Tag: Vincent Bouget

  • Trottinettes à Nîmes : la phase de prévention se poursuit

    Trottinettes à Nîmes : la phase de prévention se poursuit

    « Nous avons réalisé des centaines de sensibilisations », détaille Nicolas Nadal. L’adjoint à la sécurité à Nîmes se félicite également du lien créé, avec cette phase de prévention, entre les policiers municipaux et la population, loin du tout répressif parfois en vigueur dans d’autres métropoles. Si cette phase devait prendre fin début septembre, elle est finalement prolongée d’un mois, au moins jusqu’à la fin de la feria des Vendanges. « Les étudiants sont partis travailler durant l’été donc nous voulions leur rappeler aussi les règles pour qu’ils ne passent pas une partie de l’argent qu’ils ont gagné cet été dans des amendes », explique Nicolas Nadal.

    L’objectif reste aussi d’informer les utilisateurs de trottinettes qui n’ont jamais reçu de formation avant d’enfourcher leur véhicule électrique. D’autant que les règles ont été durcies à Nîmes : tous les utilisateurs doivent désormais porter un casque et une partie du centre-ville est interdite à la circulation des trottinettes. « Pour l’instant, les automatismes ne sont pas là. Le port du casque n’est pas systématique mais le fait de les sensibiliser est plutôt apprécié de la population. C’est une phase pédagogique où nous avons réalisé des opérations chaque semaine avec des policiers qui rappellent la philosophie autour du port du casque, qui rappellent qu’il faut assurer le véhicule et respecter les zones où ils peuvent circuler. On voit que les règles de conduite : le téléphone, les écouteurs, le sens interdit, sont plutôt méconnues donc le rappel effectué par les policiers est bien accueilli. Nous avons aussi saisi des véhicules qui avaient été débridés car c’est formellement interdit. Bien sûr ce n’est pas gagné, mais nous constatons déjà que de plus en plus de casques apparaissent dans la ville », s’enthousiasme l’élu, qui est également officier de sapeur-pompier.

    Une loi en préparation

    L’élu socialiste a également constaté que les règles étaient moins respectées lorsque la nuit commençait à tomber. Il a donc décidé d’engager en septembre des actions de prévention plus tard dans la journée. « Nous avons fait une très grosse campagne de communication en recouvrant notamment tous les panneaux de la ville. Ce n’est pas possible qu’un Nîmois ne l’ait pas vue. Sur toute la zone interdite aux trottinettes, nous avons aussi mis des panneaux à l’entrée de chaque rue », ajoute Nicolas Nadal. Les élus n’excluent pas non plus d’imposer le port du gilet à haute visibilité, comme c’est le cas à Paris.

    Nicolas Nadal annonce également qu’un projet de loi va être proposé aux parlementaires par la Ville de Nîmes et son maire Vincent Bouget (PCF) pour imposer à tous les utilisateurs de trottinettes électriques le port du casque : « Plusieurs villes imposent le port du casque mais c’est tout de même un vrai problème et c’est pour cela que nous aimerions porter ce projet de loi au niveau national ».

  • Fabienne Decottignies : une nouvelle préfète face aux défis gardois

    Fabienne Decottignies : une nouvelle préfète face aux défis gardois

    Sous le soleil lourd du 17 août, le cérémonial a ouvert le bal. Gerbe déposée au monument aux morts du square du 11-Novembre à Nîmes, salut aux autorités civiles et militaires, Marseillaise : Fabienne Decottignies a officiellement endossé les habits de préfète du Gard. À bientôt 55 ans, l’ancienne préfète de la Nièvre succède à Jérôme Bonet, parti en Haute-Savoie, et devient la 83e préfète du département, la deuxième femme à occuper cette fonction après Marie-Françoise Lecaillon.

    Quelques heures plus tard, changement de décor. Dans son bureau, la Nordiste d’origine expose sa méthode, avec un mot qui revient : le terrain. « Un préfet, c’est un géographe », glisse l’historienne de formation. « Il va sur le terrain, il ne reste pas dans son bureau. » Une façon de dire qu’elle entend apprendre le Gard par ses routes, ses communes et ceux qui les font vivre. « Mon but, ce n’est pas d’être la préfète de Nîmes. Je suis préfète du Gard. »

    Le territoire, elle le connaît encore par touches : le Grau-du-Roi, la Camargue, Nîmes et sa Maison Carrée, découverts lors de séjours personnels. Mais cette fois, pas question de regarder le Gard avec des yeux de vacancière. « Je ne viens pas en touriste », prévient-elle. Il faudra en saisir les contrastes, des Cévennes à la Petite Camargue, des quartiers populaires aux terres viticoles, comprendre ses fractures comme ses forces : « Pour pouvoir servir les citoyens du Gard, il faut les connaître. »

    Désormais, il s’agit donc d’en saisir les besoins. Avant le 1er septembre et la période de réserve liée aux sénatoriales, elle veut multiplier les rencontres avec élus, entrepreneurs, associations et citoyens. Dès sa prise de fonctions, elle s’est entretenue avec le maire de Nîmes, Vincent Bouget, et avait déjà pris contact avec celui d’Alès, Christophe Rivenq. Elle a également demandé aux sous-préfets de lui faire découvrir leurs arrondissements, histoire de ne pas laisser la préfecture devenir son unique poste d’observation.

    « Être au cœur de l’action »

    Son parcours lui offre quelques boussoles. Onze années à la Direction générale de la santé, marquées par la canicule de 2003 et la grippe H1N1, puis le ministère de l’Intérieur, la sécurité civile, la préfecture de police de Paris, l’Oise, le Nord et enfin la Nièvre. « Nous sommes tous bâtis par l’expérience », résume-t-elle. Une succession de crises, de territoires ruraux ou urbains et de responsabilités qui lui permet aujourd’hui de revendiquer une « fine connaissance de la gestion de crise ».

    Dans le Gard, celle-ci pourrait vite être mise à l’épreuve : incendies, inondations, épisodes cévenols, tensions autour de l’eau, pauvreté, agriculture fragilisée ou narcotrafic. « Le Gard, c’est presque la concentration de tous les risques naturels possibles », constate-t-elle. Un territoire où la décision préfectorale peut, à certaines heures, se jouer dans l’urgence d’un feu qui progresse ou d’une rivière qui monte. Sur l’eau, la nouvelle préfète ne cache pas son inquiétude. « Si l’on veut éviter la guerre des usages, il faut y travailler maintenant. C’est pour moi un sujet capital. » Face aux risques naturels, elle promet d’« écouter ceux qui savent » : pompiers, ONF, élus locaux.

    Reste la méthode. Fabienne Decottignies revendique « beaucoup d’humilité », mais aussi le goût de l’action. « Mon rôle est de mettre tous les services de l’État autour de la table », affirme-t-elle, pour éviter les fonctionnements en silo et « la suradministration ». Elle veut aussi faire remonter à Paris les réalités d’un département qui ne peut se résumer à des notes administratives. Dans un Gard où les dossiers brûlent parfois aussi vite que la garrigue, la nouvelle préfète veut commencer par écouter. Puis décider. Et surtout « aller dans les communes ».

  • Nîmes : la feria Vendanges promet le grand frisson

    Nîmes : la feria Vendanges promet le grand frisson

    À la fin de l’été, tandis que la pierre blonde des arènes retiendra encore la chaleur, Nîmes remettra ses habits de feria. Du 18 au 20 septembre, cinq rendez-vous taurins composeront les Vendanges 2026, entre grandes figuras, jeunes pousses et paris audacieux. Dévoilés le 20 juillet, les cartels veulent mêler prestige, transmission et attachement à l’amphithéâtre.

    La Corrida Carmen ouvrira le bal vendredi à 17h30. Après une première édition remarquée en 2025, ce rendez-vous entre art et tauromachie revient avec un mano a mano de haute volée entre Alejandro Talavante et Andrés Roca Rey. Les deux maestros affronteront des toros de Jandilla, Victoriano del Río et El Freixo, dans un décor confié à Muriel Goro. Installée à Lunel, la peintre, céramiste et sculptrice a puisé dans la Camargue et les couleurs méditerranéennes pour habiller cette corrida que Simon Casas rêve d’installer comme un emblème nîmois.

    « Nîmes est une plaza à part »

    Samedi matin, la relève entrera en piste. Mario Vilau, Manuel Quintana et Clovis, vainqueur de la Cape d’Or à Pentecôte, se mesureront aux novillos des Hermanos Sandoval, présentés pour la première fois en France. L’après-midi, le public retrouvera trois toreros familiers des tendidos nîmois : Sébastien Castella, José María Manzanares et Tomás Rufo, face aux toros de García Jiménez.

    Mais le pari le plus spectaculaire attendra dimanche matin. À seulement 18 ans, Marco Pérez affrontera seul six toros de différents élevages. Une encerrona qui place le jeune Espagnol dans les pas des grands noms ayant déjà relevé ce défi à Nîmes. « Nîmes, pour moi, est une plaza à part. Mon cœur y bat différemment », a-t-il confié lors de la présentation. Derrière l’exploit physique, l’affiche dit surtout l’ambition d’un torero déjà adopté par l’amphithéâtre.

    La feria s’achèvera dimanche après-midi sur une corrida française. Juan Leal, Adriano et El Rafi affronteront les Fuente Ymbro. Les deux derniers, enfants de Nîmes, restent sur leur triomphe lors de la corrida française de Pentecôte. Une clôture qui entend récompenser les résultats plus que les passeports. Entre figures consacrées, jeunesse impatiente et fidélités locales, les Vendanges promettent de faire résonner le vieux cercle romain au rythme des clarines et des ovations.

  • Le réseau Tango à Nîmes « 100% propre » en 2030

    Le réseau Tango à Nîmes « 100% propre » en 2030

    La promesse a été lancée, les élus métropolitains ont désormais trois ans et demi pour l’appliquer. Sur le dépôt des bus Tango, ils ont en effet annoncé le passage de « l’ensemble des bus du réseau urbain vers des motorisations 100% propre ». Pour l’heure, la collectivité compte une centaine de véhicules à « énergie propre », fonctionnant à l’électricité, au biogaz ou au biocarburant. Cela représente la moitié de la flotte de véhicules actuellement exploités par Keolis.

    Ombrière photovoltaïque

    Fin juillet, les élus métropolitains étaient donc fiers de présenter les tout nouveaux bus articulés 100% électriques de 18 mètres de long qui sont dotés « d’une autonomie pouvant atteindre 340 km grâce à leurs neuf packs de batteries haute capacité de 623 kWh ». Ils offrent ainsi « une capacité d’accueil de 104 voyageurs ». Cinq d’entre eux sont déjà en circulation et quatre arriveront dans les prochains jours. L’investissement pour ces véhicules représente tout de même 7,6 millions d’euros. En moyenne ces dernières années, ce sont 8 millions d’euros qui sont mobilisés dans la modernisation des équipements des bus Tango.

    Lors de cette présentation, les élus ont également annoncé la construction d’une ombrière photovoltaïque sur le dépôt Tango qui sera mise en service en fin d’année. « Nous agissons simultanément sur deux leviers essentiels : la décarbonation de notre flotte et la production locale d’une énergie renouvelable. Aujourd’hui, 100 véhicules à énergie propre circulent déjà sur le réseau Tango et notre ambition est claire : disposer d’un réseau urbain composé à 100% de véhicules propres d’ici 2030 », confirme Vincent Bouget, le nouveau président de Nîmes Métropole.

  • Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    « Un anniversaire qui résonne avec les combats sociaux et démocratiques d’hier comme d’aujourd’hui », soulignent les organisateurs de cette fête annuelle de la section sétoise du PCF.

    Le débat politique ouvrira la soirée autour de l’héritage du Front populaire et de son actualité. Parmi les invités figurent Vincent Bouget, maire PCF de Nîmes, et Raphaëlle Primet, coprésidente du groupe communiste au Conseil de Paris, qui témoignera notamment de sa participation à la Flottille pour Gaza.

    Pour Vincent Bouget, cet anniversaire intervient dans un contexte qui appelle à regarder l’Histoire sans céder aux raccourcis. « Il faut faire attention avec les comparaisons entre les moments de l’Histoire, parce que forcément tout change. On n’est jamais sur les mêmes choses. Pour autant, effectivement, on peut se dire que les années 30, par un certain nombre d’aspects, notamment les crises qui peuvent exister, les impérialismes à l’échelle de la planète et la montée de courants d’extrême droite qui prônent la recherche d’une identité renfermée sur elle-même, les divisions, une forme d’autoritarisme, qui tournent le dos à l’esprit des Lumières, tout ça fait écho à la situation qu’on a actuellement. Et sans doute que l’anniversaire du Front populaire, les 90 ans, vient rappeler le danger, mais aussi les opportunités, et ce que le Front populaire a marqué dans la mémoire collective. »

    Au-delà de son contexte historique, Vincent Bouget souligne l’héritage social laissé par le gouvernement de 1936, des avancées qui, près d’un siècle plus tard, demeurent des références dans les combats sociaux. « Le fait même de poser la reconnaissance des droits syndicaux, la réduction du temps de travail, je pense aussi à la possibilité pour tous d’avoir un temps hors du travail pour vivre, ça, ce sont évidemment des acquis fondamentaux qui marquent une rupture avec ce qui se faisait avant. » Des conquêtes qui, selon lui, continuent de structurer notre modèle social.

    Une fête fidèle

    à l’esprit populaire

    La soirée entend aussi renouer avec l’esprit des fêtes populaires qui jalonnent l’histoire du mouvement communiste. « Je pense que c’est peut-être l’esprit du Parti communiste, où il y a à la fois des repas partagés, du débat politique et de la culture. Oui, c’est généralement ce qu’on aime bien mélanger. C’est le modèle de la Fête de l’Humanité d’ailleurs, évidemment toutes proportions gardées. »

    Une dimension historique qui, selon Vincent Bouget, dépasse les seules mesures sociales adoptées en 1936. « C’est aussi la considération qui a été donnée à tous, et notamment aux ouvriers, à ceux qui ne l’avaient pas et qui étaient considérés comme des gens avec moins de droits, moins de considération », estime-t-il. Une mémoire qui reste, selon lui, particulièrement actuelle alors que les débats sur le travail, les droits sociaux et la place de chacun dans la société demeurent au cœur des préoccupations.

    À Sète, cette célébration prendra donc la forme d’un rendez-vous à la fois politique et festif, dans la continuité d’une tradition qui dure depuis 57 ans. Des rassemblements qui permettent de faire vivre une certaine conception de la politique, où la réflexion collective côtoie la convivialité et la culture. Une manière également de rappeler, à travers l’histoire du Front populaire, que les conquêtes sociales sont le fruit de mobilisations collectives.

    Après le débat, les participants pourront partager un apéro-tapas, une sardinade et une brasucade avant de se retrouver autour d’un bal populaire. La section sétoise du PCF invite les habitants à venir partager « une soirée festive, populaire et engagée, fidèle à l’esprit de fraternité qui anime cette fête depuis cinquante-sept ans ».

  • [C’est l’été] Patrick Fustier, l’homme qui a refusé d’enterrer le Nîmes Olympique

    [C’est l’été] Patrick Fustier, l’homme qui a refusé d’enterrer le Nîmes Olympique

    Il y a un an, Patrick Fustier n’avait « pas le temps de stresser ». De la mi-juin à la mi-juillet 2025, le co-président du collectif « Sauvons le Nîmes olympique » enchaînait les réunions et les démarches pour empêcher le club gardois de sombrer. Menacé d’une rétrogradation jusqu’en Régionale 1, le NO avait finalement obtenu son maintien au quatrième échelon national devant la DNCG. « Franchement, nous y avons toujours cru. C’est l’ADN du collectif », assure-t-il aujourd’hui.

    Depuis, le club a repris des couleurs. Derrière une nouvelle direction constituée autour d’entrepreneurs locaux, les Crocos ont joué la montée jusqu’au bout, échouant à seulement un point de la première place. Dans les tribunes, le public est également revenu : près de 5 000 spectateurs de moyenne, selon Fustier, et jusqu’à 7 000 ou 8 000 personnes lors des dernières rencontres à enjeu. « Le bilan est vraiment positif quand on se retourne sur le chemin parcouru », estime-t-il. Avec, tout de même, « un petit goût d’inachevé ». Car pour celui qui considère que la place du NO demeure dans le football professionnel, la renaissance ne sera complète qu’avec une remontée sportive.

    Le modèle local constitue néanmoins une première victoire. Face à un football français où les clubs passent sous pavillon étranger et se fondent dans des systèmes de multipropriété, Patrick Fustier défend un autre chemin. « Nîmes est un club populaire, dans une ville populaire. Il s’est toujours bâti sur un ancrage local. »

    De supporters à garde-fous

    Créé en 2023 dans l’urgence, Sauvons le Nîmes olympique n’a pas disparu avec le danger. L’association revendique désormais 2 100 adhérents, dont environ 750 socios ayant participé financièrement au sauvetage. Elle est également entrée au capital du club et dispose d’une voix au conseil d’administration. « Il y a Bastia, Sochaux et nous. Quand on y réfléchit à tête reposée, c’est quand même pas mal », sourit Patrick Fustier. La proximité avec la direction ne doit pourtant pas faire taire les critiques. Le collectif entend servir de « courroie de transmission » entre les tribunes et les dirigeants, mais aussi de « garde-fou » en cas de nouvelle dérive, une possibilité inenvisageable du temps de Rani Assaf.

    Sa mission est donc loin d’être achevée. « Le club est encore en quatrième division et joue dans un stade provisoire. On pourra peut-être souffler quand il sera revenu en Ligue 2 et dans un stade des Costières de nouveau en usage. » Sur ce dossier, Patrick Fustier affiche son optimisme. Après avoir interpellé tous les candidats aux municipales, le collectif peut désormais compter sur plusieurs relais à la mairie : son ancien co-président Dimitri Pialat, délégué aux équipements sportifs, l’adjoint Bruno Ferrier et le maire Vincent Bouget, tous des amoureux du club. La visite organisée aux Costières à la fin du mois de juin a conforté ses espoirs.

    Pour le retour du football, Patrick Fustier vise l’été 2028. « Si, dans deux ans, nous étions de retour aux Costières, ce serait super. En termes d’émotion, je pense que cela déborderait dans le stade. » Peu importeraient alors l’adversaire ou le niveau : « Les gens reviendraient simplement pour dire que nous sommes de retour dans le vrai stade. » Car les Antonins n’ont jamais remplacé les Costières dans son cœur. « Au gré de ma vie, j’ai fréquenté les quatre tribunes. Je me suis quelque part approprié ce stade, je m’y sens un peu chez moi. »

    Il se souvient des derbies, de la demi-finale de Coupe de France face à Montpellier et des soirées européennes contre Budapest ou Stockholm. Autant de souvenirs qui lui rappellent que le destin d’un club n’est jamais écrit. Après avoir maintenu la flamme lorsque le NO vacillait, les supporters rêvent désormais de la rallumer aux Costières. « Impossible n’est pas Nîmois. »

  • L’aéroport de Nîmes en zone de turbulences

    L’aéroport de Nîmes en zone de turbulences

    Record de fréquentation d’un côté, trou financier de l’autre : l’aéroport de Nîmes-Garons cultive un paradoxe qui commence à peser lourd. Avec 259 000 passagers en 2024, la plateforme avait retrouvé son meilleur niveau depuis vingt-cinq ans. Loin, pourtant, des 400 000 voyageurs promis pour 2028 par le délégataire Edeis lors de la signature de la délégation de service public (DSP) en 2022. Et en 2025, la fréquentation a même légèrement reculé, à 245 552 passagers.

    Sur le plan comptable, la note est salée. Le rapport annuel d’Edeis affiche un résultat net négatif de 1,17 million d’euros en 2024, contre un excédent de 349 000 euros l’année précédente. Une provision exceptionnelle de 872 000 euros, liée à un vieux contentieux sur des autorisations d’occupation temporaires, gonfle l’ardoise. Mais même sans elle, le trou atteint près de 300 000 euros. Six lignes sont aujourd’hui exploitées, presque toutes par Ryanair, quasi seul maître à bord depuis le fiasco de la compagnie Odyssey l’an dernier, qui a annulé l’ensemble de ses vols.

    Élu à la tête de Nîmes Métropole en avril, Vincent Bouget (PCF) a hérité d’un dossier explosif. Devant le conseil communautaire fin juin, l’édile n’a pas mâché ses mots : « Les ambitions affichées lors de la signature de la DSP et les objectifs fixés au délégataire sont aujourd’hui loin d’être atteints. » Un contentieux qui pourrait, selon le contrat, déclencher de premières pénalités financières dès cette année.

    Coopérer

    plutôt que rivaliser ?

    Reste que pour Vincent Bouget, le trafic commercial n’est pas l’essentiel. « Le cœur du réacteur, c’est la sécurité civile », a-t-il tranché début juillet, rappelant le rôle de la base aérienne où sont entretenus les Canadair, avec quatre nouveaux appareils attendus d’ici 2032. Un statut de hub européen de la sécurité civile que Nîmes ambitionne depuis 2017, mais que Chypre pourrait bien lui souffler : la Commission européenne y prépare une plateforme régionale de lutte contre les incendies, confirmée en juin par la commissaire Hadja Lahbib. « S’il faut aller à Bruxelles avec Carole Delga pour que le hub européen soit bien ici, nous irons », promet le président d’agglo.

    Sur le volet commercial, la question d’une coopération avec les aéroports voisins refait surface. En septembre 2025, alors dans l’opposition, Vincent Bouget plaidait déjà pour une autre voie que la rivalité : « Rien ne peut s’envisager sans coopération avec les aéroports voisins, dont Montpellier. » Une ligne bien différente de celle défendue quelques mois plus tôt par son prédécesseur Franck Proust, qui menaçait ouvertement de « se tourner vers Marseille » face à ce qu’il jugeait être le manque d’ouverture de Montpellier.

    Aujourd’hui, l’opposition LR, par la voix de Franck Proust, avance un autre scénario : une reprise temporaire de l’aéroport en régie publique si Edeis venait à se désengager. Une piste que la majorité de gauche n’a, à ce stade, ni confirmée ni écartée. Après deux rendez-vous décisifs fin juin, avec le préfet du Gard puis le délégataire, Vincent Bouget maintient la prudence : « On travaille pour trouver une solution et sortir par le haut. » Le cap devra être fixé avant l’échéance de la DSP, fin 2028. Au-delà des désaccords, une question politique demeure : combien d’argent public faut-il mobiliser pour préserver cette vitrine aérienne, et pour quel service rendu au territoire ? Le débat ne pourra se limiter à une guerre de clochers : l’avenir de 850 salariés et de 200 élèves-pilotes est aussi en jeu.

  • Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Vincent Bouget réussit-il une entrée en matière quasiment parfaite ? Pour l’heure, ni l’opposition de droite, toujours fracturée par les divisions, ni la démagogie du RN ne sont parvenues à faire tanguer la nouvelle équipe.

    Pourtant, après 25 ans sans alternance, lancer une nouvelle dynamique dans une administration centrale peu habituée à s’adapter était un véritable défi. Mais le nouveau maire de Nîmes s’est attaché en premier lieu à travailler avec les agents de la collectivité. C’est d’ailleurs sur ce point que Vincent Bouget a ouvert sa conférence de presse consacrée aux cent premiers jours de son mandat. « Nous avons réalisé huit réunions, organisé 60 ateliers avec 1 300 agents où la parole a été libre. Il fallait entendre les agents qui portaient des questions personnelles et globales. Ils ont fait 1 600 propositions pour rendre un meilleur service public », a présenté l’édile en précisant qu’un projet d’administration serait réalisé à l’automne.

    Ce dialogue, Vincent Bouget l’a également lancé avec les habitants de la Ville grâce à l’organisation de sept réunions publiques. Une restitution publique de ces discussions se tiendra d’ailleurs le 8 juillet à 18h30 au Parnasse.

    Des avancées concrètes

    Outre la méthode, Vincent Bouget s’est aussi félicité de plusieurs réalisations concrètes malgré « un budget 2026 décidé par l’ancienne équipe ». Parmi elles, le maire note la bonne organisation de la feria avec la mise en place des transports gratuits le week-end, expérience qui sera renouvelée pour la feria des Vendanges.

    « Nous sommes aussi allés plus vite que prévu pour le déblocage de fonds et de moyens humains pour le poste de police de Pissevin », s’est-il félicité. En effet, lors de son déplacement dans la capitale du Gard, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, avait annoncé le déblocage d’une enveloppe de 620 000 euros pour la construction du poste de police dans le quartier populaire nîmois et l’arrivée de 16 policiers au 1er septembre au commissariat de Nîmes. Vincent Bouget a également confirmé que les élus de la majorité avançaient sur « les projets au long cours » comme la végétalisation de la ville et de ses écoles, la création des fameuses places communes, les questions de mobilité et la réhabilitation du stade des Costières.

    S’il n’a pas voulu s’éterniser sur les squelettes laissés dans le placard par l’équipe précédente, il a confirmé qu’en plus du fort endettement de Nîmes Métropole et de la situation du stade des Costières, qui étaient connus, la Ville connaît une « dette grise », c’est-à-dire que nombre d’infrastructures n’ont pas été entretenues ou rénovées. « Deux écoles ont connu une rénovation énergétique, il en reste 81. Ici, au Carré d’art, le toit fuit quand il pleut », a-t-il illustré.

    Gratuité des bibliothèques

    Si Vincent Bouget a tenu à réunir la presse au Carré d’Art, c’est surtout pour annoncer plusieurs nouveautés concernant la culture et l’éducation. Ainsi, les bibliothèques seront gratuites à partir du 1er septembre « comme dans 60% des collectivités de France ». Le coût de la mesure est estimé à 75 000 euros. En parallèle, tous les enfants entrant en CP recevront désormais une carte de bibliothèque. Concernant la jeunesse érigée en « priorité », 10 euros de fournitures scolaires ont aussi été débloqués par élève de primaire, s’ajoutant aux 50 euros de dotation totale par enfant déjà consentis. La mesure coûtera 50 000 euros.

    Vincent Bouget a aussi confirmé la gratuité totale du musée des cultures taurines à la rentrée et l’extension de la gratuité dans les trois autres musées municipaux (musée des beaux-arts, muséum d’histoire naturelle et musée du vieux Nîmes) pour les moins de 26 ans. Toutes ces mesures seront votées lors du conseil municipal du 4 juillet.

    Vincent Bouget a conclu en donnant rendez-vous aux habitants le 13 juillet aux Jardins de la Fontaine pour un nouveau rendez-vous : « À la Table de Marianne ». Le principe est simple, les Jardins seront ouverts jusqu’à minuit pour un « pique-nique géant familial », où le partage autour des valeurs républicaines sera à l’honneur, avec en prime des animations culturelles.

  • À Nîmes, l’objectif affiché de la rénovation des Costières

    À Nîmes, l’objectif affiché de la rénovation des Costières

    Quarante millions d’euros ! Balancé à l’emporte-pièce durant la campagne municipale par la droite aux affaires, qui avait choisi l’option du stade des Antonins, le coût de la rénovation du stade des Costières pourrait finalement se révéler bien moins élevé. En attendant le vrai chiffre, qui sera donné par l’audit en cours, l’adjoint aux sports a, d’après les premières estimations, le sentiment que l’addition pourrait être deux fois moins salée. « Nous ferons un point avec l’audit à la rentrée », assure Bruno Ferrier sans s’avancer davantage.

    Quoi qu’il en soit, il semblerait que la volonté du maire Vincent Bouget (PCF) de remettre en état l’infrastructure qui fut l’enceinte du Nîmes Olympique de 1989 à 2022 n’a rien d’une lubie. L’option est d’autant plus suivie par sa majorité qu’elle a acquis la conviction que le stade provisoire des Antonins, érigé par l’ancien propriétaire Rani Assaf, n’est pas viable. « Il n’a pas de parking ni de salle de réception. Il n’a que 8 000 places et coûte 500 000 euros par an à la Ville », liste Bruno Ferrier. Qui prévient que la municipalité ne pourra pas injecter indéfiniment dans un club tombé en National 2 (4e division). « On va faire un effort cette année [1,2 million d’euros était injecté l’an passé, Ndlr] mais il va falloir ensuite réfléchir à un projet où la Ville ne soit pas le principal investisseur », anticipe l’adjoint aux sports. En disant cela, Bruno Ferrier pose les bases des échanges à venir avec l’actuel président Thierry Cenatiempo. Lequel se voyait bien rester aux Antonins…

    « Pas de défaut de structure »

    « L’avenir du Nîmes Olympique est aux Costières », lance Bruno Ferrier. S’il dit cela, c’est qu’il pense l’opération de réhabilitation faisable. « Le stade n’a pas de défaut de structure », précise-t-il. Dans son jus depuis trois ans et demi, la pelouse s’est transformée en terrain vague et des arbustes, à l’instar de figuiers, ont poussé dans certaines travées. Rien de rédhibitoire a priori. Côté bâtiments, l’ancienne municipalité s’était contentée d’injecter 700 000 euros pour rénover l’ancienne salle de gymnastique qui abritait le service des sports de la Ville de Nîmes. Lequel est d’ailleurs en train de réintégrer les lieux. La municipalité de gauche a l’intention de rénover toutes les salles qui en ont besoin. Elle vient par ailleurs d’injecter 250 000 euros dans le stade annexe. « Il fallait décaisser et refaire la pelouse. Ce sera prêt en novembre », indique Bruno Ferrier. Une première étape dans la reconquête de cette friche qui, on l’aura compris, en appelle vite d’autres.

    Si la volonté politique de redonner au Nîmes Olympique son écrin est présente, quelle sera l’ampleur du projet final ? Difficile à dire car il y aura nécessairement des arbitrages dans une Ville qui manque un peu de tout et qui ne roule pas sur l’or. « Il va falloir se mettre autour de la table et décider des priorités avec un plan pluriannuel d’investissements : est-ce qu’on privilégie le stade, les écoles, les piscines… ». Côté équipements sportifs, le nouvel adjoint a fait le tour et pris connaissance de l’état des besoins. « C’est une catastrophe. Il manque au moins 10 stades et 5 gymnases pour éviter une surutilisation des équipements qui les use plus vite. » Pour ce qui est des Costières, on devrait y voir plus clair avec les résultats de l’audit à la rentrée.

  • Nîmes Métropole valide le compte financier 2025

    Nîmes Métropole valide le compte financier 2025

    À la tête de l’Agglomération comme à la Ville, Vincent Bouget doit surtout faire face à l’opposition de l’extrême droite. Et de sa démagogie. Alors que les élus RN n’ont pipé mot sur le bilan du compte financier 2025 – le gros dossier à l’ordre du jour de la séance de mardi 23 juin – ils ont tenté d’attaquer le président communiste sur plusieurs sujets plus mineurs.

    Ils ont par exemple voté contre le règlement intérieur fortement critiqué par l’élue Christine Tournier-Barnier. Sauf que Vincent Bouget n’a pas hésité à lui faire remarquer que c’était le même règlement intérieur que sous Franck Proust lorsque celle-ci siégeait alors dans la majorité avant de rejoindre les bancs de l’extrême droite. Puis ce fut au tour de Julien Sanchez d’entrer dans la danse sur le changement de répartition des moyens financiers alloués aux groupes politiques. Toujours adepte des recours juridiques (après avoir déjà contesté les élections à Nîmes), l’élu RN a annoncé attaquer cette délibération au tribunal administratif. En effet, Vincent Bouget a choisi d’attribuer l’enveloppe aux différents groupes « proportionnellement à leur effectif ainsi qu’en considération de la charge de travail résultant des responsabilités exercés par leurs membres ».

    « Inquiétudes légitimes » autour de l’aéroport

    Le vice-président aux Finances, Gilles Guillaud a aussi présenté le compte financier 2025 marqué par une baisse des recettes de fonctionnement de 0,6% et une hausse des dépenses de fonctionnement de 2,6%. L’épargne brute a diminué à 72,1M d’euros. 105 millions d’euros ont été fléchés vers des projets d’investissements, « ce qui est un niveau élevé ». L’endettement s’est lui stabilisé à 466M d’euros. « L’encours de la dette place Nîmes Métropole parmi les collectivités les plus endettées de France », souligne Gilles Guillaud.

    Outre le compte financier, Vincent Bouget a confirmé que « les inquiétudes qui s’expriment depuis plusieurs semaines sont légitimes », concernant la gestion par Edeis de l’aéroport de Nîmes puisque « les ambitions affichées lors de la signature de la délégation de service public et les objectifs fixés au délégataire sont aujourd’hui loin d’être atteints ».

    Il a également annoncé vouloir engager à partir de septembre un travail de « réactualisation du projet de territoire de Nîmes Métropole ». C’est dans cet optique qu’il a donc demandé « d’acter le report du vote du budget primitif de 2027 en début d’année prochaine ».