Tag: droite

  • Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    C’est demain sur le pavé toulonnais que la nouvelle édition de la Marche des fiertés est attendue. Le principe est simple : rendre visibles celles et ceux qui ont longtemps été contraints au silence à cause de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, victimes de rejets et de violences ou de stigmatisations sociales.

    Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il reste encore du boulot, d’autant plus dans la Var, où l’extrême droite exerce de plus en plus son emprise sur les consciences. Rappelons que la députée RN Laure Lavalette avait dénoncé la programmation du Théâtre Liberté sur la thématique du genre avec ce type de propos : « Non, nous ne sommes pas tous concernés par ces théories nauséabondes… propagande LGBTQI avec l’argent du contribuable. »

    Raison de plus pour venir se mobiliser dans l’espace public et dire non à toutes les discriminations qui demeurent encore hélas une réalité dans de nombreux domaines.

    Festive et revendicative

    Et toutes les avancées obtenues ont été arrachées comme toujours par la lutte et la mobilisation. La Marche des fiertés s’inscrit dans cette tradition de lutte collective.

    L’occasion aussi d’alerter sur les violences homophobes et transphobes qui continuent.

    Une Marche des fiertés revendicative donc qui n’en oublie pas pour autant la dimension festive. La joie, la créativité et l’expression collective devenant alors aussi des moyens de résistance aux passions tristes exacerbées par les réactionnaires de tout crin.

    Rendez-vous donc ce samedi 13 juin dès 13h sur la place d’Armes.

    Pour ce qui est du programme, la journée sera marquée par plusieurs temps forts politiques et associatifs. Ainsi de 14h45 à 15h15, les associations prendront la parole afin de rappeler les réalités vécues par les personnes LGBTQIA+, les combats encore nécessaires et l’importance d’une mobilisation collective face aux discriminations.

    À noter également parmi les prises de paroles annoncées, la présence du premier adjoint à la mairie de Toulon, Julien Orlandini, ainsi que de Patrice Cazaux, adjoint à la Citoyenneté. Un signe fort envoyé par la municipalité à toutes les minorités.

    Vers 17h15, le cortège aura rejoint l’avenue de la République où un discours militant sera prononcé par le Collectif Fiertés Toulon et l’association Trans-mission Var. Afin de rappeler que « la République doit protéger tous ses enfants, quelles que soient leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre ».

    Chacun devant prendre sa part dans la construction d’une société réellement égalitaire.

    La journée se terminera par la fête de 19h30 à 00h avec DJ Set sur la place de l’Equerre.

  • À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    Ça y est, c’est reparti pour un tour. Tout est fin prêt pour accueillir en parfaite sécurité estivants et Toulonnais sur les plages du port du Levant, toutes équipées et accessibles aussi aux personnes à mobilité réduite (PMR) grâce à des fauteuils adaptés.

    C’est au poste principal de secours de la plage du Mourillon que le dispositif de surveillance des baignades a été rappelé mercredi matin en présence de la maire de Toulon Josée Massi (SE). Cent quarante trois sapeurs-pompiers et 25 saisonniers répartis sur les 6 postes de secours sur les anses de Pipady, la Mitre, Le Mourillon et Méjean veillent ainsi sept jours sur sept, jusqu’au 31 août inclus, à ce que les vacances ne se transforment pas en cauchemar. Ils disposent pour cela de tous les moyens nautiques pour réagir au plus vite, tels qu’un jet-ski, des embarcations semi-rigides et une vedette. « Ce qui permet d’avoir une action en moins de 7 minutes jusque sur les communes de La Garde et du Pradet », précise le lieutenant Lucas Mulet.

    La prudence reste de mise

    L’occasion d’ailleurs pour les sapeurs-pompiers de délivrer une nouvelle fois les messages de prévention d’usage en rappelant que lors de la saison estivale 2025, 2 000 interventions ont été comptabilisées. Cela allait de la simple piqûre de méduse ou d’oursin jusqu’au malaise. Mais aucun décès n’a été déploré l’année passée sur les plages toulonnaises.

    Un bilan exceptionnel, salué par la maire de Toulon Josée Massi, qui rappelle les actions volontaristes mises en place par la Ville qui n’est peut-être pas pour rien dans ces résultats exceptionnels. Dans les écoles, notamment. « L’objectif c’est que tous les enfants à la sortie du primaire sachent nager ; c’est très important dans une zone de bord de mer comme la nôtre », précise-t-elle.

    Tout cela étant dit, reste à chacun à faire sa part pour ne pas se mettre en danger. « On ne peut pas mettre une personne derrière chaque enfant ou chaque baigneur. Tout le monde doit aussi prendre ses responsabilités », rappelle la 1ère magistrate.

    Les précautions d’usage sont donc à observer. Comme celle de ne pas rentrer d’un coup dans l’eau quand elle comme aujourd’hui à 17 °C, rappelle-t-elle.

    Les parents sont également invités à ne pas ménager leur vigilance, pour la surveillance de leurs petits pour lesquels le drame peut se dérouler avec seulement 20 cm d’eau.

    Et les nageurs téméraires qui pèchent parfois par un excès de confiance en leurs capacités de revenir sur le rivage après un long parcours de nage, sont invités eux aussi à la prudence. Les accidents n’arrivent pas qu’aux autres.

    Sinon, tout est prêt pour permettre à tous de passer un très bon été. De la plaine de jeu et des aires de pique-nique récemment inaugurées aux abords des restaurants nouvellement végétalisés, jusqu’au parking de 1 300 places totalement gratuit que beaucoup nous envient. L’occasion de rappeler que ça n’a pas toujours été le cas, pas en tout cas lorsque l’extrême droite était aux manettes du Port du Levant.

    La remarque pourrait paraître ici inappropriée. Sauf que d’occasion on ne doit jamais manquer pour rappeler quels sont les principes de chacun sur la gestion de l’espace public. Étant entendu aussi que chaque fleur qui pousse est un événement éminemment politique.

    Les plages du Mourillon doivent rester ce lieu ouvert à tous, populaire, où même les Toulonnais qui ne partent pas se sentent un peu en vacances, comme se plaît à le rappeler Josée Massi.

  • [Entretien] Ludovic Perney : « Une page s’ouvre pour la droite »

    [Entretien] Ludovic Perney : « Une page s’ouvre pour la droite »

    La Marseillaise : Votre large victoire mardi soir est-elle celle d’une nouvelle génération chez LR ?

    Ludovic Perney : C’est d’abord un honneur, que je prends avec beaucoup d’humilité parce que c’est la marque de la reconnaissance d’un engagement constant et déterminé depuis mes 14 ans. C’est aussi une immense responsabilité, parce que la tache qui nous attend est grande, et une nouvelle page qui s’ouvre pour la droite à Marseille et en Provence. Aujourd’hui, ce sont de nouveaux visages qui ont émergé avec ces élections internes, seize délégués de circonscriptions ont été élus, nous rassemblons les générations. Maintenant, je souhaite construire une droite fière de ses valeurs, ferme sur le régalien, libérale sur l’économie et humaniste.

    Les LR n’ont plus d’élus au conseil municipal de Marseille et ont vu beaucoup de départs vers l’extrême droite…

    L.P. : Je l’avais souligné, depuis 1977 c’est la première fois qu’au conseil municipal de Marseille il n’y a plus d’élu de la sensibilité LR. Tout est à construire. Certains élus, qui avaient un certain parcours, sont partis. Mais depuis hier [mardi] soir, de nouveaux jeunes élus nous rejoignent, notamment Romain Amaro, le maire des Pennes-Mirabeau, une ville de 22 000 habitants, qui à la suite de mon élection fait le choix de reprendre son adhésion aux LR. On va construire une droite claire, sincère. Je suis sûr que d’autres suivront le même chemin.

    Catherine Pila a annoncé un recours face à des irrégularités, cela vous inquiète ?

    L.P. : Je suis très serein. Les adhérents m’ont accordé leur confiance à une très large majorité. Catherine Pila me reproche d’avoir fait campagne, d’avoir parlé aux militants. Oui, j’ai expliqué mon projet par des mails, quand elle a fait une campagne assez personnelle avec souvent des attaques contre moi-même. Je n’ai aucune animosité envers elle, je lui ai toujours tendu la main. Je l’appelle à respecter le choix des adhérents. Les Français en ont assez des querelles intestines. Désormais, nous avons du pain sur la planche, il faut nous mettre tous ensemble.

  • Vaucluse : au centre droit, ça se bouscule aussi pour les sénatoriales

    Vaucluse : au centre droit, ça se bouscule aussi pour les sénatoriales

    Combien de listes aux sénatoriales seront à la disposition des quelque 1 300 grands électeurs vauclusiens le 27 septembre ? Si les candidatures ne seront officiellement déposées qu’à partir du 7 septembre, les prétendants sont déjà en campagne. De manière officielle, comme les sénateurs sortants Jean-Baptiste Blanc (LR) et Lucien Stanzione (PS), ou encore en sous-main pour d’autres qui n’ont pas encore officialisé ou réfléchissent.

    Notamment au centre droit. Actuellement, l’espace se polarise autour de Jean-Baptiste Blanc, qui a reçu l’investiture LR, et rêve d’une « liste d’union sacrée » qui pourrait viser au moins deux sièges. Le sénateur discute toujours avec Olivier Glazi, maire (DVD) d’Avignon, qui compte « peser » dans la campagne. La majorité avignonnaise doit arrêter une position dans la semaine et valider la candidature de l’adjointe Anaïs Hausmann, compagne d’Olivier Galzi. Une rencontre Blanc-Galzi-Hausmann est prévue le 15 juin mais l’hypothèse d’une alliance n’est pas la plus épaisse.

    D’autres Vauclusiens sont tentés par un rapprochement avec Olivier Galzi. Comme Adrien Morenas, ex-député macroniste de la 3e circonscription jusqu’en 2022. « Je prospecte pour une liste d’union du centre, d’Édouard Philippe au centre gauche, confie l’ex-parlementaire, adhérent Renaissance, mais aujourd’hui sans mandat. Je discute avec des élus locaux, je suis en contact avec Olivier Galzi, sa méthode est intéressante, j’adorerai qu’il m’apporte son soutien, si j’y vais c’est pour mener la liste. » À ce stade, difficile d’imaginer le maire d’Avignon se ranger derrière un ex-député macroniste. « Soit je porte la liste, soit je n’y vais pas », assure Adrien Morenas.

    L’élue régionale Sylvie Viala « prépare une liste »

    S’il ne cherche pas le soutien de Renaissance, l’ex-présidente du parti macroniste en Vaucluse, Malika Di Fraja a, elle, fait acte de candidature à l’investiture. Et ce, il y a un mois dans un communiqué assez lunaire où elle se lance juste en réponse à la diffusion de « Maréchal nous voilà » dans les rues de Carpentras le 8 mai. Sollicitée, Malika Di Fraja est aux abonnés absents. Lors de la campagne des municipales, on l’avait aperçue à plusieurs reprises lors de meetings d’Olivier Galzi. Éric Bruxelle, adjoint au maire (Renaissance) à L’Isle-sur-la-Sorgue pourrait prétendre à l’investiture. Enfin, la présidente vauclusienne du Modem, Sylvie Viala, est aussi sur les rangs, sans exclusive de son parti. « Je prépare une liste et un projet mais il est trop tôt pour en parler », nous confie l’Avignonnaise, également conseillère régionale, donnant rendez-vous « à la fin du mois ». Tout en précisant qu’il n’y aurait « que des élus » sur sa liste. Fermant donc la porte à Adrien Morenas ou Malika Di Fraja.

  • Ludovic Perney élu à la tête de la fédération LR

    Ludovic Perney élu à la tête de la fédération LR

    C’est une page qui se tourne pour les Républicains dans les Bouches-du-Rhône. À l’issue de deux jours de vote, les militants ont élu ce mardi soir à la présidence de la fédération le vice-président au conseil régional chargé de la jeunesse, Ludovic Perney. Celui-ci a recueilli 71,3% des suffrages exprimés, distançant nettement l’ex-présidente du groupe d’opposition au conseil municipal marseillais, Catherine Pila. Parmi les plus de 2 300 adhérents inscrits, ils sont 58,7% à avoir voté. Un résultat qui vient terminer la séquence des municipales et leurs conséquences pour la droite dans le département, entre son effondrement à Marseille face au RN et l’émergence d’une nouvelle génération de maires. Élu à Istres, Robin Prétot lui avait apporté son soutien, tout comme – plus discrètement – le nouveau président de la Métropole, Nicolas Isnard.

    « Si l’on m’avait dit, lorsque j’ai pris ma première carte à l’UMP à l’âge de 14 ans, que quelques années plus tard je présiderais la fédération départementale de ma famille politique, je ne l’aurais sans doute pas cru », partage l’élu âgé de 30 ans au moment d’annoncer les résultats du vote. Reconnaissant que « la tâche est immense pour retrouver la confiance des électeurs ».

    Mais derrière ce vote se jouait aussi un autre affrontement politique. « La candidature de Catherine Pila n’est poussée que par la volonté de Martine Vassal de garder une main sur le parti », accusait-il. Quand d’autres reprochaient à Ludovic Perney sa proximité avec le président (Ren.) de Région Renaud Muselier. L’ex-présidente de la RTM lui avait aussi reproché d’utiliser illégalement les contacts des adhérents pour sa campagne et avait alerté les instances du parti. « La campagne étant terminée, je l’appelle à venir travailler à nos côtés, conformément au choix des adhérents, pour le succès de nos idées », propose-t-il désormais.

    Dans un communiqué, celle-ci « prend acte du résultat de l’élection ». Mais face à ce qu’elle désigne comme des « irrégularités », elle annonce « former un recours auprès de la Haute autorité des Républicains ». En précisant qu’elle « ne revendique pas la présidence de notre fédération ».

  • Logement social dans le Var : les partisans de « l’ordre » s’insurgent contre la loi

    Logement social dans le Var : les partisans de « l’ordre » s’insurgent contre la loi

    Depuis la présentation par le préfet la semaine dernière de sa stratégie pour augmenter la production de logements sociaux dans le département, afin de répondre aux besoins de la population, en termes de dignité pour commencer, les réactions d’hostilité ne se sont pas fait attendre. Comme si la droite et l’extrême droite si promptes à réclamer toujours plus de fermeté envers la jeunesse s’acharner à défendre avec presque autant de ferveur les maires hors la loi.

    Pour mémoire, le représentant de l’État annonçait aussi l’audience prochaine des premiers magistrats. L’objectif étant d’évaluer les résultats de l’application de la loi Solidarité et renouvellement Urbain (SRU) pour l’exercice 2023-2025. Ainsi que le volontarisme des élus aux manettes. Avec la ferme intention de réclamer à tous ceux qui continuent de traîner les pieds de s’engager dans une voie vertueuse au risque sinon de perdre la main sur la délivrance des permis de construire. Rien de scandaleux, au contraire. Puisque les récidivistes sont invités une fois encore à mieux faire. Déjà beaucoup trop pour le maire de Carqueiranne qui aussitôt crie à l’injustice.

    « Il m’a parlé comme à un enfant », déclare-t-il en conseil municipal (des propos rapportés par notre confrère Var Matin), faisant même planer la menace de démissionner. Le référent de la Fondation pour le logement Jean-Paul Jambon rappelle pour commencer qu’« en septembre 2020 Arnaud Latil alors fraîchement élu, fut déjà soumis à la question par la commission départementale pour l’exercice 2018-2019 ». Sur un bilan donc dont il n’était alors pas responsable, consent-il. Mais le militant logement de préciser, que lors de ces rencontres avec le préfet le maire n’aurait pas non plus laissé entrevoir d’emblée trop d’intérêt pour le logement social.

    À cela s’ajoute l’absence d’un Plan local d’urbanisme de la commune, insiste-t-il. Et ce malgré les propositions en 2024 de l’ancien préfet du Var Philippe Mahé qui proposait de mettre à sa disposition les services de l’État pour l’aider dans cette démarche.

    Aucun « volontarisme »

    « Contrairement donc à ce qu’il prétend avoir entrepris depuis 2020, le volontarisme ne semble pas avoir été à l’ordre du jour, et l’on peut comprendre l’agacement du préfet Babre chargé de faire appliquer la loi et de recourir aux moyens préconisés par le Ministre du logement dans sa dernière circulaire », juge Jean-Paul Jambon. Le militant logement, en profite d’ailleurs pour s’étonner de l’intervention du président du département Jean-Louis Masson (LR) venu à la rescousse du maire de Carqueiranne qui, selon lui, « défend avec détermination les intérêts de sa commune et de ses habitants ». Vraiment ? L’intérêt général n’est-il pas de répondre aux besoins de ses habitants ?

    Et de rappeler « une tribune conjointe des maires de MTPM en 2022 », du même acabit, fustigeant le préfet de l’époque Evence Richard, que Jean-Louis Masson traitait de « préfet servile », tout ça parce qu’il faisait appliquer la loi.

    Ce qui est un petit peu surprenant venant d’ancien un officier supérieur de la gendarmerie. La députée d’extrême droite Laure Lavalette est également montée au front, non pas pour défendre les intérêts des classes populaires, mais pour pilonner la loi SRU, « une stupidité sans nom, promulguée par la gauche ». Selon elle, les maires n’ont besoin de personne pour construire en respectant l’urbanisme, l’environnement et la demande sociale. Une blague ? Pour ce qui est de Carqueiranne, en 2023 on comptait 5,56% de logement sociaux contre 4,84% en 2002, soit une progression de 0,72% en 20 ans.

    Pendant que les demandes, elles, progressaient de 11,85% avec une tension de 14,4% c’est-à-dire une attribution pour 14 demandes. Sans commentaire.

  • La droite héraultaise aussi en proie aux divisions

    La droite héraultaise aussi en proie aux divisions

    Vu le nombre d’élus municipaux qu’elle compte, la droite héraultaise est en droit d’espérer obtenir un second siège de sénateur. Et pourtant, la mission ne s’annonce pas simple.

    À l’instar de la gauche, la droite pourrait partir divisée dans l’Hérault. Le sénateur sortant Jean-Pierre Grand n’a jamais caché son souhait de continuer à siéger au Palais du Luxembourg qui compte, paraît-il, le meilleur restaurant de Paris. L’ancien maire de Castelnau-le-Lez a même déjà l’investiture du parti d’Édouard Philippe, Horizons.

    Affaire réglée ? Pas du tout. Puisque contre toute attente, un autre élu Horizons revendique lui aussi l’étiquette. Il s’agit du maire de Saint-Georges d’Orques, Jean-François Audrin, qui n’est autre que… le délégué départemental d’Horizons dans l’Hérault ! Chez les troupes du maire du Havre aspirant à l’Élysée, on marche donc sur des œufs. J.-F. Audrin finira-t-il par rentrer dans le rang d’une manière ou d’une autre sachant que la 3e place qui pourrait lui être attribuée derrière J.-P. Grand ne sera pas éligible ? Ou bien J.-F. Audrin montera-t-il sa propre liste sous peine d’être exclu ? Suspense.

    LR et RN en réflexion

    Pendant ce temps, Joseph Francis avance. Après avoir échoué de peu en 2020 (5e avec 9,45%, 234 voix), l’entrepreneur montpelliérain s’est déclaré… cette fois sans le soutien de l’UDI. « Je dévoilerai ma liste fin juin. J’aurai des maires avec moi. Je m’occupe d’eux, pas des candidats ni des partis politiques », précise Joseph Francis qui a l’air vacciné des étiquettes. « Ils font de la tambouille. Il y en a marre de la politique d’hier, des calculs. Les maires sont dans une détresse totale, ils ont besoin qu’on s’occupe d’eux », charme le chef d’entreprise qui dit rencontrer entre deux et douze maires par jour.

    Du côté des Républicains, on est encore au stade de la réflexion et des discussions en coulisses. « Pour l’instant, il n’y a pas de liste LR, on va voir », glisse le secrétaire héraultais Arnaud Julien, dans l’expectative. En charge des sénatoriales, le maire de la Grande-Motte, Stéphan Rossignol, n’a pu être joint pour nous en dire davantage.

    Quant à l’extrême droite, elle n’a pas davantage communiqué. Si à Béziers Robert Ménard ne semble pas intéressé pour peser dans ce scrutin, nul doute que, comme en 2020 (8e avec 4,76% soit 118 voix), le RN présentera une liste dans l’Hérault. Selon les premiers bruits, elle pourrait être menée par l’ancien candidat RN aux régionales 2021, Jean-Paul Garraud. Étonnant puisqu’il est déjà député européen. Ou bien par Sébastien Pacull, qui a pourtant raté son pari aux Municipales à Sète. À ce stade, rien n’est donc acté.

  • [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    La Marseillaise : Le rôle du Sénat est méconnu. À quoi sert-il ?

    Julien Audemard : C’est une chambre parlementaire, une chambre haute qui ne représente pas directement les individus mais les territoires au travers de leurs élus. C’est donc une élection indirecte. Les sénateurs ont un rôle législatif même s’il est moindre et que les députés peuvent avoir le dernier mot. C’est tout de même un contre-pouvoir fort. Les sénateurs ne peuvent pas censurer le gouvernement mais ne peuvent être touchés par une dissolution.

    Comment vont être désignés

    les délégués le 5 juin ?

    J.A. : Le collège électoral qui va élire les sénateurs le 27 septembre est constitué de tous les conseillers régionaux, départementaux, des parlementaires (députés, sénateurs), des élus municipaux (maires, élus municipaux) et leurs délégués élus le 5 juin qui représentent à eux seuls 95% du corps électoral. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, les élus municipaux vont élire entre 1 et 15 délégués en fonction de la taille de la commune. Au-delà de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit. Et dans les villes de plus de 30 000 habitants, ils vont en plus élire des délégués supplémentaires en dehors du conseil municipal : un par tranche de 800 habitants. Il n’y a pas de restriction, il faut juste être inscrit sur les listes électorales de la commune.

    En quoi les municipales ont-elles modifié le corps électoral ?

    J.A. : Au niveau national, on a eu environ 40% de renouvellement dans les mairies. Dans l’Hérault, les rapports de force restent à peu près stables même si des communes ont basculé, la plupart du temps de la gauche vers la droite ou le centre (Grabels, Juvignac, Villeneuve…). Mais cela ne pèse pas grand-chose à côté de Montpellier. Le RN a pris Agde mais ailleurs l’extrême droite a obtenu peu d’élus. La gauche ne devrait pas s’écrouler mais restons attentifs à l’offre de gauche.

    Justement la multiplication des listes est-elle risquée à gauche ?

    J.A. : Il y a un risque d’émiettement qui va surtout concerner les petits partis. Hussein Bourgi (PS) devrait être réélu. La question se pose pour Florence Brutus (PRG) qui pourrait pâtir de cet éparpillement. Ceci étant, le mode de scrutin est spécifique dans le Gard et l’Hérault : c’est un scrutin de listes proportionnelles avec l’attribution des sièges restants à la plus forte moyenne, ce qui en général est plutôt favorable aux listes qui ont obtenu peu de voix. Il faudra (maximum) 600-650 voix pour obtenir un siège sur environ 2 000 votants dans le Gard, 2 500 dans l’Hérault.

    Dans le Gard, la progression du RN peut-elle lui faire rafler un siège ?

    J.A. : Aux municipales, le RN n’a pas gagné Nîmes mais a confirmé son ancrage dans le Gard. Il a gagné Vauvert et Bagnols-sur-Cèze en conservant Beaucaire. Ils avaient déjà les 6 députés. Ceci étant, je ne pense pas que ce sera suffisant pour avoir un sénateur. Peut-être plus dans le Tarn avec le basculement de Castres, dans le Tarn-et-Garonne (Moissac, Montauban) voire dans l’Aude avec Carcassonne. Mais obtenir le soutien des élus des petites communes ne se fait pas du jour au lendemain. Pour le PCF c’est compliqué parce que, finalement, Denis Bouad (PS) repart [lire page 7]. Et il n’y aura pas que les communistes qui vont essayer de se positionner sur sa liste. L’élection à Nîmes change toutefois la donne : il y a pour le PCF un vrai levier de pression avec le PS. Il risque d’y avoir un arbitrage entre le national et le local.

    Les maires sans étiquette rendent-ils ce scrutin imprévisible ?

    J.A. : Sans tenir compte du contexte, oui sans doute. Ceci dit, les maires soi-disant sans étiquette sont soit dans de petites communes soit proches de forces partisanes donc, en réalité, on connaît leur tendance. Les autres sont très dépendants de leur intercommunalité ou du Département. L’idée d’une fronde de leur part me paraît très hypothétique. Je verrais une relative stabilité dans l’Hérault à une incertitude près. Dans le Gard, à voir à quel point la gauche peut être dispersée et s’il peut avoir des accords locaux entre la droite et des élus RN. Le corps électoral est très politisé avec une forte dimension de vote stratégique.

    Certains parlent de rapports
    de force entre le président du Département Kléber Mesquida,

    le maire de Montpellier, Michaël Delafosse et la présidente de
    la Région Carole Delga…

    J.A. : Les motivations peuvent être multiples mais dans le cas d’Aurélien Manenc (PRG et candidat dans l’Hérault) j’ai du mal à penser que cela n’a pas de lien. Kléber Mesquida [qui n’est plus au PS] a ses propres stratégies. Au-delà des guerres de personnes, il y a eu des précédents aux législatives avec des candidats soutenus [par Carole Delga] contre ceux de la Nupes.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la majorité départementale se félicite de son bilan

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la majorité départementale se félicite de son bilan

    La présidente (DVD) du département a affirmé mercredi avoir largement augmenté les investissements et baissé l’endettement, tout en déplorant les dépenses imposées par l’État. Le département a investi 324 millions d’euros depuis 2021, « un niveau jamais atteint », et a réduit son endettement de 137 millions à 74 millions d’euros, s’est félicité Eliane Barreille.

    La présidente a cité les grandes priorités du département, parmi lesquelles la lutte contre la désertification médicale. « Nous avons souhaité être présents, même si ce n’est pas notre compétence », a-t-elle affirmé. Elle a également insisté sur l’insertion et l’emploi. « Nous avons un seul leitmotiv : accompagner le retour à l’emploi », a-t-elle lancé, se réjouissant de la baisse du nombre de bénéficiaires du RSA.

    Eliane Barreille a finalement évoqué les routes, le « deuxième budget » du département, avec 40 millions d’euros d’investissements sur les 47 millions prévus pour l’année 2026. Le chantier du Pas de la Rochaille est le projet le plus important pour le département. « Il n’est clairement pas normal que nous n’ayons pas de fonds européens alors que cette route est utilisée à 60% par des camions italiens », a-t-elle lancé. La présidente a menacé de réduire les tonnages de camions autorisés sur la route départementale « si nous continuons à être tenus à l’écart des fonds européens ».

    Des dépenses imposées par l’État

    La présidente et les conseillers départementaux de sa majorité ont également insisté sur la rénovation de deux collèges à Manosque et à Digne. La présidente a aussi évoqué les Ehpad, que le département finance « cinq fois plus que la mandature précédente », à hauteur de 15 000 euros par chambre. Eliane Barreille a par ailleurs mentionné les projets prévus concernant les centres médico-sociaux de Manosque, d’Oraison et de Saint-Auban.

    La présidente n’a pas manqué de se plaindre des dépenses imposées par l’État, qui « impose en permanence des augmentations de salaires et de charges qu’il ne compense pas, sans aucune concertation avec les départements », citant notamment l’augmentation des salaires des aides à domicile. « C’est une charge très importante que vont supporter les départements, trop c’est trop », a-t-elle lancé, se disant « fâchée » et « agacée ». La présidente a d’ailleurs dénoncé ces décisions de l’État dans une publication sur son compte Facebook mardi soir. « L’État décide et les départements paient une nouvelle fois ! », a-t-elle déploré, refusant que « de nouvelles dépenses nous soient imposées sans aucune compensation ».

    « Il n’y a jamais eu autant d’argent investi dans le sport et la culture. Les communes n’ont jamais eu autant que sous cette mandature », a avancé Camille Galtier, maire de Manosque et président du groupe départemental majoritaire. « La droite n’a jamais été dans cet état d’esprit », a-t-il affirmé. « Cela n’a jamais été fait avant, les collèges et les routes départementales étaient laissés totalement à l’abandon parce que ce n’était pas la bonne couleur politique avant », a-t-il lancé, taclant la majorité précédente socialiste, « la plus à droite de l’échiquier politique », les appelant à « se regarder dans le miroir ».

    La conseillère départementale ubayenne Elisabeth Jacques a par ailleurs exprimé la volonté de « revendiquer notre culture montagnarde » et d’accompagner les stations de ski dans le « changement majeur de leurs modèles économiques ». « Jamais autant d’argent n’a été investi dans la montagne », a-t-elle affirmé.

  • L’Andalousie passe aux mains de la droite et de l’extrême droite

    L’Andalousie passe aux mains de la droite et de l’extrême droite

    Les résultats des élections régionales de dimanche en Andalousie vont reconfigurer le Parlement régional. Par rapport à 2022, la droite (Parti populaire) perd 5 sièges, passant de 58 à 53, la majorité absolue étant fixée à 55. Le Parlement compte 109 députés représentant huit provinces (Séville, Malaga, Grenade, Cadix, Almería, Jaén, Cordoue et Huelva).

    Le PSOE perd 2 sièges, passant de 30 à 28, lui qui, pendant près de quarante ans, a été majoritaire dans cette région jusqu’en 2018. Le parti d’extrême droite Vox gagne 1 siège et comptera désormais 15 parlementaires. La liste « Adelante Andalucía », se réclamant d’une gauche alternative et souverainiste, crée la surprise en passant de 2 à 8 sièges. Enfin, « Por Andalucía », la liste emmenée par la coalition Izquierda Unida (IU), Podemos et Sumar, conserve ses 5 sièges.

    Un paysage politique recomposé

    Au vu de ces résultats, on constate, d’une part, que la droite n’a plus la majorité absolue et devra s’allier avec l’extrême droite pour gouverner et, d’autre part, que la gauche de gouvernement recule ou stagne au profit d’une gauche radicale et régionaliste. Si la perte de la majorité absolue du PP était attendue, la percée spectaculaire de « Adelante Andalucía » a surpris tous les observateurs. Cette formation, qui a contribué à mobiliser des abstentionnistes, a probablement capté en partie les voix d’électeurs de Podemos, qui n’ont pas apprécié l’union de leur formation avec Izquierda Unida. Une union sur laquelle Antonio Maíllo, coordinateur de IU, comptait pour amorcer une remontée de la gauche face au PSOE, en vue notamment des élections générales de 2027. Celui-ci a clairement exprimé sa déception à l’issue du scrutin dimanche soir, en admettant que l’objectif n’avait pas été atteint : « Por Andalucía » espérait obtenir au moins 7 sièges.

    C’est pourtant une campagne très offensive qu’a menée la liste conduite par Antonio Maíllo, avec plus de 200 rencontres sur le terrain en quinze jours et des retours encourageants. Une campagne pour la défense de la santé publique, contre son démantèlement et les projets de privatisation (rappelons que la santé est une compétence des régions), contre la précarité, et pour le logement. Antonio Maíllo avait promis que voter pour la liste « Por Andalucía » constituait un vote utile pour un gouvernement régional menant une politique sociale. Cela n’a pas suffi, et la coalition de gauche se voit devancée par une autre formation, « Adelante Andalucía », qui a adressé durant la campagne plusieurs critiques au PSOE. José Ignacio Garcia, la tête de liste, a déclaré « nous avons jeté les bases pour à terme éjecter la droite. On lui a déjà enlevé sa majorité absolue, nous sommes résolument une force de gauche alternative et souverainiste », a-t-il martelé, dimanche soir, devant les militants.

    Le PSOE, quant à lui, avait présenté María Jesús Montero, première vice-présidente du gouvernement, qui a reconnu le recul de son parti. Celui-ci n’obtient que 28 sièges, mais elle affirme vouloir fédérer l’opposition et assure que son parti « porte la seule alternative aux droites en Andalousie ».

    Mais déjà, les élections générales de 2027 pointent à l’horizon. La gauche dite alternative et souverainiste d’Andalousie a reçu, dès dimanche soir, un message de félicitations du leader d’Esquerra Republicana de Catalunya, Gabriel Rufián, qui aspire à organiser les gauches régionalistes, avec Irene Montero (Podemos), et à présenter une candidature commune d’une gauche non gouvernementale aux élections nationales. D’ici 2027, le chemin vers une union à gauche du PSOE, souhaitée par Antonio Maíllo et Izquierda Unida, s’annonce encore long.