Tag: urgence

  • Une soirée de solidarité avec Cuba

    Une soirée de solidarité avec Cuba

    Une soirée de soutien à Cuba se tiendra, ce vendredi à 18h30, salle Robert-Veret à Ribers, à l’initiative du comité de Laragne du Mouvement de la Paix. Le documentaire De la Camargue à la Ciénaga de Zapata sera diffusé en présence de son réalisateur Alain Sabatier. « Le film montre l’effort incroyable des Cubains sur l’écologie et le travail de la terre », explique Halima Bois, la présidente du comité local.

    Un débat pour penser la résistance sera ensuite organisé avec Alain Sabatier et Nicole Giraudi, présidente de France Cuba 13, qui sont « tous les deux au fait de ce que traverse la population cubaine ».

    Depuis la mise en place du blocus énergétique mis en place par Donald Trump en janvier 2026, la population peine à subvenir à ses besoins vitaux. « Elle est affamée, n’a plus de carburant, subit des coupures d’électricités très longues… De plus en plus de personnes, en particulier les nouveau-nés, décèdent faute de matériel médical », alerte Halima Bois. À cela s’ajoutent les mesures coercitives de l’administration Trump contre les entreprises étrangères, qui se voient contraintes de cesser leurs activités dans le pays.

    « Il faut faire entendre la voix des Cubains, qui tiennent encore même si c’est très difficile. On a besoin de solidarité pour stopper ce blocus. » Elle appelle à se souvenir du côté avant-gardiste des Cubains, notamment en ce qui concerne l’agroécologie. La participation à la soirée est libre et bénéficiera à la population cubaine.

  • Ils sont des milliers à marcher à Marseille pour le climat

    Ils sont des milliers à marcher à Marseille pour le climat

    Sur le camion garé devant la préfecture de région à Marseille, ce sont les clowns Tak tak et Tik Tik qui mettent l’ambiance. «Un plan d’urgence climatique, écoutez les scientifiques», reprend après eux la foule rassemblée. Ce samedi matin à Marseille, ils étaient environ 2 000 selon les organisateurs (500 selon la préfecture de police) à marcher jusqu’à la porte d’Aix, pour «le climat, le vivant, la paix et la justice sociale», à l’appel d’une large coalition de plus de 1 200 organisations, dont Alternatiba et Greenpeace, Attac, la Confédération paysanne, la FSU, la CGT…

    «La séquence de cet été illustre les enjeux pour la Provence : des suites de vagues de chaleurs, de canicules, de feux de forêts, qui seront bientôt suivis par des épisodes méditerranéens», témoignait avant la manifestation Joël Guiot, le coprésident du groupe régional d’experts sur le climat en région Sud (Grec Sud). «Le pire reste à venir, explique-t-il.

    D’ores et déjà, les conséquences de cet été sont connues, avec une surmortalité de 8 000 décès. «J’en connaissais un, il s’appelait Denis, il avait 67 ans, et c’était mon père », témoigne, particulièrement émue, Laure, qui se présente comme citoyenne marseillaise engagée. «Il arrosait son jardin, pour réguler sa température son cœur a battu plus fort, trop fort. Il s’est arrêté.» D’autres ont connu les conséquences des feux, comme Coralie Mirguet, dont la maison à l’Estaque a entièrement brûlé le 8 juillet 2025. «Plus d’un an après l’incendie, nous commençons tout juste à entrevoir une possible reconstruction, mais pour nous, plus rien ne sera comme avant», souffle-t-elle. Au-delà du déploiement des pompiers et des Canadair, «le véritable coupable est notre inadaptation».

    Plan d’urgence

    «La question que vous avez tous au bout des lèvres et la seule qui vaille, c’est que faire ? », pose parmi les organisateurs la militante Margot Jacq. «La protection des salariés devrait être une priorité», répond la secrétaire départementale de la FSU, Virginie Akliouat. «Nos organisations syndicales s’emparent de ces questions, et ont déjà mené campagne pour adapter le bâti scolaire, pour le développement des transports publics», explique-t-elle. Et d’énumérer les revendications d’un seuil maximal de températures pour travailler, le renforcement de la médecine du travail, un chômage canicule pris en charge à 100%. «Le progrès social et environnemental sont intimement liés», complète Alice Richard, porte-parole de Solidaires dans les Bouches-du-Rhône.

    Le constat est le même pour la Confédération paysanne, d’autant que les agriculteurs sont en première ligne. «Les canicule ont tué deux paysans dans les Bouches-du-Rhône cet été», atteste le syndicat qui alerte sur la disparition des exploitations face à la perte de rendements et appelle à un autre modèle agricole, une autre gestion de l’eau.

    «Nous exigeons un plan d’urgence climatique», relaie parmi les organisateurs l’écologiste Jean-Christophe Agnel. Un plan sur trois piliers, d’adaptation, d’atténuation et d’arrêt des énergies fossiles. «Nous avons besoin d’un budget dans une logique de justice sociale», complète Margot Jacq, tandis que les militants d’Attac se lancent dans un «fiscal fitness» pour «taxer les riches».

    «Les candidats à la présidentielle doivent s‘emparer du sujet, arrêter de proposer des mesures obsolètes», réclame pour sa part le vice-président du Grec Sud. Mais si plusieurs élus sont présents, les drapeaux restent rares au milieu des pancartes, tandis que les organisateurs reconnaissent qu’ils s’attendaient à une meilleure affluence.

  • Dominique Simonnot loue le rôle des juges

    Dominique Simonnot loue le rôle des juges

    Le président Thierry Trottier a dressé, vendredi, un bilan d’activité spectaculaire du tribunal administratif de Marseille. En trois ans, le nombre de recours a doublé, passant de 12 000 à 21 500 requêtes pour 45 magistrats, 53 agents et 11 aides à la décision.

    « C’est un tribunal harassé que vous avez devant vous », a-t-il lancé. Plus de 20% des référés de toute l’année ont été enregistrés et traités en juillet et août. « Le dévouement, le travail de week-end ou la réduction des vacances ne sont pas extensibles à l’infini. Nous avons atteint nos limites », alerte le chef de juridiction, qui réclame des « effectifs conséquents » et salue « la mobilisation extraordinaire du personnel ».

    Ainsi, à Marseille, les référés ont « littéralement explosé » en contentieux des étrangers, avec 368% d’augmentation ! « Rien que cette semaine, nous avons enregistré 200 requêtes en référés étrangers. » En cause, le dysfonctionnement de la plateforme ANEF, la simplicité à saisir le juge avec des recours sans avocat et rédigés avec l’IA, mais surtout, lance le président en s’adressant au préfet, « le fonctionnement du service des étrangers de votre préfecture » car « ces recours émanent d’étrangers auxquels il n’est pas répondu dans les délais et surtout à qui on ne délivre pas de récépissé ou d’attestation de prolongation d’instruction de leur demande. Des personnes qui parfois perdent leur travail, leur stage ou leurs droits sociaux ».

    Thierry Trottier a aussi déploré une baisse de 35% des médiations, pointant là encore l’état avec « des refus croissants des administrations d’entrer en médiation ». « Je le regrette d’autant plus que nous avons parfois signé des conventions nous engageant mutuellement à favoriser ce mode de règlement des litiges. »

    « Des constats,

    pas des allégations »

    La rapporteure publique, Audrey Houvet, a ensuite évoqué des décisions touchant le centre de rétention du Canet, des commissariats de police et des établissements pénitentiaires, afin « d’assurer le respect en toutes circonstances des personnes privées de liberté, de leur dignité et en premier lieu de leurs besoins primaires, la soif, la faim, l’hygiène et la sécurité ».

    Invitée d’honneur de cette audience solennelle, Dominique Simonnot, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté depuis 2020 : « Vous avez rendu des décisions d’une énorme importance, pas seulement pour les détenus. Je me souviens d’un jeune autiste qui était retenu en soins sans consentement alors qu’il avait été normalement admis dans une maison spécialisée, mais faute de place, il végétait totalement dans un service de psychiatrie ».

    Alors que son mandat s’achève en octobre, Dominique Simonnot a dit le « bonheur » ressenti à des décisions des juridictions administratives après ses recommandations en urgence, sur l’infirmerie psychiatrique, de la préfecture de police de Paris et le quartier de lutte contre la criminalité organisée de Condé-sur-Sarthe. « En tant qu’autorité administrative indépendante, nos recommandations se fondent sur des constats, pas des allégations. Dans les dernières semaines qui me restent, j’essaierai de peser, de dire qu’il faut plus de magistrats administratifs, plus de moyens », a-t-elle conclu.

  • Un collectif citoyen pour adapter la vallée de la Vallouise aux risques naturels

    Un collectif citoyen pour adapter la vallée de la Vallouise aux risques naturels

    « Notre vallée change sous l’effet du changement climatique et nous allons devoir nous adapter. » Le constat a été formulé en début de semaine, dans une lettre ouverte rédigée par le collectif citoyen de Vallouise-Pelvoux. La commune du Briançonnais avait été touchée par une crue torrentielle, fin août, et la route d’accès au Pré de Madame Carle avait été détruite. Se sentant impuissants, des habitants ont décidé d’agir en créant un collectif citoyen, qui regroupe déjà près de 350 membres.

    « Certains pensaient déjà avant à créer une forme de démocratie participative. Au moment de la crue, on s’est dit que c’était le bon moment », explique Sébastien, membre du collectif. Il décrit une inquiétude générale et légitime sur le risque de crues, alors que le village est situé en contrebas de plusieurs rifs et rivières. « Il y en a toujours eu, mais ça s’accélère, assure-t-il. Il n’y a aucune protection réelle et active, et la population ne se sent pas maître de son village. » D’autant plus qu’une crue peut aussi emporter la commune des Vigneaux et les hameaux en aval : « Ce qu’on ne fait pas en termes de protection a aussi un impact pour eux. »

    « Le temps de l’urgence »

    La gestion des risques est la priorité du collectif. Les enjeux autour de la reconstruction de la route du Pré de Madame Carle, principal accès au Parc des Écrins, est aussi au cœur du débat. Les autorités ont annoncé qu’elle ne sera pas reconstruite en son état antérieur. Cette décision a été « extrêmement rapide » pour le collectif, qui demande une réflexion collective. « On n’a pas tous le même avis entre nous, admet Sébastien. Mais on est conscient qu’il faut un collectif pour se faire entendre, et si besoin, pour faire pression sur les services compétents. » Pour ses membres, les réflexions entamées par les autorités ne vont pas assez vite, alors que l’on se trouve « dans le temps de l’urgence ».

    « Les enjeux sont trop importants pour que quelques responsables institutionnels définissent seuls la trajectoire de toute une vallée pour les prochaines décennies », souligne la lettre ouverte. Elle demande l’ouverture rapide d’une « véritable concertation citoyenne » sur l’adaptation de la vallée au changement climatique et aux risques naturels.

    Concrètement, le collectif propose la mise en place de plusieurs formes de participation : réunions publiques, ateliers en petits groupes, des temps de terrain réunissant habitants, acteurs locaux, techniciens et scientifiques, ou encore un questionnaire largement accessible à la population. « Tous ceux qui vivent ici possèdent une connaissance quotidienne du territoire, rappelle la lettre. Et cette connaissance doit être mise en regard de celle des scientifiques et des services de l’État. »

    Puisque d’autres événements extrêmes pourraient survenir dans les prochaines semaines, le collectif estime qu’il faut « agir vite, mais penser loin ». C’est-à-dire sécuriser et maintenir dès maintenant certains usages lorsque c’est nécessaire, mais aussi construire en parallèle une véritable stratégie de long terme. Car « d’une crue à l’autre, les mêmes questions reviennent, les risques évoluent, mais les réponses restent ponctuelles », alerte la lettre.

    « Il faut maintenant entamer un vrai travail en ce qui concerne l’habitabilité de notre territoire et les choix d’aménagement pour y vivre de manière durable », soutient Sébastien. Le collectif a déjà pu échanger avec Rémi Roux, maire de L’Argentière-la Bessée, et Joël Giraud, ancien maire de L’Argentière-la-Bessée et ancien député des Hautes-Alpes. « L’échange était constructif, ils sont aussi inquiets », assure-t-il.

    Pour la suite, le collectif espère devenir une association et envisage prochainement une première réunion publique avec les acteurs locaux.

  • [Maj] Fibre Excellence : après des incidents à Tarascon, le préfet exige le redémarrage de la station d’épuration

    [Maj] Fibre Excellence : après des incidents à Tarascon, le préfet exige le redémarrage de la station d’épuration

    Un arrêté pris en urgence ce jeudi 3 septembre par le préfet de région, Jacques Witkowski, exige le redémarrage de la pomperie au Rhône et de la station d’épuration sur le site de l’usine à papier SAS Fibre Excellence Provence de Tarascon. Liquidée en juillet par le tribunal de commerce de Toulouse, elle a été placée sous la responsabilité de liquidateurs judiciaires.

    Ces derniers ont obligation de veille à la mise en sécurité des installations sur le site. La CGT Fibre Excellence et l’UD CGT dénonçaient depuis plusieurs jours des risques importants pour l’environnement et d’incendie si toutes les mesures n’étaient pas respectées dans le process de mise à l’arrêt. Un document interne au site stipule que la présence de 34 personnes sur six mois serait requise pour une mise en sécurité du site. Leur proposition a été refusée par le mandataire judiciaire qui a préféré mettre une équipe mixte de neuf personnes en place.

    Ce mercredi 2 septembre, trois incidents se sont produits sur le site suite aux coupures opérées dans le réseau électrique par mesure d’économie et également imputables à des erreurs de manipulation. Une inspection menée sur le site le 2 septembre a fait le constat que « l’ensemble des substances, produits et déchets constatés lors de l’inspection du 31 août est encore présent ». Le site dispose d’une pomperie qui alimente grâce à l’eau du Rhône un système de défense incendie. Or, « il a été constaté que la SAS Egide, a procédé à l’arrêt de la pomperie et a été en incapacité de répondre sur les délais nécessaires à un redémarrage ».

    CQFD

    L’arrêt de la station d’épuration a également fait l’objet d’un constat par les inspecteurs. Or cette station intervient en traitement ultime avant rejet au Rhône. Le 1er septembre, un incident dont l’information n’a été communiquée à l’inspection des installations classées que le 2 septembre, souligne l’arrêté, était consécutif à la manœuvre d’une vanne de vidange et a conduit à l’écoulement de 50 m3 de liqueur noire dans une zone de rétention. « Cet incident montre qu’un incident de type déversement est susceptible de se produire sur le site » conviennent les inspecteurs.

    Dans son arrêté pris ce 3 septembre, le préfet confirme donc que les alertes des salariés meilleurs experts dans leur domaine étaient justifiées et considère après inspection que « cette situation constitue un manquement aux obligations réglementaires ». Il met en conséquence en demeure le liquidateur de « procéder immédiatement au redémarrage de la pomperie alimentant les hydratants du site (poteaux incendie, sprinkler, couronne d’arrosage) », ainsi que de la station d’épuration qui ne pourront « être arrêtés que sur demande justifiée et motivée et après accord explicite de l’inspection des installations classées ». Une information quotidienne des opérations réalisées le jour même et celles prévues le lendemain est aussi exigée. Le liquidateur n’a pas non plus « apporté de garanties sur sa capacité financière à évacuer les produits présents ».

  • [Entretien] François Batista, CGT : « Il y a toujours un espoir pour trouver un repreneur »

    [Entretien] François Batista, CGT : « Il y a toujours un espoir pour trouver un repreneur »

    La Marseillaise : Quelle analyse faites-vous de la situation de l’usine de Fibre Excellence Tarascon ?

    François Batista : Il faut, avant tout, avoir en tête que Fibre Excellence est un dossier qui a un impact départemental. Sa situation a une multitude d’effets sur plusieurs écosystèmes, avec des intérêts multiples pour plusieurs acteurs, comme le port de Marseille-Fos ou encore les centaines de forestiers qui fournissent l’usine en bois. Problème : nous avons eu une rencontre avec la Région, il y a deux semaines, non pas pour sauver l’outil industriel ou les emplois, mais trouver une porte de sortie pour le site… La Région Sud est la collectivité qui s’est le moins investie et qui a mis le moins de liquidités lorsqu’il y avait des projets de reprise pour éviter la liquidation du site. Elle est clairement moins impliquée que la Région Occitanie, qui a mis sur la table 13 millions d’euros, contre 2 millions et des brouettes pour la Région Sud. D’un autre côté, la CGT de Fibre Excellence a des propositions et des projets pour sauver le site et trouver un repreneur. L’usine a des avantages, elle produit de la pâte à papier dite « kraft », qui a une grosse demande notamment pour le carton et ses variantes. Il y a donc des possibilités réelles de débouchés et donc une reprise de l’activité. Les salariés ont un projet qui table sur un équilibre financier dans les 2-3 ans à venir, avec l’investissement nécessaire. En clair, même si le site est liquidé judiciairement, il y a toujours un espoir de trouver un repreneur et de sauver les emplois. Mais il y a urgence.

    Vous évoquez une urgence, pourquoi ?

    F.B : Le mandataire-liquidateur, qui a pris la main sur le site suite à la liquidation judiciaire, a la responsabilité de s’assurer de la sécurité du site, des personnes et de l’environnement. Le problème, c’est qu’il veut mettre en place des procédures d’arrêt du site qui rendraient très difficile tout redémarrage du site, notamment car une partie des installations s’abîmeraient. Il y a une vraie problématique de sécurité sur un site classé Seveso, avec des produits chimiques qui ne sont pas anodins et donc un risque industriel. L’enjeu est de respecter les normes environnementales pour maintenir l’outil industriel, le plus longtemps possible, en état de service. On estime à plusieurs mois le temps de vider et évacuer l’ensemble des produits du site. Il y a donc le temps de trouver un repreneur, si l’arrêt est fait en bonne et due forme. Garantir la sécurité du site, c’est procéder à un arrêt qui empêche tout impact environnemental et protège les installations. Ce mardi, il y a plusieurs incidents sur des vidanges. Il y a d’ailleurs eu plusieurs arrêtés préfectoraux pris pour encadrer l’action du liquidateur. C’est la preuve que le risque industriel qu’on évoque est réel.

    En quoi la fermeture définitive du site serait un non-sens industriel ?

    F.B : C’est très simple : redémarrer l’outil serait de l’ordre de quelques millions d’euros. Pour le démanteler, le dépolluer, on est sur plusieurs dizaines, voire des centaines de millions d’euros. Au-delà de ça, c’est une question de souveraineté industrielle, de garder une expertise et un savoir-faire.

  • À Pra Loup, les habitants privés d’eau potable

    À Pra Loup, les habitants privés d’eau potable

    Privés d’eau potable depuis plus de deux semaines à la suite d’intempéries d’une ampleur exceptionnelle, les vacanciers de la station de ski de Pra Loup et les habitants d’Uvernet-Fours vont encore devoir tenir une semaine avant de retrouver l’eau courante « en fin de semaine prochaine », selon la Saur, la compagnie des eaux.

    « Il y a eu des épisodes de sécheresse en amont, couplés aux événements orageux qui en montagne sont assez violents. Là, ils ont été très violents et très localisés. Ça a contribué à cette situation qui est exceptionnelle. On ne l’a jamais observée dans cette ampleur dans la région Paca », souligne Mélanie Teyssier, directrice régionale des exploitations Saur. « Il y a eu des intempéries d’une ampleur exceptionnelle et de très grosses crues, qui ont modifié le lit du Bachelard, qui a descendu de plus d’1m50. Cela a fait descendre les niveaux des nappes, et donc on n’arrivait plus à pomper », détaille Stéphane Bertin, chef de secteur pour la Saur. Le 9 août, au moment de l’orage, s’inscrit dans une période où la station de ski est particulièrement fréquentée par les touristes et les propriétaires de maisons secondaires marseillais, aixois ou encore parisiens. « On devait avoir entre 10 000 et 15 000 personnes sur Pra Loup, donc on avait une consommation journalière énorme. Les sources n’ont pas suffi », ajoute le chef de secteur.

    L’interdiction de boire l’eau du robinet « est une préconisation. Suite aux événements pluvieux, nous n’avions plus d’eau sur les forages, sur lesquels nous avons fait des travaux depuis. Pour pouvoir pallier le manque d’eau, on a ouvert un lac de retenue. Comme ce n’est pas la ressource habituelle qui est surveillée et maîtrisée, c’est un principe de précaution que l’ARS a mis en place », explique Mélanie Teyssier. Les habitants peuvent ainsi utiliser l’eau du robinet pour se doucher ou tirer la chasse, mais ne doivent pas la boire ou l’utiliser pour laver des nourrissons. « Pour pallier cette restriction, nous avons fourni des eaux en bouteille et mis des points de distribution pour que les gens puissent disposer d’une eau pour leur alimentation », détaille Mélanie Teyssier. Le taux de chlore a été augmenté pour dissuader de boire l’eau du robinet.

    « J’ai eu peur

    pour mon bébé »

    « J’ai eu peur quand, lors d’une distribution d’eau, on m’a dit de faire attention pour mon bébé et de ne pas le laver avec l’eau du robinet », confie Marion Marchetti, vacancière aubagnaise venue avec son mari et ses trois enfants, dont l’un n’a que 4 mois. « C’est quand même fou que cela dure autant », lance son compagnon, Luc Marchetti. Un avis partagé par une famille venue du Var dans leur maison secondaire : « On a du mal à comprendre pourquoi cela dure autant, et comment, en trois semaines, ils n’ont pas trouvé de solution. Tous les ans, il y a des orages, mais jamais de coupure d’eau potable aussi longue ».

    Malgré ces premières inquiétudes et incompréhensions, habitants et vacanciers restent relativement sereins et se sont habitués aux restrictions et aux allers-retours quotidiens pour se fournir en bouteilles d’eau à l’office de tourisme ou à la mairie.

    Patrick Beau, vacancier parisien venu avec sa compagne pour l’été, s’inquiète lui pour sa santé. « J’ai des problèmes rénaux, et, comme on n’a le droit qu’à un pack d’eau par jour, pour cuisiner, se laver et boire, je dois me restreindre et boire moins. Heureusement, on part dimanche ! », s’impatiente-t-il. « Ce qui est terrible, c’est qu’il n’y a pas de visibilité. J’ai l’impression que cela va durer », déplore le sexagénaire : si la Saur dit prévoir un retour à la normale en fin de semaine prochaine, ni les habitants, ni les élus n’en étaient informés jeudi. « Ce qui fait qu’on en parle, c’est que c’est arrivé le week-end du 15 août, un week-end d’affluence », pendant lequel la population a été estimée à 12 000 habitants par la préfecture, constate Arnaud Gaston, conseiller municipal. « Il y a vraiment un élan de solidarité », se réjouit-il, alors que de nombreux bénévoles ont prêté main-forte pour les distributions de bouteilles d’eau.

    Pour tenter de réalimenter la nappe phréatique, la Saur a construit une digue provisoire, « dans l’urgence », explique Stéphane Bertin. C’est ce type d’installations qui devrait permettre de rétablir l’eau potable la semaine prochaine. Sa consommation pourra à nouveau être autorisée ou pas en fonction des résultats des analyses de l’ARS, qui doit donner son feu vert. Le niveau du cours d’eau du Bachelard, qui alimente la commune, est pour l’instant encore très bas, et garde un aspect très trouble, couleur béton.

  • Les locataires des Bourrely privés de gaz

    Les locataires des Bourrely privés de gaz

    Un mois sans gaz et des angoisses… Depuis l’installation de détecteurs de monoxyde de carbone, mi-juin, les habitants des Bourrely Perrin (15e) subissent des coupures intempestives à la moindre alerte. Résultat : plus d’eau chaude, plus de possibilité de cuisiner. « Dans mon immeuble, les marins pompiers et GRDF nous ont dit que moins deux, ça explosait » assure Cynthia, qui témoigne de ruptures de service touchant des appartements ou carrément un de la trentaine de bâtiments de cette cité construite en 1965. Entourée d’autres habitants en colère, réunis ce vendredi 10 juillet devant le centre social, elle raconte le manque d’information, la peur d’absorber un gaz inodore et dangereux.

    « Vous vous rendez compte ? On a ici des personnes très âgées mais aussi des enfants en bas âge, des mamans seules, tout ça en pleine canicule » poursuit-elle. L’une d’entre elles, Yamina, a pris ces deux petits sous le bras pour être hébergée chez une amie. « Mes enfants ont été hospitalisés parce qu’ils avaient relevé 490 ppm dans l’air chez moi » affirme la jeune femme quand une exposition à 400 ppm après 3 heures cause des maux de tête intenses.

    Le sommet de l’iceberg

    La mairie de secteur a ouvert le stade de La Martine pour permettre à ceux qui le peuvent de venir prendre une douche. Une réunion s’est tenue en urgence jeudi après-midi avec un représentant de Treize Habitat. « On nous a expliqué que les pigeons ont fait leur nid dans les bouches d’aération empêchant l’air de circuler et on nous a distribué des plaques électriques qu’on nous demande de restituer par la suite car le problème va se reproduire » s’indigne la jeune femme.

    Surtout ces coupures ne sont que le sommet de l’iceberg des « conditions de vie déplorables de près de 5 000 personnes précaires » résume Cynthia. Photos à l’appui, chacun témoigne des moisissures sur les murs, des colonnes d’évacuation amiantées qui débordent, des fuites d’eau qui provoquent des charges indues, du balcon dont les rambardes tiennent avec des bouts de ficelle… « On va se constituer en collectif, aller à la maison de l’avocat pour entamer un recours » promet Cynthia.

    De son côté, la direction de Treize Habitat précise dans un communiqué que « plusieurs logements du bâtiment 15 » sont concernés et qu’une « dizaine de locataires a été prise en charge pour des gênes respiratoires, sans gravité ». Le gaz a été coupé « par mesure de sécurité » et « ne pourra être rétabli qu’après diagnostic de Qualigaz ». La direction du bailleur ajoute que « dans l’attente, des plaques d’appoint vitrocéramiques, électriques, ont été distribuées aux locataires présents » et que « tout est mis en œuvre pour rétablir le gaz le plus rapidement possible ». Elle impute le problème « aux fortes chaleurs actuelles, qui ralentissent la bonne ventilation dans le bâtiment et l’aspiration verticale naturelle du monoxyde de carbone par les gaines » et se félicite que les détecteurs de monoxyde de carbone installés par ses soins dans les logements aient « joué pleinement leur rôle ».

  • L’arrêté de fermeture du Marché du soleil jugé illégal

    L’arrêté de fermeture du Marché du soleil jugé illégal

    Les juges ont relaxé George Dahan dans le volet sur la sécurité du marché. Le patron du Marché du soleil était jugé pour des manquements à la réglementation ERP d’octobre 2023 à février 2026, date de la fermeture effective pour 6 mois prise par arrêté préfectoral.

    Le tribunal a jugé que l’arrêté municipal de fermeture du 24 janvier 2023 était illégal, faute d’avoir été précédé d’une mise en demeure. Me Stéphane Ceccaldi a fait mouche en arguant que « ce vice substantiel fait disparaître l’infraction ». Un arrêté de fermeture ne peut être pris qu’« après mise en demeure restée sans effet de l’exploitant ou du propriétaire de se conformer aux aménagements et travaux prescrits ou de fermer son établissement dans le délai imparti ».

    L’arrêté de janvier 2023 évoquait certes un courrier de mise en demeure du 2 juillet 2019, mais qui se rapportait au premier arrêté inappliqué du 10 juin 2008 pris à la suite d’un incendie… « Il existe en réalité une seule mise en demeure au dossier, datée du 6 octobre 2023, donc postérieurement à l’arrêté. » Un camouflet qui interroge sur la tolérance de la commission communale de sécurité avec 25 procès-verbaux d’avis et de préconisations signés depuis 2010. « Comment la Ville pourrait-elle invoquer une urgence quand l’arrêté de fermeture initial avec prescriptions de travaux est du 20 juin 2008 ! », plaidait Me Ceccaldi. S’agissant du 3e et dernier arrêté municipal de fermeture du 28 novembre 2023, ses deux mises en demeure sont encore postérieures.

    Sur le délit de mise en danger délibérée de la vie d’autrui par violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité, le tribunal estime que, certes un certain nombre de désordres ont été relevés, mais qu’il n’est pas démontré un « risque de mort et de blessures immédiat et direct ». Si la Ville a attendu le 17 février 2026 pour dégainer un arrêté de mise en sécurité d’urgence, il ne concerne qu’une partie d’un bâtiment en fond de cour.

  • Une vie digne pour tous

    Une vie digne pour tous

    Les voyants d’alerte de la crise du logement n’en finissent plus de clignoter. Dans notre région la situation est particulièrement grave. Alors que le Droit au Logement a valeur constitutionnelle, sa traduction dans la loi crée les conditions de son non-respect.

    L’objectif de 25% de logements sociaux par commune est sanctionné par… des amendes. Des candidats aux élections municipales, des maires font donc de l’infraction à la loi leur programme.

    De même, le « Droit au logement opposable » institué dans la loi, abouti désormais à des sanctions financières pour l’État, plutôt que l’amélioration des conditions de vie des ménages qui en ont le plus besoin.

    446 000,00 euros à payer pour l’État rien que l’année dernière concernant la région Provence-Alpes-Côte d’Azur !

    Mesures concrètes

    Il est plus que nécessaire de prendre des mesures concrètes pour résoudre la crise du logement. Les textes incitatifs, déclaratifs, verbeux, ont fait la preuve de leur insuffisance.

    Pour cela, la relance de la construction de logements avec des quotas réellement contraignants de logements sociaux doit être une priorité, plutôt que de ponctionner les bailleurs sociaux, l’État doit exiger d’eux un nouvel élan de constructions et de rénovations, conforme aux attentes de notre temps. Une régulation nationale des meublés touristiques qui assèchent le nombre de logements disponibles doit être mise en œuvre.

    Enfin, la question de la réquisition des logements vacants doit être posée pour répondre à l’urgence. Il n’est pas supportable que le droit de propriété prime sur le droit à une vie digne.