Tag: Politique

  • Le Département contraint de réduire ses dépenses

    Le Département contraint de réduire ses dépenses

    Nous sommes dans une situation de maltraitance étatique comme nous en avons rarement connu. Depuis dix ans, nous alertons sur les mêmes incohérences et insuffisances de la part de l’État, qui assèche les fonds destinés aux services publics et aux collectivités locales », a déclaré Jean-Marie Bernard (LR), lors de la séance du Conseil départemental ce mardi. Le président des Hautes-Alpes a donné le ton : les questions d’orientations budgétaires ont dominé l’ordre du jour, sur fond d’inquiétude des élus quant aux marges de manœuvre financière du Département.

    Alors que le gouvernement fait face à une situation financière critique, le projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027) entend mettre à contribution, entre autres, les départements. « Mais nous refusons d’endosser la responsabilité des conséquences budgétaires de l’État », a poursuivi l’élu, dénonçant la « condescendance » du gouvernement. « Le Département est, avec la commune, le service public de proximité par excellence. Nous finançons les routes, les collèges, des projets d’aménagements pour nos vallées, et nous garantissons une solidarité entre concitoyens, que ce soit sur la question du handicap, de l’insertion ou du vieillissement. » Les élus sont unanimes sur la nécessité de « continuer à faire tourner le Département » et de « faire autant avec moins ».

    Plus de dépenses,

    moins de recettes

    Patrick Ricou, en charge des finances, a présenté les différentes contraintes. À commencer par le contexte budgétaire national, qui impacte aussi les collectivités locales : « Nous avons une croissance nationale qui tâtonne, et de l’autre côté une inflation qui ne cesse de grimper. La dette de notre pays et l’augmentation des taux d’intérêt sont une vraie préoccupation ».

    Si le PLF 2027 est adopté tel qu’il est aujourd’hui prévu, le Département devra contribuer « à l’effort national ». Ce qui signifie, concrètement, plus de dépenses et moins de recettes. Les Hautes-Alpes devront dépenser 2,1 millions d’euros dans le cadre de la Contribution progressive à l’effort budgétaire (CPEB), et verront leurs frais augmenter du fait de « mesures exogènes », comme la hausse du montant du Smic ou l’évolution des prestations sociales. Elles verront également leurs recettes diminuer de 2,81 millions d’euros à cause du blocage du gel de la TVA et de la baisse du FCTVA, une aide de l’État qui rembourse aux collectivités la TVA qu’elles paient lorsqu’elles réalisent des investissements. « On est en plein dans un effet ciseau, a dénoncé Patrick Ricou, des dépenses rigides avec peu de marge de manœuvre, des recettes peu dynamiques et une ponction importante de l’État pour le redressement des finances publiques. »

    Mais pas question de réduire les investissements « en faveur du territoire » : « Il est donc impératif de stabiliser la courbe des dépenses de fonctionnement, qui concernent notamment la masse salariale ». Pour cela, les élus prévoient de mener « des efforts de gestion », de stabiliser le niveau d’épargne et d’augmenter le taux des DMTO, des frais de notaire qui s’appliquent aux citoyens lors d’un achat immobilier. Il passera de 4,5% à 5%, mais les primo-accédants seront épargnés de cette revalorisation.

    Ces mesures permettront d’envisager un niveau d’investissement annuel qui reste important, de l’ordre de 56 millions d’euros. Car malgré ces contraintes, le Département assure maintenir ses engagements pour 2027 : modernisation des infrastructures routières, amélioration du patrimoine scolaire, solidarité humaine ou encore réduction de la fracture numérique.

  • Débouché politique

    Débouché politique

    Depuis la Charte d’Amiens de 1906, en France le mouvement social et le monde politique marchent séparément mais en parallèle pour ce qui concerne la gauche et le mouvement progressiste. Soutenir sans interférer, travailler chacun dans son domaine mais avec toujours pour objectif le progrès social et l’amélioration de vie de l’immense majorité du peuple.

    Alors que ce peuple gronde de nouveau dans les pas de sa jeunesse révoltée par le présent qu’on lui fait et le futur qu’on lui promet, le rendez-vous du jeudi 5 novembre apparaît déjà comme capital : celui de la jonction du mouvement syndical aux revendications sociales et salariales et de la colère sourde qui monte partout unissant depuis plus de deux semaines toutes les générations.

    Un « pour »

    Le rôle des mouvements progressistes dans leur diversité est aujourd’hui d’offrir un débouché politique à ces protestations qui vont crescendo, proposer un « pour » à l’ensemble de ces « contre ». Tout en respectant bien entendu l’autonomie de ces mouvements divers.

    À six mois d’une élection présidentielle qui est loin d’être jouée malgré ce qu’en disent les perroquets de l’ultralibéralisme qui trouveraient dans le fascisme le seul moyen de faire perdurer leur système mortifère pour l’humanité et la planète, l’occasion est là pour les mouvements politiques de renouer le lien avec leur électorat naturel. Et de briser le mur de méfiance qui s’est progressivement construit ces dernières années. Tous ensemble dans la rue avec le mouvement progressiste au service des aspirations et des exigences de manifestants. La clé pour renvoyer l’extrême droite à sa place naturelle qu’elle arrive à masquer pour l’heure, celle du rempart des possédants contre le peuple.

  • Les opposants aux maires RN du Gard tentent de garder de la voix

    Les opposants aux maires RN du Gard tentent de garder de la voix

    Trois élus dans le Gard bataillent chaque semaine face à la gestion municipale de l’extrême droite. Jérôme Jackel à Bagnols-sur-Cèze, Magali Nissard à Vauvert et Luc Perrin à Beaucaire. Le premier est un soutien de François Ruffin, la deuxième est socialiste et le troisième ne revendique aucune étiquette politique. Ils ne se connaissent pas, n’échangent pas et pourtant, ils mènent le même combat face à une extrême droite qui, en huit mois de gouvernance, s’en est pris à la culture, aux subventions aux associations et parfois aux locaux syndicaux comme à Bagnols.

    Aujourd’hui, ils se battent surtout pour faire entendre la voix de leurs électeurs qui n’ont pas abdiqué face à l’extrême droite. Mais en face, les élus RN tentent de museler l’opposition. « Lors du conseil municipal du mois de juin, Nicolas Meizonnet nous a attaqués de manière virulente sur notre gestion en disant que nous sommes des LFIstes », illustre Magali Nissard. « Le ton est monté après ces attaques. Après la levée du conseil, son directeur de cabinet a provoqué l’opposition. Physiquement, il ne s’est rien passé mais c’était très tendu. Au conseil municipal suivant, nous avons été obligés de rappeler que nous voulons exercer notre droit d’opposition dans le respect et dans le calme, que nous avons le droit de nous interroger et de poser des questions. Nous avons été élus pour cela, c’est notre devoir. »

    À Vauvert, comme à Bagnols, le maire Nicolas Meizonnet communique à tout-va sur les finances de la commune qu’il juge catastrophiques. En conseil municipal, il a par exemple présenté l’audit financier réalisé, sans communiquer les éléments au préalable à l’opposition qui n’a donc pas pu formuler de réponse argumentée. « Je vais saisir la préfecture car dans le règlement intérieur, il est noté que pour chaque délibération à connotation financière, la commission finance doit se réunir et donner son avis. Je suis membre titulaire de cette commission qui ne s’est jamais réunie puisque je n’ai jamais été convoquée », précise Magali Nissard qui va distribuer des tracts pour expliquer la situation financière de la commune.

    Deux recours déposés

    À Bagnols-sur-Cèze, Jérôme Jackel, déjà élu d’opposition face à Jean-Yves Chapelet lors du précédent mandat, connaît son rôle par cœur tout comme son règlement intérieur. « À la suite du conseil municipal du 23 septembre, j’ai engagé un recours devant le tribunal administratif de Nîmes afin de demander l’annulation du nouveau règlement intérieur. Lors de cette séance, j’avais présenté de nombreuses propositions d’amendements destinées à améliorer le fonctionnement démocratique de notre assemblée et à garantir les droits de tous les conseillers municipaux, particulièrement ceux de l’opposition. Or, Pascale Bordes a décidé de soumettre le règlement intérieur au vote sans organiser de vote distinct sur les amendements proposés. À quoi sert le droit d’amendement des élus si leurs propositions peuvent être écartées sans être soumises à la décision de l’assemblée ? », précise Jackel qui n’a pas non plus pu écrire dans le magazine municipal puisqu’aucune édition n’a été diffusée depuis l’élection de Pascale Bordes.

    Plus au sud, à Beaucaire, c’est justement la place accordée à l’opposition dans le magazine communal, sur Facebook et sur le site internet qui a fait bondir Luc Perrin. Suite au vote du conseil municipal sur le règlement intérieur le 22 juillet, l’élu d’opposition a attaqué cette délibération au tribunal administratif. Mais deux jours avant cette audience en référé prévue le 2 octobre, la municipalité beaucairoise a décidé d’annuler le règlement intérieur car « ils étaient sûrs de perdre ». « Aujourd’hui je suis sûr à 95% d’en déposer un nouveau d’ici un mois mais il faut que je sois sûr de gagner sinon c’est 1 500 euros de ma poche », explique Luc Perrin, prouvant avec cet exemple toute la difficulté du rôle d’élu d’opposition, surtout face au RN.

    Mais malgré ces obstacles et les nombreux messages haineux reçus sur les réseaux sociaux, les élus d’opposition au Rassemblement national dans le Gard n’ont pas dit leur dernier mot et comptent bien se faire entendre durant les six ou sept ans de leur mandat.

  • Les élus PCF des Bouches-du-Rhône tendent le micro sur l’enfance

    Les élus PCF des Bouches-du-Rhône tendent le micro sur l’enfance

    Notre objectif premier est d’écouter. C’est pour ça que c’est ouvert à tous, car tout le monde à quelque chose à dire. » C’est ainsi que le conseiller départemental (PCF) Gérard Frau présente le conseil de canton organisé par le groupe communiste du Département, mardi à 18h.

    Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la préparation des Assises départementales de la protection de l’enfance, prévues les 18 et 19 novembre. Un rendez-vous « que nous avons obtenu », souligne l’élu, président du groupe communiste au Département.

    « Notre enjeu est de rencontrer le maximum de monde possible, de recueillir les témoignages, questionnements, propositions et exigences que nous porterons lors des Assises. » D’autant que, rappelle-t-il, « ces Assises prépareront le schéma départemental de protection de l’enfance pour les années à venir ».

    « Une volonté politique »

    Pour l’élu, l’enjeu dépasse le seul cadre départemental : « C’est une compétence compliquée qui est déléguée par l’État, mais sans les moyens qui vont avec. Le projet de loi en discussion au Sénat n’en rajoute pas. » « C’est une question de volonté politique » estime Gérard Frau, surtout quand « on a des enfants en danger, qu’on pourrait parfois croire de seconde zone, pas accompagnés par la République, et c’est inacceptable ».

    Cette réunion revêt une résonance particulière à Martigues, un des exemples du communisme municipal français. « Avec onze maisons de quartier, les services municipaux, les moyens mis dans les écoles, nous avons un panel de travailleurs et d’enseignants qui peuvent repérer au plus tôt les problématiques, troubles et souffrances. »

    Le rendez-vous est donné mardi, à 18h, salle Raoul-Dufy.

  • Un ciné-débat à Manosque établit le lien entre 1936 et 2026

    Un ciné-débat à Manosque établit le lien entre 1936 et 2026

    Les mêmes affrontements, les mêmes combats, les mêmes interrogations » : avec son ciné-débat sur le Front populaire organisé vendredi, l’assemblée citoyenne du bassin manosquin a voulu mettre cette période charnière de l’histoire politique et sociale du XXe siècle en résonance avec l’actualité, entre difficultés sociales et économiques grandissantes, montée de l’extrême droite et instabilité politique. « 1936 renvoyait à 2026 », soulève Jean-Claude Cauvin, l’organisateur de cette soirée, également membre de la section de Manosque du PCF.

    Des enseignements à tirer pour les luttes actuelles

    Le documentaire de France 3 1936, le Front populaire entre joie et colères a été projeté en début de soirée. Ce dernier rassemble des témoignages d’ouvriers et d’acteurs politiques de l’époque, à gauche comme à droite, ayant vécu cette période. Le film raconte la société de l’époque, ses réalités, ses fractures politiques et ses transformations culturelles et sociales qui ont façonné la France.

    La projection a été suivie d’un échange un échange avec Gérard Leidet, président de Promémo et historien spécialiste du mouvement ouvrier, qui a contribué à la réalisation du documentaire en tant qu’expert. Les échanges ont porté sur les enseignements à tirer pour les luttes actuelles comme pour la perspective politique. « L’incontournable rassemblement des forces de gauche » a notamment été évoqué, raconte Jean-Claude Cauvin. « Une voie nouvelle ne saurait déboucher sans rassemblement de toutes les forces de gauche, sans la reconnaissance de leur diversité et surtout sans un puissant mouvement populaire avec au cœur le monde du travail », avance-t-il, qualifiant l’union de la gauche d’« indispensable, mais très compliquée ».

    Dans les prochains jours, avec la suite de la mobilisation, « ce qui va être fondamental, c’est l’irruption du monde du travail dans le mouvement, et la journée du 5 novembre va être déterminante », espère le communiste, fondateur de l’assemblée citoyenne du bassin manosquin. Cette association a pour objectif de promouvoir l’éducation populaire, la défense des droits humains et combattre les logiques financières.

  • À Marseille, l’ultime procès de la tragédie du 5 novembre 2018 s’ouvre

    À Marseille, l’ultime procès de la tragédie du 5 novembre 2018 s’ouvre

    Le procès en appel des effondrements tragiques de la rue d’Aubagne, survenus le 5 novembre 2018, s’ouvre ce lundi à 14h, à Marseille, dans la même salle des procès hors-norme de la caserne du Muy où les faits ont été jugés il y a deux ans.

    Le jugement de première instance, rendu le 7 juillet 2025, avait tranché, en 777 pages, en faveur de la culpabilité de dix protagonistes et prononcé la relaxe de six autres dans la mort de Simona Carpignano, Oulouma Said Hassani, Taher Hedfi, Mohamed Cherif Zemar, Julien Lalonde-Florès, Pape Magate Niasse, Fabien Lavieille et Marie-Emmanuelle Blanc. Mal accueillie tant par les collectifs et les 101 parties civiles que par certains prévenus, cette décision a également été frappée d’appel par le parquet. Seule la relaxe d’un cadre de Marseille Habitat est définitive. La Ville, partie civile irrecevable, pourrait néanmoins intervenir dans les débats.

    La chaîne des défaillances

    Sur le banc des prévenus, qui feront face au président de la cour d’appel, Fabrice Naudé, treize personnes, une société d’économie mixte et un syndic composent la chaîne complexe des défaillances et des fautes accumulées qui ont conduit à l’effondrement soudain et inéluctable, le 5 novembre 2018 à 9h07, des immeubles des 63 et 65 rue d’Aubagne, en péril, avec leurs huit occupants.

    Tous répondent de blessures involontaires et homicides involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence, et pour certains propriétaires, de mise en danger de la vie d’autrui et de soumission à des conditions d’habitat indigne.

    Trente-cinq journées d’audience sont prévues, contre vingt-neuf en première instance, pour cerner les responsabilités dans l’effondrement d’un immeuble dégradé criblé d’arrêtés de péril et d’alertes ignorées. En cause, une litanie de dysfonctionnements, de fautes caractérisées mêlant la négligence, l’incompétence, la désinvolture, les calculs économiques, l’indifférence certaine. Le réquisitoire de l’avocat général, Franck Lagier, est prévu le 11 décembre.

    Le jugement mi-chèvre mi-chou, prononcé le 7 juillet 2025 par le tribunal correctionnel, a relaxé la SEM Marseille Habitat, propriétaire du 61 rue d’Aubagne, et ses deux cadres, Christian Gil et Christian Coulange (la relaxe de ce dernier est définitive). Les juges ont également relaxé Sylvie Coellier, propriétaire bailleuse au n° 65, estimant qu’elle n’avait pas délibérément voulu mettre en danger ses locataires, ainsi que Michèle Bonetto et son fils Alexis.

    Le tribunal correctionnel avait reconnu coupable les trois membres de la famille Ardilly et leur SCI pour leur « désintérêt total et constant aux problèmes structurels » du n° 65 et du taudis loué à une mère de famille décédée. Le tribunal avait fustigé par quatre ans de prison, dont deux ferme, la « stratégie d’obstruction » de Xavier Cachard, avocat, propriétaire et vice-président de la Région, ainsi que sa SCI, qui a tout fait pour retarder les travaux. Pour sa négligence grossière, son indifférence au sort des locataires, son calcul économique, le cabinet Liautard avait écopé de 100 000 euros d’amende et son gestionnaire, Jean-François Valentin, de trois ans de prison avec sursis et de 8 000 euros d’amende.

    Pour s’être « désintéressé du sort de l’immeuble et de ses occupants », l’architecte Richard Carta, qui a bâclé son expertise, pressé de partir en congés le lendemain de sa visite, avait écopé de deux ans de prison avec sursis et de l’interdiction définitive de réaliser des expertises. Une mansuétude qui a choqué les familles, tout comme celle dont a bénéficié Julien Ruas, l’ex-adjoint de Jean-Claude Gaudin délégué à la gestion des risques, condamné à deux ans de prison avec sursis, à 47 amendes à 100 euros et à cinq ans d’interdiction d’exercer une fonction publique, alors que le jugement souligne « sa passivité », ne s’étant « aucunement mobilisé pour concevoir et impulser une politique volontariste, efficace, organisée et coordonnée de lutte contre les immeubles en péril ».

    La cour d’appel va tout remettre à plat.

    « Ce n’est pas normal que
    la deuxième ville de France soit devenue
    la capitale
    de l’habitat indigne »

  • [Justice] « Je vais devenir un nouveau Kevin T. »

    [Justice] « Je vais devenir un nouveau Kevin T. »

    Attention jeudi ce qui va se passer, on se prépare. Je suis RN, j’ai la haine, je vais devenir un nouveau Kevin T. » Repéré et signalé lundi par la plateforme Pharos au parquet de Marseille pour un live alarmant sur TikTok, Fabrice B., un Marseillais de 46 ans, sans casier, sous suivi psychiatrique, a été condamné mercredi en comparution immédiate pour apologie du terrorisme et menaces de mort à raison de la race, de la religion.

    Le tribunal lui a infligé 16 mois de prison, moitié avec sursis et moitié ferme aménagée sous bracelet électronique. Un suivi sociojudiciaire pendant 3 ans est prononcé avec interdiction de port d’arme pendant 5 ans, d’inéligibilité pendant 2 ans et de réseaux sociaux pendant 6 mois.

    La suite de la capture vidéo du direct est glaçante. « Ils veulent la guerre, on va la faire, t’inquiète, moi je suis prêt à massacrer les musulmans, ils sont en train de bouffer notre pays, vous allez voir jeudi personne ne sera arrêté, l’actualité va exploser jeudi, notez bien jeudi. Faut plus que les blancs on se laisse faire. Ils veulent la guerre, on va la faire. »

    « Vous encourez 7 ans d’emprisonnement aujourd’hui. Qu’auriez-vous fait jeudi ? » lance le président Thierry Bonnifay au prévenu squelettique, pâle et émacié qui tremble dans le box. « Je me suis embrouillé avec des gens qui parlaient de Trappes, ça partait dans tous les sens et j’ai été emporté, j’ai dit des paroles très très dures et ça, je m’en rends compte », pleure le prévenu. L’enquête décrit un homme isolé socialement, victime de maltraitance du père dans sa jeunesse, mis à la porte à l’âge de 17 ans par sa famille en raison de son orientation sexuelle, recueilli par sa grand-mère morte depuis. Il a un temps été agent de sécurité au port autonome, avant de sombrer dans la dépression à la mort de son compagnon. Bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé, il est sous suivi psychiatrique à Edouard-Toulouse depuis 2020 et a arrêté son traitement il y a deux mois.

    « Glorification de l’auteur d’un acte terroriste »

    Sommé par la procureure Mathilde Fontaine de dire ce qu’il sait de l’attentat raciste qui a tué Pengo Bossio Wangi et blessé sept autres personnes à Trappes, il patauge. « J’ai pas trop suivi ce qui s’est passé à Trappes. Kevin, c’est l’autre très méchant qui a fait du mal en tuant un être humain. Je ne suis pas du tout comme ça, j’aime tout le monde. J’espère que personne ne m’a entendu et ne va faire de bêtises, je m’en voudrais toute ma vie. Je regrette énormément ce que j’ai dit. Mon cerveau, il a bloqué. C’est parce qu’il y a eu tellement de haine dans la semaine avec l’actualité. Je me suis énervé de voir mon pays comme ça avec tant de haine, les manifestations et l’attentat et tout et moi j’ai rajouté une couche et je m’en veux. Je veux avoir une sanction mais pas aller en prison ça va m’abîmer. »

    Ayant clamé sur Tiktok qu’il était du RN, la procureure lui demande. « Vous appartenez à un groupuscule ? Vous vous revendiquez d’extrême droite ? » Sa réponse fuse : « Mais non, je vote même pas ! »

    Pour la représentante du ministère public, on est dans « la banalisation d’un discours qui arrive tôt ou tard à un passage à l’acte. On ne peut pas se retrancher derrière un ordinateur et les réseaux sociaux. Il n’est pas le seul depuis cette attaque, avec toujours ces mêmes discours “je ne l’aurais pas fait”. Le 24 octobre, le tireur a choisi ses victimes à raison de la couleur de peau et lui, au profil inconnu des renseignements et de la police, dit qu’il veut devenir le nouveau Kevin ». Pour cette « glorification de l’auteur d’un acte terroriste » doublé de menaces de morts racistes, elle requérait 10 mois ferme sous bracelet électronique.

    « Je ne veux pas qu’on en fasse un dossier politique. Ses fragilités visibles n’excusent pas tout, mais regardez-le, est-ce que vous pensez sérieusement qu’il peut passer à l’acte ? » a plaidé Me Allison Mallia. « Je veux payer et je veux m’excuser, mes propos ont dépassé une certaine limite qui est inqualifiable. »

  • À Manosque, le projet de renouvellement urbain présenté au public

    À Manosque, le projet de renouvellement urbain présenté au public

    Plus de mixité sociale en mélangeant logements privés et sociaux : tel est l’objectif affiché du projet de renouvellement urbain du quartier prioritaire Alicante – les Plantiers, présenté jeudi soir lors d’une réunion publique organisée au cinéma CGR, à Manosque. « Le projet a démarré en 2018 avec ce qu’on appelle le NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain), créé pour mener à bien la politique de reconquête de certains espaces publics qui abritaient des populations fragiles qui vivaient très en deçà des seuils de pauvreté, comme c’est le cas sur le quartier Alicante, en déshérence depuis de trop nombreuses années », a expliqué le maire, Camille Galtier, également président de l’intercommunalité DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération).

    Deux bâtiments abritant des logements sociaux ont déjà été démolis dans le cadre de ce projet, et un troisième viendra s’ajouter prochainement. Ce dernier, l’Alicante, a pris du retard en raison de la résistance d’un propriétaire qui refuse de vendre son logement au prix proposé par l’agglomération. Le bâtiment devrait être démoli « d’ici quelques semaines », selon le maire, dont le but est de « tout détruire d’ici le mois de janvier ». Il s’est défendu face aux critiques jeudi, avançant que tous les habitants avaient été indemnisés et relogés dans « des logements de meilleure qualité ».

    Une deuxième médiathèque, un hôtel d’entreprises et une maison France Services doivent notamment être implantés dans le futur quartier transformé, qui sera renommé Pompidou. Le projet doit être livré dans sa totalité fin 2030, et la première livraison devrait avoir lieu en juin 2029 avec le CCAS.

  • À Pierrevert, des pistes forestières rénovées pour les pompiers et l’ONF

    À Pierrevert, des pistes forestières rénovées pour les pompiers et l’ONF

    Un régiment de militaires de la Sécurité civile détaché pour les travaux d’urgence d’espaces naturels, basé à Brignoles, a achevé jeudi un important chantier de rénovation de deux pistes forestières endommagées à Pierrevert et à Montfuron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, près de Manosque.

    Pendant près de trois semaines, les militaires du régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile ont débroussaillé, sécurisé les deux pistes, et y ont créé des aires pour permettre aux camions de se croiser. Le bon état des pistes est particulièrement important dans cette zone, à haut risque d’incendies.

    « Les pistes s’abîment avec le temps, avec la pluie, le passage des motos, des chasseurs », explique le sergent Gauthier Sorton, chef du module pendant le détachement. Afin de réaliser le chantier, les militaires avaient à leur disposition deux bulldozers, une mini-pelle et un tracteur. Sept militaires du rang et un sous-officier sont intervenus pour ces travaux.

    L’intercommunalité DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération) a entièrement financé le chantier, qui lui a coûté environ 20 000 euros, selon Cyril Marin, responsable du service espaces naturels. « Cela aurait coûté beaucoup plus cher en passant par une entreprise privée, à peu près entre 70 000 et 90 000 euros, puisqu’on aurait dû payer la main-d’œuvre », affirme-t-il.

    Malgré quelques interruptions dues aux intempéries, qui ont compliqué l’intervention des militaires, le chantier a pu se terminer à temps.

    Plusieurs communes de la communauté d’agglomération ont « cruellement souffert des incendies au début des années 2000, donc il y a eu une réelle volonté unanime des élus, lors de la création de la DLVA, de prendre cette compétence de DFCI (Défense des Forêts Contre l’Incendie) pour mutualiser les moyens », a relaté Gilles Mégis, vice-président de la DLVA, délégué à la prévention des risques.

    Les militaires du régiment d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile interviennent sur de nombreuses catastrophes naturelles, comme des tremblements de terre ou des feux de forêt. Après des inondations, ils retirent les arbres tombés sur la route ou les voitures emportées par le courant, comme récemment dans les Bouches-du-Rhône et le Var. Pendant les intempéries, des engins du chantier ont dû y être évacués.

    Il existe trois régiments de ce type en France, à Brignoles, à Libourne et à Nogent-le-Rotrou. Le régiment de Brignoles vient de signer une nouvelle convention avec la mairie de Manosque pour revenir intervenir tous les ans pendant quatre ans. En 2025, ce régiment était déjà intervenu à Manosque pour rénover une piste stratégique de défense du massif du Luberon.

  • En Occitanie, Michaël Delafosse et Carole Delga appellent l’Etat à se réengager

    En Occitanie, Michaël Delafosse et Carole Delga appellent l’Etat à se réengager

    Trente-trois millions et cinq cent mille euros. En l’état actuel du projet de loi de finances 2027, voici le montant de la perte de dotations de l’État qui guette la Métropole (27,25M) et la Ville de Montpellier (6,3M). Du côté des Départements et de la Région Occitanie, pas encore de chiffre officiel. Mais l’ardoise serait encore plus salée étant donné que l’État a prévu de faire les poches des Départements et des Régions pour 1 milliard d’euros de plus chacun. « Pour l’Occitanie, ce devrait être entre 100 et 200 millions en moins. Soit l’équivalent de deux années consécutives de rénovation de nos lycées », illustre le vice-président régional, Kamel Chibli (PS).

    Face à cette nouvelle cure d’austérité qui s’ajoute aux baisses drastiques de ces dernières années (moins 800 millions pour la Région en 10 ans), Michaël Delafosse et Carole Delga ne restent pas silencieux. Le maire de Montpellier s’est fendu d’un courrier au gouvernement et aux parlementaires. Il leur demande un amendement correctif. « Montpellier a la dotation globale de fonctionnement (DGF) la plus faible de France rapportée à son nombre d’habitants », pointe M. Delafosse (PS). Sans renoncer à son « bouclier social » (transports gratuits, mutuelle communale, tarifs réduits à la cantine…), il s’inquiète pour le calendrier de certains projets. Rappelant que les collectivités produisent 70% de l’investissement public et qu’il ne souhaite pas toucher aux taux d’imposition, l’édile PS prend les devants. « Il va falloir phaser nos investissements, prioriser nos choix. J’espère qu’on sera entendus sinon on va réduire mécaniquement nos investissements. »

    Du côté de la Région Occitanie qui ne dispose plus qu’aucun levier fiscal et a été durement mise à contribution depuis deux ans, la coupe est pleine. « Si on nous ponctionne encore l’an prochain, je ne vois pas comment on va pouvoir répondre aux défis du changement climatique, avec l’effet ciseau de la croissance démographique », redoute Kamel Chibli.

    Carole Delga promet que l’éducation restera la priorité numéro 1 de la Région qui investit dans ses lycées (dont 75% ont été rénovés) 10 euros de plus par habitant comparé à la moyenne. Toutefois, la présidente socialiste s’inquiète, elle aussi, du « désengagement de l’État », au point de lancer, le 15 octobre, un appel à la mobilisation pour sauver l’apprentissage et la formation professionnelle. En un an, ses recettes pour l’apprentissage ont chuté de 88% (15,2M à 1,88M). Avec pour conséquence une menace sur 10 000 places de formation et 4 000 apprentis avec 200 à 250 sessions de formations qui pourraient fermer ainsi que 58% de filières CFA. Avec la suppression de ces crédits pour l’emploi, l’Occitanie estime subir une perte d’environ 100 millions d’euros au moment où « le chômage remonte, que les mutations économiques accélèrent les besoins de reconversion et que les entreprises peinent à recruter ».