Les victimes auront dû faire preuve de patience et se mobiliser à de nombreuses reprises pour que le procès ait bien lieu. Près d’un an et demi après l’attaque en pleine nuit du Prolé d’Alès, la justice sera finalement bien rendue dans ce dossier mardi 6 octobre.
Pour rappel, dans la nuit du 30 au 31 mai 2025, alors que la feria bat son plein à Alès et au Prolé, une dizaine de jeunes hommes, masqués pour certains, débarquent dans le bar pour agresser les fêtards présents. Rapidement après leur arrivée, les coups pleuvent et du gaz lacrymogène est même diffusé avant leur fuite. Si la plupart des clients et des serveurs s’en sortent avec des hématomes et des blessures légères, un cheminot, militant CGT, est hospitalisé pour une fracture du nez et mettra plusieurs semaines avant de retourner au travail.
Les personnes présentes et les témoins identifient dès le lendemain la responsabilité du Bloc montpelliérain. Au moins deux de ses membres sont en effet venus en repérage quelques jours plus tôt et ont été éconduits par les serveurs. Un sticker du groupuscule d’extrême droite a été retrouvé après leur passage. Les soupçons se confirment après une enquête sur les réseaux sociaux et l’analyse des tatouages des personnes présentes. Douze plaintes sont alors déposées : dix par des victimes physiques et deux par l’association qui gère le Prolé et par la section locale du Parti communiste français.
la préméditation
Malgré la rapide identification d’une partie des assaillants par les victimes, l’enquête piétine. Le 24 février, trois suspects finissent par être placés en garde à vue. Après une confrontation avec les victimes qui les ont pourtant bien identifiés, ils sont remis en liberté en attendant une décision du parquet sur la suite à donner. Parallèlement, le 4 mars 2026, le Conseil des ministres valide la dissolution du Bloc montpelliérain avec pour justification l’organisation de plusieurs actes violents, dont l’attaque du Prolé.
Finalement, le 11 mai dernier, le parquet annonce la tenue d’un procès. Les trois jeunes hommes identifiés, originaires du Gard, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel le 6 octobre. « Pour la solidarité avec les victimes et pour que justice soit faite », le PCF organise un rassemblement devant le tribunal (8h30) auquel prendra part Fabien Gay, sénateur communiste de Seine-Saint-Denis et directeur du journal L’Humanité.
« Ce qui nous gêne sur ce procès, c’est que le caractère politique et prémédité de l’attaque n’a pas été retenu alors qu’ils ne sont pas venus par hasard avec des gazeuses de 30 cm. On espère que ces points seront entendus », explique Cécile Alphon-Layre, la nouvelle secrétaire de la section alésienne du PCF.

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