Tag: économies

  • [Exclusif] Le plan d’économies de l’hôpital de Manosque bute sur la colère de médecins

    [Exclusif] Le plan d’économies de l’hôpital de Manosque bute sur la colère de médecins

    Alors que le plan d’efficience devait être présenté vendredi dernier en conseil de surveillance, il a été reporté au 4 décembre, face à l’opposition de certains médecins qui disent ne plus faire « confiance » à la direction pour mettre en place ce plan d’économies et de « réductions de postes ».

    « Cette année m’a appris à ne pas avoir confiance. On s’est pris des coups de couteau dans le dos. On ne peut pas construire ensemble, c’est un conflit », avance Vincent Roumieu, chef du service médecine interne et infectieuse. « C’est très vertical, c’est un fonctionnement clairement autoritaire. On est prêts à réfléchir, à voir comment on peut faire des économies sur nos pratiques médicales, changer certaines habitudes. Mais eux, leur seule logique, c’est supprimer des postes, des soignants », affirme le médecin.

    La décision du report aurait été prise le 21 septembre, lors de la commission médicale d’établissement, pendant laquelle des médecins auraient exprimé leur opposition. « Quand ils nous ont présenté ça, ça a gueulé, je me suis énervé », se rappelle Vincent Roumieu. « On a peur que, quand ils présentent le plan, toutes les suppressions de postes aient déjà eu lieu », craignent le chef de service et la CGT, alors que des départs à la retraite ne sont déjà pas remplacés et des personnes en CDD depuis des années non renouvelées.

    « Un chantage »

    Vincent Roumieu dénonce un « chantage » de la direction, qui aurait demandé aux médecins insatisfaits de faire leurs propres contre-propositions d’économies, selon lui et la CGT. « On doit s’occuper de leur boulot. Ils nous ont dit de nous débrouiller pour proposer autre chose. Le plan a été reporté pour laisser les médecins faire leurs contre-propositions », explique le soignant. Ils auraient jusqu’au 1er novembre pour le faire, selon la CGT.

    « Dans mon service, on est tous d’accord sur le fait que c’est délirant de faire ça », avance le chef de service. « Ils ont prévu d’enlever du personnel exactement dans les deux seuls services rentables, qui rapportent plus d’argent que ce qu’ils en coûtent, le mien et celui de médecine polyvalente », déplore-t-il.

    « De toute façon, au conseil de surveillance, il n’y a pas de vote, ce n’est qu’une information », précise Gilles Duffour, directeur du centre hospitalier, qui parle de « plan de redressement ». Il confirme que la présentation du plan a été reportée car les médecins opposés au projet « souhaitaient plus de temps pour proposer d’autres choses ». Questionné au sujet des « réductions » ou « suppressions » de postes, il refuse pour l’instant de s’exprimer à ce sujet, préférant attendre la présentation officielle du plan.

    Le plan est reporté à décembre « parce que les chefs de service et les syndicats doivent continuer à se mettre d’accord et qu’il y a des contre-propositions qui ont été faites qui méritent d’être étudiées », abonde le président du conseil de surveillance, Camille Galtier. « Il y a 75% de l’effort sur la hausse d’activité et 25% sur les économies », avance le maire de Manosque (DVD). Interrogé sur la façon de faire des économies tout en augmentant l’activité, il renvoie vers le directeur de l’hôpital. Il votera dans tous les cas le plan, car « si on n’optimise pas tout ça, on ne pourra plus payer les salaires des employés ».

    « Chaque fois qu’il y a de la résistance, ils repoussent, affirme de son côté la CGT de l’hôpital. Les médecins ont râlé, et c’est pour ça qu’ils leur laissent un peu plus de temps, pour essayer de mieux faire passer la pilule. »

  • La communauté d’énergie locale de Vitrolles monte en puissance

    La communauté d’énergie locale de Vitrolles monte en puissance

    C’est une initiative unique en France. Unique « par son ampleur » et par le fait qu’elle soit « portée par une collectivité locale pour les administrés et les entreprises de son territoire », assurent Alice Gaubert et Donald François, de SerenySun.

    Dix-huit mois après la signature de concession entre la Ville de Vitrolles et le groupement dont l’entreprise fait partie, aux côtés de Watteos, la communauté d’énergie locale en autoconsommation collective « Notre énergie Vitrolles » est pleinement opérationnelle.

    Sept centrales photovoltaïques en service sur des bâtiments communaux alimentent 70 participants : des équipements publics, une trentaine de familles et une première entreprise locale réparties autour de trois boucles. Une quatrième boucle est en passe d’être terminée. Une fois les six centrales supplémentaires actuellement en chantier achevées, 2,2MWc seront installés, soit plus d’un tiers de la puissance cible du projet, dont le maire (PS) Loïc Gachon rappelle l’enjeu : « Produire localement une électricité qui bénéficie directement au territoire. »

    Avec des économies à la clé : « On s’engage à avoir un tarif inférieur au tarif réglementé, affirme Alice Gaubert. Par rapport au tarif bleu du mois d’août, le nôtre est inférieur de plus de 7%. » La communauté propose surtout un « bouclier face aux aléas de demain », souligne Donald François. En intégrant « Notre énergie Vitrolles », les particuliers « sécurisent » environ un tiers de leur facture d’électricité. Demain, « Notre énergie Vitrolles » envisage d’intégrer une logique aussi de rachat des excédents des petits producteurs, autrement dit des particuliers qui ont un toit solarisé. « Quitte à faire le même tarif de rachat qu’EDF, autant qu’on soit dans un ensemble collectif local », explique Loïc Gachon.

  • [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    J’ai appris avec colère l’annonce par le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence de son intention de mettre fin à la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Une décision aussi brutale qu’incompréhensible, sur la forme comme sur le fond.

    Sur la forme d’abord, il est inacceptable que le maire d’Aubagne et les onze autres maires concernés découvrent par voie de presse une décision qui touche directement leurs communes et leurs habitants. Ce mépris du dialogue avec les élus locaux n’est pas acceptable.

    Sur le fond, prétendre réaliser des économies dès 2026 en supprimant la gratuité relève de l’absurde. Installer un système de billetterie, équiper les bus et les tramways, organiser les contrôles et mobiliser les personnels nécessaires aura nécessairement un coût et ne se fera pas en quelques semaines. Cette décision, présentée comme une économie, risque donc de commencer par coûter de l’argent aux habitants et à la collectivité.

    Surtout, elle constitue une attaque contre un acquis social qui a fait ses preuves depuis près de vingt ans dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Et elle intervient au pire moment : celui d’une flambée du prix des carburants et d’un pouvoir d’achat toujours plus contraint.

    Quand prendre sa voiture coûte toujours plus cher, supprimer la gratuité des transports est une double peine infligée aux habitants.

    Au regard de la précipitation qui entoure cette annonce et de l’absence d’économie réalisable sur l’exercice 2026, il est urgent de suspendre ce projet et d’ouvrir une véritable concertation avec les maires, les usagers et l’ensemble des acteurs concernés. Une décision aux conséquences aussi importantes pour le quotidien de milliers d’habitants ne peut être imposée dans l’urgence et sans dialogue.

    Je resterai pleinement engagé aux côtés des douze maires concernés, des usagers et des associations qui défendent la gratuité pour faire échec, dans les jours et les semaines à venir, à ce projet profondément injuste.

  • Pays d’Aubagne : pétition, manif, et actions citoyennes pour défendre la gratuité des transports

    Pays d’Aubagne : pétition, manif, et actions citoyennes pour défendre la gratuité des transports

    Cette première intervention, en l’occurrence un point presse samedi matin qui a rapidement tourné à un rassemblement d’une cinquantaine de personnes sur le cours Foch, à Aubagne, « c’est le premier acte de la résistance », lance Maurice Marsiglia, le président de l’association Se déplacer en liberté et l’une des chevilles ouvrières de ce long combat pour la « gratuité des transports en commun ».

    « Pas question de se laisser faire », « il faut s’organiser ! », « aller manifester », « signer la pétition lancée par la mairie ! », « et informer dans vos associations, tout le monde est concerné ! » Les échanges fusent entre les participants. Car l’heure est grave. « Cette gratuité a été mise en place par l’Agglo d’Aubagne, en 2009, c’est une réussite », résume Yves Mesnard, le maire honoraire (DVG) de Roquevaire. Ils sont aussi venus de La Bouilladisse, de Belcodène, d’autres communes environnantes directement touchées par ce séisme, dont l’épicentre est à… Salon-de-Provence. « C’est honteux d’avoir fait une telle déclaration sans même en avertir les élus du territoire », dénonce Maurice Marsiglia. Et sur le fond, rien ne tient. « Les prétendues économies réalisées correspondent à 0,9% des 144 millions d’euros de déficit de la branche transport de la Métropole… », tranche Christine, membre de l’association, armée d’un solide argumentaire. À Rolland Bourglan de pointer les coûts faramineux pour remettre le réseau en payant, ce qui devrait réduire à néant les dites « économies ». « Sur le plan social comme écologique, alors que la moitié des grands réseaux urbains passent ou sont passés à la gratuité, cela ne va pas dans le sens de l’histoire… », conclut-il. Puis l’élu écologiste Denis Grandjean, délégué à la mobilité, apporte le soutien de la Ville aux militants qui s’apprêtent à livrer une dure bataille. Bataille qui s’apparente à une course contre la montre, « il y aura un vote sur cette question en séance, le 15 octobre prochain », pose Maurice Marsiglia.

    « Nous allons aussi nous mobiliser, lance Erwann Bouisseren, de la CGT Métropole, la gratuité concerne l’ensemble des salariés et des entreprises de ce territoire ! » Tous les citoyens, sans exception.

  • « Catastrophe » à l’hôpital de Digne, retour du train : le maire fait le point

    « Catastrophe » à l’hôpital de Digne, retour du train : le maire fait le point

    Le maire de Digne a organisé vendredi matin sa première conférence de presse de rentrée, pendant laquelle il a balayé toutes les problématiques touchant la ville préfecture, enclavée sans autoroute ni train, et dont le centre-ville est de plus en plus déserté. Il a tiré le bilan de ses premiers mois de mandat, évoquant ses promesses de campagne et les projets à venir.

    Julien Di Benedetto a notamment abordé « la situation financière catastrophique » de l’hôpital, essentiel dans ce département rural, très étendu et déserté par les médecins. Les conclusions du rapport réalisé par l’Anap (Agence Nationale d’Appui à la Performance des établissements de santé et médico-sociaux) pour identifier de potentielles mesures d’économies et d’efficience lui ont été présentées en juillet, en tant que président du conseil de surveillance. Cela a été pour lui « un électrochoc ». « Quand on touche le fond, on ne peut que remonter », a lancé l’édile. « Le principal problème, c’est le fait que 54% des Dignois ne vont pas se faire soigner à l’hôpital de Digne », a-t-il estimé, notamment à cause du fait que « des spécialistes n’aient pas été remplacés, soient partis à la retraite, que des services ont été fermés. Donc, automatiquement, on pousse les gens à aller se faire soigner ailleurs ». L’ARS a fait appel « à une solidarité régionale unique, exceptionnelle, pour la première fois, auprès d’autres établissements de santé, pour mobiliser des médecins pour venir pratiquer à Digne et pallier les carences de certaines spécialités », ce qui permettrait aux habitants de ne plus avoir à se déplacer à Aix ou Gap pour se faire soigner.

    Le maire a néanmoins affirmé voir « des signes encourageants » et déclaré que « la pente est en train d’être doucement remontée », notamment avec le recrutement de nouveaux chirurgiens, même si « cela va être difficile, on part de très loin ». « On est en train d’inverser la tendance », a-t-il martelé. Selon lui, augmenter les actes est la clé pour sortir l’hôpital de son gouffre financier.

    Plan JO : Macron « étonné »

    que Digne soit exclue

    L’édile a évoqué un autre service public très important et inexistant à Digne : le train. Celui des Pignes, en travaux et interrompu depuis 2019 entre Saint-André-les-Alpes et la ville préfecture, devrait fonctionner à nouveau l’an prochain. La ligne SNCF est, elle, neutralisée depuis 1991, alors même que Digne n’est pas desservie par l’autoroute, se retrouvant ainsi complètement enclavée. « On a fait le constat que l’autoroute n’arrivera jamais à Digne, ce n’est plus dans l’air du temps, et le coche a été raté il y a 30 ans », a regretté Julien Di Benedetto. « Donc on a fait le choix de prendre position pour le train, et on va aller démarcher toutes les autres collectivités avec nous pour ce projet », a-t-il avancé.

    « J’ai interpellé l’État en premier, et j’ai eu la chance de pouvoir en parler au Président de la République, qui était très étonné de savoir que Digne n’était pas prévue dans le plan d’aménagement des JO 2030. Et c’est vrai, ce n’était pas la priorité, alors même qu’en parallèle, la région investit 150 millions d’euros sur le train des Pignes », a par ailleurs déploré l’édile. Digne sera ainsi connectée à Nice l’an prochain, et le Val de Durance bénéficiera des travaux sur la ligne Marseille – Briançon dans le cadre des JO 2030, mais « les 22 petits kilomètres entre les deux au cœur du département, non, ce n’était pas prévu », a regretté Julien Di Benedetto. « Nous, on refuse ce choix, on refuse cette fatalité, et on veut vraiment alerter tous les partenaires sur ce sujet, surtout dans un contexte où le prix du carburant atteint des sommets », a-t-il campé. « Digne est l’une des deux seules préfectures de France à ne pas avoir accès au réseau SNCF, alors que les voies existent », a rappelé le maire.

  • Pour plus d’autonomie, les maires appellent à la décentralisation

    Pour plus d’autonomie, les maires appellent à la décentralisation

    Cinq, six ou sept milliards d’euros ? À quelques jours du dépôt du Projet de loi de finances (PLF), personne ne connaît encore le montant exact de l’effort qui sera demandé aux collectivités territoriales. Mais une chose est sûre : après des années déjà marquées par la rigueur, l’État s’apprête une nouvelle fois à leur demander de participer au redressement des comptes publics.

    Entre un gouvernement qui promet que « l’État réalisera l’effort le plus important » et l’Association des maires de France qui dénonce un copier-coller intenable des exercices précédents, le budget 2027 ravive une question de fond : les collectivités peuvent-elles encore faire des économies sans renoncer à investir, ou l’équation est-elle, cette fois, réellement impossible ? C’était le thème du débat organisé ce vendredi matin au Salon des maires des Bouches-du-Rhône.

    Entre la baisse des dotations de l’État et des exigences citoyennes toujours plus fortes en matière de services publics, Hélène Gaillard, édile (DVG) de Gréasque, reconnaît une équation « très complexe ». D’autant que « nous avons vu nous, élus locaux, nos impôts supprimés, notamment la taxe d’habitation ». Sa compensation a coûté environ 22,8 milliards d’euros à l’État en 2026. « Les communes, la mienne en particulier, ont été dans l’obligation d’augmenter la taxe foncière. Aujourd’hui l’impôt local des mairies pèse uniquement sur les propriétaires, ce qui est inégalitaire », estime-t-elle.

    Dans sa gestion quotidienne, la maire de Gréasque dit porter une attention particulière aux dépenses, rechercher l’efficience en termes « d’organisation des services » et mutualiser les équipements avec les communes voisines. « À chaque fois que nous faisons un investissement, nous réfléchissons aux coûts de fonctionnement, qui pèsent lourd sur les finances des collectivités. » Même son de cloche du côté de Salon-de-Provence, où la Ville a réussi à « ne pas augmenter les impôts depuis 12 ans parce qu’on a complètement revu l’organisation de nos services et qu’il y a 15% d’agents publics en moins », souligne David Ytier, premier adjoint (LR) et vice-président de la Métropole chargé des finances.

    Changer de logiciel

    « Toutes ces mesures nous permettaient jusqu’ici de tenir. Idem à la Métropole. Mais on est arrivés à un point de rupture parce que le modèle ne tient plus la route. On ne peut plus demander aux communes et aux intercommunalités de porter toujours plus de services publics, de développer toujours plus de projets en leur enlevant leurs moyens. » Il prévient : « Soit on change de logiciel, soit les sparadraps qu’on avait l’habitude de mettre ne suffiront plus ». L’élu appelle notamment à une plus grande autonomie fiscale, financière et technique des collectivités territoriales, et à une simplification des règles intercommunales. « Il faut se questionner : est-ce que c’est à l’État de faire l’essentiel des choix et des politiques publiques ? »

    Yves Moraine, vice-président (LR) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône en charge des finances, approuve : « L’État doit se réformer mais il ne va pas le faire d’ici le 31 décembre ». Si, selon lui, des solutions sont à trouver dans l’immédiat dans l’optimisation des ressources et la recherche des économies, sur le long terme, il souhaiterait voir la « suppression des strates » et la création de trois échelons : « le local, l’aménagement du territoire, le national ». Avec, pour chacun, « un impôt et des compétences associées ».

    Georges Cristiani, édile de Mimet et président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône, appelle aussi de ses vœux cette décentralisation, s’agaçant de la situation actuelle : « Ce n’est pas possible de déverser à ce point la responsabilité des gouvernements successifs sur les maires, les retraités ou les malades. (…) Les collectivités locales respectent la règle d’or : nous dépensons que ce que nous avons. Sauf l’État qui se permet de gérer la France en déficit. Ça ne peut pas continuer. »

  • La majorité istréenne prépare un budget 2027 marqué par les économies

    La majorité istréenne prépare un budget 2027 marqué par les économies

    Après un premier « travail de sobriété » entamé dès son élection, le maire (LR) Robin Prétot veut commencer à dessiner le budget 2027 dès cet automne. Le maître mot sera : économies. « Il n’y avait pas de discipline dans l’administration, de culture de budget par direction, on faisait le budget en janvier pour la date limite de vote en avril », dénonce-t-il. Exit les anciennes méthodes, la nouvelle majorité lance un cycle de conférences budgétaires auprès des élus et des services.

    Alors que les résultats de l’audit des finances et des ressources humaines de la ville seront présentés lundi prochain au grand public, Robin Prétot en livre les premiers éléments : « On est une commune riche, mais qui va trop loin dans son niveau de dépenses. On a une épargne négative cette année, et qui est deux fois moins élevée que pour la plupart des communes de notre strate. On a 51 millions d’euros de dette, soit trois fois celle de Salon-de-Provence pour le même nombre d’habitants, mais on n’est pas en capacité de rembourser en fonds propres. »

    Au regard de cette situation, cumulée aux difficultés de la Métropole qui pourraient amputer le budget de la Ville de 4,7 millions d’euros, la majorité cherche à faire des économies plutôt que chercher des recettes, Istres ayant déjà « la plus grande taxe foncière de la région avec un taux communal de 54% ». Dans le viseur de la majorité, notamment : les dépenses de personnel, qui représentent 63% du budget de fonctionnement. « L’audit nous confirme qu’on a une politique RH très généreuse, parfois irrégulière dans certaines promotions. »

  • Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    « Nous pensons que c’est important de peser sur la rentrée », explique Nathalie Argenson. Alors que se profile la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), cette représentante de la CGT du CHU de Nîmes dénonce les économies annoncées (l’Assurance maladie propose de réaliser 3,9 milliards d’économies pour l’année 2027) sur « un budget qui a déjà été contraint les précédentes années. (…) Alors que nos hôpitaux, nos Ehpad, le secteur du handicap, le social et le médico-social sont déjà à bout, on nous demande encore de faire des économies », dénonce-t-elle.

    « Le gouvernement veut faire payer davantage les patients, augmenter les franchises médicales et les participations forfaitaires, remettre en cause les droits liés aux affections de longue durée, limiter les arrêts maladie, réduire les droits des personnes en situation de handicap et supprimer des postes dans la fonction publique. Toujours la même logique : faire payer ceux qui ont le moins et demander toujours plus d’efforts aux salariés et aux patients », s’indigne la cégétiste sous les applaudissements. « Nous refusons cette logique et nous refusons l’idée selon laquelle il n’y aurait pas d’argent. L’année dernière, quand Madame Vautrin a changé de ministère, bizarrement elle a trouvé 7 milliards pour aller faire la guerre », ironise-t-elle.

    Au CHU de Montpellier, Philippe Engelmann, infirmier aux urgences psychiatriques et militant CGT, témoigne d’un « été caniculaire et catastrophique, avec des conditions de travail affreuses pour les collègues et des conditions de prise en charge terribles pour les patients. On a mis des couvertures de survie dans certaines chambres pour essayer de gratter un ou deux degrés », rapporte-t-il. L’installation électrique ne permettant pas d’utiliser suffisamment de climatiseurs mobiles, « pour un service de 20 lits, on devait choisir les 8 chambres où on pouvait en installer, donc trier les patients ». Comme Nathalie Argenson, il dénonce l’obsession du gouvernement de faire toujours plus d’économies sur la santé, « alors que le travail nous casse de plus en plus : syndromes du canal carpien, hernies discales, cervicalgies, burnouts : on en entend tous les jours. Et que fait le gouvernement ? Il plafonne les arrêts maladie à un mois, il dérembourse certains médicaments, il diminue le taux de remboursement des transports sanitaires… »

    Antoine Feletti, de SUD Santé sociaux, évoque, lui, « 15% de baisse de budget annoncée pour 2026 » dans le secteur social, à Montpellier. Avec des conséquences qui se font déjà sentir : fermeture du service de Gammes destiné aux moins de 25 ans à la rue, fermeture, au 30 septembre, du centre d’hébergement d’urgence à la nuitée de Coallia, menace sur le Planning familial de l’Hérault…

    Pour les syndicats, ce rassemblement constituait une étape avant la mobilisation du 29 septembre dans la fonction publique. « La question est la suivante : quelles sont nos priorités ? Nous faisons le choix de la santé, de la solidarité et des services publics », résume Nathalie Argenson.

  • Les agents de l’hôpital de Martigues refusent les tours de vis

    Les agents de l’hôpital de Martigues refusent les tours de vis

    « On veut juste que tout soit normal, ne plus manquer de matériel, ne pas courir et garder au moins nos repos, car nos salaires sont gelés ». Cette infirmière au bloc opératoire donne le ton de la rentrée sociale lors de l’assemblée générale du personnel de l’hôpital de Martigues, jeudi après-midi. Depuis le début de l’été, un conflit a éclaté contre les mesures d’économie prises par la direction sur injonction de la Chambre régionale des comptes.

    Après plusieurs actions cet été, dont une grève reconductible du bloc opératoire depuis la mi-juillet, la direction s’était engagée à mettre en place un dialogue social avant toute mise en œuvre des mesures. « Un premier cycle de concertation a été proposé aux organisations syndicales, avec cinq rencontres entre le 8 septembre et le 23 octobre 2026. Ce premier cycle a vocation à être poursuivi entre la fin de l’année 2026 et le premier quadrimestre 2027 » précise-t-elle à La Marseillaise.

    Mais dans l’assemblée, certains dénoncent des « tentatives de division ». « Le directeur est venu au bloc nous dire que les mesures seraient repoussées en novembre », poursuit cette agente. « C’est un service stratégique pour l’hôpital, qui fait de l’argent », analyse Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT de l’hôpital. La direction affirme de son côté que « certaines modalités nécessitaient un temps supplémentaire de dialogue avec les équipes [du bloc opératoire, ndlr] en raison des spécificités de leurs organisations. Ce délai ne remet pas en cause la trajectoire de mise en conformité, mais permet une concertation approfondie sur sa mise en œuvre ».

    Négociations en route

    « Les négociations commencent mardi pour le bloc, il ne faut pas les laisser seuls, car quand on s’attaquera aux autres, le bloc sera avec nous », assure Laure Privat. « Il faut combiner nos forces avec les brancardiers », propose une infirmière. « Comme les dockers et les routiers », appuie une autre. « Que chacun fasse des actions gênantes, mais ensemble », insiste cet autre syndicaliste.

    Le calendrier de mobilisation est chargé, avec la grève nationale du secteur de la santé le 15 septembre et celle de toute la fonction publique le 29, le climat social va encore chauffer d’ici les instances de concertation.

  • [Un été au camping] L’Hippocampe à Volonne, un camping à la gestion familiale

    [Un été au camping] L’Hippocampe à Volonne, un camping à la gestion familiale

    Si l’art de camper n’est pas apparu au XXe siècle, son développementen France débute en 1936 avec l’instauration des congés payés. Les destinations côtières deviennent accessibles à tous. Aujourd’hui, l’offre s’est considérablement diversifiée mais le camping familial reste le symbole de vacances simples, économiques et populaires.

    Il n’y a pas de barrière, on est tous pareils, tous logés à la même enseigne » : pour ses vacances d’été, Géraldine Bonnici a choisi le camping l’Hippocampe, à cheval entre les deux communes de Volonne et de Château-Arnoux-Saint-Auban. « L’ambiance camping et l’ambiance location, ça n’a rien à voir », constate celle qui a réservé un emplacement avec toute sa petite famille, habituée au camping.

    L’établissement de 17 hectares compte 100 employés en haute saison, et 500 emplacements : 300 hébergements locatifs (mobil-homes, chalets, hébergement toilé) et 200 emplacements de camping. Une extension a ouvert en 2024 avec uniquement des places de camping, de l’autre côté de la Durance, côté Château-Arnoux-Saint-Auban. « Ce n’est pas la même mentalité, la clientèle camping et la clientèle mobil-home. Les clients qui sont là-bas qu’en camping sont contents d’avoir un espace plus calme, plus naturel, plus zen », explique Alys Bravay, directrice de l’établissement. « Je préfère le calme. L’autre partie, c’est beaucoup plus festif », abonde Géraldine Bonnici. « On reviendra l’année prochaine ! C’est un cadre apaisant, relaxant, aux portes des Alpes », conclut-elle.

    Le camping a été créé en 1965, par le grand-père d’Alys Bravay, ancien travailleur à l’usine Arkema. Son père et son oncle l’ont ensuite repris dans les années 1980, et elle est arrivée en 2018. Elle gère encore l’établissement aux côtés de son père, de son oncle et de sa tante.

    Historiquement, le camping s’est construit autour de la discothèque, ouverte en 1966. « On a acheté les terrains au fur et à mesure », explique Alys Bravay. La discothèque propose désormais des soirées adaptées aux mineurs, sans débit de boisson, pour les adolescents de l’établissement qui peuvent en profiter jusqu’à 2h du matin.

    La création du camping a également été encouragée par la construction d’un barrage sur la Durance, qui créa à l’époque un lac artificiel de 110 hectares, et donna au grand-père d’Alys l’idée d’ouvrir une guinguette avec location de pédalos.

    Des vacances à petit budget

    « Dans les gorges du Verdon, tous les campings étaient déjà complets, et c’était beaucoup plus cher », témoigne Sabrina Lebrun, venue de l’Aisne avec sa fille adolescente et la meilleure amie de cette dernière, Lovely et Timélia. La petite famille a fait le choix de louer un emplacement où poser deux tentes, pour leur première expérience en camping. « Un emplacement mobil-home, ça fait super cher. Il a fallu s’équiper, c’est un périple ! C’est un investissement, j’ai tout acheté sur Leboncoin : la rallonge électrique, un réchaud, des cartouches de gaz, une petite armoire de camping… Mine de rien, ça va vite, pour une semaine, ça chiffre ! », lance Sabrina. Pour économiser, elle lave son linge à la main et évite de prendre l’autoroute. « De chez nous, c’est 100 euros le péage ! Avec l’essence, ça nous fait 400 euros l’aller-retour », déplore-t-elle.

    « On est attentifs à ce que le personnel fasse le maximum pour bien accueillir les clients qui ont économisé toute l’année pour partir en vacances, et donc on fait le maximum pour que ça se passe bien », avance Alys Bravay.

    Le camping accueille environ 60% de Français, majoritairement de la Région Paca et du Nord, et 40% d’étrangers, majoritairement hollandais et belges.