Tag: déchets

  • [Justice] À Marseille, un voyou des déchets à la barre

    [Justice] À Marseille, un voyou des déchets à la barre

    Mickael Mira, 36 ans, s’est vu requérir 30 mois ferme avec mandat de dépôt pour s’être inscrit durablement dans la délinquance environnementale. Avec 15 mentions à son casier judiciaire, ce professionnel dont la mauvaise foi est soulignée dans l’ordonnance de renvoi, a exploité en 2021 et 2022 jusqu’à saturation et sans autorisation une décharge de 43 439m3 de déchets du BTP à Peypin avec des norias de camions de 32 tonnes. On y a trouvé aussi des batteries, des bouteilles de gaz, de l’huile de moteur, de l’amiante, des pneus et des ordures ménagères. Il a été placé en détention provisoire plus de trois mois dans cette procédure.

    Les montages de déchets répandus sur 1,75 hectare s’élevaient jusqu’à 7 mètres de hauteur après avoir défriché à blanc une zone forestière protégée. « 45 000m3, c’est pas vrai, ça représente une montagne. C’est tout dans la démesure ! (…) Je ne suis pas un saint, mais pas non plus un criminel », s’est-il défendu. Il facturait 240 euros la benne de 7m3. Ses gains sont estimés à 1,5 million d’euros.

    M. Mira a laissé le souvenir à Marseille d’une colline de déchets stockés en 2022 sur un terrain de 3 200m2 loué au 47 route d’Allauch, 10e, à Marseille par sa société Eco Bennes, administrée par sa compagne pour contourner une interdiction de gérer. L’Ademe avait dû engager 1,2 million d’euros pour traiter 8 000 tonnes de déchets parfois dangereux. La commune de Peypin a réclamé 1,9 million d’euros de dommages et intérêts pour réparer l’environnement.

    La 6e chambre a mis en délibéré sa décision au 1er décembre.

  • À Lunel, Paulette Gougeon en lutte contre les incivilités

    À Lunel, Paulette Gougeon en lutte contre les incivilités

    Pas question d’attendre la loi qui pourrait être votée à l’Assemblée en février 2027 par exemple pour interdire la vente et le transport de protoxyde d’azote. À Lunel, la maire divers droite a décidé d’agir. « Dans cette transition, on ne peut pas rester sans réponse, on se doit d’occuper le terrain. »

    Face à des incivilités qu’elle dit en hausse, Paulette Gougeon va prendre avant la fin de l’année deux arrêtés municipaux pour sensibiliser la population et faciliter les verbalisations en cas d’infractions avérées. Le premier vise à aller plus loin que l’actuelle loi Ripost en interdisant, outre le transport et le détournement du protoxyde d’azote en gaz hilarant, la détention de ce produit dans certains points sensibles de Lunel. À savoir, « les parcs, les abords des écoles, le centre-ville… ». « Il est encore temps de prendre ce sujet en main avant qu’il ne se généralise aux villages », argumente Paulette Gougeon.

    Vidéo-verbalisation

    L’édile évoque une intervention autant à visée « sécuritaire que sanitaire ». Car au-delà des séquelles sur le cerveau, l’usage détourné du protoxyde d’azote génère un risque routier. « On a eu des accidents. Il sera interdit de circuler en état d’ivresse lié au gaz hilarant. » Pour pouvoir verbaliser (500 euros d’amende), les policiers municipaux lunellois sont déjà dotés d’un appareil spécifique qui détecte le protoxyde d’azote. « On est l’une des rares communes à l’avoir. » Le futur arrêté permettra aussi de faire payer aux contrevenants le coût (100 euros pièce) du recyclage des bonbonnes abandonnées.

    Cette même règle inspirée du principe du « pollueur payeur » sera appliquée pour les dépôts sauvages d’ordures qui eux aussi se multiplient. « En 2024, entre mars et octobre, on avait dressé 65 procès-verbaux, puis 79 en 2025 et 113 l’an passé », calcule P. Gougeon qui veut siffler la fin de la récréation en lançant une « grande campagne contre les incivilités ». « Les mégots de cigarettes et les déjections canines seront aussi verbalisés. »

    La maire prévient que le parc de 96 caméras de vidéosurveillance pourra être utilisé pour confondre les auteurs d’infractions qui s’exposent à des amendes de 50 à 300 euros le m3 (jusqu’à 15 000 euros) pour l’abandon de gravats et de déchets inertes en ville… ou en pleine nature. « On facturera l’intervention des services techniques. » Et la maire de prévenir les petits malins. « On peut installer des caméras mobiles dans la nature ! »

  • Le conseil municipal de Fos se prononce contre l’extension de l’incinérateur

    Le conseil municipal de Fos se prononce contre l’extension de l’incinérateur

    Trois délibérations étaient à l’ordre du jour de ce conseil municipal express de Fos-sur-Mer, jeudi soir. Seule la troisième a suscité le débat, puisqu’elle portait, une nouvelle fois, sur la question des déchets.

    « Je souhaite réaffirmer notre opposition à tout projet d’augmentation de la capacité d’incinération de Fos », expose le maire (Exd) Philippe Maurizot à l’assemblée au moment de voter un vœu du conseil municipal en ce sens. En sus, l’édile demande par ce vœu « la communication par la Métropole des études et tout élément concernant l’évolution du site » de l’incinérateur dont elle est gestionnaire, d’étudier prioritairement une solution de traitement des déchets hors du territoire et exige que la Ville soit associée à la prise de décision.

    « Une étude avec l’institut écocitoyen »

    Sans surprise, le « non » est unanime… avec nuances. « Les Fosséens ont voté à 98% contre l’incinérateur en 2006 et notre conseil municipal avait voté à l’unanimité contre en 2011 », rappelle Anne-Caroline Walter-Cipreo (PP). L’opposante de gauche estime que l’extension envisagée de l’incinérateur « rapporterait des milliers d’euros par an, mais si l’on demande aux Fosséens, la réponse sera toujours non ». Elle propose quatre ajouts au vœu initial.

    « Demander à la Métropole le cahier des charges de sa mission, consulter les Fosséens avant décision, affirmer qu’aucune recette fiscale ne justifiera jamais cette augmentation, et demander une étude sanitaire indépendante financée par la Métropole et l’État avec l’institut écocitoyen », en difficulté financière.

    Le vœu est partagé par Jean-Michel Leroy (ex-PS). Mais l’élu pointe le fait que « Fos-sur-Mer enfouit ses déchets ailleurs » et estime que « la Métropole a la responsabilité d’anticiper les besoins du territoire après 2030, qu’on ne peut nier ». L’élu a une autre solution : « Produire moins de déchets, développer le tri sélectif et faire évoluer nos modes de consommation. » « Je regrette que ça n’ait pas été fait par votre majorité quand vous y étiez », répond Philippe Maurizot à l’ancien adjoint. Tout en admettant que « le dossier est plus complexe que simplement dire non, car si on perd le combat, d’autres villes viendront incinérer à Fos et nous continuerons à traiter nos déchets ailleurs pour un coût supérieur à l’incinération ici. C’est une réflexion à avoir ». La Ville brûlera-t-elle bientôt ses déchets sur place ?

  • Les grands défis de Loïc Linarès dans le bassin de Thau

    Les grands défis de Loïc Linarès dans le bassin de Thau

    Des violences condamnables mais qui ne tombent pas du ciel. Tout en ayant une pensée pour les commerçants vandalisés, Loïc Linarès appelle le gouvernement à un autre niveau de relations avec les citoyens. « Il faut avoir le même niveau d’exigence pour faire régner l’ordre que pour répondre aux attentes légitimes des jeunes qui font écho à celles des pêcheurs, viticulteurs et des Gilets jaunes dès 2018. »

    Pour mener à bien son mandat à la tête de Sète Agglopôle, il attend de l’État autre chose qu’une nouvelle cure d’austérité contre les collectivités. « Elles sont le dernier amortisseur social pour panser les maux de la société. Là, on perdrait 2 millions d’euros en 2027. Le gouvernement nous demande de renoncer à des investissements (-10% prévus), il fait fausse route. Notre territoire subit la crise industrielle, climatique (…). On a besoin d’agir et préparer l’avenir. »

    Voilà pour le contexte un peu morose. Mais Loïc Linarès ne se résigne pas. La preuve ? Il vient de lancer une grande concertation pour faire émerger des idées auprès des professionnels, citoyens, associations… 7 réunions publiques sont prévues jusqu’à décembre suivies d’une première synthèse en février puis d’une restitution à la rentrée 2027. « Pour retrouver la confiance des habitants, il faut de l’écoute et de l’audace pour donner des perspectives, de l’espoir. »

    Bientôt des régies ?

    D’ici là, le président et son équipe continuent de gérer les dossiers et les urgences. 6 millions ont été investis face à la crise conchylicole (face aux eaux pluviales, travaux à Sète sur les réseaux et le quai du Bosc…). Un mas destiné à mettre à l’abri les coquillages a été acheté à Frontignan, il sera opérationnel l’hiver 2027-2028. « On travaille aussi avec Suez sur des process de recherche-développement sur la gestion du norovirus et sa meilleure filtration dans le réseau d’assainissement. » À ce sujet, un travail a été engagé pour la réutilisation des eaux usées à usage agricole. Sur l’eau potable, une discussion va s’engager avec les communes pour un éventuel passage en régie en 2028.

    Au sujet des déchets, exit Nicollin, place dès 2027 à Urbaser, qui a remporté l’appel d’offres. Le marché de collecte (sur 8 ans pour 65 millions d’euros) concerne Sète, Frontignan, Vic-la-Gardiole, Mireval, Gigean et Balaruc-le-Vieux. Avec un « système de bonus/malus », le but est « d’améliorer la gestion du tri et des déchets professionnels ». Sera aussi construit un bâtiment voué à devenir public pour « créer les conditions d’un passage en régie publique ». En attendant que la chaudière CSR soit construite, Sète Agglopôle accepte durant 4 ans de brûler 40 000 tonnes annuelles de déchets de la Métropole de Montpellier qui prend ses biodéchets en contrepartie.

    Soutien affiché à la LGV

    Face à une « tension foncière réelle » dans un « territoire attractif », Loïc Linarès lance une révision du Plan local de l’habitat. « On a la chance d’avoir des friches industrielles (30 ha mobilisables dans les 20 ans) portuaires, à l’entrée Est de Sète, sur l’ex-site dépollué Lafarge à Frontignan (…) et des opérations de renouvellement urbain dans les centres anciens ». Face à la pression d’Airbnb et aux besoins de toits, « on doit rester maître, préserver l’équilibre ».

    Côté développement économique aussi, l’élu PS souhaite « saisir les opportunités ». Et parfois savoir dire non. « Par le passé, des activités ne se sont pas installées au bon endroit. » Au contraire, il veut créer des « conditions d’échanges avec les entreprises à potentialités », par exemple sur l’éolien en mer. « Pour dynamiser l’emploi, on doit travailler avec le port de Sète-Frontignan, la Région et l’État sur la formation des métiers d’avenir. » À côté, il souhaite revoir le schéma de cohérence territoriale (SCoT), notamment pour penser un « tourisme 4 saisons » face à la nouvelle donne climatique.

    Concernant le projet de LGV Montpellier-Béziers contesté par des collectifs dans le bassin de Thau, Loïc Linarès rappelle que « des avancées concrètes » ont été obtenues. « Cette ligne aura des impacts, il faut préserver au mieux. » Les forages prévus à Issanka n’ont pas encore débuté. Des réunions sont prévues après la Toussaint. Pour le bassin de Thau, l’enjeu en matière de transports est de conserver des TGV en gare de Sète, d’obtenir davantage de fret – « une nécessité pour développer le port » – et plus de trains du quotidien (une centaine de TER quotidiens contre 65). « Cette LGV est nécessaire, il nous faut des garanties. »

  • La décharge oubliée du Gard depuis 12 ans

    La décharge oubliée du Gard depuis 12 ans

    À l’image des déchets désormais recouverts, certains n’ont pas vraiment intérêt à ce que le sujet de la décharge de Saint-Martin-de-Valgalgues ressorte de terre. En 2014, ce dossier avait pourtant connu un tournant qui semblait décisif. De l’amiante avait été découvert sur les parcelles jouxtant cette décharge et l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) avait alors ouvert une enquête. Mais depuis, la justice n’a donné aucune information sur la moindre avancée dans ce dossier.

    France nature environnement, qui a organisé du 7 septembre au 7 octobre une grande campagne nationale pour recenser les décharges sauvages oubliées sur tout le territoire national, a mis celle de Saint-Martin, au nord d’Alès, en lumière. « Avec 500 000 m3, elle est hors norme », prévient Rémy Coulet de la FNE-Ocmed. « En plus, elle n’a jamais été reconnue en tant que décharge, puisqu’elle a été réalisée au motif fallacieux de constituer le merlon. On a accumulé là tous les déchets de façon irrégulière, en contradiction avec toutes les règles concernant le stockage des déchets. »

    Sujet explosif pour Alès agglomération

    En réalité, ce sujet inquiète depuis les années 2000. Devant les nuisances sonores du pôle mécanique ouvert en 1999, un merlon, présenté comme un mur anti-bruit, est proposé. En 2002, les premiers dépôts commencent et vont s’accélérer à partir de 2005. Les déchets provenant de l’ancien hôpital, de la maison de retraite d’Alès ou des tribunes de l’ancien stade Pibarot sont par exemple déposés ici. « Toutes les ruines des travaux qui étaient faits aux alentours d’Alès étaient déposées dans ce mur anti-bruit », rappelle Alain Martin, ancien employé municipal de Saint-Martin et membre de l’association Clarté et Démocratie, qui avait alerté dès 2007, avec plusieurs riverains, sur la nature des matériaux déposés.

    L’Oclaesp diligente alors une enquête : sur « les 13 prélèvements, 10 fois ils sont tombés sur de l’amiante à 50cm de profondeur ». Une phase d’enfouissement est alors déclenchée pour recouvrir tous les matériaux laissés pendant plusieurs années à l’air libre. En 2013, malgré l’avis défavorable du commissaire enquêteur, le maire UMP de l’époque Alain Marrot, a tout de même fait voter une modification du plan local d’urbanisme permettant de valider a posteriori la création de ce mur anti-bruit. Sauf que l’année d’après, le tribunal administratif de Nîmes a invalidé cette délibération et condamné la municipalité à verser 1 200 euros aux plaignants. Pour le nouveau maire Claude Cerpédès (PCF) et les riverains, cette décision confirme le caractère illégal de la décharge. Sauf qu’après cette décision, la justice n’a plus jamais communiqué sur les suites du dossier.

    « Ce dossier est en train de s’enliser », regrette Rémy Coulet. « Lucie Pialat, une riveraine qui a été par la suite première adjointe, a déposé plainte. La mairie s’était aussi constituée partie civile. S’il n’y a pas de procès et pas de condamnation, c’est révoltant et c’est la place à l’impunité parce que les protagonistes sont parfaitement identifiés. Suite à notre campagne, Lucie Pialat a demandé au tribunal d’Alès la communication du dossier d’enquête et a aussi relancé la procureure générale de la cour d’appel de Nîmes. »

    Et Alain Martin d’abonder : « C’est un scandale écologique et financier. Tout ça était organisé par l’Agglomération. L’enquête devra identifier tous les responsables mais on connaît aussi les transporteurs qui sont venus déverser ici. »

  • [Marseille-Cassis] Jean Carpine, ravitailleur en chef posté sur le plateau de Carpiagne

    [Marseille-Cassis] Jean Carpine, ravitailleur en chef posté sur le plateau de Carpiagne

    Le regard perçant, la moustache frétillante, Jean Carpine est un homme d’expérience. Impliqué dans l’organisation de Marseille-Cassis depuis 43 ans, il en connaît tous les rouages. Et plus particulièrement celui du ravitaillement, dont il en est responsable depuis trois décennies. « Quand je regarde derrière, je n’arrive pas à m’imaginer tout ce qu’il s’est passé », confie-t-il avec un brin de nostalgie dans sa voix. « J’ai commencé dans les vieux locaux de la SCO Sainte-Marguerite avec trois ou quatre milliers de participants, et plus de quarante ans plus tard, il y a 20 000 personnes sur la ligne de départ. C’est énorme », lance le fidèle bénévole, entré dans le club phare du 9e arrondissement par l’intermédiaire de son fils Stéphane, désireux de faire de l’athlétisme vers l’âge de 8 ans.

    « Quand j’ai vu l’effervescence qu’il y avait pour Marseille-Cassis, j’ai voulu m’investir. J’ai commencé par donner un petit coup de main à l’ancien siège du club pour distribuer les t-shirts. Et l’année d’après, on m’a demandé si je pouvais contribuer sur les ravitaillements », raconte Jean Carpine, posté depuis 42 éditions de Marseille-Cassis sur le troisième point de ravito sur le plateau de Carpiagne.

    « Carpine à Carpiagne, c’était comme une évidence », sourit le responsable coordinateur de l’ensemble des ravitaillements de la course. « Je gère la logistique et les commandes jusqu’au jour de la course, où l’on fait la distribution », explique celui qui a embrigadé toute sa famille et des amis pour assurer les ravitaillements.

    Toujours dans la bonne humeur. « Chaque année, ils me surprenaient en se déguisant. Un coup en clowns, un autre en pom-pom girls. Et en 2008, j’avais initié le déguisement de la trilogie de Pagnol, avec la partie de cartes et la partie de boules », se remémore-t-il dans un grand éclat de rire. L’homme à la moustache d’Einstein a toutefois connu des éditions moins souriantes, comme en 2012, où des tables de 40 kg s’envolaient sur lui et les autres bénévoles. « Les coureurs étaient contents, parce qu’ils allaient plus vite que d’habitude », plaisante le Marseillais, toujours le mot pour rire.

    Zéro plastique

    Jusqu’à présent, Jean Carpine supervisait la distribution de 72 palettes de bouteilles d’eau, soit 120 bouteilles de 33 centilitres. Mais dans une volonté de réduire son impact environnemental, Marseille-Cassis a décidé de distribuer des flasques souples de 250 millilitres à la grande majorité des participants lors du retrait des dossards. Ce changement vise à limiter le recours aux bouteilles en plastique, dont la fabrication mobilise des ressources fossiles et génère des émissions de gaz à effet de serre, sans compter la pollution liée aux déchets plastiques et aux microplastiques. « Sur chaque ravitaillement, on a trois clarinettes de neuf tuyaux avec des douchettes. On va arriver à servir 27 personnes en même temps. En espérant qu’on arrive à gérer, qu’il n’y ait pas une grosse chaleur trop intense », souligne-t-il. Le responsable s’était rendu en observateur sur le Marathon de Paris, le 12 avril, pour découvrir ce dispositif, mis en place pour la première fois sur l’épreuve parisienne.

    « Il y aura donc zéro plastique sur le parcours », insiste Jean Carpine. Des bouteilles plastiques resteront toutefois disponibles à l’arrivée, tandis que les coureurs en lice pour la victoire bénéficieront d’un éco-cup afin de ne pas perdre de temps. Alors, lorsque vous vous retrouverez au milieu de la foule, à prendre votre mal en patience, prenez quelques secondes pour saluer ceux qui œuvrent dans l’ombre.

    EN CHIFFRES

    7 tonnes

    La production de 120 000 bouteilles plastiques, comme c’était le cas sur les dernières éditions de Marseille-Cassis, revient à extraire et raffiner environ 7 tonnes de pétrole brut.

    12 tonnes

    Cela représente également une empreinte carbone d’environ 10 tonnes de CO²e. C’est l’équivalent des émissions générées par une voiture à essence parcourant environ 40 000 km, soit un tour de la Terre.

    450 ans

    Si elles sont jetées dans la nature ou enfouies, les bouteilles plastiques mettront environ 450 ans à se décomposer.

  • Chaufferie CSR : avis positif malgré des réserves et refus

    Chaufferie CSR : avis positif malgré des réserves et refus

    Transformer la dysfonctionnante usine de méthanisation Ametyst (50% de refus et bientôt 80% !) en chaufferie de combustibles solides de récupération (CSR) d’ici 2030. Tel est l’objectif du président Michaël Delafosse (PS) qui refuse d’exporter plus longtemps par 4 900 camions (vers Sète, Lunel, les P-O…) les 70 à 110 000 tonnes de déchets que la Métropole de Montpellier est incapable de traiter. « Nous sommes dans une impasse, un précipice en étant la seule métropole sans solution pour gérer ses déchets », alerte M. Delafosse. En parallèle du CSR, le président veut poursuivre la stratégie pour tendre vers le « zéro déchet » et promet à terme une baisse de 10% de la taxe sur les ordures ménagères.

    Les seuils font débat

    Mardi 13 octobre, les élus communautaires n’ont pas gravé dans le marbre la construction d’une chaufferie CSR qui brûlera au maximum 42 525 tonnes de déchets par an. Mais ils ont majoritairement émis un « avis favorable » à la demande d’autorisation environnementale et de permis de construire. Deux actes qui relèvent de la préfecture de l’Hérault qui vient de lancer l’enquête publique (deux réunions publiques sont prévues les 20 octobre et 6 janvier) qui se clôturera le 12 janvier 2027. Ce n’est qu’ensuite que la Métropole prendra sa position définitive.

    D’ici là, la perspective du CSR, sorte d’incinérateur nouvelle génération, est loin de faire l’unanimité. Il y a ceux qui émettent des réserves, à l’instar du maire de Saint-Jean-de-Védas qui exige la plus grande transparence sur la commission de suivi du site. « Nos installations doivent évoluer mais les responsabilités de chacun doivent être établies, les procédures d’alerte, de contrôle et mesures correctives connues », insiste Patrick Hivin. Si le délégataire choisi (Urbaser Environnement) s’engage à des émissions de polluants atmosphériques « 30 fois inférieurs aux normes », Marie-France Boisbault (pro-Altrad) note que les Pfas mais aussi les dioxines, métaux et mercure « ne sont pas quantifiés dans le rapport ». « Aucune valeur limite ne s’applique à l’ammoniac rejeté par les bio-filtres », ajoute Emmanuelle Mysona, élue d’opposition à Saint-Jean-de-Védas.

    Pour Julia Mignacca, c’est une fin de non-recevoir. « Un incinérateur incluant des plastiques va être implanté en pleine ville [quartier Garosud], à proximité immédiate d’habitations », alerte l’élue écologiste d’opposition à Montpellier qui réclame un « moratoire ». Au contraire, pour l’adjointe et épidémiologiste Tasmine Akbaraly, l’usine sera une « barrière de sécurité scientifique ». Selon le maire (DVG) de Lattes, Cyril Meunier, « il n’y a pas de bonne solution pour traiter les ordures ménagères » mais « le CSR est la plus suivie ». Et le vice-président Renaud Calvat (PS) d’abonder. « Le CSR d’Amsterdam permet de chauffer 40 000 foyers. »

  • Urbaser refuse de payer 16 millions d’euros à la Métropole

    Urbaser refuse de payer 16 millions d’euros à la Métropole

    L’addition passe d’autant moins face aux difficultés budgétaires de la Métropole Aix-Marseille. Selon nos informations, le délégataire de l’incinérateur de déchets de Fos-sur-Mer, la société EveRé, filiale du groupe espagnol Urbaser, a refusé cet été de payer une somme de 15,9 millions réclamée par l’intercommunalité. Et a décidé, le 14 août dernier, de saisir le tribunal administratif de Marseille pour contester les deux titres exécutoires émis par l’institution.

    Le contrat de délégation de service public du centre de traitement multi-filières des déchets ménagers prévoyait en effet une clause d’intéressement sur les recettes issues de la valorisation énergétique « correspondant au versement d’un montant de 30 euros par tonne de déchets industriels et commerciaux banals traitée sur les installations ». C’est que l’incinération des déchets peut être particulièrement lucrative. Ainsi pour la seule année 2024, la société a vendu pour 144 gigawattheures d’énergie électrique – l’équivalent de la consommation annuelle de 30 000 foyers – en incinérant quelque 356 000 tonnes de déchets. De quoi lui rapporter 31,9 millions d’euros, après les 24,5 millions collectés l’année précédente. Et conforter ses bénéfices après plusieurs années de pertes : la société présentait ainsi un résultat net de 8,8 millions d’euros en 2023, puis de 9 millions d’euros en 2024.

    Ce n’est pourtant que le 28 juillet dernier que la Métropole a réclamé les montants de sa clause d’intéressement pour les deux années, soit 6,7 millions d’euros pour 2023 et 9,2 millions pour 2024. Elle devra désormais passer par le tribunal administratif pour les obtenir. Sollicitées, ni l’intercommunalité ni la société EveRé n’ont donné suite.

  • Des kilos de plastique aux abords du lac de Serre-Ponçon

    Des kilos de plastique aux abords du lac de Serre-Ponçon

    « Avant, je ne me préoccupais pas du plastique que je voyais en me baladant », se souvient Jean-Paul Coulomb, bénévole à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Écrins-Embrunais. Mais il y a dix ans, alors qu’il venait observer les oiseaux dans la zone humide du Liou, lieu riche en biodiversité le long du lac de Serre-Ponçon, il trouve « un champ de déchets » et décide de les enlever. Depuis, le retraité organise régulièrement des ramassages, mobilisant parfois des dizaines de personnes. Avec à leur actif plus de 110 000 litres de déchets plastiques extraits du lac, depuis janvier 2017 : « De quoi ériger une colonne de 1 mètre carré de base et 110 mètres de haut, soit deux fois la hauteur de la cathédrale de Notre Dame de la Garde à Marseille, statue de la Bonne Mère comprise ! ».

    Depuis la zone du Liou, lieu de passage pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, « on se prend le vent plein pot », explique le retraité. Le lac ramène donc régulièrement des déchets plastiques, accrochés sur les centaines de bouts de bois portés par le courant. « Les vents et les courants les concentrent pour l’essentiel en amont du pont de Savines-le-Lac mais aussi, plus loin en aval en rive droite, jusqu’à l’anse du Riou Bourdou, sans oublier l’arrivée de l’Ubaye », explique la LPO. Il suffit de marcher quelques mètres à peine sur la berge et de fouiller le sol du bout de la chaussure pour observer des dizaines de morceaux de plastique en tout genre. « La plupart ne proviennent pas d’incivilités », note le bénévole. Pour comprendre la provenance de ces déchets, il faut plutôt se tourner vers d’anciennes décharges communales, implantées à proximité immédiate des cours d’eau dans les vallées. Quand des orages violents éclatent, les torrents emportent ces déchets, dont certains ont plusieurs décennies. « Une fois, j’ai trouvé une bouteille de lait dont l’année de péremption était 1978 », lance Jean-Paul Coulomb. Avec les années, il a l’œil : un instant lui suffit pour reconnaître l’origine d’un bout de plastique. Ici, un briquet, là une capsule de bouteille de gaz. Plus curieux, des dizaines de petits cylindres transparents sont visibles. « Il s’agit de biomédias, utilisés pour ceux-là par la station d’épuration d’Abriès, à plusieurs kilomètres d’ici, qui a fuité en avril 2025 ».

    Macro et microplastiques

    Au-delà de la pollution visuelle, c’est surtout les risques pour la santé humaine qui inquiètent les bénévoles de la LPO. « Les impacts sur le paysage et le tourisme, on s’en fiche presque. Ces macroplastiques se dégradent en microplastiques, explique Jean-Paul Coulomb. On en retrouve partout dans l’organisme humain. » Face à cette « bombe à retardement », les bénévoles regrettent que la puissance publique ne s’implique pas d’avantage.

    Agathe Di Lenardo

  • [Exclusif] Agrandissement à l’étude pour l’incinérateur de Fos

    [Exclusif] Agrandissement à l’étude pour l’incinérateur de Fos

    Ce mercredi 30 septembre, en conseil municipal, le maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer, Philippe Maurizot, s’inquiétait d’un « bruit qui court ». « L’incinérateur actuel bénéficie encore de foncier à proximité et nous avons des petits signaux faibles qui laisseraient entendre que sa capacité arrive à saturation et que, peut-être, il faudrait réfléchir à son extension », expliquait-il (notre édition du 01/10). Mais alors que l’édile marquait son opposition, le moment des signaux faibles est déjà bien dépassé.

    La Métropole a en effet d’ores et déjà décidé de lancer une série d’études dans le cadre du renouvellement de la délégation de service public du centre de traitement de Fos, avec dans le viseur « la conception et la réalisation d’une éventuelle 3e ligne d’incinération permettant de sécuriser les exutoires métropolitains ».

    Déchets sans débouchés

    Approuvé le 4 juillet 2005, le contrat historique de délégation de service public, qui avait abouti à la construction de l’incinérateur pour traiter les déchets des 18 communes de l’agglomération marseillaise, s’achève en effet le 30 novembre 2030, après vingt ans de fonctionnement effectif marqué par une succession de bras de fer judiciaires. Avec lui se pose la question de l’avenir du site de traitement multi-filières de déchets qui, pour la seule année 2024, avait traité plus de 400 000 tonnes de déchets, dont 356 000 tonnes ont été incinérées sur les deux lignes de l’unité de valorisation énergétique.

    Face à ces enjeux et à la complexité du dossier, la Métropole Aix-Marseille a donc lancé le 5 septembre dernier une assistance à maîtrise d’ouvrage juridique, technique et financière pour préparer le nouveau contrat d’exploitation de la totalité du centre de traitement, qui doit entrer en vigueur le 1er décembre 2030 pour une durée encore à déterminer. Un dossier d’autant plus important face à la bombe à retardement de la gestion des déchets. « Un déficit de capacité de traitement en maîtrise d’ouvrage publique mais aussi privée est à noter dès 2028 malgré les efforts réalisés en termes de prévention des déchets », s’alarme l’intercommunalité dans son cahier des charges.

    Réutilisation du CO2

    C’est que selon le dernier rapport annuel métropolitain, la quantité de déchets ménagers et assimilés collectés en 2024 n’a baissé que de 0,7% par rapport à l’année précédente, uniquement grâce aux déchetteries, tandis que seules 285 000 tonnes ont été recyclées. À peine plus d’un quart du tonnage collecté. Alors la Métropole enfouit. La décharge de l’Arbois a déjà été agrandie et doit accueillir 1,4 million de tonnes de déchets jusqu’en 2039 (notre édition du 03/12/2024). Un marché public a été lancé cet été pour en faire de même pour la décharge du Vallon de Fou à Martigues, avec la création de deux nouvelles alvéoles. Des solutions dont le coût s’envole avec l’augmentation progressive de la taxe générale sur les activités polluantes.

    « Le centre de traitement multifilière métropolitain de Fos-sur-Mer constitue, dans ce cadre, une opportunité de traitement pour les déchets ménagers produits sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille-Provence », explique donc l’institution. Qui en fait le premier enjeu technique pour le renouvellement de la délégation de service public, en s’interrogeant déjà sur la possibilité d’utiliser les futures capacités disponibles pour des déchets d’activités économiques.

    À cela s’ajoute l’ambition d’adaptations « nécessaires à l’atteinte des seuils d’émission atmosphériques les plus bas techniquement possibles », et la séquestration de CO2 qui pourrait être réemployé sur la zone industrielle ou être séquestré en profondeur. Pour peu que ces ambitions ne se heurtent pas à la fronde des riverains.