Tag: bibliothèques

  • Vingt ans, le plus bel âge de la vie des Archives

    Vingt ans, le plus bel âge de la vie des Archives

    La Marseilloise, avec une Une particulière : « Jul, nouveau maire de Marseille, lance les JO 100% phocéens ! » À l’occasion des 20 ans des Archives et Bibliothèque départementales (ABD), plusieurs événements ont été organisés mardi, lançant des animations qui se poursuivront durant le mois de juin. Parmi eux, une restitution d’un projet d’éducation artistique et culturelle, réalisé par des collégiens de la cité scolaire Jacques-Chirac et André-Chénier.

    « Cette image est vraie ou fausse ? », demande un collégien qui présente une installation en forme de bateau, nommée CTRL+S, rempli de fausses informations. Durant l’année, les élèves ont réalisé un travail autour de notions du vrai et du faux et de thématiques liées à la mémoire, illustrant la manière dont les archives peuvent aborder des problématiques actuelles. « L’idée était d’ancrer les archives dans la réalité, le monde présent », souligne Marie-Claire Pontier, directrice des Archives. Le projet, porté par le Département et l’association Planète émergences, a fait appel à Germain Prévost, artiste plasticien, pour encadrer les élèves. « J’ai voulu transformer le bâtiment des Archives en bateau, car vu d’au-dessus, il a une forme de coque », sourit l’artiste. « L’objectif était d’apprendre à comment naviguer sur un océan qui serait Internet, avec son flux d’informations, et comment gérer ce que les jeunes voient sur les réseaux sociaux », développe-t-il. Driss, élève de 3e, a participé à l’élaboration du « navire ». « Je pense que c’est un projet important, on voit de plus en plus de fake news, surtout avec l’augmentation de l’utilisation de l’IA sur les réseaux sociaux », explique-t-il.

    Préserver la mémoire

    Autre temps fort, une frise photographique « 20 ans des ABD » déroulée sur le mur extérieur du jardin de la lecture, présentant le quartier d’Arenc avant Euroméditerranée, avec la construction du bâtiment et l’histoire du quartier, qui était à l’origine dans une friche industrielle. « Ce bâtiment est emblématique, c’était une première en France. Il part d’une volonté du Département d’installer deux compétences dans une même structure », note Marie-Claire Pontier. Des espaces habituellement fermés au public sont également ouverts, une manière de mettre à l’honneur l’architecte du bâtiment, Corinne Vezzoni.

    « Préserver et transmettre nos archives, c’est faire vivre notre mémoire collective et la rendre accessible à tous », rappelle Martine Vassal, présidente (DVD) du Département des Bouches-du-Rhône.

    Germain Prévost partage cette idée : « Il y a une réelle importance des lieux comme les Archives, qui sont des garants de l’information, un sanctuaire des rôles de l’histoire, permettant de préserver la démocratie », déclare-t-il.

    « Vous pourrez venir voir vos travaux quand vous serez plus grands ! », lance la directrice des Archives aux élèves. Les documents des collégiens seront rangés et conservés dans les 14 kilomètres de rayonnage, aux côtés des 415 000 archives des Bibliothèques départementales.

    Programme sur archives13.fr

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À l’Alcazar, le bureau et les tableautins de Louis Brauquier

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À l’Alcazar, le bureau et les tableautins de Louis Brauquier

    On lui préférera, tranquillement solaire, le miracle de la toile peinte au même endroit qui figure sur la lucarne de cette chronique. Ce qui se donne derrière les deux fenêtres, c’est presque un jeu d’enfant, un miséricordieux moment de passé-présent. Le dehors et le dedans ne s’interrompent pas. On retrouve immédiatement en deux miniatures, sans gel, sans mélancolie ni froidure, les petits pans de mur et les architectures du paysage de l’ancienne rive.

    Sur les notices de cette vue du second étage du 17, du quai Rive-Neuve, on apprend que ce tableau fut peint entre juin et octobre 1956 : commencé à Marseille depuis l’immeuble qui abrite aujourd’hui le Théâtre Badaboum, achevé pendant l’automne depuis Alexandrie. Dans cette occurrence, Brauquier dont le style exotique et minutieux avoue d’ordinaire son étroite connivence avec Gauguin ou bien avec le Douanier Rousseau, s’empare de références à la fois intimes et avant-gardistes. Les couleurs du carrelage et la géométrie de son tapis, la savoureuse sobriété du mobilier et du décor, le repos de son épouse Geotte qui lit un livre peuvent être rapprochés des bonheurs d’expression d’Henri Matisse, par exemple pendant sa période de l’Intérieur aux aubergines vécue à Collioure en 1911.

    Louis Brauquier (1900 – 1976) avait coutume de dire qu’il devint très tard « un jeune peintre ». Un courrier adressé à Gabriel Audisio date d’avril 1953 sa décision. Cet autodidacte, ce peintre du dimanche ne fit pas de grands progrès. Il ne s’acharna pas vraiment. Il comprit très vite que « c’était passionnant et difficile ».

    Au troisième étage de la Bibliothèque de l’Alcazar, on peut découvrir cette toile dans le vrac d’un petit sanctuaire aménagé selon les directives de sa sœur Eugénie Brauquier, décédée en octobre 2003, la reconstitution à la fois dérisoire et attachante du bureau-atelier de son dernier appartement, situable au 367, avenue du Prado. Louis Brauquier parlait de cet espace comme s’il s’agissait d’un grand musée d’Espagne.

  • L’œuvre de Sacha Guitry, « génie » de la comédie, à Aix

    L’œuvre de Sacha Guitry, « génie » de la comédie, à Aix

    S’il a fait preuve d’une rance complaisance vis-à-vis du régime de Vichy (comme tant d’autres), réalisant notamment en 1942 l’album et le film De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain, ou encore inculpé d’« intelligence avec l’ennemi », avant d’obtenir un non-lieu, Sacha Guitry (1885-1957) n’en demeure pas moins un « génie », indique un cycle que l’Institut de l’image initie du 4 au 28 juin. Délocalisé à l’École supérieure d’art d’Aix en raison des travaux à la bibliothèque Méjanes, un cycle de huit films illustrant le fait que Guitry « n’aura peut-être pas été le plus grand cinéaste français (encore que !), mais il en est assurément le plus important, celui qui incarne le plus sa spécificité, sa couleur, ses possibles ». Des mots du réalisateur Nicolas Pariser, repris dans le programme.

    Humour noir

    Parmi les films projetés, Le roman d’un tricheur (1936). Loué des années plus tard par Orson Welles, qui a confié s’être inspiré de son utilisation de la voix off et des flash-back pour Citizen Kane, une comédie à la drôle de morale dont l’une des séances sera présentée, le 13 juin, par le distributeur des Acacias, Jean-Fabrice Janaudy. Et ce, juste après la diffusion de Faisons un rêve, comédie de mœurs avec Raimu au casting. Que dire encore de La Poison, comédie noire autour d’un féminicide avec Michel Simon dans le rôle du meurtrier, que Guitry avait réalisé en 1951 pour « régler ses comptes avec la justice française après ses démêlés judiciaires à la Libération », écrit la Cinémathèque française.

  • Daniel Pennac à la rencontre des jeunes de la Busserine

    Daniel Pennac à la rencontre des jeunes de la Busserine

    Le temps d’une rencontre, la bibliothèque du Merlan prend des allures de salle de conférences où des doigts levés s’érigent tels des fusées. Face à des rangées d’enfants du quartier du Grand Saint-Barthélemy, Daniel Pennac. Cet auteur, « le plus grand écrivain du monde » d’après un des enfants, a été sollicité par le comité Mam’Ega pour échanger sur deux de ses œuvres, Kamo et Moi et L’Œil du loup.

    Créations artistiques

    Pour l’occasion et à l’initiative du comité, deux classes de l’école élémentaire de la Busserine ainsi que les collégiens du collège Pythéas ont produit des travaux mêlant podcast, art plastique, vidéo et lecture autour de ces deux livres.

    La rencontre a pour ambition de donner le goût de la lecture aux jeunes, de stimuler leur créativité et surtout d’encourager la fréquentation des lieux culturels. Ali Akroun, directeur de la bibliothèque, se félicite de l’événement qui traduit l’engagement du lieu : « C’est important que des rencontres comme celle-ci se passe parce que ça permet de mettre en lumière notre travail mené à l’année : rendre la culture accessible à tous ». Les enfants attentifs du début jusqu’à la fin semblent eux aussi sensibles à cette démarche. Kaïm s’exclame devant le reste de la classe : « Il est rigolo Pennac, ça m’a donné envie d’écrire ! »

    Vincent Schneegans, avocat et président de l’association Des livres comme des idées, est à la genèse de cette rencontre. Ancien élève de Daniel Pennac, il lui a présenté le livre de Françoise Ega, alias Mam’Ega, qu’il a par la suite préfacé.

    L’héritage de Mam’Ega

    Pour l’avocat, il y a un devoir de faire vivre la mémoire de l’autrice : « Tout part du livre de Mam’Ega parce que c’est son héritage ce quartier et qu’elle mérite d’être connue ». Daniel Pennac a eu une véritable rencontre littéraire avec son œuvre alors « tout ce qui touche à son univers me plaît et ça me fait plaisir d’être ici », affirme-t-il. Plus largement c’est la rencontre avec les enfants qui l’anime : « Les enfants c’est la vie vivante » Pour son fils, Jean Marc Ega, faire vivre la mémoire de sa mère, c’est entretenir une figure de proue dans leur travail associatif : « Elle et comme beaucoup de femmes nous permet de mettre en avant la culture dans notre quartier en mutation. C’est par ce biais qu’on s’ouvre au monde. C’est en joignant les histoires et les mémoires qu’on crée la rencontre entre les personnes. Cet esprit d’ouverture, c’est l’héritage de Mam Ega ».

  • À Aix, ces écrivains en herbe lauréats du prix littéraire

    À Aix, ces écrivains en herbe lauréats du prix littéraire

    Quelque 800 lycéens et apprentis de la région se sont rejoints, ce mardi, dans la salle de concert d’Aix-en-Provence pour la 22e édition du Prix littéraire. Dans la catégorie Roman, Gabriella Zalapi a été sacrée lauréate pour son ouvrage intitulé Ilaria. Quant au prix du scénario et du dessin, il a été remis à Djilian Deroche et son camarade Eldiablo pour leur bande dessinée. Enfin, cinq autres élèves, issus des lycées de Marseille, Aix-en-Provence, Toulon et Manosque ont été récompensés dans les catégories « jeunes ». « Félicitations aux huit lauréats de cette 22e édition, dont les travaux reflètent une belle créativité et une vraie sensibilité artistique », indiquent les représentants de la Région Sud, qui accompagne le dispositif avec l’Agence régionale du livre.

    Transmission culturelle

    Tous les ans depuis 2004, établissements scolaires, librairies et bibliothèques s’allient pour sensibiliser aux activités et aux métiers de la filière du livre. Cette année, 26 établissements se sont engagés pour participer à cette transmission des pratiques artistiques. La volonté, donc, de « rendre la culture plus accessible », précise la Région, en « développant le plaisir de la lecture » chez les lycéens et apprentis. Le concours vise à pousser les jeunes à s’intéresser à l’art en leur proposant d’écrire mais aussi de créer. Ainsi, lors de cette cérémonie quelques-uns des jeunes jurés ont pu présenter leurs ateliers artistiques.

  • L’ouverture dominicale de la bibliothèque d’Avignon trouve ses adeptes

    L’ouverture dominicale de la bibliothèque d’Avignon trouve ses adeptes

    Depuis le 21 septembre, la bibliothèque Renaud-Barrault ouvre ses portes au public les dimanches après-midi, de 14 à 18 heures. Selon les premières données recueillies, 155 personnes en moyenne s’y rendent, chaque fin de week-end.

    « Pour nous, c’est un succès », se réjouit Bernard Autheman, conseiller municipal délégué aux bibliothèques, aux musées et à la culture provençale. Tout en assurant que ce chiffre-là « est en augmentation depuis novembre », l’élu insiste sur l’importance « d’avoir un équipement culturel ouvert le dimanche après-midi dans un quartier politique de la ville nous paraît essentiel », la bibliothèque étant située sur la rocade Charles-de-Gaulle. Chaque semaine, jusqu’à 1 300 personnes fréquentent l’établissement.

    S’appuyant sur une étude menée avec un étudiant en sciences politiques, fondée sur un questionnaire auquel 300 personnes auraient répondu, l’élu souligne que le public est majoritairement familial : environ 60% d’adultes et 40% d’enfants. Les femmes représenteraient deux tiers des usagers et un tiers des visiteurs ne viendrait que le dimanche. Comme quoi le rendez-vous a déjà trouvé ses adeptes.

    Un projet prolongé ?

    Comme annoncé lors de sa mise en place, le choix de la bibliothèque Renaud-Barrault plutôt que d’autres établissements, comme Ceccano en intra-muros, est assumé. « Avignon est une des rares villes à avoir un tel lieu dans un quartier prioritaire. Pour nous, c’est un lieu de vie culturelle, sociale et éducative. L’occasion de réunir tous les acteurs et les habitants », insiste Bernard Autheman. Depuis la réouverture du site fin 2024, plus de 1 000 personnes supplémentaires se sont inscrites à la bibliothèque. Un quart des prêts de documents sont également effectués à Renaud-Barrault.

    La mise en place d’une permanence avait notamment été décidée lors du conseil municipal du samedi 29 novembre dernier. Le projet avait suscité des interrogations chez les syndicats d’agents territoriaux, qui évoquaient une mise en place « sans concertation réelle ». Les permanences sont donc effectuées de façon équitable entre les agents du service. Les demi-journées dominicales travaillées sont également majorées.

    L’année en cours constitue une phase d’expérimentation de cette ouverture dominicale. « La culture et l’éducation sont essentielles à la vie démocratique et cette action est prioritaire », glisse le conseiller municipal qui, ne figurant sur aucune liste aux prochaines élections municipales, ne sera plus dans l’organigramme de la municipalité d’ici quelques semaines. Il espère que cette action sera « prolongée et amplifiée » par le ou la futur(e) maire de la Cité des Papes. À bon entendeur… ou lecteur.

  • Carte blanche à un plasticien à l’Inguimbertine

    Carte blanche à un plasticien à l’Inguimbertine

    Artiste plasticien originaire de Carpentras, René Guiffrey expose ses œuvres avec « Les fragments de rétrospective » à voir à la bibliothèque-musée Inguimbertine de la ville à partir de ce dimanche et jusqu’au 26 avril.

    Plus de cinquante ans de travail s’y trouvent condensés et réunis autour d’une démarche expérimentale, ayant pour fil conducteur la lumière que l’artiste explore au travers du blanc et de la transparence.

    Au total une centaine d’œuvres sont installées dans l’Hôtel-Dieu, un monument du XVIIIe siècle dont l’architecture répond à un souci aériste en multipliant les entrées d’air et de lumière, le tout dans de vastes salles aux murs historiquement blanchis.

    Jouer avec la lumière

    Ainsi, à travers différents supports et techniques allant de la peinture sur toile à la sculpture en passant par le verre, le vitrail ou encore la céramique, René Guiffrey joue à la fois sur les surfaces, les couleurs et les formes qui accrochent la lumière différemment en fonction des saisons mais aussi des différentes heures de la journée provoquant ce qu’il aime à qualifier d’« instabilité déroutante ».

    Autour de cette exposition, des conférences vont être organisées. Une première le 7 février en présence du plasticien et la seconde le 18 avril autour du travail de Pierre Soulages.

    Infos et réservations ici sur le site internet de l’Inguimbertine.

  • Explorations des paysages dans les bibliothèques

    Explorations des paysages dans les bibliothèques

    Quatre-vingt-dix auteurs et artistes donnent rendez-vous jusqu’au 14 février dans 70 bibliothèques de la Métropole. Une démesure au diapason d’un thème aux évocations infinies, intitulé « Sur les chemins ». « La possibilité d’admirer différents paysages culturels : performance vocale, projection, exposition, spectacle pour susciter la curiosité des petits et grands », écrit dans un édito la présidente de la Métropole. Top départ mardi, avec « Sur la route de l’exil » à la médiathèque Jean-Claude Izzo de Châteauneuf-les-Martigues. Visible jusqu’à la fin du mois, une exposition du plasticien Peshawa Mahmood, qui raconte avec cette mosaïque son trajet d’Irak jusqu’à Marseille.

    « Flânerie »

    Autre parcours à l’œuvre, du côté de Pertuis, à la médiathèque les Carmes, « Vérité en deçà… et au-delà », du photographe Sébastien Normand. « Guidé par des cartographies et s’inspirant du pyrénéisme, mouvement du XIXe alliant arpentage sportif et création artistique », indique le programme, il « interroge les émotions suscitées par les reliefs des Pyrénées ».

    Parmi d’autres propositions imminentes, la création de Rossinante, magazine d’expéditions et autres cartes postales auxquels contribueront le 21 janvier à 15h, les minots de la médiathèque Salim-Hatubou, à Marseille, ou encore une rencontre littéraire avec Jean-Christophe Bailly, auteur prônant « la flânerie comme manière de faire l’expérience vivante et concrète de la ville », le 23 janvier à la bibliothèque les Méjanes, à Aix.

  • Un trésor de 1460 fait son retour à Avignon

    Un trésor de 1460 fait son retour à Avignon

    « Livre d’heures d’Hélary-Laudun. » Sur le papier, ou plutôt le parchemin, le titre de cet ouvrage n’est pas très vendeur. Et pourtant, il s’est vendu 93 500 euros, financé à moitié par la Ville et l’État. Un prix hors norme pour un ouvrage qui l’est tout autant et qui vient d’enrichir le patrimoine avignonnais, en l’occurrence la bibliothèque Ceccano et ses 200 000 documents. Il s’agit d’un manuscrit médiéval, enluminé à Avignon autour de 1460, et dans un remarquable état de conservation. « Je suis trop contente », se réjouit Karine Klein, conservatrice des bibliothèques. « Depuis 13 ans que je suis là, c’est la plus belle acquisition », poursuit-elle. « Quand je l’ai reçu, j’ai appelé toute l’équipe pour qu’on le déballe ensemble », raconte la responsable des fonds patrimoniaux. D’une dimension de 180×127 mm, l’ouvrage de 460 pages est conservé dans un boîtier datant, lui, plutôt du XVIIIe siècle.

    Arrivé comme une lettre

    à La Poste

    Plus de 560 ans plus tard, le manuscrit retrouve donc sa terre natale et le giron public. Impossible de remonter la trace de son histoire au-delà de 1968. Le manuscrit était propriété d’une librairie spécialisée américaine à New-York. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il est arrivé à Avignon classiquement par La Poste… « On avait le stress en se disant, pourvu qu’il ne se perde pas », redoutait Karine Klein. Très régulièrement, la conservatrice scrute les catalogues de vente spécialisées ou les ventes aux enchères pour faire l’acquisition d’une dizaine de documents par an liés à l’histoire d’Avignon. « J’avais déjà fait d’autres dossiers qui n’ont pu être suivi financièrement mais la ténacité a payé », se réjouit-elle, saluant le geste du libraire : « Au départ le prix était de 120 000 dollars et il a fait un effort car le manuscrit revenait à Avignon. » Et la matière est potentiellement abondante, Avignon ayant été à partir du XVIe siècle un haut lieu d’imprimerie. Auparavant, « il y a eu tout autour de la cour pontificale des enlumineurs, des copistes qui a donné lieu à la naissance d’un courant d’enluminure, l’école d’Avignon, très peu conservé ici », retrace Karine Klein.

    Le fameux manuscrit nouvellement propriété de la Ville est un recueil « en latin de prières de dévotion féminine, on se demande si ce n’est pas la commanditaire, qui a elle-même choisi les prières et les a agencées », se questionne la responsable des fonds patrimoniaux. Les enluminures et feuilles d’or ont encore leurs couleurs éclatantes. « On est sur des pigments naturels et pas chimiques, qui se conservent très bien dans le temps », note-t-elle. Quelques rares historiens de l’art vont certainement se presser à la bibliothèque Ceccano pour enrichir les savoirs sur le rite cistercien ou l’école d’Avignon.

    Mais, reconnaît volontiers Karine Klein, « pour le grand public, ça n’a pas vraiment d’intérêt, ce qui est intéressant en revanche pour la ville d’Avignon, c’est l’histoire de l’objet plus que son contenu ». Le manuscrit pourrait être présenté au public l’an prochain au cours du rendez-vous « Admire ton patrimoine ». « Le public ne vient pas de lui même voir un manuscrit médiéval en latin, on monte des opérations de médiation pour valoriser ce patrimoine », projette Camille Espinasse, responsable de ce secteur.

  • Patrick Casse reconnu coupable de harcèlement moral

    Patrick Casse reconnu coupable de harcèlement moral

    Un an de prison avec sursis, trois ans inéligibilité et 5 000 euros d’amende. Le tribunal judiciaire de Marseille a condamné mardi, Patrick Casse, cadre retraité des bibliothèques de Marseille et délégué du puissant syndicat Force ouvrière. L’homme était accusé de harcèlement moral par Patrick Chagny, directeur du réseau de la ville 2019 et 2023. 17 parties civiles s’étaient constituées à l’occasion de ce procès ayant donné lieu à une audience fleuve de 14 heures, début novembre. Quatre seulement ont été jugées recevables, dont le syndicat CGT qui n’avait pas formulé de demande indemnitaire.

    Dans cette condamnation qui n’est pas celle de la cogestion des bibliothèques et des ressources humaines par le syndicat et la Ville, notera le présidente du tribunal, Patrick Casse a été relaxé sur le plan de l’abus de pouvoir. Le magistrat a considéré que cet élément n’était pas établi par des comparaisons statistiques.

    Cela concerne notamment Raymond Romano, délégué CGT, qui estimait son avancement de carrière à l’arrêt en raison de son opposition syndicale. Si de nombreux faits ont été écartés car situés en dehors de la période de prévention, Patrick Casse est condamné pour ses ingérences dans d’autres services, dont le service jeunesse et pour son comportement inadapté dans le cadre de relations de travail, en lien avec trois agents de l’Alcazar.

    Le tribunal considère en revanche que l’opposition à Patrick Chagny pouvait être perçue comme étant lié à ses fonctions syndicales et que la liberté syndicale lui permettait donc certains comportements. Déclarée recevable, la constitution en partie civile de Patrick Chagny a été rejetée à l’état de la relaxe, comme celle de Raymond Romano.