Tag: installations

  • Fibre Excellence à la croisée des chemins

    Fibre Excellence à la croisée des chemins

    La date fatidique du 28 août se rapproche pour les ex-salariés du site Fibre Excellence de Tarascon et la situation commence à se tendre sensiblement.

    Alors que c’est ce vendredi que l’usine de pâte à papier doit définitivement fermer ses portes, après sa liquidation judiciaire le mois dernier, les travailleurs du site occupent toujours leur ancien lieu de travail. Et ce mercredi, ils se sont même opposés à la venue d’une entreprise de maintenance industrielle qui doit prendre en charge la transition post-fermeture. « La présence de cette entreprise ne répond ni aux besoins ni à la mise en sécurité du site. On ne les laisse pas rentrer ! », dénonce Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT dans l’après-midi. Rappelons qu’après la liquidation du site, les salariés avaient été rappelés à leurs postes pour assurer la sécurité de l’usine classée Seveso alors qu’ils recevaient leurs lettres de licenciement. Ils avaient tiré la sonnette d’alarme sur un risque industriel réel lié à cette transition (lire notre article du 24 août). « Les effectifs prévus par le manutentionnaire ne correspondent pas aux besoins de sécurité. Il n’est pas capable de maintenir les installations en état », développe le syndicaliste. De quoi provoquer un coup de chaud sur le pays d’Arles avec des tensions entre salariés et nouveaux venus. Le tout, piloté par un mandataire judiciaire qui a en main le site depuis sa liquidation. « La situation est tendue, le mandataire judiciaire a menacé de se retirer et de laisser à l’abandon le site ! On lui dit chiche, allons-y, la balle sera dans le camp du préfet ! Et on ne laissera pas un site Seveso rempli de produits chimiques à l’abandon », relate Jean-Michel Bulinge. La CGT entend d’ailleurs interpeller la préfecture des Bouches-du-Rhône une nouvelle fois sur la situation « dans les deux jours à venir ».

    Si c’est la sécurité du site à l’instant T qui préoccupe ses anciens salariés, c’est bien l’avenir du site qui en dépend. « Selon ce qui va être fait, ou pas, les installations pourraient être dégradées. Alors que les salariés font toujours tout tourner », rappelle le délégué syndical. D’où le combat actuel pour les préserver.

    Plusieurs scénarios possibles

    Car même liquidé, l’usine ne restera pas en l’état et une reprise du site est toujours possible : « C’est le mandataire judiciaire qui a la main, il peut vendre le site au plus offrant ». En clair, plusieurs scénarios sont sur la table : « Un repreneur peut toujours acheter le foncier et en faire ce qu’il veut… Il peut reprendre les salariés, créer une activité différente. Dans le pire des scénarios, on se retrouve avec un ferrailleur qui va démanteler et revendre au poids de la ferraille », développe Jean-Michel Bulinge.

    Ce débat sur l’avenir du site a justement fait l’objet d’une longue communication de la Région Sud, ce mardi. « Depuis la décision de liquidation, la priorité de la Région est de transformer cette crise industrielle en opportunité de réindustrialisation, tout en protégeant les salariés et l’ensemble de la filière bois », explique la collectivité. Avant d’assurer qu’elle a « diligenté une première étude économique afin d’organiser un tour de table d’investisseurs et d’industriels pour préserver l’avenir du site ». Une étude qui « a permis de cibler les domaines stratégiques pour une reconversion : BTP, logistique, économie circulaire ». Forcément, cette piste n’a pas la faveur des salariés : « Convertir le site coûterait 10 fois plus cher que trouver une solution pour reprendre l’outil actuel ». Reste que la Région entend poursuivre dans cette voie avec l’annonce du « lancement d’une seconde étude approfondie avec l’agence de développement économique risingSUD [entité de la Région, ndlr] ». Autant dire que le dossier est loin d’être conclu… Et si l’avenir de l’usine tarasconnaise est assombri, il est un peu plus clair pour celui de son usine-sœur de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, rescapée de la liquidation. Et notamment grâce à l’action de la Région Occitanie, dirigée par Carole Delga (PS) qui a déposé une offre de reprise avec un industriel.

  • Alerte au risque industriel sur le site Fibre Excellence

    Alerte au risque industriel sur le site Fibre Excellence

    « On relève de la mise en danger ! Si des produits chimiques se déversent dans le Rhône, ça va être une catastrophe environnementale. » Les mots de Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT de l’usine de pâte à papier tarasconnaise Fibre Excellence sont forts mais l’inquiétude est bien réelle. Si le site a été liquidé judiciairement à la fin juillet, les installations classées Seveso trônent toujours au-dessus du Rhône et ce sont les salariés qui assurent surveillance et sécurité de leur ex-outil de travail. Mais plus pour longtemps : « Une société spécialisée dans le traitement des déchets industriels doit arriver sur le site ce mercredi et les salariés doivent définitivement le quitter, vendredi ». Sur le papier, la nouvelle pourrait paraître rassurante, mais c’est tout le contraire pour ceux qui officiaient sur le site. « En trois jours, comment va-t-elle faire pour maintenir l’état des installations, garantir la sécurité du site et éviter des fuites de produits chimiques ? », questionne le délégué syndical. Il prend un exemple concret de danger potentiel : « On a une station de puisage d’eau dans le Rhône, notre station d’épuration en recrache dans le Rhône après traitement… S’il n’y a pas une surveillance de tous les instants, il y a un risque que des produits chimiques passent ». Avec des effets qui pourraient être dévastateurs sur la faune et la flore environnante.

    6 000 m3 de produits chimiques sur l’usine

    L’alerte est telle qu’elle est reprise par la CGT à un niveau confédéral. La centrale syndicale de Montreuil tire aussi « la sonnette d’alarme » dans une communication pour le moins inquiétante : « Gérer des déchets ne signifie pas savoir conduire et sécuriser une papeterie de plusieurs dizaines d’hectares ». Avant de développer : « Protection incendie, installations électriques, équipements contenant de l’amiante, milliers de mètres cubes de produits chimiques : la sécurité industrielle ne s’improvise pas et ne peut pas être transférée en quarante-huit heures ! ».

    Sur le terrain, Jean-Michel Bulinge confirme : « Il y a des postes de conduite qui nécessitent un an d’expérience pour savoir exercer correctement. Mais là, à moins d’une semaine du départ du site, rien n’est calé ni calculé ! ». Le syndicaliste s’appuie aussi sur la manière dont la transition post-liquidation s’est réalisée comme source d’inquiétude pour l’avenir : « Lors de la liquidation, on nous assurait que les salariés quitteraient le site le jour même, mais finalement ils nous ont demandé de prendre les postes de travail pour assurer la sécurité des installations ! ». Concrètement, il n’y aurait aucun contact entre le syndicat, pourtant cheville ouvrière de la sécurité sur le site, et ladite société de gestion de déchets. « Il n’y en a pas non plus avec la direction », assure Jean-Michel Bulinge.

    Une situation lunaire lorsqu’on sait que 6 000m3 de produits chimiques divers et variés sont toujours sur l’usine, de même que la bagatelle de 17 000 tonnes de bois. « Si demain les salariés n’assurent pas le pompage de l’eau, il n’y aura tout simplement plus d’eau sur site. Avec tout ce que ça implique pour une intervention des pompiers par exemple », prend pour autre exemple le syndicaliste. D’où l’appel de la CGT à une réaction des pouvoirs publics : « Le mandataire judiciaire et la Préfecture doivent prendre conscience de la situation ».

    Et surtout à ce qu’un chemin pour donner un avenir industriel à l’usine soit trouvé alors que les offres de reprise pour son usine sœur de Saint-Gaudens, rescapée de la liquidation, doivent être déposées devant le tribunal de commerce de Toulouse, ce lundi.

  • À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    Les conclusions ont mis un coup dans l’aile de l’incinérateur. Alors que l’enquête publique du projet « Istres recyclage et énergie » (dit Iren) porté par Suez s’est achevée le 2 juin après un mois et demi de consultations, le commissaire-enquêteur a rendu son avis le 31 juillet. Et concernant l’unité de valorisation énergétique de type CSR (combustible solide de récupération), il est défavorable. Philippe Magnus pointe notamment l’absence de concertation préalable, l’usage du terme « chaufferie » plutôt qu’incinérateur jugé trompeur et l’absence de débouchés pour l’énergie produite, faute de réseau de chaleur à proximité. Le maire Robin Prétot (LR) salue une « première victoire » collective.

    Dévoilé par Marsactu quelques jours après les élections municipales, ce projet a immédiatement suscité une levée de boucliers de la part des élus et associations locales, et plus largement de la population. Le rapport de l’enquête publique soulève une « participation exceptionnelle par son ampleur ». Au total, 4 114 contributions ont été déposées. Entre 80% et 89% d’entre elles y sont défavorables. Deux pétitions en ligne ont recueilli 466 signatures et près de 900 personnes ont participé aux deux réunions.

    250 millions d’investissement

    C’est bien cette unité de valorisation CSR qui pose problème. Elle est présentée par Suez comme une réponse à la possible fermeture de plusieurs centres pour des raisons réglementaires, supprimant 350 000 tonnes de capacité de stockage. Gardanne, les Pennes-Mirabeau et Septèmes-les-Vallons pourraient être concernés d’ici 2032. Mais pour les habitants et leur maire, « pas question qu’Istres devienne la poubelle de la région ». Le commissaire-enquêteur relève d’ailleurs que l’implantation du site, « excentrée sur le territoire (…) par rapport au centre de la Métropole », constitue un point négatif, tout comme sa proximité avec plusieurs infrastructures industrielles. Cette opposition franche et massive a donc porté ses fruits. « Ce n’est qu’une étape, rappelle Robin Prétot. La Ville poursuivra désormais son action auprès des services de l’État afin que cet avis défavorable soit pleinement entendu et que le projet d’incinérateur soit définitivement abandonné. » D’autres composantes du dossier ont reçu l’avis favorable de Philippe Magnus : l’unité de méthanisation, la modernisation du centre CSR, et la nouvelle unité de réception, de tri et de préparation de déchets valorisables. C’est un projet global que Suez souhaite déployer sur le site de La Grande Groupède, qu’il exploite depuis 2011, pour un investissement de 250 millions d’euros. La décision revient au préfet des Bouches-du-Rhône.

  • Le gendarme du nucléaire livre un bilan globalement satisfaisant

    Le gendarme du nucléaire livre un bilan globalement satisfaisant

    L’antenne marseillaise de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) dressait mardi le bilan 2025 de ses contrôles en région PACA, Occitanie et Corse. Elle couvre 22 installations nucléaires de base dont 20 à Cadarache, mais aussi de nombreux sites d’activités nucléaires dans le champ médical avec notamment 13 services de radiothérapie externe, 16 services de médecine nucléaire, de radiothérapie, 96 scanners, 8 200 appareils de radiologie médicale et dentaire. Elle surveille 400 établissements industriels et de recherche et 600 cliniques vétérinaires.

    En 2025, l’ASNR a procédé à 216 inspections dont 106 en sûreté nucléaire et 95 relevant du nucléaire de proximité. 6 incidents significatifs de niveau 1 (mineur) sur l’échelle INES ont été relevés notamment des vols d’appareils de mesure embarquant une source radioactive. On notera pour l’aspect insolite, la découverte fortuite en octobre dernier de 163 sources radioactives scellées dans un local d’entreposage de déchets contaminés du service de médecine nucléaire de l’hôpital de la Timone. Dans ce fatras radioactif qui n’était pas référencé, on retient pour les plus redoutables 6 sources d’américium 241, 3 sources de césium 137 et 1 source de plutonium 239 !

    Cadarache et ses sites et sols pollués

    Le bilan est globalement « satisfaisant ». Pour ne prendre que le centre CEA de Cadarache, l’ASNR considère que « le niveau de sûreté nucléaire se maintient à un niveau satisfaisant dans l’ensemble ». « La stratégie de gestion des démantèlements et des déchets reste un sujet majeur de vigilance ». La découverte de défauts de génie civil sur l’INB 37-A a également mis en évidence « la fragilité de la filière de traitement des déchets de moyenne activité à vie longue du CEA ».

    En matière de protection de l’environnement, « le niveau de maîtrise reste satisfaisant mais des améliorations sont attendues, notamment pour la gestion des eaux pluviales et des sols historiquement marqués ». Le suivi des nappes phréatiques, la réhabilitation des ouvrages et la prévention des pollutions connaissent des progrès. Le gendarme du nucléaire dit « attendre encore des améliorations sur la politique de gestion des sites et sols pollués » sur Cadarache. « La conformité des 400 piézomètres de surveillance des nappes répartie sur le site est un sujet à Cadarache », développe Pierre Juan. « L’exploitant nous doit des dossiers de dépollution dans sa gestion des sites et sols pollués historiques. On a aussi un sujet de gestion des réseaux des eaux pluviales et des eaux industrielles. L’exploitant a régulièrement des écarts avec des fuites dans les réseaux d’eaux industrielles. Il y a des kilomètres de tuyaux sur le site. L’enjeu, c’est de surveiller leur bonne étanchéité. »

    L’impact des épisodes caniculaires ?

    Interrogé sur l’impact des canicules répétées sur les installations, Pierre Juan, le chef d’antenne de l’ASNR, rassure : « Les installations les plus sensibles sont les réacteurs d’EDF. On n’en a pas dans la région. Un épisode caniculaire n’a pas de conséquences sur les installations nucléaires de la région. Il n’y a pas de sujet d’évacuation de puissance. On a la capacité d’arrêter nos installations qui sont conçues pour tenir sur des plages de températures extrêmes “grand chaud-grand froid”. » Pierre Bois, directeur général adjoint de l’ASNR, confirme : « ce n’est pas un enjeu de sûreté mais un enjeu de modulation de production de l’électricité. L’enjeu pour EDF est de moduler la production thermique pour limiter des rejets d’eau de refroidissement dans les rivières les plus exposées. »

  • Deux jours de compétitions exceptionnelles à Aix-en-Provence

    Deux jours de compétitions exceptionnelles à Aix-en-Provence

    Yannick Kerloch est un président satisfait d’un week-end bien rempli.

    Le club dont il est le président organisait les championnats de France d’épreuves combinées. Cinq catégories en décathlon, autant en hepathlon, qui ont bénéficié des installations entièrement remises à neuf du stade Georges-Carcassonne.

    « C’est devenu une très belle vitrine pour le club qui, de plus, a pu montrer sa capacité d’organisation aidée d’un outil exceptionnel. »

    Heptathlon et décathlon sont deux disciplines importantes au sein d’Aix Athlé Provence. Et Julien Foubert, qui était engagé sur les deux jours, a su mettre en avant le maillot sang et or, même s’il ne termine pas sur le podium.

    Question de dosage

    Parmi les observateurs, Stéphane Diagana a apprécié les prestations auxquelles il a assisté. « Décathlon et heptathlon sont des épreuves à part entière, dans lesquelles il faut savoir tout bien faire. Tout est question de gestion et de stratégie », confie l’ancien champion du Monde du 400 mètres haies.

    Il est clair que ceux qui se lancent dans les combinées doivent être bons sauteurs, bons lanceurs et maîtriser les courses. « C’est un peu comme pour réussir au golf, tout est question de dosage », précise Stéphane Diagana.

    Du côté du club aixois, on se porte déjà candidat pour accueillir d’autres compétitions. Les épreuves combinées constituent l’une des spécialités locales, avec des entraîneurs dédiés, qui travaillent en symbiose avec leurs collègues de discipline, mais aussi d’autres rendez-vous.

    La restauration du stade a permis de relancer le meeting d’Aix-en-Provence. La présence d’un second stade, en pleine nature, a permis la tenue en simultanée des championnats de France de décathlon et d’heptathlon. Aix Athlé Provence et ses 1 800 licenciés sont en tout cas prêts pour relever de nouveaux défis. Les retours positifs des participants à ces deux journées de compétition constituent un encouragement supplémentaire pour les bénévoles qui se sont fortement mobilisés pour la réussite de l’événement.

    Résultats et palmarès complets sur le site www.athle.fr

  • Deux bateaux brûlés sur le Vieux-Port, l’Été marseillais sur la sellette ?

    Deux bateaux brûlés sur le Vieux-Port, l’Été marseillais sur la sellette ?

    Une catastrophe majeure évitée grâce au professionnalisme du bataillon des marins pompiers (BMPM). Ce dimanche 5 juillet vers 10h30, une vedette d’une dizaine de mètres, amarrée en parallèle de la scène de l’Été marseillais, devant l’Hôtel de Ville, a pris feu sur le Vieux-Port, propageant l’incendie au navire voisin, de 20 mètres de long. Malgré l’intervention rapide des marins pompiers, des panaches de fumée noirâtre et malodorante se sont élevés dans le ciel, provoquant l’évacuation des terrasses de café et de restaurants.

    Le périmètre a été bouclé par la police municipale et nationale. Après plus d’une heure et demie d’intervention, mobilisant 150 hommes et 37 engins dont 6 moyens en mer, avec un gros bateau pompe, le bataillon est venu à bout de l’incendie, préservant la scène sur l’eau. Les deux bateaux ont coulé. Une quinzaine de blessés légers étaient à déplorer, la plupart pour inhalation des fumées même si selon les premières mesures, leur caractère toxique a été peu important, ces dernières étant évacuée sous l’effet du vent.

    « On a évité le pire grâce à l’héroïsme et au courage du bataillon de marins-pompiers, de nos marins-pompiers, de nos policiers municipaux, a commenté dans la foulée le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). Imaginez si le feu avait pris aujourd’hui avec cette chaleur, avec ce vent, sur des bateaux en plastique qui sont en réalité des combustibles….» L’élu souligne également le savoir-faire du bataillon qui a engagé sans attendre les opérations pour prévenir des risques de pollution. Elle peut être de trois types, nous précise le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du BMPM, liée « au matériau qui brûle avec de gros morceaux de plastique, au combustible qui s’échappe du bateau et également notre produit pour éteindre le feu dont la pollution est plus visuelle, il faut l’enlever. »

    L’intervention a été technique, obligeant le BMPM à intervenir sur deux fronts, maritime et terrestre poursuit le vice-amiral : « Nous avions trois objectifs principaux : d’abord la sauvegarde de la vie humaine, s’assurer que personne ne risquait rien et avait été évacué. Deuxièmement, éviter la propagation aux autres bateaux qui se trouvent sur le Vieux-Port. Et en troisième lieu, protéger absolument la scène sur l’eau et protéger l’été marseillais. »

    Interrogé sur la poursuite des festivités de l’Été marseillais, Benoît Payan s’est dit dans l’incapacité de répondre pour le moment à la question. « On a des ingénieurs, des architectes qui sont sur la scène sur l’eau et qui sont en train de regarder la structure. Les marins-pompiers l’ont défendu avec beaucoup d’ardeur pour que justement l’Été marseillais puisse continuer », assure-t-il, mais « il est très tôt pour dire ce qu’il en est, même si, et je veux vraiment parler au conditionnel, il semblerait que nous ayons réussi à la sauver. »

    L’origine des flammes n’est pas connue. « Une enquête forcément va être diligentée par le parquet, affirme le maire de Marseille. Les policiers feront leur travail, les caméras de vidéosurveillance nous montreront comment le feu est parti. »

    Alors que les marins pompiers terminaient leurs opérations, Benoît Payan a enjoint Marseillais et touristes à éviter le secteur, interdit d’accès pour la journée.

    Par ailleurs, la circulation des navettes maritimes a été interrompue jusqu’à nouvel ordre.

  • Le centre français de recherche aérospatiale fête ses 80 ans

    Le centre français de recherche aérospatiale fête ses 80 ans

    Pour entrer dans l’enceinte du bâtiment Onera, il faut passer plusieurs niveaux de sécurité. D’abord, les barrières la base aérienne 701 de Salon-de-Provence, qui abrite l’École de l’air et de l’espace. C’est dans les 450 hectares de ce terrain militaire, proche des pistes, que se situent les locaux bien gardés de ce que le directeur du centre Paolo Gomes appelle « la Nasa française ».

    Le département des Bouches-du-Rhône a beau avoir une culture aérospatiale profondément ancrée – tant par son histoire, avec le premier vol en hydravion d’Henri Fabre au-dessus de l’étang de Berre, que par la présence de l’armée ou son économie, avec une filière bien implantée et des locomotives telles qu’Airbus Helicopters ou Dassault -, la présence du centre de recherche n’est connue que des initiés. Pourtant, cette année, cette entité qui compte huit sites répartis dans l’Hexagone fête ses 80 ans.

    L’importance

    des souffleries

    En 1946, l’Onera « nait des cendres de la guerre », suite à la fusion de plusieurs petits laboratoires aéronautiques. L’idée, derrière cette mutualisation : organiser la recherche à l’échelle nationale. « On ne voulait pas prendre de retard par rapport à nos alliés, au premier rang desquels les États-Unis et la Russie », raconte Paolo Gomes. La découverte d’une soufflerie allemande en Savoie, véritable prise de guerre, est le second fait marquant de la création du centre français de recherche aérospatiale.

    Aujourd’hui encore, ces souffleries, au nombre de 12, sont primordiales pour sa bonne santé. « On dit que quand les souffleries vont mal, l’Onera tousse », confie le directeur du site. Son collègue Jean-François Nouvel, directeur du rayonnement scientifique pour la région Paca précise : « Actuellement, tous les avions en opération sont passés dans nos souffleries, du Concorde aux fusées en passant par les Airbus. On a l’avantage d’avoir des installations qui couvrent toutes les gammes de vitesses. » En 2025, les prises de commandes ont atteint 60 millions d’euros, un record. Dans les années 1940, « les premiers efforts de recherches concernaient l’aérodynamique, la définition du dessin des nouveaux avions pour gagner en robustesse, en performance et en autonomie », retrace Jean-François Nouvel.

    Depuis, l’Onera multiplie les faits d’armes. Ses scientifiques ont par exemple travaillé sur les propulseurs, le design, l’entrée dans l’atmosphère d’Ariane. « L’une de nos cartes de visite, c’est nos modélisations sur les risques de foudroiement des fusées. On travaille aussi sur le givrage pendant le vol des avions, ce qui est aussi une niche. »

    Les spécialités salonaises

    Le centre de Salon-de-Provence, le seul installé sur une base militaire, est le plus récent de l’Onera. « On y est installés depuis 1992 », précise Paolo Gomes. L’unité dédiée au « facteur humain », créée en 2018, y occupe une grande place et son activité est en plein essor. De 5 chercheurs il y a 8 ans, elle est passée à 33 scientifiques, avec des métiers allant de neurophysiologistes à des électroniciens en passant par des mathématiciens et des informaticiens. Le directeur régional du rayonnement scientifique résume ses missions : « C’est l’ergonomie, comment on passe l’information de la machine vers l’équipage et inversement. »

    À la tête de l’équipe majoritaire du site, Jean-Christophe Sarrazin. Le responsable explique : « Nous avons une démarche expérimentale, en particulier autour de la thématique de l’autonomisation des systèmes, qui repose sur un ensemble de moyens qui permettent de maquetter des interfaces et un environnement qui immergent l’opérateur dans un scénario réaliste. » Parmi ces moyens, des simulateurs dernier cri, faits maison sur-mesure, dont un poste de pilotage d’avion type Airbus financé en interne à hauteur de 2 millions d’euros en 2020.

    L’unité achèvera en juillet le projet « Medieval », démarré il y a quatre ans sous l’égide de la Direction générale de l’aviation (DGA), en partenariat avec les armées. L’objectif : permettre d’opérer des drones depuis le cockpit d’un hélicoptère en développant des fonctions d’autonomie décisionnelle. L’interface créée sera intégrée aux futurs engins industriels.

    L’autre spécialité du centre salonais sont les capteurs radars. Deux « pods » ultra-compacts y ont été développés. « On travaille avec des PME pour les faire voler sur des drones à voilure fixe avec une autonomie et capacité de déploiement plus intéressantes pour des opérations que ce qu’on fait ici, qu’on appelle des preuves de concept », apprend Jean-François Nouvel. À l’Onera, le prototype de radar permet de faire des mesures de signature des véhicules « qui intéressent beaucoup la DGA » puisqu’elles aident à la détection automatique par ordinateur. Autant d’applications concrètes issues d’une recherche discrète, mais décisive pour l’avenir de l’aérospatial.

  • Matheos Jaadar n’a pas froid aux yeux

    Matheos Jaadar n’a pas froid aux yeux

    C’est par son père qui dirige une petite société de climatisation, que Matheos Jaadar a découvert ce métier. « Ce domaine, c’est grâce à mon père que je m’y suis intéressé », confie le jeune homme de 20 ans. Cela fait maintenant six ans qu’il pratique, – après avoir débuté dans le domestique – dans la climatisation et les centrales de traitement d’air, avant de passer par une entreprise mêlant agroalimentaire et froid industriel, et de se spécialiser entièrement dans le froid, le domaine qui le passionne le plus aujourd’hui.

    Son parcours de formation est dense. Après un CAP où il apprend les bases du montage comme les raccordements fluidiques et le câblage électrique, Matheos poursuit avec un brevet professionnel en froid énergétique au CFA d’Aix-les-Milles, puis un bac pro en froid et énergie domotique. Une étape clé, qui lui permet d’apprendre à calculer la puissance frigorifique nécessaire pour chaque installation. Aujourd’hui, il prépare un BTS Fluides, Énergies, Domotique (FED), en alternance, pour approfondir encore ses compétences et accéder, à terme, au bureau d’études.

    Son métier ? Concevoir des systèmes frigorifiques destinés aux supermarchés et à l’industrie agroalimentaire. « On fait de la commande de meubles et de centrales du système frigorifique », explique-t-il. Son rôle couvre tout le cycle : raccordement, démarrage, dépannage et entretien des installations.

    Un métier tous les jours
    différent

    « C’est un métier qui est très polyvalent », résume-t-il. Sur chaque chantier, tout est à « construire depuis zéro. » Il faut d’abord réaliser le lotage, qui consiste à planifier le chantier en différentes zones de travail, pour avancer de façon méthodique plutôt que dans le désordre. Ce n’est qu’une fois cette préparation terminée que le raccordement des tuyaux et la mise en route du système peuvent commencer. Une organisation rigoureuse, indispensable selon Matheos pour mener à bien chaque installation. « J’ai appris à travailler sans être bordélique », confie t-il. Vient ensuite le supportage, c’est-à-dire poser les structures métalliques qui vont fixer et maintenir les tuyaux sur les murs ou les plafonds, avant même de pouvoir installer la moindre tuyauterie.

    Pour Matheos, c’est précisément cette diversité qui rend le métier passionnant. « Chaque jour, on voit une nouvelle évolution et on continue d’apprendre », souligne-t-il. Cette polyvalence, mêlant technique, calcul et organisation est, selon lui, ce qui distingue ce métier des autres filières de l’énergie. « Mon but, c’est de continuer d’apprendre, d’évoluer et de pouvoir monter les échelons », jusqu’au bureau d’études qu’il vise à terme. Un objectif qu’il compte bien atteindre en poursuivant ses études après le BTS, par une licence professionnelle dans les métiers de l’énergie. Et c’est cette ambition qui l’a poussé à se qualifier aux Worldskills, à Marseille en octobre dernier, une compétition nationale où de jeunes professionnels s’affrontent sur leur métier.

  • Les Architectures vives fêtent leurs 20 ans

    Les Architectures vives fêtent leurs 20 ans

    Voilà 20 ans que le Festival des architectures vives (FAV), fondé par deux architectes montpelliérains, Élodie Nourrigat et Jacques Brion, propose un dialogue poétique et contrasté entre patrimoine historique et architecture contemporaine. Chaque année, durant quelques jours, les hôtels particuliers du cœur de Montpellier, véritables joyaux de pierre habituellement fermés au public, accueillent, dans leurs cours intérieures, des installations contemporaines créées par de jeunes équipes d’architectes du monde entier. « L’idée n’est pas de donner une leçon d’architecture, mais de faire éprouver l’expérience d’un lieu, d’un espace. Car l’architecture est ce qui constitue notre quotidien, notre environnement », explique Elodie Nourrigat, cofondatrice du FAV. « Pour cela, on a voulu croiser deux éléments : la dimension patrimoniale et la dimension d’architecture contemporaine, pour montrer que le patrimoine s’incarne aussi dans une contemporanéité, que c’est là qu’il peut vivre et survivre. La production contemporaine est une pierre pour constituer le patrimoine de demain. »

    Cette rencontre, cet alliage entre la mémoire et l’avenir, entre les inspirations d’hier et celles d’aujourd’hui fait tout le charme de cette déambulation dans le cœur de Montpellier, à la découverte d’œuvres éphémères, surprenantes et poétiques. Cette année, 13 hôtels particuliers ouvrent leurs portes, dont un nouveau : l’hôtel de Beaulac. Édition anniversaire oblige, le FAV 2026 sera placé sous le thème de la transmission, « ce fil invisible mais essentiel qui traverse les générations d’architectes, d’artisans, de bâtisseurs ».

    640 architectes du monde entier accueillis en 20 ans

    « D’habitude, on fait un appel à candidatures auprès de jeunes architectes du monde entier. On a à peu près une centaine de réponses et on en retient entre 10 et 13. Cette année, on a voulu changer de format pour célébrer cette notion de transmission : on a invité des équipes qui ont participé à des éditions précédentes à jouer le rôle de mentors, de passeuses d’héritage, en nous proposant de jeunes architectes dont elles souhaitent mettre le travail en lumière », détaille Elodie Nourrigat. Depuis sa création, le festival – dont la dernière édition a rassemblé pas moins de 16 000 visiteurs – a accueilli plus de 640 architectes du monde entier. C’est parmi eux que se trouvent les mentors de cette nouvelle édition, venus du Japon, du Canada, du Portugal, d’Espagne, d’Italie et bien sûr de France.

    Pour célébrer la transmission, toujours, le parrainage de ce FAV 2026 a été confié à Julien Tuffery, qui incarne la quatrième génération d’une lignée de maîtres tailleurs-confectionneurs. Fondé en 1892 à Florac, au cœur des Cévennes, l’atelier Tuffery est aujourd’hui le plus ancien fabricant français de jeans encore en activité. « En accueillant Julien Tuffery comme parrain, le FAV met à l’honneur une vision de la création profondément ancrée dans le temps long, celle qui relie les générations, valorise le geste et affirme que l’innovation peut naître de l’héritage. » Au sein de l’hôtel Saint-Côme, l’installation « Téisser » transformera la cour en un vaste métier à tisser mettant en scène la transformation du denim et son cycle de vie. « Évolutive, l’installation invite chaque visiteur à nouer à son tour une lanière de denim et à participer au tissage collectif. »

  • La CGT présente son projet de décarbonation

    La CGT présente son projet de décarbonation

    L’urgence d’un projet de décarbonation de l’usine ArcelorMittal se mesure à l’échéance 2030 pour les quotas carbone, ou les droits à émettre du CO2 moyennant finance. En l’absence de plan d’investissement de la direction, la CGT ArcelorMittal Fos-sur-Mer a présenté son propre plan en cas de nationalisation lors de l’assemblée générale de mercredi dernier.

    Il s’agit d’un « mix technologique équilibré » selon Tibor Sarcey de JDS Experts, missionné par la CGT. D’une part, « un haut-fourneau avec unité de captage de CO² en sortie de cheminée. Son maintien est nécessaire pour garantir la production d’acier neuf. Il s’agit aussi d’assurer la continuité industrielle et de sécuriser les emplois et les compétences de la cokerie, de l’agglo et de tout l’écosystème », de l’usine.

    Une nouvelle technologie

    Le deuxième volet de ce projet est l’implantation d’un four électrique à fer de réduction directe. « Cela permet de produire de l’acier pas seulement recyclé avec du gaz naturel, en restant compatible avec l’hydrogène » d’après l’expert, en attendant sa disponibilité. « Cette technologie permet d’accélérer la décarbonation plus profonde et de dépasser la limite technique de deux unités de captage » explique Tibor Sarcey, estimant « réduire de 50 à 70% des émissions de CO 2 d’ici 2030 » avec un déploiement rapide mais progressif.

    Un projet à 1,5 millard d’euros. « À l’échelle de vie de ces installations c’est rien » selon l’expert, pour un investissement ponctuel pour 40 ans. « Ne rien faire, c’est 8 milliards d’euros par an de chômage, de perte de richesse et de dégradation de balance commerciale », abonde Tibor Sarcey.