Tag: économies

  • Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    La mission locale du Pays de Martigues tire la sonnette d’alarme. Alors que les baisses de dotations se succèdent année après année, « les nouvelles économies qui pourraient nous être demandées auraient désormais des conséquences radicales et impacteraient la pérennité de notre association », écrit le conseil d’administration dans une résolution.

    La principale ressource de la structure, qui couvre six communes de l’ouest du département (Martigues, Port-de-Bouc, Sausset-les-Pins, Carry-le-Rouet, Ensuès-la-Redonne et Saint-Mitre-les-Remparts), est « la subvention versée par l’État », explique Pierre Dharréville, le président de la structure. En 2023, elle s’établissait à environ 1 million d’euros. Après des réductions de 16%, de 6% puis de 8%, « on nous annonce pour 2027 une diminution de 5,55% », sans compter une éventuelle baisse de dotation de 6% du côté de la Métropole. Au total, l’antenne perdrait plus de 80 000 euros.

    Capacité d’accueil restreinte

    Depuis 2023, la Mission locale du Pays de Martigues Côte Bleue a déjà vu son budget amputé de 353 000 euros. « La pyramide des âges a permis de contenir la charge de personnel, donc l’hémorragie », et de continuer d’accompagner 1 800 jeunes à l’année, détaille son directeur Fayçal Abed. « Aujourd’hui, on n’est plus en mesure de supporter ces baisses de dotations », assure-t-il. Des effets directs commencent à se faire ressentir, avec le non-remplacement d’une chargée d’entreprise. Deux autres équivalents temps plein sont menacés pour l’exercice 2027, avec, à la clef, une « capacité et une qualité d’accueil restreintes ».

    Fayçal Abed s’inquiète : « Moins on a d’agent pour recevoir les jeunes, moins on sera en mesure de satisfaire les besoins, d’autant que les besoins se complexifient. Le traitement ne se fait pas uniquement sur l’emploi, il se fait aussi sur la santé, la formation, le logement, la mobilité… Les situations que rencontrent les jeunes sont multi-factorielles et nécessitent plus de temps et d’engagement de nos conseillers ». Pierre Dharréville s’agace : « Ce serait quand même hallucinant qu’avec le mouvement de la jeunesse que nous avons dans tout le pays on s’attaque à un des outils qui permet de l’accompagner ». Le conseil d’administration appelle l’État à renoncer aux baisses annoncées, et la Région et la Métropole à revenir à la subvention initiale.

  • La soif de justice sociale au cœur du 5 novembre

    La soif de justice sociale au cœur du 5 novembre

    Les colères ne sont pas près de s’éteindre sur le terrain social et les interdictions de manifester et autres couvre-feux n’y font rien. Les jeunes sont décidés à maintenir la pression sur le gouvernement et le chef de l’État, Emmanuel Macron.

    Ce dernier a fini par vaciller : Après plus d’un mois de blocus, le gouvernement a annoncé lundi 26 octobre plusieurs mesures pour tenter d’éteindre le mouvement de contestation des lycéens et des étudiants, dont le remplacement en 2028 de la plateforme d’orientation post-bac Parcoursup. Insuffisant pour l’organisation syndicale Mouvement lycéen : « Nous avons arraché un premier recul : celui des promesses. Mais le compte n’y est pas », a-t-elle réagi mardi 27 octobre dans un communiqué. C’est surtout sur le fond des annonces que l’organisation se montre la plus critique : « Macron ne tient pas sa plus grande promesse : celle de nous offrir un avenir. Nous voulons la garantie de pouvoir vivre dignement en France. Chaque jeune doit pouvoir accéder à un travail utile à la société et émancipateur, sans subir les inégalités au travail, et pouvoir décider de l’avenir de notre pays. » Interviewé mercredi 28 octobre sur la chaîne Youtube du média HugoDécrypte, le chef de l’État a appelé les lycéens à « reprendre les cours » dans « le calme » lors de la rentrée de ce lundi 2 novembre, après plus d’un mois de mobilisation qui s’est élargie à d’autres revendications sociales. Et il a eu, pour la première fois, un mot de « compassion » pour les jeunes manifestants blessés par les forces de l’ordre, alors que le niveau de répression a passé un cap .

    Les organisations de jeunesse seront aux côtés de l’intersyndicale qui organise, jeudi 5 novembre, une journée de grèves et de manifestions dans tout le pays à l’appel de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa et de la FSU. Cinq organisations représentants l’essentiel des travailleurs du public et du privé. Pour la CGT, « le projet de budget tourne le dos à la jeunesse et à ses revendications légitimes ». Plus largement « les choix du gouvernement vont encore peser sur nos vies et nos droits : se soigner correctement, vivre dignement de son salaire ou de sa pension, compter sur des services publics accessibles sur tout le territoire… ce sont des droits essentiels à garantir, pas des économies à réaliser ». Pour les syndicats, il s’agit de proposer un contre-récit à celui distiller par la macronie, la droite et l’extrême droite notamment sur la dette publique. « La situation actuelle n’est pas due au niveau des dépenses sociales, qui sont utiles pour toutes et tous, mais des milliards d’euros de recettes dont on se prive en faisant des cadeaux aux ultra-riches et aux grandes entreprises, sans aucune utilité sociale », réplique la CGT. Et de mettre l’accent sur la répartition des richesses. « D’un côté, les aides publiques aux entreprises ont fortement progressé et atteignent plus de 200 milliards d’euros par an. De l’autre, les sommes versées aux actionnaires battent des records, avec plus de 60 milliards d’euros ces 6 premiers mois pour le CAC 40. La question est de savoir à quoi il sert car seul notre travail crée les richesses, elles doivent profiter à toutes et tous pour vivre » argumente la centrale de Montreuil. Pour la CFDT « l’austérité à long terme n’est plus tenable, notamment pour les revenus les plus bas, il est temps de remettre la justice sociale au cœur des choix économiques ». Dans l’Hérault et le Gard, plusieurs manifestations sont prévues notamment à Montpellier, Sète, Béziers, Nîmes et Alès.

    Les manifs du 31 octobre et du 5 novembre

    Samedi 31 octobre

    Hérault : Montpellier, sit-in 14h devant la mairie. Béziers, 10h30 manif départ place David-d’Angers, sit-in devant la mairie. Gard : Nîmes, sit-in 14h devant la mairie, manif 14h Jardins de la Fontaine.

    Jeudi 5 novembre

    Gard : Alès 10h devant la sous-préfecture, Nîmes 14h, bas de l’avenue Jean-Jaurès. Hérault : Montpellier, 14h, place Albert-Ier, Béziers, 10h30, Bourse du travail, Lunel, 11h30, place de la République, Sète, 10h30, place de la mairie.

  • Coupe de subventions en vue pour la MJC de Château-Arnoux-Saint-Auban

    Coupe de subventions en vue pour la MJC de Château-Arnoux-Saint-Auban

    L’annonce a été un choc pour les salariés de la MJC de Château-Arnoux-Saint-Auban et les jeunes qui y sont accueillis toutes les semaines : la mairie les a informés de sa volonté de supprimer la subvention de 20 000 euros dont l’association bénéficiait pour la jeunesse. L’agent du CCAS, mis à disposition pour animer le point information jeunesse, va également devoir arrêter sa mission en décembre, sur demande de la mairie. Le point information, qui permet d’orienter les jeunes de 11 à 30 ans vers la mission locale, pour leurs démarches, le permis ou encore la santé, va ainsi cesser d’exister. Une vingtaine de jeunes y sont accompagnés à l’année, et 800 jeunes bénéficient d’interventions et d’ateliers dans leurs établissements scolaires chaque année.

    « Le maire Philippe Bertrand a demandé à nous recevoir pour nous annoncer la coupure de subventions suite à un audit qu’ils ont fait après leur élection. Il conclut qu’il faut faire des économies. C’est tout leur argument », avance Chloé Droulin, coordinatrice de la MJC. « Ils nous disent qu’il n’y a plus d’argent, mais pourquoi c’est sur les jeunes qu’on fait des économies ? », se questionne-t-elle. « Nous sommes prêts à participer à un effort collectif, mais pas supprimer la totalité de la subvention pour les jeunes. »

    Les jeunes à l’origine

    d’une pétition

    Les adolescents accueillis au sein de l’association ont écrit une pétition pour défendre leur MJC. Les jeunes qui siègent au conseil d’administration de l’association vont se réunir à la rentrée pour décider de la suite de leur mobilisation.

    Quand la nouvelle est tombée, « je l’ai très mal pris, je cherchais les raisons, pourquoi nous. J’étais choquée et triste », regrette Isis, 16 ans, habituée du lieu. « J’ai toujours pas compris pourquoi la MJC », abonde Clémentine, 14 ans, qui vient tous les samedis. Seul lieu dédié aux jeunes de la commune, la MJC a accueilli une quarantaine de jeunes depuis janvier, avec un noyau de quinze adolescents qui viennent très régulièrement. Avec la coupure de subvention, l’emploi de Marie Loup-Forest Argemi, coordinatrice du projet jeunesse, est également menacé.

    « On est les seuls à avoir une coupe aussi drastique, mais ils ont annoncé des coupes budgétaires à plein d’autres associations », affirme Chloé Droulin.

    Contacté, le maire Philippe Bertrand n’a pas répondu à nos sollicitations. La pétition* rassemble à ce jour plus de 350 signatures en ligne, et près de 90 en papier, selon Marie Loup-Forest Argemi.

    *change.org/p/pétition-pour-maintenir-l-accueil-jeunes-de-la-mjc-de-château-arnoux-saint-auban

  • Les députés étrillent le gouvernement sur la Sécu

    Les députés étrillent le gouvernement sur la Sécu

    À six mois de l’élection présidentielle, dans un contexte social inflammable après un week-end de forte mobilisation dans la rue et des violences, les débats budgétaires se tiennent dans une atmosphère fort peu propice aux compromis.

    Après avoir interrompu lundi l’examen du budget de l’État, qui doit reprendre la semaine prochaine, les députés se penchent sur le financement de la Sécurité sociale, que le gouvernement souhaite diminuer prétextant faire dégonfler le déficit en 2027 en le divisant presque par deux, à 12,7 milliards, contre 21,8 milliards en 2026. Au menu : faire contribuer les retraités, ou des économies sur les dépenses de santé, dont un milliard sur les arrêts maladie. « La réduction du déficit ne se fera pas sans faire des choix. Et parfois, ces choix ne seront pas simples », a déclaré le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Mais les critiques ont fusé de presque tous les bancs.

    « Une attaque frontale »

    C’est « une attaque frontale contre la sécurité sociale », a notamment dénoncé Yannick Monnet (communiste) « Ce budget n’est pas un budget d’austérité », a assuré la macroniste Annie Vidal, mettant en garde contre la tentation de laisser le pays sans budget, tandis que Liot et le Modem ont mis en avant leur volonté de compromis, sans épargner le gouvernement. Même les macronistes refusent toutefois la réduction des allègements patronaux censée rapporter 3,7 milliards d’euros à la Sécu, également contestée par Horizons. En face, le ministre des Comptes publics David Amiel a défendu un projet qui ne repose pas uniquement sur des économies, rappelant à la gauche qu’un tiers de l’effort vient des recettes. Les députés ont d’abord examiné une motion de rejet préalable, déposée par LFI, mais facilement repoussée (par 259 voix contre), la gauche, PS compris, étant la seule à voter pour (128 voix). Ils ont ensuite rejeté la première partie du texte, consacrée à l’actualisation des comptes de 2026. Un vote de portée limitée, qui ne revient pas sur les mesures déjà prises par décret et n’empêche pas la poursuite de l’examen du financement de 2027.

    Les députés ont en revanche approuvé des exonérations de cotisations sociales pour les entreprises et exploitants agricoles victimes des incendies de cet été, ainsi que des aides aux entreprises mahoraises frappées par le cyclone Chido. Mais le gouvernement a défendu le maintien à la charge de la Sécurité sociale du coût de ces exonérations, suscitant de vives critiques.

    3 000 amendements

    Les débats devaient reprend mercredi, avec notamment en perspective des propositions de taxes sur les produits sucrés. Quelque 3 000 amendements ont été déposés, dont environ 1 280 pour arriver au bout de la partie portant sur les « recettes » de la Sécu. Le rejet de cette partie, jugé probable, pourrait interrompre les débats dès la fin de semaine, alors que les séances sont prévues jusqu’à lundi soir, week-end compris. Le texte serait transmis au Sénat sans examen des dépenses.

    Et donc sans aborder l’un des sujets les plus explosifs : une revalorisation des pensions inférieure à l’inflation pour deux tiers des retraités, censée économiser jusqu’à 4 milliards d’euros. Alors que le budget de la Sécu avait pu être adopté l’an dernier avec les voix du Parti socialiste, en échange notamment de la suspension de la réforme des retraites, un accord similaire semble cette année improbable.

  • À Château-Arnoux, les parents mobilisés contre la suppression d’une navette

    À Château-Arnoux, les parents mobilisés contre la suppression d’une navette

    Depuis la rentrée de septembre, plusieurs familles se retrouvent sans solution de transport pour emmener leurs enfants à l’école Freinet, à Château-Arnoux-Saint-Auban, suite à la suppression de la navette scolaire qui existait depuis 30 ans. Les parents tentent de se mobiliser et ont créé dimanche soir une pétition, qui rassemble près de 100 signatures. 20 familles seraient impactées, selon les parents d’élèves et le groupe d’opposition.

    « L’impact immédiat, ça a été qu’une petite fille de CM1 n’a pas pu faire sa rentrée des classes, ni le premier jour, ni le mardi 1er septembre, ni le jeudi 3 septembre, parce que le papa s’en va travailler avec le seul véhicule familial, et la maman se retrouve avec une fratrie importante. La petite était dans l’incapacité d’aller et de rentrer toute seule de l’école à pied, elle se retrouve bloquée », déplore Marjorie Breto, représentante des parents d’élèves qui a dû prendre en charge la petite fille. « Je le fais par solidarité, sauf que moi, je ne suis pas une navette scolaire. Je ne peux pas récupérer les enfants des autres en permanence, c’est déjà assez compliqué comme ça », regrette la mère de famille.

    La représentante des parents d’élèves et une autre mère de famille ont eu rendez-vous avec le maire à ce sujet lundi. Selon Marjorie Breto, « il nous a dit, “pour les familles à qui ça pose le plus de problèmes, ils ont qu’à prendre rendez-vous avec ma secrétaire et on les aidera à déménager sur la commune de Saint-Auban“ ». Contacté, le maire n’a pu être joint. « Je lui ai dit, “je ne suis pas un substitut de navettes communales, donc, ou vous me payez mon essence, ou vous allez vous retrouver avec des tas d’enfants qui ne peuvent pas aller à l’école“ », ajoute la représentante des parents d’élèves.

    « Cela touche la population la plus fragile, qui habite dans les HLM les plus anciens de la commune », déplore le groupe d’opposition de l’ancien maire René Villard (PCF). Les familles impactées sont « quasiment exclusivement des familles précaires », qui habitent dans « des logements sociaux, dans un quartier populaire », abonde Marjorie Breto. Deux familles ont dû scolariser leurs enfants ailleurs suite à la suppression de la navette, selon la représentante des parents d’élèves.

    Les parents concernés se réunissent ce jeudi matin pour décider de la suite de leur mobilisation et de l’organisation d’une manifestation devant la mairie. « Manifestation il va y avoir dans tous les cas », promet Marjorie Breto. « L’idéal serait d’agir avec le maire et pas contre, c’était l’idée qu’on s’était fixée quand on est allées le rencontrer lundi, mais on est face à un mur avec des décisions unilatérales et une absence de solutions », regrette la représentante des parents d’élèves.

  • Berre-l’Étang : l’intersyndicale alerte sur l’avenir du site pétrochimique, tout juste repris

    Berre-l’Étang : l’intersyndicale alerte sur l’avenir du site pétrochimique, tout juste repris

    L’inquiétude est grandissante. Après la reprise de l’usine berroise de LyondellBasell par le groupe allemand Aequita, en mai dernier, de premières mesures d’économies et de restructuration envoient de mauvais signaux aux syndicats, qui se questionnent sur leur avenir.

    « Ils sont en train de restreindre nos moyens pour maîtriser le risque industriel, alors que nous sommes sur un site Seveso 3 seuil haut, mais aussi d’impacter notre capacité à faire des marges quand la situation dans la pétrochimie s’améliorera », dénonce Julien Autechaud, secrétaire général CGT. « On voit déjà l’impact sur la fiabilité des installations », affirme Michel Glatigny, élu CFE-CGC. Réunie en assemblée générale devant l’enceinte du site pétrochimique désormais exploité par Velogy, l’intersyndicale a voté un accord collectif majoritaire pour obtenir des engagements écrits de la part de leur direction.

    « Nous voulons un véritable plan industriel pour Berre, détaille Stéphane Hadjidimitrios, élu CGT au CSE. Quelles activités veulent-ils maintenir, développer ou arrêter ? Quels investissements sont prévus ? Quelles perspectives pour les prochaines années ? » Les syndicats demandent également des garanties sur les moyens consacrés au grand arrêt de maintenance prévu en 2029. « Pour que la vente puisse se faire, nous avons fait un run de 7 ans au lieu de 6 ans, précise Julien Autechaud. On est en train de baisser notre niveau de maintenance préventive et il y a des discussions pour tenter de minimiser le coût de l’arrêt, alors qu’avec une année de plus, ça va nécessiter des travaux supplémentaires. » L’ancien gestionnaire du site LyondellBasell avait fléché 100 millions d’euros pour l’opération, selon les syndicats, qui déplorent aujourd’hui devoir « recapitaliser cet argent » malgré des moyens supprimés et une conjoncture incertaine. Ils demandent à Aequita d’apporter la garantie que cet arrêt se fera, « car c’est de la pérennité du site qu’il s’agit, autant pour les organiques que pour les partenaires Infineum, Kraton et Kem One ».

    Sur l’emploi, l’intersyndicale veut des engagements clairs sur la restructuration et les suppressions de postes. Elle dénonce un « plan social masqué », avec des départs non remplacés, estimant la baisse d’effectif à une soixantaine d’emplois depuis la reprise. Sans engagement de la part de la direction locale et d’Aequita, l’intersyndicale demande un moratoire sur toute mesure de suppression de poste, de fermeture d’installation ou de modification d’organisation. Et de fixer la date butoir du 5 novembre pour obtenir leur signature et décider de la suite de la mobilisation. De son côté, Velogy dit s’engager « à maintenir un dialogue ouvert et constructif » et assure que « la sécurité de nos collaborateurs, des installations et des populations alentour, est, et demeure, la première de nos priorités ».

  • [Exclusif] Le plan d’économies de l’hôpital de Manosque bute sur la colère de médecins

    [Exclusif] Le plan d’économies de l’hôpital de Manosque bute sur la colère de médecins

    Alors que le plan d’efficience devait être présenté vendredi dernier en conseil de surveillance, il a été reporté au 4 décembre, face à l’opposition de certains médecins qui disent ne plus faire « confiance » à la direction pour mettre en place ce plan d’économies et de « réductions de postes ».

    « Cette année m’a appris à ne pas avoir confiance. On s’est pris des coups de couteau dans le dos. On ne peut pas construire ensemble, c’est un conflit », avance Vincent Roumieu, chef du service médecine interne et infectieuse. « C’est très vertical, c’est un fonctionnement clairement autoritaire. On est prêts à réfléchir, à voir comment on peut faire des économies sur nos pratiques médicales, changer certaines habitudes. Mais eux, leur seule logique, c’est supprimer des postes, des soignants », affirme le médecin.

    La décision du report aurait été prise le 21 septembre, lors de la commission médicale d’établissement, pendant laquelle des médecins auraient exprimé leur opposition. « Quand ils nous ont présenté ça, ça a gueulé, je me suis énervé », se rappelle Vincent Roumieu. « On a peur que, quand ils présentent le plan, toutes les suppressions de postes aient déjà eu lieu », craignent le chef de service et la CGT, alors que des départs à la retraite ne sont déjà pas remplacés et des personnes en CDD depuis des années non renouvelées.

    « Un chantage »

    Vincent Roumieu dénonce un « chantage » de la direction, qui aurait demandé aux médecins insatisfaits de faire leurs propres contre-propositions d’économies, selon lui et la CGT. « On doit s’occuper de leur boulot. Ils nous ont dit de nous débrouiller pour proposer autre chose. Le plan a été reporté pour laisser les médecins faire leurs contre-propositions », explique le soignant. Ils auraient jusqu’au 1er novembre pour le faire, selon la CGT.

    « Dans mon service, on est tous d’accord sur le fait que c’est délirant de faire ça », avance le chef de service. « Ils ont prévu d’enlever du personnel exactement dans les deux seuls services rentables, qui rapportent plus d’argent que ce qu’ils en coûtent, le mien et celui de médecine polyvalente », déplore-t-il.

    « De toute façon, au conseil de surveillance, il n’y a pas de vote, ce n’est qu’une information », précise Gilles Duffour, directeur du centre hospitalier, qui parle de « plan de redressement ». Il confirme que la présentation du plan a été reportée car les médecins opposés au projet « souhaitaient plus de temps pour proposer d’autres choses ». Questionné au sujet des « réductions » ou « suppressions » de postes, il refuse pour l’instant de s’exprimer à ce sujet, préférant attendre la présentation officielle du plan.

    Le plan est reporté à décembre « parce que les chefs de service et les syndicats doivent continuer à se mettre d’accord et qu’il y a des contre-propositions qui ont été faites qui méritent d’être étudiées », abonde le président du conseil de surveillance, Camille Galtier. « Il y a 75% de l’effort sur la hausse d’activité et 25% sur les économies », avance le maire de Manosque (DVD). Interrogé sur la façon de faire des économies tout en augmentant l’activité, il renvoie vers le directeur de l’hôpital. Il votera dans tous les cas le plan, car « si on n’optimise pas tout ça, on ne pourra plus payer les salaires des employés ».

    « Chaque fois qu’il y a de la résistance, ils repoussent, affirme de son côté la CGT de l’hôpital. Les médecins ont râlé, et c’est pour ça qu’ils leur laissent un peu plus de temps, pour essayer de mieux faire passer la pilule. »

  • La communauté d’énergie locale de Vitrolles monte en puissance

    La communauté d’énergie locale de Vitrolles monte en puissance

    C’est une initiative unique en France. Unique « par son ampleur » et par le fait qu’elle soit « portée par une collectivité locale pour les administrés et les entreprises de son territoire », assurent Alice Gaubert et Donald François, de SerenySun.

    Dix-huit mois après la signature de concession entre la Ville de Vitrolles et le groupement dont l’entreprise fait partie, aux côtés de Watteos, la communauté d’énergie locale en autoconsommation collective « Notre énergie Vitrolles » est pleinement opérationnelle.

    Sept centrales photovoltaïques en service sur des bâtiments communaux alimentent 70 participants : des équipements publics, une trentaine de familles et une première entreprise locale réparties autour de trois boucles. Une quatrième boucle est en passe d’être terminée. Une fois les six centrales supplémentaires actuellement en chantier achevées, 2,2MWc seront installés, soit plus d’un tiers de la puissance cible du projet, dont le maire (PS) Loïc Gachon rappelle l’enjeu : « Produire localement une électricité qui bénéficie directement au territoire. »

    Avec des économies à la clé : « On s’engage à avoir un tarif inférieur au tarif réglementé, affirme Alice Gaubert. Par rapport au tarif bleu du mois d’août, le nôtre est inférieur de plus de 7%. » La communauté propose surtout un « bouclier face aux aléas de demain », souligne Donald François. En intégrant « Notre énergie Vitrolles », les particuliers « sécurisent » environ un tiers de leur facture d’électricité. Demain, « Notre énergie Vitrolles » envisage d’intégrer une logique aussi de rachat des excédents des petits producteurs, autrement dit des particuliers qui ont un toit solarisé. « Quitte à faire le même tarif de rachat qu’EDF, autant qu’on soit dans un ensemble collectif local », explique Loïc Gachon.

  • [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    J’ai appris avec colère l’annonce par le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence de son intention de mettre fin à la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Une décision aussi brutale qu’incompréhensible, sur la forme comme sur le fond.

    Sur la forme d’abord, il est inacceptable que le maire d’Aubagne et les onze autres maires concernés découvrent par voie de presse une décision qui touche directement leurs communes et leurs habitants. Ce mépris du dialogue avec les élus locaux n’est pas acceptable.

    Sur le fond, prétendre réaliser des économies dès 2026 en supprimant la gratuité relève de l’absurde. Installer un système de billetterie, équiper les bus et les tramways, organiser les contrôles et mobiliser les personnels nécessaires aura nécessairement un coût et ne se fera pas en quelques semaines. Cette décision, présentée comme une économie, risque donc de commencer par coûter de l’argent aux habitants et à la collectivité.

    Surtout, elle constitue une attaque contre un acquis social qui a fait ses preuves depuis près de vingt ans dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Et elle intervient au pire moment : celui d’une flambée du prix des carburants et d’un pouvoir d’achat toujours plus contraint.

    Quand prendre sa voiture coûte toujours plus cher, supprimer la gratuité des transports est une double peine infligée aux habitants.

    Au regard de la précipitation qui entoure cette annonce et de l’absence d’économie réalisable sur l’exercice 2026, il est urgent de suspendre ce projet et d’ouvrir une véritable concertation avec les maires, les usagers et l’ensemble des acteurs concernés. Une décision aux conséquences aussi importantes pour le quotidien de milliers d’habitants ne peut être imposée dans l’urgence et sans dialogue.

    Je resterai pleinement engagé aux côtés des douze maires concernés, des usagers et des associations qui défendent la gratuité pour faire échec, dans les jours et les semaines à venir, à ce projet profondément injuste.

  • Pays d’Aubagne : pétition, manif, et actions citoyennes pour défendre la gratuité des transports

    Pays d’Aubagne : pétition, manif, et actions citoyennes pour défendre la gratuité des transports

    Cette première intervention, en l’occurrence un point presse samedi matin qui a rapidement tourné à un rassemblement d’une cinquantaine de personnes sur le cours Foch, à Aubagne, « c’est le premier acte de la résistance », lance Maurice Marsiglia, le président de l’association Se déplacer en liberté et l’une des chevilles ouvrières de ce long combat pour la « gratuité des transports en commun ».

    « Pas question de se laisser faire », « il faut s’organiser ! », « aller manifester », « signer la pétition lancée par la mairie ! », « et informer dans vos associations, tout le monde est concerné ! » Les échanges fusent entre les participants. Car l’heure est grave. « Cette gratuité a été mise en place par l’Agglo d’Aubagne, en 2009, c’est une réussite », résume Yves Mesnard, le maire honoraire (DVG) de Roquevaire. Ils sont aussi venus de La Bouilladisse, de Belcodène, d’autres communes environnantes directement touchées par ce séisme, dont l’épicentre est à… Salon-de-Provence. « C’est honteux d’avoir fait une telle déclaration sans même en avertir les élus du territoire », dénonce Maurice Marsiglia. Et sur le fond, rien ne tient. « Les prétendues économies réalisées correspondent à 0,9% des 144 millions d’euros de déficit de la branche transport de la Métropole… », tranche Christine, membre de l’association, armée d’un solide argumentaire. À Rolland Bourglan de pointer les coûts faramineux pour remettre le réseau en payant, ce qui devrait réduire à néant les dites « économies ». « Sur le plan social comme écologique, alors que la moitié des grands réseaux urbains passent ou sont passés à la gratuité, cela ne va pas dans le sens de l’histoire… », conclut-il. Puis l’élu écologiste Denis Grandjean, délégué à la mobilité, apporte le soutien de la Ville aux militants qui s’apprêtent à livrer une dure bataille. Bataille qui s’apparente à une course contre la montre, « il y aura un vote sur cette question en séance, le 15 octobre prochain », pose Maurice Marsiglia.

    « Nous allons aussi nous mobiliser, lance Erwann Bouisseren, de la CGT Métropole, la gratuité concerne l’ensemble des salariés et des entreprises de ce territoire ! » Tous les citoyens, sans exception.