De nombreux commerces du centre-ville de Marseille ont été affectés par des débordements et pillages qui ont eu lieu en marge de la manifestation du 17 octobre. « Nous avons recensé 317 commerces sinistrés au cours de la semaine. Parmi eux, 213 ont subi des dégâts, 17 ont été partiellement pillés et 115 totalement pillés », affirme Francis Coulomb, directeur de l’appui aux entreprises à la CCIAMP.
Face à ce lourd constat, la CCI a organisé, ce vendredi, un guichet ouvert aux commerçants, où un large panel d’institutions était réuni, à la Bourse. Avec la volonté de « faire en sorte qu’en une ou deux heures, les sinistrés puissent voir l’ensemble des acteurs », ajoute Francis Coulomb. Des services de l’État comme l’Urssaf ou la direction de la finance publique, la fédération des assureurs, la Banque de France ou encore des avocats du barreau de Marseille étaient présents pour centraliser les démarches, orienter et conseiller.
Du côté des commerçants, certains sont encore très marqués par ce qu’ils ont vécu il y a une semaine. Pauline est opticienne indépendante et sa boutique du centre-ville a été « totalement saccagée et dépouillée », décrit-elle avec beaucoup d’émotion. « Si on arrête, on n’a plus de revenus. C’est dur de retrouver du sens maintenant », avoue la commerçante, encore dans le flou. Le bilan est également très lourd pour Paul et sa brasserie, Le Vendôme : « On nous a brisé la vitre et tout saccagé à l’intérieur. Il nous reste encore la machine à café, donc on s’est promis de rester ouvert pour essayer de continuer à faire vivre le centre-ville, mais l’ambiance est morose dans le quartier. Notre activité a diminué de presque 70% et j’ai dix employés que je vais avoir beaucoup de mal à payer. Je viens donc me renseigner pour savoir ce qui est possible en termes de chômage technique. »
Certains commerces moins touchés sont tout de même présents. « Je n’ai pas eu de sinistres, à part le rideau métallique, mais je suis très fortement impacté. Je travaille avec des magasins des rues de Rome et Paradis qui se sont fait piller, donc je n’ai plus de clients », explique le gérant de la boutique Josy Couture, qui propose des retouches de vêtements.
Une cellule psychologique a également été ouverte pour accueillir les commerçants, qui ont, pour certains, été confrontés de près aux scènes de pillage.
L’accueil se poursuit sur rendez-vous lundi, mardi et mercredi. Prise de rendez-vous : urgence-entreprise@cciamp.com

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