Tag: élections municipales

  • La mairie pointée du doigt pour avoir renouvelé le bail du zoo du Mont Faron

    La mairie pointée du doigt pour avoir renouvelé le bail du zoo du Mont Faron

    Dénoncée depuis des décennies, la captivité d’animaux sauvage est devenue, ces dernières années, un combat prioritaire pour les défenseurs de la cause animale. Ces derniers se sont servis, à ce titre, des dernières élections municipales pour obtenir des engagements à ce sujet de la part des candidats, qui ont, de leur côté, pu les faire valoir comme des arguments de campagne. Mais lorsque ceux-ci ne sont pas tenus, les associations qui en sont à l’origine ne manquent pas de rappeler à l’ordre les élus en faute.

    C’est notamment le cas à Toulon, où l’association Projet Animaux Zoopolis (Paz) met en lumière les « manquements » de Josée Massi. La maire sortante, alors candidate, avait en effet signé, en février, une charte dans laquelle elle s’engageait à respecter 16 mesures en faveur de la condition animale.

    Parmi celles-ci, l’interdiction des pièges à colle, des « méthodes cruelles » contre la prolifération des pigeons et des salons animaliers, la création d’une délégation et d’un budget à la condition animale, ou encore « ne pas louer de lieux ou renouveler les baux à échéance pour des zoos ou des aquariums ». Or, au sujet de cette dernière, « lors d’un rendez-vous avec l’adjointe à la maire en charge de la question animale, Madame Jouve, le 18  septembre, nous avons appris que la Métropole souhaite renouveler le bail du zoo du Mont Faron (bail d’un an) », déplore l’association, qui somme la maire de « respecter ses engagements ».

    Josée Massi s’exprimera mercredi

    Par ailleurs, Paz affirme avoir contacté la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), faute d’avoir reçu les documents administratifs au sujet du zoo demandés en mars à la Métropole TPM. « Pourquoi la Métropole de Toulon refuse-t-elle de faire la lumière sur sa gestion du zoo ? Va-t-elle nous forcer à saisir le tribunal administratif pour obtenir les documents demandés ? », demande la structure dans une menace judiciaire à peine voilée. Elle pointe aussi du doigt le bilan « pas à la hauteur » du précédent mandat en termes de condition animale, entre spectacles pour animaux, méthodes létales pour lutter contre les rats et manque d’engagement dans les commandes publiques liées à l’alimentation.

    De son côté, la mairie, qui a lancé une consultation citoyenne cet été au sujet de l’avenir du parc zoologique, aurait sommé son équipe de direction de transférer ses grands félins vers d’autres sites, selon les informations de Var Matin, qui révèle également que le site pourrait accueillir une ferme pédagogique à l’avenir. La question divise toutefois, comme le montre la pétition lancée par des citoyens demandant le maintien du parc et sa rénovation, craignant pour le devenir de ses pensionnaires.

    L’entourage de Josée Massi informe qu’elle s’exprimera à ce sujet mercredi, lors de la présentation du bilan de ses six premiers mois de mandat.

  • [Entretien] Stéphane Pichon : « Oui à une halte soins, mais à l’hôpital »

    [Entretien] Stéphane Pichon : « Oui à une halte soins, mais à l’hôpital »

    La Marseillaise : Face aux conséquences sociales et sanitaires de la consommation de crack à Marseille, le maire Benoît Payan (DVG) réclame au gouvernement l’installation d’une halte soins addiction. Un projet en son temps décrié par la droite. Quelle est votre position ?

    Stéphane Pichon : On avait une proposition, pendant les élections municipales, qui me semblait être le bon sens pour satisfaire tout le monde : que les HSA se fassent, mais en milieu hospitalier, pour différentes raisons. Et j’ai vu que le directeur de l’AP-HM était favorable à l’accueil de ces structures au sein des hôpitaux marseillais [ce dernier préconisant également en premier lieu l’installation d’un équipement de proximité, Ndlr.]. C’est quelque chose qui me satisfait, parce que je suis élu, mais, avant tout, je suis pharmacien de profession, et j’ai longtemps œuvré pour la prévention et la réduction des risques. J’ai été un des fondateurs de Croix-Verte et Ruban Rouge, avec la distribution des Stéribox et du préservatif à 1 franc, à l’époque. L’idée n’est pas de laisser tomber les gens, mais de les prendre en charge.

    Pensez-vous que les consommateurs vont faire le chemin jusqu’à l’hôpital ?

    S.P. : Oui, si les associations font leur travail et leur expliquent. Il y a une expérience de HSA qui a été faite à Paris, dans le 10e arrondissement, où il y a quand même des heurts avec la population, quoi que l’on en dise, et la même expérience faite à Strasbourg, qui apporte, elle, toute satisfaction. Aujourd’hui, Marseille reste une ville avec des quartiers relativement pauvres. Est-ce qu’on doit rajouter à la misère du conflit ? Est-ce que vous pensez qu’on doit cumuler les problèmes ? Dans un quartier où il y a du trafic, une population déjà qui a du mal à s’en sortir, doit-on rajouter des files d’attente de personnes qui attendent pour s’injecter [des produits] ? À Paris, vous avez des files d’attente importantes, avec 80% des gens qui attendent dehors.

    Comment allez-vous porter politiquement cette idée ?

    S.P. : En m’exprimant dans les médias, et si le maire me donne la parole, je l’évoquerai en conseil municipal. Il y a urgence et on ne peut pas être targué de laisser les gens à l’abandon. Alors, même s’il y a une contrainte pour ces personnes, qui est de se déplacer dans un lieu de soins… Pour moi, professionnel de santé, ce soin, c’est un soin global et pas une salle de shoot. N’oublions pas que ces gens ne sont pas des cas, mais des humains. Évidemment, cela dépasse aussi le domaine de la santé et touche à la justice, la lutte contre délinquance. Mais il me semble que mettre en place ce genre de structure, c’est quand même ce qu’il y a de plus facile.

  • Correns : quand la reconstruction passe par l’expertise citoyenne

    Correns : quand la reconstruction passe par l’expertise citoyenne

    À Correns, dans le centre Var, l’été 2026 a laissé des traces. Fin juillet, le gigantesque incendie du massif du Gros Bessillon avait encerclé ce village d’un millier d’habitants, provoquant des coupures d’eau, d’électricité et de téléphone, tandis que les flammes ravageaient les collines alentour. Quelques semaines plus tard, de fortes pluies avaient entraîné des coulées de cendres et de boue, obstruant notamment un canal d’irrigation et inondant une propriété.

    C’est dans ce contexte que la commune lance une convention citoyenne inédite. Lundi 5 octobre à 18h, un tirage au sort public marquera le coup d’envoi de cette démarche destinée à « réinventer la démocratie locale » et renforcer « expertise de terrain » au service d’un « projet commun ».

    « S’organiser et agir ensemble »

    Selon la municipalité, les incendies ont révélé « l’immense capacité » des habitants « à se mobiliser, à s’entraider et à agir collectivement face à une situation de crise ». La convention entend prolonger cet élan en réfléchissant à « la manière dont habitantes, habitants et municipalité peuvent décider, s’organiser et agir ensemble pour le village ».

    Concrètement, soixante adresses seront tirées au sort sous le contrôle de la Commission nationale du débat public afin de constituer un groupe de trente habitants représentatif de la diversité du village. Ces « conventionnés » participeront ensuite à sept journées de travail entre le 14 novembre 2026 et le 13 février 2027. Leur mission : imaginer de nouveaux outils de gouvernance locale dont les conclusions seront soumises au vote du conseil municipal.

    Un dispositif qui prend d’autant plus de sens qu’en mars, lors des élections municipales, le scrutin avait livré le visage d’une commune divisée. L’actuelle maire Nicole Rullan l’avait emporté avec 50,6% des suffrages, contre 49,4% pour celle menée par Fabien Mistre, soit seulement sept voix d’écart.

    Pour les promoteurs du projet, l’enjeu dépasse d’ailleurs largement la consultation citoyenne. Correns défend un « processus délibératif » capable de « régénérer la démocratie locale », de « lutter contre la polarisation et la désinformation » et de renforcer « la confiance réciproque entre les administrés et les institutions ».

  • [Sénatoriales] Jean-François Baudin propose une alternative de gauche

    [Sénatoriales] Jean-François Baudin propose une alternative de gauche

    Ancien accompagnateur en montagne, actuellement bibliothécaire départemental et élu à Guillestre, c’est à présent vers le Sénat que se portent les ambitions de Jean-François Baudin. Sa candidature, avec son adjointe Joëlle Vatain, conseillère municipale à Montjay, est soutenue par l’alliance des écologistes, du Parti communiste français et du Parti socialiste.

    Militant « de longue date », le sexagénaire a débuté son engagement au Ceméa, une association d’éducation populaire. Puis, soucieux de ce qu’il donnait à manger à ses enfants, il a milité au sein des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), où il se trouve encore aujourd’hui en tant qu’administrateur de l’Amap du Guillestrois. Il a adhéré au parti des Écologistes autour de 2010, et a porté les couleurs de la Nupes dans la 12e circonscription du Rhône lors des élections législatives en 2022. Il fait partie de la liste citoyenne élue cette année aux élections municipales de Guillestre, et est actuellement le cinquième adjoint au maire Emmanuel Molle, délégué à l’environnement, l’alimentation et l’agriculture.

    « Quand on fait de la politique, on use de toutes nos ficelles pour faire en sorte que nos idées avancent, et pour, en quelque sorte, changer le monde », dit-il. Avec sa candidature réunissant différents partis de la gauche, il espère proposer une alternative solide au candidat sortant, l’actuel sénateur centriste Jean-Michel Arnaud. Jean-François Baudin n’était pas contre le fait d’ouvrir la porte à La France insoumise, qui a décidé d’investir son propre candidat, Michel Pons. « Je suis pourtant convaincu que la gauche n’arrivera au pouvoir que si elle parvient à s’unir », lance-t-il.

    Des enjeux de ruralité

    La justice territoriale est l’une des priorités du candidat : « Il faut que les lois correspondent aussi aux spécificités de notre département », comme l’enclavement, les risques naturels ou l’impact des touristes. L’élu souhaite notamment mettre l’accent sur le ferroviaire. « On n’a pas besoin des Jeux Olympiques pour cela, prévient-il. Ce qu’il nous faut, ce sont des trains du quotidien pensés pour les Haut-Alpins, pas une ligne pour les touristes ». Sur l’agriculture, il aimerait aller vers une autonomie alimentaire territoriale, en prônant la diversité agricole et l’installation des agriculteurs : « Restaurer des paysans, c’est créer du dynamisme ». Le maintien des services publics, le développement des offres de formation post-bac et l’essor de la culture « pensée pour la ruralité » sont également au cœur de son projet. Concernant la gestion des risques, il souhaite renforcer la solidarité Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) et le financement de la sécurité civile. Sur ce dernier sujet, il dénonce la position de Jean-Michel Arnaud, « dont le discours n’est pas aligné avec les actes ».

  • Une manif anti-RN des Insoumis sans accrocs à Carpentras

    Une manif anti-RN des Insoumis sans accrocs à Carpentras

    Six mois après la victoire du RN à Carpentras, une centaine de militants de La France insoumise, derrière les députés Thomas Portes (Seine-Saint-Denis) et Raphaël Arnault (Vaucluse), ont manifesté dans les rues pour « occuper le terrain » et « documenter ce que fait l’extrême droite quand elle est au pouvoir ».

    Le rassemblement a débuté vers 16h devant l’hôtel de ville, où se tenait le soir même un conseil municipal. Le député de Seine-Saint-Denis, qui est aussi président de l’Observatoire national de l’extrême droite (Oned), a ainsi listé les décisions qui posent problème. Il cite ainsi la suppression des subventions au Planning familial ou encore l’arrêt de la « ferme bio » pour évoquer la fin de la régie agricole pour les cantines. Et évoque l’élection présidentielle à venir, assurant qu’« aucun territoire n’est prédestiné au Rassemblement national ». « En réalité, seulement 20% des personnes ici ont voté pour Hervé de Lépinau aux dernières élections. Carpentras n’est pas acquise. Mais, si Marine Le Pen ou Jordan Bardella arrive au pouvoir, ce sera 1 000 fois pire », insiste-t-il. « Ils veulent en faire une terre historique. Mais on va revenir car il y a des luttes toute l’année », abonde Raphaël Arnault.

    La manifestation s’est tenue globalement dans le calme, à l’exception de deux personnes qui ont tenté de provoquer les manifestants. L’une a crié « Islamistes » et « Fils de putes » en direction du cortège, avant d’être rapidement éloignée par les forces de l’ordre. L’autre a scandé « Vive la France » à plusieurs reprises avant d’adresser des doigts d’honneur aux participants une fois à distance. Ces provocations n’ont suscité aucune réaction notable, si ce n’est quelques rires gênés.

    « Liberté de manifester »

    Si Hervé de Lépinau a tenté, en vain, de faire annuler la manifestation, l’événement a créé un mouvement inédit du côté des deux groupes d’opposition. Qui se sont unis pour la première fois depuis les élections municipales, alors qu’aucun des deux candidats étiquetés à gauche n’avait voulu se retirer lors du scrutin, ce qui avait entraîné la large victoire du RN. Cette fois, une communication des deux listes a été faite, main dans la main, contre la majorité et en faveur de la « liberté de manifester ». « Notre propos porte sur un principe démocratique qui doit s’appliquer à toutes et tous : la liberté de manifester et la liberté d’expression. Nous pouvons être en désaccord profond avec un parti politique, avec ses propositions ou avec les personnes qui le représentent. Cela ne peut pas, à lui seul, justifier que l’on cherche à empêcher ses militants, ses élus ou ses sympathisants de se réunir et de s’exprimer. Dans une démocratie, on ne devrait pas avoir à être d’accord avec une manifestation pour accepter qu’elle puisse avoir lieu », avancent les deux groupes dans le communiqué.

    Pas de local municipal

    La section locale du PCF a exprimé « sa vive réprobation devant cet acte antidémocratique et apporte son entier soutien à la section de LFI ». « Une fois encore, Monsieur le maire et son équipe confondent lutte politique et activité démocratique d’une municipalité élue pour répondre aux besoins de la population sans discrimination. Nombre de leurs actes démontrent la confusion qu’ils opèrent entre l’un et l’autre. Une telle attitude propre au RN et à l’extrême droite quand ils sont au pouvoir fait craindre le pire s’ils prenaient les rênes de l’État », poursuit la section.

    Un débat devait se tenir dans une salle municipale, mais la mairie a refusé d’en mettre une à disposition. Une requête en référé-liberté déposée par les Insoumis devant le tribunal administratif a été rejetée dans l’après-midi. Pour les juges, ce refus ne portait pas atteinte à la liberté d’expression de LFI. Rejetés également, les éléments relatifs aux risques de trouble à l’ordre public avancés par la municipalité. Faute de salle, le débat n’a pas pu se tenir, décision dont le maire s’est réjoui sur les réseaux sociaux. « Carpentras 1 – La France Insoumise 0 ! » « On aimerait aller sur le fond, mais je crains que ce ne soit pas possible », regrette Julien Gautier, candidat LFI aux sénatoriales.

  • Le tribunal administratif valide l’élection de Boccaletti à la mairie de Six-Fours

    Le tribunal administratif valide l’élection de Boccaletti à la mairie de Six-Fours

    « En rejetant les protestations contre l’élection municipale et métropolitaine de mars dernier, le tribunal administratif vient de juger que M. Frédéric Boccaletti restera le maire de notre commune, Six–Fours-les-Plages, jusqu’en 2033 », déclare dans un communiqué l’ancien tête de liste du rassemblement de la gauche, l’apparenté communiste Pascal Cabras.

    Acte est donc pris. Ce qui n’empêche pas de rappeler que « la campagne électorale a été menée de manière déloyale par les deux autres listes candidates ». Et que c’est le refus de telles manœuvres et manipulations qui avait conduit les progressistes à saisir la justice.

    Une mauvaise nouvelle pour la ville

    Le rejet de ce recours « est une mauvaise nouvelle pour la ville et la métropole », estime l’ancien candidat de gauche. Et de poursuivre : « L’occasion a été manquée de marquer un coup d’arrêt à un maire d’extrême droite qui brutalise la vie locale depuis le 22 mars ». L’occasion aussi de rappeler la « répudiation » brutale de sa première adjointe sans étiquette, au bout de cinq mois à peine, « alors que la présence de celle-ci lui avait permis son élection ». Une duperie manifeste des habitants estime Pascal Cabras.

    « Un maire aussi, ajoute-t-il, qui cherche à transformer en arène chaque conseil municipal en limitant l’expression démocratique de chaque élu de son opposition, en coupant les micros ou en perdant son calme… »

    Et qui a interdit aussi l’accès à toute salle communale au PCF après sa mobilisation du 27 mai pour la Journée de la résistance. Ce qui fait déjà beaucoup.

  • [Entretien] Jean-Pierre Meyer : « La citoyenneté va être au cœur de la fête de la Cride à Sanary »

    [Entretien] Jean-Pierre Meyer : « La citoyenneté va être au cœur de la fête de la Cride à Sanary »

    La fête de la Cride se tiendra à l’espace Victorin Blanc, Pinède de la Cride, à Sanary avec une entrée gratuite et ouverte à toutes et tous.

    La Marseillaise : Quelle est la tonalité de cette 35e édition ?

    Jean-Pierre Meyer : C’est un événement qui symbolise la rentrée sociale et politique des communistes de l’ouest du Var. Et cette année, cela revêt une importance encore plus grande qu’à l’accoutumée : Après les élections municipales, le 40e congrès du PCF et avec devant nous de nouvelles échéances électorales, l’élection présidentielle et les législative. Forcément, il y a aussi le contexte où l’on mesure cruellement les effets dévastateurs de la politique libérale qui est conduite depuis des décennies dans le pays. On l’a vécu dans nos chairs, avec les incendies catastrophiques qui ont frappé le Var et qui ont mis en évidence le manque cruel de moyens. C’est un exemple, mais ce sont bien tous les services publics qui connaissent des difficultés inouïes de fonctionnement, indépendamment de la conscience professionnelle de ceux qui assurent le service public.

    C’est un moment de constats partagés mais aussi de réflexions pour l’avenir ?

    J.-P.M. : En tant que communiste, et ça s’est encore confirmé lors de notre dernière université d’été, nous voulons clairement nommer les responsabilités. Et c’est le système politique et économique, le capitalisme, dans lequel nous vivons qui est à l’origine de tous les problèmes que l’on rencontre. C’est à partir de cette position que nous déterminons ce qu’il nous appartient de faire dans la perspective de la présidentielle et des législatives. En clair, on se refuse d’entrer dans des dispositions de rassemblement comme cela a pu se faire dans le passé. Car malheureusement, quand la gauche a été au pouvoir, elle a été incapable de remettre en cause ce système, ce qui a eu comme conséquence le désaveu de la gauche tout entière. Ce sont ces sujets que nous allons aborder lors de cette fête, notamment avec le débat politique qui se déroule en fin de matinée. Nous souhaitons mettre la citoyenneté au cœur de notre démarche, au cœur de la fête de la Cride, car il faut construire une autre société.

    Il y a aussi des temps festifs
    et des stands divers…

    J.-P.M. : On va avoir un temps fort politique avec un débat à 11h. C’est un temps de rencontre et de débats avec les communistes. Si j’utilise le terme de « rencontre », c’est car cette fête est une fête ouverte, elle a la particularité de voir venir des citoyens qui ne sont pas au PCF. Peut-être même plus que des adhérents du PCF. Car notre objectif n’est pas de convaincre les convaincus. Mais justement de travailler à une dédiabolisation du PCF, de revenir aux questions de fond et de réhabiliter la politique. La question de la liberté de la presse est aussi au centre de la démarche, c’est pour cela qu’il y aura un stand de La Marseillaise, pour laquelle nous avons un attachement indéfectible.

  • Sillans-la-Cascade : de nouvelles élections en août à cause d’irrégularités sur les bulletins de vote

    Sillans-la-Cascade : de nouvelles élections en août à cause d’irrégularités sur les bulletins de vote

    Situé en lisière du Parc Naturel du Verdon, le village de Sillans-la-Cascade comptant un millier d’habitants est plus habitué à faire parler de lui pour la beauté de sa chute d’eau, qui draine chaque été un flux de près de 100 000 visiteurs parfois difficile à contenir, qu’à défrayer la chronique électorale. Les scrutins des élections municipales ont bien souvent des airs de formalité, avec une seule liste présente. Mais cette année, la liste (SE) « Sillans Ensemble ! » conduite par Christine Apostolo est venue concurrencer celle (également sans étiquette) du maire sortant Christophe Carrière, « Sillans toujours à cœur ».

    Ce dernier, réélu avec 58,79 % des voix, pensait repartir pour un nouveau mandat. Mais un recours, a priori déposé par un électeur de la liste d’opposition devant le Tribunal Administratif de Toulon, a changé la donne. En cause, une irrégularité sur les bulletins de vote de la liste réélue, sur laquelle n’étaient pas précisées les nationalités de deux colistiers ressortissants de l’Union Européenne : Marc Vanden Borre, 3e de liste, de nationalité belge, et Luis Mariano, 9e, de nationalité portugaise.

    Des omissions qui semblent anecdotiques mais qui, à l’arrivée, coûtent cher : le Tribunal Administratif a plaidé en faveur du recours et invalidé l’élection. En conséquence, depuis le 18 juin, c’est une délégation spéciale désignée par la préfecture qui assure provisoirement l’administration de la commune, en attente d’un nouveau scrutin qui se tiendra le 30 août (premier tour), et le 6 septembre en cas de second tour.

    Menace de plainte

    pour diffamation

    De quoi enflammer les débats entre les deux listes, déjà véhéments durant la campagne de mars, et diviser un village qui n’avait jamais connu pareille agitation. Sur les réseaux sociaux, les passes d’armes ont repris de plus belle. Première étincelle : une affiche de soutien d’un collectif citoyen en faveur du maire sortant dénoncée par la liste de Christina Apostolo car réalisée à l’aide de l’IA et présentant une image d’un village… qui n’est manifestement pas Sillans-la-Cascade. « L’opposition joue (encore) aux détectives de pacotille… Quand on n’a aucune proposition concrète pour l’avenir de Sillans-la-Cascade, on s’occupe comme on peut », a rétorqué Christophe Carrière, invoquant des attaques « de tous les côtés, y compris auprès des enfants des candidats ou des jeunes natifs de la commune. C’est bas, c’est méchant, et c’est totalement inacceptable ».

    De quoi susciter l’ire de « Sillans ensemble ! » : « Le comité de soutien à Christophe Carrière met en avant cinq engagements “cardinaux” que même lui ne respecte manifestement pas, en recourant à la calomnie, au dénigrement et à la diffamation. Attention, les propos inventés concernant la soi-disant attaque des enfants et des jeunes de Sillans sont de la diffamation caractérisée, punie par la loi. Contrairement à ce qu’affirme Christophe Carrière, notre programme existe bel et bien, il a convaincu près de 200 électeurs lors des dernières élections. » Le mois d’août promet d’être chaud, et pas seulement sur le thermomètre.

  • Nouvelles arrestations dans l’affaire Kessaci

    Nouvelles arrestations dans l’affaire Kessaci

    Quatre autres suspects ont été interpellés, ce mardi 30 juin, dans l’enquête sur l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, 20 ans, dont le frère Amine est une figure de la lutte contre le narcotrafic, ont indiqué, mercredi, une source policière et une autre source proche du dossier, confirmant une information du Parisien.

    Fin mars, six personnes, cinq hommes et une femme, avaient déjà été mises en examen dans l’enquête sur la mort du jeune homme de 20 ans, totalement étranger au trafic et inconnu de la police comme de la justice, tué de plusieurs balles, en plein après-midi à Marseille, le 13 novembre 2025.

    Trois des suspects sont soupçonnés d’avoir joué un rôle dans la logistique, en ayant participé à l’organisation ou aux actes commis après les faits, selon la source proche.

    Le quatrième, d’après la même source, aurait été engagé comme tireur pour une opération la veille, qui n’a finalement pas eu lieu. Ce dernier est présenté comme un exécutant de la DZ Mafia, précise Le Parisien.

    L’assassinat de Mehdi Kessaci avait provoqué une onde de choc, le ministre de l’intérieur, Laurent Nunez, évoquant d’emblée un meurtre « d’avertissement ». S’en était suivie une vaste marche blanche d’hommage au jeune homme, à Marseille et un peu partout en France, à l’appel de l’association Conscience, fondée par Amine Kessaci, pour venir en aide aux familles victimes du narcotrafic.

    Une exécution menée

    par la DZ Mafia ?

    Les enquêteurs de la police judiciaire et de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), qui voient dans ce meurtre la main de la DZ Mafia, gang marseillais de narcotrafiquants, sont parvenus à déterminer que les tueurs s’étaient « trompés de cible » et qu’ils visaient Amine Kessaci.

    Militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic, Amine Kessaci (EELV) est devenu depuis 4e adjoint au maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), à l’issue des élections municipales fin mars.

    L’information judiciaire sur la mort de Mehdi Kessaci a été confiée à des juges d’instruction parisiens et suivie par le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco).

    Le narcobanditisme a coûté la vie à 17 personnes en 2025 à Marseille, selon les autorités, un chiffre en baisse par rapport aux précédentes années (24 morts en 2024 après le record de 2023 avec 49 morts liés à une guerre des gangs pour le contrôle des points de deal dans les Bouches-du-Rhône).

    Pour Amine Kessaci, le combat continue. « Je pense que ce vécu, cette histoire personnelle, viennent raconter que dans ce pays, on a voulu regarder ailleurs. On a regardé ce qu’il se passait au Mexique, en Italie et pendant ce temps-là, on n’a pas vu que le monstre était en train de s’éveiller et de grossir dans notre pays », indiquait le jeune élu dans nos colonnes, fin mai. Favorable aux prisons de sécurité mises en place par Gérald Darmanin, ministre de la Justice, il s’est aussi engagé à travailler en profondeur sur la prévention avec la Ville, et également à apporter un soutien aux familles de victimes, dans le cadre d’un comité inter-bailleurs, en tant que président de Marseille Habitat, pour les reloger.

    « Au-delà de nous voler nos vies, les narcotrafiquants viennent voler un des pouvoirs de l’école de la République : faire rêver, dessiner des perspectives d’avenir », estimait Amine Kessaci, bien décidé à agir pour y parvenir.

  • À peine installée, l’extrême droite affiche clairement ses idées

    À peine installée, l’extrême droite affiche clairement ses idées

    Au soir du 22 mars, le député Hervé de Lépinau (RN) levait triomphalement les bras après sa large victoire aux élections municipales à Carpentras, faisant de lui le premier maire d’extrême droite de la capitale du Comtat Venaissin. Un peu plus de deux mois plus tard, les premières mesures et communications de la municipalité laissent entrevoir la politique qu’elle souhaite mener.

    Ce vendredi 5 juin, lors du conseil municipal de Carpentras, a été votée la baisse des subventions à plusieurs structures. « Cela représente, par exemple, -31% pour la culture et -21% pour le social et la santé », pointe l’élu d’opposition et ex-maire, Francis Adolphe (DVG), dont l’arrêt total des aides au Planning familial. « C’est une association d’utilité publique, sans idéologie et apartisane. Remettre en cause son financement, c’est fragiliser un service de proximité essentiel alors que les besoins sont bien réels », regrette Patrick Botella Mondet, élu du groupe d’opposition « Ensemble, fiers de Carpentras ». Il s’interroge notamment sur la motivation de cette décision, se demandant si elle est « est idéologique ou relève d’une vision morale » et appelle « à ce que les décisions soient motivées par l’intérêt général et non pas par des convictions ».

    Ce à quoi Hervé de Lépinau rétorque que « la loi indique que les collectivités ne peuvent subventionner que les associations apolitiques » et que le « Planning familial n’arrête pas de taper sur le Rassemblement national à chaque élection ». Avant de se lancer dans une tirade d’un autre temps, estimant que la structure « n’est pas là pour pourrir davantage le cerveau » des adolescents « pour aggraver cette question de l’identification de leur identité ». Une référence à une affiche du Planning familial, datant de 2022, présentant un couple au sein duquel un homme transgenre attend un enfant.

    Tags de la discorde

    L’une des premières décisions de l’édile a notamment été de supprimer la régie agricole de la ville, dès le 1er juin. Celle-ci permettait de cultiver des fruits et légumes bios sur un terrain situé à Monteux, ensuite utilisés pour les cantines scolaires. « Une décision désastreuse » pour Olivier Ceyte, adjoint à l’agriculture sous la mandature de Serge Andrieu (DVG), battu dans les urnes en mars dernier. « Cette régie n’est pas un gadget, c’est un outil concret au service de l’alimentation des enfants. C’est une décision purement politique, guidée par la seule volonté de dynamiter tout ce que l’ancienne municipalité avait mis en place », poursuit l’ex-élu.

    Si la polémique liée au chant pétainiste diffusé lors des commémorations du 8-Mai a marqué les esprits, ces dernières semaines, cette affaire relevait finalement d’une erreur de la radio locale RTV FM, qui avait diffusé une playlist dont elle n’avait pas correctement vérifié le contenu.

    En attendant, d’autres décisions transpirent l’idéologie du parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Par exemple, le drapeau européen a été retiré du rond-point de l’Amitié, à Carpentras, « afin de préserver ce lieu symbolique dédié aux jumelages de la ville », assure la mairie. En lieu et place, un drapeau du Comtat Venaissin et l’emblème du Saint Mors, relique religieuse conservée dans la cathédrale Saint-Siffrein.

    Ou encore certaines communications du maire-député lui-même. Comme lorsqu’il assure, le 15 mai dernier sur Facebook, que « l’extrême gauche s’amuse à salir Carpentras » en postant un mur recouvert d’affiches de résistants et du message « zone antifa ». Ce que le maire ne précise pas, c’est que ces affiches en papier recouvrent un tag de l’Active Club, une mouvance violente, masculiniste et suprémaciste, avec l’inscription « Zone faf » (acronyme de « France aux Français ») accompagnée d’une croix celtique, symbole de l’ultra-droite. D’autres tags de cette organisation sont visibles à travers la ville.

    Sans oublier ceux retrouvés, le 21 avril sur les locaux du PCF. « Doit-on voir dans cette soudaine libération de la parole fasciste à Carpentras, alors que jusqu’ici notre local n’avait jamais subi aucune dégradation ni agression de ce type, un lien avec l’élection d’une municipalité à la tête du RN ? », s’interrogeait la section locale après ces dégradations.