Tag: école publique

  • Une belle démonstration de force et d’unité autour des services publics

    Une belle démonstration de force et d’unité autour des services publics

    Ce 29 septembre, les cortèges ont fait le plein dans l’Hérault et le Gard
    à l’appel d’une large intersyndicale de la fonction publique (la CGT, FO,
    la CFDT, l’Unsa, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP). Un coup de pression à la veille des arbitrages du gouvernement pour le prochain budget – dont la présentation avait lieu le 1er octobre – afin de protester contre le recul du pouvoir d’achat et demander davantage de moyens.
    À Montpellier, 7 000 personnes ont défilé selon les syndicats, 4 500 selon la police. La manifestation nîmoise, elle, a rassemblé 2 500 manifestants selon les syndicats. Des cortèges denses qui ont réuni des agents des trois fonctions publiques (État, collectivités, hôpital), auxquels se sont joints
    de nombreux jeunes, étudiants mais aussi lycéens, mobilisés dès le début de la journée avec le blocage de leurs établissements.

    Philippe Enjelmann, Infirmier aux urgences psychiatriques du CHU de Montpellier :
    « J’ai des collègues à l’hôpital qui dorment dans leur voiture »

    L’hôpital est attaqué et déconstruit méthodiquement depuis des années par le gouvernement main dans la main avec la direction de l’hôpital, si bien qu’on a de moins en moins de budget pour prendre en charge les patients. En psychiatrie, où je travaille, deux unités entières ont fermé ces 7 dernières années. Ce qui conduit à des situations comme samedi dernier [26 septembre, NDLR] : aux urgences, on avait un patient qui devait être hospitalisé rapidement, mais sa prise en charge a tardé faute de place et un collègue infirmier a été victime d’une agression qui lui a valu 10 jours d’ITT.

    C’est catastrophique en premier lieu pour les patients, qui voient leur prise en charge dégradée et sont accueillis dans des locaux qui ne sont pas adaptés, avec des personnels pas formés comme il faudrait. Et nous, en tant que travailleurs, non seulement on perd le sens de notre travail mais on se demande comment on va rentrer le soir… Quelle est la prochaine étape ? Se faire tuer au travail ? Tout ça pour un salaire qui fait que le 10 du mois, j’en suis déjà à attendre ma paie ? Et encore, je ne suis pas le plus mal loti : j’ai des collègues à l’hôpital qui n’ont pas un salaire assez important pour payer un loyer, si bien qu’ils dorment dans leur voiture et se douchent discrètement dans les vestiaires… On en est là. La réalité de l’hôpital aujourd’hui, c’est que les gens qui vous soignent galèrent à vivre. C’est cet avenir de précarité et de déconstruction du service public qu’on combat. »

    Audrey Amiel, Sapeur-pompier à Lunel
    « On n’a pas les moyens de faire bien le travail qu’on devrait faire »

    On n’a pas les moyens de bien faire le travail qu’on devrait faire. Ça m’attriste car c’est la population qui est touchée en premier. Manque de moyens financiers, humains, matériels : tout est imbriqué. Il y a une espèce d’étouffement général de la fonction publique, qui se ressent au quotidien.

    Je suis sapeur-pompier professionnel depuis 2010. Les conditions de travail ont beaucoup évolué, notamment avec ces départs de carence d’ambulances privées, qui se sont multipliés. Ce sont des interventions qui, normalement, ne font pas partie de notre travail. Mais quand vous avez un problème en France et que personne ne peut y répondre, on envoie les pompiers. Donc quand il n’y a plus d’ambulanciers privés pour emmener quelqu’un à l’hôpital, c’est nous qu’on sollicite. Or quand on fait ça, on ne peut pas faire une vraie urgence derrière. On nous sollicite tellement qu’on se retrouve en manque d’effectifs, parce qu’on ne peut pas faire le travail des autres et le nôtre. On a juste envie de revenir aux fondements de notre métier : faire du secours, de l’urgence. Pas du transport.

    Outre des recrutements, on voudrait également avoir des outils de travail qui permettent de protéger notre santé. Depuis des années, on intervient sur des feux de forêt sans se protéger… Enfin, s’agissant des salaires, le dégel du point d’indice des fonctionnaires est un des mots d’ordre de la mobilisation auquel nous nous associons en tant que fonctionnaires territoriaux. »

    Corinne Place, Enseignante dans le 1er degré à Nîmes

    « On encaisse, on encaisse, mais là ce n’est plus possible »

    Je suis enseignante dans le premier degré, avec une classe de CP, CE1 et CE2 dans le nord du Gard. Si je suis là aujourd’hui, c’est pour défendre le service public, mais aussi nos conditions de travail et notre pouvoir d’achat. Cela fait des années que nos rémunérations stagnent et que notre niveau de vie se dégrade. On encaisse, on encaisse, mais à un moment, ce n’est plus possible.

    Dans les écoles, ce manque de moyens se voit partout. Le symbole qui parle pour tous les autres, c’est les AESH, indispensables pour accompagner les élèves en situation de handicap mais qui restent dans une très grande précarité. Nous demandons qu’elles aient enfin un véritable statut, qu’elles soient formées, reconnues et suffisamment nombreuses.

    Et puis il y a l’état des bâtiments. Cette année encore, avec les fortes chaleurs dès le mois de mai, certaines classes sont devenues très difficiles à supporter. On sait depuis des années qu’il faut adapter les écoles au réchauffement climatique. Parfois, il suffirait déjà de choses simples : des stores, des volets, des brasseurs d’air, la possibilité d’aérer les bâtiments tôt le matin. Les collectivités font avec leurs moyens, mais ils sont limités. Au bout du compte, ce sont les personnels et surtout les élèves qui subissent. Défendre une école publique forte, cela suppose de lui donner réellement les moyens de fonctionner. »

    Francis Foussard, Ingénieur hydraulique au CD30 à Nîmes.
    « Par ces chaleurs, c’est surtout le point d’indice qu’il faut dégeler »

    Nous sommes là pour défendre le service public, les conditions de travail de ses agents et leurs rémunérations. Ce qui nous inquiète aujourd’hui, c’est la perspective d’un nouveau budget d’austérité qui viendrait encore réduire les moyens de la fonction publique. Mais cet été a aussi montré très concrètement ce que signifie le manque de moyens face au dérèglement climatique. Au Conseil départemental, on le voit notamment pour les collègues qui travaillent sur les routes. Lors des épisodes de canicule, certains se retrouvent exposés à des températures très importantes et nous demandons encore qu’un véritable plan de travail adapté soit mis en place. On ne peut pas demander aux agents d’assurer leurs missions en mettant leur santé en danger.

    Même constat pour les services d’incendie et de secours. Cet été a montré jusqu’où peut aller cette impréparation : en Gironde, les incendies ont entraîné le plus grand déplacement de population depuis la seconde guerre mondiale, tandis que plusieurs agents ont perdu la vie et que des dizaines d’autres ont été blessés lors des interventions. On demande des moyens humains, des conditions de travail dignes et, évidemment, une revalorisation salariale. Le dégel du point d’indice est indispensable. Et par ces fortes chaleurs, c’est peut-être bien le dégel que les fonctionnaires attendent le plus ! »

  • Dans le Gard, l’École fait sa rentrée à moyens comptés

    Dans le Gard, l’École fait sa rentrée à moyens comptés

    La rentrée est passée, mais les difficultés, elles, restent bien installées. Classes fermées, postes vacants, AESH en nombre insuffisant, bâtiments surchauffés : dans le Gard, la FSU décrit une école publique sommée de faire toujours plus avec des moyens qui, eux, ne suivent pas.

    « Du point de vue de l’administration, la rentrée peut sembler réussie. Sur le terrain, le constat est beaucoup plus inquiétant », résume Pascale Thoirey, secrétaire de la FSU 30. Dans le premier degré, le syndicat dénonce notamment les fermetures de classes décidées à la rentrée, une fois les équipes et les familles déjà organisées. Enseignants déplacés après avoir préparé leur année, matériel commandé, élèves redistribués : « Derrière une ligne supprimée sur la carte scolaire, c’est toute la vie d’une école qui doit être réorganisée en urgence. »

    Pour la FSU, la baisse démographique devrait pourtant être l’occasion de faire respirer les classes. Moins d’élèves pourraient permettre de réduire les effectifs, de mieux accompagner. « Cette baisse du nombre d’élèves devrait être une opportunité pédagogique, pas un prétexte à de nouvelles suppressions de postes », insiste Pascale Thoirey. Le syndicat redoute au contraire de voir s’imposer une nouvelle fois la logique comptable.

    Dans le secondaire, les manques sont déjà visibles. Dans le Gard, 16 postes d’enseignants d’EPS sont vacants et 225 heures de cours restent non attribuées, soit l’équivalent de 13 temps pleins. Dix postes d’assistants d’éducation ont également été supprimés. Quant aux moyens de remplacement, ils servent déjà en partie à combler les postes laissés vacants, réduisant la capacité à répondre aux arrêts maladie ou aux congés maternité.

    Une école inclusive… sans les moyens

    « On demande aux équipes de rendre l’école inclusive sans leur donner les moyens de l’être réellement », résume Pascale Thoirey. Les AESH en sont l’un des exemples les plus criants : souvent recrutées sur des temps partiels imposés autour de 62%, certaines débutent avec seulement 800 à 900 euros par mois. De plus, des élèves censés être accompagnés toute la semaine ne le sont parfois qu’à temps partiel, les heures étant réparties entre plusieurs enfants. Et le manque de moyens ne s’arrête pas aux effectifs. La syndicaliste raconte le cas d’une collègue AESH qui a dû financer elle-même une formation en langue des signes pour accompagner une élève sourde, l’Éducation nationale ayant refusé de la prendre en charge.

    Comme si les tensions n’étaient pas suffisantes, la chaleur s’est aussi invitée dans les classes dès les premiers jours de septembre. Jusqu’à 38°C ont été relevés dans un atelier du lycée Hemingway à Nîmes. Plusieurs établissements nîmois ont même dû suspendre des cours. « Ma propre classe est à 30°C quand j’arrive le matin, à 7h », témoigne Pascale Thoirey. Ventilateurs, volets fermés, changement de salle : dans bien des établissements, l’adaptation repose encore sur le système D. « On ne peut plus considérer ces épisodes comme exceptionnels. Le bâti scolaire n’est pas adapté aux chaleurs que nous connaissons désormais, surtout dans certains quartiers », alerte-t-elle.

    À l’usure matérielle s’ajoute celle des personnels. Injonctions administratives, manque de médecins du travail, difficultés à accompagner les élèves, sentiment de ne plus pouvoir exercer correctement son métier : la secrétaire de la FSU décrit une fatigue qui dépasse largement le coup de mou de rentrée. « Des collègues très investis finissent par douter de leur utilité et de leur capacité à faire correctement leur travail. »

    La FSU entend porter ces revendications lors de la mobilisation interprofessionnelle du 29 septembre. Mais pour Pascale Thoirey, la question dépasse la seule journée de grève : c’est celle d’un service public d’éducation qui continue d’afficher de grandes ambitions tout en rognant, année après année, sur les moyens nécessaires pour les tenir.

  • Nîmes veut rendre une nouvelle copie pour l’école publique

    Nîmes veut rendre une nouvelle copie pour l’école publique

    À Nîmes, la rentrée scolaire commence par un constat social. Vendredi 28 août, c’est à l’école Capouchiné, l’un des groupes scolaires les plus exposés aux fortes chaleurs, que Vincent Bouget, entouré de son adjoint à l’éducation Pierre-Édouard Détrez et de Fanny Daguenet, conseillère municipale déléguée au périscolaire et à la « Ville à hauteur d’enfant », a présenté la première rentrée de la nouvelle majorité. Un choix de décor loin d’être anodin : dans une ville où près de 42 000 habitants vivent dans la pauvreté et où un tiers des familles sont monoparentales, la municipalité veut faire de l’école publique l’un des premiers terrains de son changement de cap.

    Mardi 1er septembre, 11 000 enfants ont retrouvé les 83 écoles publiques de la ville. Parmi eux, les 7 650 élèves du CP au CM2 ont découvert sur leur table un kit de fournitures : crayons, stylos, colle, règle ou ardoise. Une dizaine d’euros de matériel par enfant, complétée par une hausse de 20% de la dotation versée aux écoles. « C’est une manière très tangible d’agir en faveur du pouvoir d’achat, tout en réaffirmant un principe : l’école publique doit rester un facteur d’égalité réelle pour tous les enfants », défend le maire.

    Des agents enfin

    sortis de la précarité

    Cette logique se poursuit avec la gratuité de l’ensemble des bibliothèques municipales et la remise d’une première carte à chaque enfant entrant au CP. Après l’enveloppe exceptionnelle de 100 000 euros débloquée cet été pour permettre à plus d’un millier de jeunes Nîmois de partir en séjour ou de participer à des activités, la nouvelle équipe tente ainsi de donner corps à son projet de « ville à hauteur d’enfant ».

    Mais le marqueur social le plus significatif se situe peut-être du côté de ceux qui font vivre l’école une fois la classe terminée. La municipalité annonce la titularisation de 90 agents du périscolaire, animateurs ou personnels d’Alaé (Accueil de loisirs associé à l’école). Sur les 822 agents municipaux mobilisés autour des écoles, 469 sont désormais titulaires. « Ils sont dans notre société invisibles socialement mais pourtant essentiels », insiste Vincent Bouget, citant également les Atsem, AESH ou personnels d’entretien, sans lesquels le service public d’éducation ne peut tout simplement pas fonctionner.

    Fanny Daguenet défend, elle, la nécessité de s’appuyer sur des équipes durables : « La sécurité repose avant tout sur la présence d’équipes fiables, formées et reconnues. » Une manière de rappeler que la qualité du service public passe aussi par les conditions d’emploi de celles et ceux qui accompagnent quotidiennement les enfants. La Ville promet en parallèle des recrutements plus encadrés, davantage de formation et un suivi renforcé des équipes.

    À la cantine, où 5 500 repas sont servis quotidiennement, les changements attendront encore quelques mois. La très critiquée plateforme de réservation doit être entièrement revue avec les parents d’élèves, tandis qu’un menu végétarien devra être proposé chaque jour à partir du premier semestre 2027 en complément des menus actuels.

    Faire face à l’urgence climatique

    Reste un chantier autrement plus lourd : celui des murs. Les épisodes de chaleur de juin ont transformé certaines salles de classe en étuves, avec près de 38 degrés relevés à Capouchiné. La mairie reconnaît elle-même le retard accumulé. « Nous ne sommes pas prêts », admet Vincent Bouget, qui promet un vaste « plan école » sur le mandat.

    Pour 2026, 5,4 millions d’euros ont déjà été engagés dans les établissements, dont 1,78 million pour l’isolation et le confort thermique, 826 700 euros pour les sanitaires et 431 700 euros pour l’accessibilité. Neuf classes supplémentaires ont également été aménagées dans des écoles récemment intégrées à l’éducation prioritaire. À Capouchiné, fenêtres et façades ont déjà été reprises ; à La Placette, une toile d’ombrage de 350 m² a remplacé celle installée il y a vingt-cinq ans. Autant de premières réponses, alors que la municipalité promet d’autres interventions avant les chaleurs de juin 2027.

  • La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    « Nous sommes à la veille d’une rentrée particulièrement dégradée dans l’Éducation nationale. » Au sein de la Bourse du travail, à Marseille, Virginie Akliouat secrétaire départementale de la FSU 13, débute la conférence de rentrée du syndicat pessimiste.

    Postes supprimés, manque de classes adaptées, salaires qui stagnent, manque de solution face aux fortes températures, attaque sur les congés maladies… La liste des dégradations des conditions de travail et d’accueil des élèves est longue pour le syndicat. « Car ces dix années de macronie ont cassé l’École et les services publics », renchérit la secrétaire syndicale.

    Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont par exemple 40 postes d’enseignants au lycée en moins. Ces suppressions sont justifiées par une baisse démographique, « mais cette baisse devrait être l’occasion d’améliorer les conditions d’accueil des élèves », insiste Charlotte Bourgougnon, cosecrétaire départementale du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp-FSU) des Bouches-du-Rhône.

    Nicolas Bernard-Hayrault, secrétaire départemental du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU) précise même : « si l’on voulait juste revenir au même taux d’encadrement qu’en 2017, il faudrait ouvrir 56 postes au collège et au lycée ». Car la France fait partie des plus mauvais élèves de l’Union européenne et de l’OCDE en terme du nombre de jeunes par classe.

    Manque de places pour les enfants handicapés

    Et le manque de moyens humains impacte d’autant plus les enfants les plus vulnérables. « Alors que dans les Bouches-du-Rhône on manque d’au moins 12 classes Ulis [qui permettent d’accueillir des enfants handicapés], il y a cinq postes dédiés à ce public qui ont été supprimés », se désole Charlotte Bourgougnon.

    La grande annonce du ministre de l’éducation sur la distribution d’un questionnaire pour libérer la parole des enfants sur les violences sexuelles est, elle aussi, tombée à plat. « Car pour libérer la parole, il faut du personnel qui peut la recueillir et l’orienter vers les services adaptés », insiste Valérie Brignole co-secrétaire du syndicat national unifié des assistants sociaux de la fonction publique (SNUASFP).

    Ils dénoncent également le manque de résilience du bâti scolaire face au réchauffement climatique et exigent un plan pour permettre aux écoles d’être plus vivables lors des canicules. « En juin, on avait certaines classes qui atteignaient 33°. Qui peut étudier dans ces conditions ? », s’interroge Nicolas Bernard-Hayrault. Face à tous ces manquements et aux attaques répétées du gouvernement contre la fonction publique et l’école, la FSU appelle à s’allier au mouvement de grève national et intersyndical du 29 septembre « pour peser sur le débat autour du budget 2027 qui s’ouvrira le 30 septembre », soutient Virginie Akliouat.

  • Alès veut se tourner vers la jeunesse étudiante

    Alès veut se tourner vers la jeunesse étudiante

    Après l’été difficile -marqué notamment par des menaces de mort attribuées à la DZ Mafia et une protection policière renforcée- le maire d’Alès avait retrouvé le sourire pour présenter la rentrée scolaire dans sa ville. Il a d’abord insisté sur les chiffres : plus de 3 000 enfants seront accueillis dans les écoles primaires et élémentaires publiques (850 en privé), huit classes Ulis sont toujours ouvertes à Alès et ce sont au total 8 500 élèves qui effectueront leur rentrée en septembre, en comptant les collégiens et les lycéens. « Les effectifs baissent légèrement en primaire mais les 9-16 ans sont globalement plus nombreux », s’est-il félicité.

    Pour cela, la Ville s’est dotée d’un budget « revalorisé » de 6,5 millions d’euros (2,8 millions hors ressources humaines) dont plus d’un million est consacré aux cantines pour les 1 130 repas servis en moyenne par jour. Des travaux se sont déroulés cet été pour sécuriser l’école de Promelles (après que des tirs ont été entendus l’an dernier à proximité de l’établissement), poursuivre l’accessibilité pour tous et pour que chaque école soit dotée « d’une pièce climatisée ». « Je ne pense pas que climatiser toutes les classes pour un mois et demi par an soit très rentable », a précisé l’édile.

    Alès, ville étudiante ?

    Christophe Rivenq a également insisté sur la rentrée étudiante, car le maire souhaite « créer une dynamique de vie étudiante sur l’agglomération ». « Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait de nombreuses formations post-bac à Alès mais que ces instituts ne discutent pas entre eux », explique-t-il. Face à cette situation, le Bureau des étudiants (BDE) de l’école des Mines d’Alès, qui accueille 1 400 élèves chaque année – première école généraliste d’Occitanie et top 23 ex æquo du palmarès 2026 de l’Étudiant, qui évalue 170 écoles d’ingénieurs – portera un BDE interétablissement pour piloter des projets communs.

    Une journée d’intégration inter-établissements sera aussi organisée le 13 octobre dans les arènes avec, au programme, parcours découverte de la ville, jeux, quiz et la présence d’un village étudiant salle Cazot. Durant l’année, la Ville prévoit aussi l’organisation de rencontres sportives, culturelles et festives.

  • La Ville de Nîmes adapte ses écoles aux fortes chaleurs

    La Ville de Nîmes adapte ses écoles aux fortes chaleurs

    « C’est un sujet sur lequel on s’est très vite penché parce qu’en plus ça faisait partie de notre projet électoral », confirme Pierre-Édouard Detrez, le nouvel adjoint à l’éducation et à la réussite scolaire à Nîmes. Pour cela, il a rapidement lancé une étude de toutes les écoles pour connaître les besoins. Et depuis l’augmentation des températures fin mai, il reçoit un bilan quasiment quotidien de la situation dans les écoles et des problèmes rencontrés. Depuis la semaine dernière, les services techniques sont ainsi mobilisés, notamment sur quatre écoles (Marguerite-Long, Edouard-Vaillant, Georges-Bruguière et Langevin) où les climatiseurs étaient en panne dans les dortoirs.

    « Nous avions prévu que tous les dispositifs soient en place le 10 juin sauf que la vague de chaleur est arrivée plus tôt que prévu. Même s’il y avait la feria la semaine dernière, les services sont tout de même intervenus pour vérifier chaque classe de chaque école. Des ventilateurs ont aussi été distribués. 200 ventilateurs neufs sont prévus pour répondre à la situation et 1 100 brumisateurs vont aussi être distribués dans les jours à venir », promet l’ancien joueur international de rugby. Un rappel sur les bonnes pratiques a également été effectué auprès des directeurs d’école, des enseignants et des parents.

    Outre ces mesures d’urgence face à la canicule la plus précoce de l’Histoire, la municipalité a mis en place un service pour profiter des périodes de nuit pour rafraîchir les classes. « Pour l’instant, ce sont mille et une petites actions pour essayer de limiter la chaleur. Mais nous avons aussi entrepris un travail avec les services des bâtiments sur la climatisation. Nous souhaitons aussi remplacer les ventilateurs sur pied par des ventilateurs au plafond pour éviter que le matériel scolaire s’envole tout en baissant la température de 3 degrés. Il y a aussi des classes où les stores sont à l’intérieur et ça, ça n’empêche pas la chaleur d’entrer donc il faut les changer », explique Pierre-Édouard Detrez.

    Végétaliser à tout va

    Au-delà de ces mesures à court terme, la nouvelle municipalité prévoit de végétaliser un maximum de cours d’école durant les six ou sept années du mandat. « Il y a une partie des cours d’école déjà végétalisées mais pour le reste, nous avons pris pour modèle la ville de Marguerittes où ils ont entrepris ces travaux de “cours oasis” depuis plusieurs années. Nous souhaitons aussi créer des îlots de fraîcheur, installer progressivement des dispositifs d’ombrage, améliorer l’isolation thermique des bâtiments scolaires et renouveler les systèmes de ventilation. Nous travaillons aussi sur la climatisation mais pas celle d’il y a dix ans. Il faudra prendre le temps parce que ça fait beaucoup mais nous allons engager des travaux dès cet été dans certaines écoles. C’est nécessaire parce que c’est un sujet récurrent », ajoute Pierre-Édouard Detrez.

    Après les 81 fermetures d’école l’an dernier sur les 83 que compte la ville, la nouvelle municipalité espère donc qu’à la fin du mandat, les vagues de chaleur ne soient plus un problème dans les écoles nîmoises.

  • Marseille : danser pour lisser les différences à l’école primaire

    Marseille : danser pour lisser les différences à l’école primaire

    Au théâtre de la Sucrière, ce vendredi après-midi, les gradins se remplissent d’enfants. Dans les coulisses, l’excitation et le stress commencent à monter. Les jeunes danseurs de l’école de la Visitation s’apprêtent à donner leur première représentation publique, devant toute leur école. Parmi eux, cinq enfants atteints de handicap mental. Ce spectacle marque la fin d’un programme intense de six mois, porté par Nadège Béglé et Ombline d’Avezac de la fondation « Culture pour l’enfance ». « Notre mission est d’amener la culture dans les milieux prioritaires », explique Nadège Béglé, déléguée générale de la fondation, basée à Paris. « Pour la première édition de ce programme, nous voulions que les enfants de la classe Ulis et les élèves de CM2 travaillent ensemble autour de la pratique de la danse. Le travail corporel permet de lisser les différences. »

    Il est temps pour les minots de se lancer sur scène et le stress laisse vite place à l’énergie collective. Sur le plateau, trois danseurs de la Cie. Shonen, qui ont accompagné les élèves durant les six derniers mois, les guident sans trahir leur spontanéité.

    Un moment émouvant pour Cynthia, accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH). Elle suit au quotidien le jeune Adam, atteint d’autisme. « La danse a vraiment aidé Adam a s’épanouir. Voir son sourire aujourd’hui, c’est la plus belle des récompenses », lance-t-elle.

    L’art pour se libérer

    Pour les danseurs de la Cie. Shonen, qui travaille régulièrement avec des jeunes publics, cette représentation marque la fin d’un processus. « Trois fois par mois, on a dansé avec les enfants, forcément on a créé des liens forts », explique Pauline, danseuse professionnelle. « On a vu des enfants se déployer. » Jean-Marc Coppola, nouveau maire communiste des 15-16 et ancien adjoint à la culture de la mairie de Marseille se réjouit d’avoir accueilli ce spectacle. « Cet événement est dans la continuité du programme d’éducation artistique et culturelle que j’ai mené pendant six ans à la mairie. L’art donne aux enfants les premiers atouts pour être libre », explique l’édile. Un programme similaire, de théâtre, est en cours avec une classe de la Viste. Une représentation publique aura lieu le jeudi 4 juin au théâtre de la Criée à 18h30.

  • Les parents dénoncent une classe de maternelle à 30 enfants à Garde-Colombe

    Les parents dénoncent une classe de maternelle à 30 enfants à Garde-Colombe

    Trente, c’est trop ! » Plusieurs parents et enseignants ont manifesté ce jeudi matin à 7h30 devant l’école Henri-Audibert de Garde-Colombe pour dénoncer le sureffectif de la classe de maternelle, qui comptera trente élèves à la rentrée 2026. Face à cette situation, les parents d’élèves réclament l’ouverture d’un quatrième poste au sein du personnel éducatif. Selon eux, avec un effectif de trente élèves regroupés en une classe, de la petite à la grande section, l’école présente le sureffectif le plus important des Hautes-Alpes. Or, depuis 2020, le ministère a fixé pour objectif de plafonner les classes de grande section à 24 élèves maximum. Le sureffectif, déjà présent en 2025, avait occasionné la mise en service de moyens provisoires.

    Les parents réclament l’ouverture d’un poste

    Les parents d’élèves mobilisés dénoncent qu’à la rentrée 2026, la carte scolaire ne prévoit pas d’ouverture d’un nouveau poste pour l’école, nécessaire selon eux pour assurer de bonnes conditions d’apprentissage compte tenu du nombre d’élèves. « Une classe en sureffectif en maternelle, c’est un risque de tensions pour l’ensemble de la classe, de fatigue excessive et d’épuisement professionnel », dénonce le communiqué paru jeudi. A.F.

  • [Digne-les-Bains] Une prépa publique pour accéder aux écoles d’Art

    [Digne-les-Bains] Une prépa publique pour accéder aux écoles d’Art

    Si je n’avais pas eu cette prépa publique, je n’aurais pas eu les moyens de payer une prépa privée, impossible ! ». À Digne-les-Bains, l’école d’art IDBL propose une classe préparatoire publique qui aide les étudiants à préparer les concours des grandes écoles d’art. Entre 50% et 80% de ses élèves sont boursiers. Elle fait partie des 24 classes préparatoires publiques d’art en France, alors qu’une prépa privée coûte entre 7 000 et 8 000 euros l’année. Elle est gérée par Provence Alpes Agglomération. À la création de l’école, « c’était une initiative privée, puis la Ville de Digne a décidé politiquement d’investir dans ce service public », explique la directrice d’IDBL, Émeline Eudes. L’agglomération, formée en 2017, a ensuite récupéré la gestion de l’école.

    Peu de chances de réussir sans prépa

    « Un jeune qui sort du bac a très peu de chances de réussir les concours des écoles supérieures artistiques tout seul, sans prépa », précise la directrice. Beaucoup de jeunes se tournent d’ailleurs vers sa prépa après avoir échoué les concours une première fois. De nombreuses disciplines y sont enseignées : photo, vidéo, histoire de l’art, dessin, peinture, gravure, graphisme, céramique ou encore scénographie. « Il y a un tel flux vers le privé qu’on n’arrive plus à remplir les formations publiques. Les étudiants et les parents se disent que ça coûte tellement peu cher que c’est forcément moins bien que le privé », regrette Émeline Eudes. Pourtant, la prépa de Digne affiche un taux de réussite de 100%, selon sa directrice, grâce à un accompagnement personnalisé qui permet aux étudiants d’être orientés vers l’école qui leur correspond le mieux et qui a le plus de chances de les prendre. « Cela montre qu’on n’a pas besoin de faire une prépa privée pour réussir », témoigne Lucie Jeandot, étudiante de 18 ans. « Quand on dit qu’on étudie dans une prépa à Digne, les gens sont surpris qu’il y en ait une ici », ajoute sa camarade, Estelle Chaminas, elle aussi âgée de 18 ans.

    Journée spéciale ce samedi de 10h à 17h avec des témoignages d’anciens élèves à 11h et 14h. Portes ouvertes toute la semaine jusqu’à vendredi.

  • À Avignon, Mathilde Louvain prône la concertation

    À Avignon, Mathilde Louvain prône la concertation

    Il est 16h30 et la sonnerie vient de retentir à l’école des Grands Cyprès. Sous la pluie, des dizaines de parents attendent leurs enfants tandis que la candidate insoumise aux municipales, Mathilde Louvain, attend à quelques pas des parents d’élèves pour évoquer le sujet des travaux devant l’établissement. « Il n’y a pas eu une vraie concertation avec les habitants », assure-t-elle.

    Elle est confortée par les témoignages de deux mamans et d’un employé qui se tiennent à ses côtés. « On vit dans la boue. Les engins ne devaient pas fonctionner lors des entrées et sorties de nos enfants, mais c’est finalement le cas et on n’est pas sereins », regrette Asma, représentante des parents d’élèves. En cause, la refonte de la place du marquis de Calvières, qui servait auparavant de parking, pour en faire un bassin de rétention d’eau afin de « protéger le quartier contre les inondations », précise la fiche explicative collée dans les bâtiments. Des aménagements qui devraient être terminés fin avril.

    « Mais on ne peut pas tout lancer d’un coup comme ça. On n’a pas l’impression d’avoir été consultés. C’est nous qui en pâtissons », regrette une autre maman. La candidate lui emboîte le pas et exprime la volonté, « en tant que force de terrain », de « prendre la mesure de ce qui est dysfonctionnel quand on parle d’aménagements du territoire et qu’il y a un manquement dans la concertation ».

    Intégration les usagers

    Elle estime que ce regard critique est son « rôle » pour améliorer la situation « pour le quotidien des enfants, des enseignants et des habitants ». Pour, plus tard, envisager « l’intégration des usagers et usagères dans les commissions, les temps de réunion, dans le choix des aménagements ».

    Contactée par La Marseillaise, la municipalité n’a pas précisé si un processus de consultation avait été mis en place, ni sous quelle forme.