Tag: CCI

  • Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    « J’ai redémarré mais sans marchandises et ma banque a rejeté le prélèvement car il n’y a pas d’argent qui est rentré. » Venu bénéficier des services du guichet unique installé au Palais de la Bourse depuis le début de la semaine pour venir en aide aux commerçants touchés par la casse et les pillages, ce buraliste, installé à Sainte-Marthe (14e) depuis 17 ans, ne cache pas son désarroi. Face à lui, le préfet de région, Jacques Witkowski, le président de la Chambre de commerce Aix-Marseille, Jean-Luc Chauvin, et les représentants des collectivités qui ont mis au pot, François de Canson (DVD), président de la Région, Martine Vassal (DVD), présidente du Département. Rebecca Bernardi (PM), adjointe au maire de Marseille en charge du commerce est là aussi.

    « Ce guichet rassemble l’ensemble des services disponibles, ceux de l’État, des collectivités, de la solidarité entrepreneuriale. On reçoit au fur et à mesure les entreprises pour leur permettre de faire leur parcours, d’avancer » explique Jean-Luc Chauvin, ajoutant que plus de 180 d’entre elles « ont été vues, accompagnées ou reçues ». Après une prise de contact par téléphone, un « parcours de rendez-vous est pris pour ne pas attendre et voir tout le monde », poursuit le responsable de la CCI.

    Dans le cadre d’un fonds régional, 5 millions d’euros ont été débloqués, auxquels s’ajoutent 5 autres millions du Département. Un dispositif qui a fait ses preuves pour le Covid en 2020, les émeutes en 2023. « On se doit de redonner confiance à nos commerçants. On ne veut pas que le centre-ville de Marseille meure » insiste François De Canson, rappelant que Noël, « c’est quand même 35% du chiffre d’affaires ».

    Anticiper un effet

    « château de cartes »

    Martine Vassal enchaîne : « Beaucoup de commerçants aujourd’hui n’ont plus de stock, n’ont plus rien, ont des salariés sur les épaules. » Forte de cette belle solidarité, Rebecca Bernardi en appelle également à l’État. « Cela ne suffira pas pour relancer le centre-ville. On a une prise en charge des commerces pillés mais il y a aussi tous les commerçants qui sont debout, qui font zéro en chiffre d’affaires, ou à 10% de ce qu’ils font d’habitude », s’inquiète l’élue qui réclame pour ces derniers des garanties pour éviter que tout ne s’écroule comme un « château de cartes ».

    La Ville se chargera de l’animation dès la semaine prochaine, avec un « plan global » incluant la gratuité des parkings, la piétonnisation temporaire voire l’ouverture le dimanche pour rattraper l’activité perdue. Le chèque-cadeau « Treiz’local » à consommer dans le centre-ville est également de retour annonce Jean-Luc Chauvin, prêt à « faire feu de tout bois pour sauver le centre-ville ».

    En attendant, la perspective d’une nouvelle manifestation le 31 octobre ne rassure personne. « Je n’ai pas, à l’heure où on se parle, de demande de dépôt de manifestation », affirme Jacques Witkowski. Il tient à faire passer un message : « Il ne faut pas s’y tromper, nous n’avons pas affaire à des gens qui manifestent mais à des gens qui viennent casser, des délinquants. » Et d’appeler « chacun prend ses responsabilités. Nous prendrons les nôtres ».

    Pour autant, pas question d’appeler à la fermeture des commerces répond Jacques Witkowski quand on lui pose la question. « On a le droit d’ouvrir quand on est un entrepreneur, on a le droit aussi, quand on est un citoyen, un touriste, de venir, ne serait-ce que se promener ou acheter là où les commerces sont ouverts », estime-t-il. Et de rappeler le « succès populaire » de la manifestation du 24 octobre organisée par la CGT. « Les gens ont pu venir en toute sécurité exprimer leur mécontentement, leurs observations. Il faut qu’on puisse continuer comme ça, que ça se passe bien », considère le préfet.

  • À Saint-Martin-de-Crau, les entreprises comptent leurs pertes après les intempéries

    À Saint-Martin-de-Crau, les entreprises comptent leurs pertes après les intempéries

    Le trait brunâtre présent sur tous les murs de cette entreprise saint-martinoise ne laisse aucun doute sur le niveau que l’eau a atteint, la semaine dernière : presque un mètre. La moisissure s’est développée par endroits, malgré les déshumidificateurs industriels déployés dans les locaux. ça et là, de petites caisses de documents ou de câbles jonchent le sol. Un moindre mal comparé aux armoires d’automates industriels en fabrication qui ont été perdues dans l’entreprise Master Systèmes, visitée par le préfet, Jacques Witkowski, mardi.

    « Vous aviez de l’eau jusque-là », indique à hauteur de hanches Stéphane Paglia, cogérant de l’entreprise et président de la Chambre de commerce et d’industrie du pays d’Arles. Les dégâts sont encore en cours de chiffrage, contrairement à ceux de leurs voisins orthoprothésistes et de leurs 17 salariés. « Les archives et l’informatique ne sont pas touchés, mais la production est à l’arrêt avec 200 000 euros de machines à remplacer », explique Julien Renaudot, gérant de Podo orthèse de la Crau. Mais le pire est à venir, après le nettoyage. Outre les machines « introuvables », le gérant déplore « 75 000 euros de marchandise perdue » dont il attend de savoir si l’assurance rembourse au prix de vente ou de revient.

    La préfecture en médiateur des assurances

    « On s’attend à devoir bosser deux semaines gratuitement. On est en mode survie là, l’iceberg trésorerie fond et on veut juste reprendre le boulot », conclut Julien Renaudot. « Si vous avez besoin d’une médiation avec l’assurance, on est là pour ça », lui répond le préfet Jacques Witkowski. Le haut fonctionnaire explique, lors de la visite, que les services de l’État sont « votre point d’entrée pour l’étalement des dettes fiscales et sociales, de même que l’étalement bancaire en lien avec la Banque de France ». Le préfet complète en indiquant que l’arrêté de catastrophe naturelle doit être « pris dans les 24 heures ».

    Interrogé sur la fiabilité des assurances, Jacques Witkowski se veut rassurant : « La Caisse nationale de réassurance est un élément central dans la gestion de crise qui permet aux assurés de faciliter le paiement. » Bien qu’il s’agisse de contrats privés, «  il peut apparaître des litiges ou contestations sur lesquelles nous pouvons intervenir ».

    La CCI du pays d’Arles a ainsi programmé un rendez-vous dédié aux entreprises touchées. « Cela permettra d’expliquer tous les dispositifs qui existent », y compris « une aide psychologique », détaille Stéphane Paglia. Comme un « guichet unique pour que l’activité économique reprenne le dessus sur les événements », d’après la maire Séverine Dellanegra (SE), dans « l’idée de faire du sur-mesure et de réunir tous ceux qui peuvent apporter des réponses dans leur champ de compétence », selon le conseiller régional Cyril Juglaret (LR). Le rendez-vous est donné à la CCI du pays d’Arles jeudi à 18h.

  • Opération déminage auprès de commerçants plus qu’inquiets

    Opération déminage auprès de commerçants plus qu’inquiets

    Je sais le traumatisme qu’a été le 17 octobre, vous avez vécu des scènes de pillages d’une violence folle et inacceptable et ça ne se reproduira pas », a posé Emmanuel Macron lors de sa rencontre avec les commerçants en préfecture. Quelques heures avant la venue « surprise » du président de la République dans la cité phocéenne, plusieurs associations de commerçants marseillais avaient envoyé un communiqué commun réclamant des « actes concrets » comme le renforcement des aides financières « à la hauteur des préjudices subis » quand les assurances ne paient pas tout, un « soutien adapté (…) y compris en l’absence de dégradations matérielles », l’anticipation et l’adaptation lors des manifestations à risques et enfin « l’annulation ou l’exonération des charges sociales et fiscales pour les commerces sinistrés ».

    Le bilan est lourd : « 3 commerces sur 4 sur la Canebière impactés », selon l’un des artisans concernés, 500 en tout dont 331 sinistrés et 118 totalement pillés, précise Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence.

    Il s’inquiète : « Des commerçants ont décidé de se défendre seuls, on leur dit de ne pas le faire. Il faut que la peur change de camp, que les profiteurs soient punis. »

    Un souci de TVA

    pour l’UPE 13

    Jean-Christophe Amarantinis, président de l’UPE 13 (Union pour les entreprises), a lui estimé qu’il y avait « un trou dans la raquette » sur la TVA dont les commerçants ont fait l’avance. Et de réclamer une dérogation de la part de Bercy. Un commerçant avance : « Il va falloir faire en sorte que les aides ne soient pas seulement pour ceux qui sont fermés », mais aussi pour ceux qui « vont aider à remettre de la lumière dans notre ville ». Un autre demande à ce que les prêts pour repartir prennent en compte la capacité de remboursement.

    Également présent, Rodolphe Saadé, président de la CMA CGM, joue les pères Noël. « On est là pour vous aider en matière de logistique », assure-t-il, avec une mise à disposition de ses avions et bateaux, pour permettre la reconstitution des stocks de marchandises au plus vite et « assurer au minimum les fêtes de fin d’année ». Et d’ajouter : « Ne vous inquiétez pas pour le paiement. »

    Mais il va falloir de la patience quand Serge Papin, ministre du Commerce, répond : « Les choses vont être un peu traitées au cas par cas. » Emmanuel Macron a affiché son soutien avec la mise en place d’un dispositif « très simple ». En attendant, le fonds régional « Solidarité commerces pillés » a été réactivé ce lundi, débloquant une aide financière d’urgence à hauteur de 10 000 euros pour faire face aux premières dépenses.

  • À Marseille, un guichet pour accompagner les commerçants

    À Marseille, un guichet pour accompagner les commerçants

    De nombreux commerces du centre-ville de Marseille ont été affectés par des débordements et pillages qui ont eu lieu en marge de la manifestation du 17 octobre. « Nous avons recensé 317 commerces sinistrés au cours de la semaine. Parmi eux, 213 ont subi des dégâts, 17 ont été partiellement pillés et 115 totalement pillés », affirme Francis Coulomb, directeur de l’appui aux entreprises à la CCIAMP.

    Face à ce lourd constat, la CCI a organisé, ce vendredi, un guichet ouvert aux commerçants, où un large panel d’institutions était réuni, à la Bourse. Avec la volonté de « faire en sorte qu’en une ou deux heures, les sinistrés puissent voir l’ensemble des acteurs », ajoute Francis Coulomb. Des services de l’État comme l’Urssaf ou la direction de la finance publique, la fédération des assureurs, la Banque de France ou encore des avocats du barreau de Marseille étaient présents pour centraliser les démarches, orienter et conseiller.

    Choc et désarroi

    Du côté des commerçants, certains sont encore très marqués par ce qu’ils ont vécu il y a une semaine. Pauline est opticienne indépendante et sa boutique du centre-ville a été « totalement saccagée et dépouillée », décrit-elle avec beaucoup d’émotion. « Si on arrête, on n’a plus de revenus. C’est dur de retrouver du sens maintenant », avoue la commerçante, encore dans le flou. Le bilan est également très lourd pour Paul et sa brasserie, Le Vendôme : « On nous a brisé la vitre et tout saccagé à l’intérieur. Il nous reste encore la machine à café, donc on s’est promis de rester ouvert pour essayer de continuer à faire vivre le centre-ville, mais l’ambiance est morose dans le quartier. Notre activité a diminué de presque 70% et j’ai dix employés que je vais avoir beaucoup de mal à payer. Je viens donc me renseigner pour savoir ce qui est possible en termes de chômage technique. »

    Certains commerces moins touchés sont tout de même présents. « Je n’ai pas eu de sinistres, à part le rideau métallique, mais je suis très fortement impacté. Je travaille avec des magasins des rues de Rome et Paradis qui se sont fait piller, donc je n’ai plus de clients », explique le gérant de la boutique Josy Couture, qui propose des retouches de vêtements.

    Une cellule psychologique a également été ouverte pour accueillir les commerçants, qui ont, pour certains, été confrontés de près aux scènes de pillage.

    L’accueil se poursuit sur rendez-vous lundi, mardi et mercredi. Prise de rendez-vous : urgence-entreprise@cciamp.com

  • La décarbonation de l’industrie au centre des débats à Marseille

    La décarbonation de l’industrie au centre des débats à Marseille

    Différents aspects liés à la décarbonation industrielle étaient au programme de cette matinée. Parmi eux, la formation, mais aussi les impacts et les attentes des industriels. Ce rendez-vous s’inscrit dans la démarche Attractiv’industrie, initiative portée par la Chambre de commerce et d’industrie Aix Marseille Provence (CCI AMP) visant à accompagner le territoire dans le contexte de la transition écologique.

    De nombreux industriels, responsables d’institutions, représentants de l’état ou encore élus ont animé différents échanges. Le président de la CCIAMP, Jean-Luc Chauvin, et le préfet de région, Jacques Witkowski, sont intervenus lors de la dernière table ronde. « La décarbonation est la plus grande chance que l’on a eue depuis la création du site de Fos », a expliqué le président de la CCI. De son côté, le préfet est revenu sur les enjeux futurs du monde de l’industrie, des sécheresses historiques de cet été aux changements à venir liés aux approvisionnements en eau. Jacques Witkowski a aussi mentionné le débat autour du projet de ligne THT. Il espère « trouver un équilibre » et estime qu’« en général, tout le monde est d’accord sur le fond des projets, mais pas chez nous ».

    Par ailleurs, Jean-Luc Chauvin a reconnu « la réalité des difficultés du quotidien, notamment chez les jeunes qui se mobilisent », tout en rappelant, selon lui, que « la réponse aux inquiétudes ne peut pas être le désordre mais plutôt le travail et l’assurance d’une place dans la société ».

  • Couvre-feu pour les mineurs, interdiction de manifester, présence policière étendue… Dans le Var, un dispositif renforcé pour la manifestation de samedi

    Couvre-feu pour les mineurs, interdiction de manifester, présence policière étendue… Dans le Var, un dispositif renforcé pour la manifestation de samedi

    En prévision des mobilisations de samedi, le préfet du Var, Simon Babre, en concertation avec les représentants des pouvoirs publics locaux, a annoncé, mercredi, la mise en place d’un « dispositif pour empêcher ce qu’il s’est passé le 17 octobre de se reproduire ».

    À commencer par plusieurs arrêtés préfectoraux, actant un couvre-feu « pour les mineurs non accompagnés d’un adulte dans certains secteurs du centre-ville de Toulon et des centres commerciaux Grand Var et Avenue 83 », de samedi 18h à dimanche 6h. Ou encore l’interdiction de manifester samedi, de 11h à 23h59, que le préfet justifie par « l’absence de manifestation déclarée à trois jours de la date ». Enfin, la détention de feux d’artifice, d’objets destinés à dissimuler ou protéger le visage, ainsi que de tout objet pouvant constituer une arme, sera interdite. Dans la même optique, les conteneurs poubelle seront évacués et les terrasses du centre-ville réduites de 50% pour éviter l’usage du mobilier comme projectile.

    Bus à l’arrêt, maintien du match du RCT, commerces protégés…

    Le dispositif policier sera renforcé, notamment avec une meilleure coordination entre nationaux et municipaux, dans le but d’être « plus mobiles, car on a parfois été trop lents samedi dernier », précise Jérôme Martin, contrôleur général de la police nationale du Var, qui compte doubler les effectifs d’opérateurs de police justice, samedi, « afin de traiter davantage d’opérations ».

    Pour protéger les commerçants, que le préfet et une délégation de représentants des collectivités ont rencontrés mercredi, cinquante vigiles seront positionnés près des commerces vandalisés, qui « resteront ouverts car il ne faut pas céder et envoyer un mauvais message », appuie Basile Gertis, président de la CCI du Var. Des aides rapides telles que des prêts à taux zéro, des facilités de paiement des cotisations et impôts, ou encore la prise en charge de l’activité partielle sont prévues. La Région apportera quant à elle une aide de 5 millions d’euros et financera des dispositifs de vidéosurveillance dans le cadre du plan « Région sûre ».

    La maire de Toulon et présidente de la Métropole, Josée Massi, annonce par ailleurs qu’aucun bus du réseau Mistral ne circulera dans la Métropole, samedi. « L’intérêt public passe avant tout », insiste-t-elle. Le match du RC Toulon et le concert de Vanessa Paradis, prévus samedi soir malgré leurs incidences sur l’espace public, sont maintenus.

  • Les commerçants espèrent redynamiser les centres-villes

    Les commerçants espèrent redynamiser les centres-villes

    Des représentantes d’unions commerciales de Manosque, de Digne, de Barcelonnette et de Castellane étaient rassemblées lundi matin à la CCI pour préparer la deuxième édition du Printemps du commerce et assister à une intervention de la Matmut sur comment bien assurer son commerce. Au vu de l’actualité, les commerçants en ont profité pour exprimer leur solidarité avec leurs confrères touchés par des dégradations samedi.

    « On a montré, nous, commerçants, qu’on avait un certain pouvoir de résilience, et qu’on était en capacité de surmonter certaines épreuves. Mais il ne faudrait pas que ce soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase, parce que, pour beaucoup, malheureusement, ils ne s’en relèveront pas », a regretté Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce, qui a proposé aux commerçants présents de se joindre au rassemblement organisé devant la mairie de Digne-les-Bains lundi midi.

    « On s’associe à la douleur des personnes, parce que, outre le fait de perdre leur bien immobilier, il y a tout le traumatisme psychologique. Cela, on ne peut pas le réparer. Bien sûr, il y a les biens, mais il y a aussi toute la douleur des gens qui ont construit toute une vie un commerce, et en l’espace de quelques heures, c’est une vie qui est complètement saccagée », a abondé Alain Coppola, responsable commercial pour la Matmut, qui intervenait auprès des commerçants lundi matin pour leur expliquer comment bien s’assurer. « Le hasard du calendrier fait que, plus que jamais, ça s’anticipe », a souligné Ludivine Pero, responsable des partenariats. « Un professionnel sur deux n’est pas assuré, par manque d’information et de temps. Malheureusement, on se rend compte, quand arrive le problème, qu’on était pas assuré, qu’on avait pas fait ce qu’il fallait », a expliqué Alain Coppola. « Une entreprise qui est mal assurée ne se relèvera pas », a martelé le responsable commercial. « En tant que dirigeant, on est responsable de son entreprise, de son personnel, de ce qui peut arriver à ses clients, des produits et services que l’on propose à ses salariés, à ses stagiaires, de son local, des biens qui sont confiés et du lieu occupé », a rappelé Alain Coppola.

    Les unions commerciales et la CCI ont ensuite commencé à organiser la deuxième édition du Printemps du commerce, événement visant à redynamiser les centres-villes du département, désertés. « On doit aller plus loin sur cette deuxième opération », a encouragé Jean-Pierre Pradalier. L’idée de cet événement est de « faire revenir les personnes en centre-ville » et de « créer de la fréquentation en centre-ville », a souligné Emilie Bertheas, chargée de mission commerce à la CCI des Alpes-de-Haute-Provence. L’opération se déroulera cette année du 20 au 24 avril, pendant la première semaine des vacances scolaires. La CCI avait eu du mal à mobiliser des clients pour la première édition, qui se déroulait elle au mois de mars. Pour cette édition, elle « espère pouvoir embarquer Sisteron, et pourquoi pas Château-Arnoux, où une association de commerçants vient d’être créée ».

  • À Marseille, des commerçants sonnés par les dégâts

    À Marseille, des commerçants sonnés par les dégâts

    Rues Paradis, Grignan et Saint-Ferréol, des débris, des cintres et des emballages ouverts à la va-vite jonchent le sol ce dimanche matin. Les véhicules se frayent un passage entre les éclats de verre, principalement arrachés aux vitrines des boutiques de luxe et des bijouteries. Le centre Bourse a été touché et une odeur de brûlé plane encore sur le cours Belsunce. Des magasins de téléphonie mobile, de grande distribution, des banques et le commissariat de Police nationale ainsi que le poste de Police municipale ont été dégradés sur la Canebière. Les centres commerciaux de Grand Littoral et de la Valentine, et le Carrefour de Bonneveine présentent aussi des dégâts.

    En nettoyant sa boutique, une vendeuse de lunettes s’effondre, en pleurs : « Je n’ai plus rien ». Un peu plus loin, des agents de sécurité postés devant les panneaux de contreplaqués qui remplacent les vitrines brisées confirment aux passants « la boutique est complètement vide ». Sur la devanture d’un magasin d’accessoires, on peut lire « on a tout vendu ». Mais l’inscription « vendu » est barrée, remplacée par « volé ». Les agents du point d’information mis en place par la Ville à destination des commerçants sinistrés disent observer « un état de sidération chez les commerçants encore choqués ».

    Les élus réagissent

    La Ville a mis en place un numéro vert pour recenser les commerçants victimes et apporter de l’aide pour la sécurisation des boutiques. « Je demande à l’État de déclencher sans délai un plan d’urgence, et de nous réunir avec la Région, le Département et la Métropole pour créer un dispositif exceptionnel d’indemnisation des commerçants et des habitants sinistrés », a appelé le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, ce dimanche. Pas encore dressé, le bilan pourrait s’élever à une centaine de sinistres. Le président (DVD) de Région, François de Canson, a constaté les dégâts à Marseille dimanche matin, aux côtés du préfet de région et des représentants du monde économique. « On a vécu ça en 2023, on le revit en 2026 : ce n’est pas tolérable », a-t-il affirmé. Dans la foulée, il a pris la décision de réactiver le fonds régional « solidarité commerces pillés », ouvert aux professionnels sinistrés des six départements, et appelle tous les acteurs publics à participer à son financement. « Il faut trouver des solutions et rassurer la population, le centre-ville ne doit pas mourir », a-t-il défendu, devant la CCI à Marseille. Une idée que partage la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal : « Après l’urgence sécuritaire, nous devons empêcher une crise économique et sociale durable. » L’élue demande « la création immédiate d’un fonds exceptionnel de soutien aux commerçants », et assure que « le Département sera pleinement mobilisé pour accompagner les dispositifs d’urgence et les abonder financièrement ».

    EN BREF

    Soutien des maires de la Métropole à Benoît Payan

    Les maires de la métropole Aix-Marseille-Provence vont se réunir ce lundi autour du maire de Marseille Benoît Payan pour lui remettre une Marianne symbolique, en signe d’attachement et de soutien aux valeurs républicaines. À partir de 17h à l’Hôtel de ville.

    Rassemblement devant les mairies

    L’Association des maires de France a appelé dimanche à des rassemblements lundi « à partir de midi » devant les mairies après les violences, pillages et incendies de bâtiments publics constatés en marge de la mobilisation.

    Le PCF 13 tourné vers le 5 novembre

    Dans un communiqué le PCF 13 « salue la réussite de la journée nationale de mobilisation » mais « regrette que les conditions n’aient pas été réunies pour permettre aux organisations syndicales et aux partis politiques de se joindre pleinement aux cortèges ».

    Désormais tourné vers le 5 novembre, il appelle « à la responsabilité de toutes et tous pour que les mobilisations puissent se dérouler dans les meilleures conditions » après avoir qualifié les dégradations « d’inacceptables ».

  • À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    Aujourd’hui, à l’angle du boulevard du Capitaine-Gèze et de l’avenue des Aygalades, le site n’est encore qu’une friche. Mais d’ici au troisième trimestre 2029, un mégacampus dédié à l’intelligence artificielle (IA) doit voir le jour sur ce terrain de deux hectares.

    Tel est le projet porté par Unitel Group et son président, l’entrepreneur Kevin Polizzi. Baptisé Théodora, ce « village de l’IA appliquée », implanté au cœur des quartiers nord, accueillera plusieurs bâtiments dédiés aux entreprises et à la formation, ainsi que plus de 4 600m² d’hébergements.

    Avec plus de 110 millions d’euros d’investissements privés, dont 7% consacrés à la recherche et développement, le projet se veut davantage tourné vers l’innovation que vers l’immobilier. Unitel finalise d’ailleurs l’acquisition d’autres parcelles et prévoit de publier la méthode de construction du campus dans un livret en « open source ». « On ne fait pas de l’immobilier, l’objectif est de construire un kit pour permettre à un territoire de se transformer et rester dans la course », confie Kevin Polizzi.

    Pour justifier son ambition, le chef d’entreprise rappelle que « d’ici 2030, les projections indiquent que le marché de l’IA représentera plus de 1 800 milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’échelle mondiale ». Des travaux doivent également être réalisés afin de relier le campus aux câbles sous-marins qui arrivent à Marseille, faisant de la cité phocéenne le sixième hub numérique mondial. Une situation stratégique encore largement sous-exploitée, selon l’entrepreneur.

    « Il faut réinventer

    le lieu de travail »

    Avec ce projet, Kevin Polizzi entend également « réinventer le lieu de travail » à travers plusieurs axes. Évidemment, l’IA occupera une place centrale, autant en ce qui concerne la formation proposée sur le campus que les emplois et entreprises qui y seront implantés. « Théodora » mise aussi sur l’accessibilité sans voiture, avec la proximité du tramway, du métro et de plusieurs lignes de bus. « Les transports ne doivent pas être une contrainte, mais un accompagnement pour les étudiants », souligne Samia Ghali, présidente de la RTM, lors de son discours. La forte modularité des bâtiments doit également permettre de « faire face à n’importe quelle crise sans avoir à repartir de zéro avec un nouveau projet », complète le président d’Unitel.

    Le projet « Théodora » s’articule autour de quatre pôles : les bâtiments A, B et C, qui regrouperont près de 20 000m² de bureaux ; le bâtiment D, dédié « à l’incubation et à la formation autour de l’IA » sur 5 500m² ; la Tour Signal, qui concentrera 4 600m² de logements et différents services ; enfin, un pavillon central accueillera des espaces dédiés à la recherche, au développement et à l’événementiel, au cœur d’un parc de 6 000m². Au total, le campus représentera 35 000m² de surface de plancher.

    Un projet salué par les élus

    Pour Samia Ghali, représentante de la Métropole et présidente de la RTM, « ce projet dispose d’une situation géographique idéale dans les quartiers nord, au sein d’un pôle de transports multimodale important ». Un sentiment partagé par Julien Harounyan, adjoint au maire chargé de l’attractivité économique et du tourisme durable : « C’est un moment symbolique qui dit quelque chose de la confiance que l’on place dans ce territoire. »

    Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence, s’est quant à lui réjoui de « voir l’offre de formation s’étoffer de manière immédiate et concrète à Marseille. C’est une étape importante pour la ville et pour sa jeunesse, surtout celle des quartiers nord ». Isabelle Campagnola-Savon, présidente d’Euroméditerranée, s’est pour sa part intéressée à « ce qu’on va pouvoir construire autour de ce projet », en affirmant que « c’est à Gèze que se joue une partie de l’avenir de la ville ».

    Un projet largement salué par les élus locaux, mais qui ne fait pas pour autant disparaître les interrogations liées à l’impact environnemental de l’intelligence artificielle et des data centers nécessaires à son fonctionnement, à l’image du méga data center envisagé sur l’ancienne friche industrielle Saint-Louis Sucre, dans le 15e arrondissement.

  • Un événement sur la Défense « hors armement » à Toulon

    Un événement sur la Défense « hors armement » à Toulon

    Objectif : faire connaître aux entreprises les opportunités de marchés de prestations et de fournitures en matière de Défense, dans des domaines tels que le bâtiment, les télécommunications, le carburant, le service à la personne ou encore la maintenance. Cet événement s’inscrit dans le cadre de la feuille de route André-Jubelin, signée par les ministres de la Défense et du Travail en juillet, qui prévoit 35 actions autour d’un plan d’investissement majeur dans l’industrie de Défense dans le Var, premier département militaire de France, à horizon 2030.