Tag: jeunesse

  • Les valeurs de la francophonie célébrées à Marseille

    Les valeurs de la francophonie célébrées à Marseille

    Dans le cadre de la Journée internationale de la francophonie, ce vendredi, la Maison de la francophonie de Marseille a organisé diverses animations à l’hôtel de Région. Une date consacrée à la promotion de la langue française et des valeurs qu’elle véhicule. Soutenue par la Région Sud, l’événement a réuni le public autour d’ateliers, d’une dictée, d’expositions, d’une table ronde et de plusieurs remises de prix.

    Plus qu’une langue

    En ouverture, Aurore Bruna, conseillère régionale, a rappelé l’engagement de la Région Sud en faveur de la francophonie. La collectivité prévoit d’accorder « une subvention de 5 000 euros à l’événement, sous réserve du vote de la séance plénière du 26 juin prochain ». L’élue a ajouté : « La francophonie est et restera une priorité politique de notre collectivité régionale. » Avant de souligner le rôle du français dans l’éducation, la culture et le rapprochement entre les peuples.

    Le président de la Maison de la francophonie, Jean-Pierre Chiaverini, a pour sa part insisté sur la définition de la francophonie : « Un espace de coopération multilatérale et de solidarité fondé sur des valeurs de paix, de démocratie et d’égalité. » Il a également rappelé le dynamisme de cet espace qui rassemble aujourd’hui près de 400 millions de locuteurs dans le monde et 90 États au sein de l’Organisation internationale de la francophonie.

    Parmi les moments clés de la journée figuraient la remise des prix du concours photo « Dix mots, dix clichés d’un monde à venir », la remise du prix littéraire francophone à l’écrivaine Maria Larrea, ainsi qu’une table ronde consacrée à la contribution de la jeunesse à la « construction d’un monde plus apaisé ». Une manière de rappeler que la francophonie ne se limite pas à une langue, mais constitue aussi un outil de dialogue et de compréhension entre les cultures.

  • Des animations pour valoriser la francophonie à Marseille

    Des animations pour valoriser la francophonie à Marseille

    La Maison de la Francophonie participe, ce vendredi 12 juin, à la Journée internationale de la Francophonie à l’Hôtel de Région, à Marseille. De 9h30 à 17h30, de nombreuses animations, rencontres et expositions, destinées à faire « découvrir la francophonie à Marseille et dans le monde », ponctueront cette journée.

    Rencontres et partage

    Parmi les temps forts, une dictée de la Francophonie, sur le thème « Le monde à venir », sera proposée à 10h (inscriptions ouvertes dès 9h30). À midi, le prix littéraire de la Francophonie sera remis à l’écrivaine Maria Larrea pour son roman Les gens de Bilbao naissent où ils veulent (Grasset). Les lauréats de la dictée seront ensuite récompensés à 12h15.

    L’après-midi sera marquée par une table ronde sur le thème « Génération Paix ! Contribution de la jeunesse pour un monde plus apaisé ». Diplomates, universitaires, étudiants et représentants associatifs « échangeront sur le rôle que joue la francophonie dans la promotion du dialogue et de la paix », avec l’ambition de faire émerger des projets concrets.

    La journée se poursuivra à 16h30 avec le défilé des « Marseillaises venues d’ailleurs », vêtues des tenues traditionnelles de leurs pays d’origine.

    Un pot de l’amitié clôturera ensuite l’événement. Tout au long de la journée, un espace dédié aux écrivains francophones, une exposition des artistes peintres de l’association « Vertiges en Provence », ainsi que plusieurs ateliers ludiques autour de la francophonie seront accessibles aux visiteurs.

    Hôtel de Région – 27, place Jules-Guesde à Marseille (2e).
    Entrée libre.

  • Un projet de Maison de la démocratie pour relancer l’intérêt pour la politique à Toulon

    Un projet de Maison de la démocratie pour relancer l’intérêt pour la politique à Toulon

    Elles veulent poursuivre sur leur lancée et œuvrer pour le débat démocratique. Engagées au sein de Toulon en Commun lors des élections municipales, Marie-Elise Vidal, 23 ans, et Charlotte Clementi, 28 ans, toutes deux militantes écologistes, ont lancé, dans l’entre-deux-tours, le mouvement « Jeunesse Populaire Toulonnaise », face au risque de voir le RN accéder au pouvoir, mais aussi avec la volonté de redonner une voix à la jeunesse face au « sentiment que la politique se fait sans eux. On s’est dit qu’il fallait un élan pour réveiller les consciences, et travailler sur la jeunesse car à Toulon, il n’y a pas cette dynamique présente dans d’autres villes », soutient Charlotte Clementi.

    Un lieu qui dépasse

    les clivages partisans

    C’est donc dans cette optique que les deux amies veulent aujourd’hui créer une Maison de la démocratie, « un lieu physique mais aussi conceptuel, où tous les citoyens peuvent débattre ». Une idée née de leur expérience de campagne : « On a constaté que les jeunes n’étaient pas très engagés, mais aussi qu’il y avait une méconnaissance globale des enjeux locaux. »

    Pour changer cela, et lutter contre l’abstentionnisme, « une des bases du projet », cultiver la confiance est primordial : « Il faut informer les gens, pour qu’ils se sentent écoutés, participent, comprennent les choses, et que les décisions ne soient pas simplement prises à la mairie », appuie Marie-Elise Vidal, qui voit en ce projet une possible rampe de lancement pour « des projets participatifs, où les gens seraient consultés sur ce qu’ils veulent mettre en place, dans leur rue, leur quartier ».

    S’il sera protégé par une charte de respect des valeurs républicaines, de la tolérance et de la diversité, « ce qui pourrait de fait exclure certaines personnes », le lieu se voudra ouvert à tous, sans distinction d’âge, et au-delà des clivages partisans. Car il s’agira aussi de « comprendre pourquoi nous avons autant de désaccords, et pourquoi n’y aurait-il pas des choses pouvant nous rapprocher dans une politique de ville. On ne veut pas être reconnu à travers nos attaches partisanes. Chacun aura son espace », affirme Marie-Elise Vidal.

    Un concept basé sur des expériences similaires en place à Tours et Montpellier, par exemple, pour lequel les deux militantes espèrent un engagement de la mairie, avec qui un rendez-vous est prévu dans les jours à venir. « Il faut que ce soit ancré dans la vie toulonnaise. La mairie y a tout intérêt, pour inclure les citoyens et lutter contre le mécontentement », veulent-elles croire.

  • À Marseille, les élèves sensibilisés aux dangers numériques

    À Marseille, les élèves sensibilisés aux dangers numériques

    Huit écoles élémentaires ont eu l’opportunité, du 1er au 5 juin, de participer à une semaine de rencontres dédiée à la découverte des médias audiovisuels et numériques, animée par des équipes de l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique). Les élèves ont pu explorer les divers types de médias et ont été sensibilisés à l’usage des écrans, pour comprendre la signalétique jeunesse ou encore savoir comment réagir face à un contenu choquant. Au total, 991 élèves, du CP au CM2, ont été concernés par cette initiative portée en partenariat avec la Ville de Marseille.

    Dans une classe de CE1 de l’école Convalescents (1er), la rencontre prend tout son sens. Sur 23 élèves, 9 possèdent déjà leur propre téléphone portable. Tous ont déjà regardé des films « déconseillés » à leur âge. Une grande partie a même déjà joué à « GTA », jeu vidéo dans lequel le joueur incarne des criminels dans un univers marqué par violence et activités illégales.

    Des chiffres qui ne surprennent pas Manon Conan, cheffe du département Éducation aux médias de l’Arcom, qui dirige l’atelier : « énormément de jeunes regardent des films d’horreur et d’autres contenus très violents. Ils ont l’impression que ça ne les impacte pas. Les thématiques abordées portaient donc surtout sur la manière de se protéger lorsqu’on est exposé à ce type de contenus. » Ce constat dépasse largement cette classe. « Les réseaux sociaux sont supposés être accessibles à 13 ans – peut-être 15 demain – et aujourd’hui, 50% des enfants de 12 ans ont un compte Snapchat ou TikTok », note le président de l’Arcom, Martin Adjani, présent pour clôturer la semaine.

    Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille déléguée à l’éducation, confirme l’urgence : « Quand on discute avec le réseau de formation des professionnels de l’éducation, Canopé, ils nous disent qu’il y a une réelle demande de formation des enseignants. »

    La Ville a choisi d’agir tôt. « Depuis 2020, elle est un laboratoire innovant sur l’enseignement du numérique dans les écoles », explique Christophe Hugon, conseiller délégué aux relations avec les acteurs du numérique. Une démarche pensée sans culpabiliser les parents : « Ils sont souvent demandeurs d’outils pour que l’éducation de leurs enfants dans l’espace numérique se passe aussi bien que dans l’espace urbain. » L’Arcom envisage d’inscrire l’initiative dans la durée et de la déployer.

  • Anciens enfants juifs cachés, ils transmettent aux plus jeunes

    Anciens enfants juifs cachés, ils transmettent aux plus jeunes

    Charles Lastmann n’avait que 5 ans lorsque plusieurs membres de sa famille et lui sont arrêtés à Toulouse, en 1941, parce qu’ils sont juifs. Cet enfant, réfugié d’Allemagne, est séparé de son père, mais reste avec sa mère, pourtant contrainte de le confier à l’Œuvre de secours aux enfants (OSE). « Rachitique et couvert de vermines », il est soigné par la maternité de l’Elne, avant d’être envoyé en Creuse. En France, les rafles se multiplient. Ses parents font appel à une assistante sociale, active dans un réseau de sauvetage, qui le confie à une famille de paysans, Irénée et Noémie Combe, dans le Rhône.

    À cette époque, l’Occupation nazie force des centaines de parents à abandonner leurs enfants dans l’espoir d’un avenir meilleur. Cachés par d’autres citoyens, c’est grâce à la protection de ceux que l’on a appelés les « Justes » qu’une poignée d’entre eux est aujourd’hui encore en vie pour témoigner. Ce mardi, ils étaient une délégation de 29 enfants cachés, rescapés de la Seconde Guerre mondiale, à se rendre au Camp des Milles pour rencontrer près de 80 élèves du collège Jean-Marc Gaspard Itard (Oraison).

    « Entre le bien et le mal »

    L’initiative est à l’origine du Fonds social juif unifié (FSJU). « Vous avez face à vous non seulement des personnes qui ont subi, mais des personnes qui ont surmonté. C’est un des messages importants que cette journée porte : les victimes sont très souvent résistantes et résilientes », rappelle Alain Chouraqui, président de la Fondation du Camp des Milles.

    Venus de Lyon et de Marseille, ils sont deux, notamment, à avoir témoigné de cette Résistance dont ils ont bénéficié. Mais aussi des horreurs du nazisme. La douleur de la perte de proches. Reine Peres, née en 1939 à Marseille, évoque longuement cette voisine qui « faisait les courses à notre place, qui faisait le maximum. Cette femme – et c’est dommage que nous n’ayons pas pu faire de sa famille une famille de Justes -, ce qu’elle a fait était exceptionnel. Et cela a duré plusieurs années. » Si Reine Peres et certains de ses proches s’en sortent, plusieurs membres de sa famille connaissent la déportation. Les chambres à gaz. « On est toujours entre le bien et le mal, le miracle et la tragédie », confie-t-elle à propos de cette période.

    Face à ces deux enfants devenus nonagénaires, le silence pèse dans la salle. Aux témoignages longs et parfois difficiles s’ajoutent les interventions d’une partie de la délégation des 29. Il y a notamment cette femme, impeccablement habillée, Luxembourgeoise ayant « atterri » à Marseille, avant de « terminer son parcours à Izieu. Je fais partie des trois derniers survivants du mémorial ». À Charles Lastmann et Reine Peres, une élève pose la question : « Mais comment, en tant qu’enfant, vous viviez la guerre ? ». « Par une trouille immense », résume Charles Lastmann.

    Sylvie Altar, docteure en histoire, membre associée à Larhra (Lyon II), insiste : « À la veille de la guerre, les juifs ne représentaient que 0,7% de la population (…). 330 000 personnes pour lesquelles le régime de Vichy va mettre en place une législation antisémite (…). Se met en place ce qu’on appelle le processus génocidaire.  » Et d’ajouter : « Tant qu’on témoignera, on se protégera de dangers qui nous menacent. »

    À la sortie de cette rencontre, Emma concède : « Pour certains mots, j’avais les larmes aux yeux. C’était émouvant. » À l’avenir, poursuit la jeune fille, «  il faut faire au mieux pour limiter le plus possible l’antisémitisme et le racisme en France, voire dans le monde entier. Il faut que ça s’arrête, ça n’a pas lieu d’être, ça sert à rien et ça ne changera pas le monde ». Pour Angélina, « c’est important de raconter. Si on n’est pas au courant, on ne peut pas connaître les solutions ». On raconte « pour ne plus que ça arrive », résume de son côté Charles Latsmann, alors « qu’aujourd’hui, on est comme en 1930, le fascisme sort de partout ».

  • Daniel Pennac à la rencontre des jeunes de la Busserine

    Daniel Pennac à la rencontre des jeunes de la Busserine

    Le temps d’une rencontre, la bibliothèque du Merlan prend des allures de salle de conférences où des doigts levés s’érigent tels des fusées. Face à des rangées d’enfants du quartier du Grand Saint-Barthélemy, Daniel Pennac. Cet auteur, « le plus grand écrivain du monde » d’après un des enfants, a été sollicité par le comité Mam’Ega pour échanger sur deux de ses œuvres, Kamo et Moi et L’Œil du loup.

    Créations artistiques

    Pour l’occasion et à l’initiative du comité, deux classes de l’école élémentaire de la Busserine ainsi que les collégiens du collège Pythéas ont produit des travaux mêlant podcast, art plastique, vidéo et lecture autour de ces deux livres.

    La rencontre a pour ambition de donner le goût de la lecture aux jeunes, de stimuler leur créativité et surtout d’encourager la fréquentation des lieux culturels. Ali Akroun, directeur de la bibliothèque, se félicite de l’événement qui traduit l’engagement du lieu : « C’est important que des rencontres comme celle-ci se passe parce que ça permet de mettre en lumière notre travail mené à l’année : rendre la culture accessible à tous ». Les enfants attentifs du début jusqu’à la fin semblent eux aussi sensibles à cette démarche. Kaïm s’exclame devant le reste de la classe : « Il est rigolo Pennac, ça m’a donné envie d’écrire ! »

    Vincent Schneegans, avocat et président de l’association Des livres comme des idées, est à la genèse de cette rencontre. Ancien élève de Daniel Pennac, il lui a présenté le livre de Françoise Ega, alias Mam’Ega, qu’il a par la suite préfacé.

    L’héritage de Mam’Ega

    Pour l’avocat, il y a un devoir de faire vivre la mémoire de l’autrice : « Tout part du livre de Mam’Ega parce que c’est son héritage ce quartier et qu’elle mérite d’être connue ». Daniel Pennac a eu une véritable rencontre littéraire avec son œuvre alors « tout ce qui touche à son univers me plaît et ça me fait plaisir d’être ici », affirme-t-il. Plus largement c’est la rencontre avec les enfants qui l’anime : « Les enfants c’est la vie vivante » Pour son fils, Jean Marc Ega, faire vivre la mémoire de sa mère, c’est entretenir une figure de proue dans leur travail associatif : « Elle et comme beaucoup de femmes nous permet de mettre en avant la culture dans notre quartier en mutation. C’est par ce biais qu’on s’ouvre au monde. C’est en joignant les histoires et les mémoires qu’on crée la rencontre entre les personnes. Cet esprit d’ouverture, c’est l’héritage de Mam Ega ».

  • [Rue de la République] Amine Kessaci : « Rendre aux jeunes Marseillais la capacité de rêver volée par le narcotrafic »

    [Rue de la République] Amine Kessaci : « Rendre aux jeunes Marseillais la capacité de rêver volée par le narcotrafic »

    Son parcours, son élection

    Didier Gesualdi : On connaît ici votre parcours depuis que vous avez 16-17 ans et que vous militez contre le narcotrafic. Que ressentez-vous après cette élection ?
    Merci de me donner la parole. Cette entrée en responsabilité, elle marque un engagement, la volonté du maire de Marseille de donner une place importante à la lutte contre le narcotrafic dans son exécutif, une place importante à la jeunesse et qui vient concrétiser plusieurs années de militantisme où j’ai pu interpeller, alerter, sensibiliser sur la vie des habitants des quartiers populaires de cette ville. Aujourd’hui c’est donc un immense honneur et une grande responsabilité que d’être à ces fonctions. Je suis également président de Marseille Habitat, le bailleur social de la Ville, ce qui donne un certain nombre de leviers pour agir concrètement.

    Didier Gesualdi : On sait que vous avez été marqué par l’assassinat de deux frères. Vous êtes la cible des narcotrafiquants. Vous avez choisi d’en faire une force. Avez-vous hésité avant d’être candidat ?
    Bien sûr. Lorsque vous avez cette part de culpabilité qui vous ronge, après ce que j’ai vécu en novembre, la question se pose. Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Est-ce que mon engagement ne mettrait pas aussi en danger d’autres personnes ? C’est quelque chose que j’ai très vite traité, réglé. J’ai questionné les services de police, le maire de Marseille qui a dit en fait « on n’a pas peur, on y va, on envoie un message ». Aujourd’hui, je pense que ce vécu, cette histoire personnelle, viennent raconter que dans ce pays on a voulu regarder ailleurs. On a regardé ce qu’il se passait au Mexique, en Italie et pendant ce temps-là, on n’a pas vu que le monstre était en train de s’éveiller et de grossir dans notre pays. Incarner cette lutte, ça peut être un film Netflix où on vient héroïser quelqu’un mais ça peut aussi être l’occasion d’expliquer que la puissance publique a trop longtemps attendu et hésité sur la question du narcotrafic. Aujourd’hui, ce n’est clairement pas le cas à la mairie de Marseille.

    La lutte contre le narcotrafic

    Léo Purguette : Est-ce que cette parole-là sur le narcotrafic, venant de la gauche, a permis de contrecarrer le vote d’extrême droite ?
    Je ne sais pas, ce serait très prétentieux de ma part de venir dire que ma candidature est venue résoudre ou contribuer à quoi que ce soit dans cette victoire. J’ai pris ma part de responsabilité. Je suis un enfant de cette ville, des quartiers Nord qui a vu le danger de l’extrême droite. Et bien sûr je suis arrivé dans cette campagne 15 jours après des sondages qui annonçaient une possible victoire de l’extrême droite. Il faut qu’à gauche on se saisisse de ces questions de sécurité, il ne faut pas qu’on ait peur de parler de la police, avec la police, de porter des mesures sécuritaires. On a besoin de la prévention, du social mais le monde des bisounours, c’est pas le nôtre. On a aussi besoin de la répression, de condamner des gens lorsque c’est nécessaire. Je me suis montré très favorable aux prisons de haute sécurité de M. Darmanin. Pourquoi ? Pas parce que j’ai envie que des gens soient incarcérés. Je ne crois pas à l’efficacité du système carcéral, mais parce que les personnes qui sont dans ces prisons de haute sécurité sont ceux qui depuis les prisons classiques commanditent des meurtres, ont fait couler le sang de mon petit frère, n’ont pas peur de tuer des gens. Le niveau de barbarie qu’ils ont atteint fait peur en effet. Les personnes qui critiquent ou attaquent la gauche sur la question sécuritaire, sont les amis de Nicolas Sarkozy. Celui qui dans ce pays a détruit la police de proximité, qui a dit « je vais sortir le Kärcher » et qui a en réalité tout enlevé à la police. On n’a pas de leçon de morale à recevoir de ces personnes-là.

    Didier Gesualdi : Vous vous êtes opposé aux expulsions de familles de narcotrafiquants. Ce n’est pas la solution pour vous ?
    Je suis étudiant en Droit. Quand j’ai commencé les études ma prof m’a appris que dans ce pays on ne punit pas des gens pour les agissements de leurs proches ou de leur famille. Ça veut dire quoi ce genre de punitions collectives ? Tant pis pour les petits frères ? Tant pis pour la petite sœur qui passe le bac ? Je me félicite des décisions de la justice qui ont annulé ce genre d’expulsions.

    La jeunesse

    Didier Gesualdi : Vous êtes en charge de la jeunesse qui est particulièrement visée par les réseaux de narcotrafic.
    Bien sûr qu’ils recrutent des personnes de plus en plus jeunes pour aller commettre des assassinats, des atrocités. On constate un rajeunissement parmi les coupables mais aussi parmi les consommateurs. Le maire de Marseille me donne cette délégation pour redonner une perspective d’avenir à la jeunesse. J’ai envie que les jeunes puissent rêver. C’est ce que les narcotrafiquants ont réussi à confisquer. Au-delà de nous voler nos vies, les narcotrafiquants viennent voler un des pouvoirs de l’école de la République : faire rêver, dessiner des perspectives d’avenir. Une de mes missions principales, c’est de redonner envie à cette jeunesse de rêver, de sortir l’été, d’avoir des activités, de pouvoir se projeter dans la vie. On travaille des dispositifs spécifiques pour l’insertion professionnelle, pour protéger la jeunesse face au narcotrafic et notamment pour faire partir des jeunes loin des réseaux.

    Léo Purguette : Ça veut dire des relogements ?
    Oui, avec Marseille Habitat on va porter un comité inter-bailleurs pour reloger les familles de victimes. C’était ce pourquoi je militais à l’association Conscience et c’est ce qu’on va faire aujourd’hui.

    La justice

    Léo Purguette : Il y a quand même eu des condamnations dans ce procès XXL de la DZ mafia. Celui du chef présumé du clan Yoda est en cours. N’avez-vous pas le sentiment que la justice avance ?
    Oui je crois que la justice avance. Je porte une grande confiance aux femmes et aux hommes qui essaient de la faire avancer. J’ai un très grand respect pour la profession d’avocat, je souhaite moi-même devenir avocat pénaliste mais je leur dis : « Attention quand vous faites rentrer des téléphones en prison vous vous rendez complices de ce système barbare. » J’entends que certains avocats ont été menacés, d’autres l’ont fait pour quelques milliers d’euros pour partir en vacances. Mais je pense malgré tout que la justice avance, elle avance à petits pas. On a besoin de remettre des moyens considérables dans la justice. Il y a besoin de rattraper des années de lacunes et ce n’est pas maintenant qu’il faut freiner.

    Changer Marseille

    Léo Purguette : Vous avez été désigné président de Marseille Habitat. Quelle est votre feuille de route ?
    Le maire de Marseille met une attention particulière sur le parc social du centre-ville où Marseille habitat a plus de 80% de son patrimoine. À Marseille on a connu la rue d’Aubagne, on sait ce que veut dire le mal-logement. À Marseille Habitat, on a rendez-vous avec notre histoire. On va voir tous les actionnaires pour leur dire « mettez des sous ». La Ville a dit ok, je suis en train de rencontrer tous les autres actionnaires de Marseille Habitat qui devraient suivre le mouvement. L’objectif est de faire rentrer 22 millions d’euros dans les caisses cette année pour des réhabilitations rapides. Il y a 40 immeubles en arrêtés de péril. On a aussi un objectif de 50 biens construits par an que l’on souhaite ensuite doubler. J’ai une grande confiance en les personnels de ce bailleur. Audrey Gatian a fait un travail remarquable avec le directeur général Frédéric Pâris pour mettre de la méthode.

    Didier Gesualdi : Vous aviez interpellé le président de la République lors d’un de ses déplacements. Est-ce que cela a eu des effets depuis ?
    Il y a eu des choses. Je suis de ceux qui ont été très critiques à l’égard du plan Marseille en grand, parce qu’il a oublié plein de choses. Heureusement qu’il y a eu la Ville de Marseille pour porter le plan écoles. Le président de la République a marqué plusieurs fois son attachement à la Ville. Il avait la volonté de faire des choses. Il a mis des moyens qu’on a jamais vus. On ne peut pas lui enlever. La méthode n’était peut-être pas la bonne.

    Didier Gesualdi : Pourquoi ?
    Où est la place des acteurs et actrices associatifs dans ce plan ? Où est la parole des habitants ? On n’a pas besoin du plan Marseille en grand mais du plan des Marseillaises et des Marseillais, fait par nous, construit avec celles et ceux qui vivent et dorment ici. Dans ce plan on parle de sécurité mais pas de narcotrafic. Prévoit-il le relogement des familles de victimes ? Non. Est-ce qu’il prévoit le dépaysement des jeunes qui tombent dans les trafics ? Non. Quand on décide de mener une guerre, on se donne tous les moyens, c’est-à-dire aller chercher les têtes de réseaux à Dubaï. Comment ça fonctionne ? En pyramide, au même titre que le capitalisme d’ailleurs. Au pied de la pyramide du narcotrafic, il y a des jeunes qui triment pour moins qu’un Smic, se font frapper, n’ont jamais les bons avocats, tombent en premier sous les balles et puis au sommet, on a quelques personnes qui vivent à l’étranger, Dubaï, Thaïlande, Émirats arabes unis, et engrangent les milliards que génère le narcotrafic. Ils ne sont jamais embêtés et ont les meilleurs avocats. C’est ce qui me fait peur dans la narcocratie : ces gens-là n’essayent même plus de nier leurs responsabilités, ils contournent la loi. On a vu le procès de la DZ mafia où l’un des accusés a été acquitté. La justice sait qu’il a une responsabilité mais au vu du plaidoyer… acquittement.

    Le cannabis

    Didier Gesualdi : Êtes-vous favorable à une dépénalisation du cannabis ?
    Ma position est très claire. On est dans une société sous dépendance dans laquelle faire la fête, faire l’amour sans tirer un rail de coke n’est plus possible. Quand les gens finissent de travailler le soir la première chose qu’ils font en rentrant chez eux, ce n’est même plus de dire bonsoir à leur famille et à leurs proches, c’est de se jeter sur leur canapé et de tirer sur un joint de shit. C’est ça la réalité. Je pense que ces personnes, qui parfois sont des personnes malades, qui ont une grande détresse en elles, qui sont des personnes addictes, qui ont besoin d’accompagnement socio-médical. Je pense qu’on peut, en légalisant le cannabis – je ne suis pas favorable à la dépénalisation – mener un programme de prévention, de santé publique. La dépénalisation, c’est laisser tranquille le consommateur mais continuer à taper sur les jeunes de cité qui vendent. Il faut un plan qui viendrait dire aux consommateurs « attention si vous continuez à aller acheter de la drogue illégale, vous avez du sang sur les mains ». Je le redis, être de gauche ce n’est pas être un bisounours.

    La protection policière

    Léo Purguette : On rappelle que vous êtes sous protection policière, exercer votre mandat au contact de la jeunesse est-il possible dans ces conditions ?
    Bien sûr. Depuis ma prise de fonction, je suis allé partout. Vous m’avez invité ici, à La Marseillaise, il y a moins d’une semaine et je suis devant vous. Je suis allé à la rencontre de nombreuses personnes, j’en ai aussi beaucoup reçu. Mon objectif n’est pas de communiquer partout sur chaque événement. Je pourrai le faire, demander qu’on déploie tous les effectifs de police, mais mon objectif n’est pas là. Je veux aller où c’est nécessaire. Quand je me déplace oui, il faut calculer, non pas pour moi-même mais pour les personnes que cela pourrait mettre en danger.

    La question des lecteurs

    Magali : On demande de plus en plus d’expérience aux jeunes, mais il devient très difficile de trouver un stage, même obligatoire pour les études. Comment la municipalité peut-elle soutenir les jeunes et les entreprises locales pour faciliter l’accès aux stages à tous les niveaux d’étude ? Pour certaines formations pas de stages, pas de validation pour une première année de licence sociale… C’est du vécu.
    C’est une vraie question. On dit aux jeunes « vous ne voulez pas travailler » mais quand ils se présentent dans des entreprises, on leur répond « vous n’avez pas assez d’expérience ». C’est d’ailleurs ce que j’ai pu lire dans les commentaires des différents articles de presse annonçant mon élection à la tête de Marseille habitat. Pardon mais, en effet je n’ai pas eu l’occasion d’être président d’un bailleur social à 14 ans. Plus sérieusement, je suis administrateur de l’école de la deuxième chance et de la mission locale, j’ai lancé la discussion avec ma collègue Hanifa Taguelmint, élue à l’emploi et à l’insertion, pour travailler un dispositif qui serait en quelque sorte « une banque des stages » pour regrouper les offres de stages qui existent dans la Ville. Je suis également chargé des services civiques, c’est vraiment important dans la lutte contre le décrochage scolaire, contre le narcotrafic. Le maire m’a aussi fait l’honneur d’être président du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance, et dans ce cadre, je vois bien l’importance de traiter la question des stages.

  • Éclats de lire revient pour une 13e édition au Vigan

    Éclats de lire revient pour une 13e édition au Vigan

    Face aux écrans, les festivals de littérature jeunesse font de la résistance ! Ce sera encore le cas les 29, 30 et 31 mai au Vigan qui accueille la 13e édition des Éclats de lire et espère rassembler une partie des enfants des Cévennes en proposant des ateliers, lectures, spectacles et des rencontres avec des auteurs.

    Le festival s’ouvre par une soirée vendredi 29 mai (18h) au cinéma Le Palace avec la projection Le Secret des mésanges, un long-métrage d’animation en papier découpé d’Antoine Lanciaux et Pierre-Luc Granjon, qui sera suivie par un échange avec Samuel Ribeyron, directeur artistique des décors du film.

    Dédicaces et spectacles

    À partir du samedi, pas moins de 11 ateliers sont organisés autour d’une fresque de la nature, d’images perdues du monde, de dessins de BD et de mangas ou encore sur les différentes techniques de dessin. Trois lectures « vitaminées » sont également au programme (15, 16 et 17h). Le spectacle Folkestone qui interroge les préoccupations de préadolescents, clôturera la journée à l’école Jean-Carrière (19h30, dès 8 ans).

    Dimanche, le programme sera encore plus fourni avec 13 ateliers, deux lectures, une parade (16h) et deux spectacles à l’auditorium. Le premier, Puisette et fragile (dès 4 ans) se déroule à 11h et s’appuie sur des papiers découpés pour illustrer un monde fantastique et aborder la notion de partage. Le deuxième, Cache-toi, Arsène! (16h45, dès 6 ans) rappelle le film Ratatouille où le rat n’est cette fois pas amoureux de la bonne cuisine française mais de la musique, passion qu’il partage avec son maître, Jean le pianiste.

    Tout le week-end, des séances de dédicaces avec huit auteurs présents, dont Romain Badel ou Magali Bardos, sont aussi organisées (samedi après-midi et dimanche toute la journée) dans les jardins du château d’Assas. Trois expositions seront aussi disponibles sur les insectes et les carapaces à plume à la médiathèque et sur l’école de l’imaginaire dans le hall du château.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Amine Kessaci

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Amine Kessaci

    Jeunesse, narcotrafic, Marseille habitat, actualité marseillaise…

    À vous la parole ⬇️

  • [Entretien] Bastien Bonnargent : « Il y a un sentiment de déclassement chez les jeunes »

    [Entretien] Bastien Bonnargent : « Il y a un sentiment de déclassement chez les jeunes »

    La Marseillaise : Vous avez été élu ce dimanche à la tête du MJCF. Quel est votre parcours ?

    Bastien Bonnargent : J’ai adhéré à la JC en 2016, dans le département dans lequel j’ai grandi, les Hautes-Pyrénées. Mais comme beaucoup de jeunes des Hautes-Pyrénées, j’ai déménagé très vite pour faire des études d’histoire dans la métropole toulousaine, où j’ai pris mes premières responsabilités jusqu’à devenir secrétaire fédéral. En 2024, je suis ensuite rentré à la coordination nationale de la JC. Et désormais, c’est un nouveau mandat qui s’ouvre.

    Quelles sont les priorités
    de ce mandat ?

    B.Bo. : C’est toute une équipe de direction nationale qui est renouvelée. Nos priorités, pour les mois et années à venir, c’est de continuer le travail de renforcement engagé pour construire une organisation qui s’adresse à toute la jeunesse, dans sa diversité. Nous nous fixons comme objectif de nous implanter au maximum dans les lieux de formation professionnelle, dans les lieux d’emploi, pour toucher un public moins politisé que dans les lycées généraux ou les grands pôles universitaires, et qui pourtant constituent les futures forces vives du pays. Nous avons engagé depuis l’année dernière une campagne pour la création d’emplois pour nous adresser à eux sur les conditions de stage, d’apprentissage, leur orientation. Nous voulons les impliquer au maximum pour faire émerger des responsables qui viennent de ces milieux.

    C’est presque à rebours des autres organisations de jeunesse qui ciblent plus les universités
    et les quartiers populaires ?

    B.Bo. : Nous voulons développer une conscience de classe, nous adresser à tout le monde. Nous militons bien sûr dans les facs, les résidences étudiantes, mais nous voulons éviter de nous adresser à un petit cercle déjà convaincu. Les jeunes dans les milieux professionnels sont pour beaucoup confrontés aux effets les plus immédiats du capitalisme, ils subissent la casse de la formation, la baisse du salaire des apprentis, les conditions de stage de plus en plus difficiles. On le voit avec le nombre de jeunes morts au travail qui augmente de manière fulgurante. Et ces lieux de formation ou d’emploi sont le plus souvent dans les quartiers populaires.

    La présidentielle est un moment de politisation pour une jeunesse qui a surtout connu Emmanuel Macron au pouvoir. Vous l’abordez comment ?

    B.Bo. : Nous n’avons pas encore de position arrêtée, mais il ne faut pas avoir peur de ce que nous sommes, des communistes, et de revendiquer ce que nous portons au quotidien sur la création d’emplois, contre l’impérialisme. Nous devons être les plus offensifs possible. Nous sommes dans un moment où il y a énormément de résignation, il y a un sentiment de déclassement très fort chez les jeunes. C’est dans les endroits où nous militons, les CFA, les lycées professionnels, que le Rassemblement national s’implante alors nous devons pousser pour créer de la conscience de classe et transformer la colère sociale des jeunes en levier de transformation sociale.