À l’entrée de la Halle de Martigues, un panneau renseigne le visiteur sur les recherches de bénévoles d’un côté et celles d’associations où donner du temps de l’autre. Le carré des associations de solidarité se présente bien en vue dès la porte de la salle principale franchie.
À la table de la Croix-Rouge, les biais d’engagement sont divers, entre secourisme, aide humanitaire ou alimentaire. Marc le Coz, membre du bureau de l’unité locale de Martigues, fait part de ses « difficultés à recruter dans la durée ». « Dans la société de consommation, les gens peinent à s’engager plus que sur une seule activité. Sur 100 bénévoles, seuls 10 à 15% sont fidélisés sur l’ensemble des activités et sur la durée », détaille le responsable. Même son de cloche pour la responsable du Secours catholique, Agnès Pau. « Avant le bénévolat était un engagement, maintenant c’est un loisir », juge-t-elle. Au Secours populaire, si ce n’est pas le nombre de bénévoles qui est en cause, c’est « la difficulté à trouver des gens compétents sur des domaines précis, comme la communication ou l’encadrement de groupes de jeunes », explique Marie-Pierre Di Folco, secrétaire générale. Mais la plus grande crainte, ce sont les finances, à la vue du budget Bayrou sabrant dans celui des collectivités.
« Si demain nous n’avons plus de subventions des villes, on devra tout arrêter », lance Patricia Molins, des Équipes Saint-Vincent. Au Secours populaire, « si on devait payer le loyer pour nos 300 m² de locaux prêtés par la Ville, ça serait fini », stipule Marie-Pierre Di Folco.
Pire encore, si l’opération Martigues solidaire venait à disparaître. « La Ville déclenche la solidarité, avec 9 tonnes de dons récoltés en échange d’une place de concert. Mais elle paye une grosse communication et un grand concert », précise la secrétaire. « Si ça venait à disparaître, on n’aurait plus d’aide alimentaire », selon Agnès Pau du Secours catholique. Plus que jamais, la solidarité est politique.

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