Tag: accueil

  • Le centre d’action sociale d’Aubagne sur le pont en période de canicule

    Le centre d’action sociale d’Aubagne sur le pont en période de canicule

    Dangereuses pour les populations vulnérables, les vagues de chaleur peuvent s’avérer particulièrement menaçantes pour les personnes sans domicile fixe (SDF), dépourvues d’un espace frais où se réfugier. Conscient des risques encourus pour les personnes sans-abri, le Centre communal d’action sociale d’Aubagne (CCAS) a cet été redoublé d’efforts en période de vigilance orange canicule. « Nous avons élargi nos horaires d’accueil, détaille Elies Hannai, responsable de la Maison du partage, centre d’accueil géré par le CCAS. En plus du matin, les locaux étaient ouverts au public l’après-midi de 14h à 18h. Nous avons également multiplié les maraudes, avec une à deux tournées en plus l’après-midi ». Eau, brumisateur, thé, café ou petit en-cas… les distributions se sont donc intensifiées pour prévenir au mieux des risques caniculaires. Un rythme de déplacement qui a aussi permis d’inviter plus de monde à venir profiter, pour quelques heures, de la fraîcheur de la Maison du partage, installée dans un ensemble de solidarité regroupant le Secours populaire, les Restos du cœur, la Croix rouge et l’épicerie sociale et solidaire du CCAS.

    La rue tue aussi l’été

    Contrairement aux idées reçues, la rue tue presque autant l’été que l’hiver. D’après les chiffres collectés par le Collectif des morts de la rue (CMDR), entre 2011 et 2021, 36,5% des décès de personnes SDF sont survenus en hiver (entre décembre et mars), contre 30,9% en été (entre juin et septembre). « La saisonnalité montre une légère prédominance hivernale mais les risques persistent toute l’année, avec notamment des décès liés à la chaleur et à la déshydratation pendant les périodes de fortes chaleurs, particulièrement dans les régions méditerranéennes et ultramarines », analyse en ce sens le rapport 2024 du collectif. Et à la problématique des températures s’ajoute, en été, celle de l’isolement, avec, pendant les vacances, une diminution du nombre de bénévoles mobilisés et des structures d’accompagnement ouvertes. « À l’image de Noël, l’été est un moment de détresse morale importante. Les gens partent en vacances (…) les rues se vident progressivement, donc (…) l’isolement est plus fortement ressenti », détaille dans Libération Vincent Baron, coordinateur d’un centre d’accueil à Montpellier. Le CMDR le rappelle cependant régulièrement : « Ce ne sont pas les saisons ou les conditions climatiques qui tuent mais plutôt les mauvaises conditions de vie ».

  • Au centre d’hébergement de Lorgues, la solidarité pour réchauffer le cœur des évacués de l’incendie du Gros Bessillon

    Au centre d’hébergement de Lorgues, la solidarité pour réchauffer le cœur des évacués de l’incendie du Gros Bessillon

    Samedi, midi et demi. L’heure du repas au centre d’hébergement de la salle François Mitterrand de Lorgues, où étaient accueillies jusqu’à 90 personnes évacuées en provenance du Val, de Montfort-sur-Argens et de Carcès, entre vendredi et dimanche. Dans les assiettes, taboulé fait maison, gigot d’agneau et boulettes de bœuf. Et surtout, une bonne dose de réconfort pour celles et ceux dont le quotidien a à nouveau été bouleversé par la reprise de l’incendie du Gros Bessillon vendredi. « À Carcès, on avait été très bien accueillis mais on n’avait eu que des sandwichs, là c’est un vrai bon repas » saluent Jacqueline et Frédéric, couple de retraités vivant à Montfort, dont c’est la deuxième évacuation. Ils passent la journée au centre, mais dorment dans un studio généreusement mis à disposition par une habitante de Lorgues, au vu de leur santé fragile.

    Un élan de solidarité dont ils n’ont pas été les seuls à profiter. À leur table, Alexis, lui aussi résident de Montfort, a été contraint d’évacuer dans la précipitation, hâté par les cris des gendarmes venus sommer la population de plier bagage vendredi après-midi. « Je ne voulais pas partir, je suis resté dans le secteur, mais j’ai fini par ne pas avoir le choix », avoue-t-il, encore marqué par la vision « de la colline de Montfort dévorée par les flammes ». Toutefois, s’il n’a pas dormi de la nuit, c’est moins par inquiétude que pour l’avoir passée à discuter avec un élu lorguais, venu tenir compagnie aux évacués. « Je retiens davantage le merveilleux accueil qu’on a reçu que la peur du feu », s’émeut-il. À ses côtés, Maryline, sa voisine, qu’il a embarqué avec lui au moment de fuir. Tous deux ont tout juste eu le temps de préparer quelques bricoles et de prendre leurs animaux de compagnie sous le bras. « Ce matin, un bénévole m’a amené des affaires de rechange et d’hygiène », explique-t-elle. « J’avais oublié ma brosse à dents, et sans rien demander, on m’en a ramené une avec du dentifrice dans l’heure », ajoute Alexis, reconnaissant au point de vouloir emménager dans la commune dans les prochains mois.

    « C’est la Provence noire, plus la Provence verte »

    Rien de plus naturel pour celles et ceux qui donnent de leur temps. C’est déjà la deuxième fois en l’espace de quelques jours, « et jamais deux sans trois », plaisante Jean-Louis, l’un d’entre eux, sous les protestations des autres, qui aimeraient voir la situation se calmer. Parmi eux, Pouranne Weise, conseillère municipale. Arrivée à Lorgues il y a quelques années, elle a décidé de s’y engager pour « l’esprit des habitants. Les gens sont très accueillants, à l’écoute des autres. » Illustration : au-delà des vivres et des vêtements, fruits de dons de particuliers, et de dotations du Secours Populaire, de la préfecture et de la mairie, une habitante, psychologue à la retraite, est venue écouter ceux qui en avaient besoin samedi matin.

    Malgré tout, l’inquiétude reste dans un coin des têtes. « On va peut-être revenir dans une commune qu’on ne connaît pas », se prépare déjà Alexis. Verdict le soir-même, puisque les habitants de Montfort ont pu regagner leurs habitations au vue de l’évolution positive de la situation, le cœur du village ayant été épargné. La question de l’origine du feu revient aussi, forcément. « J’en suis persuadée, c’est prémédité », n’en démord pas Jacqueline, contrariée par « un sentiment d’impuissance » et qui imagine même « un complot d’État » comme explication à ces incendies intempestifs. Maryline, elle, redoute « des actes terroristes avec tous ces départs de feu simultanés. Quand on a annoncé l’incendie fixé, je pensais que c’était fini. J’ai l’impression d’être dans un film d’horreur ». Quoi qu’il en soit, elle sera désormais intransigeante : « Si je vois quelqu’un jeter son mégot, je n’hésiterai plus à appeler la police », assure-t-elle, dépitée par le coût de l’irresponsabilité, qui change « la Provence verte en Provence noire ».

  • La nouvelle base nautique d’Ubaye-plage ouvre ses portes

    La nouvelle base nautique d’Ubaye-plage ouvre ses portes

    Parkings, bâtiment, plages, ponton, cale de mise à l’eau, espace de restauration et commerces. « L’ensemble constitue désormais un véritable pôle de loisirs et d’accueil au service des visiteurs, des habitants et des acteurs locaux », explique les initiateurs de ce projet d’importance, destiné à « moderniser » et rendre plus attractif du lac de Serre-Ponçon.

    Jean-Michel Tron, le maire d’Ubaye-Serre-Ponçon, Victor Bérenguel, le président du syndicat mixte d’Aménagement et de développement de Serre-Ponçon ainsi que Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région et la présidente du conseil départemental, Eliane Barreille, ne tarissent pas d’éloges pour cette réalisation qui a demandé près de 5 millions d’euros d’investissements cofinancé par les différentes collectivités ainsi que le Fonds Vert.

    L’enjeu est « considérable », soulignent les élus, « Serre-Ponçon constituant un atout central de la vallée, et l’adaptation de ses infrastructures au changement climatique est une priorité pour le territoire ».

    Un projet qui en appelle d’autres

    « Ubaye plage » constitue « l’un des tout premiers sites finalisés dans le cadre du plan de résilience de Serre-Ponçon, il s’agit d’un aménagement exemplaire visant à être progressivement décliné sur l’ensemble des pôles nautiques de la retenue, notamment pour sécuriser l’accès à la baignade et aux activités nautiques en cas de baisse importante du niveau de remplissage de la retenue », est-il précisé dans le communiqué.

    Et au président de la Région de souligner qu’au-delà de l’aspect récréatif et de loisirs le nouvel équipement permet de « soutenir les activités touristiques et économiques locales et d’adapter les infrastructures et de lutter contre le dérèglement climatique ».

  • La surpopulation carcérale, principale source d’indignité

    La surpopulation carcérale, principale source d’indignité

    « C’est une visite de contrôle, c’est aussi notre rôle », explique le député de L’Après qui poursuit son inspection des lieux de privation de liberté. Les premières visites des parlementaires dans les centres de rétention administrative (CRA) des prisons et des centres éducatifs fermés pour mineurs ont donné lieu à des rapports qui tendent à redresser la barre de la dignité.

    « Le dernier rapport issu de ces visites a été suivi d’une injonction du bâtonnier avec ordonnance du tribunal en 2025 et la plupart des recommandations ont été respectées », relève Hendrik Davi en ressortant du commissariat de Noailles où il a fait le tour des huit cellules individuelles et d’une cellule collective de garde à vue. Il détaille : « Il y a eu un effort sur le traitement des nuisibles, rats et cafards, autant que se peut dans un environnement qui est également soumis à cette problématique. » Il a encore constaté « le nettoyage des cellules est devenu quotidien et les matelas sont désinfectés tous les 15 jours » et « l’accès possible à l’hygiène pour les femmes ».

    Rapports et recours

    Mais ces améliorations trouvent leurs limites dans la suroccupation. « Deux, dont parfois des étrangers et des mineurs, par cellule individuelle et quatre pour celle de deux places, donc un matelas sur deux posé directement à terre », regrette le député. Un vrai problème dans 7m2. Mais aussi avec un effectif de seulement trois policiers à la surveillance de la garde à vue. « Ne serait-ce que pour faire le ménage, car il faut sortir les deux détenus en toute sécurité », précise Hendrik Davi.

    « Ce qu’on constate c’est que depuis que des visites se font et se multiplient dans les centres de privation de liberté et qu’ils sont suivis d’ordonnances, c’est que des améliorations se font. Des climatisateurs ou des boutons d’urgence ont été installés », souligne Valentin Loret, membre du Syndicat des avocats de France (SAF). Rapports, recours et ordonnances ont des effets positifs. Dans la mesure du possible. Car la surpopulation carcérale tient avant tout à une question d’organisation. « Ce point ne peut être réglé que par le préfet et le procureur de la République. Nous les interpellons pour qu’ils prennent les dispositions nécessaires », précise l’avocat.

    Aux Baumettes, le nouveau centre pénitentiaire s’inscrivait dans un plan immobilier pénitentiaire destiné à lutter contre la surpopulation. Le taux d’occupation y est encore aujourd’hui de 170% (lire ci-contre). Le contrôleur général de ces lieux avait conclu pour 2025 à une augmentation de la suroccupation. Or, la proposition de loi en cours d’examen au parlement qui envisage de rétablir les très courtes peines de prison ferme et d’abroger la « quasi-obligation » pour les juges d’aménager les peines de moins d’un an va à l’encontre de cet objectif de diminution.

  • Un nouveau lieu d’accueil en commun pour la jeunesse à Avignon

    Un nouveau lieu d’accueil en commun pour la jeunesse à Avignon

    La porte des possibles. Depuis six mois, l’association les Petits Débrouillards et le point accueil écoute jeunes (PAEJ) du Planning familial ne sont séparés que par cette porte communicante. Les deux structures sont en effet en colocation, sur 200 m2, au 3e étage de l’immeuble le Vinci, et ont inauguré leurs locaux ce mardi. Le bâtiment, place Farnèse sur la Rocade, y abrite déjà la Mission locale et le Planning familial. Un même lieu, aux missions différentes, mais tourné vers l’émancipation de la jeunesse.

    « Chacun déménage dans un contexte différent, décrit Sonia McComarck, écoutante et coordinatrice du Paej. Nous étions dans un local à la Barbière devenu trop étroit et insécurisant pour tout le monde. » Le quartier a connu plusieurs épisodes de violence, difficilement tenables surtout quand on œuvre en rez-de-chaussée. Qui plus est, « le lieu manquait de confidentialité, ici le site est bien plus anonyme, on ne peut pas deviner où se rend le jeune quand il entre dans le bâtiment », poursuit Sonia McCormack.

    Un accueil anonyme et gratuit pour les 12-25 ans

    Côté Petits Débrouillards, l’association de médiation scientifique, présente en Vaucluse depuis 25 ans, était aussi à l’étroit dans ses locaux à quelques encablures de là. « Au départ, on était même voisin du Planning familial qui était dans l’appartement à côté avant de venir ici, on a déjà travaillé ensemble sur les questions d’éducation à la sexualité où on a apporté des outils interactifs », décrit Solène Merer, directrice régionale des Petits Débrouillards.

    Si pour l’heure, les deux structures colocataires finissent de prendre leurs marques, « tout est à construire », selon la coordinatrice du Paej, « l’idée est d’avoir des projets communs autour de la jeunesse et l’égalité femmes-hommes », abonde Solène Merer. « Dans un contexte de fragilité accrue de la jeunesse, cet accueil est indispensable », loue Suzanne Bouchet, vice-présidente (DVD) en charge de l’enfance et des solidarités. « Il y a un constat partagé autour de l’isolement, de la précarité et de l’accès aux droits de la jeunesse, le Paej a depuis cinq ans trouvé son public », abonde Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial 84. Créé en 2021, le Paej accompagne quelque 130 jeunes individuellement par an et plus de 2 000 lors d’initiatives collectives comme des forums. « On s’adresse aux 12-25 ans de manière généraliste, gratuite et anonyme, pour un soutien social ou psychologique et de médiation en santé, expose Sonia McCormick. On est l’un des rares lieux désinstitutionnalisés qui offre une pause. »

  • Marseille: ces nouveaux citoyens devenus français en préfecture

    Marseille: ces nouveaux citoyens devenus français en préfecture

    Ces personnes, originaires de 23 pays différents, accèdent ainsi à la nationalité française. À cette occasion, La Marseillaise a été interprétée par les jeunes musiciens de Les petits Violons des Calanques.

  • L’aire des gens du voyage d’Aubagne fête ses 35 ans d’accueil

    L’aire des gens du voyage d’Aubagne fête ses 35 ans d’accueil

    Nichée au creux du vallon sur la route de La Ciotat, l’aire affiche complet en toute saison. Comme toutes celles de la métropole. Mais jeudi, ce sont les invités qui étaient en nombre. Partenaires sociaux, salariés de la Varappe et LVD Environnement, ouvriers du chantier d’insertion Evolio qui entretiennent les collines et résidents se sont retrouvés autour d’un repas partagé, d’une exposition sur l’histoire de l’aire et d’un concert.

    « Un succès. Mais pas autant que celui du jour de son inauguration, en 1990 quand 150 caravanes venues de Campagne Rousse ont débarqué », rappelle Kheira Miloud, responsable du site, qui le dynamise avec des jardins. La demande était forte. Et elle le reste tout autant aujourd’hui. « C’est le même problème qu’avec le logement social, on manque de places, de foncier », regrette Benjamin Vives, directeur de la Varappe, qui note une augmentation et une diversité des besoins. « Au-delà des gens du voyage, il y a des travailleurs pauvres, des gens temporairement sans solution de logement, des personnes en très grande précarité qu’on aide et accompagne pour leur accès aux soins, aux droits. »

    L’aire est une des rares qui accueille également un petit centre social avec des activités régulières, une permanence d’assistantes sociales, de la CAF, un service de domiciliation et d’aide à l’insertion par l’emploi. « 80% des résidents qui séjournent ici sont en emploi, chez Salad2fruits, la Fermière, la Maison Corsiglia ou la Ressourcerie, on en a même un qui travaille à Berre… », précise Kheira. Par ailleurs, ni en zone Seveso, ni à proximité d’une décharge, ni entre une autoroute et une voie ferrée, ni même sous des pylônes haute tension, ou tout à la fois, l’aire est très prisée. « Sa contrainte est d’être en zone inondable, à côté du Merlançon, on ne peut pas agrandir, relève la gestionnaire, mais les aires de petite taille sont plus gérables. » Plus qu’une série d’emplacements pour caravanes, c’est « un lieu de vie qui a ses hauts et ses bas, comme dans toutes les familles », résume Benjamin Vives « heureux » des travaux de rénovation des locaux associatifs et des sanitaires réalisés il y a deux ans.

    Nécessité et choix de vie

    Quarante personnes y vivent actuellement, dont un bébé de deux ans et un nouveau-né à venir. Si les places sont attribuées pour trois mois, des dérogations « pour scolarisation, raison de santé » sont accordées. Patriarche de 64 ans, Jean-Marie Demestre, rémouleur, assure y vivre « depuis toujours, comme mon père. Parfois on bouge un peu, à Saint-Menet, mais comme je suis handicapé, j’ai une dérogation ». Il se dit satisfait du changement : « Des fleurs et des douches neuves. On a besoin de peu pour vivre. »

    Jacques et Pauline Dubois ont pour leur part « retrouvé la vie en caravane qu’on a connue avec nos parents, après avoir quitté la cité la Marie à Marseille à cause du deal, de soucis de voisinage ». Ils sont sur l’aire depuis quatre ans avec leurs deux filles et souhaiteraient « rester, par choix de vie ». Comme Ian Hunt, Canadien, chanteur du groupe B4Gman qui joue pour les invités et résident de l’aire depuis 7 mois « arrivé par nécessité ». Il a adopté le nomadisme, « par goût de la liberté ». il avoue : « C’est ma plus belle expérience en 10 ans. »

    La ville de La Ciotat n’a toujours pas d’aire d’accueil malgré ses obligations

    La course de lenteur dans laquelle s’est lancée la ville de La Ciotat se poursuit encore. Un « terrain » très ex-entré, situé aux abords de la route de Marseille avait bien été sélectionné dans les années 2000 pour répondre aux exigences légales, mais d’études en expertises, celui-ci s’est avéré « impossible » à aménager plus d’une décennie plus tard. Ce qui n’a jamais empêché à la commune de faire appel aux forces de l’ordre pour déloger les caravanes garées sur les parkings, aires de stationnement et autres terrains non équipés. Le préfet des Bouches-du-Rhône vient de remettre un coup de pression aux élus en leur demandant de choisir cette année, un terrain pour une future implantation. Tout reste à faire. S.F.

  • [Entretien] Secours Populaire du Gard : « Ces jeunes peuvent vivre un moment unique »

    [Entretien] Secours Populaire du Gard : « Ces jeunes peuvent vivre un moment unique »

    La Marseillaise : C’est quoi le projet « Famille de Vacances » ?

    Luisa Benbouzid : Le projet Famille de Vacances, c’est un projet de mise en relation de familles ou de particuliers partout en France avec des enfants issus de milieux modestes qui n’ont pas la chance de pouvoir partir en vacances. Ces familles sont issues de tous horizons et parfois ont même déjà des enfants. Par exemple, en 2025, on a eu une famille qui avait déjà 3 enfants qui a accepté de recevoir un enfant du Secours populaire et qui revient encore cette année. En 2025, dans le Gard, nous avons réussi à loger 7 enfants dans 7 familles différentes. Pour 2026, on espère pouvoir en faire autant, voire peut-être même plus. Actuellement, on recherche des familles jusqu’au 8 avril pour finaliser les candidatures et pouvoir entrer en contact avec elles. Cette année, les deux créneaux de dates d’accueil des enfants par les familles sont du 15 au 29 juillet et du 29 juillet au 12 août.

    Qu’est-ce que ça représente ces vacances pour ces enfants ?

    L.B. : L’initiative Famille de Vacances, c’est une réelle échappatoire pour de nombreux jeunes dans le besoin. Une partie de ces enfants n’a jamais vraiment voyagé ou eu l’occasion de partir de chez eux. Pour certains, ils n’ont connu que les barres d’immeubles des grandes villes d’Île-de-France et ne connaissent pas la campagne ou d’autres espaces en France, c’est un dépaysement pour eux. Nous, on le ressent chaque année, à la fin du voyage, on récupère des enfants avec le sourire qui ont pu, grâce à ces familles, avoir un véritable moment de pause dans leur quotidien.

    Ça veut dire quoi devenir une famille d’accueil pour le Secours Populaire ?

    L.B. : Devenir famille d’accueil pour le Secours Populaire, ça veut avant tout dire être ouvert sur les autres. C’est pouvoir partager un moment d’échange unique avec des enfants issus de milieux populaires. Nous, dans le Gard, on reçoit surtout des enfants en provenance d’Île-de-France. Ces jeunes, grâce aux familles accompagnées par le Secours Populaire, peuvent vivre un moment unique et souvent intergénérationnel.

    Propos recueillis par Thomas Bonnel

  • Quatre gares touchées par une grève d’un sous-traitant

    Quatre gares touchées par une grève d’un sous-traitant

    On va perdre plusieurs centaines d’euros avec la reprise ! » Bruno Bilny, représentant syndical CGT pour l’entreprise PY Facility, s’inquiète du passage des salariés sous pavillon d’Onet Accueil d’ici le 1er avril. Une inquiétude telle qu’une « cinquantaine de salariés » sont en grève, depuis ce samedi 14 mars, dans les gares de Marseille Saint-Charles, de Toulon, d’Aix-TGV et Avignon-TGV.

    Un passage dans le cadre d’un appel d’offres, lancé par la SNCF qui est donneuse d’ordre sur le marché de l’accompagnement des personnes à mobilité réduite (PMR). « On fait monter et descendre les personnes à mobilité réduite dans les trains, on les aide et accompagne », explique Amandine Benoit, également représentante CGT. D’habitude, les reprises se déroulent sans accroc : « Tous les 5 ans, nous sommes soumis à des appels d’offres, avec souvent des reprises, il n’y a jamais eu de problèmes. » Mais cette fois, il y a un couac puisque le transfert ne concerne pas « les conquis sociaux précédents ». Les salariés perdraient « tickets restos, chèques vacances et Noël » tout en payant « une mutuelle plus chère ». Cerise sur le gâteau : « Notre 13e mois, la prime d’été, le dimanche payé double, tout est indexé sur le salaire. Là, la nouvelle direction a annoncé que tout allait être mis en une prime fixe et pas indexée », conclut Bruno Bilny.

  • Un accueil de jour public pour les sans-abri à Marseille

    Un accueil de jour public pour les sans-abri à Marseille

    Installé dans les locaux des anciens ateliers Lieutaud, l’espace convivial au numéro 41 du cours éponyme, est déjà une adresse qui compte. À peine ouverte, mardi 24 février dans la matinée, que déjà un homme passait la porte pour se poser devant un café, « informé par les maraudes du Samu social » de l’existence de ce nouveau lieu.

    Franchi le seuil de ces quelque 100 m² rénovés, on oublie presque qu’on est sur une des artères les plus bruyantes du centre. Les doubles vitrages font le job et le hall donne sur un grand salon dont les lumières tamisées réchauffent les ocres des murs. Un grand écran, un coin ordinateur, deux canapés et des petites tables complètent le décor pour une ambiance cosy. L’ADJ propose également 24 casiers équipés de prise électrique, de toilettes, d’une douche PMR, d’un lave-linge, d’un sèche-linge, d’une tisanerie et deux pièces réservées à la permanence en soins infirmiers et aux entretiens sociaux pour la confidentialité. « On a prévu une jauge de 25 personnes pour que cela reste confortable, mais on s’adaptera aux besoins », annonce Lauriane Staphorst, directrice de l’innovation sociale et de la coopération.

    Une équipe de six agents visiblement très motivée est chargée d’animer l’ADJ de 9h à 16h30 du lundi au vendredi. « Des postes ouverts et pilotés par la fonction publique ? J’ai immédiatement postulé », confie un travailleur social venu du secteur associatif. Les personnes en grande précarité trouveront une aide à leurs démarches administratives. « Quand une personne sur deux à la rue ne dispose d’aucune ressource, le fil rouge des politiques sociales de la Ville, c’est l’accès aux droits », rappelle Audrey Garino, adjointe au maire déléguée à la Solidarité.

    La dernière Nuit de la solidarité avait encore renforcé le constat d’une carence nationale : au-delà des places défaillantes dédiées à l’hébergement d’urgence, les grandes villes et leur hypercentre manquent de lieux de répit. Une demande forte des personnes sans domicile à laquelle la Ville de Marseille a souhaité répondre en investissant 300 000 euros dans l’ouverture de ce centre pour « la mise aux normes d’hygiène et de sécurité et accueillir ce public dans un lieu propice à l’amélioration de leur condition de vie », explique l’élue communiste.

    « Il fallait avancer »

    L’État qui avait un peu fait dégringoler le nombre de places d’hébergement d’urgence restructure sa lutte contre le sans-abrisme. Les services de la préfecture ont lancé ce vendredi 20 février un appel à marché public dédié aux nuitées hôtelières. L’objectif est de mobiliser un parc de chambres d’hôtel sur l’ensemble de la région Paca pour assurer la mise à l’abri des personnes sans domicile, tout en offrant des garanties sécurisées aux professionnels. Une solution pourtant décriée par les associatifs qui déplorent un système exploité par des hôteliers peu scrupuleux.

    Marseille fait le choix d’accueillir et de bien accueillir. Déjà onze équipements dédiés au public sans-abri, dont les bains douches municipaux et la nouvelle UHU, ont été ouverts depuis le début du mandat. C’est le premier en gestion municipale. Une politique volontariste « qui n’en est qu’à ses débuts, précise Audrey Garino. L’errance appelle des réponses, le défaut de prise en charge dans la journée en est un. Mais le temps des services publics étant plus long que celui des associations. Il fallait avancer ».

    Entre la Porte d’Aix et la gare Saint-Charles, un nouveau projet social cofinancé avec l’État prend forme sur l’îlot Coco Velten, racheté par Marseille Habitat, le bailleur social de la Ville. D’ici quelques mois, 14 logements sociaux, 80 logements d’hébergement et d’insertion, un accueil de jour dédié aux femmes et une cantine solidaire y ouvriront leurs portes.