Category: economie

  • Agritourisme, conquête de marchés étrangers, outils digitaux… Var Tourisme lance son plan d’action pour 2027

    Agritourisme, conquête de marchés étrangers, outils digitaux… Var Tourisme lance son plan d’action pour 2027

    Au crépuscule de l’année 2026, il est temps de penser à la prochaine. Et dans le Var, plus qu’ailleurs, à la saison touristique qui vient avec. Cela, après un exercice marqué par « une saison estivale où nous avons été en difficulté, dans le contexte actuel de notre pays. Mais nous sauvons les meubles », résume Guillaume Decard, président de Var Tourisme, qui relève avec satisfaction les chiffres encourageants de l’avant et de l’arrière-saison, avec, notamment, « 600 000 nuitées supplémentaires en octobre par rapport à 2025 », permettant d’entrevoir un bilan prévisionnel stable de 80 millions de nuitées sur l’année.

    Les effets du développement « 4 saisons » qui lui est si cher, bien que « ça ne veuille pas dire qu’on doit lisser le tourisme. Nous devons préserver le noyau dur qu’est la saison estivale, qui représente 5 milliards d’euros de retombées économiques », martèle Guillaume Décard. Et pour cela, Var Tourisme lance son plan d’action 2027 intitulé « Varêvolution ».

    Développer l’agritourisme et le tourisme chinois

    Premier outil : l’observation et l’analyse des données grâce à l’observatoire digital du tourisme lancé fin 2023, y compris dans une logique de gestion des flux touristiques et de suivi de l’impact carbone. La communication et la valorisation seront aussi des axes forts, à travers des événements tels que la tenue d’un pop-up à Paris en novembre, des campagnes marketing et un accent sur les outils digitaux, notamment avec l’appui d’influenceurs. Mais aussi à travers le guide du réseau « Destination le Var », permettant de mettre en valeur ses membres (hôtels, restaurants…) auprès des visiteurs.

    Tout cela sera mis au service du développement de l’activité dans un département doté « de filières infinies », appuie Anthony Matteuzzi. Parmi elles, le golf, la spiritualité, le nautisme, ou encore le tourisme de pleine nature, qui bénéficieront toutes de mises en valeur à travers des événements, supports et outils promotionnels. La question de l’accessibilité sera aussi au centre, via un colloque et un site internet dédié. Mais l’axe de l’agritourisme et de l’œnotourisme, mis en avant depuis 2025, apparaît comme la priorité. Il s’agira de poursuivre la mise en valeur et l’accompagnement des projets du genre, comme cela a déjà été engagé cette année avec la sortie du guide de l’agritourisme. Un nouveau guide à destination du public, « Le Var des terres », paraîtra en février.

    Enfin, Guillaume Décard ambitionne « la conquête de nouveaux marchés » de clientèle étrangère, dotée d’un pouvoir d’achat supérieur. L’Italie, par exemple, qui n’est qu’au 6e rang en la matière malgré sa proximité, le Canada, qui a progressé de 114% depuis 2019, et surtout la Chine, pour laquelle une mission de développement est à l’étude. En parallèle, Var Tourisme veut consolider les marchés déjà fructueux (Allemagne, Scandinavie, Pays-Bas, États-Unis). Sans oublier le marché hexagonal, alors que le Var reste la destination favorite des Français, malgré le contexte économique : « Le tourisme social nous intéresse aussi », affirme le président du département Jean-Louis Masson. « Le fait que le panier étranger est plus important que le français doit nous pousser à le développer. » À travers, notamment, l’excursionnisme, c’est-à-dire les séjours à la journée en provenance de territoires de proximité (Var, Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes).

  • Le projet de data center flottant dans le grand port de Marseille remis à flot

    Le projet de data center flottant dans le grand port de Marseille remis à flot

    La colonisation des bassins Est du grand port maritime de Marseille – Fos par les centres de données n’est pas terminée. Depuis le début de l’année, la société NDT Saumaty 1 a déposé deux demandes successives de permis de construire auprès de la municipalité marseillaise, le premier, le 2 mars, pour la construction d’un data center « réalisé en partie en surplomb de la mer nécessitant la modification et la reconstruction du quai », le second déposé le 16 octobre pour des équipements connexes. Des demandes qui visent la parcelle de 94 hectares qui s’étend entre le port de pêche de Saumaty et le bassin Mirabeau, derrière la forme 10 de réparation navale. La municipalité avait déjà accordé au mois d’avril un permis de démolir à la même société sur cette même parcelle.

    Derrière le porteur du projet, le groupe français Data4. Un groupe qui exploite aujourd’hui onze « campus » de data centers dans six pays européens pour une puissance de 2 gigawatts. Rachetée en 2023 par le fonds canadien Brookfield Infrastructure, elle a vu le fonds britannique Arjun Infrastructures et le holding des investissements financiers du groupe Ikea, Interogo Holding, entrer à son capital au mois d’août 2025. « Nous confirmons étudier un projet de data center à Marseille sur le site d’une ancienne déchetterie industrielle située au sein du Grand Port Maritime de Marseille, avec la volonté de dépolluer, réhabiliter et revaloriser ce foncier », répond la société qui ambitionne de doubler sa présence en Europe d’ici 2030. « Le projet est actuellement en phase d’étude de faisabilité », précise-t-elle.

    Elle vient reprendre l’ancien projet d’un data center flottant installé dans le Grand port maritime, d’une puissance de 7,5 mégawatts, qui était porté par la société californienne Nautilus Data Technologies. Celle-ci s’est depuis retirée de ce domaine spécifique, mais le projet qui lui succède conserve le même nom, Nautilus.

    Celui-ci doit désormais être soumis à une consultation publique de trois mois, à compter du 18 novembre prochain, afin de pouvoir lui délivrer son autorisation environnementale. Une réunion publique est d’ores et déjà annoncée le 26 novembre prochain à partir de 17h30, au centre municipal d’animation Mirabeau.

  • Les Entrepreneurs de la Région Sud font leur programme

    Les Entrepreneurs de la Région Sud font leur programme

    Les Entrepreneurs Sud (ex-CMPE) lancent leur « Grande consultation des entrepreneurs », une initiative nationale qui se déroule jusqu’au 15 janvier avec l’ambition de faire « remonter les préoccupations et propositions du terrain » en vue de l’élection présidentielle de 2027. L’organisation souhaite associer entrepreneurs, salariés, indépendants, partenaires institutionnels et citoyens afin d’élaborer des solutions concrètes pour l’économie française.

    Laboratoire d’idées

    La démarche reposera sur plus de 100 rencontres organisées à travers le pays, dont six en région Sud. Sur le territoire régional, six réunions sont programmées : à Aix-en-Provence le 17 novembre, à Manosque le 24 novembre, à Gap le 3 décembre, à La Garde le 14 décembre et à Avignon le 15 décembre. Une plateforme participative (lagce.fr) et un laboratoire d’idées réunissant experts et dirigeants d’entreprise sont mis en place.

    Cent vingt fédérations professionnelles vont être mobilisées. Les échanges porteront sur cinq grands thèmes : la création de richesses, la valorisation du travail, le redressement des finances publiques, la souveraineté économique et les opportunités liées à la transition écologique.

    Présentée comme strictement non partisane par le président des Entrepreneurs Sud, Alain Gargani, élu de la majorité de droite au conseil régional, et Daniel Salenc, le futur président des Entrepreneurs 13, candidat du Rassemblement national aux dernières élections municipales à La Ciotat, cette consultation entend partir des réalités vécues par les entreprises afin de produire des propositions chiffrées et opérationnelles. Ces recommandations seront ensuite remises aux candidats à l’élection présidentielle de 2027.

  • [Collectivités] Montpellier vise la souveraineté numérique

    [Collectivités] Montpellier vise la souveraineté numérique

    Et si Montpellier apprenait à se passer de Microsoft ? La Métropole et la Ville veulent réduire leur dépendance aux géants technologiques étrangers et reprendre le contrôle de leurs données. Adoptée à l’unanimité en conseil de Métropole le 13 octobre, la trajectoire de souveraineté numérique fixe un cap pour les six prochaines années : privilégier des « solutions numériques souveraines, interopérables, réplicables et européennes ».

    L’enjeu est d’abord celui de la souveraineté et de la protection des données, dans un contexte de tensions géopolitiques et de cyberattaques. « La donnée, c’est le pouvoir. La maîtriser est une condition de notre souveraineté », résume le maire et président de la Métropole, Michaël Delafosse. Mais la dépendance aux géants du numérique pèse aussi sur les finances. La collectivité entend ainsi abandonner Microsoft 365, utilisé quotidiennement par les agents pour Word, Excel ou Teams. Selon Manu Reynaud, vice-président de la Métropole délégué à la souveraineté numérique, la facture atteint « 1,8 million d’euros de licences par an. Et à chaque renouvellement de contrat, tous les 3 ans environ, on nous propose une augmentation de 15 à 40% sans forcément de plus-value », indique-t-il. La collectivité a donc décidé de remplacer Microsoft 365 par une autre suite collaborative. Au total, quelque 600 logiciels seraient à remplacer dans un délai de deux ans, selon les éléments présentés lors du débat.

    « Il ne s’agit pas d’être pour ou contre Microsoft, pour ou contre une société américaine, il s’agit de ne plus être dépendant technologiquement et financièrement », insiste Manu Reynaud. Pas question, pour autant, de tout changer du jour au lendemain : la transition devra prévoir « des alternatives offrant un service équivalent ainsi que l’accompagnement des agents dans ces nouveaux usages, car les agents et les utilisateurs sont la clé du changement », insiste l’élu en charge du dossier.

    Un outil public

    ouvert aux communes

    L’enjeu dépasse les factures. Cyberattaques, tensions internationales et concentration des données entre les mains de quelques entreprises font peser des risques sur la continuité des services publics. « Ce qui se joue derrière, ce sont nos libertés, notre souveraineté et notre capacité à la maîtriser », alerte Michaël Delafosse.

    Montpellier ne part pas de zéro. La collectivité utilise déjà des logiciels libres, développe certaines applications en interne et dispose d’un portail d’open data. Avec d’autres métropoles, elle a également contribué à la démarche TIE Break (trajectoire d’indépendance numérique européenne), destinée à mesurer les dépendances numériques et à organiser leur réduction.

    La prochaine étape consiste à réfléchir à la création d’un opérateur public de souveraineté numérique. « Ce que nous construisons ici, c’est une infrastructure publique numérique et une plateforme territoriale. Nous allons organiser cette trajectoire avec l’intégralité de nos opérateurs publics », détaille Manu Reynaud. La TaM, Altémed avec ACM Habitat, la Régie des eaux, l’office de tourisme, Montpellier Events, les services funéraires pourraient ainsi être associés à cette démarche, ouverte également aux communes volontaires. « L’idée n’est pas de construire une forteresse numérique. C’est un écosystème public, ouvert, interopérable et résilient », souligne l’élu.

  • [Viticulture] Le Modef réclame des prix planchers

    [Viticulture] Le Modef réclame des prix planchers

    « La production cette année correspond à celle du début des années 1980 », lance en guise d’avertissement Didier Gadea. Réuni à la chambre d’agriculture du Gard jeudi 22 octobre, le Modef a dressé un bilan peu réjouissant de la situation de la viticulture française. « Depuis 20 ans, les rendements, la production de vin et le nombre d’hectares de vignes n’ont fait que baisser. Il y avait 800 000 hectares de vignes en France il y a 20 ans pour une production de 60 millions d’hectolitres. En 2024, ce sont 733 000 hectares et aujourd’hui, ce sont 673 000 hectares pour une production quasiment divisée par deux », poursuit le président du Modef dans l’Hérault.

    Cette année, Didier Gadea distingue deux bilans bien distincts. D’un côté, l’arc méditerranéen et le Languedoc qui ont connu moins de sécheresse et moins de maladies et qui s’en sortent donc avec une production supérieure de 30% par rapport à l’an dernier. Pour le reste de l’Hexagone, « la perte de récolte va de -30% à -70% due à la sécheresse et à la canicule ».

    Contre l’arrachage

    Le syndicat explique cette baisse de production par les conditions climatiques mais aussi par la politique d’arrachage lancée par le gouvernement, qui a atteint « 57 000 hectares sur les 100 000 prévus ». Une politique qui pourrait être renouvelée l’an prochain et qui hérisse Didier Gadea : « Nous, nous y opposons car c’est la destruction de l’outil de production alors que la viticulture c’est 130 000 équivalents temps plein en France et 20% de l’agriculture alors qu’elle occupe seulement 3% de la surface agricole. Surtout, on remarque que cette politique ne porte pas ses fruits puisque des caves coopératives continuent de fermer et des vignerons en cave particulière cessent leur activité. »

    Face à « ce désastre social », le Modef souhaite au contraire repartir à l’offensive en changeant le modèle économique. Pour lui, le principal problème reste la marge ponctionnée par les intermédiaires et leur mainmise sur les prix. Si le syndicat réclame une augmentation du budget de la Politique agricole commune (PAC) qui est actuellement en négociation, il réclame surtout « l’abandon de l’OCM vin spécifique » (l’organisation commune des marchés vitivinicoles, régie par l’Union européenne). Il demande ainsi une augmentation « des aides à l’hectare pour les vignes plantées » qui éviterait selon lui « la cannibalisation » des aides de la PAC par les plus grosses structures.

    100 euros l’hectolitre minimum

    Le Modef souhaite surtout que les viticulteurs soient rémunérés à un juste prix pour leur production. « Avec des coûts de production à 1,20 euro le litre et un prix du vin acheté autour de 0,60 euro le litre, les viticulteurs ne vivent pas de leur travail », fustige Xavier Fabre, également viticulteur et président du Modef 30. Face à ce constat, le syndicat demande depuis des années l’instauration d’un prix plancher rémunérateur pour le viticulteur, fixé et garanti par l’État qu’il souhaite à 100 euros l’hectolitre pour les vins de table, 200 euros pour les vins IGP, 250 euros pour les vins AOP et 260 euros pour les vins bios. « C’est à partir de ces prix que les négociations des prix et des volumes pourront commencer », poursuit Xavier Fabre.

    Le Modef propose aussi une loi « anti-trust » pour casser le monopole privé des négociants de vin et favoriser le développement des plantations de cépages résistants. Concernant les mesures d’urgence face à la crise, il réclame également la nomination d’un « préfet coordonnateur » pour la viticulture, la prise en charge partielle ou totale des cotisations sociales de la MSA (Mutualité sociale agricole, la sécurité sociale agricole) et une aide à la trésorerie pour les viticulteurs de 7 000 euros.

  • À Marseille, l’appel à venir consommer dans le centre-ville

    À Marseille, l’appel à venir consommer dans le centre-ville

    Douze jours après les pillages et à la veille d’un nouveau samedi de mobilisation dont on peine à mesurer la teneur, si ce n’est sa ténébreuse coloration Halloween, les commerçants du centre-ville de Marseille veulent du concret. Plusieurs associations réunies par les Entrepreneurs Sud, le syndicat des PME présidé par Alain Gargani, font passer leurs messages.

    Le premier s’adresse à la population. « Des commerces restent encore debout dans un environnement éteint », plaide Guillaume Sicard, président de la fédération Marseille centre. « Il faut dire aux Marseillais : revenez samedi en centre-ville. Un commerce sur deux était fermé le week-end dernier mais beaucoup vont rouvrir. Venez nous soutenir, venez même nous saluer, ça nous fera plaisir. Et si vous pouvez acheter, c’est encore mieux. »

    Dans la 2e ville de France, 528 commerces ont été touchés : 331 sont sinistrés et 118 entièrement pillés, rappelle Alain Gargani avant que Corinne Innesti, présidente les Entrepreneurs 13, ne souligne qu’en 2023, 479 commerces avaient été vandalisés lors des émeutes. Pour être accompagnés, les commerçants comptent sur l’appui de l’État et « des aides directes ».

    « Garantie émeutes »

    Les regards se tournent vers « le fonds de solidarité national qui n’a pas encore atterri ». Quinze jours après, il y a urgence insiste Alain Gargani souhaitant un traitement des dossiers « au cas par cas » et un engagement « à hauteur de la perte non prise en charge par les assurances et les fonds » de la Région et du Département. Autre enjeu la qualification d’émeutes pour la journée du 17 octobre qui engagerait la responsabilité de l’état mais ouvrirait la garantie émeutes des contrats d’assurance.

    « Le pouvoir économique, institutionnel et politique local a été bien plus efficace que l’État », enchaîne Daniel Salenc. Futur président les Entrepreneurs 13 et ex-candidat RN aux municipales de La Ciotat, il réclame l’élargissement du chômage partiel « aux commerçants restés ouverts » mais dont le chiffre d’affaires s’est malgré tout effondré.

    Autre sujet : la sécurisation des manifestations, insiste Alain Gargani avant que les commerçants ne posent leurs revendications. À la Métropole, ils demandent la gratuité des transports et des parkings, à la municipalité de l’éclairage public à la tombée de la nuit, au préfet la possibilité de travailler tous les dimanches jusqu’au 24 décembre. Sur ce point « un accord favorable » est espéré, conclut Alain Gargani.

  • Dans les Hautes-Alpes, une station de ski stocke de la neige depuis avril

    Dans les Hautes-Alpes, une station de ski stocke de la neige depuis avril

    Depuis avril, plus de 10 000 mètres cubes de neige reposent sur la piste de la Bergerie de la station de ski de Puy-Saint-Vincent. Cette immense quantité de neige a été rassemblée au printemps pour former une colline artificielle de 72 mètres de long, protégée par une bâche thermique isolante et 18 matelas remplis de PVC. Il s’agit pour les Alpes du Sud de la première expérimentation de « snowfarming ».

    Un grand investissement

    « Le but, c’est surtout de faire des économies, indique Laurent Kypraios, responsable des pistes. L’hiver dernier, on a eu beaucoup de neige naturelle, ça permet d’en réutiliser ! C’est un gain d’électricité, d’eau, et une diminution du prélèvement sur les milieux naturels », car la station aura moins besoin de produire de la neige artificielle. Le débâchage est prévu dans les prochaines semaines, et la neige permettra de préparer une sous-couche pour les pistes de compétition du début de saison et de favoriser la reprise des entraînements plus tôt dans l’hiver.

    Entre avril et septembre, la température moyenne du manteau neigeux sous la bâche a été de 0,9 °C. Environ 10 000 m³ de neige devraient être récupérés, soit une perte estimée de 30% par rapport au volume initial. « Un résultat encourageant au regard de l’été particulièrement caniculaire traversé », assure la station.

    Reste à savoir si ce dispositif est viable sur le long terme. Il représente un investissement global de 110 000 euros, dont 30% sont financés par la Région Sud. « Les économies éventuelles restent à mesurer dans le cadre de cette première expérimentation », précise la station.

  • Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    « La situation est très sérieuse dans le pays. » C’est avec gravité que le patron des patrons de la région, Stéphane Benhamou, a fait le point ce jeudi 29 octobre. Fini le président du Medef Sud « punchy » avoue-t-il, pétri d’une « inquiétude » partagée par « une large majorité d’entrepreneurs ».

    D’abord parce que la société est « fracturée » analyse-t-il eu regard des manifestations lycéennes et pour le pouvoir d’achat qui s’égrènent depuis plus d’un mois. Avant ces dernières, « le taux de vacances en centre-ville, 20%, était déjà dramatique à Marseille, on ne peut pas aggraver cette situation-là », estime-t-il, car « chaque fois que le centre-ville est déserté, on laisse la place à des points de deal, à des populations communautaristes qui monnayent les marchands de sommeil et qui amplifient la désertification ».

    Dans cette ambiance « anxiogène », pour lui, « la réponse se trouve dans l’entreprise, la capacité à offrir du travail, des perspectives ». Le Medef Sud organise pour ce faire la deuxième édition d’Action sud, le 1er décembre, sur le campus Esca d’Aix-en-Provence pour « mettre en confrontation les attentes des jeunes et des entrepreneurs » sur différents thèmes, comme l’économie verte, l’IA responsable, la féminisation des filières scientifiques…

    Peser sur le politique

    Plus généralement, les patrons comptent faire valoir leurs propositions à quelques mois de la présidentielle. Elles sont très tranchées. « Nous n’en sortirons pas autrement que par une attaque violente et frontale des lignes de dépenses budgétaires » balance Stéphane Benhamou, partant du principe que les entrepreneurs font déjà assez d’effort.

    « Les dépenses de l’État ne sont plus supportables et la mise en œuvre ne peut en aucune manière être de la responsabilité financière des entreprises » estime-t-il, dénonçant le gel de l’allègement des « charges » sociales, « 11 milliards d’euros prélevés soit 550 euros par salarié ». Pas un mot sur les 112 à 166 milliards d’aides de l’État par an, tous dispositifs compris, selon les travaux d’une commission d’enquête sénatoriale, rendus publics en juillet 2025. Mais une certitude, revoir le montant du Smic à la hausse de façon anticipée, sujet qui devrait être tranché le 5 novembre, n’est pas envisageable. « Nous ne sommes pas contre l’augmentation des salaires, bien au contraire », assure le responsable du Medef Sud, qui se dit préoccupé par « la pérennité des entreprises et les équilibres économiques qui sont entamés ». Et de déplorer l’impuissance d’un pouvoir exécutif et législatif « dépassé, hors sol ». Son credo : « Notre pays doit prendre en compte que le fait économique rythme le développement social, sociétal, environnemental. L’entreprise doit être priorisée. » Raisons pour lesquelles, du RN à LFI, les représentants locaux des candidats sont invités à débattre le 19 novembre à Marseille. Ces « remontées de terrain », permettront au Medef d’affiner sa position au national.

  • Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    « J’ai redémarré mais sans marchandises et ma banque a rejeté le prélèvement car il n’y a pas d’argent qui est rentré. » Venu bénéficier des services du guichet unique installé au Palais de la Bourse depuis le début de la semaine pour venir en aide aux commerçants touchés par la casse et les pillages, ce buraliste, installé à Sainte-Marthe (14e) depuis 17 ans, ne cache pas son désarroi. Face à lui, le préfet de région, Jacques Witkowski, le président de la Chambre de commerce Aix-Marseille, Jean-Luc Chauvin, et les représentants des collectivités qui ont mis au pot, François de Canson (DVD), président de la Région, Martine Vassal (DVD), présidente du Département. Rebecca Bernardi (PM), adjointe au maire de Marseille en charge du commerce est là aussi.

    « Ce guichet rassemble l’ensemble des services disponibles, ceux de l’État, des collectivités, de la solidarité entrepreneuriale. On reçoit au fur et à mesure les entreprises pour leur permettre de faire leur parcours, d’avancer » explique Jean-Luc Chauvin, ajoutant que plus de 180 d’entre elles « ont été vues, accompagnées ou reçues ». Après une prise de contact par téléphone, un « parcours de rendez-vous est pris pour ne pas attendre et voir tout le monde », poursuit le responsable de la CCI.

    Dans le cadre d’un fonds régional, 5 millions d’euros ont été débloqués, auxquels s’ajoutent 5 autres millions du Département. Un dispositif qui a fait ses preuves pour le Covid en 2020, les émeutes en 2023. « On se doit de redonner confiance à nos commerçants. On ne veut pas que le centre-ville de Marseille meure » insiste François De Canson, rappelant que Noël, « c’est quand même 35% du chiffre d’affaires ».

    Anticiper un effet

    « château de cartes »

    Martine Vassal enchaîne : « Beaucoup de commerçants aujourd’hui n’ont plus de stock, n’ont plus rien, ont des salariés sur les épaules. » Forte de cette belle solidarité, Rebecca Bernardi en appelle également à l’État. « Cela ne suffira pas pour relancer le centre-ville. On a une prise en charge des commerces pillés mais il y a aussi tous les commerçants qui sont debout, qui font zéro en chiffre d’affaires, ou à 10% de ce qu’ils font d’habitude », s’inquiète l’élue qui réclame pour ces derniers des garanties pour éviter que tout ne s’écroule comme un « château de cartes ».

    La Ville se chargera de l’animation dès la semaine prochaine, avec un « plan global » incluant la gratuité des parkings, la piétonnisation temporaire voire l’ouverture le dimanche pour rattraper l’activité perdue. Le chèque-cadeau « Treiz’local » à consommer dans le centre-ville est également de retour annonce Jean-Luc Chauvin, prêt à « faire feu de tout bois pour sauver le centre-ville ».

    En attendant, la perspective d’une nouvelle manifestation le 31 octobre ne rassure personne. « Je n’ai pas, à l’heure où on se parle, de demande de dépôt de manifestation », affirme Jacques Witkowski. Il tient à faire passer un message : « Il ne faut pas s’y tromper, nous n’avons pas affaire à des gens qui manifestent mais à des gens qui viennent casser, des délinquants. » Et d’appeler « chacun prend ses responsabilités. Nous prendrons les nôtres ».

    Pour autant, pas question d’appeler à la fermeture des commerces répond Jacques Witkowski quand on lui pose la question. « On a le droit d’ouvrir quand on est un entrepreneur, on a le droit aussi, quand on est un citoyen, un touriste, de venir, ne serait-ce que se promener ou acheter là où les commerces sont ouverts », estime-t-il. Et de rappeler le « succès populaire » de la manifestation du 24 octobre organisée par la CGT. « Les gens ont pu venir en toute sécurité exprimer leur mécontentement, leurs observations. Il faut qu’on puisse continuer comme ça, que ça se passe bien », considère le préfet.

  • Austérité : l’Association des maires de France et les travaux publics alertent

    Austérité : l’Association des maires de France et les travaux publics alertent

    Jusqu’ici, les communes et les intercommunalités ne pâtissaient qu’indirectement du désengagement de l’État. Désormais, elles vont être mises directement à contribution puisque leurs dotations doivent être rabotées de 5,5 milliards d’euros.

    Une entaille au cutter qui aura de lourdes conséquences, prévient Frédéric Roig. « Il y aura un effet immédiat sur la capacité d’investissement des collectivités », assure le président héraultais de l’Association des maires de France (AMF). Car au contraire de l’État qui leur fait les poches, les Villes et intercos n’ont pas le droit de voter un budget en déséquilibre. Et ne peuvent quasiment plus jouer sur la fiscalité. « Avant on avait la main sur les taux de quatre taxes. Elles ont été remplacées par des dotations fixées par la loi de finances. On n’a plus aucune prise, c’est une forme de tutelle. Pas de bras, pas de chocolat ! ».

    Trésorerie et capacité d’investissement en berne

    Moins de recettes, « ça signifie soit plus d’emprunt donc plus de dette, soit moins d’investissement », résume Frédéric Roig qui illustre. « Le Lodévois Larzac aurait besoin de 80 millions d’euros de besoin d’investissement sur ses réseaux d’eau et d’assainissement. On est loin d’avoir les moyens ». Il ajoute que les fonds de compensations ne sont pas à la hauteur des transferts de compétence censés venir « à l’euro près ». « On a aussi des imprévus. J’ai 60 000 euros à sortir pour réparer des chemins à cause des intempéries alors que je n’ai pas débuté les arbitrages budgétaires. Les assurances ne payent jamais la totalité », illustre le maire de Pégairolles de l’Escalette.

    La dégringolade a déjà débuté. En France, la trésorerie nette du bloc communal est passée de 43,7 milliards d’euros en 2022 à 37,9 en 2025. Entre 2019 et 2025, la capacité d’investissement a baissé de 13,6% à 6,6% dans les communes, de 18,1% à 8,6% chez les intercommunalités. Face à cette trajectoire, le projet de loi de finances 2027 apparaît d’autant plus inquiétant et pas seulement pour les collectivités. Les travaux publics qui dépendent à 70% de la commande publique font grise mine. « Les gros chantiers de la LGV ou du Contournement routier de Montpellier feront un appel d’air mais très insuffisant pour mobiliser les 6 000 emplois et les 200 entreprises de l’Hérault », tempère aussitôt Olivier Giorgiucci.

    Si le président délégué de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) est aussi inquiet, c’est qu’il y a près d’un an que le navire dérive. « Avant les municipales, on s’attendait à une chute, c’est cyclique. D’habitude ça repart après les élections mais cette fois le rebond n’a pas eu lieu ». En juillet dernier, Olivier Giorgiucci avait alerté une première fois en constatant que les prises de commande avaient reculé de 25,5% et les appels d’offres publics de 26% comparé à juillet de l’année précédente.

    Entreprises sur la sellette

    Les conséquences se font déjà sentir sur l’emploi. Les entreprises faisant d’abord travailler leurs salariés, « les sous-traitants, locatiers d’engins (prêt de machines) et les agences d’intérimaires s’effondrent avec nous derrière. Depuis 2026, il y a des régimes d’activité partielle », insiste Olivier Giorgiucci qui lance un « cri d’alarme ». « D’ici la fin de l’année on aura des liquidations. 5 à 20 entreprises vont disparaître avec 200 emplois ». Le président de la FRTP appelle les collectivités à au moins continuer à entretenir les réseaux, les équipements et le patrimoine. « Sinon ça coûtera dix fois plus cher demain. Si on ne repeint pas le volet, il faudra en acheter un neuf ».

    De son côté, l’AMF 34 alerte les parlementaires et réclame au gouvernement deux mesures clé. Le renoncement à la baisse de la compensation de TVA avec maintien à l’année N+1 (et pas N+2) du taux de remboursement à 16,404% au lieu des 11,404% prévus. Ainsi que l’exonération du bloc communal pour tout ou partie de la contribution progressive à l’effort budgétaire (2,5 milliards d’euros). « On est conscient que l’effort doit être collectif mais graduel et mesuré », conclut Frédéric Roig.