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  • [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    La Marseillaise : Les jeunes sont à nouveau mobilisés aujourd’hui pour réclamer des moyens pour l’enseignement. Comment l’ancienne professeure de mathématiques analyse-t-elle la situation ?

    Josée Massi : Leurs revendications sont légitimes. Je suis allée à leur rencontre, la semaine dernière, avec Monsieur le préfet, le futur président de la Région et le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale) devant le lycée Bonaparte, dans lequel j’ai été élève puis j’ai enseigné, après avoir été pion comme on disait avant. Donc, je connais par cœur ces bâtiments. Je pense qu’en effet, ils ont un peu vieilli.

    Vous connaissez ma méthode, je suis plutôt pour écouter, consulter et trouver des solutions. Je regrette simplement que certains profitent de leur mobilisation pour casser. Mais, je le répète, ils ont des revendications tout à fait légitimes et il faut les écouter. Je leur ai d’ailleurs proposé une table tonde.

    Vous revendiquez depuis votre première élection une position sans étiquette. Est-ce toujours aussi important pour vous ?

    J.M. : Oui, c’est important. C’est uniquement l’intérêt général qui me guide à chaque fois. On peut avoir de bonnes idées à gauche et de bonnes idées à droite. Ce qui m’intéresse, c’est : qu’est-ce qui est bien pour les Toulonnais ? Dans ma liste, il y a des personnes de sensibilités différentes et je ne leur ai pas demandé d’être encartées. C’est pour cela que je ne me suis pas positionnée pour les sénatoriales. J’ai été beaucoup approchée pour aller sur des listes, mais j’ai fait le choix de rester cohérente. Après, la liberté de s’engager a été laissée à chacun tout en précisant simplement que rejoindre untel ou untel reviendrait à s’inscrire en sortie de la majorité municipale. Il faut être cohérent.

    Deux sénateurs RN ont été élus dans le Var. Quel regard portez-vous sur ce résultat ?

    J.M. : C’est la démocratie, il faut la respecter. Je veux d’abord féliciter les deux autres sénateurs, Françoise Dumont et Christian Simon. Ce que je crois, c’est que la division nous a coûté un sénateur. Ils auraient pu s’entendre et mettre de côté des problèmes d’ego… Quand on passe à quatre listes à droite, franchement, on peut se poser des questions. J’espère que cela servira de leçon à tous pour les prochaines échéances électorales.

    Toulon peut-elle rester la place forte qui dit non au RN, comme elle l’a fait lors des dernières législatives, en étant la seule circonscription sur les huit à ne pas mettre genou à terre devant l’extrême droite. Vous engagerez-vous dans la bataille ?

    J.M. : Je vous confirme : nous entrerons dans la bataille. Il y aura des candidats issus de la majorité municipale aux législatives, aux départementales et aux régionales. Nous n’étions pas prêts pour les sénatoriales avec une équipe issue principalement de la société civile, mais là, nous le serons. « Majorité municipale », je pense que c’est une bonne étiquette. Et comme vous le dites, Toulon est la seule circonscription du Var à ne pas avoir un député RN. J’espère bien qu’on va continuer. En tout cas, je mettrai tout mon poids dans la bataille.

    Votre prédécesseur, Hubert Falco (DVD), ne rate jamais une occasion, depuis quelque temps, de lâcher une vacherie à votre encontre…

    J.M. : C’est son droit. Je remarque que, dernièrement, il s’exprime beaucoup sur les réseaux sociaux. Mais moi, je n’ai plus de nouvelles depuis la campagne. Je pense simplement qu’il y a des données qu’il n’a pas sur certains sujets, notamment sur la cité judiciaire.

    C’est un sujet qui me tient à cœur parce que je pense qu’il est incroyable que le tribunal de Toulon soit dans un état d’insalubrité pareil. J’en ai fait un combat depuis trois ans. L’État demande maintenant aux collectivités de mettre la main à la poche. Le projet représente environ 130 millions d’euros, dont 30 millions pour une cité provisoire. Nous avons donc cherché des solutions permettant de diminuer ce coût. Il existe notamment des locaux de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) qui sont vides et sécurisés. Un chargé d’admission est venu les examiner. Il faudrait y réaliser quelques travaux, notamment pour les salles d’audience. Nous avons proposé que toutes les collectivités se mettent autour de la table et aident. Pour le moment, nous en sommes là.

    Pourquoi cet acharnement de sa part aujourd’hui ?

    J.M. : Il faudrait lui poser la question. Je suis devenue maire de Toulon en 2023 pour le dépanner, parce que j’étais la seule en qui il avait confiance et de qui il pouvait dire : « Si je dois revenir, c’est la seule qui me rendra la place. » Et l’année dernière, en juin, il a fait un communiqué me demandant d’y aller. C’est important de le rappeler. Après, il a changé d’avis. Vous pourriez me demander pourquoi, mais je ne vais pas rajouter de la polémique à la polémique. Il n’a qu’à prendre ses responsabilités. J’ai toujours été loyale, je crois que celui qui n’a pas été fidèle, c’est quand même lui. Quand je vois sa garde rapprochée, je me demande ce qu’est devenu son positionnement politique ? Certains d’entre eux sont partis rejoindre Éric Ciotti ou carrément le RN… En tout cas, puisqu’on parle de parole donnée, je tiens à rendre hommage à Michel Bonnus [ancien sénateur LR et candidat à la mairie de Toulon, ndlr] qui se bat contre la maladie et à qui je souhaite de remporter ce combat. Il avait promis que, s’il n’était pas devant, il se retirerait. Et c’est ce qu’il a fait.

    Vous êtes régulièrement attaquée par l’extrême droite. Comment le vivez-vous ?

    J.M. : Madame Lavalette cherche la polémique. C’est sa technique. Moi, je ne rentre jamais là-dedans. Elle me caricature, mais je ne réponds pas. En conseil municipal, elle cherche la confrontation. C’est la stratégie du chaos. Elle répète que j’ai été élue avec les voix de la gauche ou de La France insoumise, quelle importance ? Ce sont les Toulonnais qui ont choisi. J’ai fait 52%. Elle a fait 48%. Elle peut dire ce qu’elle veut. Et mon programme, je vais l’appliquer. Elle parle d’idéologie en critiquant la mise en place de la piste cyclable sur l’avenue de la République. Mais les résultats sont là et c’est un grand succès. Nous faisons toutes les mesures. Entre 7 et 8 heures du matin, il passe 600 vélos et on constate 5 000 voitures en moins par jour. Je regarde maintenant si elles se sont reportées ailleurs. Elle prétend aussi que la ville est saccagée par les tags de l’extrême gauche depuis mon élection. Bizarrement, elle passe sous silence ceux du groupe Némésis, des identitaires… Alors qu’il y en a beaucoup.

    L’État menace de torpiller encore davantage les finances des collectivités territoriales. Comment réagit la maire de Toulon et présidente de la Métropole ?

    J.M. : On sait qu’avec la dette colossale de la France, on va tous devoir faire des efforts. Moi, j’en suis consciente. Mais ce n’est pas nouveau, ça fait trois ans que je suis maire et qu’on construit des budgets sans savoir ce qu’on va avoir en termes de dotation de l’État. Après, j’ai regardé ce que va proposer le Rassemblement national, qui se positionne, lui, sur 150 milliards de moins. Je ne sais pas où ils vont les trouver.

    Quel regard portez-vous sur les prochaines échéances électorales nationales ?

    J.M. : Je suis résolument optimiste. Je pense que les Français, à un moment, prennent leurs responsabilités. Et ce ne sont pas ceux qui hurlent le plus qui feront l’élection. Moi, je suis relativement confiante. Je rappelle que j’étais donnée perdante face à la numéro 3 du RN, Laure Lavalette, et que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé au final. Moi, je suis relativement confiante.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « L’Espagne est très en avance sur nous »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « L’Espagne est très en avance sur nous »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que vous retenez de votre visite en Espagne ?

    Serge Ragazzacci : On a visité un chantier et un entrepôt, nous avons discuté avec la ministre du Travail espagnole, nos homologues d’autres syndicats espagnols… Et le constat est clair : Ils sont en avance, voire très en avance, sur la réglementation et la prise en compte de la santé des travailleurs dans le cadre d’événements climatiques anormaux. Leur gouvernement est ouvertement engagé sur le sujet, il sait prendre ses responsabilités pour obtenir de vrais résultats. Plus globalement, les commissions ouvrières espagnoles travaillent depuis près de 15 ans sur ce type d’événements. Par exemple, il y a un système d’alerte pour les phénomènes météorologiques avec des plans d’actions dans les entreprises. Ces plans sont négociés dans les entreprises et dans les conventions collectives. L’inspection du travail joue un rôle de prévention… Cet été, quand la CGT a demandé des mesures sur les fortes chaleurs, le patronat, certains politiques et une certaine presse, l’ont pris à la rigolade. Mais dès lors qu’il y a eu des morts, ça a commencé à être pris au sérieux. En France, on dénombre 7 000 morts sur cette période, alors qu’on en recense 5 000 en Espagne et qu’ils ont des zones où il fait beaucoup plus chaud que nous.

    Concrètement, quelles différences entre l’Espagne et la France sur cette prise en compte ?

    S.R. : Par exemple, sur la prévention, ils distinguent travail extérieur et intérieur, travail physique ou léger, selon les conventions collectives et les saisons. À l’entrepôt que nous avons visité, ils avaient un niveau de prévention qui allait jusqu’aux salariés qui avaient des problèmes de santé et susceptibles de souffrir de la chaleur. Autre exemple parlant : À partir de 27 degrés dans les bureaux, ils ne travaillent plus. Si un endroit dans l’entreprise dépasse ces degrés, ils ont des appareils pour refroidir la zone et les salariés travaillent dans un autre endroit, mieux tempéré. Pour le travail en extérieur, il y a plus de pauses, un système de récupération, mise en place de points d’eau… Cela va même jusqu’à la prise en compte du degré d’humidité. En clair, ils ont un cadre national fort et un travail de prévention et d’organisation qui est fait dans les conventions collectives et les entreprises. Dernier exemple très concret : partout où nous sommes allés, les mesures se discutaient en comité d’hygiène et sécurité… Qui a été supprimé en France !

  • [Violences sexuelles] À Toulon, les progressistes unis pour exiger des actions concrètes

    [Violences sexuelles] À Toulon, les progressistes unis pour exiger des actions concrètes

    Il n’était pas question de divergences partisanes, encore moins de course à la présidentielle, ce lundi, devant le Palais de justice de Toulon. Un large panel d’organisations progressistes, des syndicats (CGT, FSU, Solidaires) aux partis politiques (PCF, LFI, PS, Écologistes, UCL, Parti Occitan, Place publique, Génération.s) étaient tous réunis sous une même bannière, faisant fi des divergences, pour réclamer « une loi organique intégrale, qui englobe un ensemble de mesures, de la prévention jusqu’à la répression », résume Françoise Denis, militante au Planning familiale. « On ne se bat pas pour mettre tout le monde en prison, mais pour que les violences cessent. » Et cela passe par « l’éducation, la formation des magistrats, des policiers, des professionnels pour qu’ils prennent en compte la victime », mais aussi « par la prévention et la prise en charge de la victime sur tout son parcours », ajoute Gilberte Mandon, de la FSU. D’un point de vue législatif, les deux militantes appellent par ailleurs à la « reconnaissance de l’inceste comme crime », ou encore à celle du « crime vicariant, c’est-à-dire le meurtre des enfants par le père pour se “venger” de la mère, pour l’instant reconnu comme infanticide classique », explique Françoise Denis.

    « L’imposture » de la droite et de l’extrême droite

    Les dix points pour lesquels milite la coalition enfantiste et féministe ont ensuite été présentés par Manon Magagnosc (CGT CHITS) et Julie Birebent, secrétaire départementale adjointe de la FSU-SNUipp 83. « L’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna est immense […]. Notre société ne supporte plus que les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants soient minimisées, invisibilisées. Mais cette émotion ouvre également une bataille politique sur les causes des violences, sur les réponses à apporter et sur le projet de société que nous voulons construire », a affirmé cette dernière, rappelant « l’imposture de l’extrême droite et de la droite réactionnaire », qui « tentent de se présenter comme les protecteurs des enfants victimes de violences sexistes et sexuelles ».

    Car le conservatisme demeure antagoniste de la lutte enfantiste : « On ne peut combattre la pédocriminalité sans combattre les systèmes de domination qui la rendent possible, ni lutter contre l’inceste sans interroger les rapports de pouvoir qui traversent la famille, les institutions, les relations entre adultes et enfants, entre hommes et femmes », clame Julie Birebent.

  • [C’est l’été] La Banque de France, thermomètre de l’économie

    [C’est l’été] La Banque de France, thermomètre de l’économie

    Une entrée dans les locaux de Banque de France à Marseille, ce n’est pas une entrée dans un coffre-fort sous haute surveillance mais presque. Situés sur la place Estrangin Pastré, dans le 6e arrondissement, les bureaux de l’institution bancaire sont le cœur battant des analyses économiques régionales. « Nous ne sommes pas une banque commerciale, nous avons des missions de service public : la stabilité financière, la stratégie monétaire et tout ce qu’on appelle les services à l’économie… », introduit Lise Hécart, cheffe du département des affaires économiques régionales. Ce monument de l’économie française est essentiel à plusieurs niveaux : « On essaie de faire en sorte qu’il n’y ait pas de crise financière, on préserve la valeur de la monnaie en luttant contre l’inflation, on imprime les billets, on fait de l’inclusion bancaire et de l’éducation financière des publics, contrôle des banques et assurance. » Parmi cette multitude de missions, Lise Hécart et son collègue Clément Dansel, analyste d’informations économiques, sont particulièrement chargés de « prendre le pouls » de la vie économique de la région. La première est au sein de l’institution depuis 2012, et est passée « par le service entreprises », le second n’est là que depuis une année et travaillé auparavant à l’IEDOM, filiale de la Banque de France pour les outre-mer. De quoi donner une idée du large champ d’étude possible au sein de la banque. Mais à Marseille, ce sont bien « les grandes tendances » de l’économie qui leur importent. « Le plus gros de notre travail, c’est l’interrogation de dirigeants d’entreprises. On a un panel de 520 dirigeants dans la région, 200 environ pour Marseille, 8 500 à l’échelle nationale, choisis selon leurs activités », développe la cheffe de service. Des échanges avec les patrons qui sont appelés « tests de conjoncture dans le jargon interne ». Objectif : « En tirer de grandes tendances », grâce aux informations collectées. Lesquelles éclairent sur la bonne santé, ou pas, des acteurs économiques locaux notamment sur trois secteurs majeurs : le bâtiment, les services marchands et l’industrie.

    Secret statistique et moulinette mathématique

    Concrètement, le processus est bien ficelé : « Il y a une partie de l’entretien qui est assez fixe : l’activité, le carnet de commandes, la situation de trésorerie. » Mais aussi une part d’adaptation : « On a aussi des questions d’actualité économique : quel impact de la hausse du carburant, le Covid ou la guerre en Ukraine. » À partir des informations relevées via cet « échantillon représentatif de la réalité », ils essaient d’en sortir des éléments éclairants sur les tendances économiques. « Le but n’est pas d’avoir des chiffres très précis mais plutôt un ressenti pour ensuite en faire une note », résume Clément Dansel. « On essaie de comprendre pourquoi son activité évolue, et pourquoi dans tel ou tel sens », développe Lise Hécart. Le tout étant soumis au « secret statistique », même principe que le secret professionnel. « Ce sont des informations stratégiques, elles doivent être confidentielles », insiste Clément Dansel, avant de préciser que ce travail de collecte les occupe tout de même pendant près de deux semaines par mois.

    Pour bien comprendre l’intérêt de la démarche, Lise Hécart prend un exemple. Face à un chiffre d’affaires en hausse : « Soit l’entreprise réalise plus d’activités, soit c’est lié à l’inflation. Le but est de mettre en perspective quelle pourrait être la part d’inflation par rapport à la progression d’activité. » En clair, une fois les « tests » réalisés, place à la partie analyse. « On agrège les résultats et on applique des pondérations pour que certaines entreprises n’emportent pas entièrement une tendance », explique-t-elle. Avec une « moulinette mathématique », c’est-à-dire des outils internes, pour mieux faire ressortir les données importantes. « On interprète ces résultats à la lumière de nos analyses économiques, de ce qu’on connaît de l’économie régionale, et on produit des tendances régionales, des publications entièrement accessibles sur notre site internet. » Autre gros morceau de la diffusion de leurs travaux, qui s’ajoute à la publication des notes : la conférence de rentrée de la Banque de France, cette fois basée sur les bilans de l’ensemble des entreprises. Mais sensiblement sur le même principe : « On a un volume de données économiques et financières assez important. On les exploite pour en tirer des enseignements sur la vie économique », abonde Clément Dansel. Avant de conclure : « C’est un peu de fierté de participer aux travaux de la Banque de France. »

    L’histoire de la Banque de France à Marseille

    La banque de France existe depuis 1800 mais n’apparaît à Marseille à partir de 1848. L’établissement national rachète alors la banque de Marseille, installée depuis 1836 dans la cité phocéenne.

  • Gare à l’air vicié à l’intérieur des voitures

    Gare à l’air vicié à l’intérieur des voitures

    « Lorsque l’on est en voiture, on est soumis à la fois à la pollution extérieure de l’air mais aussi à l’augmentation du taux de gaz carbonique qui est exhalé par les occupants », explique le président de l’association varoise ACTEnergies* Michel Pierre. L’ingénieur chimiste a fait les mesures à l’aide de l’appareil modulaire d’AtmoSud et les concentrations révélées sont sans appel. Ainsi avec la position mal nommée « recyclage d’air » actionnée, 2 personnes à bord du véhicule suffisent pour atteindre en 8 minutes seulement 2 000 ppm (parties par million) alors que le seuil d’alerte dans une salle de classe est fixé à 800. « Et il faut savoir qu’au-dessus de 2 000, cela peut provoquer des maux de tête, une baisse des performances cognitives et de la somnolence », met en garde le scientifique. Avec tous les risques que cela peut engendrer sur la route notamment en ce moment avec le ballet des vacanciers qui passent plusieurs heures au volant. L’association indique qu’elle va prendre contact avec les stations de radio autoroute pour faire passer le message de prévention.

    Plus mortifère que

    la pollution aux particules

    « C’est un petit empoisonnement », insiste Philippe Chesneau pour Toulon Var Déplacements, une des associations adhérentes d’ACTEnergies. Un phénomène qui s’amplifie encore en période de grosses chaleurs, ajoute-t-il, où l’on retarde le moment d’ouvrir les vitres et de faire entrer l’air brûlant dans l’habitacle. Et de poursuivre : « Les automobilistes ne sont pas forcément conscients de cette problématique-là ».

    Pour mémoire la fonction recyclage d’air, qui s’enclenche automatiquement sur certains véhicules récents, est destinée à protéger les passagers de la pollution aux particules fines provenant de l’extérieur. Le problème c’est que le circuit fonctionne alors en vase clos. Et que le confinement peut s’avérer plus toxique encore. Il faut donc l’utiliser sur une période de courte durée lorsque cela est vraiment nécessaire, par exemple lors de la traversée d’un tunnel. Pour l’ingénieur chimiste, l’arbitrage doit se faire en faveur du maintien du taux de dioxyde d’azote à des valeurs acceptables. D’autant que seules les grosses particules sont filtrées. Pas les plus dangereuses pour l’organisme qui sont inférieures à 6 microns. Michel Pierre conclut : « Il faut être conscient que la fonction recyclage d’air en voiture, qui est souvent activée pour améliorer l’efficacité de la climatisation, augmente le risque d’accident ». Le message d’alerte vise donc à sensibiliser conducteurs et passagers de l’effet du gaz carbonique (CO2) invisible mais qui peut avoir des effets délétères sur l’attention au volant.

    *60 Rue Pablo Picasso, 83 500, La Seyne-sur-Mer. Tel : 06.70.21.80.10

  • Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Pour l’atteindre, il faut accepter de gravir pas loin de cent marches taillées dans l’imposant piton rocheux qui domine le vieux village de Vitrolles. À l’arrivée, c’est une double récompense : d’abord cette vue imprenable et contemplative sur l’étang de Berre et jusqu’à la Sainte Victoire. Ensuite deux monuments chargés d’histoire à découvrir : la Tour Sarrasine et la chapelle Notre-Dame-de-Vie.

    « Dès le Ve siècle, la situation privilégiée du Roucas de Vitrolles en fait un lieu de refuge et d’observation afin de se protéger des invasions barbares ou sarrasines. Mais la chapelle Notre Dame de Vie et la Tour Sarrasine n’ont été bâties toutes deux qu’entre le Xe et XIe siècles probablement après le départ des Sarrasins de Provence » décrit la Fondation du Patrimoine qui avec la Mission Patrimoine de Stéphane Bern soutient les travaux de sauvegarde et de restauration portés depuis plusieurs années par la mairie.

    Pour l’heure, la commune programme des travaux de confortement de son rocher pour réduire le risque de chutes de blocs. Le rocher qui culmine à 25 m de hauteur fait jusqu’à 75 m de long et 20 m de large, bénéficie déjà d’ouvrages de protection. Pour autant, de nombreuses instabilités ont été relevées sur les faces du rocher, notamment de gros pans de falaise décomprimés.

    « Un aléa très élevé

    de chute de pierres »

    « La face ouest la plus affectée présente 44 instabilités identifiées dont 15 à aléa élevé à très élevé. 4 des instabilités potentielles identifiées sont des pans de falaises volumineux et problématiques » énonce un rapport d’étude géotechnique qui a conclu en novembre 2025 à « un aléa très élevé de chute de pierres au droit de toutes les falaises. Un aléa variable, au cas par cas, d’écroulement de blocs, chandelles, voire de pans de falaise de volume important ».

    Ces risques exposent à des degrés divers la stabilité de la tour sarrasine, de la chapelle, la route en pied de falaise, quatre habitations, les piétons, le parking. Le rapport prescrivait d’interdire l’accès aux talus, de renforcer les mesures d’information « en insistant bien sur le risque accru pendant les périodes pluvieuses ». Il était demandé une surveillance instrumentée pour s’assurer de l’absence d’évolution d’un pan rocheux représentant une masse de 344 tonnes d’aléa élevé.

    C’est pourquoi la commune a lancé un marché public de réalisation de travaux de « réduction du niveau de risques » afin de conjurer ces risques liés à l’érosion naturelle de la falaise. Il prévoit la réalisation d’études géotechniques, l’exécution de mesures préventives telle que la pose de 5 fissuromètres électroniques connectés à des balises d’alerte au droit des instabilités critiques. Les premiers travaux consisteront en des opérations de débroussaillage, de purges manuelles et mécanisées par des cordistes des éléments les plus instables et les plus déconsolidés. Il est prévu la projection de béton projeté fibré et teinté et l’entretien des ancrages déjà installés. Des nappes de grillages et des barres d’ancrage seront posées. Des filets à haute limite élastique viendront recouvrir les falaises de la face sud et une partie de la face est du rocher de Vitrolles pour stopper les chutes de pierres et de blocs de faible volume et d’être le moins visible.

    Le risque résiduel de chutes de pierres et de blocs de faibles volumes reste encore possible après les travaux. C’est pourquoi sur la base de scénarii trajectographiques de chutes simulées, il est prévu de construire des parois de soutènement en béton cloué, de poser des écrans pare-blocs au pied du talus en face nord.

  • Des associations demandent des assises de la santé environnementale

    Des associations demandent des assises de la santé environnementale

    « Il est hors de question de remettre en cause le développement industriel, on dit juste qu’il faut des réponses environnementales », affirme Gérard Casanova, comme un préambule indispensable à son propos. Le cheminot Saint-louisien à la retraite représente dix associations environnementales du territoire industriel de Fos et de l’étang de Berre, associées dans un plaidoyer environnemental publié le 27 juillet dernier. Parmi ces acteurs, Vigueirat nature, l’Association santé environnement France (Asef), France nature environnement (FNE) ou encore l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF).

    « C’est dans des constats communs que nous nous retrouvons », explique le militant issu de l’association Au fil du Rhône et de la Fédération d’action régionale pour l’environnement (Fare). D’une part, « les différentes pollutions auxquelles nous sommes exposés, qu’elles soient de l’agriculture, industrielles ou des transports, sont présentées au public de manière segmentée », développe Gérard Casanova. « Ce saucissonnage est une vue de l’esprit que nous dénonçons, car il y a une bioaccumulation avec le temps », des polluants selon le militant.

    Dès lors, se pose la question de savoir « ce à quoi nous sommes exposés dans le détail », « mesures et analyses sont indissociables », pour le représentant. Là où le bât blesse, « la directive européenne pour la surveillance met l’accent sur les grosses villes, mais on a tendance à moins surveiller les zones industrielles », relève-t-il. Ce « saucissonnage » se révèle aussi dans les capteurs de particules : « certains captent jusqu’à 10 micromètres, d’autres entre 10 µm et 2,5 µm », mais l’un ne fait pas le travail de l’autre. « On avait un capteur 10 µm en ville, il a été remplacé par un 2,5 µm et du coup on a plus de surveillance des 10 µm », illustre-t-il.

    « Ce n’est pas adapté aux changements qui se préparent » considère Gérard Casanova, « bien que nous soyons conscients de la qualité du travail de l’observatoire public qui fait en fonction de contraintes budgétaires et réglementaires », nuance-t-il.

    « Il faut se rencontrer »

    À l’heure des grands changements industriels, notamment pour la production d’acier, le collectif d’associations passe un appel : « les nouvelles techniques de production vont apporter de nouvelles molécules. Nous avons déjà un manque de connaissance sur l’existant, il faut qu’on se rencontre », insiste Gérard Casanova.

    Le débat public de zone étant passé, le représentant affirme que « le vrai fond du débat public global était de se conformer à la loi. Ce n’est pas une amélioration du débat public », au sens de l’appropriation du grand public et du traitement complet des enjeux de chacun. La proposition n’est pas de refaire le débat public sur la même forme : « Nous proposons l’organisation d’assises pour mettre à plat les connaissances actuelles sur la santé-environnement pour établir des constats sur lesquels on se retrouve tous, État, associations, élus, syndicats ».

    « Une étude* de l’Agence nationale de sécurité sanitaire [Anses] suggère que la pollution de l’air peut provoquer des maladies neurodégénératives. D’où le besoin d’associer les médecins à la table ronde pour documenter la prévalence de ces maladies ou des cancers », conclut le représentant.

  • [C’est l’été] À Aix, l’IGN mesure l’évolution de notre territoire

    [C’est l’été] À Aix, l’IGN mesure l’évolution de notre territoire

    Sébastien Delhaye gare un pick-up sur le bas-côté, traverse la départementale, fait quelques mètres dans l’espace boisé. C’est ici, dans un amas d’arbres, que ce référent technique et vérificateur écologue va « relever un point », choisi à partir de coordonnées tirées au sort. Il plante le piquet central de la placette, qu’il faut imaginer circulaire, sur lequel est accrochée une boussole. Muni d’un Vertex, qui mesure angles et distances, il analyse taille et circonférence des arbres. Entre autres éléments qui seront ensuite rentrés dans une application pour alimenter une base de données. Elle-même, servira à mettre à jour l’inventaire forestier national. Une opération minutieuse, qui va participer à mesurer l’évolution de nos forêts, dont les étapes sont inscrites dans un protocole de « 350 pages (…) on fait régulièrement des réunions avec les homologues de la France entière pour voir comment harmoniser ces mesures ». Sébastien Delhaye fait partie des 1 500 agents qui travaillent au sein de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), cet établissement public qui permet la cartographie du territoire, l’évolution des villes et des forêts… En plus de sa direction parisienne, l’IGN dispose de cinq directions territoriales, dont l’une est implantée à Aix-en-Provence. Entre les quatre murs d’un établissement discret dans l’Europarc de Pichaury, aux Milles, trois productions principales sont accomplies par les agents de cet établissement public. « L’inventaire forestier national qui est l’activité la plus récente à l’IGN. Elle consiste à faire une carte d’identité de l’ensemble de la forêt, qu’elle soit privée ou publique. L’objectif est d’avoir une carte d’identité de la forêt en général (…) la mise à jour du registre parcellaire graphique, entièrement du travail de bureau (…) et la mise à jour de la base de données et des cartes. L’IGN décrit l’ensemble d territoire à partir de bases de données. À partir de ces bases de données on fabrique des cartes mais c’est avant tout des bases de données que l’on constitue », déroule Lionel Gaudiot, directeur territorial adjoint. En plus des directions territoriales – qui ne participent pas seulement à la production de cartes mais aussi aux politiques publiques du territoire, notamment en réalisant des référentiels géographiques et en participant, par exemple, à la prévention des risques – l’IGN possède d’autres implantations, dont celle de Toulouse, dédiée à l’imagerie spatiale et plusieurs avions abrités à Beauvais. Dans ces machines, des prises de vues et de LiDar sont régulièrement embarquées pour produire une cartographie photographique du territoire tous les trois ans. À la direction territoriale d’Aix, des dizaines d’agents s’attellent à la cartographie de la région Paca et de la Corse. Des agents, comme Sébastien Delhaye, sont sur le terrain « toute l’année. C’est un métier qui demande énormément de connaissances et de la rigueur sur l’application du protocole », précise ce dernier. D’autres, scrutent le territoire, en photo, depuis leur ordinateur quand une troisième partie des agents mixent terrain et bureau, comme François Carcenac, chef de division mise à jour. En voiture, carte numérique et papier à bord, direction la gare de Vitrolles, ou des travaux sont en cours, notamment pour la mise en place du téléphérique. Puis vers le récent parking relais Cap Horizon. « On fait beaucoup de veille documentaire, pour savoir quelles sont les modifications importantes, type rond-point, rocade, qui vont avoir lieu pour être réactif une fois qu’elles sont en service. On les fait sur internet, avec des correspondants… On a des contacts avec la Semepa, par exemple, pour Aix. Et quand nous n’avons pas le choix, on va sur le terrain vérifier l’information. Tous les trois ans on a une image aérienne donc on peut mettre à jour pas mal de choses en visuel. On est entre 5 et 6 semaines de terrain par an, les besoins ont évolué », explique François Carcenac. Les données non mises à jour sont ensuite rentrées dans un espace collaboratif, qui permet de signaler une quelconque évolution sur le terrain, avant d’être traitées une fois revenu aux Milles. Une fois rentré au bureau du premier étage, ou cartes et plannings s’étalent, le chef de division utilise un logiciel système d’information géographique, qui permet d’alimenter une base de données. Et entre toutes ces missions, « globalement, on a de l’information géographique qui est souveraine, créée par un établissement public ou l’on maîtrise », résume Lionel Gaudiot.

  • La Ville de Marseille dégaine l’astreinte contre un kiosque en tôle

    La Ville de Marseille dégaine l’astreinte contre un kiosque en tôle

    Un kiosque alimentaire installé sur la nouvelle place Castellane rénovée n’est pas conforme à la déclaration préalable autorisée en 2024. L’installation commandée par le commerçant Michel Sultan est de style radicalement moderne, de la tôle métallique jugée sans allure aux yeux de certains.

    Il y a plus d’un an, un procès-verbal avait dressé un constat d’infraction. « Le kiosque mis en place ne s’harmonise pas avec les kiosques de style haussmannien présents sur la place Castellane reconnue comme un lieu emblématique par le Site patrimonial remarquable et dont la fontaine est inscrite au titre des Monuments historiques », énonce l’arrêté municipal de mise en demeure du 25 juin 2026, qui exige sa remise en conformité dans un délai de six mois sous astreinte de 200 euros par jour de retard. Un montant lourd qui doit suffire à convaincre de s’exécuter. Le respect du Site patrimonial remarquable est en réalité une problématique forte à Marseille, en particulier sur les places publiques à fort enjeu patrimonial.

    « Je me suis fait avoir », explique à La Marseillaise Michel Sultan, le gérant, qui assure de sa bonne foi. Plutôt que de louer un kiosque à la Métropole pour environ 400 euros par mois, il a préféré être propriétaire du sien. « Pour faire simple, j’ai pris un ferronnier marseillais, mais il ne m’a pas fait la frise et le dôme haussmanniens. Ça m’a coûté 56 000 euros quand même. En vrai, il n’y a qu’un seul ferronnier d’art, dans le nord de la France, qui fait le kiosque haussmannien. Il faut dire qu’il a déposé le brevet », nous dit-il.

    Depuis quelques jours les mesures ont été prises et la commande passée. Le commerçant nous assure de sa volonté de se mettre en règle. Il dit aussi comprendre les autorités : « C’est logique, ils veulent faire un bel endroit vu l’argent qu’ils ont mis pour rénover la place ».

    « Tendance bobo végé »

    Pour l’heure, la Ville a édité une autorisation provisoire d’occupation du domaine public pour le kiosque. L’emplacement n’est pas donné. Il dit s’acquitter de 3 800 euros tous les six mois de redevance d’occupation à la Métropole pour poser ses tables et ses chaises. « Avant, j’étais de l’autre côté de la place. Quand je me suis déplacé ici, je voulais faire quelque chose dans la tendance bobo végé et en harmonie avec la place. Pas un kebab quoi. Je m’attendais à ce que ça marche mieux, mais ça va prendre, j’en suis sûr. »

    La requalification de la place Castellane a magnifié l’espace public piétonnisé. La fontaine Cantini a été remise en eau et inscrite, en novembre 2023, au titre des Monuments historiques. L’espace entre le bassin et les grilles a été végétalisé et l’ensemble est mis en lumière. Actuellement, la fontaine est cerclée d’une clôture girondine en bois, les grilles et les vases étant partis à la restauration. Les groupes sculpturaux réalisés par les meilleurs artistes marseillais de l’époque sont en triste état. Rien n’est programmé pour eux.

  • [Science] Le mouvement ultra-rapide d’une célèbre plante carnivore décrypté

    [Science] Le mouvement ultra-rapide d’une célèbre plante carnivore décrypté

    Au début des années 2000, Yoël Forterre rencontre la dionée. Son chef d’équipe vient de se voir offrir cette plante carnivore qui referme son piège en une fraction de seconde sur tout insecte qui a le malheur de s’y aventurer. « J’étais fasciné, se remémore aujourd’hui le chercheur CNRS à l’Institut universitaire des systèmes thermiques industriels, à Marseille. Les mouvements des plantes sont généralement lents. Comment pouvait-elle produire un mouvement si rapide ? » Il est aujourd’hui en mesure de le décrire dans un article paru dans Science : pour se fermer en un claquement de doigts, la dionée modifie très rapidement la rigidité de sa paroi externe. « Cela n’avait encore jamais été observé et remet en question une hypothèse admise de longue date », assure-t-il.

    Robots mous

    Jusqu’alors, on pensait que ce mouvement était dû à un phénomène appelé « osmose » par lequel les plantes font gonfler la pression dans leurs cellules par transfert d’eau. Seulement, les mesures en laboratoire montrent que l’osmose ne peut être à l’origine du mouvement rapide : le transfert d’eau par ce biais pour traverser le piège est trop lent. « Cela prend entre 30 et 90 secondes, alors que le piège se ferme en une seconde environ », précise Yoël Forterre. En revanche, grâce à de délicates manipulations, le chercheur et la post-doctorante Jeongeun Ryu ont mesuré une baisse de la rigidité très rapide de la paroi externe du piège. « De l’ordre de la seconde », assure-t-il. Cela va dans le sens d’une hypothèse émise par deux chercheurs allemands dans les années 1980. « Ils avaient des résultats suggérant ce mécanisme mais n’avaient pas de preuve directe », souligne le chercheur.

    Pour expliquer comment la dionée modifie la rigidité d’une de ses parois aussi rapidement, il n’y a pour l’instant que des hypothèses. La principale ? La rupture des liaisons entre les fibres de cellulose de la paroi grâce à une modification de l’acidité du milieu. « C’est un mécanisme connu à des échelles plus lentes lors de la croissance de la plante, précise Yoël Forterre. Au déclenchement du piège, un signal électrique pourrait changer l’acidité de la paroi. C’est pour l’instant très spéculatif. » Il faudra l’étudier avec des biologistes.

    Pour l’heure, le mécanisme ultra-rapide de modification de la rigidité d’une plante pourrait bien attirer l’attention des ingénieurs ou autres chimistes. « Il pourrait y avoir des applications dans les matériaux ou la robotique molle, qui est un domaine en plein essor, souligne Yoël Forterre. Cela pourrait faire émerger des idées inspirées du vivant pour développer de nouveaux matériaux. » L’intérêt du chercheur, lui, est plus fondamental : « Nous aimerions étudier si ce mécanisme est présent chez d’autres plantes », glisse-t-il. Pour l’instant, la dionée est un cas unique. Mais le mécanisme est peut-être plus répandu qu’on ne le croit.