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  • Evars : le Planning familial dénonce les freins du rectorat de Montpellier

    Evars : le Planning familial dénonce les freins du rectorat de Montpellier

    Le constat de Mia Ferret, du Planning familial de l’Hérault, est sans détour. Alors que le nouveau programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) est entré en vigueur à la rentrée 2025, l’association voit son accès aux établissements scolaires considérablement réduit dans l’académie de Montpellier.

    Même si le ministère a réaffirmé la possibilité d’avoir recours à des intervenants extérieurs, « il n’y a pas de politique centralisée, ce sont les académies qui décident. Dans celle de Montpellier, on a de grosses entraves pour mettre en place l’Evars », assure Mia Ferret. Les associations expertes historiques comme le Planning familial 34, agréées pour dispenser ces séances d’éducation à la vie affective et relationnelle (pas de dimension sexuelle dans le premier degré), ont en effet été évincées des écoles. « La rectrice nous a interdit d’intervenir en primaire parce qu’il y a des débats idéologiques trop forts, notamment avec les associations d’extrême droite, qui ont des relais parentaux, des parents qui vont créer une forme de lobby auprès de l’éducation nationale pour se plaindre. Donc la rectrice dit : plus aucune association n’intervient sur ces questions à l’école », déplore la représentante du Planning.

    Dans le primaire, « plus aucune association »

    Les interventions des associations agréées se retrouvent donc désormais cantonnées au second degré (collège et lycées), au bon vouloir des chefs d’établissement. « Là encore c’est compliqué, parce que ça se fait au cas par cas. Quand on tombe sur un ou une chef(fe) d’établissement sensible à ces questions, qui connaît le Planning familial, c’est plus facile, mais on est dans une politique très individuelle : ce sont les enseignants, les chefs d’établissement qui doivent s’en emparer », poursuit Mia Ferret, qui souligne « la rupture d’égalité » induite par un tel dispositif : « Les enfants qui iront au lycée A auront des cours d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle tandis que ceux qui iront au lycée B n’en auront peut-être pas. »

    « Introduire une tierce personne libère la parole »

    « L’argument donné par la rectrice, c’est : c’est aux professeurs de le faire », rapporte la représentante de l’association. « Ce n’est pas qu’on mette en doute la compétence des enseignants », insiste Mia Ferret, mais elle estime que ce transfert de compétences pose deux problèmes : celui de la formation et celui de la parole des élèves. Car pour aborder ces sujets sensibles, les enseignants doivent être formés – comme le sont les intervenants des associations agréées. Or pour l’heure, aucune formation institutionnelle initiale suffisante n’a été proposée (lire entretien ci-dessous). Surtout, selon la représentante du Planning familial, un intervenant extérieur peut faciliter les échanges lorsqu’il est question de violences ou de sexualité. « Pour des enfants victimes de violences ou des collégiens, des lycéens qui ont des questions intimes, en parler à leur professeur peut être extrêmement gênant », explique-t-elle. À l’inverse, « introduire une tierce personne a le bénéfice de libérer la parole. Des études concrètes ont été faites sur le sujet ».

    Des interventions

    en chute libre

    Selon Mia Ferret, cette politique a des conséquences importantes sur l’activité du Planning familial de l’Hérault : « Depuis la mise en place de cette politique rectorale, il y a un an, le nombre de nos interventions a baissé d’environ deux tiers, c’est énorme. Le plus fou, c’est que c’est au moment où on a une réaffirmation légale avec un programme-cadre que le rectorat s’en empare pour dire que c’est à l’éducation nationale de le faire et que les associations agréées doivent être exclues. » Sans compter que s’ajoute à ces restrictions une question très concrète : celle du financement. Faute de disposer de crédits de fonctionnement suffisants, le Planning familial facture désormais ses interventions, explique sa représentante. Une dépense qui peut, elle aussi, constituer un frein pour les établissements.

    ENTRETIEN : Jordan Homps, Snes-FSU : « On n’a pas les capacités pour déployer l’Evars rapidement »

    Jordan Homps (Snes-FSU), enseignant au collège Frédéric-Bazille de Castelnau-le-Lez et référent Evars pour l’établissement, décrit les difficultés rencontrées sur le terrain pour mettre en place, dans les faits, cette éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.

    La Marseillaise : Où en est la mise en œuvre dans les établissements ?

    Jordan Homps : On a un an de retard par rapport au programme qui aurait dû être mis en place l’année dernière. Depuis l’an dernier, des inspecteurs ont commencé à être formés, qui ont formé des référents au niveau académique. Ces référents ont ensuite commencé à former les réseaux publics territoriaux, qui regroupent des écoles, des collèges et des lycées… Tout cela a décalé la formation de l’ensemble des personnels. Au mieux, il y a deux personnes formées par établissement. C’est très peu.

    LM : Pourtant, chaque élève doit recevoir trois séances annuelles ?

    J.H. : Oui. À la rentrée, nous avons reçu comme consigne de fournir au moins des périodes de dates pour les trois séances. Mais la question est de savoir ce qui sera réellement organisé. Si tous les établissements ont au moins une séance par niveau, ce sera déjà formidable. Le problème, c’est que les formations ont été proposées aux seuls établissements qui en ont fait la demande. Dans certains collèges ou lycées, il est donc possible qu’il n’y ait rien.

    LM : Les enseignants sont-ils les mieux placés pour recevoir la parole des élèves ?

    J.H. : Non, c’est là que le bât blesse. C’est toute la problématique du manque de personnels médico-sociaux : infirmières, psychologues de l’Éducation nationale, assistantes sociales… Ce sont eux qui sont habilités à vraiment recevoir cette parole.

    LM : L’Éducation nationale devrait-elle s’appuyer davantage sur les associations ?

    J.H. : À défaut de former directement les élèves, ces associations, qui ont les compétences, auraient au moins pu former les personnels, ce qui aurait permis un déploiement plus rapide de l’Evars. Ça n’a pas été envisagé, alors qu’on l’avait proposé. Ils veulent tout faire en interne, mais on n’a pas les capacités pour déployer l’Evars rapidement. Ce qu’on aurait voulu, c’est un vrai plan national de formation obligatoire pour tous les personnels, avec un nombre d’heures suffisant.

    Recueilli par A.G.

  • Digne-les-Bains : dix militants écologistes devant le tribunal

    Digne-les-Bains : dix militants écologistes devant le tribunal

    Plusieurs retraités, un boulanger, une herboriste ou encore une ancienne paysagiste, tous militants contre les centrales photovoltaïques, ont été jugés mardi à Digne, accusés d’avoir pénétré sans autorisation sur le chantier de la centrale solaire de Cruis.

    Les gendarmes avaient été appelés en novembre 2023 pour des faits d’intrusion dans une propriété privée. À leur arrivée, ils constataient la présence de 18 militants d’Extinction Rebellion ou encore du Café des libertés, créé par Merlin Longuet à Forcalquier. « Le chantier engendrait depuis plusieurs mois la contestation de militants écologistes », a rappelé la présidente, Laure Brouquère. Plusieurs individus « bloquaient l’accès au chantier ».

    « Protéger le vivant

    des industriels »

    Les débats ont tourné autour de la question de savoir s’il y avait une signalisation prouvant que les militants entraient dans une propriété privée, ce qui matérialiserait le délit. « L’infraction de pénétration nécessite depuis 2023 qu’il y ait une signalisation », a rappelé la présidente. « Vous reconnaissez qu’il y avait une clôture ? Défoncée, sectionnée, mais elle était bien matérialisée ? », a questionné l’officier du ministère public, Jean-Luc Thaon, le chef de circonscription de Manosque au commissariat de police nationale. « Je ne vais pas le nier, il y a des photos. On n’y va pas simplement parce qu’on veut passer une barrière, mais pour protéger le vivant des industriels », a défendu Christian M., un Aixois né en Allemagne âgé de 71 ans. Le prévenu a expliqué à la présidente que « des naturalistes avaient découvert toute une série d’espèces protégées » sur la zone où la centrale était en construction. Il a dénoncé une « destruction déraisonnable de la forêt ». Gérard R., un habitant de Forcalquier âgé de 76 ans, a lui regretté que des industriels « exploitent de pauvres gens à l’autre bout de la terre pour construire leurs panneaux photovoltaïques qui ruinent la planète ». « Bientôt, sur la montagne de Lure, il n’y aura plus que des autoroutes », a lancé Hervé J., un autre prévenu âgé de 73 ans, né dans les Ardennes et vêtu d’un tee-shirt LPO (Ligue pour la protection des oiseaux). « Je pense qu’on se reverra, parce que je crois que ce n’est pas fini », a-t-il lancé au tribunal. « Nous estimons qu’il est nécessaire que des gens comme nous fassent ce travail-là », a avancé Manuel P., un autre prévenu, un boulanger de 60 ans habitant Pertuis. Les militants ont par ailleurs affirmé avoir « subi des violences » des agents de sécurité employés par Boralex pour protéger le chantier. « Il n’y a pas eu de violences, hormis des vigiles eux-mêmes », a affirmé Manuel P. Plusieurs militants ont fait le choix de garder le silence.

    L’officier du ministère public a requis des amendes de 100 euros contre les 10 prévenus. « Je partage une grande partie des idées avancées, mais tel n’est pas l’objet du tribunal », a-t-il expliqué, affirmant que les prévenus étaient tous « conscients qu’ils rentraient sur une propriété privée ».

    L’avocat des 10 militants, Me Julien Gautier, a plaidé la relaxe, faute « d’absence de panneau de signalisation », accusant la justice de « poursuivre un collectif de manière globale », de vouloir les « silencier » et de les « harceler judiciairement avec des amendes ». Il a dénoncé une « procédure bâillon » et plaidé « l’excuse de légitime défense des biens ». « Qui dérangent-ils, hormis les tractopelles et l’entreprise ? Est-ce qu’ils causent le moindre problème ? », a-t-il questionné. La décision a été mise en délibéré au 8 décembre.

  • Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Mouvement lycéen, avenir de Fibre Excellence à Tarascon, ligne THT… Le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a fait le point, ce mercredi 14 octobre, sur les grands sujets en cours et à venir sur le territoire.

    La doctrine inchangée sur le mouvement lycéen

    Fixée au niveau national, rappelle le préfet, la doctrine reste inchangée sur le déploiement des forces de police pour « accompagner le mouvement ». Et de s’adresser plus officiellement aux lycéens qui manifestent : « Faites attention, une manifestation peut susciter des tensions, de l’enthousiasme et des effets de foule, cela peut entraîner parfois des gens à faire des choses qu’ils n’auraient pas eu l’idée de faire. Ce qui met en danger beaucoup de monde. » Revenant sur la manifestation de la veille, mardi, qui s’est « bien passée », Jacques Witkowski alerte sur un contexte qui peut dégénérer : « Tout le monde arrive à un point de fatigue, on est sur le fil du rasoir des deux côtés. » Il se félicite également que des mobilisations aient été encadrées par des syndicats, « ce qui facilite » les choses avec « un parcours notamment ».

    Le préfet revient sur les derniers faits de violence, comme ce policier à Saint-Charles, mardi, qui s’est pris un coup de marteau sur la tête. Soit « 58 policiers ayant été blessés depuis le début du mouvement ». On compte aussi 900 interpellations sur la zone Sud, 336 dans le département « essentiellement des mineurs ». « Un jeune a été arrêté cette nuit à Martigues en possession de quatre bouteilles incendiaires », annonce-t-il. Quant à la journée du 17 octobre, « nous n’avons aucun renseignement et aucune déclaration de manifestation déposée », assure-t-il.

    Bientôt du neuf

    sur la ligne THT ?

    Le projet de ligne à très haute tension, 65 km à 400 000 volts, porté par RTE (Réseau de transport d’électricité) pour alimenter les bassins Ouest du Grand port maritime et qui suscite de nombreuses contestations sur son trajet, suit son cours. La logique voudrait qu’une enquête publique ne tarde pas à être déclarée pour que chacun donne son avis et que la question soit tranchée avec la présidentielle en 2027.

    Le risque « géré » à Fibre excellence Tarascon

    Sur la situation du site de Fibre excellence à Tarascon, la liquidation « se poursuit avec hélas un comportement incompréhensible du liquidateur », déplore Jacques Witkowski, « ce qui nous a amenés à faire des choses inédites ». Pour mémoire, le syndicat CGT a dénoncé la contamination des eaux du Rhône après l’arrêt de l’usine de pâte à papier et de sa station d’épuration. Faute d’avoir « réussi à convaincre », les services de l’État ont dû contraindre puis faire deux articles 40 avant de se substituer, rappelle le préfet. L’Ademe a pris la main pour piloter les opérations de sécurisation, et après un appel d’offres d’urgent, elles ont été sous-traitées à Suez. Le tout à la charge du liquidateur. « Le risque, on le gère, mais je n’en resterai pas là », prévient le préfet.

    Quant à la vente puis à la reprise du site, elles ne seront possibles que lorsque la pollution aura été clairement évaluée et validée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). « On a des repreneurs avec des candidatures sérieuses », révèle-t-il en partie pour « des activités industrielles », mais visiblement pas de papetier.

    Un centre d’accueil

    pour les consommateurs de crack

    Sur la consommation de crack exponentielle dans certains quartiers, « un véritable problème sanitaire et social, on n’a pas mal progressé », estime le préfet. Un troisième Caarud (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) temporaire de 17 places va ouvrir ses portes, la semaine prochaine et jusqu’en janvier, sur un terrain de la SNCF, aux alentours de la gare Saint-Charles. De quoi compenser aussi la fermeture de l’autre Caruud, le Sleep In, le 26 mai, pour insalubrité, et dont les « travaux sont en bonne voie », en attendant de « trouver une solution plus pérenne ».

    Le procureur de la République a aussi mis en place un Groupe local de traitement de la délinquance, précise le préfet. Une première opération, le 29 septembre, a permis de mettre de jeunes femmes à l’abri avec injonctions thérapeutiques, « elles restent dans les structures qu’on a et s’engagent dans un accompagnement ». Tous les hommes étant eux repartis. « Je souhaiterais agrandir le périmètre de l’hébergement temporaire pour les plus fragiles, destiné aux consommateurs de stup’, sans impacter financièrement la mise à l’abri classique », ajoute Jacques Witkowski, espérant obtenir gain de cause auprès du gouvernement. Quant à la halte soins addiction pour laquelle plaident la Ville de Marseille et des associations, le préfet se met à disposition de qui lui trouvera un local, « et on essaiera de faire quelque chose ». Une position invariée depuis dix mois, assène-t-il.

    Un budget métropolitain compliqué

    Alors que la décision modificative du budget de la Métropole va être soumise au vote ce jeudi 15 octobre, le préfet ayant dû saisir la Chambre régionale des comptes en avril dernier, les élus de la collectivité refusant d’entériner la baisse des dotations de l’État, Jacques Witkowski se félicite qu’elle ait repris « sa ligne budgétaire ». Pour faire face à un « déséquilibre » de 144 millions d’euros, ce dernier avait proposé de tailler 53 millions dans les attributions de compensation faites aux communes, au grand dam des maires. La Métropole a depuis trouvé une « solution comptable » avec cette décision modificative, assure-t-elle dans un communiqué mardi. « J’espère que le budget 2026 trouvera un point final d’exécution, il est temps », souhaite-t-il, augurant d’un budget 2027 tout aussi compliqué, sur fond d’austérité.

  • Le secteur associatif sonne l’alerte face au manque de moyens

    Le secteur associatif sonne l’alerte face au manque de moyens

    « Au niveau social, sans les associations, tout s’effondre », campe Giorgia, travailleuse sociale pour Habitat Alternatif Social, une association se battant pour l’accès au logement des plus précaires. « Nous, si on arrêtait, on enverrait des personnes avec de multiples problèmes de santé à la rue », poursuit-elle, faisant référence aux 7 femmes qu’elle accompagne au quotidien dans une pension de famille située dans la rue d’Aubagne, à Marseille.

    Ce mardi matin, dans le cadre de la mobilisation associative nationale « Et si nous arrêtions vraiment ? » pour dénoncer les baisses de financement dans le budget examiné depuis ce jour par les députés, des locataires de la pension de famille et des membres de l’association organisaient une vente de vêtements et de nourriture. Une initiative à double objectif : alerter sur la situation financière de la structure et récolter des fonds pour financer les activités des résidents.

    Sortie de parcours de prostitution, accidents de vie, troubles d’addictions, décès familiaux… Âgées de 35 à 65 ans, « les femmes qui viennent ici sont isolées socialement et dans une situation de grande précarité », précise Mathilde, seconde travailleuse sociale du lieu. Ici, chacune bénéficie d’un logement privé à des loyers très réduits, tandis que des espaces communs permettent d’accueillir des activités collectives au rez-de-chaussée. Alors qu’elle alpague des passants au stand de vente, Alexandra, locataire depuis 9 ans, se confie : « Je me sens carrément bien ici, c’est comme une grande coloc. » Elle apprécie l’approche bienveillante de l’association, notamment sur la réduction des risques : « On a le droit de consommer de l’alcool dans les espaces communs sans se faire culpabiliser, par exemple ».

    Insuffisance de personnel

    Mais la bonne humeur régnant en cette matinée ne saurait cacher les inquiétudes du personnel associatif.

    Si le manque de financement des activités pose problème, c’est surtout l’absence de soutien médical auprès de résidentes souffrant parfois de troubles psychiques qui inquiète. « Il nous faudrait a minima un infirmier. On a eu une décompensation psychique il y a pas longtemps, on a dû appeler les pompiers », déplore Mathilde.

    « On a un gros turnover et beaucoup de difficultés à pérenniser les postes à cause du manque de moyens », se désole également Joëlle Fage, la responsable financière d’Habitat Alternatif Social.

  • En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En Occitanie, plus de 230 organisations privées à but non lucratif travaillent sur le handicap, l’exclusion, le grand âge ou l’enfance. Elles s’estiment aujourd’hui à bout de souffle. Faute de moyens, ces associations, mutuelles ou fondations ont de moins en moins la capacité de répondre aux besoins croissants de leurs bénéficiaires.

    L’organisation qui les représente, l’Uniopss*, et son antenne régionale, l’Uriopss Occitanie, ont préparé une grande campagne de sensibilisation intitulée « Et si nous arrêtions vraiment ? ». L’objectif est de faire réagir l’opinion sur les conséquences qu’occasionnerait la disparition de ces structures. Du 12 au 17 octobre, elles sont appelées à ouvrir leurs portes au grand public, à s’exprimer sur les réseaux sociaux et à s’adresser aux décideurs politiques.

    L’Uriopss Occitanie compte sur cette mobilisation pour interpeller les parlementaires de la région, qui débattent actuellement du budget. L’organisation professionnelle demande une hausse des crédits publics afin d’accompagner l’évolution démographique et notamment le vieillissement de la population. « Le minimum serait que les moyens suivent le niveau de l’inflation », avance son directeur Guillaume Fritschy. Au niveau national, le président de l’Uniopss, Daniel Goldberg, espère provoquer un sursaut chez les candidats à la présidentielle. « Nous voulons poser une question très simple à toute la société : et si nous arrêtions vraiment, que deviendrait notre cohésion sociale ? Qui ferait ce que nous faisons aujourd’hui ? », questionne-t-il dans un communiqué.

    Le scénario d’une disparition relève de moins en moins de la science-fiction. Le secteur associatif est confronté à un effet de ciseau. Les crédits publics, dont il dépend largement, connaissent une érosion. En 2025, la moitié des associations ont fait état d’une perte de financements publics, selon l’Uriopss. En face, les dépenses s’accroissent. À la faveur de l’ancienneté, une partie des salaires augmentent. Les employeurs de l’économie sociale et solidaire doivent également assumer la fin de l’exonération de la taxe d’apprentissage. L’inflation aggrave le tout.

    Contre-attaque

    Les associations sont d’autant plus fragilisées qu’elles sont mises en concurrence avec des opérateurs à but lucratif, par exemple dans le cas des crèches. Leur modèle économique n’est pas adapté aux lois du marché. Car, comme le rappelle le directeur de l’Uriopss Occitanie, elles ne peuvent pas jouer sur les prix. Pire, leur vocation d’intérêt général est invisibilisée. « Les pouvoirs publics vont considérer les associations par leurs prestations et beaucoup moins pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des espaces de construction citoyenne », pointe Guillaume Fritschy.

    L’Uriopss Occitanie entend aussi riposter à la suite de la parution, le 20 septembre, de la Une du Journal du dimanche titrée « 60 milliards engloutis par les associations ». L’organisation professionnelle estime que le secteur a été injustement mis en cause par l’hebdomadaire, propriété du milliardaire Vincent Bolloré. « Les associations n’engloutissent rien », clarifie Guillaume Fritschy. « Leurs financements sont réinjectés dans le service rendu aux personnes les plus vulnérables. »

    *Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux

  • Rassemblés pour le droit des femmes à Aix

    Rassemblés pour le droit des femmes à Aix

    « Les CRS nous ont protégés du Maquis », rapporte l’une des associations du Cercle. Le député et élu d’opposition de gauche Marc Pena (PS) était présent. Organisé en cercle et dans le silence, le rassemblement affichait sa solidarité avec les droits des étrangers, et plus particulièrement avec ceux des femmes à travers le monde.

  • Ces locataires qui dénoncent l’impasse du logement social

    Ces locataires qui dénoncent l’impasse du logement social

    « Je mange et je ne paie pas le loyer ou je paie le loyer et je ne mange pas ? » C’est le terrible dilemme auquel sont confrontés bon nombre de locataires de logements sociaux, ont déploré, ce samedi 10 octobre, les représentants varois, bucco-rhodaniens, vauclusiens et haut-alpins de la CNL (Confédération nationale du logement), réunis à Marseille. L’occasion de faire un point avant les élections dans les conseils d’administration des bailleurs, qui se tiendront du 15 novembre au 15 décembre.

    Augmentation des prix de l’énergie, de l’eau et donc explosion des charges, résidences délabrées avec un parc immobilier qui date d’il y a 50 ans, absence de volets pour se protéger de chaleurs devenues étouffantes ou logements mal isolés contre le froid… La situation des locataires HLM se complique dramatiquement, témoignent-ils, particulièrement bien placés pour en parler puisqu’ils en font partie. « Le droit à un logement stable, de qualité et à un prix abordable pour tous est aujourd’hui piétiné », s’indigne Michel Mus, président de la CNL Paca. Le résultat d’une « politique consciente et assumée de désengagement de l’État dans l’aide à la pierre, de l’organisation méthodique de la dérégularisation et de la marchandisation du secteur HLM ». Et de balancer les chiffres : 241 735 demandes en attente en Paca.

    Bailleurs privés de moyens

    Parmi ces demandes, plus de 20 000 concernent le Vaucluse, poursuit Michel Mus, également président de la CNL 84. On en compte près de 80 000 dans les Bouches-du-Rhône, ajoute Jean-Paul Guilbert, président de la CNL 13, et plus de 36 000 dans le Var. Dans les Hautes-Alpes, département « très pauvre », indique Yann Mathieu, président de la CNL 05, « 80% des habitants sont éligibles au logement social ». Les retraités avec une petite pension étalent les paiements « jusqu’en douze fois, les jeunes saisonniers ne peuvent pas se loger », raconte-t-il.

    Concrètement, à ce rythme, un foyer devra attendre 11 ans pour emménager, a calculé Michel Mus. Et il ne pourra pas compter sur les constructions, réduites à peau de chagrin : 80 000 en France alors qu’il en faudrait 250 000, estime Jean-Pierre Babilot, secrétaire régional de la CNL. Par exemple, « 13 Habitat prévoit 300 logements de plus d’ici 2028, on a le temps d’acheter des caravanes… », ironise Jean-Paul Guilbert.

    Faute de logements de volumes variés, difficile aussi de faciliter la prise en compte de l’évolution des foyers. « Quand les enfants sont partis, on peut occuper moins d’espace, mais il n’y a que des T4 ou T5 », constate Jean-Pierre Babilot. Il pointe aussi la mise à mal de la loi SRU, qui oblige les communes de plus de 3 500 habitants à compter 25% de logements sociaux : « Ce quota prend en compte le logement locatif intermédiaire, c’est trop facile et des maires préfèrent payer l’amende. » Sans compter les ressources restreintes des bailleurs. La Réduction de loyer de solidarité (RLS), prélèvement imposé aux sociétés HLM mise en place en 2018, est venue compenser les dépenses de l’État liées aux APL (Aide pour le logement). « Cela permet de renflouer les comptes au détriment des bailleurs et des locataires », analyse Jean-Pierre Babilot.

    Autant de raisons pour lesquelles « nous voterons contre toute augmentation des loyers et demandons leur gel », explique Liliane Roberto, présidente de la CNL 83. Elle dénonce également le phénomène de fusion des bailleurs, qui porte atteinte à la représentativité des associations de défense des locataires au détriment des habitants. « Dans le département, nous étions 15, nous nous retrouvons à 3, c’est grave », détaille-t-elle.

    Les élections s’avèrent donc cruciales pour faire entendre la voix de locataires qui ne se sentent déjà pas entendus, martèle la CNL. Ils pourront exprimer leur choix sur internet ou par courrier, précise Michel Mus.

  • Nourrir encore plus, avec toujours moins

    Nourrir encore plus, avec toujours moins

    Comme tous les mardis et jeudis soir, une file d’une vingtaine de personnes se forme spontanément sur la place de la Joliette, à Marseille. Il n’est que 18h30. « L’association Vendredi 13 n’arrive qu’à 19h, indique un homme. Je viens plus tôt parce que je n’ai rien avalé depuis deux jours et qu’il n’y a plus grand-chose si on arrive trop tard. »

    À 19h, les deux camions de Vendredi 13 sont en position. Dans un ballet bien orchestré par Monique Blanc, cofondatrice de l’association, dix-sept bénévoles en sortent des dizaines de cagettes et de cartons de denrées, déploient tables et barrières, séparant trois files derrière lesquelles se pressent hommes, femmes et personnes handicapées. Ils seront ainsi « 326 » à venir à la distribution alimentaire de l’association, précisera une heure plus tard Yohan, un compteur à la main. « Une petite soirée. On est plutôt sur 450 d’habitude », précise le jeune homme. « Il y a ceux qu’on voit régulièrement, depuis longtemps, et 60% de nouveaux, jauge Ada. Et le samedi matin, à l’entrepôt du boulevard de Plombières, on a une distribution spécifique, sur carte, pour les étudiants. Ils sont près de 200. »

    Vendredi 13 a développé ces deux rendez-vous hebdomadaires à la Joliette « en 2015, avec une autorisation de la nouvelle municipalité pour stationner, en complément des maraudes où l’on touche plus le public de la rue, explique Monique. Ici, on est sur de l’accueil inconditionnel ouvert à ceux qui ont un logement, mais un frigo vide ». Le fromage, le pain, les fruits, les yaourts, les barquettes individuelles de plats préparés, de boulgour, d’épinards, de poisson, de rôti ou encore de cuisses de poulet, que l’association récupère auprès « du Vélodrome, de l’AP-HM, des écoles de la Ville », et se procure par l’intermédiaire des associations solidaires Andes ou Pain et Partage, répondent à l’urgence. « En général, tout disparaît », témoigne Karine, salariée à la SNCF, que « cette hausse de la misère » a convaincu de s’engager il y a plus d’un an. Des « besoins tellement grands qu’on n’arrive plus à prendre le temps de discuter. »

    Son sachet à la main, Jamila, 78 ans, repart souriante en remerciant l’équipe. « Sans eux, je ne pourrais pas me nourrir, explique cette veuve du 8e arrondissement. Avec 600 euros de pension et un loyer que le propriétaire m’a abaissé à 500 euros, sinon j’étais à la rue, ce n’est plus possible. » « Cet hiver encore, je ne vais pas me chauffer », prévoit-elle.

    Situation similaire pour Nabila, qui avance appuyée sur sa canne. Elle apprécie : « Il y a du frais, du cuisiné, ça fait une économie de gaz. Je complète avec les conserves des Restos du cœur. » Sans se plaindre, elle confie : « Je fais un repas par jour, parfois pas. Mais j’ose me faire plaisir à la Noël… avec des chocolats. »

    Dans la file s’engage une mère sans emploi, accompagnée de ses trois enfants, dont le dernier est handicapé. Ils vivent depuis trois ans « placés par le 115 à l’hôtel, où on ne peut pas faire à manger ». Les deux plus grands prient de ne pas citer le nom de leur collège, « sinon, les autres, ils vont savoir ». Plus loin, deux mineurs et un jeune de 19 ans, « élèves en technique au lycée Nord », accueillis « en foyer, où on mange mal et on a la dalle », repartent ravis avec leurs sachets jaunes « pleins de plats et de donuts ». S’avouant un peu « gênés » aussi, ils les fourrent au fond d’un sac à dos, « plus discret », avant de sauter dans le tram.

    Abonnés aux « rayons

    du bas » des discounts

    Des travailleurs, en suspend, sont aussi là. Pape, arrivé en France en « 1995, avec sport-études, pour le ballon, mais sans réussir à passer pro », s’est « toujours débrouillé seul », mais sa reconversion en cuisinier s’est brutalement interrompue il y a quatre mois : « J’ai été négligent sur mes renouvellements de titre de séjour et il y a eu des retards administratifs à la préfecture. Alors, mon dernier employeur, qui me logeait dans un studio, n’a pas renouvelé non plus mon contrat. Tout a basculé. » Le quadragénaire multiplie les démarches pour retrouver un emploi : « La plupart des SDF sont résignés. Moi, j’apprends à tenir. Je ne peux pas me projeter à la rue. »

    Au bout de la file, un jeune « Algérien sans-papiers », qui vit « en coloc dans le 14e ». « Je suis dans le BTP, mais là, je n’ai plus de contrat, hausse-t-il les épaules. Depuis 2022 que j’étais pas revenu. On fait les courses dans les discounts, on prend dans les rayons du bas, des boîtes. Mais bon, ça augmente, on dirait qu’ils changent les étiquettes tous les jours. Pour les habits, c’est moins compliqué, il faut juste pas être difficile. »

    Une inflation à laquelle l’association est aussi confrontée. « La palette de bouteilles d’eau a pris 150 euros de plus. Le prix de l’essence grève aussi le budget. La Banque alimentaire n’a plus de poisson, on a acheté une palette de boîtes de sardines, elle a été liquidée en moins trois semaines », déplore Ada, en remballant. Un jeune s’approche, dépité d’avoir raté le coche. Ada lui récupère un sandwich avant de fermer les portes du camion. Il est 20h30, la place s’est vidée. Loin des réverbères, la misère se fait à nouveau discrète. éric, 35 ans, « grille » le bus pour filer dormir dans sa voiture, « si elle n’est pas à la fourrière. Parce que, sans essence, ni assurance, elle ne bouge plus depuis huit mois ».

    REPÈRES

    13%

    des Français déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture, selon un sondage OpinionWay commandé par Action contre la faim, soit environ 7 millions d’adultes en France métropolitaine. Cette proportion atteint 25% chez les 18-24 ans (un jeune sur quatre).

    26%

    des 873 076 habitants de Marseille vivent sous le seuil de pauvreté. Ville la plus pauvre de France parmi les grandes métropoles, Marseille compte également 5 839 personnes vivant dans des squats, selon l’étude ISSimars, signe d’une crise sociale et du logement prégnante.

    3,2 millions

    de personnes bénéficiaient de l’aide alimentaire en nature des associations, en France, en 2021 (Insee).

    En 2023, au moins la moitié des personnes en situation de précarité alimentaire ne sollicitaient pas ou ne bénéficiaient pas de cette aide (Crédoc).

    46 ans

    que le droit à l’alimentation est reconnu par la France au niveau international. Il ne figure pourtant pas dans le droit français.

    Action contre la faim appelle aujourd’hui à une mobilisation nationale pour lui donner une valeur constitutionnelle.

    86%

    des personnes interrogées par OpinionWay jugent importante ou primordiale l’adoption d’une loi garantissant l’accès à une alimentation suffisante, saine, durable et choisie. 73% estiment que le droit à l’alimentation n’est pas réellement garanti en France.

  • Le Département s’engage pour l’inclusion des personnes en situation de handicap

    Le Département s’engage pour l’inclusion des personnes en situation de handicap

    Ce vendredi à l’Hôtel du Département, la présidente (DVD) des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, a ouvert la toute première Journée de l’inclusion : « Il y a énormément d’organismes pour aider les personnes en situation de handicap. » L’élue a souhaité tous les réunir « pour trouver des solutions » et « recrédibiliser la parole du politique dans ce sujet ». Cette première édition a réuni 750 inscrits. L’événement doit « devenir annuel », précise Martine Vassal.

    « Nous voulons permettre à chacune et chacun d’avoir le choix de participer à la vie en société », a affirmé la présidente. Elle a d’abord entrepris de combattre les préjugés à travers des tables rondes thématiques, en matinée. Au programme des échanges figuraient l’habitat inclusif, les stéréotypes, l’accès à l’enseignement supérieur et la situation des jeunes aidants. L’élue a insisté sur le dernier sujet, que le Département entend mieux accompagner à travers des dispositifs de repérages et d’écoutes dans les établissements scolaires.

    Un Village dédié

    Dans l’atrium de l’Hôtel du Département s’est tenu un forum, regroupant stands associatifs, partenaires institutionnels et dispositifs départementaux. Le rassemblement a été apprécié par les participants. « On est venues chercher de l’information », a expliqué la maman de Jeanne, qui souhaite s’inscrire à des cours d’équitation. Elles ont trouvé leur bonheur auprès de Défi Sport, un club marseillais de sports et loisirs pour les personnes en situation de handicap mental ou psychique. « On a créé l’association pour permettre à ces publics de pratiquer une activité physique régulière adaptée, de sociabiliser, tout en offrant des temps de répit aux familles aidantes », précise Stéphane, directeur de Défi Sport.

    Le village de l’inclusion était un moyen de visibiliser les dispositifs adaptés pour les exposants, mais aussi d’établir des liens dans le réseau. « C’est agréable de se rassembler », ont fait remarquer Tom et Azzedine, du club handisport d’Aix-en-Provence, venus simplement faire un tour au milieu des autres acteurs associatifs.

  • Les fêtes de quartier en suspens pour « évolution »

    Les fêtes de quartier en suspens pour « évolution »

    À Avignon, même les fêtes de quartier passent à la trappe » lâche la section Avignon-Morières-Le Pontet du PCF, dans un communiqué de presse. Le rendez-vous, qui se tient habituellement autour du mois d’octobre, ne figure en effet pas dans les programmes d’animation de la Ville.

    Contactée, la municipalité d’Avignon assure qu’« il n’a jamais été question de supprimer les fêtes de quartier, mais bien de les améliorer ». Elle ajoute que ces rendez-vous « doivent pouvoir évoluer pour continuer à répondre aux attentes des habitants et s’adapter aux réalités d’aujourd’hui ».

    Des rendez-vous

    qui comptent

    Une éventuelle disparition qui ne plaît donc pas au PCF. « Les fêtes de quartier, c’étaient pourtant des moments qui comptaient : des habitants qui se retrouvaient, des associations qui se mobilisaient, des familles, des jeunes, de la musique, de l’histoire et surtout du lien social », poursuit le parti politique. Qui dénonce aussi un « vivre-ensemble qui passe à la moulinette des économies budgétaires » et regrette : « C’est encore du côté de la vie des quartiers que l’on regarde ».

    « On découvre donc une politique qui sait très bien faire des choix : moins de proximité, moins de culture populaire, moins de vie associative… Mais toujours davantage de communication », concluent les militants.

    Aucune échéance n’a été donnée par la municipalité concernant une reprise éventuelle des fêtes de quartier, souhaitant d’abord évaluer le nombre de personnes qui assistaient à ces célébrations ou encore « avec quels résultats ». A posteriori donc. Et d’assurer que les suivantes seront organisées avec habitants et associations.