Berre-l’Étang : l’intersyndicale alerte sur l’avenir du site pétrochimique, tout juste repris

L’inquiétude est grandissante. Après la reprise de l’usine berroise de LyondellBasell par le groupe allemand Aequita, en mai dernier, de premières mesures d’économies et de restructuration envoient de mauvais signaux aux syndicats, qui se questionnent sur leur avenir.

« Ils sont en train de restreindre nos moyens pour maîtriser le risque industriel, alors que nous sommes sur un site Seveso 3 seuil haut, mais aussi d’impacter notre capacité à faire des marges quand la situation dans la pétrochimie s’améliorera », dénonce Julien Autechaud, secrétaire général CGT. « On voit déjà l’impact sur la fiabilité des installations », affirme Michel Glatigny, élu CFE-CGC. Réunie en assemblée générale devant l’enceinte du site pétrochimique désormais exploité par Velogy, l’intersyndicale a voté un accord collectif majoritaire pour obtenir des engagements écrits de la part de leur direction.

« Nous voulons un véritable plan industriel pour Berre, détaille Stéphane Hadjidimitrios, élu CGT au CSE. Quelles activités veulent-ils maintenir, développer ou arrêter ? Quels investissements sont prévus ? Quelles perspectives pour les prochaines années ? » Les syndicats demandent également des garanties sur les moyens consacrés au grand arrêt de maintenance prévu en 2029. « Pour que la vente puisse se faire, nous avons fait un run de 7 ans au lieu de 6 ans, précise Julien Autechaud. On est en train de baisser notre niveau de maintenance préventive et il y a des discussions pour tenter de minimiser le coût de l’arrêt, alors qu’avec une année de plus, ça va nécessiter des travaux supplémentaires. » L’ancien gestionnaire du site LyondellBasell avait fléché 100 millions d’euros pour l’opération, selon les syndicats, qui déplorent aujourd’hui devoir « recapitaliser cet argent » malgré des moyens supprimés et une conjoncture incertaine. Ils demandent à Aequita d’apporter la garantie que cet arrêt se fera, « car c’est de la pérennité du site qu’il s’agit, autant pour les organiques que pour les partenaires Infineum, Kraton et Kem One ».

Sur l’emploi, l’intersyndicale veut des engagements clairs sur la restructuration et les suppressions de postes. Elle dénonce un « plan social masqué », avec des départs non remplacés, estimant la baisse d’effectif à une soixantaine d’emplois depuis la reprise. Sans engagement de la part de la direction locale et d’Aequita, l’intersyndicale demande un moratoire sur toute mesure de suppression de poste, de fermeture d’installation ou de modification d’organisation. Et de fixer la date butoir du 5 novembre pour obtenir leur signature et décider de la suite de la mobilisation. De son côté, Velogy dit s’engager « à maintenir un dialogue ouvert et constructif » et assure que « la sécurité de nos collaborateurs, des installations et des populations alentour, est, et demeure, la première de nos priorités ».

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