À Lunel, Paulette Gougeon en lutte contre les incivilités

Pas question d’attendre la loi qui pourrait être votée à l’Assemblée en février 2027 par exemple pour interdire la vente et le transport de protoxyde d’azote. À Lunel, la maire divers droite a décidé d’agir. « Dans cette transition, on ne peut pas rester sans réponse, on se doit d’occuper le terrain. »

Face à des incivilités qu’elle dit en hausse, Paulette Gougeon va prendre avant la fin de l’année deux arrêtés municipaux pour sensibiliser la population et faciliter les verbalisations en cas d’infractions avérées. Le premier vise à aller plus loin que l’actuelle loi Ripost en interdisant, outre le transport et le détournement du protoxyde d’azote en gaz hilarant, la détention de ce produit dans certains points sensibles de Lunel. À savoir, « les parcs, les abords des écoles, le centre-ville… ». « Il est encore temps de prendre ce sujet en main avant qu’il ne se généralise aux villages », argumente Paulette Gougeon.

Vidéo-verbalisation

L’édile évoque une intervention autant à visée « sécuritaire que sanitaire ». Car au-delà des séquelles sur le cerveau, l’usage détourné du protoxyde d’azote génère un risque routier. « On a eu des accidents. Il sera interdit de circuler en état d’ivresse lié au gaz hilarant. » Pour pouvoir verbaliser (500 euros d’amende), les policiers municipaux lunellois sont déjà dotés d’un appareil spécifique qui détecte le protoxyde d’azote. « On est l’une des rares communes à l’avoir. » Le futur arrêté permettra aussi de faire payer aux contrevenants le coût (100 euros pièce) du recyclage des bonbonnes abandonnées.

Cette même règle inspirée du principe du « pollueur payeur » sera appliquée pour les dépôts sauvages d’ordures qui eux aussi se multiplient. « En 2024, entre mars et octobre, on avait dressé 65 procès-verbaux, puis 79 en 2025 et 113 l’an passé », calcule P. Gougeon qui veut siffler la fin de la récréation en lançant une « grande campagne contre les incivilités ». « Les mégots de cigarettes et les déjections canines seront aussi verbalisés. »

La maire prévient que le parc de 96 caméras de vidéosurveillance pourra être utilisé pour confondre les auteurs d’infractions qui s’exposent à des amendes de 50 à 300 euros le m3 (jusqu’à 15 000 euros) pour l’abandon de gravats et de déchets inertes en ville… ou en pleine nature. « On facturera l’intervention des services techniques. » Et la maire de prévenir les petits malins. « On peut installer des caméras mobiles dans la nature ! »

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