Tag: Vincent Bouget

  • Le sénateur Fabien Gay mène ses combats à Nîmes

    Le sénateur Fabien Gay mène ses combats à Nîmes

    Il était venu avec 211 milliards d’euros sous le bras. Mais, lundi 5 octobre, à Nîmes, Fabien Gay a vite laissé les colonnes de chiffres côtoyer les colères du moment. Le sénateur communiste de Seine-Saint-Denis et directeur de L’Humanité, est venu présenter son livre 211 milliards. Révélations sur les aides publiques aux entreprises, a trouvé dans le Gard un terrain où se croisent ses principaux combats : partage des richesses, jeunesse, union de la gauche et lutte contre l’extrême droite.

    Dans la cour du Prolé nîmois, l’actualité s’est invitée dans la conférence de presse : à moins d’une centaine de mètres, devant le lycée Daudet, des lycéens manifestaient en effet leur colère. L’élu refuse de réduire ce mouvement, qui touche de nombreux établissements en France, aux blocages ou aux dégradations. « La question est de savoir pourquoi, partout en France, des dizaines de milliers de lycéens se mettent en grève et revendiquent. C’est ça, la question qu’il faut se poser », insiste-t-il.

    Classes surchargées, enseignants absents, manque de moyens, Parcoursup qualifié d’« algorithme froid » : le sénateur dénonce « une dégradation générale des conditions d’étude ». Et s’il condamne les dégradations, il fustige aussi la réponse policière : « Ce sont nos gamins, ils ont 15 ou 16 ans. Quand la seule réponse, ce sont des coups de matraque et du gaz lacrymogène, c’est insupportable. »

    Des milliards

    sans contreparties

    Reste le chiffre qui donne son titre à son livre : 211 milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises en 2023, mis en lumière par la commission d’enquête sénatoriale dont Fabien Gay fut le rapporteur. Six mois d’auditions, près de la moitié des patrons du CAC 40 entendus, et une question centrale : que demande réellement la puissance publique en échange ? Le communiste dénonce des aides trop peu conditionnées à l’emploi, aux salaires, aux délocalisations ou aux engagements environnementaux.

    À Nîmes, Fabien Gay a également retrouvé Vincent Bouget, nouveau maire communiste de la ville. Une victoire qu’il regarde comme un possible laboratoire. « Il a réussi à unir les citoyens, cela montre que rien n’est figé. En partant du local, cela peut essaimer partout », estime-t-il. À huit mois de la présidentielle, le sénateur assure que « tout doit être mis en place pour barrer la route à l’extrême droite » et plaide, pour les législatives, pour « une large coalition » des forces de gauche.

    Car c’est bien là que le ton se durcit le plus. « La préférence nationale n’a pas d’autre nom que l’apartheid social », tranche-t-il, dénonçant « une politique de division et de haine généralisée » visant migrants, syndicalistes, femmes ou encore opposants politiques. À ses yeux, le danger dépasse les frontières françaises : Trump aux États-Unis, Milei en Argentine, Meloni en Italie ou la poussée de l’extrême droite allemande témoignent d’« un mouvement mondial ».

    Son déplacement gardois devait d’ailleurs se prolonger mardi 6 à Alès devant le tribunal, en soutien aux victimes de l’attaque du Prolé lors de la Feria 2025. Fabien Gay avait annoncé sa présence aux côtés des militants agressés. « L’extrême droite fait mal. Elle porte des coups. Pas seulement démocratiques : des coups », martelait-il à Nîmes. Des milliards versés sans contrepartie à la violence politique, le sénateur aura finalement déroulé le même fil : rendre visibles les rapports de force que certains préféreraient laisser hors champ.

  • Nîmes et Montpellier, de rivales à partenaires ?

    Nîmes et Montpellier, de rivales à partenaires ?

    Le Vidourle n’a pas bougé, mais la frontière semble moins épaisse. Vendredi 25 septembre, Michaël Delafosse (PS) était à Nîmes à l’invitation de Vincent Bouget (PCF). Après une réunion de travail à l’hôtel de ville, les deux maires ont pris la direction du cadereau d’Uzès, où Nîmes Métropole déploie depuis des décennies sa stratégie contre les inondations. Un déplacement technique, mais aussi politique : depuis l’élection de Bouget, les deux élus multiplient les occasions de s’afficher ensemble.

    Cette fois, c’est Montpellier qui venait regarder le savoir-faire nîmois. Depuis le traumatisme des inondations de 1988, Nîmes a investi massivement dans la prévention. Le dispositif Papi 3 Vistre, prévu jusqu’en 2028, représente plus de 126 millions d’euros, dont environ 100 millions de travaux. Les tunnels des cadereaux d’Uzès et des Limites doivent notamment faire passer leur capacité d’écoulement de 8 à 80m³ par seconde. Une expérience que Delafosse, confronté aux risques liés au Lez, à la Mosson et aux épisodes méditerranéens, est venu observer. Un sujet loin d’être théorique : cinq jours plus tard, le Gard et l’Hérault étaient placés en vigilance rouge pluie-inondation face à un nouvel épisode méditerranéen remarquable.

    Des selfies aux dossiers

    « Les sujets de coopération et les ambitions collectives ne manquent pas ! Les rendez-vous sont pris », a résumé Vincent Bouget à la fin de la visite. Une formule qui dépasse largement les eaux pluviales. En effet depuis mars, les images communes s’accumulent. Au handball d’abord, terrain idéal pour mettre en scène la nouvelle relation. Le 6 juin à la Sud de France Arena, puis le 13 septembre au Parnasse, Delafosse et Bouget ont posé côte à côte à l’occasion des derbys entre le MHB et l’Usam. Avec une règle du jeu affichée par le maire de Montpellier sur les réseaux sociaux : « Notre seul sujet de rivalité est sportif, et seulement 60 minutes, car à la troisième mi-temps, c’est la convivialité qui gagne ! »

    Il faut dire que la donne politique a changé. En mars, Bouget a remporté Nîmes à la tête d’une liste d’union de la gauche, tandis que Delafosse était réélu à Montpellier. Deux des principales villes de l’ex-Languedoc sont désormais dirigées par des majorités de gauche. Mais leur proximité s’exprimait déjà en amont du suffrage. Pendant la campagne nîmoise, l’expérience montpelliéraine sur la gratuité des transports avait déjà servi de référence. Delafosse était venu à Nîmes défendre le dispositif et, en février, Julie Frêche, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole chargée des mobilités, s’affichait aux côtés de Bouget sur ce dossier.

    La rivalité n’a pas totalement disparu pour autant, le transport aérien restant le principal dossier sensible. Delafosse plaide pour une rationalisation des plateformes du littoral et envisage pour Nîmes une spécialisation davantage tournée vers la Sécurité civile, la maintenance ou la logistique. Bouget défend lui aussi ces activités, tout en cherchant à assurer la pérennité de l’aéroport nîmois. Un désaccord de fond, même si les échanges entre les deux collectivités se veulent aujourd’hui plus apaisés.

    À voir Bouget et Delafosse multiplier les signes de rapprochement, Louis Nicollin aurait sans doute trouvé quelques mots fleuris pour commenter cette nouvelle entente cordiale. Mais par-delà les vieilles rivalités, et derrière les selfies de derby, les deux exécutifs ont surtout des dossiers très concrets à partager : mobilités, climat, logement, développement économique ou services publics. Autant de sujets qui dépassent les frontières administratives et sur lesquels chacun veut désormais s’inspirer de l’expérience du voisin, pour une coopération à double sens dont les contours restent à définir. Sur le parquet, chacun garde son maillot ; en dehors, Bouget et Delafosse semblent bien décidés à jouer collectif.

  • A Nîmes et Montpellier, la quasi totalité des lycées sont bloqués

    A Nîmes et Montpellier, la quasi totalité des lycées sont bloqués

    à Nîmes, le mouvement touche quasiment tous les lycées ce jeudi 1er octobre. Il y a eu des blocages ou tentatives de blocage à Camus, Daudet, Mistral, Voltaire, Saint-Vincent, Lamour, Hemingway, Raimu ou encore Gaston-Darboux. La situation a été assez tendue par endroits, avec feux de poubelles et de palettes. Face à quelques dégradations la police est intervenue, notamment à Camus et Saint-Vincent où il y a eu usage de gaz lacrymogène. À Mistral, le portail a été dégondé et les cours ont été annulés. Les groupes de lycéens se déplacent aussi d’un établissement à l’autre, ce jeudi.

    Mercredi 30 septembre, le maire de Nîmes Vincent Bouget (PCF) est allé à la rencontre des jeunes. « Les lycéens nîmois, comme dans de nombreuses autres villes du pays ont manifesté un profond mal-être sur leurs conditions d’apprentissage et sur les perspectives d’avenir», a déclaré le maire dans un message sur les réseaux sociaux. «Je suis allé à leur rencontre en début d’après-midi pour écouter leurs revendications. Ils dénoncent, comme leurs professeurs, les moyens alloués au service public d’éducation. Ils doivent être entendus », ajoute Vincent Bouget. « Quelques violences, qui relèvent d’une minorité, ont émaillé la mobilisation et je le regrette. Dans le même temps, il faut garantir la liberté de manifestation et l’expression pacifique des revendications. Entendre notre jeunesse et investir dans sa formation doit être une priorité nationale », conclut le maire de Nîmes.

    Dans l’Hérault, selon la préfecture une quinzaine de lycées du département de l’Hérault étaient concernés ce jeudi matin par le mouvement. Au cours d’une conférence de presse organisée ce matin, la préfète Chantal Mauchet a fait un point de situation.

    «Le phénomène est inquiétant et prend de l’ampleur. Il y a plusieurs points de blocages, notamment à Montpellier. Des interventions de la police ont eu lieu. C’est une situation très délicate que je suis attentivement. Il faut que les forces de sécurité agissent fermement pour débloquer mais avec tact méthode et proportionnalité, selon les mots du ministre de l’Intérieur, pour que cela soit efficace. Il faut que nous protégions tout le monde, y compris ces lycéens qui vont au contact, sont assez déterminés et dont certains sont déterminés avec cagoules et jets de pierre. C’est une intervention particulièrement délicate.»

    Le témoignage de l’Observatoire des libertés

    Dans un communiqué, L’Observatoire des libertés publiques de Montpellier rapporte que dés le mardi 29 septembre, des actes de violences policières ont été constatées : « Au lycée Jean Monnet, les lycéennes et lycéens ont entrepris le blocage des deux accès aux bâtiments vers 6 h 30. La mobilisation était pacifiste : toutes les personnes impliquées étaient non-violentes. Vers 7 h 35, deux équipages de la police nationale de l’Hérault sont intervenus sur site. Sans sommation, ils ont entrepris le déblocage physique d’un des deux accès : des lycéennes et lycéens ont été violemment poussés, tirés, frappés voire violemment projetés au sol. De nombreux fonctionnaires de police ne disposaient pas de RIO visibles.»

    Vers 8 h, un équipage de la Compagnie Départementale d’Intervention de l’Hérault est arrivée en renfort des effectifs déjà présents, raconte l’Observatoire : « Les lycéennes et lycéens se sont alors assis, sur l’axe sur lequel circulait le véhicule, de manière pacifique. Les fonctionnaires de police sont sortis de leur véhicule, casque en main, en tirant, poussant et projetant là encore les lycéens. L’un d’eux a fait usage de gaz lacrymogène sur les lycéennes et lycéens à très courte distance. Aux lycées Jules Guesde, et Mermoz, les mêmes scènes de violences ont été rapportées. Au lycée Jules Guesde, un lycéen a subi une clef d étranglement par un fonctionnaire de police. Un élu municipal a, lui, été projeté au sol. »

    Du côté de la préfecture, on informe que « la contestation lycéenne a provoqué des blocages et des incendies dans au moins deux établissements de Montpellier ce jeudi 1er octobre. La police est intervenue. Les lycées Mendès-France et Jules-Guesde sont désormais fermés.»

    La CGT 34 réagit et apporte son soutien
  • Pierre Jaumain (PS), adjoint à l’urbanisme à Nîmes : « Une révision du PLU est très importante »

    Pierre Jaumain (PS), adjoint à l’urbanisme à Nîmes : « Une révision du PLU est très importante »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée votre prise de fonction ?

    Pierre Jaumain : J’ai trouvé un service public municipal efficace et à l’écoute de nos nouvelles orientations. Il a fallu quelques mois pour que soit nommé un nouveau directeur général adjoint (DGA) et que nous ayons un mode de fonctionnement optimal. J’ai aussi passé beaucoup de temps avec les équipes de Nîmes Métropole pour veiller à ce que ces équipes se parlent et travaillent bien ensemble en s’appuyant sur le fait majeur qu’elles ont le même élu de référence, ce qui est nouveau.

    Quelles ont été les priorités à lancer à partir d’avril ?

    P.J. : Un état des lieux général d’abord. L’inflexion, ensuite, des dossiers qui n’étaient plus dans nos priorités ou contraires à nos principes, comme sur le projet de parking à la Placette. Mais on ne peut pas tout modifier d’un claquement de doigts car il y a des règles, des réalités juridiques et financières dont on ne peut pas s’extraire avec irresponsabilité. Un des premiers changements majeurs a été de signifier notre volonté de répondre à la crise du logement en impulsant la production de logements sociaux auxquels une grande majorité de Nîmois a droit. Nous essayons par exemple de pousser les porteurs de projets, les promoteurs, à faire du logement social, alors que ce n’était pas prévu initialement. Comme ce n’est pas imposé dans les documents réglementaires, c’est à eux de bien vouloir le faire ou pas. Ils sont aujourd’hui globalement coopératifs. Mais c’est pour cela qu’une révision du PLU est très importante.

    Comment va se dérouler
    cette révision du PLU ?

    P.J. : Nous avons lancé en conseil municipal le 4 juillet une procédure de modification du PLU dont la végétalisation est un des enjeux majeurs. On votera au conseil municipal les décisions de cette modification au mieux au printemps. Nous avons aussi lancé une révision du PLH (Programme Local de l’Habitat) à Nîmes Métropole. Ce sont deux dispositifs-cadres extrêmement importants. Mais aujourd’hui dans le PLU, il n’y a pas grand-chose qui contraigne à la création de logements sociaux. Il y a donc un décalage entre nos intentions politiques et les outils réglementaires qui permettraient d’imposer ces intentions politiques. Pour la révision du PLU, nous avons décidé de concerter très largement donc ça va prendre deux ou trois ans.

    Quels sont les autres grands sujets qui vont vous occuper cette année ?

    P.J. : Se doter d’outils de pilotage et d’anticipation qui manquent cruellement pour maîtriser le foncier, construire des logements et développer cette ville harmonieusement. Nous sommes très mobilisés avec ma collègue Agnès Charraix sur la question du végétal en ville et de la réponse à apporter pour s’adapter au nouveau climat dans lequel nous vivons désormais. Et nous devons continuer à rencontrer l’ensemble des acteurs de l’urbanisme et du logement pour les comprendre, les associer et leur expliquer nos priorités.

    Où en est la rénovation engagée dans les quartiers prioritaires
    de la Ville ?

    P.J. : Beaucoup de choses sont contractualisées et nous sommes tenus de les suivre. Mais il y a des marges de manœuvre que nous allons activer. Je ne cesse de rappeler aux équipes que, même quand on travaille sur des plans, il s’agit toujours de la vie de femmes et d’hommes et que la dimension humaine de notre urbanisme est fondamentale. Je pense notamment que les financements liés aux aménagements ont été trop faibles. Et puis nous sommes déjà très mobilisés pour l’Anru 3 afin que notre territoire bénéficie des financements nécessaires et que soient prises en compte des problématiques nouvelles comme l’accompagnement des copropriétés dégradées. Nous sommes sur le pont sur les dossiers de renouvellement urbain et de politique de la Ville. Notre boussole, c’est la dignité, l’égalité et le respect. Nous avons pris un engagement durant la campagne sur l’égalité de l’ensemble des quartiers de notre commune. Nous le tenons et nous le tiendrons.

    Quel est votre rôle dans la mise en place des « places communes », l’un des axes les plus importants de la campagne de Nîmes en commun ?

    P.J. : C’est un travail collégial de nombreux élus et des services sous la houlette de ma collègue Maya Amer-Moussa. Je prends ma part, notamment dans le repérage foncier des lieux les plus adaptés et de leur intégration urbaine. Cela concerne les quartiers constitués comme ceux en mutation. C’est un travail très enthousiasmant car cela contribue totalement à cet urbanisme à échelle humaine qui est le nôtre. Un urbanisme qui recrée des lieux d’échange et de partage, des lieux de communication et de culture, des lieux de services publics et d’actions associatives, des lieux de citoyenneté.

    Sur ces sujets très techniques, comment parvenez-vous à faire participer la population dans la prise de décision ?

    P.J. : Par le dialogue permanent d’abord avec les corps intermédiaires, les comités de quartiers, les collectifs citoyens, les associations comme par l’information de tous les élus en refusant le fonctionnement cloisonné. Pour la révision du PLU par exemple, nous allons proposer un dispositif qui permette à toutes et tous de comprendre et de proposer des idées dans une dimension d’éducation populaire à laquelle je suis très attaché. Nous allons nous efforcer d’expliquer clairement ce qui est parfois très technique et un peu abscons. Nous souhaitons une large appropriation car nous allons parler de l’avenir de notre territoire et cela concerne tout le monde.

  • Quatre jours pour faire vibrer Nîmes au rythme des Vendanges

    Quatre jours pour faire vibrer Nîmes au rythme des Vendanges

    À la mi-septembre, Nîmes ne range pas encore l’été. Elle ressort les cuivres, ouvre les bodegas et laisse les sabots battre le pavé. Du jeudi 17 au dimanche 20 septembre, la Feria des Vendanges reprend possession du centre-ville avec une édition que la nouvelle municipalité veut « conviviale, pour toutes et tous et apaisée ».

    Le premier toast sera littéraire. Jeudi à 12h30, au Temple de Diane, Lydie Salvayre, prix Goncourt 2014, prononcera le traditionnel brindis. Puis les fanfares gagneront les boulevards avant l’abrivado de la manade Leron, rue Sully. Vendredi, la ville montera franchement le volume : vendanges du Clos de la Fontaine à 11h, guinguette au pôle Antoine-Castelnau, corrida à 17h30, puis grande parade de quelque 320 musiciens depuis la Maison Carrée jusqu’aux arènes. À la Placette, Mario & les Gypsies puis Son Yuma prolongeront la soirée.

    Cette année, les cuivres retrouvent une place centrale. Les abrivados, eux, quittent les allées Jean-Jaurès pour se rapprocher de l’Écusson : rue Sully jeudi, rue de la République vendredi, boulevard Amiral-Courbet samedi pour la cabestria, puis rue Notre-Dame dimanche, avec une abrivado menée par des cavalières. La Ville assume ainsi une feria plus resserrée sur le cœur de Nîmes.

    Samedi sera le jour le plus dense. Dès 10h, une visite « Histoires de feria » remontera aux origines du rendez-vous dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Aux Jardins de la Fontaine se succéderont danses, spectacle équestre et becerrada, tandis que le square Antonin accueillera de 13h30 à 19h un espace prévention pour les adolescents, avec musique, mousse, détente et buvette sans alcool. Le soir, Tino Flamenco puis le collectif nîmois Eswell feront vibrer la Placette.

    Une fête à partager sans peur

    La prévention est justement l’un des marqueurs de cette édition, dans le prolongement d’une Feria de Pentecôte au bilan sécuritaire particulièrement favorable. Malgré 1,1 million de participants, les forces de l’ordre n’avaient recensé que 31 interpellations, contre 41 en 2025, et surtout 16 bagarres de rue, quatre fois moins que les 61 de l’année précédente. Aucun accident mortel n’avait été déploré sur les routes. Reste l’inquiétude autour de l’alcoolisation de très jeunes participants : pour les Vendanges, des espaces dédiés seront donc déployés et des sifflets « anti-relou » distribués gratuitement afin de signaler un comportement insistant ou une situation d’agression. Une manière de rappeler qu’une fête populaire ne peut l’être vraiment que si chacun peut y circuler sans peur.

    Dans les arènes, quatre corridas et une novillada rythmeront le week-end. Samedi après-midi, Sébastien Castella, José María Manzanares et Tomás Rufo seront à l’affiche ; dimanche matin, Marco Pérez affrontera seul six toros avant Juan Leal, Adriano et El Rafi en clôture. L’office de tourisme proposera aussi « Expliquez-moi la corrida », avec des commentaires pour les néophytes.

    Sous les gradins, un autre lieu a été préparé loin des lumières. L’infirmerie des arènes, installée dans 9 m², vient d’être rénovée pour 56 000 euros : murs, éclairage et aménagement intérieur ont été repris, avec deux postes de travail distincts. Une dizaine de soignants bénévoles s’y relaient pour prendre en charge toreros et raseteurs avant, si nécessaire, un transfert vers le CHU. « C’est un lieu que l’on inaugure en espérant qu’il ne soit pas utilisé », a résumé Vincent Bouget.

    Dimanche, la Feria prendra des airs de grand final : déjeuner au pré aux Jardins de la Fontaine, ban des Vendanges, fanfare géante devant la Maison Carrée, abrivado rue Notre-Dame et spectacles équestres. Jusqu’aux derniers cuivres, Nîmes cherchera son équilibre familier : entre héritage et fête de rue, ferveur et précaution, tradition et volonté de faire évoluer la manière de la partager.

  • « Bonjour Nîmes » : la majorité scelle un pacte démocratique

    « Bonjour Nîmes » : la majorité scelle un pacte démocratique

    Ils sont venus par centaines, debout dans les travées, agglutinés sous les voûtes du Parnasse où la chaleur du jour ne retombait pas. Mardi 8 septembre au soir, près de 1 500 Nîmois ont répondu présent à la restitution des rencontres « Bonjour Nîmes », l’exercice de démocratie participative lancé au printemps par le maire communiste Vincent Bouget et sa majorité. Sept réunions de quartier entre le 7 mai et le 2 juillet, entre 2 500 et 3 000 habitants croisés, 197 prises de parole recueillies et passées au crible. La restitution devait initialement se tenir le 8 juillet ; la canicule l’avait forcée à s’effacer. Ironie du calendrier, c’est encore dans une salle suffocante que Nîmes est venue parler de sa ville. Ce soir-là, il fallait rendre des comptes.

    « On peut faire de la politique autrement, et on va faire de la politique autrement », lance en ouverture Laurent Mespoulet, adjoint au développement économique. La formule résume l’ambition de cette méthode, à l’opposé d’un programme ficelé d’en haut : une parole recueillie sur le terrain, restituée point par point devant les habitants eux-mêmes. « Cela fait un peu plus de cinq mois que nous avons été élus, personne n’a de baguette magique », prévient d’emblée Vincent Bouget, avant de laisser le micro à ses adjoints, qui défilent un à un.

    Trois urgences : la ville,

    la jeunesse, les services

    Sans surprise, la chaleur et la propreté urbaine dominent les échanges. « L’été caniculaire nous oblige, il faut anticiper pour ne pas subir », martèle Agnès Charaix-Py, adjointe à la végétalisation. Fontaine à boire remise en eau place aux Herbes, voiles d’ombrage testés dès l’été 2027, brumisateurs aux futures pépinières Pichon, permis de végétaliser renforcé pour les habitants comme pour les commerçants : la ville veut « cheminer à l’ombre ». Sur la propreté, « notre ville est formidable, mais elle est dégueulasse », résume sèchement l’adjoint François Seguy. Pour y remédier, un numéro unique « Allô Nîmes propre » doit centraliser le signalement des dépôts sauvages dès 2027, la limite des deux encombrants disparaît et une marche verte citoyenne est annoncée pour novembre.

    Jeunesse et éducation, à égalité en tête des attentes recensées, ne sont pas en reste. Une direction de la jeunesse a vu le jour, une centaine de stagiaires de troisième et de seconde seront accueillis en mairie, un portail unique d’information doit voir le jour pour les étudiants. Côté écoles, 90 agents périscolaires ont été déprécarisés, un repas végétarien sera proposé chaque midi en cantine, et six établissements seront rénovés thermiquement chaque année du mandat.

    Sur la santé, la Ville mise sur un conseil local de santé mentale dès le 7 octobre, un centre de santé au Mas de Mingue au premier semestre 2027, une mutuelle communale à tarif négocié au premier trimestre et une école de kinésithérapie publique. Sur la sécurité enfin : l’arrêté de fermeture des épiceries de nuit après 22h (312 infractions relevées cet été) sera prolongé ; un poste de police est annoncé sur l’Esplanade, et la coopération avec la police nationale va être renforcée contre le narcotrafic.

    Reste le temps long. Bouget annonce pour 2027 un projet « Vivre et habiter à Nîmes », élaboré avec professionnels et habitants, un outil de maîtrise foncière pour produire du logement accessible, deux « places communes », et la gratuité des transports, déjà testée pendant les ferias, qui doit s’étendre dès cet hiver.

    « Il n’y a pas les mêmes attentes partout, mais la même envie », observe Soukaïna BenJaafar, adjointe à l’administration générale, qui évoque une « aspiration à être considérés à égalité » d’un quartier à l’autre. Dans la salle, on opine, on chuchote, on retrouve un voisin croisé lors de l’une des sept réunions du printemps.

    « On aura besoin de tout le monde pour la relever », conclut Vincent Bouget, qui évoque une ville « un peu abîmée » mais promise, selon lui, à devenir une « ville pilote » de l’adaptation climatique d’ici six ans. « Nous scellons avec vous un pacte démocratique », affirme-t-il encore. La majorité a fixé elle-même l’échéance : automne 2027, pour revenir devant les Nîmois et rendre des comptes.

  • Gare de Nîmes : des quais enfin accessibles à tous

    Gare de Nîmes : des quais enfin accessibles à tous

    Pour certains voyageurs, prendre le train à Nîmes pouvait encore commencer par une série d’obstacles. Un quai trop bas, un cheminement difficile à suivre, une information peu accessible. Depuis ce jeudi 3 septembre, la SNCF présente une gare Nîmes-Centre remise à niveau, après près de deux ans de travaux consacrés à l’accessibilité de ses quais.

    Engagé en septembre 2024, le chantier a d’abord concerné les voies A, B et C, avant de se poursuivre sur le quai de la voie E, dont la rénovation vient achever l’opération. Au total, près de 7,7 millions d’euros ont été mobilisés, financés à parts égales par l’État et SNCF Gares & Connexions. Une transformation qui concerne directement les 4,5 millions de voyageurs fréquentant chaque année la gare.

    Le changement se voit d’abord sous les pieds. Les quais ont été rehaussés pour réduire l’écart avec les trains, leurs revêtements repris et les bandes podotactiles renforcées. Mais une partie essentielle du chantier se remarque moins : bandes de guidage pour les personnes déficientes visuelles, balises sonores déclenchables à l’aide d’une télécommande, éclairage et sonorisation modernisés.

    Le changement se voit d’abord sous les pieds. Les quais ont été rehaussés de 55 cm pour réduire l’écart avec les trains, leurs revêtements repris et les bandes podotactiles renforcées. Un travail mené en lien avec les associations d’usagers. « Dès le départ, nous avons été sollicités pour dresser un état des lieux de l’existant, avant de réfléchir de concert avec les décideurs aux pistes d’amélioration possibles », souligne Frédéric Barety, représentant de la Fédération des aveugles et amblyopes de France. Parmi les lacunes identifiées : des bandes de guidage insuffisantes pour les personnes déficientes visuelles. Car derrière les millions investis et les normes techniques se joue une question autrement plus concrète : celle de l’autonomie. Personnes en fauteuil, déficients visuels, personnes âgées, parents avec poussette ou voyageurs chargés de bagages profitent également de ces aménagements. « Loin d’être un confort supplémentaire, son accessibilité est un droit de chacun », a insisté le maire Vincent Bouget (PCF) lors de la présentation, aux côtés du vice-président de la Région, délégué aux transports, Jean-Luc Gibelin (PCF). La gare du XIXe siècle n’en a toutefois pas terminé avec les travaux. Une rénovation plus profonde de son vaste hall d’accueil est annoncée à l’horizon 2030.

  • Nîmes veut rendre une nouvelle copie pour l’école publique

    Nîmes veut rendre une nouvelle copie pour l’école publique

    À Nîmes, la rentrée scolaire commence par un constat social. Vendredi 28 août, c’est à l’école Capouchiné, l’un des groupes scolaires les plus exposés aux fortes chaleurs, que Vincent Bouget, entouré de son adjoint à l’éducation Pierre-Édouard Détrez et de Fanny Daguenet, conseillère municipale déléguée au périscolaire et à la « Ville à hauteur d’enfant », a présenté la première rentrée de la nouvelle majorité. Un choix de décor loin d’être anodin : dans une ville où près de 42 000 habitants vivent dans la pauvreté et où un tiers des familles sont monoparentales, la municipalité veut faire de l’école publique l’un des premiers terrains de son changement de cap.

    Mardi 1er septembre, 11 000 enfants ont retrouvé les 83 écoles publiques de la ville. Parmi eux, les 7 650 élèves du CP au CM2 ont découvert sur leur table un kit de fournitures : crayons, stylos, colle, règle ou ardoise. Une dizaine d’euros de matériel par enfant, complétée par une hausse de 20% de la dotation versée aux écoles. « C’est une manière très tangible d’agir en faveur du pouvoir d’achat, tout en réaffirmant un principe : l’école publique doit rester un facteur d’égalité réelle pour tous les enfants », défend le maire.

    Des agents enfin

    sortis de la précarité

    Cette logique se poursuit avec la gratuité de l’ensemble des bibliothèques municipales et la remise d’une première carte à chaque enfant entrant au CP. Après l’enveloppe exceptionnelle de 100 000 euros débloquée cet été pour permettre à plus d’un millier de jeunes Nîmois de partir en séjour ou de participer à des activités, la nouvelle équipe tente ainsi de donner corps à son projet de « ville à hauteur d’enfant ».

    Mais le marqueur social le plus significatif se situe peut-être du côté de ceux qui font vivre l’école une fois la classe terminée. La municipalité annonce la titularisation de 90 agents du périscolaire, animateurs ou personnels d’Alaé (Accueil de loisirs associé à l’école). Sur les 822 agents municipaux mobilisés autour des écoles, 469 sont désormais titulaires. « Ils sont dans notre société invisibles socialement mais pourtant essentiels », insiste Vincent Bouget, citant également les Atsem, AESH ou personnels d’entretien, sans lesquels le service public d’éducation ne peut tout simplement pas fonctionner.

    Fanny Daguenet défend, elle, la nécessité de s’appuyer sur des équipes durables : « La sécurité repose avant tout sur la présence d’équipes fiables, formées et reconnues. » Une manière de rappeler que la qualité du service public passe aussi par les conditions d’emploi de celles et ceux qui accompagnent quotidiennement les enfants. La Ville promet en parallèle des recrutements plus encadrés, davantage de formation et un suivi renforcé des équipes.

    À la cantine, où 5 500 repas sont servis quotidiennement, les changements attendront encore quelques mois. La très critiquée plateforme de réservation doit être entièrement revue avec les parents d’élèves, tandis qu’un menu végétarien devra être proposé chaque jour à partir du premier semestre 2027 en complément des menus actuels.

    Faire face à l’urgence climatique

    Reste un chantier autrement plus lourd : celui des murs. Les épisodes de chaleur de juin ont transformé certaines salles de classe en étuves, avec près de 38 degrés relevés à Capouchiné. La mairie reconnaît elle-même le retard accumulé. « Nous ne sommes pas prêts », admet Vincent Bouget, qui promet un vaste « plan école » sur le mandat.

    Pour 2026, 5,4 millions d’euros ont déjà été engagés dans les établissements, dont 1,78 million pour l’isolation et le confort thermique, 826 700 euros pour les sanitaires et 431 700 euros pour l’accessibilité. Neuf classes supplémentaires ont également été aménagées dans des écoles récemment intégrées à l’éducation prioritaire. À Capouchiné, fenêtres et façades ont déjà été reprises ; à La Placette, une toile d’ombrage de 350 m² a remplacé celle installée il y a vingt-cinq ans. Autant de premières réponses, alors que la municipalité promet d’autres interventions avant les chaleurs de juin 2027.

  • La concertation « Bonjour Nîmes » à l’heure de la restitution

    La concertation « Bonjour Nîmes » à l’heure de la restitution

    Après les salles pleines, les micros qui circulent et les doléances déposées quartier par quartier, « Bonjour Nîmes » revient pour une dernière étape. Prévue début juillet mais reportée en raison des fortes chaleurs, la réunion de restitution de cette grande concertation municipale se tiendra finalement mardi 8 septembre, de 18h30 à 20h30, au Parnasse. Un rendez-vous attendu pour Bouget et sa nouvelle équipe, après sept rencontres organisées entre mai et juillet dans les grands secteurs de la ville.

    De l’écoute aux décisions

    Lancée quelques semaines après l’installation de la nouvelle majorité, l’opération voulait donner une première traduction concrète à l’une des promesses de campagne de Nîmes en commun : renouer le lien entre l’hôtel de ville et les habitants. Pendant trois mois, les Nîmoises et les Nîmois ont été invités à parler de leur quartier, de leurs colères, de leurs besoins, mais aussi de leurs envies. Transports, sécurité, propreté, écoles, jeunesse, chaleur, précarité, vie associative : derrière les interventions parfois très concrètes, c’est une même demande de considération qui a traversé les rencontres.

    La restitution du 8 septembre devra dire ce que la Ville retient de cette parole habitante. Après le temps de l’écoute, vient celui des choix : quelles priorités, quels arbitrages, quelle méthode pour inscrire cette concertation dans la durée ? Pour la nouvelle majorité, l’enjeu est politique. Il s’agit de prouver que « Bonjour Nîmes » n’était pas seulement une tournée de début de mandat, mais bien une manière de gouverner autrement. Habitants engagés ou simples curieux sont invités à ce dernier rendez-vous, avec retranscription en langue des signes française.

  • Trottinettes à Nîmes : la phase de prévention se poursuit

    Trottinettes à Nîmes : la phase de prévention se poursuit

    « Nous avons réalisé des centaines de sensibilisations », détaille Nicolas Nadal. L’adjoint à la sécurité à Nîmes se félicite également du lien créé, avec cette phase de prévention, entre les policiers municipaux et la population, loin du tout répressif parfois en vigueur dans d’autres métropoles. Si cette phase devait prendre fin début septembre, elle est finalement prolongée d’un mois, au moins jusqu’à la fin de la feria des Vendanges. « Les étudiants sont partis travailler durant l’été donc nous voulions leur rappeler aussi les règles pour qu’ils ne passent pas une partie de l’argent qu’ils ont gagné cet été dans des amendes », explique Nicolas Nadal.

    L’objectif reste aussi d’informer les utilisateurs de trottinettes qui n’ont jamais reçu de formation avant d’enfourcher leur véhicule électrique. D’autant que les règles ont été durcies à Nîmes : tous les utilisateurs doivent désormais porter un casque et une partie du centre-ville est interdite à la circulation des trottinettes. « Pour l’instant, les automatismes ne sont pas là. Le port du casque n’est pas systématique mais le fait de les sensibiliser est plutôt apprécié de la population. C’est une phase pédagogique où nous avons réalisé des opérations chaque semaine avec des policiers qui rappellent la philosophie autour du port du casque, qui rappellent qu’il faut assurer le véhicule et respecter les zones où ils peuvent circuler. On voit que les règles de conduite : le téléphone, les écouteurs, le sens interdit, sont plutôt méconnues donc le rappel effectué par les policiers est bien accueilli. Nous avons aussi saisi des véhicules qui avaient été débridés car c’est formellement interdit. Bien sûr ce n’est pas gagné, mais nous constatons déjà que de plus en plus de casques apparaissent dans la ville », s’enthousiasme l’élu, qui est également officier de sapeur-pompier.

    Une loi en préparation

    L’élu socialiste a également constaté que les règles étaient moins respectées lorsque la nuit commençait à tomber. Il a donc décidé d’engager en septembre des actions de prévention plus tard dans la journée. « Nous avons fait une très grosse campagne de communication en recouvrant notamment tous les panneaux de la ville. Ce n’est pas possible qu’un Nîmois ne l’ait pas vue. Sur toute la zone interdite aux trottinettes, nous avons aussi mis des panneaux à l’entrée de chaque rue », ajoute Nicolas Nadal. Les élus n’excluent pas non plus d’imposer le port du gilet à haute visibilité, comme c’est le cas à Paris.

    Nicolas Nadal annonce également qu’un projet de loi va être proposé aux parlementaires par la Ville de Nîmes et son maire Vincent Bouget (PCF) pour imposer à tous les utilisateurs de trottinettes électriques le port du casque : « Plusieurs villes imposent le port du casque mais c’est tout de même un vrai problème et c’est pour cela que nous aimerions porter ce projet de loi au niveau national ».