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  • Les syndicats aixois appellent à la grève le 5 novembre

    Les syndicats aixois appellent à la grève le 5 novembre

    Après une heure de réunion, la décision semble faire consensus au sein de l’intersyndicale (CGT, FO, FSU et UE). « Pour le 5 novembre, on appelle à la grève, sans écarter l’idée qu’elle puisse être reconductible », avance Aurélie Zanutto, secrétaire de l’Union locale CGT. Devant elle, les tracts distribués plus tôt dans la matinée, aux Milles, rappellent les principales revendications des organisations syndicales. Parmi elles : l’augmentation des salaires, l’amélioration des services publics et la défense de l’emploi et de l’industrie.

    Des revendications qui font écho à celles portées par les étudiants et lycéens. Le syndicat Union étudiante (UE), était également représenté lors de cette réunion. Son secrétaire général à Aix-Marseille, Younes Dufresnes, dénonce des « réponses insuffisantes » de la part du gouvernement. Parmi elles, la création de 10 000 places dans l’enseignement supérieur, contre les 30 000 réclamées initialement. Si ces réponses restent insatisfaisantes à ses yeux, Younes Dufresnes estime que les annonces répétées du président de la République, à quelques mois de l’élection présidentielle, démontrent « un gouvernement qui tremble face à ces mobilisations ».

    Pour Aïsha, représentante de Force ouvrière (FO), « les revendications entre travailleurs, citoyens et étudiants ont de nombreux points en commun […]. C’est pour ça qu’on accorde un soutien inconditionnel aux étudiants ». Céline, membre de la Fédération syndicale unitaire (FSU), complète : « L’idée, c’est de sortir de là avec des mesures concrètes. » « On ne veut pas de réforme, on est dans l’urgence là », conclut Aïsha.

    « Restructuration

    des dépenses du budget »

    Alors que le débat budgétaire national se poursuit à l’Assemblée, les syndicats réclament une « restructuration des dépenses et de la répartition du budget national ». Aurélie Zanutto dénonce notamment « les exonérations de charges des entreprises qui sont un scandale ». Au nom de la CGT, elle plaide pour « un budget socialement plus juste et compatible avec nos revendications ». Pour elle, « de l’argent, il y en a ! » . Mais « il faut déplacer les dépenses et les mettre au bon endroit », précise la secrétaire de l’union locale CGT.

    Le rassemblement du 5 novembre, prévu à 10h30 à la Rotonde, devrait ensuite se diriger vers la sous-préfecture, puis le rectorat, avant de remonter par la gare TER et revenir à son point de départ. Pour cette journée de mobilisation, le mot d’ordre commun est clair : « Tout le monde est invité à descendre dans les rues. »

  • [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    Si les commerçants ont pu faire part de leurs demandes après avoir vu leurs magasins pillés, voire détruits, en marge des manifestations, le président de la CCI appelle chacun à ses responsabilités au nom aussi, de la survie du centre-ville marseillais.

    La Marseillaise : Que retenez-vous de la rencontre avec le président de la République, ce lundi ? Êtes-vous satisfait ?

    Jean-Luc Chauvin : Nous sommes la ville de France la plus touchée avec 528 commerces dégradés, 331 sinistrés, 118 pillés. Cela veut dire qu’il n’y a plus de stock et que tout a été détruit dans la boutique parfois même incendiée. Une barbarie totale. Chaque samedi fermé, c’est 2% de chiffre d’affaires annuel perdu. Et le chiffre d’affaires d’un commerçant entre novembre et décembre, c’est 40% de celui de l’année. Il y a aussi eu des conséquences sur l’hôtellerie. Le fait que le président de la République lui-même soit là, c’est un signe positif, important pour les commerçants. Ils ont pu dire au président et aux ministres présents à la fois tout leur désarroi, tout leur découragement et leur inquiétude.

    Qu’avez-vous demandé ?

    J.-L.C. : On a pu faire passer un certain nombre de demandes essentielles. La première, c’est que les commerçants sont des gens qui investissent, qui prennent des crédits, qui sont en caution personnelle. C’est de l’emploi, de la richesse, des taxes, des impôts. Ils ont besoin de sécurité, d’être défendu par l’État. J’ai fortement insisté pour éviter qu’on arrive à des solutions où un certain nombre d’entre eux se sentant abandonnés, pensent à s’auto-organiser. On a bien vu ce week-end avec un parcours différent, avec un encadrement des forces de l’ordre différent aussi, qu’on a eu que sept commerces cassés. Sur les aides à redémarrer, le fonds national est sorti hier, c’est très bien. On a aussi évoqué avec le président de la République un sujet qu’il n’avait pas dans son spectre, les commerces qui n’ont pas été cassés mais qui sont dans le périmètre concerné. À Marseille, cela représente quatre rues, de la préfecture, à la Canebière, la Chambre de commerce et jusqu’au Centre-Bourse. Là, trois commerces sur cinq sont cassés et ceux qui ne le sont pas, ont eu peur. Et quand ils ouvrent, ils font zéro chiffre d’affaires. J’ai proposé des mesures de chômage partiel, à 100% dans les périmètres où il y a eu les couvre-feux, et que les commerces non pillés puissent aussi bénéficier du prêt à taux zéro de BPIFrance [Banque publique d’investissement] à 50 000 euros. D’autres comme notamment Bernard Marty, en tant que président de l’UMIH [Union des métiers et des industries de l’hôtellerie], et vice-président de la Chambre, ont demandé à ce que cela soit adapté à la capacité de remboursement de l’entreprise.

    Pour autant, comprenez-vous qu’il y ait des revendications ?

    J.-L.C. : Que les gens veuillent manifester, c’est tout à fait normal, c’est leur droit, c’est pas le sujet. Par contre, ce n’est pas admissible, comme malheureusement c’est le cas aujourd’hui, que des manifestations soient infiltrées par des casseurs, des pillards, et par, probablement, des personnes qui veulent en découdre avec les autorités, les forces de l’ordre et les services publics, au détriment même de revendications légitimes des manifestants. On ne peut plus continuer à manifester comme avant, peut-être faut-il adapter la façon de faire. Il faut que les manifestations puissent avoir lieu, mais pas au milieu des commerces, parce que ça casse tout.

    Comment voyez-vous la suite ?

    J.-L.C. : On a très, très peur pour ce samedi, c’est une fête compliquée parce que c’est une fête avec des masques, avec du sang… On a moins d’inquiétude sur le 5 novembre, parce qu’on sait que les manifestations organisées par les syndicats sont gérées, comme ils l’ont fait samedi. J’ai bien expliqué au président de la République qu’il fallait aussi de l’animation pour faire revenir les gens en ville, mais ils ne le feront que lorsqu’ils seront rassurés. Et que, pour cela, il fallait régler le problème de la grogne sociale et des lycéens. Il faut une issue politique et que chacun prenne ses responsabilités, individuellement et collectivement. Que les gens qui manifestent soient aussi coopératifs. Si on veut sauver nos commerces, il va falloir qu’on fasse un effort, peut-être consommer. Peut-être, au lieu d’aller acheter trois produits à 10 euros sur un site ou une plateforme chinoise, acheter un produit à 30 euros chez un commerçant français…

  • Une détermination sans faille à manifester dans tout le pays

    Une détermination sans faille à manifester dans tout le pays

    Ce n’était pas le moment de manifester selon le monarque de l’Élysée. C’était sans compter sur la détermination des Français. Samedi, la CGT a compté 800 000 manifestants dans le pays, autant qu’une semaine plus tôt, dont 250 000 à Paris, en dépit de la recommandation du « méprisant de la République » de ne pas manifester et d’un temps pluvieux sur une grande partie de l’Hexagone. De son côté, le ministère de l’Intérieur a dénombré 410 000 manifestants samedi, contre 550 000 la semaine dernière. « Cette journée de mobilisation est une grande réussite », s’est félicitée l’Union étudiante.

    « Mariane, Mariane ! »

    Dans les cortèges, les slogans contre la vie chère ou la dégradation des services publics sont désormais accompagnés de revendications sur les interdictions de manifester, les périmètres interdits et les tracés révisés sur décision des préfectures. « Marianne ! Marianne ! », a par exemple crié une partie du cortège parisien, à la vue d’une jeune femme aux atours de l’allégorie de la République française, juchée sur les épaules d’un jeune manifestant.

    « On nous prive de la liberté de pouvoir disposer de l’espace comme on le souhaite » et, « globalement, c’est un ras-le-bol général. Ça n’atteint pas que notre liberté mais aussi notre fraternité », a lancé Léa Berthelot, comédienne de 26 ans en bonnet rouge et robe blanche, drapeau tricolore à la main. À travers la France, plusieurs cortèges initialement interdits ont finalement été validés par les tribunaux administratifs. Mais des interdictions ont persisté à Nancy, Metz, Besançon, Belfort, Rouen, Le Havre ou Toulon.

    « Une nouvelle réussite »

    « Ni le président, ni le temps, ne m’empêcheront de manifester », affirme Delphine, 47 ans, en tête de cortège à Lille pour aussi « représenter » ses trois enfants étudiants, « en train de travailler pour payer leurs études ». La secrétaire nationale des écologistes, Marine Tondelier, et le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, figuraient dans le défilé parisien. « Il est temps de céder », a lancé ce dernier à l’attention du chef de l’État. De son côté le Parti communiste français a salué « une nouvelle réussite contre un pouvoir méprisant et liberticide ». Le PCF « pleinement mobilisé partout en France avec ses organisations locales, salue la réussite de cette journée ainsi que le travail des organisations syndicales et de jeunesse qui l’ont rendue possible ». Dans un communiqué, samedi, le Parti communiste rappelle que jeudi dernier, « Fabien Roussel, Stéphane Peu et Cécile Cukierman étaient venus à Matignon exiger des réponses sur les salaires et les prix de l’énergie. Le pouvoir a une nouvelle fois refusé de répondre aux immenses attentes que la mobilisation exprime ». Or si les revendications des manifestants sont diverses elles convergent toutes autour du pouvoir d’achat, de la défense des services publics et de la justice fiscale et sociale. Les organisations étudiantes et lycéennes espèrent des annonces concrètes aujourd’hui après une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, tandis que les syndicats de salariés se mobilisent en vue d’une journée nationale de grèves et de manifestations le 5 novembre. De leur côté, les gilets jaunes ont déjà annoncé une nouvelle journée d’action le 31 octobre.

    La Ligue des droits de l’homme (LDH) a, elle, réclamé l’envoi en France d’une mission d’observation sous l’égide des Nations unies, jugeant le maintien de l’ordre de ces dernières semaines « particulièrement chaotique et incohérent ».

    Enquête ouverte

    sur des nervis à Nice

    À Montpellier, Rouen et Nice des membres de l’ultradroite ont voulu affronter des manifestants. À Lyon, un petit groupe d’une douzaine de jeunes hommes encagoulés ou visage caché scandant « la rue la France nous appartient » dans la presqu’île, interdite à tout cortège ou attroupement, a pu déambuler sans entrave. Autre fait : une enquête a été ouverte après des incidents au cours desquels des manifestants ont été agressés à Nice par des individus susceptibles d’appartenir à la mouvance d’ultra-droite, a indiqué dimanche le parquet. « Une enquête en flagrance confiée au SLPJ 06 [Service local de police judiciaire] est ouverte pour identifier et interpeller les membres de cette mouvance impliqués dans les violences aggravées qui se sont déroulées dans le centre-ville », a précisé le procureur de la République de Nice Damien Martinelli dans un communiqué transmis à la presse. Le magistrat a indiqué « vouloir apporter une réponse extrêmement ferme à ces faits de violence commis par ces individus », en précisant que des enquêtes sont en cours à partir des images captées samedi. Sur certaines d’entre elles diffusées par la presse locale, on voit des hommes en noir masqués se ruer sur des manifestants visiblement non-violents.

    Le maire de Montpellier dénonce une « milice d’extrême droite »

    Outre Nice, des agressions de manifestants par des membres d’ultra-droite ont également été recensées à Montpellier. Dénonçant cette « milice d’extrême droite », le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a lui estimé qu’en « République, personne ne peut faire usage de la violence contre autrui. Je condamne ces agissements avec force et demande à ce que la justice enquête et interpelle les auteurs. Il ne peut y avoir la moindre impunité ».

  • Après avoir tout verrouillé la veille, le préfet lâche finalement du lest

    Après avoir tout verrouillé la veille, le préfet lâche finalement du lest

    « Lorsqu’une organisation syndicale reconnue, et je crois que la CGT en fait partie, qu’elle a une capacité de déclarer, de discuter en itinéraire, d’amener des éléments d’encadrement, d’accompagnement et de sécuriser l’événement, il n’y a aucune raison de ne pas accepter ce type de manifestation. » Après être revenu sur la suspension des transports à Marseille, ce vendredi 23 octobre, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a autorisé la manifestation organisée par l’intersyndicale CGT-FSU et Solidaires ce samedi, malgré l’interdiction de toute manifestation, déclarée ou non, la veille.

    « Nous avons trouvé en milieu de matinée un itinéraire qui satisfait à la fois la possibilité à tout un chacun de pouvoir venir manifester et nous, de pouvoir sécuriser un itinéraire qui évite le centre commercial tout en restant en ville, pour permettre à chacun de s’y déplacer », a-t-il justifié. Pour lui, « les commerçants doivent pouvoir travailler », et les gens « faire des emplettes (…) en toute quiétude ». La mobilisation « initialement autorisée » à Aix-en-Provence a, elle, été interdite à l’heure où nous écrivons ces lignes, « parce que l’organisateur refusait, conformément aux doctrines nationales, de changer son itinéraire, qui passait par l’hyper-centre-ville commerçant ».

    Les transports publics marseillais en circulation

    Un peu plus tôt dans la matinée, la préfecture avait reculé sur la suspension des transports marseillais pour la journée de samedi, « faute de consensus ». « J’avais souhaité, et non pas décidé de façon autoritaire, de pouvoir réguler les transports publics », explique le préfet, pas pour « mettre la ville sous cloche » assure-t-il, mais « parce que lorsqu’on est en gestion de mouvements importants, en cours de journée, il nous arrive de demander à l’opérateur de transport de couper les lignes ». Et les gens partis au travail le matin « ne peuvent pas rentrer », poursuit-il. L’idée était d’anticiper pour permettre « à chacun de prendre ses dispositions », assure le représentant de l’État. Dans le reste des Bouches-du-Rhône, les transports en commun sont suspendus à la demande des maires précise-t-il, comme sur l’axe Marseille-Aix-en-Provence, ou entre Aix-en-Provence et Salon-de-Provence, entre Marseille et Salon-de-Provence et entre Marseille et Miramas.

    Sur le dispositif de sécurité mis en place, le ministre de l’Intérieur ayant annoncé le déploiement du Raid, du GIGN et même de l’armée, Jacques Witkowski n’a pas souhaité s’exprimer.

  • Pour Benoît Payan, interdire « n’évite pas la casse »

    Pour Benoît Payan, interdire « n’évite pas la casse »

    À leur demande, les maires de Paris, Lyon et Marseille ont été reçus en fin de journée, ce jeudi, durant deux longues heures par le Premier ministre. L’édile de la cité phocéenne, venu réclamer des garanties de l’État pour encadrer une nouvelle manifestation, ce 24 octobre, n’est pas ressorti franchement serein. Même s’il a assuré que le Premier ministre était « conscient » de la situation, devant la caméra de BFMTV en milieu de soirée.

    Sur la décision du préfet des Bouches-du-Rhône d’interdire toute manifestation dans le département, de suspendre les transports et d’étendre le couvre-feu aux majeurs samedi soir, après la mise à sac du centre-ville, il n’est « pas sûr que ça serve à grand-chose ». Benoît Payan réclamait des comptes, dénonçant un dispositif dépassé par les événements au point qu’il envisage de mobiliser toute sa police municipale le 24, bien que cela ne soit pas son rôle. « Le risque zéro n’existe pas. Pour moi, l’attention est maximale. L’attention avec deux orthographes, vous comprenez » ; a-t-il déclaré, estimant qu’« on doit être focus sur la journée de l’acte II. Mais comme on peut être aussi focus sur la journée du 31, sur la journée du 5…
    En attendant, il faut aussi des réponses politiques
    . »

    Au sujet des conditions de sécurité, « il y a évidemment besoin d’éviter les casses, les pillages », estime-t-il, avant de s’indigner : « Je ne veux plus vivre en tant que maire ce que j’ai vécu, ce que nous avons vécu, la semaine dernière. » Il a assuré avoir eu néanmoins « des garanties sur des nombres conséquents de policiers en plus par rapport à la semaine dernière ».

    Pour autant, Benoît Payan souhaite également « qu’on puisse manifester en sécurité dans ce pays », estimant que « l’État de droit », « fondement du pacte républicain », devait être « préservé à tout prix ». « J’ai entendu parler de “quoi qu’il en coûte” dans ma vie. Je crois que ce qui est le plus important et que le “quoi qu’il en coûte” le plus important, c’est la République », assène l’élu. Il insiste : « Ce n’est pas parce qu’on interdit une manifestation que l’on évite la casse. »

    Pour des indemnisations « à la hauteur »

    Sur les dégâts du 17 octobre, dans une lettre envoyée à Sébastien Lecornu la veille, l’élu avait également réclamé des indemnisations « à la hauteur » pour les commerçants touchés, 500 commerces en tout, dont au moins 317 saccagés ou pillés. Un bilan « plus lourd encore que celui de l’été 2023 », a-t-il affirmé. Au-delà des premières mesures d’urgence, l’élu a demandé la mise en place d’un dispositif exceptionnel d’indemnisation, « garantissant la prise en charge intégrale des dommages matériels directement liés à ces violences, notamment les destructions, les dégradations, les vols de stocks, de mobilier et d’équipements, ainsi que les dépenses supplémentaires engagées pour sécuriser les commerces et permettre leur réouverture ».

    Un dispositif qui doit « s’accompagner d’un mécanisme spécifique de compensation des pertes d’exploitation, y compris pour les commerces qui, sans avoir été directement pillés ou dégradés, ont dû fermer ou subir une baisse importante de leur activité en raison des violences et de leurs conséquences sur la fréquentation du centre-ville ».

    Pour Benoît Payan, « les commerçants marseillais n’ont pas à supporter le coût d’une défaillance de l’État dans l’exercice de l’une de ses missions les plus fondamentales : garantir l’ordre public et la sécurité de nos concitoyens ». Sans donner de détails sur la réponse apportée, il a réaffirmé, jeudi soir, sa volonté de voir indemnisés « celles et ceux qui, aujourd’hui, n’ont plus de travail, celles et ceux qui ont tout perdu ».

  • Plusieurs mesures d’aide aux agriculteurs pour renforcer le plan d’urgence agricole

    Plusieurs mesures d’aide aux agriculteurs pour renforcer le plan d’urgence agricole

    Pour venir en aide aux agriculteurs touchés par la canicule et les incendies cet été, le plan Climat – Adaptation – Sécheresse – Incendies (plan CASI), communément appelé « plan d’urgence agricole », a été mis en place par le gouvernement début septembre. 1,3 milliards d’euros ont ainsi été annoncés au niveau national, notamment via la mise en œuvre d’un plan de réarmement agricole, qui vise à soutenir les exploitations les plus durement touchées. 197,3 millions d’euros d’enveloppes régionales ont été engagées.

    Dans le Var, cela se traduit par 1,6 million affectés aux conséquences des incendies, et 1,07 million d’euros sur le volet sécheresse/canicule. 460 dossiers en cours d’instruction par la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) ont été déposés. Les plus urgents ont déjà été étudiés et peuvent donner droit à des aides allant jusqu’à 15 000 euros.

    Pour le volet sécheresse/canicule, une réunion d’échange avec les représentants du monde agricole s’est tenue lundi afin d’en définir les conditions d’intervention. Et en parallèle, d’autres mesures viennent désormais compléter le plan.

    Prêts à taux zéro

    Des prêts à taux zéro sont mis en place grâce à la prise en charge par l’État des intérêts des prêts « sécheresse » proposés par les banques, concernant des prêts allant jusqu’à 50 000 € sur deux ans. Un dispositif spécifique est aussi prévu pour les agriculteurs installés depuis moins de cinq ans : en cas de report d’une échéance de crédit, l’État pourra prendre en charge les intérêts et le surcoût liés à ce réaménagement.

    Réouverture du guichet GNR avril, mai, juin

    Les guichets d’aide au gazole non-routier (GNR) correspondant aux consommations des mois d’avril, mai et juin sont ouverts pendant deux mois, pour permettre aux exploitants qui n’avaient pas pu déposer leur demande dans les délais de bénéficier d’un remboursement de 15 centimes par litre. Dans le Var, 567 demandes GNR ont déjà été déposées et 74 096 € versés. Le guichet GNR est par ailleurs prolongé jusqu’à fin décembre 2026.

    Guichet prolongé et facilité pour l’engrais

    Le guichet exceptionnel d’aide à l’achat d’engrais azotés simples (50 à 70 euros par tonne), prolongé jusqu’au 31 décembre, est également assoupli. Les exploitants pourront désormais déposer un bon de commande afin d’enregistrer leur demande, avant de transmettre la facture acquittée nécessaire au paiement de l’aide.

    Des dégrèvements de taxe foncière

    Des dégrèvements de taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFNB) pourront être accordés aux exploitants les plus touchés par les pertes de récoltes. Il pourra être réalisé d’office par la Direction générale des finances publiques, sans démarche, en vertu des pertes constatées par la DDTM et la chambre d’agriculture du Var. La date de paiement de la taxe foncière est par ailleurs repoussée au 15 novembre.

    Note

  • L’État dégaine les « couvre-feux partiels »

    L’État dégaine les « couvre-feux partiels »

    Alors que les Gilets jaunes annoncent déjà sur leur site Internet un « acte II », ce samedi 24 octobre, avec 120 actions déjà prévues, dont une manifestation en début d’après-midi à Marseille, puis un « acte III » le 31 octobre, et que les syndicats de salariés ont fixé une nouvelle journée de mobilisation au 5 novembre, le gouvernement, sous pression, serre la vis. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez était attendu de pied ferme par le maire, Benoît Payan (DVG), passablement remonté après la mise à sac du centre-ville, en marge de la manifestation. Prévue en début d’après-midi, sa venue à Marseille a finalement été reportée en raison d’une convocation à une cellule interministérielle de crise. Laurent Nunez est finalement arrivé dans la soirée (lire par ailleurs).

    À l’issue de cette réunion, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé la mise en place de couvre-feux « localisés » pour protéger les commerces. Le « bordel » est « très localisé sur des centres urbains », a-t-il estimé. À charge aux préfets de les déclencher, mais ces couvre-feux seront « partiels », a prévenu le Premier ministre. Une première carte a été communiquée dans la soirée, avec des couvre-feux partiels annoncés à Paris, Lille ou Nice. Sébastien Lecornu évoque aussi l’instauration d’un état d’urgence, « si c’est nécessaire ».

    Toujours en poste après avoir vu sa démission refusée dimanche soir par le président de la République, Laurent Nunez a annoncé des renforts d’effectifs de police et gendarmerie, ce week-end, dont on se demande bien où il va les trouver, les forces de sécurité étant déjà exsangues, estime notamment la CGT (lire par ailleurs).

    Le ministre de l’Intérieur a aussi affirmé que des mesures pour empêcher les casseurs et les pilleurs seraient mises en place, dès lundi soir. Après les scènes de pillages qui ont tourné en boucle sur les chaînes d’informations et les réseaux sociaux, le premier flic de France avait reconnu ce lundi matin, sur France Inter, « une perte de contrôle ». Mais il a refusé de « demander pardon » pour les manifestants gazés, les lycéens éborgnés ou ayant perdu une main. « On nous explique que la police tue ou blesse, et depuis deux jours, on nous demande où est la police : schizophrénie bien française ! », a même osé Sébastien Lecornu

    Avec 2 400 arrestations recensées au niveau national, ce week-end, le Premier ministre promet aussi « une réponse pénale massive ». À Marseille par exemple, 101 personnes ont été interpellées, dont 74 majeurs et 27 mineurs, majoritairement pour des faits de vol avec dégradations en réunion, a indiqué le Parquet. Des réponses pour le moment sécuritaires qui tentent de faire oublier que les mobilisations se succèdent depuis la mi-septembre, la journée de samedi ayant rassemblé à elle seule 800 000 participants.

    ET AUSSI

    La Région Sud réactive son fonds de solidarité

    La Région Sud indique réactiver son Fonds de solidarité pour les commerces pillés. Doté de 5 millions d’euros, il prévoit une aide forfaitaire de 10 000 euros par commerce touché. Des mesures de soutien aux communes pour sont également annoncées. Un Fonds abondé par le Département des Bouches-du-Rhône.

    SCH, rappeur

    « Je suis fier de voir que la majeure partie de notre jeunesse a une conscience politique, peuple militant imprégné d’idéal. La violence a une origine, elle n’est jamais gratuite, beaucoup de monde la condamne, mais personne ne réfléchit à sa source. On peut la condamner, mais l’histoire nous apprend qu’aucun changement n’a été obtenu sans révolte. »

    Nicolas Isnard veut un état de catastrophe commerciale

    Le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Nicolas Isnard (LR), demande à l’État, lundi, de décréter un « état de catastrophe commerciale » après les pillages ayant touché de nombreux commerces. Sur le modèle des catastrophes naturelles, cette mesure, selon lui, « activerait alors l’obligation automatique d’indemniser pour toutes les compagnies d’assurances […] ». Il estime à plus de 10 millions d’euros le coût des dégradations et des interventions engagées.

    Cellule psychologique pour les commerçants

    La préfecture de région indique qu’un dispositif gratuit et confidentiel d’accompagnement psychologique à destination des commerçants a été mis en place, dès dimanche. Il est complété par un guichet unique ouvert par la CCI pour informer les entreprises. L’ordre des avocats et celui des experts-comptables mettent à disposition des ressources de conseil juridique.

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département des Bouches-du-Rhône

    « Des limites ont été franchies. L’urgence est absolue. Face aux violences, aux pillages et aux attaques contre nos forces de l’ordre, nous ne pouvons plus nous contenter de déclarations d’intention. […] Je demande la proclamation immédiate de l’état d’urgence et l’instauration de couvre-feux dans les secteurs où la situation l’exige, afin de prévenir de nouveaux débordements et de rétablir l’ordre républicain. […] La République ne peut plus reculer devant la violence. L’heure est à l’action et à la responsabilité ! »

    Les syndicats à Matignon mercredi

    Emmanuel Macron a indiqué dimanche que le Premier ministre réunirait prochainement partis politiques, syndicats, collectivités et parlementaires. Mercredi matin, ce sera au tour des syndicats, selon ces derniers.

    La CGT alerte sur la gravité de la situation du pays

    « Après 10 ans de macronisme, le pays craque de toutes parts », a affirmé, lundi, le bureau confédéral de la CGT, dans un communiqué. Rappelant que « les dégradations sont toujours instrumentalisées par le pouvoir, le patronat et l’extrême droite pour faire diversion des revendications et pour justifier la répression et les remises en cause des libertés publiques », elle souligne que « la seule voie de sortie de crise est la réponse immédiate aux revendications sociales exprimées depuis des mois ». Appelant à « l’ouverture immédiate de négociations avec les organisations syndicales et de jeunesse », elle martèle : « Face à la stratégie du chaos déployée par le gouvernement, gardons le cap sur nos revendications, soyons mobilisés jusqu’à leur satisfaction ».

    La CGT du Var appelle à poursuivre la mobilisation

    « Sourd aux revendications du pays (…), c’est le gouvernement qui porte la responsabilité politique de la montée des violences observée le 17 octobre », commente la CGT du Var, dans un communiqué publié lundi. Elle appelle à « poursuivre la mobilisation pacifique avec les jeunes, à mettre partout en débat, sur les lieux de travail, les conditions de la construction du rapport de force pour gagner sur les revendications, à préparer les prochaines étapes de mobilisation, dont la grande journée intersyndicale de grève et de manifestation du 5 novembre ».

    Soutien aux luttes du PCF de Gardanne

    Dans un communiqué, la section PCF de Gardanne fait « part de sa solidarité envers toutes les victimes de violence : commerçants, manifestants, fonctionnaires, les Marseillais dans leur ensemble », avant de réaffirmer son « soutien aux luttes sociales, notamment à celle des lycéens face au mépris et à la répression »

  • Berre-l’Étang : l’intersyndicale alerte sur l’avenir du site pétrochimique, tout juste repris

    Berre-l’Étang : l’intersyndicale alerte sur l’avenir du site pétrochimique, tout juste repris

    L’inquiétude est grandissante. Après la reprise de l’usine berroise de LyondellBasell par le groupe allemand Aequita, en mai dernier, de premières mesures d’économies et de restructuration envoient de mauvais signaux aux syndicats, qui se questionnent sur leur avenir.

    « Ils sont en train de restreindre nos moyens pour maîtriser le risque industriel, alors que nous sommes sur un site Seveso 3 seuil haut, mais aussi d’impacter notre capacité à faire des marges quand la situation dans la pétrochimie s’améliorera », dénonce Julien Autechaud, secrétaire général CGT. « On voit déjà l’impact sur la fiabilité des installations », affirme Michel Glatigny, élu CFE-CGC. Réunie en assemblée générale devant l’enceinte du site pétrochimique désormais exploité par Velogy, l’intersyndicale a voté un accord collectif majoritaire pour obtenir des engagements écrits de la part de leur direction.

    « Nous voulons un véritable plan industriel pour Berre, détaille Stéphane Hadjidimitrios, élu CGT au CSE. Quelles activités veulent-ils maintenir, développer ou arrêter ? Quels investissements sont prévus ? Quelles perspectives pour les prochaines années ? » Les syndicats demandent également des garanties sur les moyens consacrés au grand arrêt de maintenance prévu en 2029. « Pour que la vente puisse se faire, nous avons fait un run de 7 ans au lieu de 6 ans, précise Julien Autechaud. On est en train de baisser notre niveau de maintenance préventive et il y a des discussions pour tenter de minimiser le coût de l’arrêt, alors qu’avec une année de plus, ça va nécessiter des travaux supplémentaires. » L’ancien gestionnaire du site LyondellBasell avait fléché 100 millions d’euros pour l’opération, selon les syndicats, qui déplorent aujourd’hui devoir « recapitaliser cet argent » malgré des moyens supprimés et une conjoncture incertaine. Ils demandent à Aequita d’apporter la garantie que cet arrêt se fera, « car c’est de la pérennité du site qu’il s’agit, autant pour les organiques que pour les partenaires Infineum, Kraton et Kem One ».

    Sur l’emploi, l’intersyndicale veut des engagements clairs sur la restructuration et les suppressions de postes. Elle dénonce un « plan social masqué », avec des départs non remplacés, estimant la baisse d’effectif à une soixantaine d’emplois depuis la reprise. Sans engagement de la part de la direction locale et d’Aequita, l’intersyndicale demande un moratoire sur toute mesure de suppression de poste, de fermeture d’installation ou de modification d’organisation. Et de fixer la date butoir du 5 novembre pour obtenir leur signature et décider de la suite de la mobilisation. De son côté, Velogy dit s’engager « à maintenir un dialogue ouvert et constructif » et assure que « la sécurité de nos collaborateurs, des installations et des populations alentour, est, et demeure, la première de nos priorités ».

  • [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    La Marseillaise : Les jeunes sont à nouveau mobilisés aujourd’hui pour réclamer des moyens pour l’enseignement. Comment l’ancienne professeure de mathématiques analyse-t-elle la situation ?

    Josée Massi : Leurs revendications sont légitimes. Je suis allée à leur rencontre, la semaine dernière, avec Monsieur le préfet, le futur président de la Région et le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale) devant le lycée Bonaparte, dans lequel j’ai été élève puis j’ai enseigné, après avoir été pion comme on disait avant. Donc, je connais par cœur ces bâtiments. Je pense qu’en effet, ils ont un peu vieilli.

    Vous connaissez ma méthode, je suis plutôt pour écouter, consulter et trouver des solutions. Je regrette simplement que certains profitent de leur mobilisation pour casser. Mais, je le répète, ils ont des revendications tout à fait légitimes et il faut les écouter. Je leur ai d’ailleurs proposé une table tonde.

    Vous revendiquez depuis votre première élection une position sans étiquette. Est-ce toujours aussi important pour vous ?

    J.M. : Oui, c’est important. C’est uniquement l’intérêt général qui me guide à chaque fois. On peut avoir de bonnes idées à gauche et de bonnes idées à droite. Ce qui m’intéresse, c’est : qu’est-ce qui est bien pour les Toulonnais ? Dans ma liste, il y a des personnes de sensibilités différentes et je ne leur ai pas demandé d’être encartées. C’est pour cela que je ne me suis pas positionnée pour les sénatoriales. J’ai été beaucoup approchée pour aller sur des listes, mais j’ai fait le choix de rester cohérente. Après, la liberté de s’engager a été laissée à chacun tout en précisant simplement que rejoindre untel ou untel reviendrait à s’inscrire en sortie de la majorité municipale. Il faut être cohérent.

    Deux sénateurs RN ont été élus dans le Var. Quel regard portez-vous sur ce résultat ?

    J.M. : C’est la démocratie, il faut la respecter. Je veux d’abord féliciter les deux autres sénateurs, Françoise Dumont et Christian Simon. Ce que je crois, c’est que la division nous a coûté un sénateur. Ils auraient pu s’entendre et mettre de côté des problèmes d’ego… Quand on passe à quatre listes à droite, franchement, on peut se poser des questions. J’espère que cela servira de leçon à tous pour les prochaines échéances électorales.

    Toulon peut-elle rester la place forte qui dit non au RN, comme elle l’a fait lors des dernières législatives, en étant la seule circonscription sur les huit à ne pas mettre genou à terre devant l’extrême droite. Vous engagerez-vous dans la bataille ?

    J.M. : Je vous confirme : nous entrerons dans la bataille. Il y aura des candidats issus de la majorité municipale aux législatives, aux départementales et aux régionales. Nous n’étions pas prêts pour les sénatoriales avec une équipe issue principalement de la société civile, mais là, nous le serons. « Majorité municipale », je pense que c’est une bonne étiquette. Et comme vous le dites, Toulon est la seule circonscription du Var à ne pas avoir un député RN. J’espère bien qu’on va continuer. En tout cas, je mettrai tout mon poids dans la bataille.

    Votre prédécesseur, Hubert Falco (DVD), ne rate jamais une occasion, depuis quelque temps, de lâcher une vacherie à votre encontre…

    J.M. : C’est son droit. Je remarque que, dernièrement, il s’exprime beaucoup sur les réseaux sociaux. Mais moi, je n’ai plus de nouvelles depuis la campagne. Je pense simplement qu’il y a des données qu’il n’a pas sur certains sujets, notamment sur la cité judiciaire.

    C’est un sujet qui me tient à cœur parce que je pense qu’il est incroyable que le tribunal de Toulon soit dans un état d’insalubrité pareil. J’en ai fait un combat depuis trois ans. L’État demande maintenant aux collectivités de mettre la main à la poche. Le projet représente environ 130 millions d’euros, dont 30 millions pour une cité provisoire. Nous avons donc cherché des solutions permettant de diminuer ce coût. Il existe notamment des locaux de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) qui sont vides et sécurisés. Un chargé d’admission est venu les examiner. Il faudrait y réaliser quelques travaux, notamment pour les salles d’audience. Nous avons proposé que toutes les collectivités se mettent autour de la table et aident. Pour le moment, nous en sommes là.

    Pourquoi cet acharnement de sa part aujourd’hui ?

    J.M. : Il faudrait lui poser la question. Je suis devenue maire de Toulon en 2023 pour le dépanner, parce que j’étais la seule en qui il avait confiance et de qui il pouvait dire : « Si je dois revenir, c’est la seule qui me rendra la place. » Et l’année dernière, en juin, il a fait un communiqué me demandant d’y aller. C’est important de le rappeler. Après, il a changé d’avis. Vous pourriez me demander pourquoi, mais je ne vais pas rajouter de la polémique à la polémique. Il n’a qu’à prendre ses responsabilités. J’ai toujours été loyale, je crois que celui qui n’a pas été fidèle, c’est quand même lui. Quand je vois sa garde rapprochée, je me demande ce qu’est devenu son positionnement politique ? Certains d’entre eux sont partis rejoindre Éric Ciotti ou carrément le RN… En tout cas, puisqu’on parle de parole donnée, je tiens à rendre hommage à Michel Bonnus [ancien sénateur LR et candidat à la mairie de Toulon, ndlr] qui se bat contre la maladie et à qui je souhaite de remporter ce combat. Il avait promis que, s’il n’était pas devant, il se retirerait. Et c’est ce qu’il a fait.

    Vous êtes régulièrement attaquée par l’extrême droite. Comment le vivez-vous ?

    J.M. : Madame Lavalette cherche la polémique. C’est sa technique. Moi, je ne rentre jamais là-dedans. Elle me caricature, mais je ne réponds pas. En conseil municipal, elle cherche la confrontation. C’est la stratégie du chaos. Elle répète que j’ai été élue avec les voix de la gauche ou de La France insoumise, quelle importance ? Ce sont les Toulonnais qui ont choisi. J’ai fait 52%. Elle a fait 48%. Elle peut dire ce qu’elle veut. Et mon programme, je vais l’appliquer. Elle parle d’idéologie en critiquant la mise en place de la piste cyclable sur l’avenue de la République. Mais les résultats sont là et c’est un grand succès. Nous faisons toutes les mesures. Entre 7 et 8 heures du matin, il passe 600 vélos et on constate 5 000 voitures en moins par jour. Je regarde maintenant si elles se sont reportées ailleurs. Elle prétend aussi que la ville est saccagée par les tags de l’extrême gauche depuis mon élection. Bizarrement, elle passe sous silence ceux du groupe Némésis, des identitaires… Alors qu’il y en a beaucoup.

    L’État menace de torpiller encore davantage les finances des collectivités territoriales. Comment réagit la maire de Toulon et présidente de la Métropole ?

    J.M. : On sait qu’avec la dette colossale de la France, on va tous devoir faire des efforts. Moi, j’en suis consciente. Mais ce n’est pas nouveau, ça fait trois ans que je suis maire et qu’on construit des budgets sans savoir ce qu’on va avoir en termes de dotation de l’État. Après, j’ai regardé ce que va proposer le Rassemblement national, qui se positionne, lui, sur 150 milliards de moins. Je ne sais pas où ils vont les trouver.

    Quel regard portez-vous sur les prochaines échéances électorales nationales ?

    J.M. : Je suis résolument optimiste. Je pense que les Français, à un moment, prennent leurs responsabilités. Et ce ne sont pas ceux qui hurlent le plus qui feront l’élection. Moi, je suis relativement confiante. Je rappelle que j’étais donnée perdante face à la numéro 3 du RN, Laure Lavalette, et que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé au final. Moi, je suis relativement confiante.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « L’Espagne est très en avance sur nous »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « L’Espagne est très en avance sur nous »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que vous retenez de votre visite en Espagne ?

    Serge Ragazzacci : On a visité un chantier et un entrepôt, nous avons discuté avec la ministre du Travail espagnole, nos homologues d’autres syndicats espagnols… Et le constat est clair : Ils sont en avance, voire très en avance, sur la réglementation et la prise en compte de la santé des travailleurs dans le cadre d’événements climatiques anormaux. Leur gouvernement est ouvertement engagé sur le sujet, il sait prendre ses responsabilités pour obtenir de vrais résultats. Plus globalement, les commissions ouvrières espagnoles travaillent depuis près de 15 ans sur ce type d’événements. Par exemple, il y a un système d’alerte pour les phénomènes météorologiques avec des plans d’actions dans les entreprises. Ces plans sont négociés dans les entreprises et dans les conventions collectives. L’inspection du travail joue un rôle de prévention… Cet été, quand la CGT a demandé des mesures sur les fortes chaleurs, le patronat, certains politiques et une certaine presse, l’ont pris à la rigolade. Mais dès lors qu’il y a eu des morts, ça a commencé à être pris au sérieux. En France, on dénombre 7 000 morts sur cette période, alors qu’on en recense 5 000 en Espagne et qu’ils ont des zones où il fait beaucoup plus chaud que nous.

    Concrètement, quelles différences entre l’Espagne et la France sur cette prise en compte ?

    S.R. : Par exemple, sur la prévention, ils distinguent travail extérieur et intérieur, travail physique ou léger, selon les conventions collectives et les saisons. À l’entrepôt que nous avons visité, ils avaient un niveau de prévention qui allait jusqu’aux salariés qui avaient des problèmes de santé et susceptibles de souffrir de la chaleur. Autre exemple parlant : À partir de 27 degrés dans les bureaux, ils ne travaillent plus. Si un endroit dans l’entreprise dépasse ces degrés, ils ont des appareils pour refroidir la zone et les salariés travaillent dans un autre endroit, mieux tempéré. Pour le travail en extérieur, il y a plus de pauses, un système de récupération, mise en place de points d’eau… Cela va même jusqu’à la prise en compte du degré d’humidité. En clair, ils ont un cadre national fort et un travail de prévention et d’organisation qui est fait dans les conventions collectives et les entreprises. Dernier exemple très concret : partout où nous sommes allés, les mesures se discutaient en comité d’hygiène et sécurité… Qui a été supprimé en France !