L’ombre de l’extrême droite sur Six-Fours et Draguignan

Laure Lavalette n’est pas la seule députée RN à avoir bien avancé ses pions au premier tour des municipales dans le Var. Si Julie Lechanteux, députée de la 5e circonscription, ne semble pas en mesure de prendre Roquebrune-sur-Argens, Philippe Schreck (8e) et Frédéric Boccaletti (7e) sont en bonne position à Draguignan et à Six-Fours, 5e et 7e villes du département, où ils sont en tête après avoir été battus en 2020.

Le premier, qui n’avait recueilli que 12% des suffrages il y a six ans face à Richard Strambio (DVD), réélu dès le premier tour, en a cette fois obtenu 44,7%, contre 40,03% pour le maire sortant. Le second, candidat à Six-Fours pour la quatrième fois, n’avait pas empêché Jean-Sébastien Vialatte (LR), maire depuis 1995, de rempiler pour un cinquième mandat, lui aussi au premier tour. Il le devance aujourd’hui de 66 voix (45,23% contre 44,86).

Assistants sulfureux et peine de prison

Deux candidats qui, comme nombre de frontistes, savent se faire remarquer. Philippe Schreck, notamment, en ce qui concerne ses assistants parlementaires : l’actuelle, Maylis de Cibon, est membre de la Cocarde étudiante et du groupe néofasciste Luminis, proche du GUD. Il avait été contraint par le secrétaire du RN à l’Assemblée nationale de virer le précédent, Raphaël Ayma, chef de file du groupe néofasciste Tenesoun, quand la presse a évoqué sa participation à des hommages à des figures fascistes.

Quant à Philippe Boccaletti, proche de Jean-Marie Le Pen, admirateur de Charles Mauras, il a détenu une librairie négationniste à Toulon, de 1997 à 1998 et fut condamné, en 2000, à 1 an de prison dont 6 mois ferme pour « violence en réunion avec arme ». Notons tout de même que son adversaire, Jean-Sébastien Vialatte, a récemment conclu un partenariat entre la mairie et la maison d’édition Fayard de Vincent Bolloré, et avait été condamné pour « provocation à la haine raciale » en 2013, assimilant, dans le contexte de la célébration du titre de champion de France du PSG, des fauteurs de troubles à « des descendants d’esclaves ». Quoi qu’il en soit, dans les deux villes, les progressistes, éliminés au premier tour, sont claires : « Pas une seule voix pour l’extrême droite. »

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