Tag: dégâts

  • Après le feu, l’Empéri prêt pour la rentrée

    Après le feu, l’Empéri prêt pour la rentrée

    Les ouvriers s’affairent encore dans le hall du lycée l’Empéri. Quelques dalles du faux plafond restent à poser et l’établissement sera prêt pour accueillir ses 1 250 élèves à la rentrée grâce à des travaux financés par la Région Sud à hauteur de 300 000 euros.

    Le 3 octobre, le bâtiment avait en partie été incendié. Le proviseur, Laurent Suret, relate : « Une poubelle avec de l’essence a été poussée par un individu de 21 ans depuis la cour contre la façade. Le feu s’est propagé aux halls, au bureau de la CPE. L’enduit extérieur a été esquinté, les circuits électriques abîmés, le faux plafond endommagé et la suie est montée dans la trentaine de salles de classe. » Des dégâts matériels importants, mais le pire a été évité alors que des agents « étaient dans leur logement de fonction juste au-dessus ».

    Après avoir fermé ses portes quatre jours, le lycée a pu rouvrir le 9 octobre, en déplaçant la vingtaine de classes dans le bâtiment B. Après un chantier qui aura permis de reconstruire et d’assainir les locaux, et renforcer la protection du site avec un rehaussement des clôtures et un gardiennage 24h/24, ce lundi sonne le retour à la normale pour les lycéens. « On se devait de leur offrir les meilleures conditions d’accueil », se satisfait le président de Région François de Canson (DVD), qui voit cette réhabilitation comme un « symbole », alors que l’établissement avait brûlé le jour de son élection. « L’équipe a été touchée, mais la réactivité et la solidarité a permis d’amortir un peu le choc », remercie Laurent Suret. Au total, la Région a mobilisé 6 millions d’euros pour « face aux dégradations commises dans les lycées du territoire ».

    Alors que La Gazette des communes place la Région Paca à l’avant-dernière place de son classement sur l’investissement dans les lycées avec 1 068 euros par élève entre 2022 et 2025, contre 1 347 euros en moyenne au niveau national, François de Canson cible l’héritage « après Vauzelle » et dit avoir fait voter « 2 milliards d’euros pour les dix ans qui viennent ». Par ailleurs, 10 millions ont été mobilisés pour adapter les établissements au changement climatique.

  • À Martigues, la mairie accompagne les sinistrés dans leurs démarches

    À Martigues, la mairie accompagne les sinistrés dans leurs démarches

    L’imprimante aura sorti le document des dizaines de fois, ce jeudi. À peine dix jours après les intempéries qui ont ravagé le territoire, la commission interministérielle a publié l’arrêté portant reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle dans 72 communes des Bouches-du-Rhône pour les dommages causés par les inondations et coulées de boue. À ce jour, à Martigues, plus de 1 800 administrés se sont manifestés auprès du service juridique de la Ville. À la mairie annexe de La Couronne, les habitants se succèdent pour se procurer le papier. Martin fait partie de ceux-là.

    « J’ai cru comprendre que ça pourrait m’aider dans mes démarches avec les assurances », commence-t-il. Ça tombe bien, l’expert passe l’après-midi même constater les dégâts dans sa maison, située dans le vallon de l’Eurre. « On est dans une zone classée inondable, mais il y a des constructions pluviales pour absorber le débit. À mon sens, elles étaient bouchées plus bas, ou en tout cas sous-dimensionnées pour évacuer l’eau qui venait des collines. » Résultat : sa maison a été ensevelie sous 40 cm.

    Depuis mardi dernier, le père de famille, sa compagne et ses deux fils vivent à quatre dans une pièce située à l’étage. Ils ont pu « tout vider » pour faire sécher leurs affaires. « J’ai dû prendre deux semaines de congés pour gérer la situation », confie-t-il en ironisant : « Il n’y a pas d’aide de l’employeur. C’est normal, c’est pas leur responsabilité. Mais bon, super les vacances… » Pour la suite, c’est le grand saut dans l’inconnu. « On verra avec l’assurance comment ça se passe, c’est une découverte, c’est la première fois qu’il nous arrive ça. »

    Au-delà de sa situation individuelle, Martin veut alerter la collectivité pour faire évoluer le réseau d’évacuation des eaux pluviales. « C’est aussi pour ça que je suis venu en mairie, ce genre d’événement va arriver de plus en plus souvent, plus tôt dans l’année avec le réchauffement climatique, il faut prévoir les travaux nécessaires. » Avant de le recevoir dans son bureau, Odile Teyssier-Vaïsse, l’adjointe de quartier, confirme : « On a beaucoup de personnes qui viennent pour ces problèmes d’écoulement, dans les secteurs de la route des Bastides, le vallon de l’Eurre, la Saulce… Tous ces points bas qui accumulent la pluie. Un travail partenarial est déjà en cours avec le Département, la Métropole au titre de la compétence Gemapi, la Régie des eaux et la Ville sur l’entretien des caniveaux, le dimensionnement des buses, les roubines… »

    Une cellule d’aide psychologique

    Installée dans une salle voisine, Michèle* est venue en mairie pour prendre contact avec l’une des assistantes sociales de la Ville qui animent une permanence à destination des sinistrés. Depuis les intempéries, la retraitée n’est pas rentrée chez elle, par peur de constater les dégâts. « L’eau est montée de 70 cm. Là, c’est dans le jus, je ne veux pas y retourner car je suis pas bien. »

    L’événement lui a causé « beaucoup de stress », livre-t-elle : perte de cheveux, plaques de boutons, le « cœur qui s’emballe »… Une cellule d’aide psychologique a été mise en place par la Ville, en lien avec l’Apers et la Croix Rouge. Michèle s’est inscrite. « On verra bien », glisse-t-elle, pas vraiment convaincue. La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle n’est pas particulièrement un soulagement pour elle. « Je ne sais même pas ce que ça veut dire… », avoue-t-elle, démunie. « Je suis seule, mon fils a un travail très prenant et lui aussi a été inondé. »

    Pour accompagner les administrés dans leurs démarches administratives, une permanence est ouverte, à l’hôtel de ville, de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h30. Des rendez-vous sont aussi proposés via Allô Martigues au 0 800 15 05 35, du lundi au vendredi. « Il ne faut pas oublier que certaines personnes ne sont pas à l’aise avec l’outil numérique, c’est notre devoir de les accompagner », affirme Odile Teyssier-Vaïsse.

    * Le prénom a été modifié

  • Le Lunellois sous les eaux, le Gard durement touché

    Le Lunellois sous les eaux, le Gard durement touché

    C’est le Lunellois qui a enregistré les plus gros dégâts dans l’Hérault lors de l’épisode méditerranéen survenu dans la nuit du 19 au 20 octobre. Jusqu’à 200 mm de pluie sont en effet tombés localement en quelques heures. Face à la montée des eaux, la maire de Lunel, Paulette Gougeon, a activé la cellule de crise dès 1h du matin. Les agents municipaux se sont relayés toute la nuit au gymnase Arnassan pour accueillir les personnes sinistrées. Selon la préfecture, 25 personnes ont été mises en sécurité, une dizaine d’habitations ont été touchées et près de 70 sapeurs-pompiers mobilisés. Quatre véhicules ont également été bloqués par les eaux après s’être engagés sur des axes inondés. Mardi 20 au matin, la préfète de l’Hérault s’est rendue sur place aux côtés de la maire de Lunel pour établir un bilan de la situation. Les communes voisines de Saint-Just, Saint-Nazaire et Villetelle ont aussi été impactées. L’agglomération de Montpellier a, elle, été relativement épargnée. Les volumes de pluie y ont été bien moindres que dans les secteurs voisins.

    Axes routiers coupés

    De l’autre côté du Vidourle, dans le Gard, les conséquences ont aussi été importantes. Les plaines et la Petite Camargue ont subi d’importants ruissellements. Les villes d’Aigues-Mortes, Vauvert et Vergèze ont été particulièrement touchées par les inondations. Les débordements et les chaussées submergées ont entraîné de nombreuses coupures de routes et de ponts, notamment autour du Vidourle (qui a atteint, à Sommières, une hauteur de 3,10 mètres) et du Vistre (qui a atteint 2,88 mètres au Cailar), compliquant les déplacements entre la Petite Camargue et le Lunellois. L’autoroute A9, fermée dans les deux sens entre Nîmes et le secteur de Gallargues-le-Montueux, a été progressivement rouverte mardi 20. Les inondations ont également endommagé des voies ferrées, entraînant une interruption du trafic sur tout ou partie des lignes Nîmes-Lunel (les premières circulations devraient reprendre le 25 octobre) et Nîmes-Grau-du-Roi. Lié à la dépression « Adam », l’épisode a ensuite progressé vers la Provence.

  • À Marseille, un guichet pour accompagner les commerçants

    À Marseille, un guichet pour accompagner les commerçants

    De nombreux commerces du centre-ville de Marseille ont été affectés par des débordements et pillages qui ont eu lieu en marge de la manifestation du 17 octobre. « Nous avons recensé 317 commerces sinistrés au cours de la semaine. Parmi eux, 213 ont subi des dégâts, 17 ont été partiellement pillés et 115 totalement pillés », affirme Francis Coulomb, directeur de l’appui aux entreprises à la CCIAMP.

    Face à ce lourd constat, la CCI a organisé, ce vendredi, un guichet ouvert aux commerçants, où un large panel d’institutions était réuni, à la Bourse. Avec la volonté de « faire en sorte qu’en une ou deux heures, les sinistrés puissent voir l’ensemble des acteurs », ajoute Francis Coulomb. Des services de l’État comme l’Urssaf ou la direction de la finance publique, la fédération des assureurs, la Banque de France ou encore des avocats du barreau de Marseille étaient présents pour centraliser les démarches, orienter et conseiller.

    Choc et désarroi

    Du côté des commerçants, certains sont encore très marqués par ce qu’ils ont vécu il y a une semaine. Pauline est opticienne indépendante et sa boutique du centre-ville a été « totalement saccagée et dépouillée », décrit-elle avec beaucoup d’émotion. « Si on arrête, on n’a plus de revenus. C’est dur de retrouver du sens maintenant », avoue la commerçante, encore dans le flou. Le bilan est également très lourd pour Paul et sa brasserie, Le Vendôme : « On nous a brisé la vitre et tout saccagé à l’intérieur. Il nous reste encore la machine à café, donc on s’est promis de rester ouvert pour essayer de continuer à faire vivre le centre-ville, mais l’ambiance est morose dans le quartier. Notre activité a diminué de presque 70% et j’ai dix employés que je vais avoir beaucoup de mal à payer. Je viens donc me renseigner pour savoir ce qui est possible en termes de chômage technique. »

    Certains commerces moins touchés sont tout de même présents. « Je n’ai pas eu de sinistres, à part le rideau métallique, mais je suis très fortement impacté. Je travaille avec des magasins des rues de Rome et Paradis qui se sont fait piller, donc je n’ai plus de clients », explique le gérant de la boutique Josy Couture, qui propose des retouches de vêtements.

    Une cellule psychologique a également été ouverte pour accueillir les commerçants, qui ont, pour certains, été confrontés de près aux scènes de pillage.

    L’accueil se poursuit sur rendez-vous lundi, mardi et mercredi. Prise de rendez-vous : urgence-entreprise@cciamp.com

  • À Istres, le quartier des Heures Claires en majeure partie rouvert

    À Istres, le quartier des Heures Claires en majeure partie rouvert

    Une petite foule s’amasse sur le parking de l’école Pierre-Armanet à 10h. Agents municipaux et policiers prennent les noms des habitants, puis les font monter cinq par cinq dans des navettes pour aller récupérer des affaires de première nécessité. Une seule consigne : faire au plus vite, pour limiter le risque.

    Mardi, quelque 300 habitations des Heures Claires ont dû être évacuées suite aux pluies torrentielles qui ont fragilisé le terrain. Jeudi matin, plus d’une centaine de familles ont pu regagner leur foyer du côté du port, mais le bas des Quatre-Vents est resté fermé suite aux premières analyses menées par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), mercredi. Dans la journée de jeudi, quatre experts devaient « discriminer les parcelles dangereuses » dans le quartier encore bouclé, expliquait le maire (LR), Robin Prétot, dans la matinée. En attendant, les résidants de cette zone ont pu rentrer temporairement chez eux, encadrés par les forces de l’ordre, pour récupérer quelques biens.

    Un « mauvais rêve »

    Liliane est l’une d’entre eux. Elle attend son tour pour aller chercher ses médicaments : « C’est la priorité. » Deux jours après l’orage, elle reste encore choquée, en témoignent ses mains et sa voix qui tremblent. « Ça fait 65 ans que je vis là, je n’ai jamais vu ça », glisse-t-elle. Mardi, à 5h, un arbre s’est effondré à l’arrière de son jardin dans un vacarme assourdissant. Par chance, il n’a provoqué aucun dégât. Rien de visible, en tout cas. La retraitée comprend les mesures de précautions prises par la Ville. « C’est jamais trop. Je ne suis pas à la rue, il y a ma sœur qui m’héberge, mais c’est la cata quoi… La zone est à risque, il y a des coulées de boue, des glissements de terrain chez ma voisine. À côté de chez moi. » Depuis l’arrivée des forces de l’ordre qui lui ont demandé de quitter les lieux au plus vite, mardi, Liliane a l’impression d’être « dans un autre monde ». « Je marche comme un robot, je me dis que c’est pas possible. J’ai toute ma vie dans cette maison. »

    À côté d’elle, une riveraine n’arrive pas à retenir ses larmes. « On se dit qu’on est dans un mauvais rêve », confie-t-elle. En quittant sa maison à la hâte il y a deux jours, cette quadragénaire, qui souhaite garder l’anonymat, a pu prendre ses chiens. En revanche, son chat est toujours sur place. Autre source d’inquiétude : l’état de son toit. « Mon plafond s’est effondré, mais si je ne peux pas retourner chez moi et faire venir des ouvriers, il va rester un trou, la pluie va de nouveau s’infiltrer, et ce n’est pas sécurisé », s’alarme-t-elle. Sur le parking de l’école, au départ du barrage filtrant mis en place ce jeudi matin, les services de la Ville tentent tant bien que mal de trouver des solutions sur-mesure.

    En fin de journée, la bonne nouvelle tombe : suite à l’expertise du BRGM, le secteur est rendu aux administrés. Le seul accès reste par le chemin du Mas des 4 Vents, qui est rétabli. Les résidants des quelques parcelles restant interdites vont être informés directement par la mairie. « Si nécessaire, des solutions de relogement temporaire seront examinées », précise la Ville dans un communiqué.

    Désormais, la municipalité se concentre sur « l’après crise ». Les opérations de pompage de l’eau menées par la Base aérienne 125 ont débuté, ce jeudi matin, dans les secteurs du Capeau et de Guynemer. De son côté, le Sdis 13 a traité une quinzaine de maisons. Le Comité communal feux de forêts s’est également chargé de désengorger cinq points.

    Des équipes d’agents et d’élus sont allées constater les dégâts au niveau des équipements publics. « On va faire un audit assez détaillé de la situation », affirme Robin Prétot. Pour le moment, seules la médiathèque, récemment inaugurée, et l’école Camille-Pierron ont été identifiées. La Ville lance également l’opération « Un coup de main un coup de cœur », en partenariat avec la Croix rouge, pour « mobiliser un maximum d’effectifs, y compris des habitants bénévoles, pour gérer l’après chez les sinistrés », détaille le maire.

  • Inondations : le bilan s’alourdit, la vigilance demeure

    Inondations : le bilan s’alourdit, la vigilance demeure

    Le bilan s’alourdit. Les forts orages de lundi et mardi ont fait deux nouvelles victimes, à Lançon-Provence. Une femme de 86 ans et sa petite-fille de 26 ans, originaire d’Ariège, ont été retrouvées sans vie, mercredi soir, dans la cave inondée d’une maison située au bord de la RD19.

    La maire (DVD) Julie Arias se dit profondément touchée, et regrette la fuite de ces informations par les services de la préfecture avant même que les proches ne soient avertis. « Quelque chose de dramatique s’est joué hier, la vie entière de toute une famille a basculé pour toujours. […] Au nom de la commune et des Lançonnais, je leur adresse toutes mes condoléances. »

    Mardi matin, un homme de 75 ans avait déjà perdu la vie, emporté par les eaux qui ont dévasté le quartier de Massane, à Saint-Mitre-les-Remparts. Le colonel Franck Briend, directeur adjoint du Sdis 13, réagit : « J’ai une pensée pour les familles des trois personnes décédées depuis le début de l’événement, c’est dramatique. Nous n’avons heureusement pas d’autre personne pour le moment, mais on ne peut pas exclure qu’il n’y ait pas d’autre victime en allant découvrir maison par maison si tout le monde va bien. J’en appelle à la prudence, le phénomène n’est pas terminé, l’électricité présente un risque et il y a encore des zones inondées. Chacun doit prendre ses précautions pour éviter de se mettre en danger. La priorité, c’est la vie humaine. »

    Plus de communication,

    ni d’électricité

    Depuis lundi soir, les pompiers ont réalisé près de 2 700 opérations de secours, principalement « axées sur le sauvetage et les mises en sécurité qui ont concerné plus de 1 000 personnes », souligne le colonel. À l’heure actuelle, 1 200 sapeurs-pompiers sont toujours déployés dans les Bouches-du-Rhône, épaulés par les moyens de la Sécurité civile et l’appui d’une dizaine de départements venus en renforts, pour « aider les populations » et permettre un « retour à la normale » après les inondations. « On a aussi un objectif d’accompagner la remise en œuvre des circulations principales pour désengorger les communes », poursuit Franck Briend. Les secteurs d’Arles et Saint-Martin-de-Crau préoccupent encore le Sdis 13.

    Dans cette commune de l’Ouest des Bouches-du-Rhône, près de 400 habitants ont dû être secourus et évacués mardi, avant d’être accueillis dans un espace mis à disposition par la mairie. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Saint-Rémy-de-Provence a ouvert les portes de sa salle communale aux 180 sinistrés restants. Si la situation s’améliore, Saint-Martin-de-Crau revient de loin. La ville a été « coupée du monde », raconte le premier adjoint au maire, Julien Besançon. « C’est devenu une île pendant 48h. » Les principales voies d’accès ont été inondées, le poste d’alimentation électrique des 6 500 foyers également, et les communications ont été coupées pendant 4 heures, mercredi, en raison de la panne d’Orange. Mercredi soir, 3 500 logements ont pu retrouver le courant. Jeudi midi, le reste des habitants attendaient encore l’arrivée de 20 groupes électrogènes d’Enedis, dont l’acheminement a été retardé par l’état des routes. La situation a été rétablie dans la soirée.

    Néanmoins, la maire Séverine Dellanegra (SE) détaille : « Il y a encore des quartiers qui ont jusqu’à 80 cm d’eau, notamment au Mas Boussard et au Cabrau, mais le nombre précis d’habitations est encore difficilement chiffrable ». Des méga-pompes ont commencé les opérations d’absorption. La zone industrielle a également été affectée. « Il y aura un impact économique, affirme l’édile. Nous mettrons des dispositifs en œuvre dès la semaine prochaine, en lien avec la Chambre de commerce et d’industrie et la Chambre d’agriculture, pour pouvoir évaluer les dégâts et accompagner les entreprises et les commerces concernés. »

    LES ÉLUS EN PREMIÈRE LIGNE

    Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues

    « La préfecture m’a assuré que nous aurons la reconnaissance de catastrophe naturelle, qui passera en commission le 27 octobre. Des habitants m’ont dit que l’expert de leur assurance ne paissait que fin novembre. Mais des gens sont à la rue ! J’ai demandé à resserrer le calendrier de passage des experts et qu’on ouvre un guichet unique d’aide aux sinistrés, dès la semaine prochaine, à l’hôtel de ville. »

    Propos recueillis par Antonin Maja

    Frédéric Bolano, adjoint (PCF) à la prévention et à la sécurité de Port-de-Bouc

    « La solidarité port-de-boucaine a encore une fois montré sa force : des agents sont revenus de vacances à leur initiative, la SNSM, la Réserve communale étaient présentes, le Secours populaire a séché et habillé les réfugiés de Gagarine, deux étudiantes se sont occupées des enfants, les commerçants ont offert des pizzas… Nous faisons le tour des sinistrés depuis deux jours pour les aider à déclarer leur sinistre. »

    An. M.

    Séverine Dellanegra, maire de Saint-Martin- de-Crau

    « On a largement dépassé le scénario catastrophe du schéma des crues de la Crau qui a été élaboré il y a dix ans. Avec cet épisode, on est plus du tout à jour. La pluviométrie record, la nappe phréatique exceptionnellement pleine et le phénomène très territorialisé ont empêché un drainage optimal. Il va falloir avoir une réflexion sur les causes détaillées qui nous ont menés à cette situation et en tirer les conséquences. »

    A.M.

    Vincent Goyet, maire de Saint-Mitre- les-Remparts

    « On a eu un événement exceptionnel, qu’on n’avait pas connu depuis 1938. Face à ça, on va recalibrer nos installations pour qu’on soit correctement organisé, même face à des orages de moindre ampleur. On ne peut pas se contenter de roubines agricoles avec une activité agricole en déprise totale. Il faut pouvoir restructurer le réseau pour mieux gérer ces risques avec l’aide de la Métropole au titre de la compétence inondation Gemapi. »

    A.M.

  • [Intempéries] À Martigues, Jonquières en première ligne

    [Intempéries] À Martigues, Jonquières en première ligne

    Les nuages ont laissé place au soleil, mais au réveil, Martigues porte encore les stigmates de l’épisode orageux de la veille. Comme de nombreux habitants qui arpentent les rues, Marine a enfilé des bottes en caoutchouc sur les pieds de sa fille pour aller constater « l’étendue des dégâts ».

    À Ferrières, en milieu de matinée, ne restaient que quelques traces de boue. À bord de mini-pelleteuses, les services municipaux avaient déjà dégagé le gros des gravats. Sur l’Île, le quartier le plus touché par les inondations d’habitude, peu de traces des pluies torrentielles. Seul le niveau du canal central, à fleur de quai, donne un indice des pluies torrentielles de mardi. Dans son salon de toilettage, Raphaëlla confie : « J’ai rien eu pour une fois. Je pensais vraiment qu’on allait être dans la merde, et finalement ça va. Je suis contente ».

    Son fils en revanche, qui habite du côté de Jonquières, n’a pas été épargné. « Il venait d’emménager. Ses meubles étaient neufs… Je lui garde son chien le temps qu’il vide l’eau de son appartement. »

    Dans le centre, Jonquières est de loin le quartier le plus sinistré. Entre la rue Lamartine et le quai Général-Leclerc, la boue et l’eau recouvrent encore les pavés. Les habitants pataugent. Les commerçants vident leur boutique pour nettoyer leurs murs tant bien que mal. La porte d’entrée ouverte, une quinquagénaire passe un jet d’eau dans le rez-de-chaussée de son père.

    « On va payer le réchauffement climatique »

    « Il a 90 ans et il est aveugle, explique-t-elle. Hier, aucune aide à domicile n’a pu lui rendre visite. Heureusement, on n’est pas loin. L’eau est montée de 60 cm. Les murs sont ruinés. On sait qu’à Martigues, ça arrive une fois tous les 20 ans, et bien c’était hier. De toute façon, on va payer le réchauffement climatique. » Dans la rue concomitante, une mère et sa fille portent deux sacs de courses. « C’est tout ce qu’il me reste », lâche la plus âgée. « Je déménage chez mon fils, j’ai pas le choix, mon logement n’est plus habitable. »

    Le maire (PCF), Gaby Charroux, est allé à la rencontre des sinistrés dans la matinée. Face au risque de chutes d’arbres, la Ville de Martigues prolonge la fermeture préventive du grand parc de Figuerolles – Paul Lombard, ce jeudi.

  • Résilience et solidarité au lendemain des intempéries

    Résilience et solidarité au lendemain des intempéries

    Adossé au capot de sa voiture, Arnaud boit un verre de blanc entouré de ses fils et de ses amis. « On se laisse pas abattre », plaisante-t-il, alors qu’il prend une pause dans le vidage de sa maison. Derrière lui, des tas d’affaires détrempées. Hier, ce Saint-Mitréen a « tout perdu ». L’eau a commencé à pénétrer son foyer dès 4h du matin, avant de devenir un véritable torrent et de tout dévaster sur son passage. Son voisin d’en face, emporté par les flots, est décédé. En contrebas, une 208 rouge embarquée jusque dans l’étang de Berre témoigne de la violence du phénomène auquel ont dû faire face les habitants de Massane.

    Au lendemain des intempéries, Arnaud répète : « On va s’en sortir, ça va aller », les yeux embués. « Sur le coup, on réagit, confie-t-il. C’est après qu’on a peur. » Le traumatisme est là. Heureusement, la solidarité aussi. Ses amis, Lucie et Benjamin, sont venus d’Istres pour prêter main-forte. « On a eu 80 cm d’eau dans la dépendance, raconte le couple. Au départ, on était angoissés, mais quand on a vu ce qui se passait ailleurs, on s’est dit qu’on était chanceux. »

    Revoir le schéma

    de risque inondation

    La veille, des centaines de foyers ont été détruites lors d’un épisode méditerranéen d’une ampleur exceptionnelle, la tempête Adam. Dans l’Ouest des Bouches-du-Rhône, plus de 300 mm de pluie sont tombés en moins de 24 heures par endroits. Ce mercredi 21 octobre, la présidente du Département (DVD), Martine Vassal, est allée à la rencontre des sinistrés dans les communes les plus touchées. Elle annonce la création d’un fonds de soutien doté d’une « première enveloppe » de 5 millions d’euros « pour pouvoir aider à la reconstruction des équipements qui ont subi des dommages ». « On est de tout cœur avec les victimes, affirme-t-elle. C’est choquant, surtout un événement qui ne s’est jamais vu de cette importance-là. Donc il faut prévoir les choses, le Département est aux côtés des maires. » Les modalités d’utilisation seront déterminées à l’échelle communale.

    À Saint-Mitre-les-Remparts, la priorité des prochains jours est de « libérer les voies, nettoyer les routes, les sécuriser avec l’aide du Département », détaille le maire (DVD), Vincent Goyet. Au-dessus du hameau, des gravats entravent la route des Plages, où quatre voitures ont fini dans le fossé. À l’échelle des Bouches-du-Rhône, une trentaine de voies départementales ont été endommagées. Une centaine d’agents sont sur le terrain pour rétablir la situation. La direction des routes affirme : « Il est encore tôt pour évaluer les dégâts, mais des analyses seront réalisées au cours de la semaine ».

    Une fois ces urgences réglées, Vincent Goyet souhaite engager une réflexion sur la « gestion du risque inondation avec l’aide de la Métropole et de la Région ». Dans cette petite commune de 6 000 habitants, le sous-dimensionnement du réseau d’eaux pluviales a signé le destin du quartier de Massane. Entre deux habitations, la roubine « mère » a cédé sous la pression du flux, emportant avec elle un mur entier. « On est ici dans l’axe de vallons agricoles qui ont concentré des eaux de ruissellement, c’est de là qu’est venue la difficulté, même si on n’avait jamais connu un tel événement, précise l’édile. Il faut qu’on repense un schéma qui soit à la hauteur de ces risques exceptionnels, qui doit nous conduire notamment à redimensionner et aménager roubines et bassins de rétention. »

    Arnaud se remémore : « Il y avait déjà eu des travaux pour renforcer les infrastructures, pendant dix ans, on n’a plus eu de problème, et là, on vient de prendre un truc hors norme. Après, on est sur une zone à risques. C’étaient des cabanons ici historiquement. On gère avec l’héritage ». Un héritage lourd à porter. Dans sa maison, l’eau est montée jusqu’à 1,5 m. Les portes-fenêtres ont été arrachées, les meubles en bois massif déplacés, les objets balayés. « Ça a fait une vague qui a tout explosé. » « Maintenant, il faut attendre l’expert de l’assurance et obtenir la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle », résume-t-il. Les maires des communes affectées et la présidente du Département en ont fait la demande auprès du préfet.

    Les pompiers des Bouches-du-Rhône indiquent que 760 pompiers, ainsi que des renforts extra-départementaux, ont été présents sur le théâtre des opérations, mercredi, avec 400 interventions recensées.

  • Les commerçants de Toulon solidaires face à la casse et aux pillages

    Les commerçants de Toulon solidaires face à la casse et aux pillages

    On les reconnaît aux panneaux de bois qui ont temporairement remplacé les vitrines brisées. Treize commerces toulonnais ont été la cible de casse et de pillages en marge de la manifestation de samedi. Si certains n’ont pas encore pu rouvrir leurs portes, la plupart, comme le concessionnaire moto Audemar, situé boulevard de Strasbourg, sont revenus à leur quotidien en début de semaine. « On ne lâche rien, on reste ouvert pour nos clients, on est opérationnels à 100% », affirme Céline Audemar, cogérante de l’entreprise familiale, fondée en 1922 dans les mêmes locaux, et qui a « survécu aux bombardements de Toulon en 1943 », raconte Christian, son père, toujours aux affaires. C’est la première fois que la boutique, dont une vitrine a été brisée, du matériel (casques, gants…) volé, et des motos endommagées, subi de tels dégâts.

    Samedi prochain dans les esprits

    Si « tout était sécurisé samedi grâce à l’intervention rapide de la police », et s’ils peuvent compter sur des « amis, commerçants, clients, élus, qui ont témoigné leur soutien, aidé à remettre en état ou proposé de l’aide », « les pertes financières sont importantes », déplore Céline, et ne sauront être compensées par les assurances, dont « les cotisations vont beaucoup augmenter ». Elles n’effaceront pas non plus « la peur et l’inquiétude que ça arrive à nouveau », appuie Adrien Audemar, frère de Céline et cogérant, tout de même « heureux de voir la solidarité » organisée autour d’eux.

    Une solidarité devenue un maître mot dans le monde du commerce, alors que l’acte II de la manifestation est annoncé pour ce samedi. « On fait remonter les craintes, pour être en sécurité lors des prochains événements », explique Thomas Bredolese, restaurateur et président des Vitrines de Toulon, l’association des commerçants du centre-ville, qui a participé à une réunion avec la mairie mardi après-midi.

    En attendant les annonces de la préfecture au sujet du dispositif de sécurité, ce mercredi, « on réfléchit à comment accompagner les commerçants touchés, qui ont subi un vrai choc psychologique », soutient-il. « On leur dit de prendre des photos des stocks avant samedi, on réalise un sondage pour quantifier les impacts, même indirects, auprès de tous les commerçants. On fera tout pour apporter un maximum de soutien. »

  • Face aux pilleurs, la gestion de l’état critiquée

    Face aux pilleurs, la gestion de l’état critiquée

    Marseille a la gueule de bois en ce dimanche 18 octobre, au petit matin. Si la veille, autour de 100 000 manifestants ont témoigné leur exaspération sociale provoquée par le gouvernement (voir page 4), « environ 30 000 pilleurs, dont 8 000 émeutiers parmi lesquels beaucoup de jeunes majeurs » selon les estimations de la Préfecture, ont mis la ville à sac en marge des rassemblements. Alors que des agents de la propreté et des équipes de police s’affairent au milieu des débris de verre, du mobilier urbain carbonisé, des commerces éventrés et des emballages de produits dérobés, Benoît Payan arrive le regard meurtri à l’angle Canebière-rue Saint-Ferréol. L’épicentre d’émeutes et vols ayant aussi touché d’autres quartiers de la ville.

    « Ce matin, j’ai mal au cœur et n’ai pas les mots pour décrire ce que jamais je n’aurais imaginé vivre dans cette ville. Des hordes de casseurs et pilleurs s’en sont pris à nos bien communs, à la mairie, à un commissariat, aux forces de l’ordre, à des pompiers, à des lycéens dans le but de casser les revendications légitimes de ceux qui manifestaient pacifiquement », rappelle le maire de Marseille. « J’ai alerté dès vendredi sur cette situation qui pouvait potentiellement dégénérer. J’espère que dans la sixième puissance du monde, certains ont bien compris qu’on ne jouait pas avec le feu. Je n’ai jamais vu une telle manière de maintenir l’ordre samedi. Je veux savoir s’il a été demandé aux forces de l’ordre de s’occuper uniquement des manifestants et de leur lancer des lacrymos sans s’occuper des pillages dans la ville », tonne l’édile qui entend demander des comptes au ministre de l’Intérieur, en visite ce lundi à Marseille. Le premier magistrat de la ville souligne d’ailleurs avoir décidé samedi de « faire sortir dehors toute la police municipale pour atténuer le drame alors que ce n’est pas son métier ».

    Des dégâts et un déni

    « 434 policiers et 240 CRS ont été engagés entre 7h et 1h du matin », situe la Préfecture, avant d’être rejoints par une centaine de renforts. « 4 000 grenades lacrymogènes ont été lancées, avec 99 gardes à vue, directement liées aux émeutes. 118 effectifs ont été blessés, dont trois hospitalisés. » Quant aux interrogations autour des consignes données pour la gestion du maintien de l’ordre et d’un dispositif jugé insuffisant, Benoît Payan lâche : « Je pense que la situation de la ville et les images permettent de répondre à cette question. » Une chose est sûre, les violences de samedi ont été du pain béni pour le gouvernement dans le but de décrédibiliser le mouvement social. Pire encore, au niveau du Préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, qui a déclaré samedi vers 17h à l’Évêché : « Depuis 11h30, on n’est pas face à des manifestations mais du pillage. Ils n’ont aucune revendication. Si vous avez vu des pancartes, montrez-les moi. » Un déni de réalité.

    Le chaos provoqué par les émeutiers s’est poursuivi très tard dans la nuit de samedi. Au final, des centaines d’enseignes ont été dévalisées et l’Hôtel de Ville envahi et dégradé. Le commissariat de la police municipale, au 42 La Canebière, a aussi été attaqué comme en atteste encore dimanche matin son hall du rez-de-chaussée, totalement défiguré, où le seul mobilier qui tienne encore debout est une affiche indiquant : « Pour votre sécurité, la ville de Marseille renforce ses effectifs de police municipale. »