Tag: Maire

  • L’ancien maire de Sisteron, Daniel Spagnou, est mort

    L’ancien maire de Sisteron, Daniel Spagnou, est mort

    En plus de son mandat de maire, Daniel Spagnou a également été conseiller général et régional, ainsi que député UMP de la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence de 2002 à 2012.

    L’ancien maire avait déjà été hospitalisé et son état de santé était préoccupant pendant la campagne des municipales.

    Ce matin, je perds un ami”, a réagi sur X le président (Ren.) de la Région Renaud Muselier. “Grand maire de Sisteron pendant 43 ans, nous perdons un serviteur de la République exceptionnel, qui a consacré sa vie aux Alpes-de-Haute-Provence.

    Le nouveau maire de Sisteron, ancien premier adjoint de Daniel Spagnou, Jean-Pierre Templier, a également réagi : “Il m’est difficile, aujourd’hui, de parler de Daniel simplement comme de « l’ancien maire de Sisteron ». Pendant de très nombreuses années, il a fait partie de ma vie, de mon engagement et de mon histoire personnelle. J’ai travaillé à ses côtés, nous avons partagé tant de moments, tant de projets, tant de combats pour Sisteron. Nous avons connu les satisfactions des nombreuses réalisations accomplies, mais aussi les difficultés inhérentes à la gestion d’une commune et parfois les moments plus difficiles.”

    Les Alpes-de-Haute-Provence perdent aujourd’hui l’une de leurs grandes figures”, a déclaré de son côté David Gehant, maire (DVD) de Forcalquier, sur son compte Facebook . “Pendant près de 50 ans d’engagement public, il aura tant apporté à notre département des Alpes-de-Haute-Provence et à sa ville de Sisteron, à laquelle il aura consacré une grande partie de sa vie. Daniel était un élu de terrain, proche des gens, profondément attaché à son territoire et à ses habitants. Une certaine conception de l’engagement public (…) dans laquelle je me reconnais pleinement”, a-t-il ajouté.

    « Daniel était un homme de Droite. Nos parcours politiques respectifs nous ont permis de nous rapprocher et de nous estimer. Nous partagions beaucoup de valeurs, ainsi que de nombreux projets, comme la mise en valeur des Petites Cités de Caractère de notre territoire. Il laisse un vide immense », a réagi pour sa part Jean-Marie Bernard, Président du Département des Hautes-Alpes.

    Quelles que soient nos sensibilités politiques, un tel engagement au service d’un territoire force le respect”, a écrit la députée (PS) des Hautes-Alpes Marie-José Allemand. “Quelques mois seulement après avoir quitté ses fonctions, c’est une grande figure des Alpes du Sud qui disparaît.

    Je salue sa mémoire en tant qu’opposant politique depuis toujours. On peut ne pas être d’accord, mais il a tenu la ville et porté la droite en recherche d’un leader”, a réagi auprès de La Marseillaise lundi Philippe Antoine de la CGT, l’un de ses opposants historiques, membre de la liste DVG Demain Sisteron lors des municipales.

  • Marseille se souvient de sa Libération, 82 ans après

    Marseille se souvient de sa Libération, 82 ans après

    Vives émotions et souvenirs poignants, ce dimanche matin au pied de l’emblématique char Jeanne d’Arc, sur la place du Colonel Edon à Marseille, pour la commémoration du 82e anniversaire de la Libération de la ville.

    Anciens combattants de l’armée française, jeunes porteurs de drapeaux, cadets des marins-pompiers, élus municipaux, sénateurs, députés ou encore représentants de l’État ont tous rendu hommage « aux courageux libérateurs de Marseille ». Le Chant des partisans comme la Marseillaise ont accompagné les dépôts de gerbes devant le véhicule blindé qui symbolise les sacrifices des différents régiments de tirailleurs algériens, des tabors marocains et des forces de la Résistance pour la Libération du joug nazi.

    Avant une lecture de l’historique des combats pour libérer la ville par Elyah Étienne, élève de l’école des porte-drapeaux de Marseille. Une manière de se replonger dans la journée du 28 août 1944. « C’est important d’être là pour rappeler ce qu’a coûté la Libération de la ville et du pays », insiste Anthony Gonçalves, adjoint communiste au maire de Marseille en charge de la santé.

    « Une résonance particulière »

    Il dénonce surtout la présence de plusieurs élus du Rassemblement national à la cérémonie : « On ne doit pas s’habituer à la présence d’élus d’un parti qui a été fondé par les héritiers de ceux qui ont été battus ce jour-là. Ils ne sont pas et ne seront jamais les bienvenus dans ces cérémonies. »

    Avant de conclure sur le caractère inhabituel de cette commémoration au regard de l’élection présidentielle à venir : « Plus que jamais, cette cérémonie a une résonance particulière. On ne peut pas s’empêcher de penser à la prochaine échéance électorale », avec une extrême droite en embuscade, et encore un combat de haute lutte à mener.

  • À Aix, les punaises de lit traquées dans les bibliothèques

    À Aix, les punaises de lit traquées dans les bibliothèques

    Mauvaise nouvelle pour les usagers des bibliothèques d’Aix-en-Provence. La Ville a décidé « un contrôle préventif de l’ensemble du réseau de bibliothèques » après la détection, la semaine dernière, de punaises de lit à la bibliothèque de la Halle aux Grains. La décision de fermer les établissements a été prise jeudi soir.

    « À ce jour, aucune punaise de lit n’a été détectée dans les autres bibliothèques municipales », précise la mairie dans un communiqué. Mais « afin de confirmer cette situation et de préparer la rentrée dans les meilleures conditions, la Ville a choisi d’engager un contrôle préventif de l’ensemble des établissements. Cette opération nécessite leur fermeture temporaire au public ».

    Six sites concernés par

    la fermeture temporaire

    Sont concernées la bibliothèque Méjanes, la bibliothèque des Deux Ormes, Li Campaneto, le point lecture de Puyricard ainsi que la bibliothèque et les archives municipales Michel-Vovelle. La bibliothèque de la Halle aux Grains demeure fermée dans le cadre du protocole déjà engagé. Les boîtes de retour des Deux Ormes et de Li Campaneto sont également fermées.

    Les documents pourront être rendus et les réservations retirées dès la réouverture, précise les services de la Ville. « L’objectif est de pouvoir rouvrir l’ensemble des bibliothèques dans les meilleurs délais, avec toutes les garanties nécessaires pour accueillir sereinement usagers et agents », précise la mairie qui « informera le public de la réouverture des établissements sur ses sites internet et ses réseaux sociaux ainsi que sur ceux de ses bibliothèques ». Les punaises de lit ont été détectées sur le mobilier de la bibliothèque de la Halle aux Grains grâce à l’intervention de chiens renifleurs. Le traitement consiste à utiliser de la vapeur, puis des insecticides

    En octobre 2019, infestée par les punaises de lit, la plus grande bibliothèque de Marseille, l’Alcazar avait dû fermer ses portes au public pendant plusieurs jours. Depuis les années 1990, une recrudescence mondiale des punaises de lits est observée.

    Quant à l’impact sur les habitants, 145 consultations chez un médecin liées aux punaises pour 100 000 habitants ont été recensées en 2020 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, la deuxième région la plus touchée.

  • Olivier Galzi s’inquiète du contexte belliqueux

    Olivier Galzi s’inquiète du contexte belliqueux

    Jour de fête et de souvenir, ce mardi à Avignon. Une journée consacrée au 82e anniversaire de la Libération de la Ville. Pour l’occasion, un grand défilé et exposition de véhicules d’époque et reconstitution de costumes d’Alliés ont animé les rues pour faire revivre l’ambiance de 1944 qui mettait fin à deux ans d’occupation. « En voyant cette reconstitution depuis mon bureau de maire, qui avait déjà ce rôle en 1944, cela reste une immense joie que d’imaginer cette Libération », confie Olivier Galzi, à l’issue d’un hommage rendu dans le péristyle de l’Hôtel de ville.

    Le maire (DVD) participait en tant que tel pour la première fois à cette cérémonie. Avant de grimper dans une Jeep et défiler, il apprécie « cette réunion de générations qui permet de perpétuer le souvenir, avec des jeunes ou une Avignonnaise, là aujourd’hui et qui était présente place de l’Horloge le jour de la Libération ».

    La « vieille histoire » proche de se répéter ?

    Mais Olivier Galzi n’y voit pas un passé lointain à jamais oublié. « Cette journée n’est pas seulement un souvenir mais aussi une projection sur l’avenir en particulier dans l’époque actuelle, met-il en garde. Ce qu’il se passe avec la Russie en Ukraine démontre que la vieille histoire n’est pas forcément une histoire qui ne se répéterait jamais, sans parler des totalitarismes et des différents fascismes. »

    Dans ce contexte belliqueux, alimenté aussi par le chef de l’État et le gouvernement à coups de renfort budgétaire pour le ministère des Armées ou tentative de résurrection du service militaire, le maire y voit « une forme d’inquiétude, quand on voit les mots, les menaces, et que l’on aime l’histoire, il y a un certain nombre d’ingrédients réunis pour une grande division qui débouche sur la violence ». Olivier Galzi, à son « niveau de maire », plaide « pour un devoir de cohésion et d’unité quelle que soit notre vision politique ». Du moins sur ce genre de cérémonie, « moment où quoi qu’il arrive on peut se réunir entre Avignonnais ». Chose souvent moins favorable lorsqu’il s’agit de politique municipale.

  • [Entretien] Farida Benaouda : « Partir en vacances ne doit pas être un privilège »

    [Entretien] Farida Benaouda : « Partir en vacances ne doit pas être un privilège »

    La Marseillaise : Quel est le sens de cette visite ?

    Farida Benaouda : Je suis venue ici pour mettre des mots, mettre des visages, voir des sourires, voir le regard que ces petits marseillais ont pendant ces « Vacances pour tous ». C’était important de venir à la rencontre des animateurs, des organisateurs, ces grands frères et grandes sœurs, qui travaillent toute l’année sans relâche pour essayer de donner aux enfants une première baignade dans un lac, des premières veillées, une première fois à la montagne… Et leur dire que la Ville de Marseille a été là pour porter ce projet. Car le maire, Benoît Payan, a maintenu le cap, malgré un contexte de restrictions budgétaires. Quand on regarde sur ce volet : en 2021 on était sur une enveloppe de 150 000 euros pour ce dispositif. Aujourd’hui, en 2026, on est sur 750 000 euros. D’autant que cette année, ça a été très difficile, parce que l’État s’est totalement désengagé de plusieurs dispositifs. Mais nous avons fait le choix de maintenir le budget, car on maintient surtout le départ de plus de 1 600 gamins. Ce ne sont pas des chiffres : ce sont des enfants qui vont pouvoir partir en vacances grâce aux « Vacances pour tous », qui vont se créer des souvenirs.

    En quoi ce dispositif permet un coût minime pour les familles ?

    F.B. : Il y a une participation d’un euro à 10 euros par enfant et par jour, en fonction du quotient familial. On essaie toujours de tabler sur le minimum pour les familles. Et ce, pour essayer de faciliter les départs. Il faut se dire que partir en vacances, ce ne doit pas être un privilège. On ne veut pas que les petits marseillais découvrent des vacances à travers des livres, ou à la télé, ou derrière un smartphone, il faut vraiment qu’ils arrivent à vivre ces vacances-là, à vivre cette expérience. Quand on retrouve des enfants qui reviennent de ces colonies et qui savent faire leur lit, alors qu’avant, c’était la maman ou le papa, qui s’en occupait, on a gagné quelque chose. « Les Vacances pour tous », ce n’est vraiment pas un dispositif banal.

    90 ans après le Front Populaire et les premiers congés payés, il faut sanctuariser ce droit aux vacances pour les enfants ?

    F.B. : Évidemment. On se bat pour maintenir ce dispositif, pour le développer. On est d’ailleurs en pleine discussion avec la CAF pour un engagement plus important et ainsi faire partir encore plus d’enfants. Ils partent d’ailleurs de différents quartiers de Marseille, ils ont tous une histoire et viennent de paysages différents, il y a une mixité, à l’image de la ville… Ces enfants et ces jeunes vivent des choses qu’ils ne pourraient pas forcément vivre à Marseille. J’ai discuté avec une petite de 8 ans, c’était sa première randonnée, sa première baignade dans un lac, sa première découverte de la montagne. Elle a découvert une autre vie. Quelque part, ils écrivent un chapitre de leur vie. L’avenir est à travers eux, si on veut rééquilibrer la ville et décloisonner les frontières qui ont été érigées pendant trop longtemps, ça sera grâce à eux. L’équité dans la vie part aussi de là : des vacances. C’est pour cela qu’on aimerait développer encore plus ce dispositif et que l’on va tout faire pour. On souhaiterait ouvrir le catalogue de manière plus large, et peut-être doubler le nombre d’enfants qui partent…

    Quelle importance ont ces colonies dans la vie des enfants ?

    F.B. : Là on n’est plus sur des lignes budgétaires, on est sur la vie en immersion, de comment c’est vécu, et aussi comment ils vivent ça, qu’est-ce qu’ils en ont gardé, quel a été le souvenir le plus marquant, comment ils ont préparé ces vacances…. Parce qu’il y a l’avant, le pendant et le après, et quand on discute avec ces jeunes, ils n’ont pas envie de rentrer chez eux, ils ont envie de prolonger leurs vacances, et nous, on est aussi là pour essayer de récupérer une petite partie de leur histoire, de leurs vacances. Car ce sont ces vacances-là qui vont se retrouver marquées dans leur mémoire à tout jamais. Une colo ce n’est pas juste partir et avoir une semaine de vacances, une colonie c’est vivre en collectivité, c’est l’apprentissage, c’est justement les règles qu’on doit aussi respecter, et c’est grandir, c’est changer, c’est être autonome, c’est tout ça. Ils partent avec une valise qui est pleine de souvenirs, et aussi un petit déclic qui se fait pour chacun d’entre eux.

    Quelle analyse de ce désengagement de l’État ?

    F.B. : C’est un signal très négatif. On s’y attendait un petit peu mais pas à ce point. Ce désengagement a mis un coup à beaucoup de structures. Il faut faire comprendre que les colonies, ce n’est pas juste des chiffres mais bien des moments de vie. Pour certaines familles, les enfants ne pourraient pas partir sans ces dispositifs.

  • Des colos dans les Alpes pour les minots marseillais

    Des colos dans les Alpes pour les minots marseillais

    Quand Farida Benaouda, conseillère municipale déléguée aux Vacances pour tous à la Ville de Marseille, passe la porte du chalet de l’association Contact Club, situé à Réallon au cœur des Hautes-Alpes, elle découvre une quinzaine de minots qui ont des étoiles plein les yeux et des sourires jusqu’aux oreilles. « Moi c’est la première fois que je fais une colo. Je n’étais jamais venu dans les montagnes ! On a fait une randonnée on est partis dans une rivière très froide… Ça a fait du bien », lance un minot de 12 ans.

    À peine les présentations faites, les questions fusent entre l’élue et la petite équipe : Évènement marquant de la semaine, activités incontournables, découverte de la montagne… Il faut dire que leurs journées ont été bien chargées au cœur du magnifique Parc national des Écrins : visite et jeu de piste au fort de Briançon, randonnées, jeux aquatiques au plan d’eau du coin, soirée feu d’artifice et visionnage de film le soir… C’est d’ailleurs le débrief du film Billy Elliot qui les occupe ce matin. L’occasion pour les animateurs, Lyes et Tom, d’aborder des sujets pas forcément simples à appréhender pour des jeunes de cet âge… Mais l’équipe du Contact Club sait manier le fond et la forme avec finesse. Et pour cause : 80% des animateurs sont passés par la structure.

    Une première pour les minots comme pour l’élue

    On comprend mieux pourquoi la colonie fait partie intégrante du village : les voisins saluent avec plaisir les minots, rendent service à la structure et inversement. Une fois la discussion à bâton rompu finie, place à la préparation du repas. Diakité, qui rentre au lycée en septembre et habitué des colos avec la structure, enfile sa charlotte avec plaisir et passe aux fourneaux pour préparer le plat du jour.

    Car l’organisation des tâches ménagères est aussi « une forme d’éducation populaire » avec des groupes qui tournent selon les jours : plonge, cuisine, rangement… Farida Benaouda tient à leur passer ce message : « Le Maire de Marseille, Benoît Payan, est fier d’appuyer le dispositif. Comptez sur nous pour faire mieux et plus pour aider la jeunesse marseillaise à se faire des souvenirs ! ». C’est une première qu’une élue de la Ville aille directement sur les lieux de vacances des minots marseillais qui partent dans le cadre des « Vacances pour tous ». Les jeunes la remercient chaudement et elle repart sous leurs coucous enthousiastes, en direction d’une autre colonie…

    À Pont-du-Fossé, elle rencontre cette fois l’équipe de l’Agamfa qui s’occupe d’une quinzaine de minots âgés de 7 à 11 ans, la plupart venant du centre aéré des Flamants mais aussi d’autres quartiers de Marseille comme La Busserine ou la copropriété du Mail. Hasard du calendrier, ou pas, ils profitent du festival L’écho des mots à Saint-Jean-Saint-Nicolas qui propose justement une myriade d’activités pour petits et grands. Là encore, la montagne et les produits locaux ont fait leurs effets sur les petiots. Quand l’élue demande s’ils sont satisfaits du séjour, les réponses sont unanimes : « Je ne veux pas rentrer demain ! », « On veut revenir l’année prochaine et avec les mêmes animateurs ! ». Najib, le directeur de la colo, court à droite et à gauche pour s’occuper des petits mais confirme : « Ils se régalent ! ». Farida Benaouda insiste : « Vous vous faites des souvenirs pour la vie ! ».

    L’élue achève sa visite marathon avec le centre de vacances Les Jonquilles à Saint-Julien-en-Champsaur. Avec là encore des sourires par dizaines et des minots plus que ravis du cadre et des animations proposées par la structure Aroéven.

    Les petits sortent de la douche et se préparent avec impatience pour la boum de fin de séjour… De quoi revenir à Marseille avec des histoires à raconter et des souvenirs plein la tête.

  • [Entretien] Serge Lhotellier, le logement social « est un atout »

    [Entretien] Serge Lhotellier, le logement social « est un atout »

    Contrairement à d’autres communes varoises dépensant plus d’énergie à fustiger la loi SRU qu’à construire un avenir pour leurs habitants, la Ville de Toulon a pris le problème à bras-le-corps pour tenter de combler son retard en matière de logement social par rapport à ses obligations légales. L’adjoint au maire Serge Lhotellier met en avant les efforts déployés et prononce un discours clair concernant le logement social afin de dissiper les idées reçues.

    « Ce qu’il faut comprendre, c’est que le logement social est une chance et un atout pour les territoires », affirme-t-il sans détour, en rappelant une évidence que beaucoup d’élus, tous à droite sur l’échiquier politique, ont tendance à oublier. « Cela permet aux jeunes de rester dans leur ville, aux ménages de pouvoir se loger dans des conditions dignes et correspondantes à leurs ressources ». Sans compter, « pour les travailleurs, la possibilité de pouvoir se loger pas très loin de leur emploi… » Ce qui en matière de développement durable est plutôt vertueux.

    Cela permet aussi aux seniors vivre dans leur cité, ajoute l’élu. « Dit autrement, le logement social permet effectivement de répondre à tous les besoins des Toulonnais dans leur diversité », insiste-t-il.

    Une démarche vertueuse

    Ce n’est donc pas seulement, contrairement à ce que de nombreux maires du territoire veulent y voir, qu’une contrainte imposée par l’État mais bien d’une urgence à laquelle en toute responsabilité les équipes en place doivent apporter une réponse y compris comme ici lorsque cela est difficile.

    Dans le Port du Levant, la première magistrate Josée Massi veut continuer à s’atteler à la tâche en luttant en même temps contre le logement dégradé. C’est dans ce cadre qu’a été reçu le mois dernier le ministre du logement Vincent Jeanbrun. « Nous lui avons fait visiter le quartier de la Grande Plaine », rappelle Serge Lhotellier. Une copropriété dans laquelle prospèrent la pauvreté et la désespérance dans des appartements loués chèrement. La municipalité, assure-t-il, a la volonté de reconquérir cet espace et l’intégrer dans un vaste projet urbain d’aménagement. « Ce qui permettrait de créer des logements sociaux qu’on offrirait au Toulonnais… » Et de poursuivre : « Chaque financement d’un logement social nous rapproche de l’objectif fixé par l’État et nous éloigne de la pénalité financière. » L’adjoint résume la démarche de la Ville de Toulon : « La politique de la municipalité est une politique de cohésion, d’attractivité et d’intégration de toute la diversité de la ville », conclut Serge Lhotellier qui préside également l’organisme d’HLM Toulon Habitat Méditerranée.

    Pendant ce temps à Six-Fours-les-Plages

    Alors que la Ville de Toulon, la Métropole Toulon Provence Méditerranée et la préfecture s’activent les pour répondre à la demande des habitants en logement, le contraste est saisissant avec la commune voisine de Six-Fours, tombée aux mains du RN. Le nouveau maire Frédéric Boccaletti, précédemment conseiller municipal, joue les offusqués en faisant mine de découvrir une programmation de plus de 600 logements sociaux sur la commune, en s’indignant contre son prédécesseur le LR Jean-Sébastien Vialatte qui a pourtant peu œuvré pour le logement social.

    Six-Fours commune ne dispose que de 9,8% de logements locatifs sociaux. Elle est donc lourdement prélevée pour cette carence, rappelle le militant logement Jean-Paul Jambon. Déjà trop pour le maire d’extrême droite qui jure sur ses grands dieux qu’il n’était pas au courant de ces futurs logements agréés par l’État. Si cela se confirme cela montre qu’il aurait été un opposant peu au fait des dossiers. Inquiétant quand on prétend la diriger.

  • Le LR Gilles Vincent débouté de sa plainte

    Le LR Gilles Vincent débouté de sa plainte

    On sait comment l’exercice prolongé du pouvoir rend frileux les élus à toute critique, ramenant souvent cette dernière à une attaque personnelle contre leur intégrité et bien entendu instrumentalisée par les détracteurs des politiques menées. Une lecture de l’actualité qui peut amener à attribuer à son opposition municipale des coups bas réels ou supposés, et ce d’autant plus volontiers en pleine campagne électorale où le débat se corse. C’est semble-t-il ce qui amène le maire LR de Saint-Mandrier Gilles Vincent élu depuis 1995 à la tête de la ville à déposer une tonitruante plainte contre la progressiste Vague mandréenne et celui qui la présidait Jean-Ronan Le Pen, pour diffamation et injure à caractère racial. Rien que ça !

    En cause, la publication sur les réseaux sociaux, et prétendument parue sur le blog de la Vague mandréenne, dans laquelle le premier magistrat est qualifié de « vieux mâle blanc dominant ». Publication dont personne n’a retrouvé trace sur le site, l’intéressé lui-même ayant été incapable de fournir une copie d’écran démontrant son origine.

    L’arroseur arrosé

    Des accusations dont l’association vient d’être totalement blanchie, la justice condamnant en plus Gilles Vincent à rembourser ses frais de justice. Ce sont les contribuables qui s’en acquitteront puisque le maire avait fait voter par son conseil municipal la protection fonctionnelle sur ce dossier.

    « Depuis qu’on a créé la vague et dès la première campagne en 2020, on s’est fixé comme ligne de ne pas verser dans l’attaque personnelle afin de ne pas polluer le débat par des invectives permanentes », rappelle son ancien président Jean-Ronan Le Pen. Et de poursuivre : « C’est typiquement le genre d’article qu’on ne publie pas sur notre site. Par contre, ce qu’on dit, c’est que c’est bien en deçà de la violence que le maire utilise contre ses opposants et les attaques personnelles dont ils usent, les traitant de menteurs, d’imbéciles ou d’incapables ».

    Les militants dénoncent « une instrumentalisation de la justice afin de chercher à étouffer dans l’œuf toute opposition à son action comme maire ». Car si, comme ici, les procédures judiciaires n’aboutissent pas toutes, elles parviennent tout de même à pourrir le débat démocratique local en jetant la suspicion.

    « Cela lui a permis pendant la campagne de se porter en victime en disant : regardez comment on me traite ! », déplore Jean-Ronan Le Pen. C’est pour ça que tous tiennent à faire la publicité de cette décision rendue par le tribunal judiciaire de Toulon.

  • [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    Figure de la lutte contre le narcotrafic, le jeune élu écologiste a commencé à mettre en pratique un projet pour la jeunesse dont il martèle que la Ville a fait une priorité.

    La Marseillaise : Quand les éducateurs vous transmettent leur rapport, que devient-il ?

    Amine Kessaci : Je le fais suivre à la fois au CLSPDR et au service prévention de la délinquance, qui ont les associations qu’on a déjà mandatées et avec qui on a démarché pour accompagner des jeunes, trouver des solutions emploi, etc. Et justement, ce que je suis en train de créer depuis mon arrivée, c’est une coordination entre les services, pour que, dès qu’on a des remontées comme celle-ci, on ait quelqu’un qui puisse justement faire le suivi, relancer, proposer des entretiens, des rendez-vous. Car j’ai constaté à mon arrivée, qu’il n’y avait pas de coordination entre les remontées terrain et le suivi de ces demandes. Jeunesse, prévention de la délinquance et CLSPDR, les trois services qui sont sous ma délégation travailleront ensemble.

    De quels moyens et budget disposez-vous pour ce faire ?

    A.K. : En tant que président du CLSPDR, le procureur de la République est le premier vice-président et peut nous donner les moyens niveau justice. On a la préfète de police qui est également vice-présidente et les structures sociales qui font les accompagnements. La Mission locale peut prendre le relais. Quand il s’agit de questions d’addictologie, on a des associations spécialisées. Marseille Habitat en tant que bailleur social peut aussi faire le lien, débloquer les situations. Ces dispositifs existaient déjà, je ne crée rien de nouveau, ce que j’apporte c’est la coordination. Niveau financier, nous sommes sous le coup des restrictions, la situation de la métropole nous met dans une situation inconfortable mais le maire l’a assuré, la jeunesse reste une priorité.

    Avez-vous des objectifs précis ?

    A.K. : Avec le maire, on s’est fixé deux lignes sur les politiques jeunesse. Premièrement, protéger les jeunes Marseillais face à l’entrée dans les narcotrafics, au mal-logement, au manque d’information, de formation, d’emploi, de dispositifs d’insertion. Le deuxième objectif, c’est de faire rêver la jeunesse, de permettre aux jeunes Marseillaises et Marseillais de pouvoir faire la fête, s’amuser. On se rend compte, qu’on est juste sur de l’action sociale, d’urgence, ce qui est important et nécessaire, mais les jeunes ont aussi besoin de respirer, de vivre. C’est quelque chose qu’on a oublié, notamment depuis le Covid. C’est pour ça aussi qu’on a lancé le dispositif « Vacances pour tous » qu’on a piloté avec Farida Benaouda [DVG, conseillère municipale déléguée en charge des vacances pour tous et des cités éducatives, Ndlr.] et Hassan Guenfici [DVG, adjoint au maire, en charge des centres sociaux et de l’éducation populaire]. La semaine dernière je me suis rendu à La Paternelle (14e), pour un départ en car des familles. Ces dernières sont meurtries, même si elles n’ont peut-être pas perdu des proches dans leur chair, elles ont en tout cas vu la guerre de la drogue de très près en 2023. Aujourd’hui elles peuvent partir, profiter d’une journée à l’extérieur grâce au dispositif « s’évader », mené avec ma collègue Anne-Sophie Sidani [PS, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville].

    Peut-on déjà tirer un premier bilan de votre action, cinq mois après avoir été élu ?

    A.D. : Nous sommes en train de mettre en place toutes ces actions de coordination et de lancer une nouvelle dynamique au sein du CLSPDR. Sur le décrochage scolaire par exemple, on attendait que le jeune ait plusieurs centaines d’heures de décrochage scolaire pour le convoquer et pour mettre en place des dispositifs. Maintenant on agit dès le départ. Dès qu’on voit qu’il y a des jeunes qui commencent à avoir beaucoup d’heures d’absence répétées sans justification, l’Éducation nationale et le procureur de la République nous saisissent pour justement éviter aux familles les placements, les actions judiciaires. Et on réunit ces jeunes avec leurs parents, les deux parents. On met en place aussi un accompagnement social. Avec des associations qu’on mandate, qu’on finance et à qui on demande de faire le suivi avec un bilan un mois après pour voir si le jeune est retourné à l’école.

    C’est un travail de dentelle ?

    A.K. : Oui et franchement c’est nécessaire. Les jeunes ont besoin aussi de voir un jeune comme eux en face. Piloter au niveau « macro », c’est très bien et cela fait partie évidemment de mon rôle, mais la proximité ça a toujours été ma marque et je compte bien continuer.

  • Olivier Galzi s’apprête à lancer son propre parti politique

    Olivier Galzi s’apprête à lancer son propre parti politique

    Ce qui a marché à Avignon aux élections municipales va-t-il marcher ailleurs ? C’est en tout cas ce que semble penser le maire (DVD) Olivier Galzi, qui lance officiellement son micro-parti « Le bon sens des territoires ».

    Ne faisant pas les choses à moitié, une grande soirée de lancement a également été annoncée. Elle se tiendra le jeudi 10 septembre prochain à La Scala Provence. « Parce que la politique doit se réinventer, parce que nos territoires sont les fondations de notre pays et parce que ceux qui décident sont trop éloignés de nos réalités, je propose de lancer un nouveau mouvement », précise le premier édile de la Cité des Papes sur ses réseaux sociaux.

    Un moment pendant lequel est également prévue la projection en avant-première du documentaire Clés de campagne, qui se « penche sur les coulisses de l’élection municipale d’Avignon, offrant un aperçu inédit », nous confie-t-on dans l’entourage du maire. Un nouvel élément de communication de l’ex-présentateur du 20 heures, lui qui en est friand et qui en a fait l’une de ses forces.

    Hors des partis

    Avec cette création, il se réaffirme hors des partis traditionnels, comme il n’a cessé de le répéter durant sa campagne. Il souhaite également impulser une dynamique pour d’autres échéances politiques. Avec, tout d’abord, les sénatoriales en vue, où son adjointe et compagne, Anaïs Haussman, se présente. Et donc, on l’imagine, d’autres échéances électorales.

    Une démarche qui risque de remuer un peu plus la sphère politique locale. Aux dernières nouvelles, le choix de partir en solitaire pour un siège au palais du Luxembourg a agacé, à droite comme à gauche.