Tag: rentrée scolaire

  • À Istres, la majorité veut revoir la cantine et renforcer l’inclusion

    À Istres, la majorité veut revoir la cantine et renforcer l’inclusion

    Élue depuis mars dernier, la majorité vit sa première rentrée scolaire. Avec la volonté de voir certaines choses changer, à commencer par la restauration collective. Dès octobre, après les premières vacances scolaires, la municipalité engagera une réflexion globale à ce sujet, allant de la préparation des repas à l’organisation du temps méridien.

    « L’effet pervers de la cantine à un euro fait qu’il y a beaucoup d’élèves qui y mangent », commence le maire (LR) Robin Prétot. À ce jour, 2 637 enfants y sont inscrits, mais la mairie estime qu’ils seront 3 800 à y déjeuner en réalité. La cuisine centrale produit 4 300 repas par jour, puisqu’elle fournit aussi le collège Alain-Savary, le seul du département à être sous statut municipal. « C’est heureux, mais les services n’étaient pas préparés pour. On a une cuisine centrale qui est sous-dimensionnée et donc la qualité s’en retrouve dégradée. On fait peu de cuisson, beaucoup de décongélation et de réchauffement… C’est dommage, les enfants et leurs parents s’en plaignent derrière. Il y a aussi la question du temps méridien, avec des problèmes de discipline puisqu’il y a beaucoup d’élèves. »

    Concrètement, des groupes de travail seront créés sur les différentes thématiques liées à la cantine, associant les agents concernés, les parents d’élèves mais aussi l’opposition. Les premières conclusions sont attendues pour la rentrée 2027 mais d’ici la, la municipalité « réfléchit en interne à des pistes d’amélioration », précise l’adjointe au maire déléguée à l’éducation Sophie Declercq.

    Continuité des dispositifs

    Robin Prétot affirme : « Toutes les options sont sur la table. Je ne saurais pas dire s’il faut qu’on arrête la restauration pour préférer une délégation de service public, qu’on agrandisse la cuisine centrale, qu’on revoit l’organisation parce qu’il y a des problématiques au niveau de la réservation des repas, qu’on peut annuler 48h avant ce qui engendre du gaspillage. La problématique est globale, il faut qu’on se pose et qu’on parle de tout, du tarif, des agents, de la qualité des repas, des commandes, du budget… »

    Autre gros chantier, qui était une promesse de campagne pour cette équipe qui place son mandat sous le signe de l’inclusion : l’amélioration de l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Cette rentrée, un Pass pôle d’appui à la scolarité a été ouvert au CEC des Heures Claires pour permettre aux familles d’obtenir des réponses plus rapidement face aux besoins de leurs enfants et de mieux coordonner leur accompagnement. Mais la majorité veut aussi renforcer les dispositifs qui relèvent de l’Éducation nationale.

    La conseillère municipale déléguée à l’inclusion et réussite éducative Céline Brull détaille : « Aujourd’hui, seules 3 des 27 écoles maternelles et élémentaires disposent d’une Ulis. Parmi nos collèges, seul Élie-Coutarel en bénéficie. Nous disposons aussi d’une unité d’enseignement maternelle autisme à Maurice-Gouin qui accueille jusqu’à 7 enfants de 3 à 6 ans, ce qui est très peu. Aucun dispositif équivalent n’existe ensuite à Istres en école élémentaire. Cette absence de continuité peut placer les enfants et leur famille face à une rupture de parcours. » Le maire a donc saisi le directeur académique pour demander de renforcer les Ulis et de créer un dispositif adapté aux enfants autistes dès la rentrée 2027. La Ville se dit prête à accompagner ces ouvertures en menant à disposition des locaux adaptés.

  • À Marseille, pas de rentrée à l’école Sinoncelli trop à l’étroit

    À Marseille, pas de rentrée à l’école Sinoncelli trop à l’étroit

    Ce mardi, pas de rentrée scolaire pour les élèves de l’école élémentaire publique Sinoncelli, à Marseille (14e). Les instituteurs et institutrices de l’établissement ont décidé de faire grève afin de dénoncer le manque de places et les classes surchargées.

    « On demande de prendre en considération le fait que nous sommes en REP + [réseau d’éducation prioritaire] et donc les élèves que l’on accueille ont des nombreuses difficultés, explique Géraldine Pauc, enseignante dans l’école. Et donc, avoir 27 élèves en CE2, ce n’est pas possible. »

    Les enseignants exigent ainsi depuis l’année dernière l’ouverture d’un préfabriqué afin de permettre d’avoir des classes supplémentaires. « Car on a les instituteurs, mais pas l’espace. » Certaines classes de CP ont pourtant été divisées en deux, afin de réduire le nombre d’élèves, mais se retrouvent dans la même classe, n’améliorant donc pas la prise en charge des élèves. « On nous a dit que l’on pouvait mettre un rideau entre les deux », rit jaune Géraldine Pauc. Le personnel enseignant réclame donc l’installation d’un préfabriqué pour avoir des classes supplémentaires ainsi qu’un plafonnement du nombre d’enfants pouvant s’inscrire. « Surtout qu’une nouvelle école a ouvert juste à côté, mais on ne nous décharge pas d’élèves », se désole la maîtresse. Contactée, la mairie de Marseille affirme « avoir pris en compte ce besoin d’avoir plus d’espaces d’accueil, s’être saisie du sujet et s’atteler à mettre en place des solutions ».

  • La rentrée se prépare pour les élèves et les élus

    La rentrée se prépare pour les élèves et les élus

    Il devrait avoir près de 4 600 élèves en moins cette année, d’après les prévisions académiques, à faire leur rentrée à partir de mardi dans l’académie Aix-Marseille. Dans l’académie de Nice, ce sont 3 000 élèves en moins dans le premier degré, annonçait la rectrice. Des chiffres entérinant la baisse démographique annoncée.

    Mais cette diminution du nombre d’élèves ne s’accompagne pas de celle des effectifs par classe. Les syndicats de l’Éducation nationale dénoncent des fermetures de classes en « cascade ». Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont par exemple 40 classes qui ont été supprimées dans le secondaire. Une nouvelle carte scolaire qui avait déjà suscité des mobilisations en mars et avril.

    Pour la FSU 13, cette baisse démographique aurait dû être l’occasion de rattraper le retard de la France dans l’encadrement des minots. « Pour retrouver le taux d’encadrement de 2017 au second degré dans le département (Bouches-du-Rhône), il faudrait ouvrir 56 postes au collège et au lycée », dénonçait Nicolas Bernard-Hayrault, secrétaire départemental du Syndicat national des enseignants du second degré, lors d’une conférence de presse vendredi. Des revendications qui n’empêcheront pas les professeurs du premier et second degrés d’accueillir au mieux leurs élèves, malgré des moyens qu’ils estiment très insuffisants (lire aussi pages 2 et 3).

    Tournée des élus

    Les écoliers et les enseignants ne seront pas les seuls à retrouver le chemin de l’école. Les élus municipaux, départementaux et régionaux passeront eux aussi sous les préaux et dans les salles de classe des établissements scolaires du territoire pour lancer cette nouvelle année scolaire.

    Ce lundi, c’est le recteur Benoit Delaunay, qui fera sa rentrée, avec la traditionnelle conférence de presse. Il rassemblera au sein du rectorat à Aix-en-Provence les journalistes afin de présenter les nouveautés et les enjeux de cette nouvelle année scolaire 2026-2027.

    Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille, sera lui présent à 8h à l’école Clair Soleil 1 à Marseille (14e). L’occasion pour l’édile de distribuer des kits de fournitures scolaires aux élèves afin d’alléger la facture du mois de septembre des parents.

    Distribution de tablettes

    Du côté de la Région, le président (Ren.) Renaud Muselier, dont la collectivité a en charge l’ensemble des lycées de la Région Sud, sera à Aix-en-Provence pour accueillir les lycéens de Paul-Cezanne et du lycée polyvalent Vauvenargues en compagnie de Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix-en-Provence. Il y distribuera de nouvelles tablettes numériques aux élèves.

    De son côté, Martine Vassal, la présidente (DVD) du conseil départemental, en charge des collèges sera à André-Chénier (12e) ce mardi matin. Elle a fait une première présentation vendredi des dispositifs mis en place en cette rentrée pour l’ensemble des collégiens avec à la clé, kits de fournitures scolaires, ordinateurs portables ou encore carte Cjeune, « près de 800 euros d’économies pour les familles d’un élève entrant en 6e ».

  • La grande dictée en plein air bat le record du monde de participants

    La grande dictée en plein air bat le record du monde de participants

    Ce dimanche matin, ils sont nombreux à avoir préféré une dictée à une grasse matinée. Alors que la rentrée scolaire n’a pas encore sonné, enfants, parents, amis et grands-parents ont décidé de relever le défi de participer « à la plus grande dictée du monde » sur la place Bargemon à Marseille (2e). Avec 1 857 participants, Marseille a donc battu le record du plus grand nombre de participants à cet exercice, reprenant le titre à Paris qui n’avait rassemblé, en 2023, que 1 397 personnes.

    Ce n’est pas la première dictée organisée par l’association marseillaise d’éducation populaire et d’accès à la culture, Action Bomaye. Pour son président, Ismaël Cousin, ces événements sont une façon de rendre plus accessible l’orthographe et la conjugaison. « L’écriture c’est ce qui permet d’avoir un emploi, faire son CV, faire des livres ou des scénarios, explique-t-il. Ce genre d’événement, ça permet de faire de cet exercice quelque chose d’amusant. »

    Des professeurs stars

    Car ce dimanche, l’un des professeurs n’était d’autre que Dimitri Payet, l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille. De quoi motiver les plus réticents à l’exercice. Le texte, écrit spécialement pour l’occasion, parlait donc de l’équipe marseillaise. Si certains ont tenté d’utiliser leur téléphone, la plupart des participants ont été studieux et ont préféré trouver seuls l’orthographe de « hourvari » ou de « vivats », non sans mal.

    Imane, qui participe pour la deuxième fois aux dictées organisées par Action Bomaye, est venue avec ses filles. « Ça leur permet de s’entraîner et puis si on peut gagner des lots c’est le petit bonus », explique la jeune maman. Si les plus jeunes sont des habitués de l’exercice pour les plus âgés c’est le moment de tester de nouveau son orthographe. « ça fait au moins 20 ans que je n’ai pas fait de dictée », rigole Yasmina, retraitée. « Une façon de se challenger pour connaître son niveau en français », estime Linda, attachée territoriale.

    L’événement a également permis de distribuer des fournitures scolaires : trois cahiers, une trousse avec tout le nécessaire pour la remplir et un agenda. De quoi alléger un peu la facture et préparer au mieux la rentrée.

  • Le Scum pointe une « sélection sociale et raciste »

    Le Scum pointe une « sélection sociale et raciste »

    Soixante-douze. C’est le nombre d’étudiants diplômés (Bac ou licence) sans affectation en licence ou master qui s’étaient tournés vers le Scum l’an passé, après avoir épuisé tous les records. Avec le coup de main du Syndicat de combat universitaire de Montpellier, 29 avaient fini par obtenir gain de cause dont 14 dans la filière de leur choix.

    Cette année, Kaïs Ait Addi craint une rentrée encore plus difficile. « Depuis juin, on reçoit des mails toutes les semaines. On a déjà plusieurs dizaines de cas d’étudiants sans affectation », rapporte le porte-parole du Scum.

    Il n’est pas étonné car cette impasse découle d’une politique nationale qui « réduit les places en master et ferme des licences ». Si l’Université de Montpellier (UM) et surtout Paul Valéry sont moins touchés, des étudiants d’autres villes dont les filières n’existent plus se rabattent dans l’Hérault, ce qui crée des tensions.

    Diplôme dévalorisé

    Les cas portés à connaissance du Scum ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Car la plateforme MonMaster incite les étudiants sans affectation à s’inscrire en phase complémentaire. Une sorte de liste d’attente avec faible chance de succès (si désistement) qui les fait poiroter jusqu’en octobre voire novembre. « C’est une manière de couper nos actions de contestation, de nous empêcher de lancer des procédures. Ça pousse aussi les étudiants à rester dans la ville où ils espèrent étudier donc à garder leur logement », précise Kaïs Ait Addi. Ce qui n’est pas sans conséquence, une année perdue pouvant être synonyme de perte de bourses par exemple.

    Le porte-parole du Scum dénonce un système de sélection qui va à l’encontre du « droit d’étudier » et qualifié par ailleurs « d’anti-sociale et raciste ». « Une étude [de l’Observatoire national des discriminations et de l’égalité dans le supérieur, Ndlr] démontre qu’avec un patronyme à consonance maghrébine ou subsaharienne, un étudiant a 8% de chance de moins de se voir proposer un master. Parfois, il n’a même pas de réponse ».

    Kaïs Ait Addi déplore que ce système jugé discriminant, instauré en 2018 avec Parcoursup, soit devenu la norme. « Les étudiants se font de plus en plus à cette sélection illégale qui dévalorise le diplôme. » Pour leur rappeler leurs droits, le Scum organise deux réunions d’information à l’UM (jeudi 10 septembre à 18h salle 2.3.04 bâtiment 2) et à Paul Valéry (vendredi 11).

  • La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    « Nous sommes à la veille d’une rentrée particulièrement dégradée dans l’Éducation nationale. » Au sein de la Bourse du travail, à Marseille, Virginie Akliouat secrétaire départementale de la FSU 13, débute la conférence de rentrée du syndicat pessimiste.

    Postes supprimés, manque de classes adaptées, salaires qui stagnent, manque de solution face aux fortes températures, attaque sur les congés maladies… La liste des dégradations des conditions de travail et d’accueil des élèves est longue pour le syndicat. « Car ces dix années de macronie ont cassé l’École et les services publics », renchérit la secrétaire syndicale.

    Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont par exemple 40 postes d’enseignants au lycée en moins. Ces suppressions sont justifiées par une baisse démographique, « mais cette baisse devrait être l’occasion d’améliorer les conditions d’accueil des élèves », insiste Charlotte Bourgougnon, cosecrétaire départementale du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp-FSU) des Bouches-du-Rhône.

    Nicolas Bernard-Hayrault, secrétaire départemental du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU) précise même : « si l’on voulait juste revenir au même taux d’encadrement qu’en 2017, il faudrait ouvrir 56 postes au collège et au lycée ». Car la France fait partie des plus mauvais élèves de l’Union européenne et de l’OCDE en terme du nombre de jeunes par classe.

    Manque de places pour les enfants handicapés

    Et le manque de moyens humains impacte d’autant plus les enfants les plus vulnérables. « Alors que dans les Bouches-du-Rhône on manque d’au moins 12 classes Ulis [qui permettent d’accueillir des enfants handicapés], il y a cinq postes dédiés à ce public qui ont été supprimés », se désole Charlotte Bourgougnon.

    La grande annonce du ministre de l’éducation sur la distribution d’un questionnaire pour libérer la parole des enfants sur les violences sexuelles est, elle aussi, tombée à plat. « Car pour libérer la parole, il faut du personnel qui peut la recueillir et l’orienter vers les services adaptés », insiste Valérie Brignole co-secrétaire du syndicat national unifié des assistants sociaux de la fonction publique (SNUASFP).

    Ils dénoncent également le manque de résilience du bâti scolaire face au réchauffement climatique et exigent un plan pour permettre aux écoles d’être plus vivables lors des canicules. « En juin, on avait certaines classes qui atteignaient 33°. Qui peut étudier dans ces conditions ? », s’interroge Nicolas Bernard-Hayrault. Face à tous ces manquements et aux attaques répétées du gouvernement contre la fonction publique et l’école, la FSU appelle à s’allier au mouvement de grève national et intersyndical du 29 septembre « pour peser sur le débat autour du budget 2027 qui s’ouvrira le 30 septembre », soutient Virginie Akliouat.

  • Martine Vassal met les bouchées doubles pour les collégiens

    Martine Vassal met les bouchées doubles pour les collégiens

    « Nous sommes le département en France qui dote le mieux les collèges ». À quelques jours de la rentrée, Martine Vassal (DVD), présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône entend rappeler l’effort fourni par la collectivité pour la rentrée scolaire des collégiens. Et il y a de quoi faire : « Nous avons en charge le bâti des collèges publics, l’entretien, les personnels qui y travaillent mais aussi le temps de cantine », rappelle l’élue marseillaise. La collectivité a donc sous sa houlette 105 000 collégiens pour cette année 2026-2027 et 1 917 agents du département qui officient dans ces établissements.

    Concrètement, elle met en avant son action sur la question du pouvoir d’achat des familles avec le kit de fourniture offert. « Chaque rentrée scolaire est chère : il faut les fournitures, les équipements vestimentaires… Nous voulons être proactifs sur cette problématique en offrant l’équivalent de 800 euros par un collégien qui entre en 6e », vante Martine Vassal. Dans le package qu’auront les minots qui entrent au collège, ils auront notamment un ordinateur portable et une calculatrice scientifique, ce qui concerne tout de même 24 400 entrants en 6e. Et l’ensemble des collégiens, de la 6e à la 3e donc, ont droit à un kit de fournitures scolaires et 150 euros crédités sur la carte Cjeune. Coût total de cette aide aux familles : 17 millions d’euros pour la collectivité. La présidente de cette dernière insiste sur l’utilisation encadrée des ordinateurs : « On a bloqué les réseaux sociaux après 21 heures ». Le tout, sur fond de lutte contre le harcèlement : « Depuis 2024, nous proposons des formations sur le harcèlement scolaire et aujourd’hui, 903 agents ont été formés à ces problématiques ».

    Autre angle d’attaque de Martine Vassal : le coût de la cantine. « Il ne change pas, il est à 3 euros, il reste à 3 euros », martèle-t-elle.

    Sécurité et hommage à Samuel Paty

    Fidèle aux mantras de sa famille politique à droite de l’échiquier, l’élue fait aussi tout un focus sur la sécurité dans, et autour, des collèges. « L’idée c’était de pouvoir équiper les collèges qui le pouvaient du dispositif “100% sécurité” Nous avons installé plus de 1 800 caméras de vidéoprotection », explique l’élue. On compte donc 104 collèges équipés par ce dispositif qui inclut un contrôle d’accès par des sas sécurisés, un réseau de vidéoprotection et un rehaussement des clôtures autour des établissements. Autre totem de Martine Vassal : la projection du film L’Abandon qui revient sur les onze derniers jours de l’enseignant Samuel Paty, assassiné par un terroriste en 2020. « Il y aura au moins 2 classes pour les collèges volontaires qui assisteront, le 12 octobre, à une projection du film dans les cinémas », développe-t-elle, sans s’avancer sur un chiffre précis. Tout un programme pour les minots donc.

  • [Entretien] Stéphane Audebeau, Snes-FSU« L’École continue à s’enfoncer doucement mais inexorablement »

    [Entretien] Stéphane Audebeau, Snes-FSU« L’École continue à s’enfoncer doucement mais inexorablement »

    La Marseillaise : Si vous deviez noter la préparation de cette rentrée, vous mettriez combien ?

    Stéphane Audebeau : Je mettrais 4 sur 10. Pas la moyenne, parce qu’il y a très peu de choses qui changent alors que les enjeux sont énormes. Le ministre n’a annoncé aucune mesure importante face aux dysfonctionnements du système éducatif. L’École continue donc à s’enfoncer doucement mais inexorablement. Le premier problème reste la lourdeur des effectifs. On parle de baisse démographique, mais elle se traduit surtout par des suppressions de postes de titulaires, d’AED et, on le craint, de contractuels. Dans l’académie, tous les départements sont concernés et le Gard a été particulièrement touché par les suppressions de postes décidées lors de la préparation de cette rentrée.

    Le ministère répond justement qu’il y a moins d’élèves. Pourquoi ne pas réduire aussi les postes ?

    S.A. : Parce que cette baisse démographique devrait au contraire être une chance historique. On pourrait enfin réduire les effectifs par classe. Dans l’académie, il faudrait plus de 120 équivalents temps plein pour retrouver le taux d’encadrement d’avant les années Macron-Blanquer. On tourne autour de 28 élèves au collège, parfois 30 autour de Montpellier. Au lycée, on dépasse régulièrement 35, parfois 36. Pour faire vraiment du suivi individualisé au collège, notamment avec les élèves à besoins particuliers, l’idéal serait plutôt autour de 20. Même en éducation prioritaire, on peut monter jusqu’à 25 élèves par classe. Or ce sont justement des établissements où l’accompagnement individuel est essentiel. On pourrait profiter de la baisse du nombre d’élèves pour améliorer durablement les conditions d’apprentissage plutôt que supprimer les moyens en proportion.

    Le ministère affirme pourtant que 96% des postes proposés aux concours ont été pourvus. Ça ne vous rassure pas ?

    S.A. : Non, parce que le nombre de postes mis au concours a lui-même baissé. Cela ne garantit pas qu’il y aura un professeur dans chaque discipline partout. On sait qu’il y aura encore des manques, notamment en français, mathématiques, anglais ou technologie. Et même si les postes sont pourvus la première semaine, les absences arrivent vite. On manque de titulaire sur zone de remplacement (TZR), de remplaçants, et il faut ensuite chercher des contractuels dans l’urgence.

    Vous alertez aussi sur les AED et les AESH…

    S.A. : Oui. Dans le Gard, des postes d’AED ont aussi été supprimés au nom de la baisse démographique. Mais ce n’est pas mécanique : qu’un établissement ait 200 ou 180 élèves, il faut toujours ouvrir le collège, surveiller les permanences, faire fonctionner la vie scolaire. Pour les AESH, c’est un problème permanent. Avec des contrats de 24 heures payés autour de 900 euros par mois, on n’attire pas. Et avec la mutualisation, certaines doivent passer d’un établissement à l’autre ; des élèves n’ont parfois qu’une heure d’accompagnement par semaine. Pour nous, c’est une forte dégradation. Une AESH peut ainsi devoir choisir entre accompagner un élève pendant une évaluation en mathématiques ou en laisser un autre sans aide dans un autre cours. On perd aussi la continuité du suivi, alors que la connaissance de l’élève et de ses besoins est essentielle. Et, derrière, une partie de cette charge retombe sur les enseignants.

    Qu’est-ce qui explique selon vous la crise d’attractivité du métier ?

    S.A. : Le salaire reste essentiel, parce qu’il traduit la reconnaissance d’une profession. Un enseignant débute aujourd’hui à moins de 2 000 euros par mois. Dans les années 1980, un débutant à bac +5 gagnait autour de trois fois le Smic ; aujourd’hui, on est à peine au-dessus. Mais il y a aussi les conditions de travail : classes chargées, tâches supplémentaires, nouvelles missions. Et pendant ce temps, le ministre parle du téléphone portable ou du 11-Novembre. Pour nous, c’est un écran de fumée : les vrais problèmes, ce sont les conditions d’apprentissage des élèves.

    À quelques jours de la rentrée,
    est-ce qu’il reste encore des choses
    à faire bouger ?

    S.A. : Oui, il faut se battre jusqu’au dernier moment. Les suppressions de divisions sont actées, mais les effectifs réels peuvent obliger à revoir certaines décisions. La première semaine, on va intervenir partout où il faudra obtenir des créations de classes. Le problème, c’est que beaucoup d’arbitrages ont déjà été faits en juin ou juillet. C’est au moment où les élèves arrivent réellement dans les établissements que certaines situations deviennent intenables : une division qui manque, des inscriptions impossibles ou des classes beaucoup plus chargées que prévu. Le syndicat compte donc utiliser les remontées des établissements dès les premiers jours pour réclamer des ajustements.

  • La rentrée frappée par des fermetures de classes

    La rentrée frappée par des fermetures de classes

    « Avez-vous le chiffre des fermetures de classes cette année et à venir, notamment en milieu rural ? À cette question posée, mardi 25 août à Paris, lors d’une rencontre avec des titres de la presse régionale (La Marseillaise n’a pas été conviée), le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a préféré botter en touche. « Pour cette rentrée, nous avions tablé sur 150 000 élèves de moins. En fait, c’est 161 000 élèves de moins dans le système éducatif à la rentrée. Nous sommes à peine à 11,6 millions d’élèves contre 12,3 millions en 2017. Nous sommes sur une baisse démographique majeure. Moi, je ne veux pas qu’un maire découvre en mars ce qu’il fait en septembre. » Pour la précision de la réponse, on repassera. Les chiffres sont pourtant connus, département par département, commune par commune. Et le constat est sec : la baisse de la démographie sert de prétexte au gouvernement pour faire des économies budgétaires.

    Dans les départements du Gard et de l’Hérault, en cette veille de rentrée scolaire, mardi 1er septembre pour les élèves (la veille pour les enseignants), les suppressions de classes dans le premier degré (maternelle et primaire) se comptent par dizaines. Le Gard perd 58 classes pour seulement 15 ouvertures. Le département voisin de l’Hérault paie le prix fort avec 100 classes fermées pour seulement 60 ouvertures. 20 postes d’enseignants sont aussi supprimés.

    Les directeurs académiques des services de l’Éducation nationale, les Dasen, appliquent les directives du ministère et les rencontres avec les syndicats au sein des CSA (comités sociaux d’administration) se sont considérablement tendues au fur et à mesure que les projets de suppressions de classes se confirmaient.

    Pour le SNUipp de l’Hérault, principal syndicat dans le premier degré, « les syndicats font l’amer constat que ce sont des écoles de même profil, dans les mêmes quartiers, qui sont impactées par ces décisions injustes, sans prendre en compte les difficultés du terrain. Ce qui exacerbe le sentiment d’iniquité ressenti par les habitants et les collègues. » Dans le Gard, la quasi-totalité des syndicats a voté fin juin contre les 58 fermetures de classes dont 20 classes en éducation prioritaires, près de la moitié d’entre elles étant situées à Nîmes, détaille le Syndicat des enseignants Unsa. « La parole des parents et des organisations syndicales représentant les personnels n’est pas entendue » renchérit le SUipp34.

    Dans ce contexte, les résultats du dernier baromètre du Syndicat des enseignants Unsa n’ont rien d’étonnant. Ils sont ainsi trois sur quatre à se déclarer inquiets sur leur avenir, et 71% ne se sentent ni respectés ni reconnus dans l’exercice de leur métier, selon cette enquête à laquelle ont répondu plus de 42 000 agents et rendue publique à la veille de la rentrée.

    « Le salaire, fatigue majeure des personnels »

    « Ça dit quelque chose de très important de la défiance qui s’est installée entre les personnels et entre les politiques éducatives qui ont été conduites ces dernières années », souligne la secrétaire générale du syndicat enseignant, Élisabeth Allain-Moreno. « Le salaire est devenu la fatigue majeure des personnels de l’Éducation nationale », ajoute Julie Duhamel, secrétaire nationale du SE-Unsa. Pour 48% des répondants, le mot qui vient spontanément à l’esprit lorsqu’ils pensent à leur travail est celui de « salaire », soit une hausse de 14 points par rapport à 2024. « Pour nombre d’entre eux, le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement de son métier », a-t-elle déploré. Le syndicat réclame une revalorisation générale des rémunérations, plutôt qu’un recours accumulé aux primes qui ne rentrent pas dans le calcul de la retraite. Pour Élisabeth Allain-Moreno, le malaise est le résultat de choix politiques accumulés depuis plusieurs années. « Le désengagement du gouvernement dans le service public » depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017 « à des conséquences dramatiques », a-t-elle jugé.

    Chère cantine à Béziers

    Alors que l’État met fin à l’expérimentation de l’uniforme à l’école, le maire d’extrême droite de Béziers le généralise au frais des Biterrois. En revanche, dénoncent les communistes, Robert Ménard n’a pas vanté la hausse des tarifs de la cantine de 20cts par repas. « C’est un coup dur pour les familles les plus précaires. » Le PCF demande l’annulation de la mesure et la création d’un échelon de gratuité « pour les familles les plus modestes. »

  • Lycées : la Région poursuit sa quête de l’égalité des chances

    Lycées : la Région poursuit sa quête de l’égalité des chances

    « Protéger plutôt que laisser faire. Investir plutôt que subir. » Même si l’État a une nouvelle fois fait faux bond à la Région Occitanie (un demi-milliard d’euros d’enveloppe en moins), la majorité de Carole Delga (PS) a fait le choix de maintenir l’éducation comme priorité. Et ce afin de « permettre à chaque enfant, quelles que soient ses origines sociales, sa couleur de peau, de pouvoir rêver en grand, choisir son destin », insiste la présidente.

    Pour tendre vers « l’égalité des chances », il faut encore agir en faveur du pouvoir d’achat. Avec 74 millions d’euros (ME) injectés, l’Occitanie conserve, selon Carole Delga, « la rentrée la moins chère de France ». En dépit de difficultés d’approvisionnement et d’un surcoût (9 ME), l’ordinateur portable reste gratuit, de même que les manuels scolaires, les premiers équipements des apprentis et les formations aux premiers secours. L’aide à la licence sportive UNSS est maintenue à 15 euros et celle à la lecture passe de 15 à 20 euros dans les librairies indépendantes. Pour cette rentrée, l’aide à la cantine pour les familles en difficulté augmente même de 20%. Si l’on ajoute l’aide aux vélos (200 euros) pour les boursiers de seconde, les transports scolaires gratuits et la gratuité à l’usage des trains et cars Lio pour les 12-26 ans, on atteint le millier d’euros économisés pour chacun des 231 000 lycéens.

    Plan de prévention contre le protoxyde d’azote

    Contre l’assignation à résidence et le déterminisme social, la Région met aussi les moyens pour « une orientation choisie et non subie ». La plateforme « ID stages », propose à 31 000 jeunes 8 300 offres de stages. Dans les 13 départements, les salons « ID métiers » ont sensibilisé 27 000 collégiens de 4e et 3e. « 70% des jeunes ont découvert un métier dans ces salons », se félicite le vice-président Kamel Chibli. 28 000 jeunes ont été accueillis dans une maison d’orientation mobile.

    Dans le cadre de son grand plan « Occitanie résiliente » qui vise à faire de l’Occitanie la première région à énergie positive d’Europe, la majorité poursuit ses actions de rénovation et sécurisation de ses établissements scolaires. Les travaux pour l’inclusion et la rénovation énergétique avancent bien. « On est quasiment au bout de l’accessibilité de nos bâtiments », confirme K. Chibli, qui évoque une « sécurisation pragmatique, pas dogmatique » à base de tourniquets, d’accès via la carte jeunes et de caméras de vidéosurveillance. 10 ME ont été débloqués pour faire face à la canicule (brasseurs d’air, films anti-UV sur les fenêtres, protection solaire, isolation thermique…). « On n’a pas attendu d’être reçus par le ministre pour agir. »

    Enfin, Carole Delga est déterminée à poursuivre « la lutte contre toutes formes de discrimination ». Désormais, s’ajoute le combat contre le protoxyde d’azote, véritable fléau. Après concertation avec le Rectorat, un grand plan de prévention sera présenté à l’automne. S’ensuivra une campagne de sensibilisation avec un kit d’action pour les maires et les professionnels de l’éducation.

    Un nouveau lycée à Cournonterral

    Ce sera le 11e à sortir de terre depuis 2016 !

    Jeudi 10 septembre sera inauguré, en présence d’Élisabeth Badinter le lycée Élisabeth et Robert Badinter de Cournonterral, à l’ouest de Montpellier. Sur une surface de 17 200 m² et un site de 6ha, ce lycée à énergie positive accueillera 1 400 élèves et 130 agents. Le coût (52 ME) financé par la Région a été gonflé de 6 ME en raison de procédures environnementales. « Ça a été un lourd combat qui nous a retardés 2 ans », souffle Carole Delga.