’avenir de Martigues ?

    Quand on parle de l’avenir de Martigues, on parle de celui de ses habitants et des perspectives que l’on peut avoir en matière d’épanouissement individuel d’une part et de propositions collectives dans tous les domaines. Je pense à l’accès à la formation, à l’éducation, à la culture, au sport, au logement… Oui Martigues a de l’avenir, nous le préparons notamment au prix d’efforts colossaux pour s’adapter au changement climatique dans nos écoles par exemple.

    La rentrée

    Léo Purguette : Avez-vous tenu compte des fortes chaleurs constatées cette année pour aménager les écoles ?

    Mai, juin et septembre sont désormais des mois de fortes chaleurs. Il y a la nécessité d’adapter chaque classe de nos écoles à ces conditions. On a fait un travail remarquable, en sept semaines, qui avait été préparé avant bien évidement, dans les classes, sur les sols dans les cours de récréation, pour l’ombre. On a formidablement travaillé. Merci aux services publics municipaux. On a mis dans chacune des 205 classes de Martigues deux brasseurs d’air, des brise-lumières. Dans les écoles maternelles, une clim’ pour les dortoirs. Des cours replantées d’arbres…Nous travaillons aussi beaucoup sur un axe tout aussi urgent et volontariste, c’est l’accessibilité des établissements, que ce soit pour les enfants ou les adultes. On a désormais deux écoles avec un ascenseur dans chacune d’elle.

    L’hôpital

    Léo Purguette : Que peut le maire de Martigues vis-à-vis de l’hôpital où les agents se sont mobilisés récemment ?

    Nous avons déjà fait beaucoup. Avec d’autres, nous avons fait des efforts considérables pour que dans le cadre de la nouvelle industrialisation et de la décarbonation, nous soyons retenus sur deux points : la rénovation de l’hôpital et le contournement de Martigues-Port-de-Bouc. Le plan de rénovation de l’hôpital est insuffisant à 65 millions d’euros, mais c’est bien, on va faire. C’est déjà un grand pas.S’agissant de l’hôpital, qu’est-ce que je peux faire ? La position de maire-président du conseil de surveillance est utile car c’est un endroit où on peut parler avec l’ARS, la direction de l’hôpital etc. Clairement cet hôpital manque de moyens financiers, immobiliers, technologiques et en personnel. Sur l’immobilier on s’est mobilisé pour obtenir la rénovation, sur la technologie on s’est doté d’un robot utile pour soigner en urologie, gynécologie et dans d’autres domaines. Le personnel est en grande souffrance. On ne peut pas tripatouiller pour leur piquer 20 minutes de pause repas quand ils ont travaillé six heures. On a besoin d’entendre les personnels. Il paraît que c’est une priorité nationale !

    L’actualité politique

    Didier Gesualdi : Vous avez pris position pour la liste d’union conduite par votre camarade Jérémy Bacchi aux sénatoriales. Quel est l’enjeu de ce scrutin ? C’est l’occasion de faire entendre la voix des territoires ?

    Le Sénat, c’est l’assemblée qui représente le mieux les maires. On a besoin d’y envoyer une force. Si on peut y envoyer trois ou quatre sénateurs dans cette assemblée qui a aujourd’hui une majorité un peu différente de celle que j’espère, on y prendra notre part. Je crois qu’on peut réussir, sur les huit sénateurs que comptent les Bouches-du-Rhône, à avoir ces trois ou quatre élus. J’y crois. Je compte sur mes collègues maires qui peuvent faire confiance à ces sénateurs sortants de gauche qui ont bien travaillé, mais aussi à des gens qui parlent comme moi pour qu’on aille soutenir le 27 septembre cette liste.

    Didier Gesualdi : Il y a un risque à l’élection présidentielle et probablement aux élections législatives qui suivront, de voir le RN s’imposer en France. Vous avez dû batailler contre le RN pour être réélu maire. Quel est le message que vous avez envie de faire passer ?

    Je ne peux pas me satisfaire d’entendre ce discours matraqué en boucle sur les chaînes de télévision. Les futurs candidats d’extrême droite reconstruisent l’histoire pour la rendre conforme à leur vision de haine, d’exclusion, repliée sur elle-même. L’autre jour, une des leurs racontait que l’on ne devait pas notre système de retraites par répartition au Conseil national de la Résistance mais à Vichy, sans que personne ne bronche sur le plateau ! Je ne peux pas l’accepter. On a besoin d’autre chose dans ce pays. On est dans une phase où il y a de nombreux candidats. Ça va se décanter.

    La présidentielle

    Léo Purguette : Les communistes sont consultés jusqu’à ce dimanche sur la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle. Quel sera votre vote ?

    Je suis d’accord pour que notre candidat Fabien Roussel soit présent jusqu’au bout. On a besoin de faire entendre ces voix, de dire quelles sont les valeurs que nous portons. C’est-à-dire tout ce dont on vient de parler. Moi, je défends l’hôpital, les services publics, l’éducation. Rendez-vous compte de l’état de l’éducation ? Nous n’en avons pas assez parlé. Les enseignants souffrent notamment de rémunérations qui sont franchement indignes.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Asmae :

    Bonjour M. le Maire. J’ai vu que vous avez fait la rentrée à Notre-Dame des Marins. Est-ce que c’est pour un vous un symbole ?

    Oui, c’est un symbole. C’est un quartier en politique de la ville qui souffre de la non-réhabilitation depuis des dizaines d’années des logements de 13 Habitat. Il y a eu un petit sursaut lorsque Madame la ministre Méadel est venue visiter à l’été 2025. À chaque cage d’escalier, elle s’étranglait devant l’état des lieux. Elle est revenue, constatant que les améliorations étaient très insuffisantes, elle avait supprimé des moyens financiers à 13 Habitat. Rien n’a changé pour autant. Quant à 13 Habitat, on a une succession de présidents. Maintenant, c’est Martial Alvarez, le maire de Port-Saint-Louis-du-Rhône. On va parler avec lui. Il y a longtemps que l’investissement pour construire Notre-Dame des Marins a été amorti. Un projet de réhabilitation de plusieurs dizaines de millions d’euros existe, mais 13 Habitat n’a pas bouclé le financement et prévoit donc des augmentations de loyers de 8% à partir de 2032, après la fin des travaux. Ça ne peut pas le faire ça ! Pas du tout ! Je ne suis pas d’accord pour entendre ce genre de choses. Les habitants payent leur loyer, ils font beaucoup d’efforts pour cela. C’est bénéfice net pour le bailleur. Ce n’est pas acceptable. J’ai fait des propositions pour aérer le quartier en relogeant tout le monde, bien sûr, car les bâtiments avaient été construits les uns sur les autres. Si j’ai fait la rentrée scolaire là-bas, c’est parce que l’école comme le centre social sont au cœur du quartier. Nous, à Martigues, on est aux côtés des habitants, les services publics n’abandonnent pas ce quartier d’habitat social.

  • Selon l’Unsa, 48% des profs préoccupés par leur salaire

    Selon l’Unsa, 48% des profs préoccupés par leur salaire

    Trois chiffres parmi les 45 000 réponses des personnels sondés sont particulièrement révélateurs de l’état d’esprit de cette rentrée : « Ils sont 14% de plus qu’en 2024 à penser d’abord au salaire, 71% ne ressentent ni respect ni reconnaissance de leur travail et seuls 0,3% se disent confiants en l’avenir du système éducatif », relève Franck Delétraz, secrétaire départemental SE-Unsa et Unsa éducation.

    Si le salaire arrive en tête des sujets de préoccupation des enseignants, c’est que leur pouvoir d’achat a terriblement dégringolé. « La moitié des enseignants perçoit moins de 2 000 euros par mois. Dans les années 80 leur revenu moyen était de 2,3 fois le Smic, aujourd’hui il le dépasse à peine ». C’est sans compter la rémunération des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) « qui peinent à en vivre ». Sur les 16 000 élèves nécessitant un accompagnement dans les Bouches-du-Rhône, 7 000 restent en attente. Par ailleurs, « plutôt que fermer des classes, la baisse démographique pourrait être une opportunité pour renforcer la brigade de remplacements ». En somme, « on n’assiste pas à un rejet de l’école, mais à celui des conditions de travail et d’enseignement », résume Franck Delétraz.

    Adresse aux candidats

    Des résultats qui « en disent long sur les politiques menées », estime le syndicat, qui souhaite accompagner « dans le dialogue » la réforme de la formation mais « reste vigilant quant aux moyens de sa mise en œuvre ». Enfin, « après 10 ans de macronie, 91% des personnels considèrent qu’ils n’ont pas été entendus et demandent une vraie méthode de consultation ». C’est, avec l’exigence « d’une revalorisation salariale pour tous par la grille indiciaire et un statut éducation nationale pour les contractuels et AESH », ainsi que d’une « carte scolaire qui ne soit pas prétexte à une baisse budgétaire », un des points sur lesquels L’Unsa interpelle les candidats à la présidentielle, à l’exception de l’extrême droite.

  • Quatre enseignants syndiqués suspendus dans les Bouches-du-Rhône

    Quatre enseignants syndiqués suspendus dans les Bouches-du-Rhône

    Au total sept personnels de l’éducation liés à une activité syndicale ont été convoqués le 31 août, à la veille de la rentrée scolaire, pour un entretien préalable à sanction. « Ces suspensions conservatoires allant jusqu’à 4 mois, ces sanctions et ces menaces de non-renouvellement de contrat, liste la CGT dans son communiqué, s’apparentent à une volonté [du Rectorat ndr] de faire des exemples ». Pas de 25e rentrée pour Jadran Svrdlin et deux de ses collègues à l’école de la Tourtelle. Interdits d’approcher l’école, les élèves et les enseignants. « Nous avons alerté sur l’alarme incendie en panne durant six mois, sur un chauffage défaillant depuis des années, sur l’externalisation du ménage et la dégradation du service, sur des non-remplacements d’enseignants », explique ce professeur qui enseigne depuis 7 ans dans cette école. « À chaque fois nous avons documenté nos alertes, précise-t-il, à chaque fois les problèmes soulevés ont été minimisés. » Sans vouloir dévoiler les éléments de l’enquête, le syndicaliste assure y voir « clairement une mesure d’intimidation ».

    Et à La Ciotat

    À La Ciotat, c’est « un management autoritariste et le manque de considération envers une accompagnante scolaire (AESH), l’exclusion de cantine d’élèves handicapés faute d’embauche d’accompagnants ou le fait de confier à une agente territoriale (Atsem) 15 élèves en remplacement d’une enseignante » qu’a dénoncé Coralie Hernandez. Enseignante à l’école Jean-Zay depuis 2020, elle est interdite de classe cette rentrée. « On me reproche des absences liées à mon mandat syndical car ça romprait le climat de confiance entre l’école et la famille ! », précise l’enseignante encore sous le choc.

    « Eux, ils ont la sanction, nous, on a la solidarité », ne désarme pas la syndicaliste. À ces cas s’ajoute, au sein de l’administration elle-même, « le non-renouvellement de deux agents en CDD qui animaient une section syndicale CGT, sous prétexte de réorganisation des services du Rectorat ». Pour la CGT cette chronologie de décisions appelle des explications. Pas de communication du côté de l’Académie Aix-Marseille, car « une enquête administrative est en cours ».

  • En visite officielle au collège Borrely de Digne

    En visite officielle au collège Borrely de Digne

    Elle était aux côtés du recteur de la région académique Benoît Delaunay, de la directrice académique des services de l’Éducation nationale des Alpes-de-Haute-Provence, Véronique Blua, et du secrétaire général de la préfecture, Xavier Pannecoucke.

    La présidente du département a ensuite également rencontré les élèves du collège Marcel-André de Seyne pour leur rentrée, avec Sandra Raponi, vice-présidente du département déléguée aux collèges, à la jeunesse et à la vie associative, jeudi après-midi.

  • Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Des chiens, des policiers et des gendarmes devant les grilles du nouveau bahut. C’est ce qu’ont vécu des élèves de seconde des lycées Nelson-Mandela à Marseille (12e) et Fourcade à Gardanne, mardi, le jour de leur rentrée. Au programme : fouille des sacs des élèves sélectionnés et contrôle des chauffeurs de bus. Une pratique possible depuis la circulaire de mars 2025, conjointement signée par Élisabeth Borne et Bruno Retailleau, alors respectivement ministre (Ren.) de l’Éducation nationale et ministre (LR) de l’Intérieur, qui autorise donc aux forces de l’ordre des fouilles aléatoires et inopinées des sacs et cartables aux abords ou à l’entrée des collèges et lycées.

    Des méthodes déjà dénoncées dans le passé par l’intersyndicale des enseignants du secondaire et que le Snes-FSU juge d’autant plus violentes le jour d’une rentrée. « Ce qui nous a particulièrement choqués, c’est que ça se fasse le jour de la rentrée des secondes, s’indigne Salima Ouannaï, secrétaire académique adjointe du Snes-FSU Aix-Marseille. Nous avons été contactés par les personnels des établissements en question, qui ont été particulièrement choqués, de même que les élèves. »

    L’opération a en effet fortement mécontenté plusieurs enseignants du lycée Fourcade, prévenus lundi, lors de la pré-rentrée, de la venue des officiers de gendarmerie. Ils parlaient alors, dans un communiqué de presse, d’un déploiement « inadapté » et susceptible de « créer un stress inutile pour les enfants et leurs parents », cités par La Provence. « Voilà donc le message envoyé à la jeunesse pour son premier jour au lycée : bienvenue, vous êtes d’abord considérés comme une menace. (…) Beaucoup de stress, aucun objet découvert et une rentrée transformée en opération de communication sécuritaire. Nous dénonçons fermement ces pratiques. Elles instaurent un climat de suspicion et stigmatisent les élèves », fronde de son côté le Snes-FSU.

    « Masquer un manque

    de moyens »

    Au-delà des méthodes jugées inadéquates, c’est l’utilité même de ce genre d’opération que le Snes-FSU réfute. « On envoie un mauvais message aux jeunes, en leur faisant comprendre que ce sont des fauteurs de troubles, tout en suggérant que l’école est un lieu dangereux, note Salima Ouannaï. Une vision passéiste d’abord, mais aussi totalement inefficace. » Pour elle, comme pour ses camarades du Snes-FSU, c’est de personnels dont a besoin l’Éducation nationale pour lutter contre les violences scolaires, pour que les élèves puissent être accompagnés. « On veut de la prévention et des solutions qui soient éducatives, poursuit-elle. On manque de CPE, d’AED [surveillants], de psychologues et d’assistantes sociales et, à Marseille comme ailleurs, on refuse la création de postes. Cette circulaire est juste une façon de communiquer pour masquer le manque de moyens. »

  • Nîmes veut rendre une nouvelle copie pour l’école publique

    Nîmes veut rendre une nouvelle copie pour l’école publique

    À Nîmes, la rentrée scolaire commence par un constat social. Vendredi 28 août, c’est à l’école Capouchiné, l’un des groupes scolaires les plus exposés aux fortes chaleurs, que Vincent Bouget, entouré de son adjoint à l’éducation Pierre-Édouard Détrez et de Fanny Daguenet, conseillère municipale déléguée au périscolaire et à la « Ville à hauteur d’enfant », a présenté la première rentrée de la nouvelle majorité. Un choix de décor loin d’être anodin : dans une ville où près de 42 000 habitants vivent dans la pauvreté et où un tiers des familles sont monoparentales, la municipalité veut faire de l’école publique l’un des premiers terrains de son changement de cap.

    Mardi 1er septembre, 11 000 enfants ont retrouvé les 83 écoles publiques de la ville. Parmi eux, les 7 650 élèves du CP au CM2 ont découvert sur leur table un kit de fournitures : crayons, stylos, colle, règle ou ardoise. Une dizaine d’euros de matériel par enfant, complétée par une hausse de 20% de la dotation versée aux écoles. « C’est une manière très tangible d’agir en faveur du pouvoir d’achat, tout en réaffirmant un principe : l’école publique doit rester un facteur d’égalité réelle pour tous les enfants », défend le maire.

    Des agents enfin

    sortis de la précarité

    Cette logique se poursuit avec la gratuité de l’ensemble des bibliothèques municipales et la remise d’une première carte à chaque enfant entrant au CP. Après l’enveloppe exceptionnelle de 100 000 euros débloquée cet été pour permettre à plus d’un millier de jeunes Nîmois de partir en séjour ou de participer à des activités, la nouvelle équipe tente ainsi de donner corps à son projet de « ville à hauteur d’enfant ».

    Mais le marqueur social le plus significatif se situe peut-être du côté de ceux qui font vivre l’école une fois la classe terminée. La municipalité annonce la titularisation de 90 agents du périscolaire, animateurs ou personnels d’Alaé (Accueil de loisirs associé à l’école). Sur les 822 agents municipaux mobilisés autour des écoles, 469 sont désormais titulaires. « Ils sont dans notre société invisibles socialement mais pourtant essentiels », insiste Vincent Bouget, citant également les Atsem, AESH ou personnels d’entretien, sans lesquels le service public d’éducation ne peut tout simplement pas fonctionner.

    Fanny Daguenet défend, elle, la nécessité de s’appuyer sur des équipes durables : « La sécurité repose avant tout sur la présence d’équipes fiables, formées et reconnues. » Une manière de rappeler que la qualité du service public passe aussi par les conditions d’emploi de celles et ceux qui accompagnent quotidiennement les enfants. La Ville promet en parallèle des recrutements plus encadrés, davantage de formation et un suivi renforcé des équipes.

    À la cantine, où 5 500 repas sont servis quotidiennement, les changements attendront encore quelques mois. La très critiquée plateforme de réservation doit être entièrement revue avec les parents d’élèves, tandis qu’un menu végétarien devra être proposé chaque jour à partir du premier semestre 2027 en complément des menus actuels.

    Faire face à l’urgence climatique

    Reste un chantier autrement plus lourd : celui des murs. Les épisodes de chaleur de juin ont transformé certaines salles de classe en étuves, avec près de 38 degrés relevés à Capouchiné. La mairie reconnaît elle-même le retard accumulé. « Nous ne sommes pas prêts », admet Vincent Bouget, qui promet un vaste « plan école » sur le mandat.

    Pour 2026, 5,4 millions d’euros ont déjà été engagés dans les établissements, dont 1,78 million pour l’isolation et le confort thermique, 826 700 euros pour les sanitaires et 431 700 euros pour l’accessibilité. Neuf classes supplémentaires ont également été aménagées dans des écoles récemment intégrées à l’éducation prioritaire. À Capouchiné, fenêtres et façades ont déjà été reprises ; à La Placette, une toile d’ombrage de 350 m² a remplacé celle installée il y a vingt-cinq ans. Autant de premières réponses, alors que la municipalité promet d’autres interventions avant les chaleurs de juin 2027.

  • Rentrée sous le signe de la rénovation à Manosque

    Rentrée sous le signe de la rénovation à Manosque

    Une année marquée par une nouvelle étape du Plan Jules-Ferry, avec « la livraison des parties élémentaires des écoles Saint-Lazare et du Colombier (…). Le programme se poursuivra à Saint-Lazare maternelle, aux Tilleuls et aux Combes. La Ville prévoit 25 millions d’euros de travaux », précise la Ville. 1 200 élèves bénéficient du kit du petit écolier, pour un budget de 28 000 euros. « Nous voulons terminer ce que nous avons engagé : rénover nos écoles, améliorer les conditions d’apprentissage et préparer ces établissements pour les vingt prochaines années », souligne Camille Galtier.

  • Avignon : LFI veut remplir les trousses

    Avignon : LFI veut remplir les trousses

    Sur une table de la permanence parlementaire du député (LFI) Raphaël Arnault, avenue Saint-Ruf à Avignon, quelques dizaines de stylos, cahiers, trousses et autres fournitures scolaires. Le résultat du début d’une collecte organisée par la section locale des Insoumis, ce mercredi 2 septembre.Une opération qui se poursuit également ce jeudi 3 septembre de 17h à 19h. Le tout sera ensuite offert au Secours Populaire, qui s’occupera de la redistribution aux familles démunies.

    Un événement qui se tient quelques jours après la décision de la municipalité de supprimer les kits de rentrée scolaire pour des raisons financières. 8 000 élèves de primaires et maternelles recevaient gratuitement plusieurs éléments essentiels. « Hier, il y avait des enfants qui n’avaient pas de trousses », déplore Khalid El Yousoufi, conseiller municipal d’opposition et professeur à l’école des Grands-Cyprès. S’il concède que le dispositif « n’était pas parfait », il estime qu’il aurait pu être plus efficace « s’il y avait une concertation avec les enseignants » et que si 20% de ces fournitures n’étaient pas toutes distribuées, c’est entre autres à cause d’une mauvaise communication.

    « C’était une aide qui n’était pas négligeable quand on sait que ça coûte facilement plusieurs dizaines d’euros par enfant. C’est toujours les mêmes qui en pâtissent », poursuit-il. Avant de cibler le premier édile Olivier Galzi, estimant que le « sans étiquette » prôné par l’ancien journaliste ne tient plus avec des inspirations « de plus en plus à droite ».