Tag: solidaire

  • [Entretien] Denis Philippe, Cress Paca : « Cette amputation de crédits représente 4 millions d’euros »

    [Entretien] Denis Philippe, Cress Paca : « Cette amputation de crédits représente 4 millions d’euros »

    La Marseillaise : Pouvez-vous rappeler les missions de la Cress ?

    Denis Philippe : La Cress est la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire. Sa mission a été fixée par la loi de 2014, qui reconnaît et encadre les organisations représentatives de l’économie sociale et solidaire (ESS). En Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’ESS représente près de 200 000 emplois. On compte également 12 000 entreprises et 14 000 établissements. Nous avons donc pour mission de représenter ce modèle économique et les entreprises qui le portent.

    Dans votre lettre, vous appelez à soutenir l’initiative de l’ESS France, qui demande au gouvernement de « maintenir les crédits ». Pourquoi cette démarche ?

    D.P. : La loi de finances pour 2026 a été votée en début d’année avec l’article 49.3. Dans ce cadre, nous avons appris qu’une réduction des crédits liés à l’économie sociale et solidaire allait être appliquée. Pourtant, l’État s’était engagé à maintenir le financement de l’ESS au même niveau que celui de 2025. Le 5 juin dernier, nous avons appris que le gouvernement, par une décision subite et incompréhensible pour nous, voulait diminuer de 30% ces crédits dédiés à l’ESS. En parallèle, ce qui nous pose problème, c’est qu’aujourd’hui, on ne sait toujours pas quelle est la stratégie de la France concernant l’économie sociale et solidaire. À un moment, il faut se positionner.

    Quelles vont être les conséquences d’une réduction de 30% des financements pour l’ESS ?

    D.P. : Cette amputation de crédits représente 4 millions d’euros. Imaginez les conséquences pour les organisations qui portent ces dispositifs sociaux, au moment où nous allons leur dire qu’on ne peut pas les financer.

    Tout cela va participer à une dégradation beaucoup plus rapide de la situation de nos concitoyens, notamment les plus pauvres.

    Qu’attendez-vous de l’État désormais ?

    D.P. : Nous, la Chambre régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur, nous ne voulons pas que ce soit l’État qui nous finance alors qu’il n’est pas au rendez-vous quand nous avons besoin de lui. Nous considérons que ce serait à nos entreprises de financer la Chambre régionale, via une taxe perçue par l’État et qui devrait donc nous être reversée directement. Cela éviterait que, lorsque l’État fait face à des difficultés économiques, il ne soit obligé de raboter le budget pour remédier à sa dette abyssale.

    Quel regard portez-vous sur l’avenir du secteur ?

    D.P. : Moi, je partage la position de l’ESS France. C’est-à-dire que nous n’allons plus nous asseoir autour de la table du Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS) tant que l’État n’a pas de stratégie pour ce modèle. J’entends qu’il y ait des difficultés économiques dans notre pays, elles sont réelles. Mais, quand nous faisons des propositions concrètes, comme le fait de nous financer par nous-mêmes, c’est refusé. Quel choix nous laisse-t-on ?

    Il faut qu’on s’organise par nous-mêmes, parce que je ne crois pas à la capacité de l’État, demain, de pouvoir continuer à soutenir l’économie sociale et solidaire.

  • Solid’AM lauréate d’un prix de la fondation Crédit coopératif

    Solid’AM lauréate d’un prix de la fondation Crédit coopératif

    L’association étudiante Solid’AM ne ménage pas sa peine et a vu ses efforts salués par la fondation Crédit coopératif. Elle s’est en effet vue attribuer le Prix local de l’inspiration en ESS 2026 pour « son action innovante et exemplaire en faveur des étudiants issus de milieux défavorisés au travers l’ouverture récente de son épicerie solidaire implantée au cœur du campus universitaire aixois, épicerie ouverte à tous les étudiants et pas seulement ceux d’Aix Marseille Université ». Ce prix de 3 500 euros a été remis le 4 juin par Stéphane Salord président du Conseil d’agence du Crédit coopératif Aix-en-Provence au président de l’association Lyes Belhadj en présence des bénévoles et des collaborateurs de l’agence.

  • La CPMM mise à l’honneur au 54e congrès de la CGT

    La CPMM mise à l’honneur au 54e congrès de la CGT

    Faire rayonner la CPMM. » C’est l’objectif de la présence d’une délégation de la coopérative, en charge de la distribution de la presse sur une partie de la Région Sud, et issue d’une lutte de haute volée, au 54e congrès de la CGT à Tours. « On voulait interpeller les délégués au congrès sur les risques pour la démocratie en lien avec la pérennité de notre coopérative », résume Maxime Picard, président de la CPMM, aux côtés de Nicolas Guglielmacci et d’Hélène Honde. Tous trois chevilles ouvrières de la reprise par ses salariés de l’ancienne société SAD, liquidée judiciairement en 2020 avec la fin de Presstalis (ancienne messagerie nationale de presse), leur présence est plus que symbolique. « Avec la CGT, il y a une histoire commune : les anciens salariés ont monté un projet de reprise avec leur syndicat et d’autres organisations CGT », rappelle le président.

    Une histoire qui se poursuit : « Il y a actuellement un combat mené par l’ensemble de la CPMM. Sur les 24 millions d’euros d’aides exclusivement fléchées sur la distribution de la presse, les dépositaires dont la CPMM, ne reçoivent absolument rien », dénonce Maxime Picard. De quoi mettre en péril son modèle économique, et donc l’accès à une presse pluraliste. D’où la volonté de « sensibiliser sur les enjeux politiques autour de la distribution de la presse et l’accès à l’information ». Leur présence avec un stand a donc fait coup double puisqu’une palette d’offres était mise à disposition des congressistes, dont une participation Mondial La Marseillaise des CSE. En clair, permettre d’aider à « l’équilibre économique de la coopérative » tout en prônant les valeurs de la structure sociale et solidaire.

  • Que du beau pour la grande vente de la communauté d’Emmaüs Saint-Marcel

    Que du beau pour la grande vente de la communauté d’Emmaüs Saint-Marcel

    « Samedi, on vend ce qu’on a de meilleur, c’est du très bon état. Il faut qu’on casse la baraque ! », lance joyeusement Roselyne bénévole depuis 25 ans à la communauté. Et de poursuivre en s’affairant : « Nous n’avons que deux grandes ventes dans l’année, alors on garde les belles choses, les marques pour ce jour-là. Vous allez vous croire aux Galeries Lafayette. » Non sans oublier de rappeler qu’« acheter à Emmaüs, c’est un acte solidaire et engagé ».

    Fermé pendant deux jours pour tout préparer, bénévoles et salariés, environ 70 personnes s’activent à tous les niveaux de la communauté. Du neuf arrive et des invendus repartent au recyclage. À la tête de l’équipe, Hami Kahia-Tani est le nouveau responsable fraîchement arrivé depuis un mois et demi tandis que Stéfania Crotti le seconde. « C’est une vente d’été alors, nous avons beaucoup de mobilier de jardin neuf, au tiers du prix. ça vaut vraiment le coup », détaille Hami. « Mais aussi, des meubles anciens dans la grande salle des ventes, de la vaisselle, des verres, du petit et du gros électroménager. Mais aussi bien sûr des vêtements, des sacs et des chaussures », poursuit-il. Tout au fond du grand hangar, on s’affaire dans la partie électroménager. « On nettoie, on range. On a des vrais climatiseurs, des micro-ondes, des machines à laver, des télévisions… et tout a été contrôlé », présente Patrick compagnon arrivé il y a un an.

    Évoluer sans cesse

    Concernant les vêtements, Hami est sans appel : « Frip insertion à Saint-Marcel, c’est la ligue des champions du textile. » Camélia la responsable sourit et confirme : « Chapeaux, maillots neufs, tongs, sac de plage, serviettes, nous avons. Mais aussi des vêtements griffés, des carrés de soie, et des sacs de marque. » Mais le responsable sait qu’il faut évoluer sans cesse. « Pourquoi pas créer un dressing à 1 euro ? » Le quartier bénéficie de pas mal de donateurs mais la demande est forte. « Ici, tout le monde peut s’équiper. Les plus précaires, mais aussi les curieux sans critères d’âge », assure-t-il. En perspective, il y a aussi la volonté d’installer des bennes à ferraille pour mieux trier les métaux et de former un compagnon. Mais aussi d’arriver à garantir le gros électroménager. Véritable lieu de vie, Saint-Marcel attend beaucoup de monde samedi, et on comprend pourquoi.

    Rendez-vous le samedi 6 juin de 9h à 18h à la communauté Emmaüs Saint-Marcel au 46 Boulevard de la Cartonnerie, 13011, Marseille

  • Ce « musée embarqué » solidaire avec Gaza

    Ce « musée embarqué » solidaire avec Gaza

    Le voilier Hétérotope, devenu centre culturel embarqué de la flottille pour Gaza, a permis samedi de livrer des témoignages sur le blocus naval illégal de la Palestine alors qu’Israël menace à nouveau d’arraisonner dans les eaux internationales les 50 navires de la flottille partie vendredi de Grèce.

    « C’est ici un petit coin d’humanité et de Palestine et vous savez combien pour la Ville de Martigues la question de la paix, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est importante surtout quand on voit ressurgir des fantômes » a dit Florian Salazar-Martin (PCF), adjoint au maire en charge de la culture.

    « Gaza vit sous blocus hermétique depuis 20 ans », énonce Pierre Stambul de l’Union juive française pour la paix, qui présente son livre Du projet sioniste au génocide. « Les Gazaouis sont punis collectivement, ont subi des bombardements incessants. Plus personne ne peut douter du mot “génocide” et l’Europe et les États-Unis en sont coauteurs. Il ne reste plus que les sociétés civiles du monde entier et ces flottilles sont un exemple formidable. Elles se substituent à la lâcheté, à la complicité de nos politiques. »

    Le collectif d’habitants de l’Estaque est présent. « Plus de 150 habitants sont venus à soutenir la flottille Thousands Madeleens To Gaza qui s’était amarrée en mars à l’Estaque et qui a rejoint en avril la flottille Global Sumud partie de Barcelone le 31 août. Nous exposons les dessins réalisés par des enfants de l’Estaque pour les enfants de l’école El-Watan à Gaza », montre Fathi Bouaroua qui souhaite ardemment un jumelage avec Marseille. « Ces dessins ont été très appréciés des petits Gazaouis. Ils ont tout imprimé et affiché sur leur tente », explique Maeva, une des enseignantes qui a participé à cette correspondance de dessins, de poèmes et de lettres avec l’association Education For Gaza pour des enfants qui vivent et sont scolarisés dans des conditions matérielles et morales épouvantables.

    « Il y a tout un processus d’invisibilisation de la culture palestinienne » rappelle l’organisateur Émilien Urbach, journaliste à l’Humanité, arrêté et arbitrairement retenu par les Israéliens. « Ce n’est pas pour rien que les journalistes sont les premières cibles à Gaza, que les chercheurs, les enfants sont tués à Gaza et de plus en plus en Cisjordanie. C’est un processus qui participe de tuer cette culture, de tuer l’existence de ce peuple, sa vitalité, sa créativité. C’est pour ça qu’on a créé ce bateau le centre culturel embarqué et qui comme, une criée après la pêche donnent tout ce qu’ils ont récolté. »

    Doyenne de la flottille attaquée le 8 octobre, Isaline Choury, 82 ans, a témoigné de la violence inouïe de l’armée israélienne qui a kidnappé 176 militants. « Un type très massif me frappait en criant en français “bienvenue en enfer !” » a relaté la fille du résistant corse, Maurice Choury et nièce de Danielle Casanova, la résistante communiste assassinée à Auschwitz. « Il y a eu pire. Trois de ma flottille ont été dénudés, un chien leur a pissé dessus et ils ont été violés (…). Depuis, je milite. Ils n’ont pas gagné. Je suis debout et vivante. Ils n’ont pas fini de m’entendre. Ils ne gagneront pas ! »

  • La Banque alimentaire tire la sonnette d’alarme

    La Banque alimentaire tire la sonnette d’alarme

    Initialement prévue en novembre, la collecte de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône fait son retour les vendredi 29 et samedi 30 mai pour une session différente, puisque le réseau lance un signal d’alerte avec un cruel besoin de ressources, afin de pouvoir remplir les stocks pour les prochains mois. « On traverse des moments très difficiles, on a un stock de sécurité de 600 tonnes qui s’effrite avec un risque de pénurie pour le mois de juillet », explique Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire 13.

    La demande s’accroît

    Le probable risque de pénurie que pourrait connaître la Banque alimentaire 13 s’explique par des demandes qui augmentent jour après jour : « En 2019, nous avons 300 étudiants dans le besoin, aujourd’hui on en a plus de 3 000. Il y a 110 000 personnes qui dépendent de la Banque alimentaire, dont 70% sur Marseille », déclare-t-il. De plus, les donateurs donnent moins et les grandes surfaces ne sont plus aussi présentes qu’auparavant, ce qui explique l’annonce d’une collecte qui arrive comme une bouée de sauvetage. Depuis plus de quarante ans, le réseau compte plus de 79 banques dans tout le pays. C’est une grande institution qui traverse une période plus que délicate. Les jours avancent et le risque de ne plus pouvoir aider les personnes dans le besoin se ressent de plus en plus. « Que tout le monde prenne conscience que la Banque alimentaire a une mission : donner des denrées à des associations qui vont les donner aux plus fragiles. Si aujourd’hui on n’a pas des denrées ou de l’argent, on ne pourra plus assumer notre mission », annonce Joseph Akarel. Face au manque de ressources, la Banque alimentaire recherche 1 000 bénévoles pour accueillir, sensibiliser et collecter le maximum de produits.

    La liste des magasins solidaires : ba.13.banquealimentaire.org

  • La Marseillaise des Femmes passionne

    La Marseillaise des Femmes passionne

    Après le rose en 2024, puis le bleu l’année passée, le jaune s’est invité sur les maillots des participants de la 13e édition de La Marseillaise des femmes. Ils étaient plus de 8 500, femmes et hommes confondus, à s’élancer, dimanche matin depuis le parc Borély, pour parcourir un tracé de 5,4 km. Coureurs du dimanche ou passionnés de course à pied, chacun avance à son rythme sur cette distance accessible à tous. « Surtout quand on n’a plus 20 ans », sourit Ginette.

    Cette Marseillaise participait pour la première fois à l’événement, aux côtés de son amie Marie-Pascale, adepte de marche nordique à la Maison du bel âge. « C’est sympa, c’est festif et ça nous incite à faire un effort physique. Il y a toutes les classes sociales, tous les âges et toutes les origines. J’aime les événements où tout le monde se mélange », souligne la septuagénaire, surprise de voir autant d’hommes prendre part à La Marseillaise des femmes.

    Prise de conscience

    Car ces messieurs ne peuvent participer que sur invitation d’une femme, et seuls les temps des participantes sont pris en compte dans les classements finaux. « Je comprends parfaitement le sens premier de cet événement, mais je trouve dommage que les hommes aient des maillots différents de ceux des femmes », estime Martin, venu accompagner plusieurs collègues et facilement repérable avec son maillot vert.

    « Au tout début, ils étaient bien moins nombreux, mais depuis quatre éditions, grosso modo, ils représentent entre 10 et 11% des participants. Ils viennent passer un bon moment avec leurs conjointes ou leurs filles », explique Christine Rollais, présidente du Club des Marseillaises, l’association organisatrice.

    « Nous sommes plutôt contentes de cette prise de conscience : ils défendent les causes que nous portons, à savoir la lutte contre les violences faites aux femmes, avec Amnesty International et la recherche contre le cancer du sein, et avec la Fondation pour la recherche médicale », poursuit-elle.

    Un euro sur chaque dossard est d’ailleurs reversé à ces deux associations. En seize éditions, plus de 170 000 euros ont ainsi été récoltés. « On est contentes de pouvoir les aider, mais en même temps, on regrette d’avoir encore besoin de le faire. Cela signifie que les violences faites aux femmes existent toujours malheureusement en 2026. C’est pareil pour le cancer du sein : même si la recherche progresse avec des avancées extraordinaires et un taux de mortalité en baisse, notre engagement aux côtés de ces associations reste nécessaire », insiste la présidente, fière du travail accompli par son équipe. Même si la participation n’a pas atteint le niveau record de la précédente édition, qui avait réuni plus de 10 100 personnes. Une légère baisse qu’elle avait anticipée.

    Difficultés d’organisation

    « On s’y attendait un peu parce que l’événement tombait pendant un week-end de trois jours. Mais c’était le seul week-end du mois de mai où l’on pouvait l’organiser dans les meilleures conditions afin qu’un maximum de personnes puissent participer », explique Christine Rollais.

    La présidente confie toutefois que la fréquentation a finalement dépassé les prévisions établies avant la course, malgré les menaces de pluie au-dessus du Parc Borély. Comme en 2024, l’organisation a dû se tourner vers ce site « sympa et choupinou », mais espère retrouver, dès l’an prochain les plages du Prado. « Moi, la mer, je ne peux pas y résister », glisse la Marseillaise.

    Présent sur place aux côtés d’Anthony Canali et de Cyprien Vincent, élus des 6e et 8e arrondissements, le nouvel adjoint aux sports de Marseille, Éric Méry, a affiché son soutien à La Marseillaise des femmes. « L’objectif, s’il n’y a pas de superposition d’événements, c’est un retour sur les plages du Prado. Il n’y a aucun sujet là-dessus », assure l’avocat phocéen, président du collectif MadMars.

    Verdict l’année prochaine.

    « Notre engagement aux côtés
    de ces associations reste nécessaire »

  • Solimut ouvre ses portes aux associations de solidarité

    Solimut ouvre ses portes aux associations de solidarité

    « Ce tiers-lieu a rempli sa mission avant même son ouverture », affirme Nadia Nasri, présidente du comité d’animation mutualiste de Solimut Marignane. La mutuelle inaugurait, mardi soir, un nouveau tiers-lieu installé au deuxième étage de l’agence sise place du 11 novembre, à Marignane.

    Le but d’une telle initiative ? « Permettre aux associations et acteurs locaux du domaine social et de la santé de bénéficier d’un espace », selon Nadia Nasri, lors de la visite du lieu. Trois bureaux, une cuisine et une salle de réunion sont ainsi mis à disposition gratuitement par la mutuelle. Et les partenaires de Solimut n’ont pas attendu l’inauguration.

    Le projet a vu le jour il y a 5 ans avec les ateliers créatifs du Secours populaire. « Nous nous réunissons tous les lundis après-midi, entre femmes, à 10 ou 15 personnes à chaque fois », indique Myriam Garrassin, responsable du secteur santé du Secours populaire français des Bouches-du-Rhône. « C’est à la sortie du Covid qu’on voulait travailler la prévention à la santé. On a proposé de façonner des objets créatifs pour faciliter la parole, les personnes étant souvent malades ou seniors », développe la militante.

    « Porter un projet

    de société à plusieurs »

    Le lieu a quelque chose de symbolique. « C’est ici que je venais quand j’étais petite pour me faire charcuter les dents », plaisante Zaira Ghalmi, de l’Association des initiatives renouveau, lors de la visite. « J’étais dans une famille de 11 enfants. On venait ici car ce n’était pas cher contrairement au privé, et ils prenaient la mutuelle de mon papa », raconte-t-elle.

    Le centre dentaire a aujourd’hui laissé place à une autre initiative solidaire. « Chacun peut recevoir ses adhérents et développer des services à la population. La rénovation du local avec l’Addap13 a permis d’ouvrir deux chantiers d’insertion. Cela reflète les valeurs de notre mutuelle », selon Nadia Nasri.

    Des valeurs chevillées au corps. « Nous sommes une mutuelle engagée et solidaire, avant tout actrice de la santé », souligne Hélène Gaufichon, secrétaire générale de Solimut, estimant qu’« ouvrir notre agence sous forme de tiers-lieu permet d’avoir accès aux conseillers et à d’autres services » dans le même temps. « Nous souhaitons l’émancipation individuelle et collective, sans discrimination. Cet espace est une belle illustration de nos actions pour le vivre-ensemble », développe-t-elle.

    C’est aussi un carrefour d’engagement. « Quand on porte un projet de santé et de société, le mieux est de le faire à plusieurs », insiste la militante mutualiste. Plus de dix ans après sa création, l’ambition reste la même d’après Hélène Gaufichon : « Agir pour la transformation de la société avec tous les acteurs du mouvement social », dans la continuité de l’œuvre des mutuelles ouvrières à la racine de Solimut.

  • Un concours pour encourager les projets solidaires

    Un concours pour encourager les projets solidaires

    Depuis 2015, l’ESS France récompense chaque année les actions des entreprises et associations qui répondent aux enjeux quotidiens auxquels est confronté le pays. « Insertion, maladie, violences faites aux femmes… Le prix est décerné aux projets qui servent l’intérêt commun », explique Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’ESS Paca.

    Après sélection des meilleurs dossiers, la structure lauréate du prix national se verra remettre une récompense de 5 000 euros et bénéficiera de la création d’une vidéo de promotion. Un dispositif national qui incite les structures à « organiser leur modèle économique sans perdre de vue le sens de leurs actions », précise le président. Une démarche « qui s’inscrit dans les valeurs affichées à long terme par la chambre de l’ESS, déjà à l’époque, porteuse de projets comme les tickets-restaurants et les services civiques », poursuit-il.

    Savoir s’adapter

    Initiatrice du projet, la Cress Paca en profite pour lancer son concours régional, financé par la Région Sud. Un programme que Denis Philippe estime « capital » en temps de crise : « C’est une opportunité pour nos acteurs de l’innovation de résister, savoir se réinventer face aux nouveaux besoins du territoire comme la transition écologique. » Favoriser un modèle d’entrepreneuriat plus inclusif et résilient, qui prend en compte les changements sociaux et environnementaux, est l’une des priorités du président. « Nous sommes encore en pleine organisation, mais ouvrirons dans quelques jours notre saison d’appel à projets pour le concours régional. Nous attendons avec hâte les projets innovants qui sauront répondre aux problématiques locales », conclut le président.

  • À Marseille, des bureaux transformés temporairement en tiers-lieu

    À Marseille, des bureaux transformés temporairement en tiers-lieu

    Au 148 rue Sainte, à quelques pas de l’abbaye Saint-Victor l’association Yes we camp transforme temporairement les anciens bureaux de l’entreprise maritime Bourbon en tiers-lieu. Alors que les 4 200m2 de ce bâtiment devaient être vacants, le temps d’obtenir les autorisations pour être transformé en logements, l’association a décidé d’en faire « Rivage », lieu d’accueil pour associations et artistes. Un nouvel espace que Yes we camp inaugure ce vendredi soir.

    C’est également ici que le projet Gr1 a déménagé. Un lieu ressource solidaire pour jeunes exilés à Marseille, organisé en partenariat avec Médecins sans frontières, Just, la Ligue de l’enseignement, le Secours catholique et l’Armée du salut. 500m2 en rez-de-jardin sont ainsi devenu un espace d’accueil pour ces jeunes.