Tag: Municipales

  • À Avignon, les acteurs de la solidarité prêts à attaquer « l’arrêté anti mendicité »

    À Avignon, les acteurs de la solidarité prêts à attaquer « l’arrêté anti mendicité »

    « La ville d’Avignon agit et continuera d’agir avec responsabilité et humanité sans opposer sécurité et solidarité. » Voilà comment, il y a trois ans déjà, la maire d’Avignon d’alors Cécile Helle (PS) répondait au syndicat des restaurateurs et hôteliers qui dénonçait l’inaction de la municipalité face à la présence accrue de sans-abri en centre-ville. Les municipales sont depuis passées par là et, dans la torpeur estivale post Festival, Olivier Galzi (DVD) a pris un arrêté réglementant l’occupation de l’espace public visant à prévenir des troubles à l’ordre public (notre édition du 14 août).

    « Un arrêté anti-mendicité », comme le qualifie Thierry Mila. Le président de la fédération Paca des acteurs de la solidarité, qui fédère un réseau de structures engagées aux côtés des personnes en situation de précarité, n’a pas tardé à envoyer un courrier au maire. La missive lui demande de retirer cette mesure et d’organiser une « rencontre avec les fédérations et les associations du territoire pour trouver une solution digne pour les personnes dans une ville de culture et d’accueil s’il en est. » Ce recours « gracieux et pré-contentieux », reçu ce mardi en mairie, pourrait rapidement être suivi d’un référé suspension directement déposé au tribunal administratif. « Si on n’a pas de retour d’ici à jeudi, tout est prêt pour attaquer », assure Thierry Mila.

    Sollicitée par nos soins, la Ville semble peu encline, dans l’immédiat, à une rencontre. « On va leur répondre en rappelant les grands principes de l’arrêté car ils ont une lecture différente de la nôtre », répond la mairie. Qui réaffirme ne pas vouloir « stigmatiser une certaine population et la mendicité mais concilier tranquillité publique et accompagnement des plus vulnérables en caractérisant les troubles pour mieux cibler les personnes qui n’arrivent pas à être prises en charge ». Le président de la fédération des acteurs de la solidarité y voit plutôt un moyen « de nettoyer Avignon, comme l’ont fait d’autres villes dans une course à l’échalote contre les personnes précaires qui vivent à la rue, déjà stigmatisées par la vie ». De manière plus globale, Thierry Mila déplore aussi la politique de l’État : « On ne peut pas dire d’un côté on ne veut plus de mendiants et, de l’autre, couper les fonds aux associations. »

    De « sérieuses interrogations »

    Le courrier adressé à Olivier Galzi, très circonstancié, soulève de « sérieuses interrogations » quant au respect des libertés publiques, de la notion « d’occupation prolongée » et met aussi en avant la jurisprudence du Conseil d’État, de la Cour européenne des droits de l’homme ou une décision du comité européen des droits sociaux. Au tout début de la campagne des municipales, Olivier Galzi avait défendu la possibilité d’un arrêté anti-mendicité avant de ne plus évoquer, dans ces termes, le sujet. Mi-février, dans nos colonnes, le futur maire insistait sur sa volonté d’aider ceux qui veulent s’en sortir mais, pour les autres, « envoyer le signal qu’Avignon ne sera pas la ville qui les accueillera de manière favorable ». L’arrêté vient traduire cette volonté qui, pour le PCF, « déplace la pauvreté » .

    Pour le PCF, la pauvreté est déplacée

    Parmi les réactions suscitées par l’arrêté, la section PCF d’Avignon-Morières-Le Pontet estime, dans un communiqué, que « faire partir les personnes à la rue ne les fait pas disparaître. Cela les déplace vers d’autres rues, d’autres quartiers, loin des commerces et des espaces fréquentés ». Sans « contester la nécessité de garantir la tranquillité et la libre circulation », les communistes insistent : « Ce dont Avignon a besoin, ce n’est pas de rendre la pauvreté invisible, mais de traiter ses causes. » Et d’appeler à « renforcer l’accompagnement, l’hébergement et l’accès aux soins ».

    F.C.

  • Olivier Galzi s’apprête à lancer son propre parti politique

    Olivier Galzi s’apprête à lancer son propre parti politique

    Ce qui a marché à Avignon aux élections municipales va-t-il marcher ailleurs ? C’est en tout cas ce que semble penser le maire (DVD) Olivier Galzi, qui lance officiellement son micro-parti « Le bon sens des territoires ».

    Ne faisant pas les choses à moitié, une grande soirée de lancement a également été annoncée. Elle se tiendra le jeudi 10 septembre prochain à La Scala Provence. « Parce que la politique doit se réinventer, parce que nos territoires sont les fondations de notre pays et parce que ceux qui décident sont trop éloignés de nos réalités, je propose de lancer un nouveau mouvement », précise le premier édile de la Cité des Papes sur ses réseaux sociaux.

    Un moment pendant lequel est également prévue la projection en avant-première du documentaire Clés de campagne, qui se « penche sur les coulisses de l’élection municipale d’Avignon, offrant un aperçu inédit », nous confie-t-on dans l’entourage du maire. Un nouvel élément de communication de l’ex-présentateur du 20 heures, lui qui en est friand et qui en a fait l’une de ses forces.

    Hors des partis

    Avec cette création, il se réaffirme hors des partis traditionnels, comme il n’a cessé de le répéter durant sa campagne. Il souhaite également impulser une dynamique pour d’autres échéances politiques. Avec, tout d’abord, les sénatoriales en vue, où son adjointe et compagne, Anaïs Haussman, se présente. Et donc, on l’imagine, d’autres échéances électorales.

    Une démarche qui risque de remuer un peu plus la sphère politique locale. Aux dernières nouvelles, le choix de partir en solitaire pour un siège au palais du Luxembourg a agacé, à droite comme à gauche.

  • Patrick Malavieille reçoit la légion d’honneur

    Patrick Malavieille reçoit la légion d’honneur

    C’est avec son habituel sourire en coin que Patrick Malavieille a reçu la Légion d’honneur dans son village de La Grand-Combe le 2 juillet. « Cet honneur ce soir, c’est le vôtre autant que le mien », a-t-il lancé devant un parterre de plus de 500 personnes venues à la Maison du mineur à La Grand-Combe pour célébrer avec lui cette récompense. Parmi elles, beaucoup d’habitants, des amis, des élus comme la présidente du Département, Françoise Laurent-Perrigot (PS), ou le sénateur Denis Bouad (PS) mais aussi des adversaires politiques comme Laurent Burgoa (LR), Christophe Rivenq (LR) et même Max Roustan (LR). Une belle preuve de respect au milieu d’une arène politique devenue de plus en plus violente.

    Natif d’Alès en 1962, Patrick Malavieille a grandi à La Grand-Combe, un village qu’il gardera toujours près du cœur malgré des dizaines de voyages un peu partout autour de la planète. Sa jeunesse, il la passe dans le quartier de Trescol où il crée avec des amis l’Association de l’éducation populaire des jeunes à Trescol. La bande d’adolescents sort alors des journaux et organise des soirées. Loin d’être épargné par la vie, il perd ses deux parents coup sur coup en pleine adolescence. « Il a fallu qu’il gère tout. Malheureusement, ça a permis qu’il soit mûr trop jeune. Il a dû gérer des choses qui ne devraient pas arriver à un gamin de 13 ans », se souvient Patrick Bauducco, l’un des amis de Trescol. Si la famille ne vit pas des mines, Patrick Malavieille grandit dans une ville porteuse de valeurs humanistes et fraternelles. Il devient très vite un membre actif du Parti communiste et participe à toutes les luttes.

    Retour à l’Assemblée ?

    En 1988, il est élu au conseil général où il devient le plus jeune vice-président. Réélu en 1994, il se lance alors dans la campagne municipale à La Grand-Combe qui avait basculé pour la première fois à droite en 1989. Grâce à la création de liens forts avec le PS, il l’emporte et siège dans le fauteuil de maire jusqu’en 1999 puis à nouveau de 2008 à 2020 avant de céder la place à Laurence Baldit (PCF). Il profite aussi de la dissolution de l’Assemblée nationale pour siéger au palais Bourbon de 1997 à 2002.

    Patrick Malavieille enchaîne ensuite les désillusions, d’abord lorsqu’il est battu en 2001 à Alès par un Max Roustan qui lui chipe l’année d’après son fauteuil à l’Assemblée nationale. Une défaite qui se reproduira face au même Max Roustan cinq ans plus tard. Mais l’élu communiste garde le cap, continue de travailler au Département et prépare la suite.

    S’il a réduit le nombre de mandats, Patrick Malavieille est en effet loin de préparer sa retraite. Face à la vague d’extrême droite aux dernières élections législatives, l’élu de 63 ans a en effet annoncé qu’il souhaitait porter une candidature de gauche unie aux prochaines élections législatives. Histoire d’enfiler à nouveau l’écharpe tricolore mais cette fois, au-dessus de sa toute nouvelle Légion d’honneur.

  • La bataille culturelle contre l’extrême droite en débat à Avignon

    La bataille culturelle contre l’extrême droite en débat à Avignon

    « On est tous au fait du danger que représente la progression de l’extrême droite pour nos métiers », lance Ghislain Gauthier, secrétaire général de la CGT Spectacle, en introduction d’un débat sur les « politiques culturelles pour une société plus juste et démocratique face à l’extrême droite ».

    Les échanges se sont déroulés au cloître Saint-Louis et le ton adopté par les différents intervenants, pour la plupart des syndicalistes des différents secteurs de la culture, est lourd. Car les dernières échéances électorales, les municipales de mars dernier, ont montré que l’extrême droite progresse. Et les premières mesures contre la culture des maires élus, notamment du RN, sont pointées du doigt. Comme la déprogrammation de la pièce de théâtre Passeport, récit de parcours d’exilés, par le maire, membre du parti à la flamme, de Castres, pour des raisons idéologiques.

    Les intervenants pointent l’influence causée par la « bataille culturelle » menée par des milliardaires, Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin en tête. « Il y a une idée de structurer un imaginaire autour d’une France traditionnelle, catholique, nataliste », pointe par exemple Anne-Sophie Simpere, journaliste au média indépendant L’Observatoire des multinationales, à propos du premier nommé. Aujourd’hui, neuf personnes contrôlent 80 % des médias. Également organisateur d’événements, ses activités peuvent impacter, par exemple, les musiciens qui ne pouvaient parfois pas savoir que les structures pour lesquelles ils ont accepté de travailler et avec lesquelles ils ont signé un contrat faisaient partie de son empire évalué à plus d’un milliard de dollars. « On est pris en otage. Il faut être très vigilants car il n’y a pas de clause dans le milieu du spectacle permettant de quitter notre travail dans ces cas-là », prévient Karine Huet, du syndicat CGT des musiciens, le Snam.

    Moyens de luttes

    Face à cela, la lutte s’organise. Et ce, d’abord par le syndicalisme, comme l’explique Mathieu Pace, représentant CGT chez Prisma, groupe de presse de magazines comme Capital, Voici ou encore Géo, dont Vincent Bolloré est l’actionnaire de référence mais n’est pas majoritaire. Un plan social y prévoit une réduction de 40 % des effectifs. « Il faut prouver que c’est bien lui qui a le contrôle. Contre ces gens-là, la grève ne marche plus car ils n’en ont rien à faire de perdre de l’argent. Mais ce dont ils ont peur, c’est que leur image soit détériorée », assure-t-il. La députée du Val-de-Marne Sophie Taillé-Polian (EELV), également présente, a porté plusieurs propositions de loi contre la concentration des médias. Et assure « qu’il faut qu’il y ait à nouveau un consensus sur les politiques publiques de la culture dans notre pays ».

    6 candidats à la présidentielle au Village du Off

    Suite à une lettre ouverte d’Avignon Festival et Compagnies (AF&C) aux candidats à la prochaine élection présidentielle, six d’entre eux viendront chacun leur tour afin d’échanger au Village du Off pendant ce mois de juillet. Ce dimanche 5 juillet, Xavier Bertrand (LR) était en Cité des Papes. Suivront Jean-Luc Mélenchon (LFI) ce jeudi 9 juillet à 20h, Marine Tondelier (EELV) le samedi 11 à 20h, Clémentine Autain (L’Après) le mardi 14 à 20h et enfin François Ruffin (Debout !) le jeudi 16 à 20h et le jeudi 23 à 18h30 pour Dominique de Villepin.

  • Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Vincent Bouget réussit-il une entrée en matière quasiment parfaite ? Pour l’heure, ni l’opposition de droite, toujours fracturée par les divisions, ni la démagogie du RN ne sont parvenues à faire tanguer la nouvelle équipe.

    Pourtant, après 25 ans sans alternance, lancer une nouvelle dynamique dans une administration centrale peu habituée à s’adapter était un véritable défi. Mais le nouveau maire de Nîmes s’est attaché en premier lieu à travailler avec les agents de la collectivité. C’est d’ailleurs sur ce point que Vincent Bouget a ouvert sa conférence de presse consacrée aux cent premiers jours de son mandat. « Nous avons réalisé huit réunions, organisé 60 ateliers avec 1 300 agents où la parole a été libre. Il fallait entendre les agents qui portaient des questions personnelles et globales. Ils ont fait 1 600 propositions pour rendre un meilleur service public », a présenté l’édile en précisant qu’un projet d’administration serait réalisé à l’automne.

    Ce dialogue, Vincent Bouget l’a également lancé avec les habitants de la Ville grâce à l’organisation de sept réunions publiques. Une restitution publique de ces discussions se tiendra d’ailleurs le 8 juillet à 18h30 au Parnasse.

    Des avancées concrètes

    Outre la méthode, Vincent Bouget s’est aussi félicité de plusieurs réalisations concrètes malgré « un budget 2026 décidé par l’ancienne équipe ». Parmi elles, le maire note la bonne organisation de la feria avec la mise en place des transports gratuits le week-end, expérience qui sera renouvelée pour la feria des Vendanges.

    « Nous sommes aussi allés plus vite que prévu pour le déblocage de fonds et de moyens humains pour le poste de police de Pissevin », s’est-il félicité. En effet, lors de son déplacement dans la capitale du Gard, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, avait annoncé le déblocage d’une enveloppe de 620 000 euros pour la construction du poste de police dans le quartier populaire nîmois et l’arrivée de 16 policiers au 1er septembre au commissariat de Nîmes. Vincent Bouget a également confirmé que les élus de la majorité avançaient sur « les projets au long cours » comme la végétalisation de la ville et de ses écoles, la création des fameuses places communes, les questions de mobilité et la réhabilitation du stade des Costières.

    S’il n’a pas voulu s’éterniser sur les squelettes laissés dans le placard par l’équipe précédente, il a confirmé qu’en plus du fort endettement de Nîmes Métropole et de la situation du stade des Costières, qui étaient connus, la Ville connaît une « dette grise », c’est-à-dire que nombre d’infrastructures n’ont pas été entretenues ou rénovées. « Deux écoles ont connu une rénovation énergétique, il en reste 81. Ici, au Carré d’art, le toit fuit quand il pleut », a-t-il illustré.

    Gratuité des bibliothèques

    Si Vincent Bouget a tenu à réunir la presse au Carré d’Art, c’est surtout pour annoncer plusieurs nouveautés concernant la culture et l’éducation. Ainsi, les bibliothèques seront gratuites à partir du 1er septembre « comme dans 60% des collectivités de France ». Le coût de la mesure est estimé à 75 000 euros. En parallèle, tous les enfants entrant en CP recevront désormais une carte de bibliothèque. Concernant la jeunesse érigée en « priorité », 10 euros de fournitures scolaires ont aussi été débloqués par élève de primaire, s’ajoutant aux 50 euros de dotation totale par enfant déjà consentis. La mesure coûtera 50 000 euros.

    Vincent Bouget a aussi confirmé la gratuité totale du musée des cultures taurines à la rentrée et l’extension de la gratuité dans les trois autres musées municipaux (musée des beaux-arts, muséum d’histoire naturelle et musée du vieux Nîmes) pour les moins de 26 ans. Toutes ces mesures seront votées lors du conseil municipal du 4 juillet.

    Vincent Bouget a conclu en donnant rendez-vous aux habitants le 13 juillet aux Jardins de la Fontaine pour un nouveau rendez-vous : « À la Table de Marianne ». Le principe est simple, les Jardins seront ouverts jusqu’à minuit pour un « pique-nique géant familial », où le partage autour des valeurs républicaines sera à l’honneur, avec en prime des animations culturelles.

  • [Entretien] Yves Moraine : « le Département restera un pôle de stabilité »

    [Entretien] Yves Moraine : « le Département restera un pôle de stabilité »

    La Marseillaise : La gauche marseillaise accusait pendant la campagne Martine Vassal d’avoir « cramé la caisse » au Département. C’est le cas ?

    Yves Moraine : J’essaie d’éviter de rentrer dans ces polémiques. La gestion des finances des collectivités territoriales est quelque chose de très complexe, qui s’accommode mal des gesticulations politiciennes. La réalité, c’est que Fitch confirme que notre gestion est très sérieuse, avec un contrôle très étroit de nos dépenses de gestion dont l’augmentation en 2025 inférieure à 1%. Fitch note que nous faisons face à l’augmentation des dépenses sociales, notamment du RSA « bien que historiquement les mécanismes de soutien de l’État n’aient pas été suffisants ». Et que la dette du Département est complètement sécurisée. Ceux qui parlent d’une dette insupportable ne se rendent pas compte que le Département est moins endetté qu’un ménage qui achète un appartement sur quinze ans ! Surtout que cette dette permet d’investir, 500 millions d’euros par an. Voilà ce qu’est la situation, et je m’en réjouis, mais je reste très prudent dans un contexte international incertain.

    Vous bénéficiez surtout de la reprise immobilière et donc des recettes des frais de notaires…

    Y.M. : On ne peut pas me dire que je suis un âne bâté quand il y a moins de DMTO [droit de mutation à titre onéreux, les taxes sur les frais de notaires, Ndlr.] mais qu’en revanche quand ça remonte je n’y suis pour rien ! Bien sûr, la robustesse de nos recettes bénéficie du retour à la normale, mais si je dégage une épargne de gestion, c’est que je n’utilise pas cette manne pour faire n’importe quoi mais pour investir.

    Les coupes dans le budget de la Métropole vont impacter les communes, et dans le même temps le Département a réduit d’un quart ses aides aux municipalités. C’est la double peine ?

    Y.M. : On ne peut pas une année me reprocher de trop aider les communes, et l’autre année de ne pas assez les aider… Les années électorales, c’est toujours une année où l’aide aux communes baisse parce que les équipes municipales n’ont pas encore enclenché de dossier. Mais il y a aussi une raison de choix politique, nous avons beaucoup aidé les communes depuis quinze ans, et face aux difficultés j’ai souhaité que cet investissement soit un petit peu réduit. Notre politique ayant porté ses fruits, c’est normal que cela se tasse. Mais le Département restera un pôle de stabilité sur lequel les communes pourront s’appuyer quand elles en auront besoin, dans le cadre des critères redéfinis en application des recommandations de la chambre régionale des comptes.

    Vous parliez d’économies, cela ne se fait pas au détriment des politiques sociales du conseil départemental ?

    Y.M. : Ce sont les achats et les subventions qui baissent. Les dépensent sociales augmentent encore en 2025, mais nous réussissons à y faire face en faisant attention ailleurs. On rogne sur ce qui n’est pas l’essentiel pour faire face à ce qui est essentiel dans la mission du Département.

    Un rapport alerte sur la dégradation des finances de 13 Habitat, dont vous garantissez les emprunts. Cela vous inquiète ?

    Y.M. : Fitch est plutôt très rassurant sur nos garanties d’emprunt. Il faut être attentif, mais je n’ai pas d’inquiétude particulière sur une défaillance de 13 Habitat, d’autant qu’il y a un patrimoine en face très important.

  • [Entretien] Jean-Frédéric Déjean, PCF : « Notre démarche unitaire est pertinente »

    [Entretien] Jean-Frédéric Déjean, PCF : « Notre démarche unitaire est pertinente »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir quitté vos responsabilités au PCF ?

    Jean-Frédéric Déjean : Car les statuts du PCF préconisent de ne pas occuper le même poste plus de neuf ans. Après trois mandats, c’est l’occasion de donner des responsabilités à quelqu’un d’autre. Je ne quitte pas le Parti ! J’accompagnerai la suivante, Margaux Efthimiadi-Alpe, élue le week-end dernier, je continuerai à militer activement et à jouer le rôle d’élu municipal et communautaire.

    Quels sont les enjeux du mandat municipal malgré la défaite ?

    J.-F.D. : Je retiens que malgré tout, les scores ont placé une liste d’union de la gauche portée par un communiste en tête. Il faut mesurer la qualité de notre travail : nous avons augmenté notre score de plus de 2 000 voix au 1er tour comparé aux municipales de 2020. Idem au 2nd tour, où on en fait 600 de plus, alors que Patrick de Carolis en perd au lieu d’être réélu au 1er tour. Cela démontre que notre démarche unitaire est pertinente et que la gauche n’est pas morte à Arles.

    Quelle est votre plus grande fierté après 10 ans à la tête de la section du PCF arlésien ?

    J.-F.D. : Notre capacité à renouveler nos adhérents. Nous avons perdu des camarades âgés, mais aussi réussi à faire venir de nouvelles adhésions et maintenir un effectif équivalent à mon arrivée en 2016. La section est active en dehors de la vie municipale : loto, ferrade, drôle de Noël, solidarité avec Cuba et 1336… Je retiens les 3 semaines de législatives en 2024 où tout le peuple de gauche s’est rassemblé sans se disputer, c’était la première fois que je voyais un tel enthousiasme. C’est là que le désir d’Union pour Arles s’est créé.

    Quel rôle a tenu le PCF dans votre parcours personnel ?

    J.-F.D. : Avant d’être secrétaire de section en 2016, j’ai effectué une formation de cadre. Il y a une volonté dans le Parti d’accompagner les adhérents dans l’acquisition de connaissances économiques, philosophiques et sociologiques, ou l’animation de collectif. Entre mon adhésion en 2013 et aujourd’hui je ne suis plus le même homme. Je le dois à la bienveillance de mes camarades.

    Que comptez-vous faire lors des prochaines échéances électorales ?

    J.-F.D. : Mon engagement c’est avant tout de consolider le rassemblement de la gauche citoyenne et écologiste à Arles, d’être présent sur le terrain dans le cadre de mes mandats. Concernant les échéances électorales, je n’ai pas de plan de carrière, ce n’est pas pour cette raison que je me suis engagé. Tout dépendra de l’état de l’union de la gauche, de ce que veulent les communistes et l’Appel d’Arles. Mais ça ne me ferait pas peur.

  • Les communistes en réflexion et sur le terrain

    Les communistes en réflexion et sur le terrain

    Face aux militants communistes installés à la sortie de la station essence Total du boulevard André-Barnier, dans le 15e arrondissement de Marseille, les automobilistes s’arrêtent volontiers pour recevoir les tracts, lèvent le pouce en signe de soutien. Alors que les adhérents du PCF entrent ce vendredi soir dans leurs congrès de section, dans le cadre du 40e congrès du parti, les militants des quartiers Nord ont tenu à lancer une action sur le terrain, face à la flambée du prix des carburants, avant d’entrer dans les débats internes.

    « Nous faisons un congrès qui se prépare dans la vie, un congrès dans la vie avant de fixer nos orientations », sourit Mireille Chessa, membre du bureau de la section du 15e arrondissement son autocollant rouge bien en évidence, tracts à la main pour appeler à la nationalisation de Total. « Nous avons voulu connecter notre congrès avec la nécessité de mener le rapport de force sur le terrain, de mener des actions populaires, précise-t-elle. Le rassemblement ne peut se faire qu’autour d’objectifs comme celui-là, s’il n’est qu’une incantation, ça ne marche pas ! » Derrière, la file de voitures qui attendent de faire le plein gagne jusqu’au boulevard. « Nous avons bien choisi la station, sourit-elle. C’est un peu moins cher qu’ailleurs, donc il y a plus de monde. »

    Week-end de débats

    En face, le discours est bien accueilli. « Avec la guerre, ils nous ont habitués aux prix, merci Macron hein ! ironise un conducteur. Et ils sont où, les gilets jaunes ? » Il voudrait rester discuter, mais déjà d’autres véhicules veulent sortir de la station. « Tu vois la différence entre une action populaire et une action populiste ! Ils nous disent de continuer, nous sommes les seuls à faire ce genre d’initiatives. Les gens veulent que ça change maintenant. Des années qu’on n’a pas eu d’augmentations de salaires, et ils nous prennent un pognon fou avec le carburant ! », partage l’ancienne responsable syndicale. Un autre conducteur interpelle les militants sur la présidentielle, refusant de prendre le tract. « Souvent les gens dans les cités nous disent qu’on nous voit que pour les élections, explique Dominique Rieffel, enseignante en lycée professionnel retraitée. C’est bien qu’ils nous voient ici. Il y a encore des personnes qui ne nous connaissent pas, nous ne sommes pas assez visibles encore. » À côté d’elle sa camarade abonde : « Il faut mener des initiatives de terrain, sinon, comment tu mènes le rapport de force ? Nous courons toujours après les voix que François Hollande a perdues. Pour les ramener, il faut les ramener sur des propositions de gauche. » Même si elle se réjouit des bons scores de la gauche à Marseille, lors des municipales.

    De quoi nourrir le débat qui, dans sa section, se tient ce samedi, mais doit durer tout le week-end pour toutes les sections du PCF, dont quarante pour les Bouches-du-Rhône. Un week-end lors duquel les communistes amenderont la base commune du conseil national choisie par 61% des militants, et 74% des adhérents dans le département, pour mieux l’améliorer, mais renouvelleront aussi leurs exécutifs de section. « Nous avons déjà des propositions d’amendements qui sont arrivées, que nous allons discuter demain, qui vont dans le sens du renforcement, ou portent sur les questions internationales », expliquent les militants.

    Avant que leurs propositions ne soient examinées lors des congrès départementaux les 20 et 21 juin, puis lors du congrès national à Lille du 3 au 5 juillet.

  • Olivier Galzi veut un écran politique encore plus grand

    Olivier Galzi veut un écran politique encore plus grand

    Cela ne faisait guère de doute et cela a été officialisé mercredi soir : Olivier Galzi a de l’ambition au-delà d’Avignon et du Grand Avignon. Le nouveau maire (DVD) a lancé son mouvement « Le bon sens des territoires », avec déjà des vues pour le « Sénat en septembre comme à l’Assemblée nationale l’an prochain », écrit-il sur ses réseaux sociaux. Vendredi dernier, à l’issue du conseil municipal consacré à l’élection de grands électeurs supplémentaires, il avait temporisé sur le sujet des sénatoriales, confirmant « vouloir peser » et renvoyant à « une position du groupe la semaine prochaine ».

    C’est donc chose faite, avec comme premier socle, l’ensemble de ses colistiers. Olivier Galzi est persuadé que sa victoire à Avignon le 22 mars est le fruit d’un prétendu attelage sans étiquette, attaché d’abord au territoire avant les courants politiques. « Nous avons aujourd’hui la conviction que ce mouvement est en germe dans de nombreuses autres communes et qu’ensemble, elles peuvent constituer le terreau d’un renouveau pour porter une voix : celle qui vient du terrain », revendique celui qui est aussi président du Grand Avignon.

    Encore novice en politique il y a quelques mois, Olivier Galzi aurait donc inventé un modèle duplicable à l’envi. « Aux prochaines échéances, faisons en sorte que notre territoire soit le premier à porter cette vision encore plus loin et que, demain peut-être, d’autres régions s’en inspirent », enjoint-il. Premier test donc, les sénatoriales. Sollicité, le maire d’Avignon n’a pas souhaité en dire davantage, pour le moment, que le communiqué. Mais, comme pressenti, Anaïs Hausmann incarnera le mouvement pour le scrutin du 27 septembre. L’adjointe avignonnaise et compagne du maire devait l’officialiser ce vendredi.

    Ça grince à droite

    Si des discussions sont toujours prévues avec le sénateur LR sortant Jean-Baptiste Blanc, il ne semble guère faire de doute qu’Anaïs Hausmann mènera sa propre liste. Dans l’entourage du maire, on fait savoir qu’il n’y a aucune volonté de concurrence. Mais l’avidité politique d’Olivier Galzi froisse la majorité départementale de droite qui s’attendait à davantage d’humilité. Avec 95 grands électeurs, la majorité avignonnaise devra cependant en convaincre environ 200 de plus pour décrocher un siège. Un travail souterrain a démarré et s’intensifiera à la rentrée de septembre auprès des quelque 1 300 grands électeurs, dont les voix sont très disputées.

  • Deux ans d’inéligibilité pour le suppléant d’un député RN de Plan-de-Cuques

    Deux ans d’inéligibilité pour le suppléant d’un député RN de Plan-de-Cuques

    Suppléant et attaché parlementaire du député RN José Gonzalez, Stéphane Simond a été reconnu ce lundi matin coupable de complicité et usage de faux et de tentative d’inscription indue sur les listes électorales. Habitant à Allauch, celui-ci avait fait réaliser une fausse attestation d’hébergement pour pouvoir se présenter comme tête de liste RN à Plan-de-Cuques où il a été réélu au conseil municipal (notre édition du 03/06). « C’est bien lui qui a demandé d’établir un faux en novembre 2025 pour demander une inscription sur les listes électorales », a pointé le juge qui l’a condamné à trois mois de prison avec sursis, une amende de 1 500 euros et surtout deux ans d’inéligibilité. « C’est un élu de la République qui a mis en danger la sincérité du vote », insistait le juge.

    5 000 euros pour

    la commune

    L’ami qui lui a signé l’attestation, Jean-Marc Gigante, écope lui d’une amende de 1 500 euros dont 1 000 euros avec sursis, et d’un an d’inéligibilité, reconnu coupable de faux et de complicité de tentative d’inscription frauduleuse sur les listes électorales. « Même si vous n’aviez pas conscience du risque, l’élément intentionnel est présent », expliquait le juge, en ironisant : « Il est peu crédible que Stéphane Simond vous demande de faire un faux document sans vous dire pourquoi. » Ils devront tous deux verser solidairement 5 000 euros à la commune pour son préjudice matériel.