Tag: investissements

  • Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Si ce n’est la victoire à la primaire de son favori
    pour l’Élysée, Raphaël Glucksmann, on ne peut pas dire que le contexte actuel ravisse Michaël Delafosse.

    Face à la presse, le maire PS de Montpellier confie volontiers sa double préoccupation du moment : l’austérité du gouvernement qui guette et la menace de l’extrême droite qui plane. « L’extrême droite est mon combat. Je ne veux pas que mon pays tombe entre ses mains. R. Glucksmann a la sincérité de ses engagements. » S’il ne porte pas J.-L. Mélenchon dans son cœur, M. Delafosse tranche. « Le candidat le plus à gauche ou le plus à droite du champ républicain aura mon soutien au second tour face au RN. »

    Voilà qui a le mérite de la clarté quand d’autres jouent aux apprentis sorciers. L’édile PS redit aussi son indignation face à la répression des lycéens. « Il n’est pas acceptable que des jeunes aient perdu la vue ou une main. On a besoin de dialogue », insiste-t-il, solidaire des manifestations sans cautionner les quelques débordements.

    40 M€ pour le Corum

    Ce qu’il juge « inquiétante », c’est aussi la prochaine cure d’austérité d’un État exsangue qui menace les dotations et donc les futurs investissements des collectivités locales. Si le plan du gouvernement est appliqué tel quel, la Métropole de Montpellier perdra 27 millions d’euros de crédits et la Ville, qui a « la dotation la plus faible » rapportée à sa population, 6 millions. Dur mais pas assez pour céder à la résignation. « Soit on se lamente, soit on est churchillien. On va s’adapter, on va y arriver », positive le maire et président. Sans renoncer à ses projets, il prévient toutefois qu’il « va falloir phaser, prioriser nos choix ». Voire réduire la voilure.

    D’autant qu’une tuile n’arrivant jamais seule, les travaux de remise en état du Corum (fermé entre deux et trois mois) sont évalués à 40 millions d’euros. Pas question de renoncer à la promesse de création de 30 000 emplois. Pour cela, le socialiste compte mener à bien les grands chantiers : Service express régional métropolitain (Serm), Ligne à grande vitesse (LGV), Contournement routier ouest (COM)… en mettant en concurrence les répondants souvent gloutons aux marchés publics.

    Des écoles climatisées

    « Il n’y a pas d’acquis, ni de rente à Montpellier. On n’est pas la bête sur qui on vient se servir. » Grâce aux industries culturelles et créatives, au numérique (sortie de la dépendance à Microsoft en vue) ou à la santé (rénovation du CHU), M. Delafosse, qui s’apprête à mener une mission économique au Québec, espère devenir le « territoire le plus rapide pour les implantations d’entreprises ». Il attend aussi une « bonne nouvelle » pour le projet de reprise d’anciens salariés de la librairie Sauramps, liquidée cet été.

    Pour faire des économies, l’édile compte se débarrasser au plus vite du bâtiment de l’ancienne mairie. « Il nous coûte 400 000 euros par an en énergie. » À long terme, il projette d’ouvrir l’espace entre l’Esplanade et Antigone. Dans ce mandat sera mené le réembélissement de la place du Peyrou. Face aux risques climatiques accrus, il promet de poursuivre la « désimperméabilisation » de la ville et pour la première fois, accepte de « climatiser » les écoles trop exposées aux canicules.

    Le logement restera prioritaire. En lançant l’Office foncier solidaire, M. Delafosse s’engage à produire 4 000 logements via le Bail réel solidaire (BRS). Il promet de construire 4 résidences sociales pour les seniors, plus de logements étudiants et, via Altemed, des logements à loyers modérés aux salariés (dispositif In Medio). S’il rappelle que « l’hébergement d’urgence est de la responsabilité de l’État », le maire promet 7 nouvelles pensions de famille et d’ouvrir l’été des lieux frais de repos pour offrir aux sans-abri « quelques heures de sommeil ».

    Enfin, tandis que l’expérimentation sur l’encadrement des loyers arrive à échéance en novembre, M. Delafosse va demander à la poursuivre. « Au-delà des quolibets sur les réseaux sociaux, on me remercie dans la rue de l’avoir fait. Ce n’est pas un frein. Comme la mutuelle communale et maintenant la multirisque habitation communale que nous proposons, c’est une mesure qui protège le pouvoir d’achat de la France qui travaille et peine à se loger. »

  • Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    La campagne des dernières municipales bruissait déjà des échos du document, alors que sa version provisoire avait déjà été présentée au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, au mois de novembre dernier. C’est finalement à l’occasion du conseil municipal de ce vendredi, que sera présenté le rapport de la chambre régionale des comptes portant sur la situation financière et la gestion des ressources humaines par la Ville de Marseille, entre 2018 et 2024.

    Un rapport introduit par une synthèse au vitriol. « La commune n’est pas en mesure de présenter des comptes d’une fiabilité satisfaisante », reprochent les magistrats financiers qui pointent des réorganisations successives qui n’ont « pas porté leurs fruits », un pilotage des politiques municipales qui « doit être significativement amélioré », tant en matière d’investissements que de recrutements. Mais surtout, la chambre régionale des comptes s’inquiète d’un contrôle interne « limité ». « Un substantiel effort est désormais urgent », insiste le document de 90 pages assorties de sept recommandations.

    Pour certaines, elles ne sont que des répétitions pédagogiques. Déjà en 2021, l’Agence française anticorruption avait réclamé une cartographie des risques corruptifs. « Les initiatives récentes sont modestes. Elles ne découlent pas d’un plan d’actions structuré, basé sur une analyse du risque d’atteinte à la probité, pourtant élevé et connu », pointe le rapport qui rappelle les exigences de la loi Sapin II, entrée en vigueur en 2017. Les magistrats financiers déplorent l’absence de contrôle sur les embauches réalisées en mairies de secteur. Les contrôles internes, eux, sont freinés par la baisse des effectifs de l’inspection générale des services, passée de 10,9 équivalents temps plein travaillés en 2021 à 6,7 en 2024. Quant à la cartographie des risques, en particulier pour l’urbanisme et les régies de recettes, la municipalité la promet pour 2027, après avoir renoncé à recourir à un cabinet de conseil. Elle prône une approche « pragmatique et progressive », explique-t-elle. Quand les recommandations de l’Agence française anticorruption devaient être suivies dès 2022.

    Embauches auscultées

    Le rapport cible aussi des confusions entre les responsabilités politiques et administratives de certains collaborateurs, contestées par la municipalité. Dans le viseur aussi de la CRC : les embauches réalisées par la municipalité. Au total, 1 800 agents supplémentaires ont été recrutés entre 2018 et 2024, ce qui représente 968 équivalents temps pleins. Avec des emplois principalement contractuels, qui visent surtout à faire face à un absentéisme en hausse. « La redistribution des emplois vers des agents contractuels a entraîné une diminution de 15 points de la part des fonctionnaires », pointe le rapport. Derrière les chiffres, la politique volontariste de la municipalité pour remplacer les agents manquants dans les écoles, les tatas, pour « respecter les taux d’encadrement », explique la municipalité. Ou encore dans la sécurité, avec 90 postes de policiers municipaux supplémentaires. La CRC s’inquiète de voir ces embauches consommer les ressources issues de la hausse de la taxe foncière et limiter les marges de manœuvres financières. Après avoir pourtant, dès son introduction, alerté sur « de substantiels besoins de services à la population ».

    Réponse salée du maire

    La réponse du maire de Marseille, elle, est aussi salée que la synthèse du rapport. « Le rapport dans son ensemble ne retient pratiquement aucun des progrès accomplis depuis 2020 », déplore Benoît Payan, qui rappelle le manque de financements du Département ou de la Métropole. Et de persifler : « Je ne puis me résoudre à voir dans ces décalages et ces incohérences un choix délibéré. Je préfère y reconnaître les conséquences des contraintes qui pèsent sur votre juridiction, chacun connaissant les difficultés de moyens auxquelles elle est confrontée. »

  • À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    Aujourd’hui, à l’angle du boulevard du Capitaine-Gèze et de l’avenue des Aygalades, le site n’est encore qu’une friche. Mais d’ici au troisième trimestre 2029, un mégacampus dédié à l’intelligence artificielle (IA) doit voir le jour sur ce terrain de deux hectares.

    Tel est le projet porté par Unitel Group et son président, l’entrepreneur Kevin Polizzi. Baptisé Théodora, ce « village de l’IA appliquée », implanté au cœur des quartiers nord, accueillera plusieurs bâtiments dédiés aux entreprises et à la formation, ainsi que plus de 4 600m² d’hébergements.

    Avec plus de 110 millions d’euros d’investissements privés, dont 7% consacrés à la recherche et développement, le projet se veut davantage tourné vers l’innovation que vers l’immobilier. Unitel finalise d’ailleurs l’acquisition d’autres parcelles et prévoit de publier la méthode de construction du campus dans un livret en « open source ». « On ne fait pas de l’immobilier, l’objectif est de construire un kit pour permettre à un territoire de se transformer et rester dans la course », confie Kevin Polizzi.

    Pour justifier son ambition, le chef d’entreprise rappelle que « d’ici 2030, les projections indiquent que le marché de l’IA représentera plus de 1 800 milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’échelle mondiale ». Des travaux doivent également être réalisés afin de relier le campus aux câbles sous-marins qui arrivent à Marseille, faisant de la cité phocéenne le sixième hub numérique mondial. Une situation stratégique encore largement sous-exploitée, selon l’entrepreneur.

    « Il faut réinventer

    le lieu de travail »

    Avec ce projet, Kevin Polizzi entend également « réinventer le lieu de travail » à travers plusieurs axes. Évidemment, l’IA occupera une place centrale, autant en ce qui concerne la formation proposée sur le campus que les emplois et entreprises qui y seront implantés. « Théodora » mise aussi sur l’accessibilité sans voiture, avec la proximité du tramway, du métro et de plusieurs lignes de bus. « Les transports ne doivent pas être une contrainte, mais un accompagnement pour les étudiants », souligne Samia Ghali, présidente de la RTM, lors de son discours. La forte modularité des bâtiments doit également permettre de « faire face à n’importe quelle crise sans avoir à repartir de zéro avec un nouveau projet », complète le président d’Unitel.

    Le projet « Théodora » s’articule autour de quatre pôles : les bâtiments A, B et C, qui regrouperont près de 20 000m² de bureaux ; le bâtiment D, dédié « à l’incubation et à la formation autour de l’IA » sur 5 500m² ; la Tour Signal, qui concentrera 4 600m² de logements et différents services ; enfin, un pavillon central accueillera des espaces dédiés à la recherche, au développement et à l’événementiel, au cœur d’un parc de 6 000m². Au total, le campus représentera 35 000m² de surface de plancher.

    Un projet salué par les élus

    Pour Samia Ghali, représentante de la Métropole et présidente de la RTM, « ce projet dispose d’une situation géographique idéale dans les quartiers nord, au sein d’un pôle de transports multimodale important ». Un sentiment partagé par Julien Harounyan, adjoint au maire chargé de l’attractivité économique et du tourisme durable : « C’est un moment symbolique qui dit quelque chose de la confiance que l’on place dans ce territoire. »

    Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence, s’est quant à lui réjoui de « voir l’offre de formation s’étoffer de manière immédiate et concrète à Marseille. C’est une étape importante pour la ville et pour sa jeunesse, surtout celle des quartiers nord ». Isabelle Campagnola-Savon, présidente d’Euroméditerranée, s’est pour sa part intéressée à « ce qu’on va pouvoir construire autour de ce projet », en affirmant que « c’est à Gèze que se joue une partie de l’avenir de la ville ».

    Un projet largement salué par les élus locaux, mais qui ne fait pas pour autant disparaître les interrogations liées à l’impact environnemental de l’intelligence artificielle et des data centers nécessaires à son fonctionnement, à l’image du méga data center envisagé sur l’ancienne friche industrielle Saint-Louis Sucre, dans le 15e arrondissement.

  • Le bâti scolaire vétuste fait monter la chaleur à Avignon

    Le bâti scolaire vétuste fait monter la chaleur à Avignon

    Si les vestes et les pulls étaient de mise à 8h devant le lycée Mistral, où plus de 200 jeunes s’étaient mobilisés, ils sont vite tombés lorsque la température a grimpé dès 10h, atteignant près de 25 degrés. « Dans les classes, il fait encore 30 degrés alors qu’on est en octobre », regrette Bruno, un élève de première de l’établissement.

    Plus de 2 000 personnes ont défilé à Avignon, en début d’après-midi, à l’appel de l’Union étudiante, qui s’est jointe au mouvement lycéen. Le matin, un cortège de quelques centaines de lycéens avait déjà déambulé en Cité des Papes. Parmi les revendications figure notamment la demande d’une dotation exceptionnelle pour la rénovation et l’adaptation énergétique des établissements scolaires. Une revendication d’autant plus forte qu’Avignon fait partie, avec d’autres villes vauclusiennes comme Orange et Cavaillon, des communes françaises les plus vulnérables au réchauffement climatique, selon un classement publié par nos confrères du Parisien.

    Une problématique remontée par les lycéens d’Aubanel, Philippe-de-Girard et Mistral. « Il fait très chaud quand approche l’été et très froid l’hiver. On le ressent bien plus dans le Sud et pendant les examens. Ceux qui choisissent les dates sont dans des bureaux climatisés à Paris. Passer des épreuves là-dedans, c’est inacceptable », pointe Jeanne Couadry, en terminale au lycée Mistral. « On nous assure que des travaux sont lancés. Mais on ne voit rien et on souffre toujours autant », ajoute Zyed, en première à Philippe-de-Girard, fermé depuis jeudi dernier suite aux mobilisations.

    Investissements

    Partie du lycée Mistral, la manifestation s’est ensuite arrêtée devant le lycée Aubanel, à quelques centaines de mètres de là, dans le centre-ville. Le cortège réunissait, une nouvelle fois, syndicats, enseignants, étudiants et parents d’élèves partageant les mêmes revendications. « Il faut investir massivement pour accueillir des élèves dans des conditions dignes. On passe de 12 degrés en hiver à 40 en été. En attendant, il faut que les chefs d’établissement prennent leurs responsabilités et ne laissent pas les cours se dérouler quand on atteint ces extrêmes », pointe Mélanie Saïsse, cosecrétaire CGT Éduc’action 84.

    Sandrine, elle, est professeure à Aubanel, mais aussi parent d’élève. Elle évoque « des locaux vétustes », avec par exemple « des fenêtres qui ne s’ouvrent plus » et où il « fait extrêmement chaud ». « C’est hyper minéral ici. J’ai une collègue en SCT qui essaie de sensibiliser avec des projets de végétalisation, mais elle est un peu seule ». Même constat au lycée Philippe-de-Girard. « Des travaux ont commencé, mais seulement sur un bâtiment dont le toit s’est écroulé il y a 14 ans. On n’a qu’une salle climatisée. Il faut vite une rénovation urgente et complète, les petits travaux, ce n’est plus possible », lui embraye Jérôme, prof de physique au lycée extra-muros. Adam, étudiant en master de médiation culturelle à Avignon, note la même problématique, avec « des cours de trois heures où il est impossible de se concentrer tellement on transpire ». Aucune personne n’a été interpellée à Avignon et seulement deux sur tout le Vaucluse.

  • Le vœu pieux d’Olivier Galzi sur la crèche publique de l’hôpital

    Le vœu pieux d’Olivier Galzi sur la crèche publique de l’hôpital

    « Franchement, vous faites un truc qui sert à rien », finit par lâcher Olivier Galzi, las des relances de son opposition de gauche, lundi soir, en clôture du conseil municipal. Le maire (DVD) était sommé de se positionner quant à une motion portée par le groupe de « La nouvelle Avignon populaire (LFI-PCF) ». Lu par Mathilde Louvain, le vœu plaide pour que la direction de l’hôpital « abandonne tout projet de privatisation ou de délégation au secteur privé de sa structure d’accueil de la petite enfance et que la crèche soit pleinement maintenue dans le giron du service public, avec des moyens humains et financiers pérennes garantissant un accueil optimal pour les enfants ».

    Depuis cet été, personnel et usagers, épaulés par l’intersyndicale CGT-FO-CFDT, sont vent debout contre la possible externalisation de ce service interne à l’hôpital, proposant des horaires adaptés au rythme de travail des agents hospitaliers. Mi-septembre, un vif échange a eu lieu directement dans le bureau du directeur, Pierre Pinzelli. Celui-ci assurait qu’aucune décision sur le mode de gestion n’était prise, mais que la crèche nécessitait de lourds investissements de modernisation « et que l’établissement ne dispose pas de ce financement, sa priorité d’investissement restant les équipements médicaux et le projet architectural des services de soins ».

    Ce lundi soir, ils étaient une quinzaine devant l’Hôtel de ville à réaffirmer leur attachement à une crèche publique hospitalière. « Nous partageons l’ensemble des objectifs que vous venez d’énoncer, mais le centre hospitalier est un établissement autonome et, par conséquent, c’est lui qui décide du mode de gestion pour sa crèche », répond Olivier Galzi à Mathilde Louvain.

    La crèche, un atout « d’attractivité médicale »

    Trop court pour l’opposition qui demande au maire, également président du conseil de surveillance de l’hôpital, de se mouiller davantage. « Au conseil de surveillance, je demande de préserver des places pour le personnel hospitalier avec des horaires élargis et une tarification accessible, développe le maire. Je n’interviens pas dans le mode du choix de gestion. J’ai même envie d’aller plus loin : un mode de gestion publique n’est pas une garantie d’un bon service. » Olivier Galzi assure en parallèle travailler « à des solutions pour proposer des places dans les crèches municipales pas très loin » de l’hôpital.

    Quand David Fournier (PS) rappelle que cette crèche « aide à l’attractivité médicale » ou que Oukacha Rtili (LFI) renvoie le maire à son programme municipal « où vous marquiez votre soutien à l’hôpital public », Olivier Galzi se fait le porte-voix du directeur de l’hôpital : « Son souhait est d’optimiser le coût et le service rendu ». Et de clore le débat. « On a fait le tour, vous verrez bien en conseil de surveillance ».

    La motion a été rejetée par toute la majorité, le RN s’abstenant, seules la gauche avec ses dix voix a voté pour.

    ET AUSSI

    Galzi – Rigault, tensions à la chaîne

    Entre le maire et son opposante RN, la soirée a été piquante. Avant même l’entame des rapports, Anne-Sophie Rigault s’est plainte de ne pas disposer d’un bureau, le seul attribué étant à ses yeux« insalubre », déplorant aussi l’absence de réponses à ses questions en amont des séances ou le détail des votes. « Je ne suis pas sourd d’oreille, vous l’aurez à la Saint-Glinglin », s’agace un peu plus tard Olivier Galzi quand son opposante en remet une couche. Le maire dénoncera aussi« un coup politique qui a entravé l’enquête interne »au sujet du vol de viande à la cuisine centrale, affaire pour laquelle Anne-Sophie Rigault a récemment fait un signalement à la justice. « Vous parlez de vol, or, cela n’a pas été caractérisé à l’inverse de votre nouveau sénateur que l’on peut traiter de voleur », balance Olivier Galzi en référence à la condamnation définitive en 2014 de Thierry D’Aigremont à deux ans de prison avec sursis pour recel de vol. L’élue RN avait un peu plus tôt évoqué la défaite aux sénatoriales d’Anaïs Hausmann, compagne du maire, absente lundi soir.

  • Les travaux publics tirent la sonnette d’alarme

    Les travaux publics tirent la sonnette d’alarme

    La conjoncture se dégrade fortement dans les travaux publics en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Lors d’un des petits-déjeuners du Medef Sud organisé par son président Stéphane Benhamou, le président de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP), René Braja, constate un retournement brutal après une année 2025 restée dynamique. « Au deuxième trimestre 2026, notre activité a complètement décroché », affirme-t-il.

    Difficultés à mobiliser les élus

    Sur un an, l’activité recule de 10,7% en valeur et de 17% en volume avec une baisse limitée à 3% au premier trimestre. « Le retournement s’accélère », résume-t-il. Une tendance à rebours de la conjoncture régionale globale présentée par le Medef qui dans un contexte macro « tendu et sévère » ne note qu’une hausse de 2,2% des défaillances d’entreprises et une progression de 1% de l’activité salariale tirée par les activités de la défense.

    « Les routes, notre premier métier, reculent de 24% en volume », explique René Braja. Aucun département n’échappe à la tendance : Alpes-Maritimes (-22%), Alpes-de-Haute-Provence (-20%), Bouches-du-Rhône et Hautes-Alpes (-16%), Var (-15%)… et le Vaucluse (-13%) et celui qui s’en tire le mieux.

    De quoi justifier les louanges dressées à la présidente (DVD) du département de Vaucluse, Dominique Santoni. Car pour le président de la FRTP, l’explication réside dans la baisse de la commande publique. L’investissement des collectivités recule, notamment celui du bloc communal (moins 1,1 milliard) qui représente la moitié de l’activité. Sur un an, les appels d’offres ont diminué de 15% sur le territoire. Le résultat de la cure d’austérité de l’état réclamé par le patronat, peut-être ?

    Les conséquences sur l’emploi sont visibles. L’intérim chute de 32,5% et les effectifs salariés commencent à diminuer. « Ce qui est en jeu, c’est l’emploi et le maintien de notre outil de production », prévient-il, avant de réclamer l’écoute des collectivités. Les mots sont durs. « On a de grandes difficultés à mobiliser les élus de cette région, ils s’en foutent, on attend un sursaut », martèle le patron de la FRTP.

    René Braja appelle donc les collectivités à relancer rapidement leurs investissements. Routes dégradées et réseaux d’eau vieillissants constituent ses urgences. « Un litre d’eau sur cinq n’arrive pas au robinet », rappelle-t-il, estimant que les collectivités disposent encore de marges de manœuvre pour agir avant d’atteindre le « point de bascule ».

  • Le Département des Hautes-Alpes agit suite aux aléas climatiques de l’été

    Le Département des Hautes-Alpes agit suite aux aléas climatiques de l’été

    Après « un été gravé dans nos esprits », selon le président du Département des Hautes-Alpes Jean-Marie Bernard, le conseil départemental a fait sa rentrée ce mardi matin. L’élu a commencé la réunion en rappelant les événements « déstabilisant » de la saison estivale, comme l’incendie au pays des Écrins et les glissements de terrains à de multiples endroits.

    Suite aux crues torrentielles qui ont détruit la route d’accès au Pré de Madame Carle, neuf véhicules sont toujours bloqués. Le Département a décidé de prendre en charge 10 000 euros sur les 15 000 nécessaires à l’évacuation, qui se déroulera par hélicoptère le 24 septembre. « C’est un scandale que les compagnies d’assurances aient refusé de prendre en charge leurs clients », s’est exclamé le président du Parc des Écrins Arnaud Murgia. Début du mois, les élus avaient annoncé que la route ne sera pas reconstruite à l’identique. « Ce serait irresponsable techniquement et financièrement », a justifié Jean-Marie Bernard, tout en affirmant que tous les acteurs compétents travaillent à rétablir l’accès. « Depuis 2023, je vis un jour sans fin, je crains toujours la crue d’après », a dit la maire de Vallouise-Pelvoux Gaëlle Moreau. Pour elle, il est « vital » d’installer une solidarité financière amont-aval dans la gestion Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). « L’échelle intercommunale n’est pas la bonne pour une telle compétence, a complété le président du Département. Il est urgent d’agir, faute de quoi nous pourrons avoir de grandes difficultés pour assurer de manière pérenne l’approvisionnement en eau du sud de la France. » Il a précisé que le préfet de région a été sensibilisé à ce sujet la semaine dernière.

    Aide à l’arboriculture

    Autre délibération majeure : un investissement de 6 millions d’euros pour la filière arboriculture, « pilier de l’agriculture haut-alpine » et victime de la canicule, selon Christian Hubaud, conseiller départemental délégué à l’agriculture. Dans un contexte de fermeture prochaine d’une importante plateforme de précalibrage, la société Valpom Tri & Jus bénéficiera de cet apport financier pour mettre en service dès 2027 une unité de précalibrage « nouvelle génération », qui permettra notamment de trier les poires, « une première en France ». Une unité de pressage sera également créée pour transformer localement les fruits déclassés, qui sont aujourd’hui perdus ou envoyés hors du département. « Un million de bouteilles de jus pourront être produites, et cela créera de l’emploi », a assuré l’élu.

    Agathe Di Lenardo

  • Un milliard d’euros de projets pour le RER métropolitain

    Un milliard d’euros de projets pour le RER métropolitain

    Vingt-trois délibérations sont à l’ordre du jour, ce lundi soir (18h, salle de Montfavet) du conseil communautaire de rentrée du Grand Avignon. Code de déontologie et d’éthique, modification budgétaire ou bilan annuel de la gestion de l’eau sont notamment au programme. Mais aussi un important point mobilités sur le projet du Serm (service express régional et métropolitain). Mardi dernier, Fabrice Tocabens, ex-adjoint PS avignonnais en charge des transports, s’inquiétait de ne rien entendre dans la bouche d’Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon, sur le sujet. Le voilà servi. Et à la différence de la relance -au point mort- de la LEO, Olivier Galzi s’inscrit cette fois dans les pas de sa prédécesseure à l’Hôtel de ville.

    Il y a près de quatre ans, Emmanuel Macron avait lancé l’idée de développer des RER métropolitains, Cécile Helle s’engouffrant immédiatement dans le dossier pour que le bassin de vie d’Avignon soit retenu. Le Serm a depuis été labellisé en juillet 2024 par le gouvernement, actant des études de préfiguration de 7 millions d’euros. Le travail pour l’obtention du statut officiel se poursuit ce lundi avec une délibération validant cette poursuite et qui présente un vrai point d’avancement.

    Ce RER métropolitain du bassin de vie d’Avignon touche un large territoire d’environ 640 000 habitants de Vaucluse, mais aussi du Gard et du nord Bouches-du-Rhône, avec plus de 1,5 million de déplacements quotidiens et. Il a pour but de combiner plusieurs offres de mobilités pour « diminuer l’autosolisme, favoriser les modes de transports collectifs et actifs, de laisser la route aux usagers qui n’ont pas d’autre alternative, voire d’envisager de futurs usages pour des infrastructures routières moins utilisées ». Cette offre multimodale repose principalement sur la desserte ferroviaire, mais aussi des réseaux de bus, pistes cyclables et appui au covoiturage.

    Dix gares à (r)ouvrir

    Un document de plus de 300 pages a été validé à l’issue d’un tout récent comité de pilotage. Il détaille les projets éligibles sur dix ans, entre 2030 et 2040 avec du court, moyen et long terme. Objectif : augmenter de 22% la part de population située à 15 minutes à pied d’un arrêt de transports en commun. Le Serm prévoit la création ou la réouverture de dix gares ou haltes (Roquemaure, Villeneuve-lès-Avignon, Aramon, Laudun l’Ardoise, Remoulins, Barbentane, Le Pontet, Avignon Université, Avignon Saint-Chamand et Piolenc), le déploiement de neuf lignes de cars express, la création de six lignes et de douze aires de covoiturage pour améliorer la desserte des zones moins denses. Ce qui en fait une « une offre multimodale ambitieuse, estimée à 967,3 millions d’euros », lit-on dans le rapport qui revendique « un choc d’offre ferroviaire avec une fréquence renforcée à 2 et 4 trains par heure et par sens sur toutes les branches de l’étoile ferroviaire ». L’investissement vers le rail représente presque 60% de la somme globale.

    « Les partenaires du Serm sont d’ores et déjà mobilisés pour le financement d’un socle de projets en partie déjà programmés et réputés financés, pour un montant total d’investissement de 432 millions d’euros [données 2025] », précise le rapport. À noter que les projets d’extension du tram à Avignon mais aussi la phase 2 LEO, chiffrée ici à 225 millions d’euros, ne seront pas traités dans le cadre du Serm.

  • Martine Vassal réclame plus de moyens pour les pompiers

    Martine Vassal réclame plus de moyens pour les pompiers

    C’est une cérémonie qui arrive sur le tard, mais qui est hautement symbolique. Ce mercredi 16 septembre, les pompiers d’Istres ont enfin pu inaugurer officiellement leur nouvelle caserne, située dans la zone du Tubé. En réalité, ils avaient quitté leurs anciens locaux du centre-ville dès le 1er avril 2025.

    Le directeur du Sdis 13 (Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône), Jean-Luc Beccari, explique : « La tour était isolée, on ne pouvait plus l’utiliser pour des raisons de sécurité, l’emplacement compliquait parfois la circulation des véhicules, il était difficile de sortir rapidement… » Désormais, 3 240 m² de bâtis modernes et fonctionnels construits à proximité de la N569 accordent « de meilleures conditions de travail aux pompiers en leur offrant un lieu de vie, de préparation mais aussi de cohésion », salue le maire (LR) d’Istres, Robin Prétot.

    Le président du Sdis 13 Richard Mallié souligne : « Derrière la construction d’un centre de secours, il y a une politique de protection de nos populations au prix de nos investissements. » En l’occurrence, 8,9 millions d’euros ont été financés par le Département, et 400 000 euros par le Sdis 13 en matière d’équipement.

    Des recettes adéquates

    Cet effort s’inscrit dans une dynamique engagée depuis 2021, avec la construction de six casernes pour un montant de 40 millions d’euros. À la tête du conseil départemental, premier financeur du Sdis, Martine Vassal (DVD) passe un message : « Ce sont des sommes très importantes, en fonctionnement et en investissement. Les collectivités territoriales sont mises à mal, on nous pressure (…) et on arrive à un moment où le matériel coûte très cher. » Alors qu’au niveau national, la grève des pompiers se poursuit, la présidente dit travailler à une forme « d’uniformisation du traitement sur l’ensemble du territoire » avec l’association des Départements de France et appelle de ses vœux « une prise en compte des risques au niveau national pour que les territoires en retard puissent se mettre à la page ». Martine Vassal attend une « considération différente » de la part de l’État, demande plus d’adéquation entre les dépenses des Départements et leurs recettes et l’application du Beauvau de la sécurité civile.

    Ces revendications arrivent après une saison estivale particulièrement difficile. Les pompiers du 13 sont intervenus sur près de 500 feux d’espaces naturels, dont plus de 200 feux de forêt, un chiffre en « progression importante », note Martine Vassal. Malgré cette tension et la multiplication des journées à risque, dans plus de 9 cas sur 10, les départs ont pu être maîtrisés avant d’atteindre un hectare de végétation. « Ce résultat est le fruit d’une règle : détecter tôt, intervenir très vite et frapper très fort dès le départ. » La mobilisation a permis de limiter la surface totale brûlée à 366 ha dans le département, contre 966 ha en 2025. « On a le savoir-faire, il faut écouter les élus locaux, affirme Martine Vassal. La séparation entre le national et le local est de plus en plus importante et peut porter préjudice. »

  • [Entretien] Thierry Gozzerino, agriculteur bio : « On parle de production mais jamais de condition sociale »

    [Entretien] Thierry Gozzerino, agriculteur bio : « On parle de production mais jamais de condition sociale »

    La Marseillaise : Quel bilan pour cette saison maraîchère ?

    Thierry Gozzerino : La gestion a été complexe techniquement ces derniers mois, vu la chaleur constante sur les plantes. Ça a entraîné une pression virale super importante sur les tomates, les poivrons et surtout les courgettes. L’immunité est mise à rude épreuve.

    Gel, grêle, canicule, comment on s’adapte ?

    T.G. : Par des investissements. Pour la canicule, on brise le rayonnement grâce à des bâches que l’on peint en blanc pour calmer le rayonnement et augmenter l’hydrométrie. Pour le gel, on installe des voiles d’hivernage. et enfin la grêle, ça vient du ciel, c’est des filets. La difficulté est que ça rajoute des opérations, il faut mettre et enlever à chaque fois le dispositif.

    Quel impact sur les cultures ?

    T.G. : On est en fin de saison, je dois déjà mettre des potimarrons dans les paniers car tous les légumes qui étaient à l’extérieur ont pris des coups de soleil. Ils sont dépigmentés, je dois les donner maintenant car ils ne se garderont pas.

    Irriguer est-il le sésame ?

    T.G. : Personnellement j’irrigue avec le canal de Craponne, je pense qu’il vaut mieux utiliser les systèmes d’irrigations qui sont économes en eau et qui vont au pied des cultures. Il faut remettre en question l’irrigation à grande eau comme pour le maïs. On ne peut pas restreindre les uns et autoriser les autres à arroser à grande eau, route comprise. Il faut un modèle vertueux, au goutte-à-goutte.

    Quel impact sur les travailleurs dans les champs ?

    T.G. : Concrètement, quand tu es employeur, ça nous met hors la loi. On est plus du tout dans des conditions humaines. Travailler de nuit à la frontale, me semble impossible et pas légal non plus. Mais travailler de jour par des températures à plus de 40 degrés dans les serres est intenable. Nous avons pas mal d’agriculteurs qui ont eu de graves problèmes de santé comme des accidents vasculaires cérébraux (AVC).

    Il faudrait avoir les moyens d’avoir un système de microbrumisation, c’est ce que nous défendons dans mon syndicat pour travailler dans des conditions humaines. On parle toujours de production, mais absolument pas de condition sociale, humaine et sanitaire des agriculteurs et de leurs salariés.

    Je connais des familles d’agriculteurs de père en fils qui se posent sérieusement la question d’arrêter face au cumul des difficultés financières et sanitaires.

    En plein dérèglement climatique, comment se dessine l’agriculture
    de demain
     ?

    T.G. : L’agriculture de demain dessinée par la FNSEA n’est pas satisfaisante, elle se contente de mesures cosmétiques jusqu’au prochain mandat. Il n’y a aucune vision globale d’une agriculture qui est en train de changer, on donne toujours de l’argent à des gros producteurs, et on ne permet pas aux paysans bios et diversifiés de vivre convenablement. On oublie totalement la prévention primaire au niveau du climat, de la santé et de la condition sociale, et on décourage les petits producteurs qui veulent faire du circuit court diversifié pour nourrir la population à proximité.

    Il y a une amnésie sur la période Covid ou bien qu’en cas de crise énergétique, ce sont ces paysans-là qui peuvent, par la résilience, nourrir une population. Ce pays ne sait pas gérer la souveraineté alimentaire.

    Depuis le début, la confédération paysanne ne change pas son discours : elle prône une agriculture souveraine heureuse et biologiquement résiliente.