Category: economie

  • À La Ciotat, des restaurants poursuivis refusent de tirer le rideau

    À La Ciotat, des restaurants poursuivis refusent de tirer le rideau

    « La Préfecture reprend la syntaxe de l’enquête, alors qu’elle est pleine d’erreurs. On ne peut pas exiger une fermeture sur la base de soupçons, il faut des certitudes », s’est indigné Maitre Nicolaï Gregory, jeudi, devant le Tribunal administratif de Marseille, dans le cadre d’un plaidoyer pour demander la réouverture des restaurants cassidains Don Camillo et Dolce Vita, dans le viseur de la justice depuis quelques mois. Visés par enquête menée par le parquet de Marseille, la brigade de recherches d’Aubagne et le groupe interministériel de recherche (GIR) de Marseille pendant un an d’après La Provence, les établissements avaient été perquisitionnés en juin pour soupçons de blanchiment et travail dissimulé. Les enquêteurs estimaient alors, toujours selon La Provence, une dissimulation de recettes d’au moins 700 000 euros par an et par établissement. Les propriétaires avaient dans la foulée été placés sous contrôle judiciaire et ont été interdits de gérer leur structure. Mais, alors qu’aucun procès n’a encore eu lieu, la Préfecture des Bouches-du-Rhône a décidé de renforcer ses mesures de précaution en ordonnant leur fermeture administrative pour six mois, sur le fondement de la loi narcotrafic, dans le cadre de soupçons de blanchiment d’argent. De quoi pousser Maitre Nicolaï, avocat des deux structures, devant le Tribunal administratif à demander l’annulation de cet arrêté. « Les anciens responsables ont été écartés et c’est désormais un nouveau gérant qui s’occupe des structures et, malgré le harcèlement que lui imposent les forces de police, aucune infraction n’a été constatée, a-t-il souligné pendant l’audience. Et cette durée de six mois est folle, les restaurants ne pourront pas survivre. »

    La Préfecture entend

    « défendre l’économie »

    La représentante de la Préfecture a, sans surprise, maintenu ses positions, soulignant que les activités de blanchiment, répondant à un « système installé depuis plus de 10 ans d’après l’enquête », constituaient un danger pour l’équilibre de l’économie locale. « Le blanchiment ne se contente pas d’accompagner, il participe à la criminalité organisée, (…) ce qui justifie cette décision », a-t-elle par ailleurs souligné en introduction. À propos du changement de propriétaire, elle assure que la Préfecture ne l’a jamais directement mis en cause, mais insiste sur sa présence dans l’entreprise depuis 2024 et note « une forme de continuité » entre l’ancienne et la nouvelle équipe. Concernant le reste des employés, pour beaucoup venus en soutien lors de l’audience, une démarche interprétée par Maître Nicolaï comme preuve de l’absence de « traite des êtres humains » évoquée dans l’enquête, la Préfecture y voit, elle, une certaine logique. « Nombreux d’entre eux sont là depuis un moment et sont même accusés d’avoir participé aux infractions », a-t-elle asséné.

  • La liquidation du Grand prix du Castellet traîne encore

    La liquidation du Grand prix du Castellet traîne encore

    Plus de deux ans après la dissolution, par un arrêté préfectoral du 1er mars 2024, du groupement d’intérêt public (GIP) du Castellet, sa liquidation n’est toujours pas achevée. Ce mercredi, le GIP a donc de nouveau lancé un marché public pour trouver un liquidateur judiciaire, après déjà deux renouvellements successifs. Si l’essentiel des actifs a été cédé, « une dette fournisseurs très importante subsiste, dont le règlement est conditionné au versement d’avances par les collectivités membres des fonds nécessaires », alerte le cahier des charges.

    Malgré un accord partiel, « des différends existent au sein des membres du groupement qui n’ont pas permis à ce jour une extinction de la dette totale », alors même que le taux des intérêts moratoires « obère la dette de façon très significative chaque mois, rendant urgente une fin de liquidation ». Des nombreux contentieux sont ainsi en cours, dont certains « engagés par des membres du Groupement eux-mêmes » – le Département du Var et la Métropole de Toulon -, et s’y ajoute un contrôle de TVA également en cours. Le 23 juin dernier, la chambre régionale des comptes avait épinglé sa gestion, avec 103 millions d’euros de dépenses publiques pour organiser quatre épreuves de Formule 1 « sans que les retombées économiques soient avérées ».

    « Pouvoirs

    les plus étendus »

    Au 30 juin 2025, la dette de ce grand prix impulsé en 2017 par l’ex-président du conseil régional Christian Estrosi (Hor.) s’élevait à 35,7 millions d’euros que doivent notamment éponger la Chambre de commerce et d’industrie du Var et les collectivités locales, mais aussi les Métropoles de Nice et Aix-Marseille, le Département des Bouches-du-Rhône, la CCI régionale. « Le liquidateur sera investi des pouvoirs les plus étendus », indique le cahier des charges, avec une mission d’une durée prévue de neuf mois renouvelable deux mois.

  • À Marseille, les marchands du Soleil réclament une réouverture

    À Marseille, les marchands du Soleil réclament une réouverture

    « Ils ont mis tout le monde dans le même panier. On est dans la galère. Zéro euro ne rentre. On est pieds et poings liés. On ne demande pas l’aumône mais la dignité », s’insurge Salima Belkaid, jeudi matin, postée au pied du rideau fermé de l’historique Marché du Soleil (2e), vieux de plus de 40 ans. Fermé depuis le 2 février par arrêté préfectoral sur la base de la loi narcotrafic pour soupçon de blanchiment, le marché accueille depuis 1980 quelque 160 commerçants aujourd’hui sans solution pour poursuivre leur activité. « Les gens sont dans une telle difficulté financière, je ne comprends pas qu’on puisse laisser des familles entières dans cet état, poursuit Salima, mariée à un commerçant installé sur place depuis 38 ans. On ne nous considère pas, on ne fait même pas partie du décor, on fait comme si on n’existait pas. » Autour d’elle, les affiches tenues par les marchands venus manifester disent aussi le désarroi de tout un quartier : « Le marché du Soleil est le poumon de Marseille », « Les quartiers des 1er et 2e arrondissements sans l’ouverture sont morts », « Les commerçants [rue] Bon-Pasteur, place Marceau, rue d’Aix et Camille-Pelletan : nous sommes avec nos confrères Marché Soleil », lit-on sur quelques-unes d’entre elles. Zohra, qui dirige l’association Les bons samaritains, logée à la Belle de Mai (3e), espère elle aussi une réouverture très prochaine. « Les commerçants aident beaucoup l’association, notamment en fournissant des paniers repas que nous redistribuons ensuite aux personnes en difficulté, détaille-t-elle. Et puis on ne comprend pas pourquoi tout le monde paie pour quelques-uns… Il y a une forme d’injustice ».

    En attente du 7 septembre

    Sur place jeudi pour soutenir ses clients, l’avocat des commerçants promet d’engager prochainement des démarches pour demander la réouverture des lieux et des dédommagements pour les détaillants depuis 7 mois en perte brute. « Nous attendons le jugement du 7 septembre pour avancer. Ce qui est difficilement compréhensible c’est que tous ces gens soient punis alors qu’ils ne sont pas poursuivis par la justice », s’étonne-t-il.

    Fin juin, le Marché du Soleil avait été au cœur d’un retentissant procès devant le Tribunal correctionnel de Marseille, taxé par l’accusation d’être devenu le « temple de la contrefaçon ». En février, les douanes avaient saisi plus de 200 000 articles contrefaits d’une valeur estimée à 42 millions d’euros dans le dédale de l’institution marseillaise. La procureure avait requis, notamment, quatre ans de prison avec sursis contre Georges Dahan, propriétaire et fondateur du Marché, et une fermeture définitive des lieux. La décision est donc attendue le 7 septembre.

  • Chaleur et œnotourisme, le cocktail ne passe pas

    Chaleur et œnotourisme, le cocktail ne passe pas

    Deuxième département viticole de France et premier département touristique d’Occitanie, l’Hérault accueille chaque année de nombreux passionnés de vin dans le cadre de circuits œnologiques. Mais cette pratique touristique, relativement récente, se retrouve impactée lorsque le mercure s’affole.

    Face à des vagues de chaleur ponctuées par des épisodes caniculaires de plus en plus récurrents, la tendance est à la baisse de la fréquentation touristique dans les vignobles du département. « Il y a moins de gens dans les structures de visites, y compris chez les viticulteurs », explique Magali Boyer, chargée du développement touristique du Département de l’Hérault et responsable de l’Oenotour. Pour tenter de trouver la fraîcheur, les touristes boudent les activités de plein air au profit des musées ou encore des cinémas.

    Conséquences : la baisse des réservations de logements et la diminution du nombre de visiteurs. Un réel manque à gagner pour les structures touristiques, mais également pour les vignerons. Malgré leur fraîcheur, les visites de caves n’attirent pas plus. « Les gens n’ont pas forcément envie de déguster du vin quand il fait chaud », explique Magali Boyer. Une réalité qui peut conduire à une baisse des ventes de bouteilles, la dégustation facilitant l’achat.

    Une ouverture hors saison

    Certaines activités organisées autour des caves et des vignobles sont également impactées par ces chaleurs extrêmes. Le Département a d’ailleurs fait le choix de ne pas communiquer sur les circuits d’oenorando® et d’oenovélo au cours de la période estivale. « C’est quand même beaucoup plus agréable de se promener quand il fait une température correcte », ajoute Magali Boyer. Un choix qui permet de faire d’une pierre deux coups, dans des zones naturelles déjà fragilisées par la chaleur et en proie à un fort risque incendie.

    Du côté des solutions, le Département préconise une ouverture des caveaux et des visites en dehors des périodes de fortes chaleurs. Un certain nombre de vignerons héraultais ont déjà fait ce choix en organisant des circuits et visites au printemps et à l’automne. Les saisons habituellement moins touristiques et leurs vacances scolaires sont alors de nouvelles périodes cibles pour l’œnotourisme. « L’année dernière, il y a eu une bonne fréquentation touristique dans le département aux vacances de la Toussaint », lance Magali Boyer. Un élargissement des périodes d’ouverture au public difficile à assumer dans les petits vignobles familiaux.

    Outre la baisse de fréquentation des circuits, à confirmer à la fin de la saison, l’œnotourisme se confronte à la précocité des vendanges : « J’ai eu une dame qui était débordée parce qu’il fallait qu’elle gère d’un côté, les vendanges précoces et, de l’autre, les touristes », conclut Magali Boyer.

  • Une députée interpelle l’état sur la facture électronique

    Une députée interpelle l’état sur la facture électronique

    Alors que le passage aux factures électroniques est prévu pour mardi prochain, le 11 juillet dernier encore, Bercy indiquait que seules deux millions d’entreprises disposaient d’un accès à une plateforme agréée, pour près de dix millions d’acteurs concernés. À cette impréparation s’ajoute la crainte que les plateformes soient la cible de piratages informatiques, la récente cyberattaque mi-août contre la Direction des Finances Publiques (Dgfip) ayant montré les failles dans la protection des données fiscales en France.

    Compte tenu de ces inquiétudes, la députée des Hautes-Alpes, Marie-José Allemand (PS) a donc demandé au gouvernement de clarifier le coût réel d’accès aux différentes plateformes privées agréées pour les entreprises, mais aussi combien d’entre elles sont effectivement prêtes à date. Face au risque de cyberattaque et après que l’idée d’une plateforme publique unique ait été enterrée par l’État, la députée appelle celui-ci à indiquer combien de plateformes sont contrôlées par des acteurs français, européens et extra-européens, ainsi qu’à présenter les garanties mises en œuvre face aux législations extraterritoriales.

    Une opacité et un flou

    qui inquiètent

    « L’État impose cette réforme : il doit donc nous dire combien elle coûte, qui contrôle les intermédiaires auxquels nos entreprises devront confier leurs données et si tout le monde est réellement prêt. C’est exactement à cela que sert le contrôle parlementaire », insiste la députée, qui appelle à ce que la mise en œuvre de la réforme fasse l’objet d’un suivi parlementaire après son entrée en vigueur.

  • Le tourisme comme moteur économique en plein essor

    Le tourisme comme moteur économique en plein essor

    À l’embouchure du Rhône, entre terre, mer et fleuve, Port-Saint-Louis-du-Rhône est l’une des portes d’entrée de la Camargue. Érigée en municipalité distincte des territoires d’Arles et de Fos-sur-Mer en 1904, cette commune du bout du monde s’est bâtie autour de son port de transbordement. Plus de 120 ans plus tard, elle se dessine un nouveau visage en se tournant vers le tourisme, sans oublier son héritage. « Nous assumons pleinement cette histoire industrielle et maritime en la transformant en atout touristique », souligne l’adjointe au maire déléguée à l’attractivité Marion Castellani.

    Observation des flamants roses, plages naturelles, salins, randonnée, vélo, navigation entre Rhône et Méditerranée, découverte des métiers de la pêche, visite des sites portuaires et industriels en activité… La programmation, qui met en valeur les traditions camarguaises et provençales, tout comme le patrimoine ouvrier, porte ses fruits. « Port-Saint-Louis-du-Rhône confirme sa montée en puissance comme destination de nature, de littoral et de tourisme itinérant », poursuit l’élue. L’Office de Tourisme accueille chaque année plus de 5 000 visiteurs dans ses locaux, « un chiffre qui ne cesse de progresser », précise la directrice Mandy Girard-Marin. L’aire de camping-car, inaugurée en 2022, permet à elle seule d’accueillir près de 10 000 visites.

    Un tourisme

    quatre saisons

    Si la clientèle est majoritairement française (principalement issue de la région Sud, de l’Île-de-France et d’Auvergne-Rhône-Alpes), la Via Rhôna offre une visibilité européenne à Port-Saint-Louis-du-Rhône, située au terme du parcours reliant le lac Léman à la Méditerranée, avec des touristes venant d’Allemagne, des Pays-Bas ou encore d’Italie.

    Deux ports de plaisance, le port central et un partenariat avec des compagnies de tourisme fluvial permettent également d’accueillir une clientèle plus internationale. « Les Américains, les Canadiens et les Australiens », amateurs de balades sur le Rhône, sont particulièrement représentés. La Ville travaille à la création de nouvelles escales dans le cadre de la démarche Provence fluviale. Le futur Pôle Nautisme Mer, avec la réhabilitation des 300 hectares de la Presqu’Île du Mazet, doit renforcer l’accueil des plaisanciers, avec la création de 4 500 places à sec et à flot, tout en promouvant les métiers maritimes. « Ce projet repose sur deux principes : développer des activités écoresponsables et réinvestir intelligemment les friches pour valoriser le foncier disponible sans artificialisation inutile », précise Marion Castellani. Avec un objectif : « Allonger les durées de séjour tout en développant une activité touristique plus étalée sur l’année ». Le chiffre d’affaires est évalué à 220 millions d’euros, avec 570 emplois attendus à la clef.

  • Vins : comment garder du fruit sans faire grimper les degrés ?

    Vins : comment garder du fruit sans faire grimper les degrés ?

    Dans le verre aussi, le thermomètre laisse sa trace. Avec les fortes chaleurs, le raisin mûrit plus vite et les vendanges s’avancent, mais dans les caves gardoises, l’objectif n’est pas forcément de laisser grimper le sucre et l’alcool. Pour le cru 2026, les vignerons cherchent surtout à préserver la fraîcheur, le fruit et l’équilibre, tout en composant avec un marché aux attentes changeantes.

    Le constat est déjà visible dans les vignes. En 2026, les vendanges ont commencé avec cinq à six jours d’avance sur l’an dernier et, sur certains cépages précoces, parfois dès le début du mois d’août. « Il y a une maturité qui est globalement avancée », constate Denis Verdier, président des vins IGP du Gard. Il rappelle qu’il y a une dizaine d’années, les premières récoltes démarraient plutôt au début du mois de septembre. Cette précocité ne change pas seulement le calendrier. Elle modifie aussi le profil du raisin. Plus il mûrit, plus sa teneur en sucre augmente. Or, « le sucre fait l’alcool », résume Denis Verdier. Avec des températures élevées, les raisins peuvent donc atteindre rapidement des degrés importants. Mais ce n’est justement pas toujours ce que recherchent aujourd’hui les vignerons.

    Pour les blancs et les rosés, la tendance va plutôt vers des vins frais, fruités et moins alcoolisés. « Les vignerons n’attendent pas une surmaturité avec des degrés importants, des 14 degrés ou plus que le climat pourrait leur donner », explique-t-il. Pour un sauvignon blanc, la récolte peut ainsi être déclenchée autour de 11,5 ou 12 degrés afin de conserver « une certaine fraîcheur et du fruit ». Même logique pour le rosé. Un grenache arrivé à pleine maturité peut afficher 14 ou 15 degrés. Pourtant, les producteurs peuvent choisir de le vendanger avant. « On préfère jouer une petite maturité, à 11,5, 12 degrés », explique Denis Verdier. Objectif : produire des rosés légers et fruités, adaptés à une consommation plus immédiate, « autour de l’apéritif, de la piscine et des tapas ».

    « Une alchimie un peu compliquée »

    La solution pourrait sembler évidente : vendanger plus tôt pour limiter le sucre, et donc le degré d’alcool. Dans les faits, c’est déjà ce que font les vignerons. Mais récolter plus tôt a aussi ses limites. « Faire des petits degrés, mais s’ils n’ont plus de goût, plus d’arômes… », prévient Denis Verdier. La maturité ne se résume pas à un chiffre : elle participe aussi aux arômes et à l’équilibre du vin. Dans sa cave coopérative, une cuvée à 9,5 ou 10 degrés a par exemple été testée. Une façon de répondre à la demande de vins plus légers. Mais « il ne suffit pas de dire qu’on enlève des degrés de sucre », insiste-t-il. « Ça a des incidences sur l’équilibre général du produit. C’est une alchimie un peu compliquée. »

    Le marché lui-même reste difficile à lire. Les consommateurs disent parfois vouloir boire plus léger, mais l’expérience ne confirme pas toujours cette envie. Denis Verdier raconte que certains clients, après avoir testé ces cuvées moins alcoolisées, sont revenus réclamer des vins plus classiques : « Arrête, laissez-moi ça tranquille, donnez-moi du vrai. » « C’est de l’innovation, on y va avec l’intelligence », sourit-il.

    Pour les rouges, la stratégie est différente. Cette fois, les producteurs cherchent davantage la pleine maturité. Il faut laisser le raisin se charger en sucre pour obtenir des vins autour de 13,5 ou 14 degrés, « plus structurés, plus longs en bouche ». Si la météo ne vient pas brutalement interrompre la maturation, Denis Verdier espère « des rouges structurés qui devraient tenir la route ».

    Le cru 2026 doit donc composer avec des attentes parfois contradictoires : tandis que le climat accélère la maturité et pousse les degrés vers le haut, une partie des consommateurs recherche des vins plus frais, plus légers ou se tourne vers les bulles et les cocktails. « Il y a toute une mosaïque de consommateurs qui ont des demandes différentes », résume Denis Verdier. Une évolution qui oblige le vignoble à s’adapter sans perdre son identité. Dans dix ou vingt ans, le vin gardois aura-t-il le même goût ? « Certainement pas », répond-il, tout en fixant une limite : préserver un vin « issu de la fermentation d’un raisin », dont l’essentiel des arômes vient toujours du fruit.

  • Alès-Bessèges : le retour du train sur les rails

    Alès-Bessèges : le retour du train sur les rails

    Il y a quatorze ans, les trains s’arrêtaient et les rails commençaient à disparaître sous les herbes. Aujourd’hui, la ligne Alès-Bessèges revient peu à peu dans le paysage. Après trois mois de consultation publique, la première phase du projet, entre Alès et Saint-Ambroix, a franchi une nouvelle étape. Sur 557 observations recueillies, 459 sont favorables à la réouverture de la ligne, contre 98 défavorables. Plus de 6 000 visites ont par ailleurs été enregistrées sur le dossier numérique.

    Un résultat qui donne du souffle à un projet porté de longue date par la Région Occitanie, les associations d’usagers et de nombreux élus locaux. Mais derrière la promesse de revoir circuler des trains se cache un chantier conséquent. Près de 40 millions d’euros doivent être mobilisés pour régénérer les 19 kilomètres de cette première portion : renouvellement complet des voies, remise en état de près de 130 ouvrages d’art, sécurisation des passages à niveau, nouveaux équipements de signalisation et rénovation des haltes de Salindres, Saint-Julien-de-Cassagnas et Saint-Ambroix. Une nouvelle halte est également prévue près du lycée Jean-Baptiste-Dumas, à Alès.

    25 minutes pour rejoindre Alès

    Pour la Région, les 40 millions ne constituent pas seulement une dépense, mais un investissement de long terme. La ligne rénovée est conçue pour durer au moins cinquante ans. Surtout, elle doit offrir une alternative crédible à la voiture : 25 minutes seraient nécessaires entre Saint-Ambroix et Alès, contre près de 40 minutes aux heures de pointe par la route. Les études tablent sur 650 à 750 voyageurs quotidiens en semaine scolaire, avec sept allers-retours par jour.

    Les défenseurs du projet espèrent aussi rapprocher le nord du bassin cévenol des lycées, de l’hôpital, des emplois et des formations d’Alès, et ainsi désenclaver le territoire. Des pôles d’échanges multimodaux sont prévus à Salindres et Saint-Ambroix. « C’est une augmentation de la valeur des territoires qui est évidente », défend Jean-Luc Gibelin, vice-président régional chargé des transports. Le chantier devra aussi composer avec un milieu naturel qui a repris ses droits depuis 2012. Chauves-souris, papillons protégés et zones humides feront l’objet de mesures spécifiques. Des rails soudés doivent limiter bruit et vibrations.

    Le dernier mot revient à l’État. Après le rapport de Nicole Pulicani, la préfecture devra se prononcer sur l’autorisation environnementale. La Région conserve son cap : Saint-Ambroix en 2028, puis Bessèges en 2030. Le retour du train n’est pas acquis, mais il se dessine.

  • Dans le Vaucluse, une usine d’huiles essentielles mise en demeure de dépolluer

    Dans le Vaucluse, une usine d’huiles essentielles mise en demeure de dépolluer

    Une sorte de double peine. Dans la nuit du 2 au 3 août, un violent incendie a détruit 1 300 m2 de l’entreprise Rosier-Davenne, laboratoire de production d’huiles essentielles à Châteauneuf-de-Gadagne. Depuis, le site est fermé, au moins jusqu’à la fin du mois. « Nous prenons le temps nécessaire pour remettre les choses en place dans les meilleures conditions et assurer une réouverture efficace », note dans un courriel automatique Rosier-Davenne*.

    Au-delà du sinistre, l’impact sur le milieu environnant est placé sous haute surveillance et fait l’objet d’un suivi par la Ville et différents services sanitaires et environnementaux de l’État. Dans un communiqué le 7 août, la municipalité indiquait que « selon l’ARS, les polluants détectés ne présentent pas de toxicité majeure et leurs concentrations dans l’eau de la nappe restent faibles ». Mais, la situation « nécessite une surveillance attentive », estime la Ville dans une nouvelle communication, jeudi dernier. Insistant sur le fait que « les très fortes odeurs » pouvant être perçues ne « présentent pas de toxicité », la Ville invite à ne « pas consommer l’eau provenant des forages privés dans le secteur potentiellement concerné par la pollution de la nappe ». Pollution dont les « conclusions sur son étendue » sont à ce stade encore « prématurées ».

    C’est dans cette même optique que la préfecture a pris, le 10 août, un arrêté mettant en demeure Rosier Davenne « de faire cesser toutes pollutions au milieu naturel et mettre en œuvre les mesures prescrites ». L’État s’inquiète notamment de « l’incertitude sur l’étanchéité » du bassin de rétention enterré du site, qui a récupéré une partie des eaux de l’extinction de l’incendie. Idem, ces mêmes eaux souillées se sont « déversées dans le réseau d’eaux pluviales qui se rejette dans le cours d’eau le canal du Moulin ». L’arrêté somme le labo de réaliser plusieurs mesures à court terme (une ou deux semaines) ou plus long terme (un à deux mois). L’entreprise doit, par exemple, « vider, sous une semaine, tous les effluents contenus dans le bassin de rétention » ou « réaliser le pompage des eaux polluées stagnantes dans le fossé, puis son curage » mais aussi « effectuer une étude sur l’état du bassin de rétention » et « procéder, sous deux mois, au nettoyage du site ».

    * Qui n’a pu être jointe.

  • Les très lucratives résidences privées pour étudiants se multiplient

    Les très lucratives résidences privées pour étudiants se multiplient

    À l’entrée de la résidence Studéa de la rue du Pasteur-Heuzé, dans le quartier de Saint-Lazare (3e), Anas le reconnaît d’emblée : « Je cherche ailleurs, mais je n’ai encore rien trouvé. Ceux qui ont des studios préfèrent les louer à de jeunes travailleurs ». Arrivé il y a trois ans, l’étudiant en master d’électronique n’a trouvé que cette place dans la résidence du groupe Nexity, avec un loyer de 534 euros par mois pour 15 m². Face aux cafards et nuisances du quartier, il résume : « La résidence n’est pas bonne, mais on n’a pas les sous ».

    Il n’est pas le seul dans ce cas. Selon l’observatoire territorial du logement étudiant, l’offre des résidences étudiantes privées représente plus de 9 400 places sur le territoire de la métropole Aix-Marseille, avec des qualités d’accueil variables : une étude de l’Agam publiée en décembre dernier alerte sur le désengagement des exploitants lorsqu’elles arrivent en fin de bail, jusqu’à dénoncer un « fonds de pension en recherche de rentabilité court terme » pour la résidence Kley, rue de la République (2e). Désormais, un étudiant sur dix vit dans une de ces résidences : en vingt ans, leur nombre a triplé sur le territoire métropolitain. Elles représentent désormais 40% de l’offre en résidence étudiante, contre moins d’un quart il y a deux décennies.

    Marges confortables

    Deux groupes, Réside Études et Naxity, pèsent à eux seuls pour un tiers de cette offre privée avec plus de 3400 places.

    « Nous avons pour vocation d’aller compléter une offre immobilière tendue dans beaucoup de villes étudiantes, nous nous battons contre les phénomènes d’étudiants qui doivent se loger sur Airbnb ou abandonner leurs études », défend Nahuel Pedroso, le directeur de la filiale étudiante du groupe Nemea, troisième acteur du secteur sur le territoire métropolitain. Avec une offre sur mesure : salles de sport, de travail, services et référents sur place… « Nous nous sommes toujours refusés à faire de la promotion immobilière », précise le porte-parole. Le groupe verse des loyers aux propriétaires investisseurs, que ce soit des investisseurs institutionnels ou comme à Aix des particuliers.

    Dès la publication des premiers résultats de Parcoursup, les demandent affluent, et le taux d’occupation frôle les 100%. De quoi rendre le secteur particulièrement lucratif : les groupes Nexity Studéa (11,3 millions de bénéfices nets) et Néméa (3,2 millions) dégagent un taux de rentabilité commerciale avoisinant les 10%. Malgré un plan de sauvegarde lié à ses résidences senior, Réside études de son côté affiche un résultat de 6 millions d’euros. Alors les projets continuent de fleurir. « Nous ambitionnons d’ouvrir une vingtaine de résidences étudiantes en France sur cinq ans », indique Nahuel Pedroso. Selon une étude de CBRE, malgré 380 millions d’euros investis en France chaque année, ce marché « révèle un potentiel encore sous-exploité ». Le groupe de conseil immobilier pointe certes qu’« une grande partie des logements étudiants échappe aux investisseurs professionnels, compte tenu de l’importance historique du parc public ».

    Reste à savoir si les Crous, aux finances précaires, peuvent encore répondre aux besoins des étudiants.