Tag: abandon

  • [Tribune] Culture : grave menace sur les institutions culturelles du territoire

    [Tribune] Culture : grave menace sur les institutions culturelles du territoire

    Des maires et adjoints à la Culture de toute la France interpellent
    le président de la République

    Alors que notre pays est confronté à un mur budgétaire historique, chacun mesure la nécessité de contribuer à l’effort collectif de redressement des finances publiques.

    Les collectivités territoriales comme les institutions culturelles qu’elles soutiennent en partenariat avec l’État n’ont jamais ignoré cette exigence. Depuis de nombreuses années, elles ont fait preuve d’esprit de grande responsabilité en assumant leur part des ajustements budgétaires tout en maintenant des services publics essentiels au quotidien de nos concitoyens, comme celui de la culture, et en poursuivant sans relâche leur mission de démocratisation culturelle au service de tous les publics.

    C’est dans ce contexte que nous avons appris avec effroi l’annonce d’une réduction sans précédent des subventions de l’État destinées à 28 institutions culturelles majeures engagées sur nos territoires. Un tel arbitrage, brutal et sans concertation préalable, s’ajouterait à une première coupe effectuée sur les budgets culturels de l’État dans les Régions en avril. S’il était confirmé dans les semaines qui viennent, ses conséquences seraient immédiates et désastreuses.

    Celle et ceux qui prennent ces décisions à un stade aussi tardif de l’année ont-ils vraiment mesuré leurs conséquences sur la pérennité de ces institutions, alors même que les programmations artistiques sont actées, les contrats signés et les dépenses largement engagées et incompressibles ?

    De telles coupes massives conduiraient à constater de très graves déficits à la fin de l’année 2026 et à compromettre dès 2027 l’avenir de ces institutions. En effet, déjà fragilisées par plusieurs années de tensions inflationnistes et budgétaires, elles seraient confrontées à des arbitrages impossibles : annulation de spectacles, abandon de projets, réduction de l’offre culturelle, suppressions d’emplois ou, dans les situations les plus critiques, remise en cause de leur activité même.

    Celles et ceux qui prennent ces décisions radicales ont-ils mesuré que les contributions demandées constituent une entreprise de démolition alors qu’elles n’auront en réalité aucun effet sensible sur la réduction du déficit de l’État ?

    C’est un prix totalement disproportionné que l’on ferait payer à la culture en raison de la dérive des finances de l’État. La conduite des finances publiques ne peut reposer sur des décisions imposées, sans prévisibilité pour les établissements, et au mépris des engagements déjà contractés et de la confiance qui doit présider aux relations entre l’État et ses partenaires.

    Monsieur le Président de la République, ne laissez pas s’accomplir cette atteinte aux fondations de la décentralisation culturelle engagée par André Malraux. N’hypothéquez pas l’avenir des équipes artistiques et techniques qui œuvrent sur les territoires. Ne donnez pas quitus à ce qui constituerait un reniement du pacte culturel républicain avec les territoires et avec tous ses publics.

    Monsieur le Président de la République, sachez que nous sommes prêts, comme nous l’avons toujours fait, à participer à la réflexion collective sur les moyens de concilier responsabilité budgétaire et ambition culturelle. Mais un tel projet suppose de la visibilité pluriannuelle et le respect des engagements pris. Il ne peut se faire brutalement dans le mépris de la parole donnée.

    Monsieur le Président de la République, la France a toujours puisé une part de sa force dans sa création, dans ses artistes et dans ses institutions culturelles. En faisant de l’opéra, du théâtre, de la danse, de la musique des variables d’ajustement du déficit public, vous oubliez que l’art et la culture sont un levier majeur de démocratisation culturelle, qu’ils réduisent les fractures sociales et territoriales, élèvent le niveau de connaissance et d’émancipation de nos concitoyens, créent de l’emploi et renforcent l’attractivité et l’influence de nos territoires.

    Préserver cet héritage et réfléchir à son avenir est une responsabilité que nous nous devons de partager collectivement.

    Raphaël Adam – Maire de la Ville de Nanterre

    Rozenn Andro – Adjointe à la culture Ville de Rennes, Présidente du conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne

    Nathalie Appéré – Maire de la Ville de Rennes, Présidente de Rennes Métropole

    Bally Bagayoko – Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte

    Xavier Bertrand – Président de la région Hauts-de-France

    Nathalie Bois-Huyghe – Adjointe au Maire de la Ville de Bordeaux chargée de la culture et des mémoires

    Sofia Boutrih – Adjointe au Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte en charge de la culture, de l’événementiel et des grands rendez-vous populaires

    Laurent Cathala – Maire de la Ville de Créteil et Président de Grand Paris Sud Est Avenir

    Claire Chazal – Vice-présidente de l’Opéra de Lyon

    Thomas Cazenave – Maire de la Ville de Bordeaux

    Mickael Delafosse – Maire de la Ville de Montpellier, Président de Montpellier Méditerranée Métropole

    Arnaud Deslandes – Maire de la Ville de Lille

    Pauline Diaz – Adjointe au Maire de la Ville de Villeurbanne déléguée à la culture et aux droits culturels

    Agnès Dolhem – Adjointe à la culture de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair

    Grégory Doucet – Maire de la Ville de Lyon

    Anne Fahmy – Présidente de l’Opéra National de Bordeaux, Adjointe au maire de la Ville de Bordeaux chargée de l’éducation, de l’enfance et des politiques alimentaires

    Emmanuel Grégoire – Maire de la Ville de Paris

    Sylvie Hubac – Présidente de l’Opéra de Lyon

    Sylvie Jacq – Vice-Présidente du conseil départemental du Calvados en charge de la culture

    Pierre Jakubowicz – Adjoint à la culture, au patrimoine et aux arts de la Ville de Strasbourg, Président de l’Opéra national du Rhin, Président de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg

    Régis Juanico – Maire de la Ville de Saint-Étienne, Président de Saint-Étienne Métropole

    Sofienne Karroumi – Maire de la Ville d’Aubervilliers, Vice-Président de Plaine Commune

    Guillaume Lissy – Président de Grenoble Alpes Métropole

    Bertrand Masson – Président de l’Opéra national de Nancy – Lorraine et adjoint à la culture de la Ville de Nancy

    Alexis Monge – Adjoint à la vie culturelle et aux arts Ville de Grenoble

    Hervé Morin – Président de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen et de la Région Normandie

    Jean-Luc Moudenc – Maire de la Ville de Toulouse et Président de Toulouse Métropole

    Patrick Nicolle – Adjoint à la culture de la Ville de Caen

    Aristide Olivier – Maire de la Ville de Caen

    Benoît Payan – Maire de la Ville de Marseille

    Florence Portelli – Présidente de l’Orchestre national d’Île-de-France, Présidente déléguée de la Région Île-de-France en charge de la culture, du patrimoine, de la création et de la francophonie

    Philomène Récamier – Adjointe à la Culture de la Ville de Lyon

    Cécile Renault – Présidente de la MC93 Maison de la culture de Seine-Saint-Denis

    Agnès Robin – Adjointe à la Culture de la Ville de Montpellier, administratrice de l’OONMO

    Arnaud Robinet – Maire de la Ville de Reims

    Sylvie Robert – Sénatrice d’Ille-et-Vilaine, Membre du Conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne

    Johanna Rolland – Maire de la Ville de Nantes, Présidente de Nantes Métropole

    Laurence Ruffin – Maire de la Ville de Grenoble

    Florian Sitbon – Adjoint au Maire de la Ville de Paris chargé de la culture

    Catherine Trautmann – Maire de la Ville de Strasbourg, Présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, ancienne ministre de la Culture

    Rodolphe Thomas – Maire de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair, Vice-président de la Région Normandie

    Stéphane Troussel – Président du Département de la Seine-Saint-Denis

    Laetitia Valentin – Adjointe chargée des arts et cultures, Ville de Saint-Étienne

    Cédric Van Styvendael – Maire de la Ville de Villeurbanne

    Nicole Yardeni – Adjointe à la Culture, Ville de Toulouse, Présidente de l’Établissement public du Capitole – Opéra national et Orchestre national

  • L’entreprise Fibre excellence espère une poursuite d’activité

    L’entreprise Fibre excellence espère une poursuite d’activité

    L’avenir de Fibre excellence s’écrit ce lundi 27 avril. Après des mois d’inquiétudes sur la pérennité financière de l’entreprise et ses usines de pâte à papier, une cessation de paiements, le 15 avril, puis un abandon du groupe par l’actionnaire principal, le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer aujourd’hui sur un potentiel redressement judiciaire. Le tout, à la suite d’une audience tenue le 21 avril, où direction comme représentants des salariés ont plaidé en faveur d’une poursuite d’activité. « L’audience ne s’est pas trop mal déroulée au regard des résultats de l’entreprise. La procureure a requis deux mois d’observation », relate Laurent Quinto, de la Filpac CGT.

    De quoi laisser le temps pour trouver un sauf-conduit ? L’équation reste complexe, alors que l’État avait proposé 150 millions d’euros d’aides à moyen et long terme, puis une revalorisation du tarif de vente d’électricité produite sur les sites, avant que l’actionnaire n’annonce ne plus mettre d’argent supplémentaire dans sa holding française. « La direction a rappelé que l’entreprise serait viable à plusieurs conditions, les salariés ont aussi des projets industriels sérieux », développe le syndicaliste, qui a pris la parole à la barre du tribunal au nom de l’intersyndicale (CGT, FO et CFDT). Justement, la direction a sollicité « un redressement judiciaire avec poursuite d’activité » afin de « permettre d’examiner les solutions les plus appropriées pour assurer la pérennité de l’entreprise ». Si les salariés gardent donc espoir, plusieurs questions se posent en cas de redressement. « Il manque 20 millions d’euros pour tenir l’année. Mais si l’on ferme, le coût social sera bien plus important », note Laurent Quinto, qui rappelle que de nouveaux plans d’économies ou de suppressions d’emplois ne seront pas tenables sur les sites de Haute-Garonne et de Tarascon.

    Vers un arrêt des usines

    « Est-ce qu’un autre industriel peut reprendre l’activité d’ici deux mois ? », interroge-t-il. Avant d’émettre quelques idées : « L’État pourrait se porter garant, mettre sous tutelle… » L’idée d’une nationalisation a aussi été mise sur la table par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, quand la Région Occitanie affirme se mobiliser pour le maintien de l’activité.

    En bref, quelle que soit la décision prise par le tribunal, le chemin sera encore sinueux pour assurer une viabilité à l’entreprise. Et l’urgence est bien là : « Les usines s’arrêtent cette semaine car l’on n’a plus de bois, les fournisseurs ont logiquement peur de ne pas être payés. »

  • À Nîmes, une balade poétique dans des sites urbains abandonnés

    À Nîmes, une balade poétique dans des sites urbains abandonnés

    Dès l’entrée, le visiteur est plongé dans une atmosphère suspendue. Il n’y a pas de mise en scène spectaculaire. Les images montrent des lieux désertés, des histoires laissées en plan, parfois heurtées par les couleurs criardes des tags qui envahissent certaines façades. L’artiste pratique l’urbex, exploration urbaine de sites abandonnés, depuis une dizaine d’années, avec une approche presque instinctive. Son travail est au départ largement tourné vers la nature morte. Un héritage que l’on retrouve encore aujourd’hui : des espaces figés, des objets immobiles, comme arrêtés juste après le départ de ceux qui les occupaient. Ce qui l’attire, ce sont ces lieux abandonnés, ou plutôt les traces qu’ils portent. « On entre dans des endroits où il reste quelque chose. Une présence passée. » Pour l’artiste, chaque image devient une question ouverte, sans réponse définitive. Qui vivait là ? Que s’est-il passé ? Pourquoi l’abandon ? Pour autant, l’artiste ne cherche pas à documenter, mais à capter ce qui est en train de disparaître. « Je prends en photo ce qui a existé et qui n’existera plus dans quelque temps. »

    Parmi les lieux photographiés, l’ancien sanatorium du Grau-du-Roi, véritable marqueur de mémoire collective. Un site chargé d’histoire, aujourd’hui brûlé. Ces espaces sont marqués, dit-elle. Et en les photographiant, elle les marque à son tour, laissant une trace avant l’effacement. L’urbex devient alors un travail sur le temps.

  • La ferme abattait la volaille avec un agrément sanitaire suspendu à Aubagne

    La ferme abattait la volaille avec un agrément sanitaire suspendu à Aubagne

    Une ferme d’Aubagne et leurs deux gérants ont été condamnés lundi en correctionnelle à Marseille pour mise en vente de découpe de volailles malgré la suspension de l’agrément sanitaire suite au constat de nombreuses non conformités. Ils encouraient 6 mois de prison et 15 000 euros d’amende.

    « La ferme avicole des Espillières est surtout un abattoir de volailles produites dans la Drôme et les Alpes-de-Haute-Provence », décrit la présidente Liselotte Poizat avant d’exposer les faits reprochés aux deux gérants, père et fille, et à la société familiale. Le 6 juin 2023, des inspecteurs du service vétérinaire de la direction départementale de la protection des populations constataient la présence de cages à poules souillées de fientes hémorragiques, d’un vestiaire en désordre, de l’absence de mesures pour éviter les contaminations croisées et éviter les souffrances des poules et pintades lors du choc par électronarcose pour étourdir la volaille suspendue par les pattes, la tête plongée dans l’eau avant le saignage, le défaut de mise à jour du dossier d’agrément, etc. 4 mois plus tard, ils revenaient constater l’insuffisance des mesures correctives demandées sur les chocs électriques, l’absence de traçabilité de volailles, de plan de nettoyage, de vérification des carcasses et d’analyses microbiologiques. Une suspension d’agrément était notifiée le 24 février 2024 avec cessation immédiate d’activité.

    Près de 14 000 poulets écoulés

    Cinq mois plus tard, le 25 juillet suivant, des inspecteurs trouvaient à Marseille chez un distributeur de produits de la région du pays d’Aubagne des lots de la ferme d’Espillières mentionnant toujours le numéro d’agrément suspendu. Ils retournaient à Aubagne pour découvrir que la ferme avait continué à abattre et vendre 13 792 poulets pour une valeur marchande totale de 91 000 euros. Des rappels de produits étaient ordonnés.

    « Je me suis embrouillée. Je n’avais pas compris que c’était suspendu. Je pensais qu’on avait encore un délai. C’était flou pour moi », explique Stéphanie, 42 ans, la gérante. « C’est une profession très réglementée avec des lourdeurs administratives. L’échange a été très compliqué. On n’arrive pas à être aidé. Je n’ai eu aucun retour et j’ai sous entendu que les mesures correctives étaient valables », dit-elle pour invoquer au final « des contraintes économiques et sociales. C’est toute une filière qui est touchée quand on arrête. Aujourd’hui on est 5 salariés, avant on était 11. On ne fait plus d’abattage, que de la vente de poulets vivants », conclut-elle en réprimant les larmes. Sa ferme est désormais en redressement judiciaire. La présidente précise que ses demandes d’agrément ont reçu des réponses négatives sur les questions du bien-être animal.

    « Quand il y a un scandale sanitaire, on se retourne toujours vers les services de l’État », expose le procureur Guillaume Bricier pour souligner l’importance des contrôles vétérinaires sur cette filière sensible. « La suspension n’est pas tombée subitement d’un coup. Elle est intervenue après un long processus de demandes correctives. Ici, les mises en demeure de régulariser sont restées vaines. De février à juillet, 13 792 poulets ont été abattus sans agrément sanitaire. Ce ne sont pas des petits volumes et cela pose un risque sanitaire. » De rappeler que ce ne sont pas des oies blanches au vu de condamnations antérieures. La ferme et les gérants ont déjà été condamnés pour pratiques commerciales trompeuses en 2020 tandis que le gérant – à la retraite depuis – a été condamné pour abandon d’un animal domestique et mauvais traitements dans les années 2013-2014. De requérir 5 000 euros d’amende contre les deux et 15 000 euros contre la société.

    « Les agents n’ont pas vu tout ce qui a été mis en place ? 100 000 euros ont été investis. Toutes les machines d’électronarcose sont conformes, tout est respecté sur la chaîne de l’abattage. Qu’est ce qu’il faut faire ? C’est profondément injuste », plaide la défense qui réfute toute souffrance animale. A l’entendre si la fermière a poursuivi l’abattage, c’était aussi pour limiter ses souffrances des volailles confinées. « Qu’aurait-elle fait de tout son stock ? »

    Serge, le père, gérant à la retraite, a écopé de 3 mois de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende. Sa fille est condamné plus légèrement à 3 000 euros d’amende. La ferme avicole se voit infliger 10 000 euros d’amende, sans interdiction d’exercer comme requis par le parquet pour lui permettre de se relancer.