L’avenir de Fibre excellence s’écrit ce lundi 27 avril. Après des mois d’inquiétudes sur la pérennité financière de l’entreprise et ses usines de pâte à papier, une cessation de paiements, le 15 avril, puis un abandon du groupe par l’actionnaire principal, le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer aujourd’hui sur un potentiel redressement judiciaire. Le tout, à la suite d’une audience tenue le 21 avril, où direction comme représentants des salariés ont plaidé en faveur d’une poursuite d’activité. « L’audience ne s’est pas trop mal déroulée au regard des résultats de l’entreprise. La procureure a requis deux mois d’observation », relate Laurent Quinto, de la Filpac CGT.
De quoi laisser le temps pour trouver un sauf-conduit ? L’équation reste complexe, alors que l’État avait proposé 150 millions d’euros d’aides à moyen et long terme, puis une revalorisation du tarif de vente d’électricité produite sur les sites, avant que l’actionnaire n’annonce ne plus mettre d’argent supplémentaire dans sa holding française. « La direction a rappelé que l’entreprise serait viable à plusieurs conditions, les salariés ont aussi des projets industriels sérieux », développe le syndicaliste, qui a pris la parole à la barre du tribunal au nom de l’intersyndicale (CGT, FO et CFDT). Justement, la direction a sollicité « un redressement judiciaire avec poursuite d’activité » afin de « permettre d’examiner les solutions les plus appropriées pour assurer la pérennité de l’entreprise ». Si les salariés gardent donc espoir, plusieurs questions se posent en cas de redressement. « Il manque 20 millions d’euros pour tenir l’année. Mais si l’on ferme, le coût social sera bien plus important », note Laurent Quinto, qui rappelle que de nouveaux plans d’économies ou de suppressions d’emplois ne seront pas tenables sur les sites de Haute-Garonne et de Tarascon.
« Est-ce qu’un autre industriel peut reprendre l’activité d’ici deux mois ? », interroge-t-il. Avant d’émettre quelques idées : « L’État pourrait se porter garant, mettre sous tutelle… » L’idée d’une nationalisation a aussi été mise sur la table par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, quand la Région Occitanie affirme se mobiliser pour le maintien de l’activité.
En bref, quelle que soit la décision prise par le tribunal, le chemin sera encore sinueux pour assurer une viabilité à l’entreprise. Et l’urgence est bien là : « Les usines s’arrêtent cette semaine car l’on n’a plus de bois, les fournisseurs ont logiquement peur de ne pas être payés. »


